LE BRAS DE FER
Quelques auberges offrent encore l'enseigne du Bbas de Feb; le Moyen-âge parait même l'avoir préférée à I'Homhe Abmé et à rHoKME de Feb. Le sujet était plus poétique. Des guerriers bardés de fer^ on en voyait tous les jours, mais le men^)ru aux bras impliables par d'autres, mais le héros qui, ayant perdu un bras ou une main dans les champs de la gloire et qui courait encore moissonner
des lauriers à l'aide d'un membre d'emprunt, œuvre d'un mécanicien habile, étaient choses plus mémorables. On rencontre des Bbas de Feb en Suisse; ailleurs, nous avons vu le superlatif, si c'est bien un superlatif : Au Bbas d'Ob. Bien des héros ont passé à la postérité avec le souvenir de leurs bras ou de leurs mains de fer. Quelques musées possèdent même des exemplaires de ces pièces curieuses.
Girbert au bras de fer est mentionné dans le roman de Garin le Loherain. Le dixième siècle fournit plusieurs exemples de mains mécaniques exécutées en cuivre ou en bronze. Le 20 juin 1383, le roi de France permit à un prévenu réhabilité et qui avait eu le poing coupé, de le remplacer par une main artificielle. Goëtz de Berlichingen, surnommé Kain de fer, est trop connu pour qu'il soit nécessaire d'en parler ; il en est de même de François de la Noue dit au bras de fer. Au dix-huitième siècle encore, on peut citer un officier suédois, Gunderfield , qui, ayant eu les deux mains emportées par un boulet, en reçut deux autres du père Sébastien, l'habile membre de l'Académie des Sciences.
Nos Bbas de Feb des bords du Léman ont une origine locale. En 1588, la noblesse vaudoise conspira contre Berne.
Elle voulait rendre la vie à cette patrie de Vaud si profondément oppressée. Un des chefs du complot est célèbre dans notre histoire sous le nom de Jean d'Y-
msToms DBS enseignes
▼oire aa brat de fer. Dînant avec le gon- ▼ernenr de Chillon, ce dender reçoit une iBiflsiYe : « Pardon mon compère, de la part de nos Seigneurs tous êtes mon prisonnier. > — Laissez-moi régler quelques affaires pressantes, entonrez-moi d'une garde qui ait la consigne de me tuer si je tente de lui échapper. — Ainsi fut fait. Jean d'Tvoire retourne dans sa maison forte de Villeneuve, entraîne la garde dans sa cave, lui fait sabler du meilleur en abondance, puis, tournant sur elle la lourde porte de chêne, il franchit, grâce aux basses eaux et à son fidèle coursier, l'espace qui le séparait des terres ducales.
Son brtM de fer est encore conservé au château d'Yvoire.
L'enseigne de la Main de Feb est sans rapport avec la Main d'Ob qu'aimaient les anciens merciers et que nos gantiers ont conservée, ni avec la Main Fleusib dont nous reparlerons.
De tout temps, les insignes militaires
ont brillé sur les enseignes. Si nous
avons aujourd'hui des Dbapeau, des
Dbapeau Tbigolose et des Dbapeau
F£i>£bll, des Tamboub, des Baïonnette,
des Pistolet, des Canon, des Boulets,
des Bombe, des âbtillbub et des Canon-
ndsb; des Gbenade et des Obenadieb;
des MousQUETAiBE, des Cababinibb, des
Dbagon, des Sapettb et des Vdlontaibe, la ville de Pompéi nous montre son
Combat de Glabiateubs et le Moyen-âge nous offre des Chevalieb DOBi, des ÂBBALÈTE, des ÂBO, des Flèche et des âbcheb; des Hallebabbe, des Hache b'Abmes, des Tbanchant, des Massite, des Fbonbe, des Ecn (bouclier), des Haubebt et des Haubbbgeon , nom que l'on donnait aux cottes de mailles; des Bacinet, des Casque, des Heaume, des Chapeau bb Feb, des Gantelets; des Echabpe, partie du costume militaire remplacée par la cocarde en 1692; des Pennebet, des Bannièbe, des BAimiÈBS Royale, des Pavillon et des Guidon Royal, des Etenbabd, des Obiflammb et des Baton Dobê où il faut sans doute reconnaître l'insigne du commandement.
