M HISTOIRE DES EMPIRES
en céréales. Je quittai la ville de Tuklat-Assur-asbat; je pris les alentours du pays de Nispi. Je subjuguai le pays. Je marchai vers les villes dont le site est lointain, limitrophes du pays dte Nispi, que Zab-Ao avait mises en état pour se défendre. J'occcupai la ville de Birout, je la brûlai parle feu.
» 76., 1. 49. — Dans Tannée de DamiktiyorUiklat (920 ?), quand je séjournai à Ninive, on m'apporta la nouvelle qu'Amika, TArménien, s'était refusé de payer le tribut à la couronne d'Assour, mon Dieu.
» Ih. 1. 50. -* D'après la volonté d'Assour, le grand souverain, mon maître, et le dieu Grand Protecteur, qui marche devant moi, le l" jour du 3? mois, je préparai, pour la 3* fois, une expédition contre Zamoua; je fis le recensement de mes serviteurs, de mes armées et de leurs bataillons. Je quittai la ville de Kakzi, et je franchis le Zab inférieur. Je m'acheminai vers le territoire de la ville de Babiti; je franchis le fleuve de Radan. J'approchai mes kak tam des montagnes du pays de Simaki. Je reçus en tribut, du pays de Dagara, des bœufs, des moutons et des agneaux. Près de Simaki, je laissai les
chars, la cavalerie les premiers '. . . Je continuai le
\nainar; je franchis la rivière de Tournât. Je m'avançai en mithar s'uMi vers Ammali, la capitale d'Arastou. Après un combat meurtrier, je pris la ville d'assaut ; je m'emparai de 800 combattants. Je remplis de leurs cadavres les marchés
de leurs villes; je jetai leurs cadavres, leurs Je pris
de ma main beaucoup de prisonniers vivants; j'enlevai des captifs en grand nombre; je détruisis la ville, je la démolis, je la brûlai par le feu. J'occupai la ville de Khoudoun et 22 villes environnantes; j'y tuai beaucoup du monde ; j'enlevai des captif s, des bœufs et des moutons; je détruisis leurs villes, je les démolis, je les brûlai par le feu; je déshonorai leurs fils et leurs filles. J'attaquai Risirti, la capitale de Zabini, et dix villes de leurs dépendances ; j'y tuai beaucoup de monde, j'en enlevai les captifs. Les villes du district de Bar, de Kirtiara, de Doura, de la ville de Bounisa, et la province du pays de Khalmar, je les détruisis, je les démolis, je les brûlai dans le feu ; je les changeai en un monceau de ruines.
)> i&., 1. 60. —J'abandonnai les villes d'Arastoua, et m'a-
DE CHALDÉK ET D^ASSTftlE. 85
vançai vers le district qui est limitrophe des pa^s de Lara^ de Bidirgi et vers les montagnes inaccessibles où ne passent pas des chars^ ni des armées. Je m'approchai de Zamri^ la capitale de Amika le Zamoulen. Amlka craignit mes armes puissantes et mon attaque^ et s'était enfui vers les hautes montagnes.
» Ib.y 1. 62. — J'emportai le trésor de sa maison et son char. Je quittai Zamri^ et je franchis le fleuve de Lallou (?). J'allai vers les ... . montagnes étini, les plateaux inaccessibles où les chars et les armées ne peuvent pas passer^ et jusqu'où parmi les rois mes pères^ personne n*était parvenu. Je mon* tai le manta de son armée sur les montagnes étini ; je saisis ses biens et son trésor^ les ustensiles d'airain en grand nombre^ des am d'airain^ les instruments^ des patères et des sulM en airain^ le contenu de son palais^ sa propriété^ et je l'emportai de son pays. Je retournai à mon campement.
Avec la permission d'Assour et de Samas^ mes aides^ je quittai mon campement et je me mis en route. Je franchis le fleuve d'Adir^ vers les confine des pays puissants de Soua et d'Élaniou^ beaucoup du monde; j'enlevai les dépouilles, les trésors, les am de fer, les instruments en airain, des patères en airain, des namziati en airain, des ustensiles en airain en grand nombre, des passur en or, des ahziy leurs bœufs, agneaux, trésors et des captifs en grand nombre, et je les emportai des montagnes d'Elaniou; je lui pris ses chevaux. Amika fuit vers le pays de Saboua, pour sauver sa vie; je détruisis les villes de Zamrou, Arasitkou, Ammar, Parsindou, Irit, Sourit, sa capitale et 150 villes des environs, je les démolis, je les brûlai par le feu ; j'en fis un monceau de ruines.
» 76., 1. 70.—- Pendant que j'étais retenu dans les parages de Parsindou, la cavalerie d'un homme kallab attaqua cette demeure. Je tuai, en outre, là 150 des guerriers d' Amika, je leur coupai la tête. J'en fis un monceau sur le toit de mon palais. Je pris de ma main W prisonniers vivants, je les étranglai sur le mur du palais. Je asiki mes m'a de la ville de Zarari, la cavalerie de ce kallab; je marchai sur les villes d'Asa, d'Arzania, où parmi les rois mes pères, personne n'avait pénétré. J'occupai les villes d'Arzizou, d'Arzindou, sa capitale.
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et dix villes de ses dépendances^ qui sont au milieu du pays de Nispi^ dans les montagnes inaccessibles. J'y tuai beaucoup de monde, je détruisis les villes, je les démolis^ je les brûlai par le feu. Je retournai à mon campement.
» Ib.9 1. 75. — f^ns ces temps-là^ je reçois comme tribut des objets en airain, des tabbil, des kanmat^ des sariatij de Ja part du pays de Sipir-mina qui sont pirruni comme des femmes.
» /b,y 1. 76. — Je quittai la ville de Zamri^ et je akis le pays de Lar^ situé dans des montagnes inaccessibles qui ne permettent pas aux cbars et aux armées de passer, avec des kala"
bat en fer. Je agur dans des akkulU je fis passer les cbars
et les soldats. Je descendis vers la ville Tul^lat-Assour-Âsbat^ dans le pays de LouUou^ qui s'appelle aussi Âragdi. Tous les rois du pays de Zamoua se repentirent d'avoir désobéi à ma puissance et d'avoir mécoftnu ma souveraineté, ils touchèrent mes genoux. Je leur demandai^ comme tribut^ de l'argent^ de Tor, des barres en airain^ des instruments en airain^ des étoffes en berom et en safran, des chevaux^ dès bœufs, des moutons^ des agneaux^ en dehors de leurs contributions antérieures; j'établis leur viccrroi à Galach.
» n., 1. 80. —Pendant que J'étais retenu à Zamoua, les habitants des villes de Rhoudoun, de Kfaartis, de Houtuski, de Kirzana, furent entraînés par la crainte immense d*As$our, mon seigneur. Ils m'apportèrent leurs tributs, de l'or, de l'argent, des chevaux, des étoffes teintes en berom, des bœufs, des moutons, des boucs ; les hommes ammar qui s'étaient soustraits à ma domination, s'enfuirent vers les montagnes. Je marchai vers leur retraite. Ils avaient construit leur capitale, Misou, sur les confins des pays d'Azir et de Simaki usikanni. Je dévastai et je détruisis le pays d'Azir. J'éparpillai leurs cadavres depuis les confins du pays de Simaki jusqu'au fleuve de Tournât. Je dispersai 800 de ses combattants (cavaliers). J'emportai beaucoup de captifs. Je brûlai les villes par le feu.
» i6., 1. 84.— Dans ce temps-là, je fis ceci. La ville d'Atlila est dans le pay's de Zamoua. Sibir, roi de Tirat-Dounias (basse Chaldée), l'avait prise et soumise, et l'avait changée en un monceau de ruines.
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» Ib., 1. 85. *-* Sardanapale, roi d'Assyrie^ l'a b&liede noa* Teau. J'ai assiégé le fort, et puis, j'ai fait^ au milieu de lui, ud palais dont j*ai fait ma demeure ; je Tai orné et arrâugé, et l'ai mis à la place de ce qui existait ayaat. J'ai amassé des céréales des pays euTironnants; je Tai nommé Dour-Assour»
Ib., 1. 86. — Le 1^ jour du 3* mois de l'année, de Sa an ma pakid (9i9), je comptai les cbars et mes armées« Je franchis le Tigre, et me tournai vers le pays deKoummoukh. J^inaugurai un palais dans la ville de Titouli. Je reçus des tributs dli pays de Roummoukh. Je quittai Koummoukh et je m'avançai vers les environs du pays des Istarât. Je fis une halte passagère à la ville de Kibaki. Je reçus, comme tributs de Kibaki, des bœufs, des moutons, des boucs, des instruments en fer. Je quittai Kibaki et je marchai sur la ville de Mattiati. l'occupai la ville de Mattiati et la ville Kapranisa; je m'emparai pendant le combat de â,800 morts. J'emmenai les captifs. Les hommes ammar, qui s'étaient soustraits à ma domination, me touchèrent les genoux; je les laissai y toucher. Je renouvelai la demande des tributs et des dons aux hommes urasi, je les établis au-dessus d'eux. Je fis l'image de ma figiure^ j'écrivis le récit de mon histoire; je le plaçai dans la ville de Mattiati*
» /&., 1. 9.— 'Je partis de Mattiati^ et me tournai vers la ville de Zazaboukha, en faisant une halte. J'y reçus, du pays.de Kirkhi, des contributions en bœufs, agneaux, boucs, instruments en airain, am de fer, casseroles gurpis d'airain. Je partis de Zazaboukha. Je fis une halte à la ville d'irsia. Je brûlai la ville d'Irsia par le feu. Je reçus, dans la ville d'Irsia, les tributs de la ville de Soura, consistant en bœufs, moutons et instruments en airain. Je quittai la ville d'Irsia, et je m'aiy rêtai au milieu du pays de Biyari. J'occupai la ville de Madatranzou et deux villes de ses environs. J'y tuai beaucoup d'habitante, j'en emmenai des captifs ; je brûlai les villes par le feu. Je traversai trois lacs dans le pays de Bijari, qui se trouvent dans les hautes montagnes des parois à pic, qui ne permettent pas le passage des chars et des armées. Je akis la montagne avec des kalapai en fer. Je aggur dans des akkulK d'airain. Je fis passer mes chars et mes soldats. Je reçus comme
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tribut^ dans les villes qui craignaient ma colère^ dans le pays de Biyari; des boeufs, des moutons, des boucs, des instruments et des gurpiêi en airain. Je laissai le pays de Biyari.
» Ib., L 97. — Pour la seconde fois, je descendis vers le pays des fleuves* Je m'arrêtai a la ville de Sigisa. Je quittai la ville de Sigisa. Je m'avançai vers la ville de Madara, la capitale de Labtour, fils de Toubous. Je pris d'assaut la ville de Dan-il- Dan, et 20 forteresses voisines; elles craiguirent la puissance de mon courroux, et je, leur enlevai, pour lèssaprati, leurs dépouilles, leurs trésors, leurs fils. Je les rançonnai pour leur sauver la vie ; je leur imposai les contributions et droits dus âu3L urasû Je démolis la ville, je la détruisis. Je la changeai en un monceau de ruines.
