DE CHALDÉE ET D^ASSTBIE
cette ville^ et je lui imposai des otages^ des tributs et des rede- Taoces.
» Dans ce temps^ les districts de Koumani qui s'étaient constitués les alliés de Mousri^ comptèrent Tensembie de leur pays, et renouvelèrent Tattaque pour livrer combat et bataille. Dans le courage de mes forces terribles, je combattis contre 30,000 de leurs puissants guerriers dans le pays de Tala, je les mis en fuite. Je brisai leur pouvoir complètement, je fls reculer leur fuite jusqu'au pays de Rharousa qui est devant Mousri ; je umisi les saltna de leurs guerriers dans les ravins des montsignes comme des sùbat ; je jonchai de leurs cadavres les abîmes et les hauteurs des montagnes, j'occupai leurs grandes forteresses, je les brûlai par le feu, je les démolis, je les détruisis, j'en as des décombres et des ruines.
Ib.y 1. 99. — D Je ûs disparaître comme un tas de décombres la ville de Rhounousa, leur capitale. Je combattis contre leurs armées réunies dans la ville et sur la hauteur uris. Je les mis en fuite. Je usnaie leurs combattants dans les forêts comme des subaty je coupai leur tête comme des zirkiy je jonchai de leurs cadavres les grottes et les hauteurs des montagnes. J'attaquai la ville ; j'emportai leurs dieux, je fis sortir leurs biens et leurs trésors, je brûlai la ville par le feu. Je démolis, je détruisis leurs trois castels qui étaient en briques rasbu, et la totalité de la ville, je les changeai en ruines et en décombres. Je dispersai sur eux des pierres »'pa. Je fls des tables en bronze d'airain^ des butins des peuples que j'ai conquis par mon dieu, mon seigneur. J'écrivis sur elles le nom de cette ville, pour qu'elle ne fût plus refaite, et le nom du castel pour qu'il ne fût plus refondé ; je construisis sur cet emplacement un bâtiment en briques, et j'y plaçai ces tables en bronze.
Col. VI, 1. 22. — s Dans le service d'Assour, mon seigneur, je réunis mes chars et mes guerriers, et je m'approchai de la ville de Ribsouna, la ville de leur royauté. Les gens de Roumani craignirent le choc de mes terribles attaques ; ils prirent mes genoux. Je leur tis grâce de la vie. Je décrétai la démolition de leur grand fort et de ses murs en briques; il fut détruit depuis les fondations jusqu'aux créneaux, et changé en ruines et décombres. Cinq soixantaines de qinnati birhi s'y trouvèrent
qu'on a\ait enlevées dans la désobéissance d'Âssour ; je les capturai et les pris en otages. Je leur imposai des tributs et des rédevances en dehors de ce qu'ils avaient fourni auparavant, et je réduisis sous ma puissance la totalité de la vaste province de Koumani.
76., 1. 39. — x> Compte donc 42 pays et leurs princes depuis les rives du Zab inférieur, le site des forêts rimtiy jusqu'aux rives de l'Euphrate, la Syrie et la mer supérieurequi est au coucher du soleil. Depuis mon avènement jusqu'à ma cinquième campagne, ma main les atteignit ; je les soumis l'un après Tautre, je pris leurs otages, je leur imposai des tributs et des redevances.
76., 1. 49. — » Ajoute à cela les expéditions nombreuses contre des rebelles qui ne fournissaient pas leurs prestations à ma liste des tributs; je les poursuivais et je parcourais les chemins bons en char, et les chemins impraticables à p.ied. Je brisai la puissance des rebelles dans mon pays.
7fr.^ 1. 35. — » Teglalhphalasar, le vaillant, le terrible, qui tient le sceptre des nations, qui anéantit les oppresseurs.
7ft., 1. 58. — » Hercule (Ninip) et Mars (Nergal) m'ont accordé leurs armes terribles et leur arc puissant pour soutenir ma royauté. Dans l'adoration de Ninip, mon aide, j'ai tué quatre buffles mâles sulurut dans le kudirtiy dans le pays de Milan et. dans la ville d'Araziku S qui est vis-à-vis de la , Syrie ; je les ai privés de la vie par mon arc puissant, mon glaive en fer et ma grande mulmulli ; j'apportai leurs peaux et leurs cornes à ma ville d'EUassar.
76., 1. 70. — » Dix sangliers mâles puissants furent tués par moi dans le pays de Resaina (Rasni) ^, et sur les bords du Kbabour, je pris quatre sangliers vivants, je portai les peaux et les dents avec les sangliers vivants à EUassar, ma ville.
76., 1. 75. — ï)Sous les auspices de Ninip qui a pitié de moi, je tuai deux soixantaines de lions, avec mon courage concentré, dans la lutte corps à corps, sous mes pieds. Je capturai ^00 lions avec mes chars dans les passuli bu ul an nir, en
* La ville à*Àraxik est souvent citée comme Ilea de chasse. ' Rosni est expliquée dans les syllabaires, par Harran.
DB GHÀLDÉB ET J>'A89TBIB. 85
totalité^ et Toiseau du ciel, dans son toI^ la sûreté de mes flèches (siggi), les atteignit.
y» Parmi les rebelles contre Assour^ je fis un choix [apila) dans toutes leurs contrées. Je refis et je terminai le temple de d'Istar Assurit, ma souveraine^ le temple de Martou^ le temple de Bel Ora^ le temple deBélit, les demeures des dieux de ma cité d'Ëllassar^ qui étaient tombés en ruines. Je fis les tirubat (entrées] de leurs sanctuaires. J'y fis entrer les grands dieux, mes seigneurs^ et je réjouis le cœur de leurs grandes divinités. Les palais^ les demeures de la royauté, qui étaient de vastes châteaux dans le territoire de mon pays, avaient été abandoQnés depuis le temps de mes pères, pendant de longues années, et étaient tombés en dégradation. Je refis et j'achevai leu^s portiques 'abta. Je restaurai les forteresses de mon pays qui étaient en mauvais état. J'entourai dans toute TAssvrie lesfondations avec des galeries voûtées (? gabbat), et j'ajoutai^ et j'adjoignis (atbuk) un. .... tabakàesrim àceux qu'avaient faits mes pères. Je prélevai des troupeaux (^u^i/I/a^dechevaux^ de bœufs, de moutons que dans l'adoration d'Assour, mon dieu^ j'avais choisis dans les différents pays vaincus et réunis
par ma main. Je prélevai des troupeaux des nali^ de des
ormt et des ^tiragt, que Assour et Ninip^ les dieux, mes soutiens pour augmenter ma gloire, m'avaient fait prendre dans les forêts impénétrables par hordes. Je pouvais compter leur nombre comme on compte sa propriété de moutons domestiques. Les [bukadi) des moutons, leurs rejetons^ selon
le désir de mon cœur, je les sacrifiai à Assour^ mon seigneur^ avec mes victimes suprêmes musanma.
»Col. VII, 1. 16. — » Je fis usage du bois de cèdre, d'urkarin, d'alto, le produit de pays que j'avais rançonnés, de ces bois que parmi les rois mes pères, mes prédécesseurs , personne n'avait abattus. Je les plantai dans les issar (jardins?) de mon pays, et j'employai le^puluk is sar akra qui se trouvaient dans mon pays la assu. J'ai fondé les is sar d'Assyrie.
i> J'ai augmenté le nombre antérieur de mes chars, attelés par des couples de bêtes pour la commodité de mon pays, et je les fis circuler. J'ai sgouté à l'Assyrie du territoire, à ses
96 HISTOŒ DBS EMPIRES
habitants d'autres hommes. J'ai réjoui le cœur de mes sujets, je les ai fait habiter un lieu de délices.
» Ib.y 1. 35, — »Teglathphalasar, le seigneur suprême qu'Assour et Ninip ont contenté selon le désir de son cœur, qui a poursuivi les rébelles contre Âssour dans toutes leurs contrées, et qui les a complètement défaits, le multarht
» Fils d'Assour-ris-ili, le. roi puissant qui attaqua les contrées rebelles, qni annexa le pays de toute la terre (altuti).
