HIST<HHE DES ENSEIGNES
Genève da moyen-ftge n'aTÙt rien i envier à celle d'atùoard'hQÎ.
Les ubergisteB, soit maîtres d'hôtel des anciens temps, avaient pris saint Eustache poor lear patron, les cabaretiers se plaçaient sons la protection de saint Sylvestre; saint Martin, dont nous reparlerons, était invoqué par tons ceux qui ftusaient leurs délices da jas de la treille.
Malgré les dehors dévotieoz qu'ils affectaient et dont nous citerons plus d'an exemple, les cabaretiers d'autrefois n'ont guère fourni au calendrier plus de saints que les avocats. A en croire les vieilles chroniques, bien des auberges étaient de vrais coupe-gorges; U n'était pas prudent d'entrer dans tous les cabarets, dont lee maîtres sant souvent dépeints sous les plus sombres couleurs.
Il peut j avoir de l'ex^ération dans ces récits que nous ne reproduirons pas; nous nous bornerons i raconter un fait
de la vie de saint Vincent Ferrier, fait qui se passa en 1413, à Majorque, dans l'une des lies Baléares :
< Un cabaretier vint prier le célèbre Dominicain de prêcher avec force sur l'obligation de payer les dettes que l'on a contractées; il avait cédé à crédit plusieurs mesures de vin, et ne pouvait pas en retirer le prix. Très-bien , lui répondit saint Vincent, je dirai combien sont coupables ceux qui retiennent le bien d'autrui; mais je voudrais savoir quel est le vin que vous vendez. Pour le lui montrer, le cabaretier alla chercher une bouteille du meilleur en lui disant : GoAtez-le ; vous verrez combien il est de bonne qualité. — Versez-le sur mon scapulairo, dit le saint — Haiaje vais gftter votre saint habit?— Ce dég&t me regarde ; faites ce que je vous dis. Quel ne fut pas l'étonnement du cabareUer quand il vit que ce qui sortut de sa bouteille se divisait en deux parties : l'une, qui était du vin, tom* bait & terre; l'autre, qui était l'eau qu'il mêlait firanduleuBeroent au vin, restùt sur le scapnlaire. •