1» /&. , 1. 100. — Je quittai Madara, et je m'avançai vers la ville de Touskha. J'inaugurai un palais à Touskha. Je reçus dans cette ville, en présence du pays de Nirdoun, de& chevaux, des nimunna, des instruments e^ des gurpisi, des bœufs, des moutons et des boucs. Dans le district du pays de Biyari/ qui relevait de Labtour, fils de Tcmbous, et je pris une 60« de i^illes fortifiées, je les détruisis, je les démolis, je les changeai en monceau de ruines.
» ib., l. 103. — Dans l'adoration d*Assour, mon maître, je partis de Touskha, je ostit lesi$ku puissants Je franchis le Tigre dans de rcAsvi. Je longeai les bords. Je m'avançai vers la ville de Pitoura, la capitale du pays de Dirra. La ville est inaccessible et fortifiée. Deux murs forment la protection de sa forteresse, comme les uban des hautes montagnes. Avec les it sublimes d'Assour, mon maître, avec l'impétuosité de mes soldats, et le sUmur de ma bataille, je combattis avec eux. Pendant deux jours, vers le lever du soleil, je me ruai sur eux, comme Ao, qui est nir pal; je fis pleuvoir sur eux le meurtre. Dans l'attaque et la mêlée, mes combattants se ruèrent sur eux comme des anzi d'oiseaux. Je pris la ville. J'anéantis par les armes 800 personnes. Je leur coupai la tête. Un grand nombre de vivants tombèrent dans ma main. Je brûlai leurs demeures par le feu. Je fis un grand nombre de prisonniers. Je fis, devant la porte de la ville, un mur de vivants et de têtes. Je fis monter en croix, devant la grande
DE GHALO&B ST ]>'AS»TBIS. 89
porte de leurs villes, 700 bonimes. Je dévaluai la ville, je la démolis^ j'en fis un monceau de ruines. Je déshonorai leurs fils et leurs filles. J'occupai la ville de Koukouna^ qui est à rentrée du district montueux de Matni. Je fis passer par les armes 700 hommes. J'emmenai des captifs en grand nombre. J'attaquai 50 villes du pay^ de Dirra. J'y tuai beaucoup !de monde. J'emmenai des captifs en grand nombre. Je pris vivants 50 hommes, et je dévastai la ville, je la démolis, je la brûlai dans le feu. Je répandis parmi eux la crainte envers Assour, mon maître.
9 /&.,]. 112. — Je quittai la ville de Pitoura, je descendis vers la ville d'Arbaki du pays de Rirkhi sa mittani. Ils craignent le courroux de ma royauté, et abandonnèrent leurs villes et leurs forts. Ils s'enfuirent vers le pays puissant de Matni, pour sauver leur vie. Je nï'élançai derrière eux. Je dispersai les cadavres de 1,000 combattants dans les montagnes inaccessibles. Je jetai les cadavres sur la montagne ; j'en remplis les ravins du nadbaku des mohtagnes. 200 prisonniers tombèrent vivants dans ma main, je leur coupai les poignets. J'emmenai 2,000 captifs ; j'enlevai des bœufs et des moutons sans nombre. J'occupai les villes d'igaya, Sâlariba, les villes principales d'Arbaki, j'y tuai beaucoup de monde, j'en emmenai des captifs. Je dévastai^ je démolis, je fis un monceau de ruines, de 200 villes entourées de grands murs daus le pays des fleuves; j'abattis leurs arl)res. Je conservai dans la ville de Touskha les grains et les blés.
» Jô., 1. 118. — Ammiba'al *, fils de Zaman, avait été trahi par ses grands et tué par eux. Pour venger Ammiba'al, je vins. Ils craignirent le namurratie ma domination et la main terrible de ma royauté. Je reçus des chars, des rakis, des armures pour les hommes et les chevaux, 460 chevaux des
tributs en argent et en or, 100 talents d'étain, 100 talents
* Ce nom d'une physionomie incontestablement phénieienne, comme ceux d'Akhiram» Akhiyabab, prélade pour ainsi dire aux rapports que nous allons bientôt voir s'établir entre TAssyrie et la Phénicie, la Syrie et la Judée. Ce nom Akhiram est même un nom hébreu ; il est porté par un fils de Benjamin (Num., XXVI, 38). Quant à Ammiba'al^ il correspond à l'hébreu Amnuël, père de Baths^a, et à Anmiisada!. ■
90 HISTOIRE BIS EUPIBES
d'airain^ 160 talents de fer^ iOO instruments en airain^ 300 mains en airain, des casseroles en airain, des aganati en airain^ i^OOO morceaux d'étoffes teintes de benym et de safran^ des pa$u$ pour parasols^ des peaux dorées, des ahhuzut, le contenu de son palais, 2,000 bœufs, 5,000 moutons^ son épouse, ses biens dotaux considéritbles, les femmes de ses dignitaires et leurs biens dotaux considérables.
» Ib., 1. i25. — Sardanapale, grand roi, roi puissant, roi du monde, roi d'Assyrie, fils de Tiglathphalasar III, grand roi^ roi puissant, roi du monde, roi d'Assyrie, fils de Belochus^ grand roi, roi puissant, roi du monde, roi d'Assyrie. Le juste, le terrible» qui marcha dans la dévotion envers Assour, son maître. Parmi les rois de quatre régions, son éclat fut sans égal, comme roi, il régna sur toute la terre, à partir de l'em* bouchure du Tigre jTJsqu'au Liban et la grande montagne de Laki^dupaysdeSoukhi; jusqu'àlayilledeRapik, il selasoumit. Sa main allait à partir des sources du Soupnat jusqu'aux districts dupaysSabitani; àpartirdu territoire de Kirrouni jusqu'à Kîlzân ; à partir des rives du Zab inférieur, jusqu'à la ville de Toul-bftri qui est au-dessus du pays de Zaban; à partir de la ville de Toul-sa-aptan jusqu'à la ville de Tui-sa-zabdan ; les villes de Khirimou, Kbaratou, les pays de Birât et de Kar-Dou* niyas je les annexai à mon domaine, et j'imposai les tributs à tout l'ensemble des pays des fleuves. Je bâtis de nouveau la ville de Calach, je rasai l'ancienne colline^ jusqu'à ce que je vinsse au niveau des eaux ; je mis alors cent vingt tikpi audessus de rendroit le plus bas. Je consacrai au milieu un temple à Ninlp, mon maître.
» lb.,\. 422.— JedisiAlaglwredeNinipjeflscetteoBuvre qui ne trouve pas d'égale parmi celles d'auparavant; je fis, selon l'inspiration de mon cœur, l'image de sa divinité en marbre et les lettres en or. Je le choisis pour ma grande divinité dans la ville de Calach. Je célébrai ses fêtes (isinat) dans les 1 !• et 6« mois. Je distribuai les briques pour bâtir ce palais. J'érigeai un autelàNinip, mon mattre. Je consacrai dans lui un temple à Tavat, Sin et Gulanou, Salman, et Ao, le grand gardien du ciel et de la terre.
jD Çol. III; 1. — Le 22« jour du 3* mois^ dans l'année de Da-
DE CHALDÉB KT b'ASSTBIE. 9i
ganasir (918)^ je quittai la villede Calacti. Je traversai le Tigre et au delà du Tigre (nir ammaii^, je perçus des tributs considérables. Je m'arrêtai àla ville de Tabiti. Le S"* jour du 4*mois^ je partis de Tabiti et je parvins jusqu'au fleuve de Kbarmis. Je m'arrêtai à la ville de Magarisi. Je partis de Magarisi et j'allai jusqu'aux bords du Rbabour. Je m'arrêtai à la ville de Sadikanni; je reçus les tributs de SadiiLanni en argent^ en or, étain, instruments en fer^ bœufs^ moutons. Je partis de Sadi*kanni et je fis halte à la ville de Katni. Je reçus les tributs de ses habitants et je quittai Katni. Je m'arrêtai à la ville de Dour- Koumlimi. Je quittai Koufnlimi, je m'arrêtai à la ville de Bit- Kbaloupië, je reçus les tributs de Bit-Khaloupië^ de l'argent^ de l'or^ du fer^ des instruments en airain^ des étoffes teintes en berom et en safran^ des bœufs et des moutons. Je quittai Bit-Kaloupië et m'arrêtai dans la ville de Sîrki. J'y reçus les tributs des habitants de Sirki, de l'argent, de l'or, de Tétain, des instruments (en fer), des bœufs, des moutons. Je quittai Sirki et je m'arrêtai dans la ville de Soupri. Je perçus les tributs des habitants, de l'argent, de l'or, de l'étain, des instruments, des bœufs; des moutons. Je quittai la ville de Soupri et je m'arrêtai dans la ville de Karabâni. Je perçus les tributs de cette ville, consistant en argent, en or, instruments, bœufs et moutons. Je partis de Rarabftni, et je m'arrêtai à la hauteur de la ville de Khindani. La ville de Khindani est située de l'autre côté {nir ammcUi) de l'Euphrate. Je reçus les tributs des Khindanéens, de l'argent, de l'or, de l'étain, des instruments, des bœufs, des moutons. Je quittai la ville de Khindani, et je m'arrêtai aux montagnes qui bordent l'Euphrate. Je partis de ces montagnes et je m'arrêtai dans la maison de Sabaya, devant la ville de Rharidi. La ville de Kharidi est située de l'autre côté de l'Euphrate. Je partis de la maison de Sabaya, et je m'arrêtai au commencement (ris) d'Anatho. Anatho est située au milieu de l'Euphrate. Je m'en allai d'Anatho. Je me trouvai aux environs de la ville de Sour, la capitale de Sadoudou, chef du pays de Soukhi. Celui-là se fia aux armées du vaste pays de Biri et vint en ma présence pour livrer combat et bataille. Après un combat meurtrier de deux jours, je me trouvai en face de la ville, je la pris d'as-
saut. Redoutant la puissance terrible de mes armes, Sadoudou et ses soldats fuirent vers TEuphrate pour sauver leur vie. J'occupai la ville, 50 cavaliers e< les soldats de bataille de Nabobaladan^ roi de Kar-Dounias^ et de Zabdan son frère^ ainsi que 300 hommes tués^ Bel-bal-adan^ le guerrier qui marchaità la tête de leursarmées^ tombèrent entre mes mains. Je m'emparai de beaucoup de leurs soldats ; j'enlevai de l'argent, de l'or, de l'étain, des instruments, des pierres des montagnes de prix, le mobilier de sa maison, des chars, des chevaux, des symboles de sa soumission, des armures pour les hommes, des harnais pour les chevaux, des femmes de ses palais, des captifs en nombre considérable. Je détruisis, je démolis la ville, j'exerçai la justice et ma puissance sur Soukhi.
» 16. 1. 23. — La crainte qu'inspirait ma majesté atteignit le pays de Kar-Dounias; la main terrible de ma puissance entraîna la Chaldée. Je répandis la crainte sur les pays que traverse l'Euphrate. Je fis une image de ma figure?, j'y inscrivis ma gloire et ma puissance, je la plaçai dans la ville de Sour :
D Sardanapale, le roi, fait connaître le récit exact de sa » puissance*; sur les ruines sa figure s'épanouit, dans l'apai- » sèment de son courroux, il trouve sa satisfaction ! »
» Ib. 1. 26. Je fus de retour à Calach, et on m'apporta la nouvelle que les habitants de Laki, de la ville de Rhindân, du pays de Soukhi se révoltèrent tous à la fois. Je dus traverser TEuphrate.