» Petit-âls de Moutakkil-Nabou, qu^Assour, le grand maître, choisit dans la ferme décision de son cœur, en le destinant au gouvernement de TAssyrie.
» Arrière-petit-fils d'Assourdayan, qui porta le sceptre suprême, qui illustra la nation de Bel, le roi qui recommanda Tœuvre de sa main et la créature de son doigt aux grands dieux, et qui obscurcit ce qui était sous lui et avant lui. » Descendant de Ninippallassar, roi qui inaugura le royaume d'Assyrie^ qui su bar vu ra son nubalu comme un tirtm, sur son pays, qui institua le premier les armées d'Assyrie.
Ib., 1. 70. — » Alors, il arriva ceci : le temple d'Oannès etd'Ao, les grands dieux, mes seigneurs^ que^ dans le temps Samsi-Hou^ patis d'Assour, fils dlsmidagan, patis d'Assour, avait construit (641 ans s'étaient écoulés), était tombé en ruines. Assourdayan roi d'Assyrie, âls de Ninippallassar, roi d'Assyrie, démolit ce temple, mais ne le reconstruisit pas; pendant une soixantaine d'années^ on ne toucha pas à ses fondations.
/6., 1. 71. — » Au commencement de mon règne, Oannès et Ao, les grands dieux, mes maîtres qui soutiennent ma puissance, m'ordonnèrent de rebâtir leurs sanctuaires. Je moulai des briques, j'explorai le circuit de la fondation, je trouvai les fonds, et je jetai les fondations, comparable à la partie d'une montagne. Je recouvris (aspuA) d'un réseau de briques cet endroit dans toute son étendue, comme un kamir. Je uhibi éO tibik dans le bas, et sur cesderniersjejet<ii les fondations inférieures du temple d'Oannès et d'Ao. Je le refis depuis les fondations jusqu'aux sommets, et je le fis plus grand que le premier. Je bâtis deux Mgurrat énormes, qui étaient en pro-
DE GHAIDiB ET d'ASSTRIE. 57
portion avec la grandeur de leurs augustes divinités. Je bfttis et j'achevai dans le temple la maison suprême, le séjour sacré (kiistAda), la demeure de leurs hidat, le repos de leur tasilti^ qui est immuable comme les étoiles du firmament, et d'après le désir de leurs prêtres mahdis ntisuku akbud anah. Je le bâtis comme s'il en était le cœur. Je posai les soubassements aussi profondément que Tabîme d'où se lèvent les étoiles. Je usarrih ses namiri. Mais ses sigurrat je les fis toucher le ciel, et j'en-tourai leurs créneaux de briques. Au milieu, je disposai (emila) la couche de leurs grandes divinités. Je fis entrer les dieux Oannès et Âo, les grands dieux, je les installai dans leurs augustes demeures et je réjouis le cœur de leurs grandes divinités.
Coi. vra, 1. i. — » Le bit hamri d'Ao, mon seigneur, que Samsi-Hou/pa(t> d*Assour, fils dlsmidagan, palis d'Assour, avait construit, était tombé en ruines et décombres. J'en explorai le site, et je le restaurai en briques depuis les fondations jusqu'aux faites. Je le construisis, je le fondai au-dessus de celui qui y avait été auparavant, et je sacrifiai des holocaustes sacrés à Ao, mon seigneur.
76., 1. il. — » Dans ce temps, je fis apporteras pierres Aa, halta et kagina des montagnes de Naîri, que m'avait fait avoir Assour, mon seigneur, et je les plaçai dans le temple de Bit hamri d'Ao, mon seigneur, pour des temps éternels.
/6., 1. 17. —» Comme j'ai honoré et que je n'ai pas profané la maison suprême, le séjour auguste, et que j'ai destiné à la demeure d'Oannès et d'Ao les grands dieux, mes seigneurs, comme je n'ai pas abandonné le bon but pendant que je travaillai, et comme je l'ai fait finir en diligence, et réjoui le cœur de leurs grandes divinités; ainsi qu'Oannès et Ao me rendent heureux pour toujours, qu'ils bénissent l'œuvre de ma main, qu'ils écoutent l'humiliation de ma prière! Qu'ils m'accordent pour mes jours victorieux des zûni dahduti, des années d%ibondance et de bonheur! Qu'ils m'accompagnent à la victoire dans les combats et les batailles ! Qu'ils soumettent à ma domination toutes les contrées qui se révoltent contre moi, les pays rebelles et les princes mes rivaux! Qu'ils acceptent mes offrandes bénies pour la propagation et la fé-
^8 flISTOIRB DES EMPIRES
condité de ma race! Qu'ils fondent ma race^ ferme comme les montagneSt d'après la volonté d*Assour et leurs grandes divinités jusqu'aux jours les plus reculés.
76., 1. 39. — » Le récit de ma bravoure, le succès (uminti), de mes batailles, la soumission des rebelles révoltés contre Âssour que m'accordèrent Oannès et Assour ana sisuti^ je l'ai écrit tout sur mes tables et mes pierres de fondation ; j'ai placé celles-ci dans le temple d'Oannès et de Dagon, les grands dieux, mes seigneurs pour l'éternité; ainsi que les inscriptions de Samsi-Hou, mon aïeul (?). J'ai netto^yé les bas-reliefs, j'ai accompli un sacrifice, je les ai remises à Tancienne place.
/&., 1. 50^^ A celui qui dans la suite des jours, dans les temps éloignés, régnera après moi, je dis ceci : Ce temple d'Oannès et d'Ao, les grands dieux, mes seigneurs, et ces tout s vieilliront et tomberont. Qu'il restaure leurs ruines, qu'i^ nettoie les tables, les pierres de fondation et les bas-reliefs, qu'il accomplisse un sacrifice purificatoire, qu'il les remette en place, et qu'il écrive son nom à côté du mien, et ainsi soitil vrai qu'Oaimès et Ao, les grands dieux, lui accordent avec bonheur la joie du cœur et le succès dans ses entreprises !
/fr.,1. 63.— D Mais celui qui cache, efface ou oblitère mes tables et mes pierres de fondation, qui les jette dans les eaux, qui les brûle dans le feu, qui les cache dans la terre, qui les lance dans l'air, à un endroit où l'on ne les voit pas, pisiris, qui en enlève le nom écrit dessus, et y met son nom et s'y appro* , prie les faits racontés dans ce récit, et qui lèse d'une manière quelconque mes inscriptions:
76., 1. 74. — » Qu'Oannès et Ao, les grands dieux, mes seigneurs, le maudissent avec force, qu'ils l'exècrent par une flétrissante imprécation ! Qu'ils abaissent sa royauté, qu'ils arrachent les bases de son trône, qu'ils brisent la force de sa souveraineté, le glaive de ses serviteurs, qu'ils mettent en fuite ses armées! Qu'ils le fassent pour toujours l'esclave de ses rebelles! Que le dieu Ao, dans la table de sa malédiction, voue son pays à être dépeuplé, et qu'il y répande l'absence de l'animation et la puanteur des cadavres ! Qu'il ne le laisse pas vivant un seul jour, et qu'il détruise sur la terre son nom et sa race !
£^ DE CHALDÉE ET d'ASSTRIE. S9
» Dans le mois de Gislev (Kusallu), le 29« jour, dans Vipo* nymie de Inr-iUya-allik, chef des eunuques. x>
Appréelaiton de ce texte.
Le monument très-long que nous \enons d*afialyser^ est le texte le plus antique de provenance assyrienne qui nous soit jusqu'ici connu. Il nous renseigne sur plusieurs points que nous pouvons compléter par d'autres données. Ce sont :
i"" La suite généalogique des cinq premiers rois.
