‹ Histoire des empires de Chaldée et d'Assyrie d'après les monuments: depuis l'établissementChapitre 21 sur 22 · Nirgalnasir · texte numérisé non relu

Nirgalnasir

1 Je n'ai pas trouvé cette phrase dans Tédition d'Aucher.

DB CHAIBÉE ET B'ASSTIIIE. 139

Puis viennent deux autres, dont Tun ne se trouve pas dans les quatre exemplaires des textes éponymiques :

Nabou-aslr. | Bel-idll-ll.

Si Ton n'admet pas d'interruption dans les années, le règne d'Àssour-lihbous tombe de 752 à 744, tandis que nous en avons attaché la fin à la date de 788, que nous supposons, avec M. de Saulcy, se rapprocher de celle de la première prise de Ninive, date qui, quoique controversée dans ces derniers temps, ne nous en paraît pas moins plausible.

Nous devrons immédiatement examiner le pour et le contre de celte question importante, et montrer dans quelles limites notre date est la seu^e acceptable.

HaittrciiaY teiites et doeuments ayimt ti*nit au

grand empire d^Assyrle.

Le système de chronologie que nous avons cru adopter, a été, tout dernièrement, corroboré par des faits les i>lu8 concluants. Nous avons visité le Musée britannique, pour prendre connaissance des documents mis à la disposition du public savaut depuis trois ans, et nos recherches nous ont fait découvrir une donnée de la plus haute importance pour Tune des questions que nous avons traitées dans les pages précédentes. Sur Tobélisque de Nimroud * de Salmanassar III, on lit :

a Dans ma 7* campagne, je marchai sur les villes de Khabini, de Toul-Abni ; j^occupaj Toul-Abni> sa capitale, et les villes environnantes. Je marchai vers la source du Tigre, l'endroit où ses eaux sortent. J'y célébrai la pui:»6ance d'Assour, j'immolai des sacrifices à nos dieux, et fis des nabdan hudiU. Je fis une image de ma royauté très-grande, j'y inscrivis la gloire d'Assour et le récit de mes exploits, de tout ce que j'avais fait dans ces pays, et je le plaçai à cet endroit. »

Or, M. Jones Taylor a retrouvé, à l'endroit même, la stèle dont il est question, et ce monument se trouve à Londres, avec un autre de même grandeur que Sardanapale UI y avait fait ériger. Dans ce document, Salmanassar raconte très

» Voir Annales, t. xii, p. 46, ou Ici p. 111. c

longuement, en 160 lignes, les 6 premières campagnes que l'obélisque relate sommairement, en rendant compte de tous les détails, de l'importance des tributs obtenus, et de toutes les étapes de ses marches et contremarches. Nous ne reviendrons pas dans ce moment sur Tensemble du document, mais nous nous contentons d'en traduire la fin qui, naturellement, coïncide avec le récit de la 6* campagne, où fut battu le roi de Damas que nous avons assimilé à Benhadad II, de Syrie, «t que nous prononçons encore, malgré notre incertitude sur la première syllabe, Hou-idri, le prédécesseur de Hazaël*. Les rois auxiliaires sont nommés dans la stèle, voici ce que nous V lisons :

« 100 chars, 20,000 cavaliers, 100 hommes de Houidri de Damas, 700 chars, 700 cavaliers, 1,000 hommes de Sakhouleni 2 de Hamat, 2,000 chars, 10,000 hommes d'Achab d'Israël {Akhabbu Siraelaï) , 600 hommes du pays de Ségu (?), 1,000 hommes d'Egypte, 40 chars, 1,000 hommes de Saqanat, 2,000 hommes de Matenbaal d'Aradus, 200 hommes du pays

d'U t, 30 chars, 20,000 hommes d'Adonibaal de Sian,

100 chameaux de Gindibou l'Arabe, 100 hommes de Baasa, fils de Ruhub, l'Ammonite ^ 12 rois avaient envoyé leurs troupes pour me livrer combat et bataille, etc. »

Salmanassar, qui avait préalablement détruit la ville de Karkar, chassa ses ennemis de cette position, leur tua 14,000 hommes, et leur prit les chars et la cavalerie.

La grande importance de ce texte réside dans la citation du roi célèbre par son impiété, et du nom d'Israël. On se souvient que le roi d'Assyrie cite juste sur l'obélisque, parmi ses tributaires, Jéhu, Tun des successeurs d'Achab, et contemporain de Hazaël qui paraît pour la première fois à la 18* campagne, tandis qu'à la 14* nous lisons encore le nom de son prédécesseur Benhadad.

Ce texte cité va nous fournir les dates les plus précises

' Voir ce que nous ayons dit sur le nom de Benhadad ou Benhadar i? Bqh^ idrt), et la lecture de Hou qui, ici, est sûrement erronée, p. 112, note 1.

^ C'est Sahhouîeni qu'écrit ce document, et non pas Irkhoulinif comme a le texte imprimé de l'obélisque.