» Ib. 1. 28.— Le 18« jour du 3«mois(917), je quittai Calach, je franchis le Tigre à travers les ruines, je m'acheminai sur Sour, par Bet-Kbalupië, je ipas mes propres elubbi dans Sour. J'atteignis les sources de l'Euphrate, et j'allais jusqu'aux hinki de l'Euphrate. J'occupai les villes deKhinti-ël, et d'Aziël dans le pays de Laki. J'y tuai beaucoup de monde, j'emmenai les captif^. Je dévastai les villes. Je les démolis, je les brûlai par le feu.
»' 16, 1. 31. — ,Dans ma campagne, j'occupai tout le district [suhra) à partir de l'embouchure du Khabour, jusqu'à la
* Ce passage est très-difdcile, et la traduction que j'en donne ici, me semble plus exacte que celle que j'ai proposée autrefois.
DB GHAIDÉB ET D'ASSJBIE. 93
yille de Sibati qui sont du pays de Soukhi^ les \illes qui sont de l'autre côté deTEuphrate, du paysdeLakië,jeles.dévastai, je les démolis^ je les brûlai par le feu. J'abattis leurs arbres. Je leur tuai^ pendant le combat, 460 hommes^ je pris vivants 30 guerriers. Je les attachai à des croix. Dans des elubbi^ que j'a\ais faits^ dans des elubbi de peaux de takbash^ que j'avais enlevées à SO idiUan dans la ville de Kharidije traversai l'Euphrate. Les Soukbiens^ les Irakiens et les Khindanéens avaient confiance dans leurs chars, leurs armées, leurs pieds ; ils ^comptèrent 6,000 soldats et vinrent à ma rencontre pour livrer combat etbataille. Je combattis contre eux, je les mis en fuite. Je montai leurs chars^ je mis hors de combat 5^600
guerriers. Le reste s'enfuit vers les déserts arides près de
TEuphrate. J'occupai le pays^ à partir de Kharidi en Soukbi^ jusqu'à la ville de Khipina, et les villes des Khindanéens et des Lakaïens qui sont de l'autre côté. J'y tuai beaucoup de monde, j'emmenai les captifs^ je démolis les villes^ je les détruisisse les brûlai par le feu.
» Ib. 1. 38. — Âziël, de Laki, avait confiance dans sesit, et commença des nipir dans Khipina. Je combattis avec lui. Je le fis fuir de Khipina. Jetuai^ dans la mêlée^ 1^000 de ses soldats; je montai sur seschars, j'emmenai beaucoup de captifs; j'emportai ses dieux. Il se tourna, pour sauver sa vie, .vers les hautes montagnesdu pays de Bisourou, où sont les sources de l'Ëuphrate. Dans deux jours, je me mis à sa poursuite. Je m'emparai du reste de ses guerriers. Je akul leurs nM sur la montagne de l'Ëuphrate, je le poursuivis jusqu'aux villes de Doummiti et d'Asmou, les villes du fils d'Adini, je m'y emparai de ce qui lui restait de guerriers. J'emmenai beaucoup de captifs, de bœufs et de moutons, nombreux comme les étoiles du ciel, d'une quantité incomparable.
B Ib. 1. 43. — Après ce temps-là, je transportai Ilâ le Lakalen, ses chars, ses rakis, et 500 de ses guerriers, et je les conduisis en Assyrie, ma patrie. Je dévastai Doummiti et Asmou, je les démolis, je les brûlai parle feu. Je sortis des hinki de l'Ëuphrate.
» Ib. 1. 44. — Je fis des diversions dans ma campagne, et Azîel s'en alla, craignant ma grande puissance, pour sauver
94 HlSTOtRE DES EMPIRES
sa Tie. Je transportai Ilâ, le nasik de Lakiê^ luî^ ses soldats, ses chars et son lal^ et je les conduisis en Assyrie^ ma patrie. Quant à Rhiamtiël le Lakaïen^ je Tencbaînai dans sa Tille. Dans Tobéissance à Âssour, mon maître, il redoutait mes armes puissantes de mes batailles^ et les sitmuri de mes it terribles ; je reçus de lui le mobilier de son palais^ de l'argent^
de l'or, des y de Tairain, des instruments en airain, des
étoffes teinte en berom, et beaucoup de captifs. Je lui imposai un tribut en dehors du tribut antérieur, je le leur imposai.
D Ib. 1. 48. — Dans ces temps, je tuai 50 buffles de Tautre côté de TEuphrate. Je pris vivants 8 buffles. Je tuai 20 aigles (? mal sir Ati), je pris vivants 20 aigles.
» Ib. 1. 49. — JMnaugurai deux villes sur TEuphrate, l'une au delà de TEuphrate, je nommai son nom Fort de Sardanapale; l'autre, au delà de l'Euphrate, j'appelai son nom Bac d^Assour (Nibarti Asur).
» 76. 1. 50.— Le 20* jour du 3« mois (916), je partis de Galach, je traversai le Tigre. Je marchai sur le pays de Bit-Âdini. Je m'avançai vers Katrabi, sa capitale. La ville de Sedusar^ située comme les nuages du ciel^ les su kalula des hommes^ avait confiance dans les armées du pays; ils ne se soumirent pas, ils ne s^humilièrent pas devant moi. Par la grâce d'Âssour^ mon maître, et du Dieu Grand Protecteur, qui marche devant moi, je pris d'assaut et j'occupai la ville, pendant une pluie torrentielle battante; je tuai beaucoup de ses habitants^ je dispersai 8,000 de leurs guerriers (cavaliers) ; j^enlevai les captifs et les trésors, je transportai 2,400 soldats, je les tins dans la ville de Galach. Je détruisis la ville, je la démolis, je brûlai par le feu; je le akul. J'inspirai la crainte d'Assour à Bit-Âdini.
» Ib. 1. 55. — Après ce temps-là, je reçus les tributs d'Akhouri fils d'Adini et de Khabini, de la ville de Toul-abni, en argent, or, étain, airain, étoffes teintes de 6«rom et de safran, poutres de cèdre, le mobilier de son palais. J'en fis la liste et j'ordonnai le rimut.
» Ib. l. 56. — Le 8' jour du2*mois (915), je partis de Galach. Je franchis le Tigre. Je me dirigeai sur Karkamis, en Syrie. Je m'avançai sur le pays de Bet-Bakhiani ; je reçus en tribut de la gent de Bakhiani, (tes chars rakis^ des chevaux, de Tar-
DE €HALDÉB ET d'aSSTRIB. 95
gent, de For, de Tétain, deFairaiD^ des instruments en airain. Je asiki asiya les chars et la cavalerie aux hommes zuku parmi les Bakhiani.
» i6. 1. 58. — Je quittai Bet-6akhiani^ et je m'acheminai vers le pays d'Anil. Je reçus de la part d'Hou-immi^ TAnilien, en tribut, des chars, raki$ des chevaux, de l'argent, de Tor, de rétain, du fer, de Tairain, des instruments en airain, des bœufs, des moutons et des boucs. Je ostii asiya les chars et la cavalerie des hommes zuku.
» Ib. 1. 60. — Je partis d'Anil et m'approchai de Bet-Adini. Je reçus, en guise de tribut, de lapartd'Akhouri, filsd'Adini, de Tor, de Targent, de Tétain, du fer, de l'airain, des instruments en airain, du pasufy des Aade issa^ des ka de ma, des ka de kdilti, des ka d'argent et d'or, des sara^ des har en or, des lunules en or, sa tamliti gagi en or> des ......... en
or, des bœufs, des moutons et des boucs. Je asiki asiya les chars et les cavaliers des hommes zuku d'Akhouri.
B Ib. 1. 63. — Après ce temps, je fixai les tributs de Khabini, de Tel-Abna à quatre mines d'argent et 400 bœufs; et je lui imposai pour la première année 10 mines d'argent.
» Ib. 1. 64. —Je partis de Bet-Adini, et je franchis l'Eu-
phratedans dans des navires sugasiv. Je m'avançai
vers Karkamis^; et j'imposai à Sangar, roi de Syrie, un tribut de 20 talents d'argent, deslunulesen or, des Aar en or, des......
en or, 100 talents de fer, â50 talents de fer, de l'étain, des instruments en airain, des hariati en airain, des nirmakati et des kinié en airain, le mobilier de sa maison, en grand nombre, dont la beauté est sans égale, des issa en ébène, des trônes en ébène^des pasur en ébène, des &a, des «ara, 200 esclaves femelles, des étoffes teintes en berom et en safran, en pourpre et en bleu, des pierres sir nu ma^ des peaux de veau marin, des chars en ivoire^ des parasols en or, sa tamliti si, les trésors de sa royauté. Je asiki asiya les chars et les cavaliers des hommes zuku de Karkamis. Les rois de toutes ces provinces se soumirent à moi et s'humilièrent devant moi. Je dressai leurs Ustes ; ils yuktilu devant moi. Je marchai vers
1 larltamU, Gireesiom, est cité dans Jérénde xlti, 2, oomme Is champ de batallie de Nabueliodonosor et Neoho.
96 mSTOmE DBS EMPIRl»
le Liban, en quittant Karkamis. Je me dirigeai vers les confins des pays de Munzigani et de Kbarmourga. Je soumis le pays d'Akhâni à ma puissance. Je m'avançai vers Gaza^ la ville de Loubarna, le Palinien. Je pris de iui de Tor^ des étoffes teintes en berom et en safran. Je passai et je franchis le fleuve Aprie, et je m'arrêtai.
» Ib. 1. 72. — Je me détournai des bords de TApriê et je m'avançai vers Rounouloua, la capitale de Loubarna^ le Patinien. Il redouta mes armes puissantes et mes batailles de sitmuri, et pour sauver sa vie, il se prosterna devant moi. J'exigeai de lui 20 talents d'argent^ un talent d'or, 200 talents d'étain^ 100 talents de fer^ 1,000 bœufs, 10^000 moutons, 1^000 vêtements teints en berom et en safran^ des parasols d'ébène iamliti, des ahhuzut, des issa d'ébène, des usa qui sont tamliti sa ra, des pasur, des /ra, des armes (?) en grand nombre^ des ustensiles de sa maison en grand nombre^ dont
la beauté est sans égale^ 10 esclaves femelles^ en grand
nombre^ des grands pagut des grands maîtres. Je le frappai de pauvreté (?). Je asiki asiya les chars et la cavalerie^ des hommes zuku du pays de Patina. J'en dressai une liste.
Ib. 1. 77. — Dans ce temps-là^ je reçus aussi les tributs de Gousi, du pays de lakhan^ de l'argent^ de l'or, de Tétain [lacune dans le texte), des bœufs, des moutons^ des étoffes teintes en btrom et en safran.
