MAUVAIS
Les lions-fontaines qui sont au devant du palais de l'Institut, et dont le dos est couvert de cette mousse qui croit si bien sur certaines pierres, se trouvèrent naguère ornés de l'épigramme suivante que la police fit aussitôt enlever :
Saperbe habitant do désert En ces lieux, dis-moi, qne fais-tn ?
— Tu le vois à mon habit vert.
Je suis membre de l^Institut ; Et la preuve, mon cher confrère, C*e8t q[ue je verse de Teau clairet
La Fontaine sert d'armoiries parlantes aux familles Yvieox de La Font| Fontaneti Fontunie et à la ville de Fontenay-le-Comte. Souvent, accompagnée des mots : NIL sœi ou fundft in omnes, elle fut employée comme dms^, avec ridée de charité, de générosité ou de libéralité.
Les anciennes églises chrétiennes étaient précédées de fontaines jaillissantes, servant aux saintes ablutions.
Plus tard, on les remplaça par des bénitiers. Sans mêler le sacré au profane, nous croyons pouvoir mentionner quelques-uns de ces derniers. Leurs formes sont très- variées ; quelquefois, leur dimension est considérable. François I** reçut de la République de Venise, des coquillages de merveilleuse grandeur, qui servirent à faire les bénitiers de Saint-Sulpice. Plus d'une église isolée offre, comme bénitier, un fragment antique, simplement creusé ; nous avons vu de curieux chapiteaux conservés, grâce à ce nouvel emploi.
Souvent, par allusion au Psaume XLI, des figures de cerfs décorent les réser-
voirs sacrés. Sculpter une gremmille au fond de la conque est une idée facétieuse que plus d'un sculpteur mit à exécution.
Une petite église de Savoie possède un curieux bénitier en granit : il représente une tète qui montre les dents en riant. C'est dans sa bouche qu'on prend l'eau sainte. Le nom de Jisus, la date 1719 et l'inscription : MA JOYSE SERA de longve dvrez, accompagnent ce petit monument original, qui nous parait représenter la face de saint Médard. Généralement, on figure ce saint avec pareille expression de visage, pour rappeler qu'il guérit du mal de dents, prérogative qui lui est déjà attribuée par Grégoire de Tours ; comme ce prélat passe, d'autre part, pour avoir une grande influence sur la pluie, suivant le dicton populaire :
S'il pleut le jour de k Saînt-Mëdard, U pleut quarante joon plus tard ;
Le tiers des biens est an hasard;
l'idée de lui remplir la tète d'eau bénite pour l'engager i distribuer l'élément liquide à propos, ne semble pas trop mal trouvée.