‹ Histoire des enseignes d'hôtelleries: d'auberges et de cabaretsChapitre 48 sur 112 · LA GRIVE · texte numérisé non relu

LA GRIVE

On dît qne la grive Piqoe le raisin ; Moi, qui ne sais pas grive, Je le piqne bien.

Pabtout où l'on vendange, se répète cette rime , qu'un cabaretier transcrivit sous son enseigne de la Gstve, modifiant le dernier vers, et le remplaçant par :

J'aime le bon vin.

A tort ou à raison, la grive passe pour aimer le jus de la treille , d'où le proverbe : saoïXl comme une grive.

Le prince des naturalistes assure gravement que la mauviette ou grive de vigne n'arrive en Bourgogne qu'au moment de la pleine maturité des raisins ;

qu'elle s'enivre à manger les grains et se laisse prendre alors à tous les pièges.

L'iyresse produite par l'abus dn raisin mûr n'est pas trop facile à comprendre ; par le vin c'est autre chose , plus d'un petit pied , du moineau jusqu'à la poule , s'y laisse prendre ; l'anecdote suivante :

racontée par Buffon est très-probable y c M. Linnaens, dit-il, parle d'une litorne (variété de la grive), qui ayant été élevée chez un Marchand de vin , se rendit si familière qu'elle couroit sur la table et alloit boire du vin dans les verres ; elle en but tant qu'elle devint chauve , mais ayant été enfermée pendant un an dans une cage , sans boire de vin , elle reprit ses plumes.

Bien avant Linnée, la grive était prise comme type proverbial de l'ivresse.

En Dauphiné , entre Romans et Saint- Marcellins, on voit l'enseigne de la Bonne Obive; l'esprit de rivalité inspira à l'aubergiste que l'on rencontre un peu pus loin une enseigne analogue comme pensée , au Bognon de la Côte dont nous avons parlé dans un article précédent. S'inspirant d'un proverbe bien

connu, il fit écrire au-dessous de son ^oiseau :

a la bonne grive l'autre n'est qu'un BŒRLE.

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