D Ib. 1. 78. — Je quittai Kounoulou, la capitale de Loubarna^ le Patinien. Je m'avançai vers l'Oronte {Arantu). Je franchis * rOronte et je m'arrêtai sur ses bords. Je me détournai de l'Oronte; je me dirigeai sur les pays de laraki et la'touri^ le pays
de je le déclarai traître (?). Je m'arrêtai sur le fleuve de
Sangoura^ et je me détournai du Sangoura. Je me dirigeai
vers les confins de Saratina et de Girpani. Je m'arrêtai sur
Je m'avançai vers Ariboua^ une des grandes villes de Loubarna^ le Patinien ; je me réservai la ville à moi-même. J'entassai les grains et les blés moissonnés dans le pays Loukhouti. Je permis de saccager son palais. Je mis (dans cette ville) des Assyriens.
1» Ib. 1. 83. — Pendant que j'étais occupé à Ariboua ^ j'occupai les villes du pays de Loukhouti. Je tuai un grand nom-
DE GHALDÉE ET D'ASSTRIE. 97
bre de ses habitants. Je détruisis les villes^ je les démolis, je les réduisis en cendres. Je pris beaucoup d'hommes vivants et je les crucifiai devant leurs villes.
» Ib. 1. 84. — Dans ce temps, je pris les environs du mont Liban, Je m'en allai vers la grande mer de Phénicie. Sur les hauteurs des montagnes j'entonnai des chants d'éloges aux grands Dieux et je célébrai des sacrifices. Je reçus les tributs des rois des pays de la lisière des ijiontagnes de Tyr, Sidon, Gubal, M.ihallit, Maïsa, Kaïza, /le la Phénicie propre et d'Arvad * qui est dans la mer; ces tributs consistaient en argent, or, étain, airain, instruments en fer, étofi^es teintes de berom^ et de safran, des grands pagut, des petits pa^u^, du santal,, de l'ébène^ des peafix de veaux marins. Ils s'humilièrent devant moi.
» Ib. 1. 88. — Je montai vers les montagnes de l'Amanus, j'y abattis des troncs de cèdres, de pin, de cyprès, des /t. Je fis des sacrifices en l'honneur des grands Dieux. Je fis un récit de •mes exploits, je l'érigeai sur la hauteur. Je fis enlever les poutres de cèdre du mont Amanus, je les destinai au temple de Ninip (Bet'hira), ma maison asmaku bit hidati, le temple de Sin et de Samas, mes hautes divinités.
» Ib. 1. 91. — J'allai au pays des bois de mirhi; j'occupai entièrement ce pays. Je coupai les bois de mirhi, je les transportai à Ninive. Je fis une procession (? sasa) en l'honneur d'Islar de Ninive, ma souveraine, au jour consacré au soleil (le dimanche), d'après Tordre d'Assour, mon dieu.
» Ib. 1. 92. — Le 20* jour du 3« mois, dans l'année de Samas- Nouri (914), avec l'aide d'Assour, mon maître, je quittai la ville de Calach, je franchis le Tigre. Je descendis vers le pays de Kipani. Je reçus, dans la ville de Khouzirina, les tributs des gouverneurs des villes de Kipani.
• Pendant que je m'arrêtai à Kipani, je reçus les tributs de Istiël, de Nila et de Giridadi, d'Assa, de l'argent, de l'or, des bœuf^ et des moutons.
» Ib. 1. 95. — Dans ces jours, je reçus des poutres de cèdre, de l'argent, de l'or, les tributs de Katazili, de la Gommagèoe.
^ Ceci, c'est la mention la plus aDd^niw des yiUia d« Piiéotele teit presque toutes sont connues aussi par TÂncien Testament. ' Beron se trouve É^éch., xivii, 24.
98 HlgTOIRE DBS EMHRES
» Ib. 1. 96,— Je quittai Rhouzirina et je me dirigeai vers les bords de TEuphrate, vers le haut (ana ilini). Je détruisis complètement la ville de Kubbu. Je descendis jusqu'au milieu des villes des pays de Aas et de Kirkbi^ qui sont en face de la Syrie. J'occupai les villes d'Oumalia et Rhiran^ les villes principales qui avaient été bâties dans le pays d'Adani. J'y tuai beaucoup de monde. J'en emmenai des esclaves sans nombre. Je dévastai^ je démolis complètement ces villes. Je brûlai 450 villes dans le feu. Je partis de la ville de Karania^ et je m'avançai vers le district de la ville d'Amadani. Je descendis vers les villes du pays de Dirria, et je réduisis en cendres les forteresses des pays d'Amadani et a'Arkania. Je ne réservai à moi^ même le pays de Mallân qui est en Arkania.
» Ib. 1. 101 . — Je partis de Mallân , je me dirigeai vers les villes du pays de Zamba^ je brûlai par le feu les $idi hulii. Je traversai le fleuve de Soua, je m'arrêtai sur le Tigre, je fis un monceau de ruines des villes des deux rives du Tigre, et ap^ partenant au pays d'Arkania. Tout le pays de Kirkhi fut terrifié, ils prirent mes genoux et je pris leurs otages. Je mis audessus d'eux mon propre lieutenant. Dans le pays d'Amadani, je alliya sur la ville de Barza-Nistouu.
» Ib. 1. 105. — Je m'approchai de Damdamousa, capitale d^Uani, fils de Samani. Je pris la ville d'assaut. Mes guerriers se ruèrent sur elle comme des oiseaux. J'abattis 500 de leurs combattants. Je leur coupai la tête, 400 prisonniers tombèrent vivants dans mes mains. Je fis sortir 3,000 captifs et je donnai la ville à mes soldats, et je transportai les bommçs vivauts et les têtes à la ville d'Amid ^ Je fis devant la porte de cette ville un mur composé de^ têtes, et je fis crucifier les vivants dans les portes de la ville. Je détruisis cettQ porte. Je fis un carnage et je coupai leurs forêts.
Ib. 1. 109. — Je partis d'Amid et je me portai contre les districts de Biyari, autour de la ville d'AUabdir (Allabria?), où parmi les rois, mes pères, personne n'avait pénétré ni p^ssé.
* Âmfd porte encore ce nom, c*est la célèbre yille de Diarbekr qae les Turcg appellent Kara^Àmidy la noire Amida. Amlda eét le nom sous lequel cette cité. Ton des berceaux et des boulevards du chrisUaoisme oriental, est connue dans les éerlTaUis à partir 2* sièeie; mais H est beaucoup plus ancien.
DE GBALDÉE ET D^ASSTBIB. 99
Je m'avançai vers Ouda^ une des capitales de Laptour^ flls de
Toubous. J'occupai Je mis hors
de combat 1,400 de ses soldats; 470 prisonniers tombèrent vivants dans mes mains; je fis sortir 3^000 captifs. Je fis crucifier les hommes vivants devant la grande porte de la ville^ à quelques-uns je crevai les yeux, j'emmenai le reste, et je les conduisis en Assyrie. Je refis la ville de nouveau.
n Ib. 1. ii3. — Sardanapale, grand roi, roi puissant, roi d'Assyrie, flls de Teglathpbalasar, grand roi, roi puissant, roi des légions, roi d'Assyrie, flls de Bélochus, grand roi, roi puissant, roi des légions, roi d'Assyrie : le juste, le terrible, qui marcha dans la dévotion envers Assour, son maître. Parmi les rois des quatre régions, son éclat fut sans égal, le pasteur des taprali, sans reproche, ismi idu gabsu. Il imposa des tributs comme personne. Étant roi, il réduisit sous son joug ceux qui s'y étaient soustraits, il domina l'ensemble des légions des hommes.Vaillant, puissant, il conquit la terre de ses ennemis, et foula aux pieds les provinces rebelles, il les brisa en morceaux, le justicier.
ib. 1. 116. — Il marcha dans l'adoration des grands Dieux, ses maîtres, sa main s'étendit sur l'ensemble des pays. 11 domina même jusque dans les forêts. Il imposa des tributs, il s'empara de leurs otages, il dressa la liste de toutes ses provinces.
» Ib. 1. 118. — Je dis : Assour, le seigneur, a prononcé mon nom, il a agrandi ma royauté, il a chargé son serviteur qui ne peut être remplacé, pour que j'exerce ma royauté. Je vainquis par mes armes, dans les batailles les armées de la terre des vastes lullumië. Avec l'assistance de Samas et d'Ao, les dieux, mes aides, je fondis sur les armées des pays des fleuves, de Kirkhi, des digues et des pays environnants comme Ao, le dieu de l'inondation.
i> 16. 1. 121. — Je suis le roi qui régnai depuis les rives du Tigre jusqu'au Liban, la haute montagne, le pays de Lakië dans son ensemble, et je soumis Soukhi jusqu'à la ville de Rapik. La main de ce roi alla depuis les sources du Soupnat jusqu'aux districts $a bilan, depuis le territoire de Kirrour jusqu'à Kirzan, depuis les rives du Zab inférieur jusqu'à là
iOO HISTOIRE DES EMPIRES
ville de Toul-bari, au-dessus de Zam (?), jusqu'aux villes de Toul-sa-zabdan et Toul-sa-aptan, Khirim, Kharoui, des pays de Birât, et de Kar-Dounias; je les réunis à mon domaine. Je comptai comme mes sujets les habitants autour de Bàbiti jusqu'à ceux de Khazmar. J'instituai au-dessus des pays que je dominai^ mes représentants; je leur imposai la soumission et le respect de ma tiare.
» 76. 1. 126. — Sardanapale , le seigneur auguste, l'adorateur des grands Dieux, utaggcU lu ikdu, qui occupe les villes et les forêjs toutes ensemble, roi des seigneurs, qui punit les mécréants, le ^osftanx sans remplaçant, qui combat l'injustice. Roi de tous les princes, roi des rois, le isibu auguste, gloire deNinip l'héroïque, serviteur des grands Dieux, il marcha en juge équitable dans l'adoration d'Assour et Ninip, ses aides, qui rehaussent sa tête; il réduisit à l'obéissance les pays chancelants et les princes rebelles, et tous leurs territoires. Il convertit ceux qui reniaient Assour, en haut ou en bas, et mil des impôts et des tributs sur eux.
D Ib. 1. 129. — Sardanapale, roi puissant, gloire de Sîn, favori d'Oannès, pupille des yeux d'Ao qui abreuve les dieux, le serviteur qui ne pourrait être remplacé,^ qui soumet le pays des rebelles, moi, arbitré des batailles, terrifiant villes et forêts, premier-né des bipèdes (?) Roi des quatre régions, terrible à ses ennemis. Il soumit à sa puissance les pays puissants, les forêts impénétrabley des rois (?) ikduli liduii à partir du lever du soleil jusqu'au coucher du soleil, il en distribua à chacun sa part.
» Ib, l, 132. — La ville ancienne de Calach avait été bâtie par Salmanassar, roi d'Assyrie, le seigneur qui vivait avant moi; cette ville était tombée, et était changée en un monceau (de ruines. J'ai bâti cette ville de nouveau. J'y conduisis les peuples que ma main a vaincus, des pays que j'ai soumis, à savoir les habitants de Soukhi, Lakië tout ensemble, de Sirik^ au'bac de TEuphrate, de Zamoua et tous ses tributs, de Betadin et de Syrie et les sujets de Libourna * le Patinien ; je les y fis travailler. Je creusai un cours d'eau à partir du Zab supérieurje lui donnai le nom de Babat-ouboul (porte de l'abon-
* Ce nom est ainsi écrit ici; ailleors Loubarna.
