LA DOLE
L*ENSEiaNE de la Montaonb appartient en général à Tépoque révolutionnaire, cependant elle était déjà employée au milieu du dix- septième siècle par un fameux cabaret de Paris. Les montagnes ont fourni le thème d'un grand nombre d'enseignes. Les Alpes et le Mont-Blano se retrouvent presque partout.
D'autres noms, le Mont-Rose, le Mont- Salèye , le JiTKA et la Dole , sont des enseignes plus localisées.
Disons , en passant , un mot de cette dernière montagne. Le Crêt du creux de la neige est la plus haute cime du Jura :
il est plus élevé de 45 mètres que la Dole qui passe néanmoins dans l'opinion des personnes qui ne s'arrêtent qu'au profil de sa croupe bien dégagée, pour le point culminant de la chaîne. Suivant Gaudy , le nom de cette montagne dérive A'adoU :
front, partie supérieure. Lutz propose pour l'Adule une étymologie meilleure :
ad dula Pic de l'Oiseau ; notons qu'en allemand cette montagne se nomme Vo- OELBEBG et que le mot Bec ou Becca est fort employé poar désigner des pics
et des monts plus ou moins coniques ainsi le Bec a Gosbeau en Vallais est le nom d'une montagne dont la forme rappelle celle de la Dole.
Quoiqu'il en soit, le nom de cette dernière parait être altéré. Il faut préalablement l'écrire Abole , comme on appelle Adula ou Adule, cette chaîne de monts élevés où le Bhin , le Rhône , le Tésin et la Reuss prennent naissance.
Beaucoup de noms locaux ont été changés par aphérèse ; on écrit aujourd'hui Landon pour Allondon , VuUitm' nez pour Ayullionnex, Voune pour Ayoune, etc. L'article la et la préposition à, ont causé l'altération de bien des mots ; souvent ils emportent l'initiale comme dans la Dole pour TAdole, à Necy ou à Miens poar à Annecy ou à Amiens; d'autres fois l'article devient préfixe comme dans Longrin pour I'Hon- OBiN, Loudar pour I'Oudab, etc.
Beaucoup de noms communs se sont changés de la même manière : autrefois on écrivait Ven demain, les trois mots se sont réunis pour n'en faire qu'un seul , qu'il a fallu faire précéder d'un nouvel article : le lendemain.
L'enseigne de la Faucille se trouve dans le passage de ce nom. Ce mot aussi est altéré. On veut le dériver des lacets de la route tracée par Napoléon I^ , et qui, par leurs contours, représenteraient une faucille ! Bien des siècles avant ces
d'hôtelleries, d'auberges et de cabarets
travaux , le nom était employé. Il faut écrire Fobsilb. En vieux français, au seizième siècle encore , une fosse était une vallée , un passage, un défilé , de là le nom de Fossille donné à la gorge qui permettait le passage du Jura, de là aussi le mot FossiGin:, véritable nom de la contrée qui porte aujourd'hui celui de Faucigny.
Encore une rectification au sujet de l'enseigne du Mont-Tendbe. La montagne de ce nom n'a rien de tendre : c'est un cône fort élevé dont le sommet est percé par la Chaudière d^enfer, gouffre dont la profondeur est inconnue ; il se détache comme un maître an-dessus de toutes les sommités du Jura qui l'avoisinent; son véritable nom c'est Mont- ÂNDBE, le mont fort, élevé, robustey c'est I'Antbopos Vhomme entre les montagnes.
Nous avons rencontré dans un voyage moderne le nom du château du Cutek- DEE, nom accompagné de lazzis dus à Timpéritie des géographes, lisez château d'AcuT Andbe : c'est-à-dire de Is^pointe, du sommet habité par Vhomme.
Durant le séjour qu'il fit à l'île d'Elbe, l'Empereur donna le nom de Mont Passe- Temps à une localité où il se rendait souvent ; en 1821, on voyait encore sur l'un des boulevards de Paris , l'enseigne d'un commerçant qui avait jugé à propos en
le plaçant d'émettre ainsi, d'une manière indirecte , sa profession de foi politique le Mont Pctsse-Temps y désignation qui rappelle le nom de Pebtemps , employé dès le moyen-âge comme désignation de certaines promenades publiques.