Il pourrait se faire que Teglathphalasar n'ait pas cité tous ses aïeux. Mais nous savons par le monument qui nous reste de son âls Sardanapale I*% qu'il était petit- fils d'Assourdanili^ qui est clairement désigné dans le texte de Kala Cherghat> comme fils de Moutakkil-Nabou. D'autre part, Assourdayan est directement nommé (col. vii)^ fils de Ninippalasar^ de sorte que le seul endroit où Ton pourrait soupçonner une solution de continuité^ devrait se trouver entre Moutakkil-Nabou et Assourdayan.
Mais dans ce même passage^ le roi assyrien dit qu'entre le commencement de son règne et le règne d' Assourdayan, il y eut 60 ans. Or^ puisque entre Teglathphalasar et Assourdayan il y a eu deux autres générations, il n'est pas probable qu'une génération qui, d'ailleurs, aurait dû être bien courte, ait été Touéeà roubli. Du reste, il n'est pas dit qu'Assourdayan ait démoli le temple tombant de vétusté à la fin de son règne; il peut l'avoir fait dès le début.
2* Le Teglathphalasar du Prisme, n'est-pas le roi du même nom dont il est question dans une inscription de Sennachérib, conservée à Bavian. Nous connaissons, d'ailleurs, les deux guerres contre Mérodachbaladan que l'antagoniste d'Ézéchias entreprit au commencement de son règne et plus tard (702 avant J.-C). Mais il est ajouté dans ce texte de Bavian que le roi rapporta de son expédition contre le rebelle Souzoub, les idoles que 41 8 ans auparavant, Mardoukidinakh avait ravies au roi Teglathphalasar. Or, le texte, ou plutôt les textes de Bavian prouvent que ce fait n'eut pas lieu dans la première campagne, comme je l'avais cru sur la foi des savants anglais, avant de connaître le texte de Bavian. Les termes sont précis, les faits
60 HISTOIRE DES EWIEES
ne se rapportent pas même à la sixième ou à la huitième cam* pagne de Sennacliérib« puisque ce roi mentionne dans le document de Bavian la destruction de Babylone sur laquelle il se tait dans le récit du Prisme. Le sac de la \ille de Sémiramis tombe donc dans le second interrègne qui^ selon les dates historiques de Ptolémée^ eut lieu de 688 à 680 a^ant J.-C. Le Prisme étant rédigé dans Téponymie de Belsimiani (684)^ Tenlèvement des statuettes sacrées d'Ao et de Sala eut lieu de 684 à 680, fin du règne de Sennachérib. L'événement dont parle le fils de Sargon tombe donc entre ii02 et 1098 avant rère chrétienne.
Or, même en admettant, non pas avec nous, que Tempire d'Assyrie ait commencé en 13i4, mais en supposant avec M. Rawlinson, qu'il n'ait daté que de 1273, il est très-invraisemblable qu^entre Ninippalasar etTeglathphalasar ly se soient écoulés 174 ans, quand nous savons qu'entre ce dernier monarque et le fils de Ninippalasar, ne s'étaient écoulés que 68 ans. Et nous n'admettons pas même la date de 1314 que nous croyons plus juste pour fixer 1 avènement des Assyriens à la domination d'Asie.
Donc les rois homonymes du Prisme de Kaia- Cherchai et du roc de Bavian ne sont pas identiques ; ce dernier qui régnait en llOOà Ninive, prendra le nom de Teglathphalasar IL
3» Teglathphalasar I" vivait vers 1250 avant J.-C; nous admettons 25 ans pour le premier roi, et nous nous servons de la donnée que fournit le monument lui-même.
4'' Déjà, dans le 13' siècle, les Assyriens avalent adopté les éponymies pour désigner les années.
Le nom du mois de Kusallu prouve bien que les noms auxquels le calendrier juif devait donner une si grande extension en Asie, sont des noms employés à Ninive et à Babylone.
Il se trouve également une inscription et un portrait de Teglathphalasar en Arménie, à une des sources du Tigre, nommé encore à cette place Dibeneh Sou ou Soubeneh Sou. Le bas-relief est le plus ancien que nous possédions de l'art assyrien ; un estampage en est actuellement à Londres. Sardanapale III mentionne cette œuvre d'art, près de laquelle son père Teglathphalasar III plaça sa propre image, et le grand
DE GHALDÉE ET d'ASSTRIB. 61
roi de Ninive y mit en troisième lieu la sienne. M. Jones Taylor a retrouvé ces trois bas-reliefs, et cette découverte, faite par un homme qui ne connaissait pas le passage de l'inscripr tion de Sardanapale III, apporte une nouvelle confirmation aux déchifiTrements cunéiformes *. Voici le texte de ce roi :
« Près des sources du fleuve Soupnat, à l'endroit que Teglathptialasar (I) et Teglathphalasar (III), les rois d'Assyrie, mes pères, avaient choisi pour ériger leurs images, je fis celle de ma majesté; je Tencastrai auprès des leurs. »
Sardanapale I.
Le fils de Teglathphalasar P', Sardanapale !•' {Asur-tani-ha-^ bal) a laissé une légende très-fruste sur le piédestal d'une statue. Cette légende a été traduite par moi^ d'après la copie publiée par MM. Rawlinson et Norris. Elle est le seul monument de l'ancienne dynastie, que nous possédions et qui ait survécu au sac de Ninive par Arbace.
Nous désignons par le nom grec de Sardanapale, tous les monarques dont le nom s'explique par « Assour protège les » fils, ou Assour donne un fils ; » souvent il est difficile de restaurer exactement la forme du mot, puisque différents verbes expriment une même idée. Car l'interprétation donnée du nom de Sardanapale est d'autant plus sûre, qu'elle repose sur l'expression de ce nom par des signes idéographiques. Ainsi il y a eu les noms suivants:
Âsar-dana-habal) I Asar-samir-habaP,
Asur-bani-habal» | Asur-idin-akhe.
' Voir le compte-renda de la Société géographique de Londres, du 9 Janvier 1865. Pour Finscription de Sardanapale^ voyez l'inscription elle-même plus loin et Expédition en Mésopotamie, 1. 1, p. 316.
^ Expédition en Mésopotamie, 1. 1, p. 288.
* C'est le nom de Sardanapale III ; car, dans la liste des éponymes, il est nommé avec des caractères idéographiques qui signifient :
Assour protégeant fils.
Le signe du milieu est accompagné du complément phonétique tV, ce qui indique la termiuaison du mot dans cette circonstance : or le signe est expliqué par les verbes m et ID^ protéger, garder, et de tous les deux le participe finit en tr, de l'un, il se prononce samir, de Tautre, nasir. C'est à cause de tous ces doutes que nous avons toujours préféré la forme Sardanapale pour toutes ces nuances de noms.
Asnr-dannin-habal, | Asur-lilhkhus.
Asar-Dasir-habal, |
Toutes ces variantes ont été rendues par le nom de Sarda*
napale.
Teglatbplialasap II.
Après Sardanapale P% nous a\ons une lacune jusqu'au nom de Teglathphalasar II, dont parle le texte de Bavian.
Ce fut peut-être ce roi Teglathphalasar qui fut Tavant-dernier de la première dynastie du grand empire d'Assyrie. Agathias nous dit, d'après Tautorité d'Alexandre Polyhistor et de Bion, que la dynastie de Ninus et de Sémiramis s'éteignit avec Beleus, fils de Delcelades ; qu'un certain Belitaras, jardinier de son état, saisit Tempire et que la descendance de l'usurpateur se^maintint jusqu'à Sardanapale.
Or, le nom de Delcetades ne semble être qu'une altération dunomquiestainsi écritdans la Bible : Tilgatpilneser^, tandis que Beleus rappelle la forme de Houlihhous ou Voulihhous, dont les Grecs ont aussi fait Belochus.
