NAPOLÉON EMPEREUR
Cette inscription a résisté à toutes les ingratitudes de la France. Elle est demeurée de 1815 à 1852. Pendant ces trente-sept années, le nom de l'Empereur, délaissé, souvent honni, intact dans ce lieu désert, bien que fréquenté, n'y recevait d'hommage que celui de l'aigle des Alpes, qui, abaissant son vol pour s'abreuver à l'onde pure, caressait de ses larges ailes le nom de l'immortel souverain, comme les icoglans agitent l'éventail devant les potentats de l'Orient; comme les séraphins, aux ailes resplendissantes, forment l'auréole suave qui précède l'Etemel
Par de singulières coïncidences, qui semblent se réunir pour composer sans fictions une apothéose poétique, le torrent formé des eaux de la fontaine Napo-
léon porte, depuis un temps immémorial, le nom de l'Oudar, ou torrent de Vautely et les bois qu'il traverse, celui de bois de Diis, qui s'interprète aussi bien par forêt de Dis, dieu dont les Gaulois prétendaient descendre, que par celui de forêt divine.
La fontaine devient quelquefois un monument ironique, facétieux ou sarcastique. Dans bien des lieux, le dieu des vendanges, pressant des grappes^ se joue en ne présentant que de l'eau.
Pendant la domination bernoise, on construisit dans le Pays de Vaud, plusieurs fontaines représentant un cep chargé de pampres, avec un Ours, personnification héraldique du vainqueur, dévorant les grappes avec avidité.
 Marseille, on voyait une fOntaine dont la conque était supportée par des griffons assez mal sculptés pour justifier l'inscription à double sens qui les accompagnait :
n'approchez pas, car ils sont