DE GHALDÉE ET D^ASSYRIE. iOl
dance). J'érigeai dans ses environs, des is sar. Je consacrai des puluk nouveaux à Assour, mon maître, et aux sanctuaires du pays. Je rasai l'ancienne colline, jusqu'à ce que je fusse parvenu jusqu'au niveau des eaux; j'amoncelai 120 tikpi pour les muspalië; j'élevai un mur, je le commençai et le fiais de-^ puis les fondations jusqu'aux créneaux *.
» J'ai fondé un palais pour la demeure de ma royauté, le repos de ma souveraineté; qu'ils puissent durer toujours! Je l'ai commencé et élevé. J'ai fait une couverture en plaques dé fer, je fais une charpente en bois de sandal (chêne), et je Tai entouré d'un cercle en fer. Dans la porte des urati^ j'ai placé des trônes en sandal et ébène, des pasur^ des Aa, dés ahhuzati, de l'argent, de l'or, de l'étain, de l'airain, du fer, du butîii de ma main, tiré des pays que j'ai subjugués; et je les plaçai au milieu.
» Que celui qui dans la suite des jours régnera, répare les lézardes, qu'il remette à leur place les inscriptions. Alors Assour exaucera sa prière.
D Ce palais de ma gloire, la demeure de ma souveraineté qui est dans Galach, ne doit pas tomber, ne doit pas être rançonné par les rebelles; les colonnes, les poutres, le revêtement de sa toiture ne devront point être enlevés. Dans une autre ville, un autre palais ne doit pas être construit, avec ses matériaux; ses poutres ne doivent pas être sciées pour ce but. Que ce roi futur n'arrache pas ses nasabat, qu'il ne détruise pas les musi de ses portes zini kasir; qu'il ne dépouille pas la porte de son ornement.
» Que ce roi n'ôte rien à la voûte du trésor, qu'il ne donne rien à la chambre des kilaL Qu'il ne déplace pas les hommes et les femmes qui sont dans la maison du travail, construite au milieu du palais, qu'il ne les transfère pas dans un endroit désert, ou les musuri ou les lakisi. Qu'il ne rehausse pas la corne d'un autre palais au milieu de la ville, après avoir détruit la ville qui est autour de mon palais; qu'il n'y pratique pas de brèches, qu'il n'y laisse pas camper au dedans, qu'il
* C'est iei que finit la grande inscription da monolithe; la tiaduction qui suit rend le texte de la fin de la stèle. W* 4. /., pi. V» 1* 12.
102 HI8T0IBB m» BMPIRBS
n'écoute pas la cupidité et la yengeance. Qu'il ne détruise pas la preuve de ma gloire^ et la demeure de ma souveraineté; qu'il n'altèrç pas les prophéties que contiennent ces inscriptions^ et le récit complet de mon histoire.
» Alors Assour, le maître des grands Dieux qui ont fait grandir ma souveraineté/ l'exalteront et le feront maître de tous les pays de la terre. Ils lui légueront la grandeur de mon nom et mon empire; ils lui confieront les pays dans les quatre régions pour les gouverner, ils répandront dans son royaume l'abondance, la pureté et la bénédiction.
» Mais celui qui n'agit pas selon les prescriptions de cette table., et change les récits exposés par moi, qui rend invisible cette œuvre, qui la déplace et la cache dans des pissat, qui l'enterre ou la brûle dans le feu, qui la jette dans l'eau, qui la laisse fouler par des animaux, ou y établit un endroit pour des ordures; qui y diminue importance du récit ou les chiffres dans le compte et les butins, ou y blâme dans ces lignes quoi que ce soit, comme n'étant pas le vrai compte et le vrai butin et s'y rend coupable de l'altération de mes
récits; qui confie aux hommes de mauvais œil le bel kililu (t),
qui saisit, déplace ou gratte le qui le change en : qui
prête son oreille pour permettre ou la destruction de ces œuvres et de l'exposition complète, ou le changement, ou qui y laisse libre son penchant, ou qui charge de cette destruction qui que ce soit, soit un homme aba, soit un homme halla, en disant : a Emporte, brise, détruis, » qui laisse sortir de sa bouche des ordres qu'on ne doit pas exécuter, et qui laisse sortir de sa bouche les marques de désobéissance; quiconque suit les instincts de la vengeance, qui excite un autre contre mes édifices et mes œuvres, et qui pousse vers des cultes non reconnaissables, ou qui s'apprête , pendant son règne, à faire une injustice, ou qui fausse ses récits (?), qui suit la pente de ses instincts, qui change ses bons sentiments, et qui se conduit en ennemi contre mes œuvres.
B Qu'Assour, le grand seigneur, le dieu (Assura) de la justice, le dieu de l'exaucement, maudisse sa prière; qu'il m'accorde contre ses œuvres, une malédiction anéantissant les
DB CBAUNËB ET I^'ASSniJS. 103
bases de sa royauté et la vie de ses sujets; qu'il répande. sur son règne les maladies de bubut^ de nibri, et le deuil ^
» Et si j'ai omis quelque chose dans cette table^ Cannes^ Bel-Dagon etSalman, les dieux qui me chérissent, le prononceront pour moi ; qu'ils ordonnent la disparition du malfaiteur dans leur haute justice; ils briseront son orgueil et ne lui porteront pas de bonheur ; ils détruiront sa mémoire dans son pays ! »
La dernière imprécation ne se trouve que sur la stèle du temple. Ce monument a, en outre, Texorde qui, en invoquant les 13 dieux, rappelle celui de Tobélisque de Nimroud.
Le texte du monolithe contient à peu près tout ce que nous . pouvons dire du grand Sardanapale, et en peint assez le caractère guerrier et féroce. Mais le monarque fut en même temps grand administrateur, et les monuments qu'il nous a laissés appartiennent aux plus remarquables œuvres de Tart assyrien. C'est lui qui créa les merveilles de Calacb,. fondées par son aïeul Salmanassar et qui y bâtit la grande pyramide sur le bord du Tigre qui y étonne encore les voyageurs.
Ses annales descendent jusqu'à la 10% peut-être jusqu'à la SO* année de son règne; ce doute résulte de l'éponymie homonyme deSamas-Nouri dans ces deux années. Toutes ses campagnes se bornent à la partie nord de l'Assyrie, à TArménie et au Pont; il se tait sur la Médie, mais soumit le nord de la Syrie. Malgré ses tentatives, il ne semble pas avoir subjugué la Phénicie, quoiqu'il se dise maître du Liban. Car, à celte époque, les royaumes de Juda et d'Israël étaient encore très«-puissants; Josaphat comme Achab ses contemporains, purent soutenir avec succès la guerre contre les Arméniens; et l'histoire sacrée nous donne la raison même, pourquoi le roi orgueilleux de Nini\e ne cite pas parmi ses victimes les successeurs de Salomon.
De même, Babylone n'est pas mentionnée comme soumise
< Ce mot fd Itt souvent avec le mot cadavre ; J'ai cru y voir un terme désignant puapteur ; mais Je crois plutôt à l'acception de deuil.
104 HISTOIRE DES EKPIRBS
à son joug; mais Sardanapale cite la basse Chaldée (Kar-Dounias] comme lui appartenant^ et il est probable que s'il n'en parle pas^ c'est parce qu'il n'avait rien à en dire. Car tous ces pays que Sardanapale laisse dans l'ombre apparaissent^ comme nous le verrons bientôt^ dans toute leur importance, sous son successeur» Salmanassar III.
Sardanapale ITI, plus justement Assour - nasir - babal ^Ksmznm), mourut après un règne de 24 ans, sous l'éponvmie de Sar-ur-nisi.
Nous plaçons le règne de ce roi de 923 à 899. M. Rawlinson qui rattache la chronologie à l'ère de Nabonassar sans aucune raison, est en divergence avec nous de 40 ans, comme nous l'avons dit. Si l'on admet la continuité des listes éponymiques^ on devrait placer ce règne de 879 à 85ÎS, ce qui rendrait Sardanapale contemporain de Jéhu et de Joas. Mais Jéhu n'apparait que dans l'époque déjà avancée du règne de Salmanasar IIL Or Jéhu mourut vers 857; il serait donc antérieur à l'avéï^ement de ce dernier roi, ce qui n'est pas possible, d'autant plus que les textes d'accord avec la Bible, établissent le synchronisme des événements de Jéhu et d'Hazaël.
SalnmnasMir UI.
Le fils de Sardanapale 111 régna depuis 889 à 870 selon notre comput, depuis 8S8 à 829 selon sir Henry Rawlinson ^ Unous est seulement connu par les inscriptions, aucune donnée biblique ou classique ne mentionnant son existence, malgré les rapports qui existaient déjà entre l'Assyrie et l'Asie occi-* dentale. Mais les documents cunéiformes sont tellement complets qu'il remplissent tout le règne, et que même les faits guerriei*s ne se renferment qu'avec peine dans les 29 ans de règne que lui assignent les tables d'éponymes.
Nous savons que vers la fin de son règne, son fils Assour* dannin-habal ou Sardanapale IV se souleva contre lui. Ce fait est consigné dans la stèle de Samas-Ao, fils de Salmanassar et frère du rebelle, si on peut ainsi appeler un homme qui a réellement régné. En effet, 27 localités se révoltèrent contre le père et firent défection vers le fils, et parmi ces villes nous
> 11 faudrait même, pour être plus exact, dire depuis 856 à 827.
DE CHALDiE BT d'ASSTBIE. iOS
remarquons Amida, le Diarbekr d'aujourd'hui, Arbèles, EUassar (Calah Cherghât), c'est-à-dire toute la vallée du Tigre, sauf Niniye et Calach, où Salmanassar semble avoir tenu jusqu'à sa mort. Nous connaissons dé ce monarque le récit de Si campagnes relatées sur le fameux obélisque de Nimroud; il faut admettre que plusieurs campagnes eurent lieu dans la même année, ou bien que les dernières expéditions coïncident déjà avec la révolte et le règne de Sardanapale IV, ce qui n'est pas absolument impossible quand on compare le récit des 30* et31« campagnes avec lesnotions que nous avons de la révolte de Sardanapale IV.
Salnrianassar III ouvjre la série des monarques qui nous retracent des noms connus par la Bible, et nous verrons apparaître. comme Tun de ses tributaires Jébu, roi d'Israël (886- 857). Jébu ne se montre pas en ennemi vaincu, mais est cité comme un monarque qui envoya des préseflts au roi assyrien, et nous pensons, par la comparaison des textes divers de Salmanassar III, que ce tribut doit se placer, ou à la 21% ou à la 25* campagne du fils de Sardanapale. Jébu est nommé dans le texte cunéiforme, fils d'Omri, et sur cette généalogie, les inscriptions jsont en désaccord avec la Bible ; mais nous verrons immédiatement que, tout en s'éloignant des récits bibliques, cette donnée repose sur une confusion des faits, et confirme, par la divergence même, les notions que les livres des Rois nous ont transmises.