D'autre part, Belochus, l'époux de Sémiramis, dit que l'origine de sa royauté a été un roi que nous avons autrefois proposé de lire Bel-kat-irassou. Ce qui est sûr, c'est que le nom commence par les syllabes Bel-kat, la fin du mot est moins à l'abri du doute, mais la prononciation peut se défendre ^.
Beloclias I et Salmanassar I.
Nous plaçons donc la fondation de la nouvelle dynastie vers 1070, et elle continua de père en fils jusqu'à Sardanapale V (Assurlihhus). Mais avant de commencer l'histoire de ces rois, nous avons encore à nous occuper de quelques monarques dont les briques se trouvent à Kala-Cherghât, et qui ne peuvent s'insérer dans les cadres de la dynastie nouvelle. Ils appartiennent pourtant au grandempire, puisqu'ils s'intitulent roi d'Assyrie, et semblent devoir trouver leur place entre Sardanapale P'et Teglathphalasar II, c'est-à-dire dans» le là» siècle.
* Par. I, 5, 6 et 26 ; Par. II, 28, 20.
' Voir Raftport au ministre^ et Expédition en Mésopotamie, 1. 1, p. 333.
DE CHALDÉB ET d'aSSTRIE. 63
Voici les documents de deux rois qui n'ont pas encore été traduits^ mais qui établissent la filiation de quatre noms.
Le premier est Belochus ^ ; une légende fruste sur un vase d'albâtre est ainsi conçue :
c( Palais de Belochus, roi d'Assyrie...
» Fils de Poadiël, roi...
» Fils de Bellikhkhous, roi...
» Qui a agrandi (?...) de la ville de son trône*. »
On lit sur les briques, près du Tigre, et je cite toujours d'après les copies de M. Rawlinson :
a Palais de Belochus, roi des légions,
» Fils de Poudiël, roi d'Assyrie. »
Suit une énumération en trois lignes des bâtiments élevés par ce roi, qui s'intitule sur d'autres briques ;.
a Palais de Belochus, roi d'Assyrie,
» Fils de Poudiël, roi d*Assyrie. »
L'autre roi se nomme Salmanassar^; on lit sur ses briques :
a Palais de Salmanassar, roi des légions,
» Fils de Belochus, *roi des légions. »
Nous aurions donc la généalogie suivante :
Bellikhkous {BeUlihhxis). | Belochus {ïïu-lihhus),
Poudiël (Pudi-^l). | Salmanassar I.
Il est difficile de savoir si ce roi Salmanassar est identique aux monarques du même nom cités par Sardanapale III et par Belochus IV3 plus tard on pourra se décider, j'espère, sur la question de savoir si nous nous trouvons en présence de trois personnages, si nous n'en avons que deux, ou si les trois noms s'appliquent à la même individualité. Je penche pour la se* conde de ces opinions.
C'est de la solution, restée ouverte, de cette question, qu'il dépend de décider si ces quatre noms appartiennent à la pre*mière souche du grand empire> ou s'ils doivent être comptés
» Western Jsia, I, n» IV, HI, 1.
3 Le nom de Salmanassar a, dans ce texte, une orthographe un peu différente de celle que nous trouvons ailleurs ; ce qui, d'après ce qui va suivre, milite pour Tindivldualité disUncte de ce roi.
» Voir W. À. /., pi. e.
^^ fltfirrOIBB DES BMPIBBS
parmi les membres de la seconde et plus illustre famille, dont nous allons bientôt nous occuper.
Voici donc les noms de cette première partie des monarques du grand empire :
Ninippalasar, vers 1314.
Assourdayan, vers 1300,
Hontakkil-Nabou.
Assourdanlli.
Teglathphalasar I \ yers 1230.
Sardanapale 1.
Bellihhons.
Poudiêl Belochus I.
Salmanassar I,
Teglathphalasar II, vers 1100.
Beiochus II, Ters 1070.
L'histoire des premiers rois de la seconde dynastie est trèsobscure, parce que nous ne possédons aucun document provenant directement d'eux. Nous devons suppléer au manque absolu de monuments datés de cette première période par les citations peu fréquentes et très-incomplètes que nous ont laissées leurs successeurs. Cette pénurie de renseignements suffisants trouve son explication dans la circonstance à laquelle nous avons souvent fait allusion, à savoir la destruction complète de tous monuments de Ninive avant Sennaché-^ rib. Ce roi rebâtit le palais laissé en ruines depuis le sac de Ninive par les Mèdes et les Chaldéens, en 788 avant l'ère chrétienne; et il nous dit, à différentes reprises, qu'il avait eu soin d'effacer tout à fait ce qui restait encore des édifices de ses ancêtres, pour y placer sa nouvelle et splendide demeure. Néanmoins, les inscriptions des rois de la seconde famille , tels que Sardanapale IIl , Salmanassar IIÏ et Beiochus IV, dont nous n'avons que les monuments de Calach (Nimroud d'aujourd'hui), citent, à de nombreuses reprises,
' J'ai substitué partout à la forme de Tiglatpileser des Massorèthes, que j'employais jusqu'ici avec les Anglais, celle de Teglathphalasar, trouvée dans les Septante, acceptée par la Vulgate, et vulgarisée dans les livres d'histoire. La raison principale qui m'a guidé, c'est qu'elle représente mieux que ne le fait la prononciation de la Massera, la forme assyrienne du mot qui e&t Tuklathabal-asar^ ou Tuklat-pal-asar Les Septante ont généralement rendu les formes ninivites plus exactement que les Massorèthes ; mais cela n'ôte rien de a reconnaissancequ'on doit à l'œuvre admirable de ces grands critiques dont 'ignorance seule a pu vouloir simpli^r les principes grammaticaux.
DE ÇBAU^ÉE BT l^'^Am^E. 65
Nmive comme leur lieu de résidence; le leeteqr en trouTem la preuve dans les texles mêmes*
Les rois précédant Sardanapale 1(1^ ne sont cités que dans ces textes. Celui-ci rend honneur à Salnianassar I qui^ dans le texte de la stèle de Nimroud, dans celui du grand monolithe^ comme dans toutes les inscriplions qui décorent les basreliefs, est appelé le constructeur de Galach ^ Le roi Sardanapale III ajoute que c'est lui qui rebâtit de nouveau le vieux palais de son aïeul, parce qu'il tombait en ruines^ Salmanassar a dû être séparé de son descendant par un intervalle chronologique assez considérable.
Sardanapale mentionne également Teglatbphalasar 1^ Pau-^ teur de Timporlant document de Kala Chergbât dans la grande inscription du monolithe de Nimroud (col. I, 1. 403), et surtout son propre père que nous nommons Teglatbphalasar III, son grand-père Belochus, et son aïeul, père ou grand-père de Belochus, Assouridilil..
Une autre inscription très-importante est la table généalogique de Belochus IV^ époux de Sémiramis, qui remonte dans Pénumération quoique incomplète de ses ancêtres, jusqu'au commencement de la royauté (qudma sarruti httd cip); il nomme comme premier roi un nom, dont le commencement seul est lu avec sûreté Bel-kat, et que j'ai complété Behkdtirassu ^ en Tidentifiant au Belitaras d'Agathias. En tout cas, il s'agit ici évidemment de la seconde famille régnanto sur le grand empire; car le chef de la première race est certainement Ninippalasar^ Faïeul de Teglatbphalasar I, qui le mentionne dans le texte de Kala Gherghât. Or, en tout cas, les noms ne sont pas identiques, et les personnages qui les portent^ ne peuvent être assimilés ; il faut donc voir dans la citation que fait Belochus de son aïeul une confirmation directe de la doctrine d'Agathias dont d'autres circonstances assurent l'autorité en matière d'histoire orientale.
Le texte de Belochus IV a été traduit par moi dans le Rapport au Ministre. Ce texte mentionne également comme l'un
' Voir, par exemple, Western Asia^ I, pi. 36, 1. 162, et ipQssim, ' Le nom se trouve Io|/.,pl. 70. W, À. L, pi. 35», n** 3, 1. 24* J'en ai parlé dans mon i{a]>port au Ministre, Pv44; Annales, t ht, p. 332.