3 C'est ia première mention des fils de Lot.

DE CHALDÉE ET d'aSSYRIE. !4i

pour rattacher de nouveau la chronologie assyrienne à l'histoire biblique. La stèle de la source du Tigre nous donne les renseignements les plus décisifs à ce sujets car elle ne compte pas par campagnes^ mais par éponymies. Nous voyons que la S'' campagne eut lieu dans Fannée d'Assour-episit/a-ousour (a Assour, protège mon œuvre »), et qu'elle prit toute Tannée suivante, celle d'Abou-in-hekal-Hlbour (« Que le père vieillisse dans le palais »]. L'année de Dayanassour^ le ii lyar (mois de mai) y Salmanassar part de Nioive^ traverse le Tigre et le Balikh^ attaque Gianimou (voir Annales, p. 123)^ traverse TEuphrate^ reçoit les tributs de Circésium^ de la Gommagène> de la Melitène, et s'avance vers le pays de Hamat (Épiphania) sur roronle. Ce pays est en effet situé à une faible distance d'Aradus. La rencontre avec les auxiliaires des rois de Hamath et de Damas a donc eu lieu vers l'automne de Tannée de Dayanassour^ que^ jusqu'ici, nousavions fixé en 894^un peu trop bas.

Achab d'Israël régna donc encore dans la H* année de Salmanassar III. Quant à Benbadad, il reparait dans les iO«, il" et 14* campagnes. Cette dernière est signalée par une expédition puissante; Salmanassar, à la tète de 120^000 hommes, marche contre la Syrie et défait les confédérés^ qui s'enfuient. Le roi d'Assyrie, occupé autre part dans les expéditions qui suivent, rencontre dans la 18" le successeur de Benbadad^ Hazaël, cette fois seul et sans auxiliaires.

Hazaël est donc arrivé au trône, entre la 14* et la IS"" campagne (voir Sargonides, p. 44). Les termes dans lesquels le roi d'Assyrie rend compte de la 47' campagne, où il alla également en Syrie, semblent indiquer que ce roi ne régnait pas encore. Sacré par le prophète Elisée (iRots, 1, 49, 45) en même temps que Jébu, Hazaël monta sur le trône de Syrie vers la fin de la vie de Joram, roi dTsraël, qui régna 42 ans; il y a donc, entre la mort d'Achab, suivi des â années du règne d'Ochozias, et Tavénement du meurtrier de Benhadad (flots, II, 8, 7-45), un intervalle de 42 ou 43 ans au plus. Mais la 6« campagne de Salmanassar mentionnant les troupes d'Achab, il y a entre la bataille de Karkar et Tavénement de Hazaël, 44 campagnes et au moins dix années.

|4t HlSTOmB DES EMPllES

La question se ^pose ainsi : Dans quelle année d'Achab tombe réponyraie de Dayanassour?

Heureusement^ ici la Bible nous donne les renseignements les plus précis. Déjà, à priori, on pouvait conclure que le synchronisme ne pouvait se axer que dans les dernières années d*Àchab, et les données détaillées du livre des Rois conduisent en effet à ce résultat. Acbab eut à soutenir d'abord deux luttes contre Beobadad; dans la seconde, Israël sortit vainqueur à Aphek, et posa aux Syriens certaines conditions qui^ néanmoins^ n'attestent pas que la puissance d' Acbab se crût à Tabri de toute atteinte. Il y eut paix et amitié pendant presque trois années^ et à la fin de cette époque, Acbab, assisté, il est vrai, cette fois par Josapbat de Juda^ se sentit assez fort pour attaquer de nouveau le roi de Syrie. Dans cette expédition, il périt à Kamotb-Gilead.

Uune des conditions de la paix avait été la permission donnée à Acbab, d'avoir comme garantie une garnison à Damas ; en outre les rois étaient alliés, ainsi qu'il résuHje du blâme qu'un prophète infligea au roi disraël (Rois, I, 20, 42), en lui disant avec une allusion certaine à la guerre d'Assyrie : «Ton âme paiera pour la sienne, et ton peuple pour le sien. » Ces deux ans qui s écoulèrent entre le traité d'Apbek et la dernière campagne d'Achab, sont l'époque dans laquelle a dû avoir lieu le secours prêté au roi de Damas par le roi d'Israël, et tombant dans l'année de Dayanassour.

Nous a\ons placé la mort d'Achab en dOi , d'autres la mettent en 898, selon qu'on rattache la prise de Samarie à 721 ou à 718 ; on peut alléguer de bonnes raisons pour chacune des deux dates, d'ailleurs si peu difiéreo tes. Nous nous en tenons encore à la première, parce que nous l'avons acceptée jusqu'ici, et qu'il faut, pour se fixer définitivement^ attendre des données plus détaillées, que les inscriptions astronomiques de Ninive ne tarderont pas à nou& fournir. C'est donc vers 902 que tombe, selon nous, l'éponymie de Dayanassour, au lieu de 893 (non 894, voir plus haut), où la fixait la date de 786 acceptée pour la fin du règne d'Assour-lihhous.

En substituant la date de 797 à celle de 788 pour la pre-

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