Jébu, fils de Josapbat, fils de Nimsi (II Rois, ix, 2), sacré parle prophète Elisée comme successeurde la maison d'Achab, fils d'Omri, extermina laracedece roi impie par un massacre jusqu'alors inouï dans les fastes d'Israël. Son avènement fut une violente réaction contre l'idolâtrie des sujets d'Achab et de Jézabel; il détruisit le culte de Baalet rétablit autant que c'était possible le monothéisme judaïque. Malheureusement nous neconnaissons presque rien de l'histoire de son règne; les fastes des rois d'Israël rendaient compte de tout son héroïsme inmarVD ; mais ils sont perdus, et il ne nous reste qu'à supposer qu'ils rendaient compte de ses rapports avec Salmanassar.
Mais pour les Assyriens^ Omri, le père d'Achab, avait laiçs^
i08 HISTOIRB DES BHPIBE8
Mais^ en aucun cas^ les inscriptions circulaires dans lesquelles figure le nom de Jéhu ne sont d'un roi autre que celui dont parle le texte principal de Tobélisque, Par quel motif un roi aurait-il pris un bloc de pierre utilisé par son prédéce^eur pour y graver ses propres exploits ? Pour des raisons économiques ? Mais les rois qui ne craignaient pas de bâtir pour eux-mêmes chacun une nouvelle demeure, corame^ c'est encore en usage chez les sultans de Turquie et les schah de Perse, ne pouvaient pas avoir ces motifs mesquins, bons tout au plus pour les architectes vandales du moyen âge. D'autre part, les imprécations dont les rois de Ninive et de Babylone chargent ceux de leurs successeurs qui voudraient changer leurs sculptures, prouvent que cet usage économique n'est jamais entré dans les mœurs des Assyriens. Quand au contraire on a employé des matériaux qui avaient servi à des prédécesseurs, cela a été avec Tidée bien arrêtée d'exterminer la mémoire de ceux dont on utilisait les pierres; c'est ainsi que les Sargonides de INimroudont agi contre îeglathphalasar IV et Salmanassar Y, comme le démontrent les ruines mêmes de leurs palais à Galach.
Il est vrai que la plupart des tributaires mentionnés dans les légendes circulaires ne sont pas nommés dans le récit épitomataire de Tobélisque; maïs Tun d entre eux, Garparounda, se lit dans l'inscription plus développée qui ornait les taureaux, et on ne réitéra pas leurs noms dans le texte de l'obélisque, par la raison même qu'on leur avait consacré des légendes spéciales. Il n/y a donc aucun motif pour croire que Salmanassar n'ait pas été le contemporain de Jéhu, ou que le Jahouadii texte assyrien ne soit pas le Jéhu de la Bible.
Inseription de l'obélisque de Niniroiid.
Voici les cinq inscrip tiens circulaires :
c( J'ai pris les tributs ( le Soua de Kirzan, de l'argent, de l'or, del'étain, des instrum«iûts en airain, des sceptres qui sont la main du roi, des chan jeanx à double bosse.
» J'ai pris les tribu is de Jéhu (lahoua) fils d'Omri (HoUmri) de l'argent, de ror,^ ^es plats en or, des zukut en or, des
DE GHALDÉE ET D^ASSTRIE. . i09
coupes en or^ des dalani en or^ des sceptres qui sont la nuitn du roi^ et du bdellium.
« J'ai reçu les tributs de Mousri * (Egypte), des chameaux à double bosse, 'des bœufs du fleuve de Sakeya (peut-être des éléphants)^ des chevaux pirati (des hippopotames ?)^des singes (baziati), et des udum.
D J'ai reçu les tributs de Mérodach-baladan de Soulcba^ de Targent, de Tor, des dalâni en or^ des peaux de veaux marins^ du bellium^ du stibium^ des étoffes peintes en berom et en safran.
» J'ai reçu les tributs de Garparounda 2 de Patin, de l'argent» de For, de Tétain^ de l'airain en barres (?), des instruments en airain, des peaux de veaux marins, et de Téhène. »
Voici maintenant le texte de l'Obélisque, qui ornait jadis le palais de Nimroud.
a Assour, grand roi, roi des légions des grands dieux.
D Oannès (Anu), roi des vallées (?) et des hauteurs, maître D des pays.
p Bel-Dagon suprême, père des dieux, démiurge.
a Nisroch-Salman, roi des fluides, qui statue sur nos des^ x> tinées, roi des couronnes^ qui abreuve les namrirL
» Ao, le sublime, qui s'éclaire lui-même, qui veille sur la D fertilité.
B Samas (Soleil), arbitre du ciel et de la terre, juge des s régions.
» Mérodach,. seigneur des dieux, maître de rboroscope.
D Ninip, le terrible,... des hauteurs, Samdan.
» Nergal, le piétineur» le roi des mêlées.
» Nébo, qui porte le sceptre suprême, le surintendant ceù leste.
D Mylitta-Taauth, épouse de Bel, mère des grands dieux.
D Istar, souveraine du ciel et de la terre^ qui juge sur les exploits de la guerre.
> n est possible que Musri soit FEgypte, mais ce n'est pas prouvé. Le nom ordinaire est Moasour.
> Le nom de ce tributaire figure dans la 12« campagne dans le texte des taureaux ; les autres y étaient peut-être nommés ; mais puisque le document ne descend que jusqu'à la W camfMigne, U est pins que probable que iéhu ne s'y trouvait pas mentionné, parce que sa prestation était plus récente.
110 HISTOIRE DBS BMPIBIS
D Voilà les grands dieux qui fixent les destinées, qui agrandissent ma royauté.
D Salmanassar^ roi des légions des hommes^ le majestueux^ mandataire d'Assour, roi puissant^ roi des quatre régions dans leur ensemble, ie soleil des légions des hommes, le vainqueur de tous les pays.
B Fils de Sardanapale, le maître suprême, qui dut sa puissance aux grands dieux, et qui soumit à son empire toutes les terres.
» Rejeton de Teglatbphalasar, qui se fit craindre par tous les pays ennemis et les couvrit de ruines.
D Au commencement de mon règne (en 898 av. J.-C), je m'assis avec magnificence sur le trône de ma royauté, je comptai les chars de mon armée, et je marchai sur les environs de Simis. J'occupai Arid, capitale de Ninni.
» Dans ma r* campagne, je traversai TEuphrate dans un gué, j'allai vers la mer du soleil couchant, j'établis ma puissance sur la mer et je fis des sacrifices aux dieux. Je mar* chai sur le mont d'Amanus, j'y coupai des poutres de cèdre et de cyprès. J'allai dans le pays de Lallar, et j'y érigeai l'image de ma royauté.
»Dans ma 2* campagne, je m'avançai vers Tel-JBarsip, j*occupai le pays d'Akbouni, fils d'Adini, et je le fis prisonnier dans cette ville. Je traversai l'Ëuphrate dans un gué, j'occu* pai les villes de Dabigou et de Birtou en Syrie, et les villes environnantes.
D Dans ma 3* campagne, il se passa ceci : Akhouni, fils d'Adini, avait eu peur de ma puissance formidable et s'était réfugié vers sa capitale Toul-Barsip. Je franchis TEuphrate, et je transportai cette ville en Assyrie; je la pris. Le pays environnant, le fleuve Euphrate, à la hauteur du Nahar-^ Agammi, que les hommes de Syrie nomment la ville de Pitrou, fut confisqué pour moi-même. A mon retour, j'envahis les confins du pays d'Algi, et je pris les pays d'Alzi^ Sou, Dayaîni, Noummi, Arzaskoun, la capitale d'Aram l'Arménien, les pays des Kirzan et de Houbouskia.
9 Dans l'année de Dayan-Assour *, je partis de Ninive^ je traversai TEuphrate dans un bac et je poMrsuivis Akhouni^
> Dayan-Aflftoiur fut Téponymede cette anoéeSM-
DE CHALDÉB ET D^ASSTRIB. iii
fils d'Adini. Il s'était emparé des défilés (?) de FEuphrate. J'enveloppai et j'occupai les ravins des montagnes; j'emmenai Akhouni^ fiis d'Adini^ ses dieux^ ses chars^ ses fils^ ses filles, ses troupes et les transplantai en Assyrie.
» Dans la même an née ^ je descendis à KouUar et vers Zamoua, sabitani; j'occupai les villes de Nigdiara^ dlda et Nigdima.
» Dans ma 5* campagne, je montai vers Biyari^ j'occupai les grandes villes. Je pris Anhiddi (?) de Mourouri dans sa ville^ je lui imposai un tribut considérable.
» Dans ma 6« campagne^ je m*avançai vers les villes des rives du Balikh (BeHoê), je tuai Giammou, le préfet de leur ville. Je m'approchai de Tel-habal-akbi^ je traversai l'Euphrate dans un baC; et je perçus des tributs des rois de Syrie.
9 Dans ces jours, Houidri ^ de Damas, Irkhoulina de Hamat et les rois de Syrie et ceux des rivages de la mer, se fièrent à leurs pieds (?) rapides, et vinrent à moi pour me livrer combat 6t bataille. Avec l'aide d'Assour^ le grand maître, mon seigneur, je combattis avec eux, je les vainquis. Je leur pris leurs chars, leur cavalerie, leurs armes de guerre, et je mis hors do combat 20,500 de leurs combattants.
» Dans ma 7* campagne, je marchai vers les villes de Khabïni de Toul-abni, j'occupai Toul-abni, sa capitale et les villes environnantes. Je marchai vers la source du Tigre, Fendroit où ses eaux sortent. J'y célébrai la puissance d'Assour, vouai des sacrifices à mes dieux, et fis des nabdan htiduL
^ Le prédécesseur de Haxaêl est un de ces rois qui s'appellent dans la Bible Behhadad, le 2« du nom ; les Septante en font uloç ASip avec le changement si fréquent de 1 et du "1. La lecture assyrienne est difficile à saisir, mais la pronoDciatioii Mouldri est trèa*proteblement erronée. Le nom se compose de Tidéogramme désignant le dieu Âo (AN. IM) et les lettres id-ri. Si le mot avait été Houidrif on aurait écrit sans doute U-id-ri. L'idéogramme divin cache donc une autre signification, précisément comme ceux de Ninip et d'Oannès s'échangent avec les groupes phonétiques parjnlîii, fer, et anaft, étain. 11 est fort probable que le groupe qui comoienee le nom du roi syrien, indique iMi métal, soit le plomb, soit le mercure et qui s'appelle Bin. Le nom du roi a donc pu être Bm^idriy sans que pour cela le son araméen, signifiant «intelligence • ait le moindre rapport avec l'expression assyrienne désignant un métal. La traduction des Septante de fils d'Ader est inadmissible, car Ven est un met hébren et non araméen, 4>ù U se tradoirait^ar bar.
112 HISTOIRE DES EHPIBE3
Je fis une image de ma royauté très-grande, j^y inscnyis la gloire d'Âssour et le récit de mes exploits, de tout ce que j'avais fait dans ces pays^ et je le plaçai au milieu..