M HISTOIBB DES EUPIMS
des ascendants du roi, un roi Salmanassar qui, probablement^ n'est pas le monarque qui fonda ou rebâtit le palais de Calacb. Gèlui-ci est nommé roi puissant, roi de Sennaar qui est le père des pays S et il ne s'écrit pas exactement comme Sardanapale a Thabitude d'exprimer le nom du fondateur de Calacb.
Le nom de Salmanassar correspond à Tassyrien Salmanasir « Salman est propice^ » et le dernier élément est, dans les textes de Sardailapale TII, rendu par le monogramme qui, syllabiqaement, se lit RIS, tandis que dans le nom cité par Belochus^ nous voyons à la place de RIS, le signe syllabique BAR qui a la même prononciation idéographique. Les rois assyriens avaient Thabitude de se distinguer de quelques-uns de leurs prédécesseurs liomonymes par une autre manière d'écrire leur nom en caractères idéographiques, et cette différence a été respectée, sinon toujours, mais généralement, par leurs successeurs. Ainsi Salmanassar III, Tauteur de l'obélisque de Nimroud, s'écrit toujours par le signe BAR, et je n'ai pas trouvé jusqu'ici dans ses inscriptions, le dernier élément tendu par l'autre caractère cunéiforme, quoiqu'il eût pu choisir cette manière d'écrire.
Néanmoins, les deux formes ont la même prononciation. Cette assertion attendait encore sa démonstration, mais la preuve peut être administrée. Car le flis de Salmanassar III, Samas-Ao, rend compte de la révolte dont Sardanapale IV, également fils de Salmanassar, se rendit coupable, et dans le récit qui se trouve sur la stèle de Samas-Ao, le nom de Salfnanassar est écrit plusieurs fois par le signe BAR *, tandis qu'une fois il se trouve exprimé par le signe RIS (col. ï, 1. 551).
Donc les différentes formes d'écritures désignent le même nom *.
Le nom royal de Kala Cherghàt, Salmanassar, dont l'ortho-
' W. À. L, pi. 35, n* 3, 1. 21.
» Col. I, H. 34 et .^9; W. À. /, pi. 29; col. Il, 1. 0, W. À. T, pi. 80.
* J'ai 16i choisi la transcription phonéUque da verbe HfH, pour être plos succinct. Mais je dois rappeler au lecteur que j'avais dïi laisser de côté la signification syllabique qui ne nous regarde pas ici, et que j'aurais dû mettre au lieu de H'XR, et au lieu de RIS les signes cunéiformes sans aucune transcrip- Uon. Le lecteur devra faire lui-même cette subsUtuUon.
DE GHALDÉK BT D^ASSYRIE. 6?
graphe varie peu, doit également être franscrit par Salmanassar. Nous avons déjà touché la question de Tidentité bu de la divel*sité de ces trois personnages. Si les trois mentions se rapportent au même monarque, la liste de Kala Cherghât appartient toute à la seconde famille, ce qui ne mo parait pas probable. L'identité des Salmanassar, cités par Sardanapale III et Belochus IV, semblerait plus défendable, malgré la diversité de l'orthographe des noms, quoique nous n'ayons pas admis cette identité dans le tableau des rois publiés à la suite de notre Rapport ^
Admettre que le Salmanassar de Kala Cherghât soit identique avec celui de Belochus, provoque des difficultés, parce que il n'y a que quatre générations depuis Belitaras jusqu'à Salmanassar, et il faudrait alors admettre que le Bellikhkbous de Kala Cherghât fût Belitaras même, ce qui serait difficilement défendable.
Reste encore l'hypothèse que le Salmanassar de Sardanapale soit le constructeur du palais de Kala Cherghât, et elle ne saurait soulever, jusqu'ici, d'objections sérieuses.
Je serais assez fortement de cet avis, qui nous fournirait, jusqu'aujourd'hui, cinq rois du nom de Salmanassar, à savoir:
Salmanassar 1, le roi de Kala Cherghât, cité par Sardanapale. SaknanaBsat II, Faîeul de Belochus IV.
Salmanassar III, le contemporain de Jéhio, auteur de l'obéllaqao. SalmaDasaar IV, Tun des sacoesseurs de Beloehna IV. Salmanassar V, Tadversaire de Samarie, connu par la Bibla.
Si la distinction complète des trois preroierR personnages prévalait, le roi célèbre par les livres des Rois, devrait prendre le nom de Salmanassar Yl ^, et les deux précédents aoraient le numéro d'ordre IV et V.
Belochus IV cite, dans le texte mentionné :
Samas-Âo, son péH, Sardanapale III, son grand-père.
* Voir Annales, t. xrr, p. 342.
* Quant à ce monarque, nous sommes heureux de voir que sir Henry Rawlinson accepte Tidentification que nous avons proposée dans nos Sargonide»^ p. 9, AnnaleSy t.vi,p. 54 (5« série). Il prononce Salmanassar, ce qu'il lisait {Àthén., 1863, 19 Juillet) Bilukas hilusur. Il aurait été de bon goût et de bonne fol de nous citer ici, surtout palsf^'ll ne n<Hu combat plos.
tS HISTOIHE DES EHPIIŒS
Teglathphalaaar lil, son arrière-grand -père. Salmanassar, le quatrième ascendant de celnl-cL Belitaras, le troisième ascendant de Salmanassar.
Sardanapale m rend hommage aux ancêtres suivants :
Teglathpbalasar ill, son père.
Belochus, son grand-père.
Âssouridiliii, le grand-père de celui-ci.
En dehors décela, son texte, probablement provenant de Sardanapale Ilf, cite Âssouridinakhé, que nous avons nommé Sardanapale II, peut-être serait-il plus juste d'adopter la désignation d'Assarhaddon I. Mais dans la prévision de la découverte probable d*un monarque qui se rapporterait plus strictement à la classe de noms de Sardanapale, il ne serait pas prudent de changer le numéro d'ordre du grand monarnarque de Calacb; nous lui conservons donc la qualité de III*
de son nom.
BelocHus m.
Ce n'est qu'avec Belochus ITI, et depuis le règne de ce monarque, que,grâce aux tables d'éponymies, nous connaissons la suite exacte des rois assyriens; mais encore nous n'avons guère de celui-ci que le nom, comme la presque certitude qu'il régna 20 ans, selon nous, depuis 949 à 929, avant Tère chrétienne. M. Rawlinson, par des raisons que nous avons discutées ailleurs ', le placerait depuis 908 à 888, mais il est en opposition avec son système qui le forcerait encore à rabattre de trois ou quatre ans.
Le petit-fils de ce monarque parle des victimes de son grand, père qui, probablement, résidait à Ninive; cette circonstance nous a valu la perte dé ses inscriptions.
Belochus mourut dans Téponymie de Saladou-Samas.
Teglatliplialasap III*
Le nom de ce monarque est écrit en assyrien par les mots a adoration » et adieu Hercule; » il signifie donc: a Adoration à » Sandan » KTTDrnten. A la rigueur, il faudrait le prononcer Tuklal-Samdan otiTnktat'Ninip. Mais le dieu Hercule, auquel, d^apirès Bérose, les Babyloniens identifiaient Sandan, est sou-
* Sargonidet, p. 14 ; Annale, t. vi, p. 56 (5* série).
DB GHALDÈS KT d'ASSTRIE. ^S
vent rendu par les deux mots a fils et zodiaque d (ou ciel), en assyrien haixU et asar. Ces trois éléments ensemble donnent le nom de Teglatbpbalasar lOiC^Tynbsn ; nous l'avons égale* ment conservé à ce roi pour lequel d'autres balancent entra les désignations de Tiglat-Sandan et Tiglat-Ninip.
Nous rappelons Teglatbpbalasar III. Il régna six ans^ pendant les éponymies suivantes :
929 Saladou-Samas, dont il finit Fan- 926 AboQ-iloaya.
née. 925 Uou-daki.