On 7 trouvait aussi la Guebbb, des Abtillebib et des âbtillebie d'Ob, mot qui, avant l'invention de la poudre, se rapportait â l'ensemble de ces puissantes machines de jet et de choc qui ébranlaient les plus solides murailles et pulvérisaient leurs défenseurs. A propos de l'enseigne du Oisque, il est bon de rappeler, avec Sainte-Palaye, qu'en Angleterre et dans les provinces de France appartenant aux Anglais, les seigneurs disposés à pratiquer l'hospitalité envers les chevaliers l'annonçaient en faisant placer un casque au sommet de leurs donjons. L'enseigne d'Augsbourg : A la Maison des Enbô- LEUBS iMPÊBiAUx cst dc boaucoup anté*
rieure à celle des recruteurs dont nous avons précédemment parlé.
N'oablions pas les Efêb. Il y en avait de toate espèce : des Epês Flamboyante, de Fbancs, Hermikêe, Cottboknêe, BoTALt, etc. La Gabde d'Os et la Gabde p'Abgent étaient des enseignes de fourbissenrs d'armes.
Plus d'une Ep£b Boyale jouit d'une certaine célébrité. A celle de Lyon, logea Jean-Jacques Bousseau; à celle de Férenne, Béranger passa ses jeunes années.
En sortant de la Bastille, le 13 juin 1786^ où logea le comte de Cagliostro? Etrange coïncidence 1 Ce fut à Saint-Denis, à l'auberge de l'EpfiB Boyale
S'aimer d'mie amitié sans bornes; De soi seul emplir sa maison, En sortir suivant la saison, Ponr faire à son prochain les cornes; Signaler ses pas destractenrs Par les traces les pins impnres; Ontrager les pins tendres fieors Par ses baisers on ses morsures;
tel est le portrait qu'Arnault fait du colimaçon dans une de ses plus jolies fables; son opinion est bien celle de notre époque. Le Moyen-âge ne jugeait pas ainsi. Pour lui, c Dant Tardif li Limaçon • était le prototype du chevalier fervestu, du guerrier cuirassé par excellence ; dans VEmprô genevois, nous avons raconté ses prouesses à l'armée du roi Noble oil il joue le rôle de porte-étendard. Aussi ne s'étonnera-t-on point de nous voir rappeler ici les enseignes de rEscABGOT, du Lucas et de la LmASSB
ou Ldiace, dont Genève possédait un représentant en 1560.
L'enseigne de la Sympathie, offrant pour corps deux escargots qui se font amoureusement les cornes, amusa fort Paris il y a quelque vingt-cinq ans.
Le cabaret de Fobt Babbaxtx fut établi en 1663; c'était déjà le nom de cette localité, peut-être imposé ensuite de quelque souvenir de la forteresse de Barraux en Daupbiné, bien connu à Oenève du quatorzième au seizième siècle. Nous avons eu l'enseigne du Fobt de Feb; celle du FoET DE l'Écluse existe toujours. Le logis de la Toxtb d'Abve a joui d'une certaine célébrité dans le dernier siècle.
L'enseigne de la Toub Maitbesse est l'unique souvenir de cette curieuse construction, sottement démolie il y a douze ans; il en sera de même, dans un temps plus ou moins rapproché, de celle de la Toubdel'Isle. LaTouBMALAKOFF a joué son rôle sur l'enseigne jusque chez nous.
Rien de plus commun d'ailleurs que l'enseigne de la Toub; il suffit du voisinage d'une de ces constructions pour la faire éclore.
Dans l'enseigne du BouleVabd, le mot a perdu la valeur militaire qui l'assimilait autrefois à celle du Bastion, personne n'y voit plus qu'une idée de promenade. Celle des Cabneaux ou des Gsfi- NEAUx était encore usuelle au siècle der-
nier. Le Rempabt, le Bastion Botal, les Tebbbaux (parapets) , et même la Bab- BiÈsE DE l'Etoile ont figuré à OenèTe comme enseignes. Plaçons ici la Gabde, la Gabbe botale , la Sentinelle et la
SUBPBISE.
Les enseignes : à I'Image de Sainte- Babbe, de Saint-Eloi, de Saint-Geoboeb et de Sainte-Gathebine, se rapportent toutes à rétat militaire. Sainte Barbe est la patronne des artilleurs, des artificiers et de tout ce qui se rapporte à la poudre et aux armes à feu; saint Eloi, le mystérieux maréchal-ferrant, préside à tous les travaux de forge ; saint Georges est le patron et le fidèle gardien des armées; sainte Catherine écarte les périls, protège les remparts et inspire les ingénieurs.
La vieille Genève possédait l'enseigne du Vaillant Sxtisse; celles de la Vic- TOiBE, du Vainqueub, du Gband Vainqueub et du Laubieb pour les couronner, se retrouvent un peu partout; le Maillefeb appartient au Moyen-âge; renseigne du Bbaye apparaît à toutes les époques.
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