» Dans ma 8* campagne se passa ceci : Mardouk-inaddinsou^ roi de Tirât Douniyas^ fut trahi par Mardouk^bilrousati, son frère illégilime (?) et lui prit des gages. Je raarcbai pour soutenir le parli de Mardouk-inaddinsou, et j'occupai la ville de Mi-Tournat.
» Danis ma 9* campagne, je marchai pour la seconde fois vers Accad, j'assiégeai la ville de Gananat. Mardouk-bil^ousati fut terrifié par la crainte immense d'Âssour^ mon seigneur; pour sauyer sa vie, il s'enfuit dans les montagnes.. Je me mis à sa poursuite. Je mis hors de combat Mardouk^bil-ousati et ses principaux adhérents. Je marchai vers les refuges des grands dieux, j'offris des sacrifices aux grands dieux^ à Baby* lone^ Borsippa et Cutha^ et je leur élevai des auiels. Je descendis vers la Ghaldée, j'occupai les villes^ j'imposai dee tributs aux rois de Ghaldée et j'étendis ma gloire jusqu'à la mer.
» Dans ma lO*" campagne^ je traversai i'Eupbrate pour la 8' fois^ j'occupai les villes de Sangar de Karkamisje m'avançai vers les villes d'Aram^ et je pris sa capitale Arnië el cent de ses villes.
» Dans ma 11*" campagne (je m'en allai de Ninive), je ira* versai pour la 9* fois l'Ëuphrate, j'occupai des vîILbs sans nombre. Je descendis vers les villes de Syrie et de Hamath et j'en pris 79. Houidri, roi de Damas, et 12 rois de Syrie, se fièrent à leurs pieds (?) légers, je les mis en fuite.
Dans ma 1^* campagne, je franchis l'Ëuphrate pour la 10* fois; je marchai contre le pays de Pakar-khouboun, j'en emmenai des captifs.
» Dans ma 13" campagne, j'allai vers laïti, el j'en emmenai des prisonniers.
B Dans ma i4' campagne, je comptai mon pays (avec 120,000 guerriers) ; je franchis TEuphrate dans un gué, alors (Houidri, de Damas, et lrkhoulina,de Hamath, avec^) 12 rois,
* Les passages mis entre parentiièMs sont tirés de nnscriptlon des faoreanx de Saimaoassary qui nous raconteront ces campagnes ayee plus de détails.
DE GHÀLDÉE ET d'ASSYHIE. ii3
Tinrent à ma rencontre; je me battis avec eux^ et je les mis on fuitQ.
» Dans ma 15^ campagne^ j'allai aux sources du Tigre et de l'Euphrate, j'érigeai à ces endroits Timage de ma royauté.
y> Dans ma 16*" campagne^ je franchis le Zab et j'allai au pays des Namri. Mardouk-moudammik, roi de Namri, s'était enfui pour sauver ses jours; je transportai en Assyrie son trésor, ses troupes, ses dieux, et j'élevai à la royauté de ce pays lanzou, fils de Kbamban.
D Dans ma 17' campagne, je franchis l'Euphrate et je montai vers le mont Amanus, où ji coupai des poutres de cèdre.
» Dans ma i 8* campagne, je franchis l'Euphrate pour la i6« fois. Hazaël, roi de Damas, vint à ma rencontre pour me livrer bataille. Je lui pris 4121 chars, 470 cavaliers avec son camp.
» Dans ma 19' campagne, je traversai l'Euphrate pour la 18" fois, je marchai vers le mont Amanus, et j'y coupai des poutres de cèdre.
» Dans ma 20" campagne, je franchis l'Euphrate pour la 20« fois; j'allai vers le pays de... oui; j'occupai les villes, et j'en emmenai les prisonniers.
» Dans ma 21* campagne, je traversai l'Euphrate pour la 21* fois; je marchai vers les villes de Hazaël de Damas. Je reçus des tributs de Tyr, Sidon et Bibles.
» Dans ma 22« campagne, je traversai l'Euphrate pour la 22* fois; je descendis vers Tabal. Dans ces jours, je perçus les redevances de 24 rois de Tabal; je marchai vers ces pays où il y a des mines d'argent, et de Moulï, où il y a du plomb.
» Dans ma 23* campagne, je franchis TEuphrate et j'occupai Ouëtas, la capitale de Lalla de Milid. Les rois de Tabal arrivèrent, je perçus leurs tributs.
» Dans ma 24* campagne, je franchis le Zab inférieur, et j'allai vers Kharkhar. Son roi, redt)utant ma puissance, s'était enfui pour sauver sa vie. Je pris les villes de Sikhisasik, Bet-Tamoul, Bet-Sukki, Bet-Sidi, les capitales. J'y fis un massacre, et j'en emmenai des prisonniers. Je détruisis les villes, je les démolis, je les brûlai par le feu. Les survivants fuirent dans les montagnes , j'explorai et j'occupai les ravins de?
montagnes^ et j'y fis un massacre, et je ramassai les prisonniers et leurs propriétés. Je quittai Namri, et j'imposai des lribut;& à 27 rois de Parsoua. Je quittai Parsoua^ et je descendis sous le terrain des pays d'Âmadaï^ Arazias^ Kbarkhar. J'occupai les villes de Kouakinda, Tarzanabi, Eïrmoul, Rinnaplila et les villes environnantes. J'y fis un massacre^ j'en emmenai des captifs, je détruisis les villes, je les démolis^ je les brûlai par le feu. J'érigeai l'image de ma royauté aans le pays de Kbarkhar. J'emmenai lanzou^ fils de Haban, et ce qu'il possédait^ ses dieux, ses âls, ses filles, aes troupes^ et je les transplantai en Assyrie, ,
» Dans ma â5' campagne, je traversai l'Euphrate dans un gué, et je reçus des tributs de tous les rois de Syrie. Je marchai vers le mont Amanus, j'allai vers les villes de Katiya, de Kaou, j'explorai et j'occupai sa capitale Timour, j'y fis un massacre, j'en emmenai les captifs, je détruisis des villes sans nombre, je les démolis, je les brûlai dans le feu.
» A mon retour, je donnai à mes guerriers Mourou la capitale d'Aram, fils d'Araksi, la forteresse* J'en délimitai l'enceinte, je fondai dans elle un palais pour y loger ma msgesté.
» Dans ma 26* campagne, j'altaquai pour la 9" fois le mont Aman us, et je marchai contre les villes de Kati de Kpua. J'assiégeai Tanakoun, la capitale de Toulka; la crainte immense d'Assour, mon maître, l'enlrs^îna et le fit sortir; il s'humilia devant moi et je pris des otages de lui. Je lui imposai, comme tribut, de l'argent, de l'or, du fer, des bœufs et des agneaux. Je quittai Tanakoun, et j'allai vers le pays de Lamina. Les hommes s'étaient dirigés vers les hauteurs des maccessibles montagnes. J'explorai et j'occupai les ravins des montagnes; j'y fis un carnage, j'emmenai des captifs, des bœufs, des agneaux, je les fis descendre des montagnes. Je détruisis les villes, je les démolis, je les brûlai par le feu. Je marchai vers Tarzi, l^ hommes s/humilièrent devant moi, et je leur pris, comme tribut, de l'argent et de For. J'élevai à la royauté au-dessus d'eux Kirri, frère de Kati.
X» À mon retour, je montai sur l'Amanus, je coupai des poutres de cèdre, je les enlevai et les emportai en Assyrie.
» Dans ma 27* campagne, je comptai les chars de mon
DB CBAUDËB BT d'ASSYHIE. 115
armée. Je déléguai Dayan-Assour, le grand Tartan de mon armée, à la tête de mes troupes en Arménie^ je i'eni^oyai. Il 8'âvança vers leBet-Zamani, ets'en alla vers la ville d'Ambar. Il franchit le fleuve Arzania. Sidonri, l'Arménien, avait confiance dans la force de son armée nombreuse ; il s*en alla à ma rencontre pour livrer combat et bataille; je combattis avec lui et je le mis en fuite. Je remplis des cadavres de ses soldats les
9 Dans ma 28* campagne il arriva ceci : Lorsque je s'éjournai à Galach^ la nouvelle arriva que les nomades du pays de Patin avaient tué Loubarna^ leur cbef^ et avaient élevé à la royauté Sourri, qui n^était pas maître légitime du trône. Je déléguai, j'envoyai Dayan-Assour, le grand Tartan de mon armée, à la tête de mon armée et de mon camp. Il traversa TEuphrate sur un gué; il fit dans la ville capitalede Kinaloua une enquête. Sourri, qui n'était pas maître légitime du trône,
(ut terrifié par la crainte immense d'Assour, mon maître
Les hommes de Patin craignirent le courroui^ de ma puissance victorieuse ; ils prirent les fils de Sourri et ses adhérents et les livrèrent ; je mis ces hommes sur des pals. Sasi, fils d'Ouzza, s'humilia devant moi, je le plaçai comme roi au-dessus d'eux, et je leur imposai de l'argent, de l'or, de l'étain, de l'airain, du fer, des peaux de veaux marins sans nombre. Je fis faire une image de ma royauté (en plusieurs exemplaires), je l'érigeai dans la capitale de Kinaloua, dans le temple de leurs dieux.
» Dans ma 29" campagne, je déléguai, j'envoyai les élus de mon camp; j'allai vers le pays de Kirkhi, je détruisis ses villes, je les démolis, je les brûlai par le feu. Je changeai ce pays en désert. Je leur inspirai la crainte immense de ma royauté.
t> Dans ma 30* campagne, lorsque je séjournai à Calacb, je déléguai, j'envoyai Dayan-Assour, le grand Tartan de mon armée, à la tête de mes troupes. Il franchit le Zab et s'avança jusqu'à la ville de Boubouska. Je reçus les tributs de Danan de Houbouska. Je quittai les villes de Houbouska, et je m'avançai vers les villes de Magdabi, de Madakhir; je leur imposai des tributs. Je me retirai des villes du paysdeMadakhir^
116 H18T0IBE DBS EVPIBBS
et m'avançai vers les villes d'Oudaki de Yan. Oudaki de Van craignit le courroux de ma puissance victorieuse, et abandonna Zirta^ sa capitale. Il s'enfuit pour sauver sa vie. Je me mis à sa poursuite. J'emportai ses bœufs, ses moutons^ ses trésors sans nombre ; je détruisis ses villes> je les démolis, je les brûlai dans le feu. 11 se retira de Van et s'avança vers les villes de Lousoun de Kharrou ; il prit sa capitale Masasourou^ et les villes des environs. Je fis pardon à Lousoun et ses fils, je les conduisis dans son pays. Je luiimposai^ comme symbole de sa soumission, des tributs en chevaux. Il s'avança vers la ville de Sourdira^ et je perçus les tributs d'Artasari de Sourdira. Je descendis vers Barsoua^ je pris les contributions du pays de Barsoua. J'occupai les autres parties du pays de Barsoua, qui n'étaient pas amies d'Assour; j'emmenai les prisonniers et les trésors en Assyrie.