928 TuUat-halHil-anr, le roi. 924 Itariê.
927 Takktl-ana-Bel. 923 Assour-sizibanl, année de sa mort*
Sardanapale III et Belocbus nous parlent des bauts faits de ce règne si court ; aucune inscription bistorique n'est conser*vée de lui ; mais nous connaissons, comme unique relique de son règne, un petit monument curieux. C'est une petite tessère ^ sur pierre dure, dont Tinscription même désigne la destination :
a Permis de passage dans le palais de Teglatbpbalasar^ roi » d'Assyrie, fils de Belocbus, roi d'Assyrie. »
Mais, malgré la. courte durée de son règne, ce roi semble avoir laissé une mémoire très-vivace en Assyrie, car même son 5* descendant le cite avec les plus grands éloges; son fils et son petit-fils mentionnent avec plaisir son courage et sa férocité envers les vaincus. La courte mention que fait Sardanapale de son père, renferme le fait qu'il exposa (symétriquement) les corps de ses ennemis.
Teglatbpbalasar Itl entreprit une campagne vers les sources du Tigre. Cela résulte du texte que nous avons cité plus baut; mais M. Jones Taylor, qui y a retrouvé un document de Teglatbpbalasar 1, n'a plus pu voir l'inscription de ce roi qui, jadis, doit avoir illustré le rocber rasé à cet endroit.
Sardanapale III.
Si le père n'a pas laissé de documents, ceux du fils abondent. Le grand palais de Nimroud (Calach) a été rebâti par ce
* Ce petit ikionmnent trèa-eurieox a été déerit dans le Catalogue des antiquUéM arientale* àa Louvre, fait par M. de Longpérier, p. 106. On y troure ausai le texte de la légende.
T0 . msTpiBB pu mflBfS
mooai^iief partout on reoconlre ses Iraces, ou, comme îlledR lui-même, « la gloire de son nom.»Daii9 toutes les graodes ool* lections d'Europe se trou veut se^ bas-reliefs^ ordinairement défir gnrés par une bande d'inscriptions formant partout le même texte. Des taureaux, des lions, des gryphe&. portent ses textes au-*dessous des jambes; une stèle, actuellement à Londres, contient ses campagnes ; un immeQse monolithe, trouvé à Nim^ roud, nous a conservé la plus longue de toutes les inscriptions connues. Et même, seul de tous les monarques asiatiques, il nous a laissé sa statue; d'une main il tient une faux S de Tautre une massue, et sur la poitrine ou lit :
c Sardanapale, grand roi, roi puissant, roi des légions, roi d'Assyrie, fils de Tegla&pbalasar, grand roi, roi puissant, roi des légions, roi d'Assyrie, fils de fielochus, grand roi, roi puissant, roi d'Assyrie.
II possédâtes terres depuis les rives du Tigre jusqu*au Liban ; il soumit à sa puissance les grandes mers et tous les pays depuis le lever du soleil jusqu'au coucher du soleil. »
Le fils de Teglatbphalasar IH est la première affirmation de la puissance assyrienne dans ses vues sur la domination de l'Asie et sur l'Occident; c'est le Sardanapale guerrier dont parlaient les Grecs et qu'ils distinguaient de son hononyme, illustré par son efféminée mollesse '.
Nous avons donc conservé au roi guerrier ce nom populaire ; mais son nom assyrien n'est pas exactement conforme au son de Sardanapale qui n'en conserve que les premier et troisième éléments.
Le nom se compose des éléments suivants :
Assorus (est) prolegens fUium.
Tandis que le vrai nom de Sardanapale est
Amrmy da filium, ou Assorus [est) dans filium.
Le second élément a protéger, » est "îsi ou tdbt, probabie-
* IjSl statue est ti^ourd'hal daos le musée britannique.
^ Od ette comme représentants de cette opinloii, Hellanieos et GaUisUièDes. V. 8«idas et Heeyohios, an mot SmrdanofaU, et le scholiaste ë^AilstophaBe, Àv.^ T. 1022. ^
DE GHAi.ràB ST D^ASSmE. ^
meot le premier^ de sorte que le nom ^t Van na o myK Afur^ nasir habal^; la transcription bsnonoHy À9ur-$amir4iabal est moinft probable.
Mous connaissons les éponymies durant le règne de Sarda« napale [11^ qui monta sur le tr&oe dans l'année présidée par Assoursizibani (923) et régna 24 ans. Nous verrons qu'il cite lai -même dans ces textes quelques-uns des nomséponymiques, et ces citations peuvent servir à compléter 1 état de mutilatîo4i dans lequel les listes nous sont transmises. Voici les noms ;
923 Assoar-stzlbani.
922 Assonr nasir-habaly le roi.
921 Assonr-idin.
920 DainikUa-tuklat.
919 makka.
913 Mardouk-bil-takuRiya.
912 Sidi-Assour.
911 Assoaridil. 910 Assour-natkil.
909 Dellabar-plkid.
908 DâganNinip.
907 ti.
90G il.
918 Dagan-ûsir.
91 7 Ninip'risiya'OQSOor.
916 Mnip-asar.
915 IIoQ-lilbour.
914 Samas-youpahhir.
90& Dagan-aslr.
904 Samas-nouri.
903 Nlnip-soumgiranài.
902 Assour-ilouya.
901 Mardûuk-iska-kaUl.
900 Tabou-bel.
899 Sar-ur-nisi.
Cette dernière année fut celle de la mort de ce roi guerrier, dont le règne est mieux connu que ne l'est malheureusement celui de Tempereur Trajan.
Nous commencerons nos traductions des textes de Sardapale par la grande inscription du monolithe de Nimroud, le plus grand texte lapidaire connu. Cette pierre a 6%20 de longueur, sur 5'',50 de largeur et 0"*,34 d'épaisseur ; elle formait le pavé d'entréedu temple de Ninip-Samdan (Hercule). Le côté visible contient le texte en trois colonnes ; le côté inférieur porte la même inscription divisée en deux colonnes seulement. On doit la découverte et la copie de ce précieux document à M. Layard ; il a été publié dans le recueil de MM. Ravrlinson
* Je me décide pour cette transcriplion, en remplapement de celle dUsurtdannapal que j'avais admise Jusqu'à maintenant; espérons que le nom paraîtra une fols écrit en caractères phonéUfiies, et ^n'alnti dlspinlitront tontes les hésitations. La noa?el(e lecture de M. Rawiinson Àuhur-ixir-palj est contraire à la grammaire ; les autres leçons, telles qu^AihuraJdiJbiU, doivent être définitivement oubliées.
n BfêTOIRE mSS KliPIRES
et Norris, nommé Cuneiform inscriptions of Western Asia ^, planche? il i W, La fin du texte^ qui finit brusquement au milieu d'une phrase^ est complétée par le texte d'une stèle aujourd'hui conservée au musée britannique. Cette stèle montre l'image du roi, et est couverte de caractères cunéiformes de tous les côtés, même sur le champ de la pierre. Elle est le seul monument de Sardanapale qui invoque tous les grands dieux du Panthéon assyrien ; après cette invocation, tout le texte, sauf la fin, est contenu dans le texte du monolithe. Cette invocation rappelle celle que nous avonts trouvée en tôte da prisme de Teglathpbalasar I; elle se traduit ainsi :
a Assour, le grand dieu, roi de l'assemblée des grands dieux.
Oannès (Anou), l'impénétrable, le chef qui règle les destinées.
Salman-Nisroch, roi du fluide, seigneur des mystères, hasisu.
I» Sin (Lunus), tnu, maître des sphères qui abreuve les namriri.
» Merodach, ap^ le sage, maître des oracles.
» Ao, l'impénétrable , seigneur suprême.
» Ninip-Samdan, le héros des exploits divins, qui réduit les ennemis.
