L'IMAGE NOTRE-DAME
KiEN de plus fréquent au moyen-âge que l'enseigne de TYmage ou de la Belle Ymage. On peut la constater depuis le treizième siècle jusqu'à nos jours, car, dans plusieurs départements, d'excellents hôtels n'ont d'autre enseigne que I'Image ou la Belle Image. Il va sans dire que l'image figurée au-dessous de ce titre représente la sainte Vierge.
Très-souvent, l'inscription est plus explicite dénommant I'Imagb Notbe-Dame, Notbe-Dame de Liesse, Nothe-Dahe
DE LOBETTE OU NoTBE-DaMB DE PlTIÊ ;
l'enseigne nous montre aussi I'AitnonoiATiON, la Saltttation et 1' Assomption.
Quelques-unes de ces enseignes acquirent dans leur temps une grande célébrité. Une auberge de Laupen , dans le canton de Berne, avait la Sainte- Viebge pour enseigne. Au moment où 'les doctrines luthériennes s'établirent, l'enseigne fut arrachée et jetée dans les flammes, mais l'élément destructeur respecta l'image. Un Fribourgeois la recueillit et l'offrit à l'église de Bourguillon où Euenlin nous apprend que ce curieux monument existe encore ; la figure de Marie dont le visage est noirci par la fumée, y est accostée des armoiries de Berne et de Fribourg. C'est vraisemblablement à cette enseigne que remonte l'origine de l'exclamation : sainte Vierge de Berne !
encore si populaire dans la Suisse française.
Les < buveors de Beaune < étaient renommés au moyen-âge. Les armoiries de leur ville figurent une madone; le hambino tient une grappe de raisin. On ne sait trop à laquelle des images se rapporte l'ambiguë légende écrite audessous :
causa NOSTRfi LiETmœ.
Un jour, les passants virent ou crurent voir une image de Notre-Dame^ peinte i Paris sur une enseigne , pleurer et jeter
du sang, l'ëmoi populaire fut grand; Tallement des Réaux, qui raconte ce fait j ajoute que l'archevêque fit enlever cette enseigne, mais il ne nous apprend pas ce qu'elle devint.