D Dans ma 31* campagne, je célébrai pour la seconde fois la fête (?) (bour) d'Assour et d*Ao. Dans ces temps, lorsque je séjournai à Calacb, je déléguai, j'envoyai Dayan-Assour, le grand Tartan de mon armée, à la tète de mes troupes et de mon camp. Il s'avança vers les villes de Data de Houbouska. Je perçus son tribut. Je marchai sur Zapparia, la capitale du pays de Mousasir; j'occupai Zapparia et 46 villes de ce territoire. J'allai vers le pays d'Aijménie, je détruisis 46 de ces villes/ je les démolis, je les brûlai par le feu. Je descendis vers le pays de Kirzan, et je reçusle tribut d'Oubou de Kirzan, de Yan, de Bouris, de Harran, de Sakhargan, d'Andia, de ...ra, des boeufs^ des moutons, des chevaux, comme signe de soumission. Je descendis vers le pays... ; je détruisis les villes de Pi, Ria, Sitiouaria, leurs grandes villes et les bourgades environnantes; je les démolis^ je les brûlai par le feu. Je leur inspirai la crainte de ma royauté. 11 s'en alla vers les villes de Barsoua, et prit les capitales Boustou, Salakhaman etKinikhaman, ainsi que S3 villes des environs. Je fis un massacre et j'emmenai les prisonniers. Je m*en allai vers Namri, la crainte immense d'Assour et de Mérodach les entraîna ; ils s'échappèrent et s'enfuirent aux montagnes inaccessibles ; je détruisis 350 villes, je les démolis, je les brûlai dans le
1 Peat'^tre la Perte.
DE CHAIBÉE ET D'ASSTIUE. 117
feu^ et je descendis vers les districts de Simisi, vers la naissance du mont Halvan. »
Voilà le texte du célèbre monument deNimroud; nous Terrons comment le roi traite quelques-unes de ces campagnes dans des documents non moins intéressants.
Le palais dans lequel on a trouvé cet obélisque^ a été fondé par Salmanassar, ainsi que le prouvent les légendes suivantes qui se trouvent sur les briques ^ :
a Salmanassar^ grand roi^ roi puissant^ roi des légions^ roi d'Assyrie^ fils de Sardanapale (III), grand roi, roi puissant^ roi des légions^ roi d'Assyrie, fils de Teglathphalasar (lll)^ roi des légions^ roi d'Assyrie, moi. J'ai fondé ce palais dans la ville de Caiach. »
On lit sur les taureaux Finscription suivante ^ :
x> Salmanassar, roi des légions des hommes, le majestueux mandataire d'Assour, roi puissant, roi des contrées^ dans les quatre points cardinaux, soleil des légions des hommes, le vainqueur de tous les pays; lieutenant des dieux, pupille des yeux de Bel^ vicaire d'Assour, le diligent, le majestueux, l'auguste, qui fait disparaître les forêts et les abîmes tortueux, qui fouie aux pieds les sommets des montagnes et perce les forêts.
i> Il a pris des tributs des habitants de toutes les contrées^ il a traversé les déserts, les hauts et les bas ; il a conquis par la force de ses armes toutes les contrées, il a détruit des villes.
B Mâle, puissant, il marcha dans la dévotion d'Assour et du Soleil, ses dieux; parmi les princes des quatre régions, aucun rival ne l'égala. Roi des pays, provocateur, il marcha dans des chemins difficiles ; il remplit de sa gloire les montagnes et les vallées.
x) Fils de Sardanapale (III), le mattre suprême qui dut sa puissance aux grands dieux, et qui soumit à son empire toutes les terres.
» Rejeton de Teglathphalasar (!H) qui se fit craindre par les pays ennemis et les couvrit de ruines.
» Voir Lay., pi. 78, B.
» Uy. pi. 12.
^ Ce mot assyrien correspond au mot hébrea d'où vient GaUlée*
ils fflSTOtlUt DIS miraiBB
* Il domina de la mer Supérieure et de la mer Inférieure du pays des fleuves et de la grande mer du soleil couchant, jusqu'au mont Âmanus et à la Syrie dans toute son étendue. Il régna depuis les sourcesdu Tigre jusqu'aux sources de TEu* pbrate. Sa main alla de Ënzi à Soukbni» de Soukbni à Hilid, de Milid à Dayani, de Dayani à Arzaskoun, d'Arzaskoun à Kirzan, de Kirzan à la ville de Houbouskia au pays de Namri (Scytbie) ; jusqu'à la mer de la Ghaldée, qu'on nomme Teau Varrat; il couvrit tout de ruines.
» Dans ma 48* campagne^ je traversai TEuphrate pour la 6* fois* Hataëly roi d'Aram, avait confiance dans Tattâque de ses armées^ et comptait ses armées en grand nombre. Il avait soumis à sa puissance le pays Sanir, le versant (5U9t) des montagnes avant le mont Liban; je combattis avec lui^ je le défis. 16,000 hommes tombèrent sous le poids de mes armes; 1,480 chars, 460 cavaliers avec son campement furent capturés par moi. b
Derrière les taureaux, il y avait la description des 4 7 preniières campagnes; mais le commencement de ce récit est tellement mutilé qu'il est impossible d'en rien comprendre. Dana ce que nous pouvons lire, les textes des deux taureaux difi%rent un peu entre eux. Mais un mot intéressant a été conservé; c'est l'expression de la a 4* campagne » là où Tobé- Usque acdans l'année de Dayana9SOur.»Or,Dayanassour était en réalité le 4^ éponyme après l'avédement de Salmanassar, et nous montre que pour le commencement du règne au moins, la campagne équivalait à une année. En tout cas, cette éponymie de Dayanassour a dû avoir une importance historique; car même dans le texte des taureaux, on voit encore, après les roots, 4" campagne f l'indication du mois dans lequel eut lieu le départ de Salmaoassar. Il est possible que ce ne soit qu'alors qu'eut lieu la mort de Sardanapale III, si on peut tirer quelque conclusion, sur un partage de souveraineté, du fait de la représentation de deux rois sur l'obélisque.
Le document, dans les deux exemplaires, est endommagé en haut, et n'est intelligible qu'à partir de la 6« campagne.
Voici ce texte :
a Dans ma 6* campagne, je partis de Ninive et je marchai sur
DE CHALDtB KT D'AdStltlIt. iid
les villes des rives du fleuve Balikh ^ Elles avaient peuir de mes armes puissantes. Je tuai Giammou, le préfet dé ces villes. J'entrai dans la ville de Tel-habal-akbi, je confisquai la ville pour moi-même. Je m'éloignai des rives de Baliiih^ je traversai TEuphrate dans un gué, je pris les tributs des rois de Syrie. Je quittai la Syrie et marcbai vers la ville de fialvan. Je fis (lacuM) de la ville de Halvan. Je quittai la ville de Halvan et je marchai sur Karkar.
» Alors, Houidri (?) de (Damas)) Irkoulina de Hamat et 12 rois de Syrie (Hatti) et des bords de lu mer, eurent confiance dans leurs bras ; ils vinrent vers moi pour livrer
combat et bataille ; je combattis avec eux. 30>^00 (?) furent tués sous les coups de mes armes ; je capturai leurs chars, leur cavalerie, leurs munitions (armes?) de guerre. Ils s^enfuirentpoursauver leur vie, je montai sur des navires, et j'allai jusqu'au milieu de la mer ^.
x>Dans ma 7* campagne, je marchai sur les villes de Khabini, de Toul-abni ; j'occupai Toul-abni, sa capitale, et les villes environnantes ; je les brûlai par le feu. Je quittai Toul-abni, et je marchai vers les sources du Tigre, vers l'endroit d'où sortent ses eaux. J'y fis des sacrifices, et je soumis à mes armes les ennemis d'Assour. J'imposai des tributs au pays des fleuves ^ (Naïri).
Dans ma 8* campagne, je marchai vers Mardouk-inaddinsou (ou Mardouk-nadin), roi de Tirat-Douniyas. Mardoukbel-ousati, son frère illégitime, se brouilla avec lui. J'allai pour soutenir son parti. J'occupai les villes de Me-Tournat et de Lakhir.
D Dans ma 9"" campagne, pour la seconde fois, j'occupai la ville de Gananat. Mardouk-bel-ousati, pour sauver sa vie, s'enfuit vers la ville de Halvan, je ine mis à sa poursuite ; je mis hors de combat Mardouk-bel-ousati et ses principaux adhérents. Je marcbai sur Babylone, je fis des sacrifices à Ba-
* C'est le Bélias des anciens qui court du nord au sud, depuis Edesse jusqu'en amont de Thapsaque.
3 Probablement jusqu'à File de Chypre ; le roi traverse la Syrie à la hauteur de Biredjik et d'Âlep.
'Cette expédition manque dans robélisque*
190 HISTOIRE DES EMPIRBS
bylone, à Borsippa et à Cutha. Je descendis Tersla Cbaldée^ j'occupai les villes jusqu'à la mer, qu'on nomme le Varrat. Je reçus à Babylone les tributs d'Adini, fils de Dakouri et de Mousallim*Mardouk, fils d'Oukani, consistant en argent, or, is dan, peaux de veaux marins.
i> Dans ma 10^ campagne, je francbis TEuphrate pour la 8* fois^ je détruisis les villes de Sangar, de Karkamis, je les démolis^ je les brûlai par le feu. Je me détournai des villes dépendantes de Karkamis, je m'approchai des villes d'Ârami. J'occupai Arnié, sa capitale, je détruisis, je démolis, je brûlai par le feu iOO de ces contrées. J'y fis un massacre général^ et j*emmenai les captifs.
» Dans ce temps S Houidri de Damas, Irkboulina de Hamat et i 2 rois des bords de la mer, eurent confiance dans leurs.... ^ ils s'avancèrent vers moi^ pour livrer combat et bataille. Je combattis aveceux^ je les vainquis. Je capturai leurs chars, leurs cavalerie^ leurs munitions (armes ?) de guerre. Ils s'enfuirent pour sauver leur vie.
»Dans ma i i* campagne, je sortis de Nini ve, je franchis^ pour la 9* fois, l'Euphrate dans un bac ; j'occupai 87 villes de Sangar, 100 villes d'Arami; je les détruisis, je les démolis, je les brûlai par le feu.
D Je me tournai vers le mont Amanus, j'attaquai le pays de larak. Je descendais vers Hamat, j'occupai Astamakou et 89 autres villes; j'y fis un massacre généra], j'en emmenai les captifs.
» Dans ces jours, Houidri de Damas, Irkboulina de Hamat et 42 rois de la côte, eurent confiance dans leurs ; ils s'avancèrent vers moi pour livrer combat et bataille, je les mis en fuite. 10,000 soldats tombèrent morts sous les coups de mes armes, je capturai leurs chars, leur cavalerie et leurs munitions de guerre.
» Dans mon retour , j'occupai Apparaz , la capitale d'Arami.
D Alors, je perçus >les tributs de Girparoundi de Patin % de
1 L'obéliBqae est ici un pea plas expUctte.
' C'est le psrsonnage que l'inscription circalaire de l'obéllsqne nomme Garparonnda ; il semble ayolr sa place entre Loobarna I, l'antagoniste de Sarda-