9 Nebo, qui transmet le sceptre, le dieu inspecteur.
» Mylitta-Taautb, Tépouse de Bel, mère des grands dieux.
» Nergal, le piétineur ^ maître des mêlées.
» Bel-Dagou, le suprême père des dieux, l'architecte, le créateur.
« Samas (Soleil), l'arbitre du ciel et de la terre, mandataire de l'assemblée.
» Istar, la souveraine du ciel et de la terre, qui juge les héros.
» Voilà les grands Dieux qui règlent les destinées du pays, qui agrandissent la royauté. »
* NoQS citons toujours ee recueil par W« A. 1.
DE GHALDÊE ET b*ASSTRIE. 73
Iitffcriptioii de Sardanapale III* -^ StS tmm
avant JI.-C*
LliiTOcation s'adresse à Hercule seul.
4 Col. l, L 1 . — Ninip^ isri, Samdan^ le sapréme^ le chef des dieux, te terrible, excitateur mâle, qui dans la bataille ne balanee pas dans ses faveurs, fils aîné de ha sal kumati^, primogéniture du dieu Nukimmut, le défenseur des dieux cinq et deux, t^ ik, roi des dieux, enfent de Tempyrée qui surveille le centre du ciel et de la terre, qui ouvre des canaux, qui soumet la terre vaste, le dieu sans lequel on ne dispose pas
....du ciel et de la terre, prince des contrées, qui donne
le sceptre et le esbar pour régner sur la totalité des villes, le gardien vigilant, le roi qui n'altère pas Téclat de sa magnificence, le U ik, auguste parmi les dieux.
» i6., 5. — Indicateur du Soleil boréal, le resplendissant, le seigneur des seigneurs, dont la main s'étend sur les profondeurs du ciel et de la terre, l'inspecteur, roi des combats, qui subjugue les animaux kumatiy lui le dominateur énergique, seigneur des vallées et des abîmes, le fort qui ne pardonne pas, dont l'œuvre est la ruine, qui saccage le pays des rebelles, qui réduit h lobéissance la révolte contre le dieu excitateur, qui ne change pas ses intentions, la lumière du ciel et de la terre, qui fait la division entre les flots, qui asservit l'iniquité, qui asstijettit ceux qui ne sont pas bons, qui anéantit les ennemis, qui dans le langage des dieux se nomme le Dieu que personne ne bles3e, qui éteint la vie.
» 76., 1. 9.— Grand souverain, dont la pensée est bonne, qai trône dans la ville de Galach, le grand maître, mon maître !
» 76 , 1. 9. — Sardanapale, le roi puissant, le roi du monde, roi des peuples, roi des territoires dans les quatre réglons du soleil, roi des légions des hommes, pupille des yeux des dieux Bel et Ninip, bénissant Oannès et Dagon, serviteur des grands dieux, lesahlu. 11 bénit (ô Ninip!) ton cœur, le maître, chéri du dieu Bel, dont la puissance dépasse ta divinité. Tu l'aimes, et tu as conduit sûrement son glaiTe. Le juste, le terrible qui
* Peut-être « fils aîné da poisson et de I9 femelle bipède. » Le mot humât peut signifier, se tenant debout.
74 JUSTOIBE DES BVPIftCS
marcha dans l'obéissance d'Assour, son maître, qui ne fut égalé par aucun des rois innombrables des quatre régions.
Pasteur des créatures, on ne lui manqua pas de respect Il
imposa des tribus incomparables. Le roi rédoisii €eaic qui lui résistèrent, assujettit Tensemble des légions des hommes. Vaillant, puissant, il foula aux pieds le territoire de ses enne^ mis, il écrasa les districts rebelles, il les brisa, il partagea leurs dépouilles, le justicier.
» Jb.y 1.45. — Il marche dans la dévotion enverfi les grands dieux, ses maîtres; jusqu'à tous les pays s'étendît sa main ; il pénétra par leurs forêts, il leur imposa des tribus, tt se saisit des otages, il établit sa domination sur tous les pays.
B 76., 1. 17. «- Je dis ceci : Assour, le souverain, a prononcé mon nom, a augmenté ma royauté; il m'a transmis les pouvoirs pour que je puisse gouverner.
«> /6.,1. 18. — Sardanapale, le maître auguste, adorateur des grands dieux, le délégué puissant, l'inspecteur, qui conquiert des villes, des forêts et toutes leurs dépendances; roi des soa* verains, qui enveloppe les impies, qui passe' au-dessus des protestations, qui ne se laisse pas manquer d&< respect, ferme dans ses volontés, le iaskaru qui n'admet pas de compensation, qui combat la méchanceté. Roi de tous les gouvernants, maître des maîtres, roi des rois, mfrti, auguste orgueil deNinip le Vaillant, serviteur des grands dieux, il arrangeâtes litiges.
Il marcha, en respectant la justice, dans l'adoration des dieux Assour et Soleil, ses régulateurs; il anéantit comme gi abi, les pays désobéissants et les rois rebelles, et réduisit sous sa puissance la totalité de leurs possessions. Il restitua le culte desdéesses, avec celui des grands dieux. Souverain in« dépendant, il s'appliqua constamment à diriger les barsi et les asrat de son pays. Les grands dieux du ciel et de la terre firent grandir les œuvres de sa main et l'onvrage de ses doigts, et établirent sa suprématie poui* l'éternité dans les bet mai. Us lui accordèrent leurs pouvoirs pour l'exercice de sa souveraineté, et punirent ceux qui protestaient contre sa puissance sur les rois des quatre régions, il châtia ceux qui se révoltaient contre Assour, dans toutes les contrées, en haut et en bas^ et établit des contributions sur eux ; il attaqua
DB GOAUÈE ST B'ASStRlB. 75
l68 ennemis d'Assour, lui, le roi puis6ant> le roi d'Asàyrie.
» J6., 1. 28. — Fils deTeglathphalasar, vicaire tfAssoitr, qui terrifia les districts de ses adversaires et qui exposa sur des pals les eorps de ses ennemis;
» Petit-fils de Bélochus, vicaire des grands dieux, qui effectua la défaite des récalcitrants.
B Arrière^petit-fils du fils d'Assouridiltl, qui bâtit des temples et fonda des merveilles.
x> Après ce temps, échut, devant la face des grands dteux, la royauté, la souveraineté, la puissance pour le roi, le maître, l'auguste, le suprême, le justicier, le prince, l'énergique, rbéroïque, le puissante! le vaillant.
» /6., 1. 33. — Sardanapale, roi puissant, roi d'Assyrie, nommé par Sin, favori d'Oannès, pupille des yeux d'Ao qui éclaire les dieux, moi.
» Je n'accepterai pas de compensation; j'astreindrai à mon ennrpire les rebelles, moi, le héros des combats, je subjuguerai les villes et les forêts; le prince des bipèdes (?), le roi des quatre régions, terreur de ses ennemis, il contiendra les districts rebelles. Roi des habitants des régions soumises à tous les souverains, il domptera ceux qui ne lui rendront pas hommage, il tendra sur les légions des hommes.
Ces paroles sortirent devant la face des grands dieux, et ils accomplirent mes paroles. D'après le désir de mon coeur et le geste de ma main, Islar, la reine des combats, a béni mes intentions, et a permis la guerre et la bataille.
» /ft., 1. 38. — Sardanapale est le seigneur auguste, l'adorateur des grands dieux, que Bel laissera atteindre le désir de son cœur; jusqu'à la totalité des rois, parviendra la puissance de sa main. Il attaquera ses ennemis jusque dans les lieux inaccessibles, il brisera leur orgueil, le justicier.
» Ib,, \, 40. — Je dis : Assoqr, le grand dieu, a prononcé mon nom, a fait grandir ma royauté ; qu'il étende ma domination puissamment sur les rois des quatre régions, qu'il me délègue sa puissance pour que je, puisse gouverner. * il m'a confié plaines et forêts pour les exploiter, les utiliser selon mon bon plaisir et ma volonté. Dans l'obéissance à Assour, mon maître, je marchai à travers des chemins tortuwx et de$
"76 mSTOIBE DES EMPIRES
inontagneé escarpées^ avec la multitude de mes armées, dont le nombre est sans égal.
» Ib., 1. 44. — Au début de ma royauté, dans ma première campagne, le dieu Soleil, l'arbitre des contrées, m'accorda son assistance victorieuse. Je m'assis sur le trône de ma royauté, je chargeai ma main du sceptre du gouvernement des hommes. Je comptai mes chars et mes armées, je traversai des déserts tortueux et des montagnes escarpées qui n'étaient pas propres pour des chasses et des armées.
» 76., I. 40. — Je marchai sur le pays de Noummi; j'occupai Libië, la ville capitale, et les villes de Sourra, Aboukacé, Aroura,Aroubië, qui sont situées sur la montagne de Rini, comme les pays d'Arouni et d'Etini, et leurs grandes villes. Je tuai beaucoup de leurs habitants, j'enlevai leurs captifs, leurs trésors et leurs troupeaux. Les guerriers se retirèrent sur les montagnes inaccessibles; ils occupèrent, dans une position fortifiée, ces hautes montagnes. Je ne marchai pas sur eux, car ces pics majestueux sont comme la pointe d'un couteau, et les oiseaux du ciel, dans leur fuite, ne se reposent pas sur eux. Ils établirent leur refuge dans ces montagnes, comme dans des nids d'aiglons, et parmi les rois, mes pères, personne n'y était jamais parvenu. En trois jours, je me décidai; je ne fis pas l'ascension sur la montagne, du côté du milieu de sa déclivité. Je me mis à la poursuite; je secouai leurs nids, leurs refuges; je les brisai. Je m'emparai de 200 morts; j'emmenai leurs captifs en grand nombre, comme des troupeaux d'agneaux. Je dirigeai mes pas vers leurs tentes, qui étaient en bas de la montagne; je détruisis leurs villes, je les démolis, je les brûlai par le feu.
i>/6.,l. 54. Je me retirai du pays de Noummi, et je descendis vers le pays de Kirrari. Je pris des tributs des pays de Kirrari, Simisi, Simira, de la ville d*Oullania, des pays d'Adanit, Khargaî, Kharmasa, consistant en chevaux, nirnunna, bœufs, moutons, agneaux et des instruments en airain. Je mis au-dessus d'eux un vice-roi.
» /6.,1. 56. — Pendant qu'on me retint au pays de Kirrari, la puissance d'Assour, mon maître, entraîna les pays de Kilzan, de Khoubouska; ils m'apportèrent des tributs, consistant
DE CBALDËB £T D^ASSmE. T7
en chevaux, lingQts d'argent et d'or^ barres d'airain, instruments en airain.
» i6.» 1. 58. — Je partis de Kirrari, et j'attaquai les pays des environs de la ville de Khouloun,dans le pays de Kirkbi; j'occupai les villes de Khatou, Khatarou, Nistoun, Ibidi, Mitquia, Arzania, Tiéla, Kaloua, les villes du pavs de Kirkbi, qui sont limitrophes des pays d'Ousou, Aroua, Ararat, des pays trèspuissants. J'y tuai beaucoup de monde; j'emmenai les captijBs et les trésors. Les soldats se retirèrent, sortant ensemble, dans la ville de Nistoun, qui est comparable à un roc tombé du ciel, d'un poids énorme (?), et où, parmi les rois, mes pères, personne n'avait pénétré. Mes soldats parvinrent au sommet, comme des oiseaux; je m'emparai de 260 combattants; je leur coupai la tête, je les mis sur des pals; leurs enfants, je les écrasai sur les rocs des montagnes, comme des oiseaux qui sont encore au nid. Je fis descendre des montagnes leurs captifs et leurs trésors. Les villes qu'ils avaient construites dans leurs immenses forêts, je les détruisis, je les démolis, je les brûlai par le feu. Les hommes ammar s'étaient soustrailsàma domination; ils s'humilièrent devant moi, et saisirent mes genoux. Jeteur imposai des tributs et un vice- roi. Boubou, iiis deBaboua, préfet de la ville de Nistoun, je Técorchai à Arbèles et couvris le mur de sa peau.
» i6., 1. 68. — Après ce temps-là, je fisTimage demafigure; j'y écrivis Tinformation sur mon histoire, je la gravai dans la montagne £kï, dans la ville de Sardanapâle, près de la source.
» J6.,1.69. — Dans ma !'• année (selon nous, vers 923 avant J.-C.)^ le 5* mois, le 24* jour, en l'honneur d'Assour et d'istar, les grands dieux, mes maîtres, je partis de Ninive. J'allai vers les villes qui avaient été bâties dans les pays de Nipour et de Pazat, les pays puissants. J'occupai les villes d'Atkoun, Ouskhou, Pilazi, et 20 villes de leurs environs. J'y tuai beaucoup de monde; j'emmenai des captifs et des trésars; je brûlai les villes dans le feu. Les hommes ammar qui s'étaient soustraits à ma domination s'humilièrent, et prirent mes genoux; je les remis dans leurs propriétés.
Ib.y 1. 73. — Je me retirai des villes de la dépendance de Nipour et de Pazat^ et je franchis le Tigre. Je m'approchai du
78 irifrrOlIIÈ DBS EMFIftES
pays de la Gommagène (Koummoukh}; j'exigeai, comme tributs de la Gommagène et des Moscbiens, des instruments en fer, des tKBufs^ des moulons, des boucs. Pendant qu'on me retenait en Gommagène, on m'apporta la nouvelle que la Tille deSour, qui appartenait à Bit'-Kbaloupië, avait fait défection. Les babitants tuèrent Tbomme de Hamatb qui les gouvernait, et proclamèrent, comme leur roi, Akbiyabab, fils de Lamaman, qu'ils avaient appelé de Bit-Adin. D'après la volonté d'Assour, d'Ao, les grands dieux qui font grandir ma royauté, je comptai mes chars et mes armées; je me dirigeai vers le fleuve Kbabour, et, en passant, je reçus des tributs considérables de Salinan-Haman-llan, de la ville de Sadikanna et de )lu-Hou, de la ville de Soura, consistant en lingots d'argent et d'or, barres de fer, instruments en fer, des élofTes teintes en berom et en safran. Je m'approchai de la ville de Sour, du district deBit-Kbaloupië, alors, la crainte immense d'Assour, mon maître, les entraîna. Les grands et les notables de la ville vinrent à moi pouf sauver leur vie; ils saisirent mes genoux. J'en tuai toujours un, j'en fis vivre un autre; j'en
un troisième. Je pris Akbiyabab, fils de Lamaman, qu'ils avaient appelé de Bit-Adin. D'après la volonté de mon cœur, et pour faire respecter mes ordres, je châtiai la ville, je fis saisir les hommes criminels; puis, je rassemblai mes grands dans ses palais magnifiques. Son argent, son or, son pécule, son trésor, de rairain,de Tacier (?), de Tétain, des barres d'airain, des instruments en airain, des casseroles en airain, des creusets en airain, des ustensiles en fer, en grand nombre; du
plomb, du , des ahzi; de femmes de son palais, ses filles et
fils; les dépouilles des hommes criminels, leurs ustensiles; les dieux avec leurs ustensiles; des pierres précieuses; son
char, avec le timon pour les chevaux, des harnais pour
les chevaux; des armures pour les hommes; des étoffes teintes
en berom et en safran; des pasu$ excellents en cèdre, des
excellents en cèdre kisiti; des plaques de cuivre lissé, des plaques de cuivre travaillées (?); des bœufs, des agneaux; des dépouilles de toutes sortes, nombreuses comme les étoiles du ciel; des enfants sans nombre; j'emmenai tout cela. Je mis au-dessus d'eux un homme parmi mes dignitaires; jeconstrui-