‹ Histoire des enseignes d'hôtelleries: d'auberges et de cabaretsChapitre 56 sur 112 · LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ

llNB des conséquences de la Révolution française fut de faire figurer la Liberté, I'Egalite, I'Indépênbange et la Raison sur les enseignes de cabaret. De cette époque datent aussi les Bonnet Rouge qu'on ne voit plus, et les Arbres de la Liberté dont nous avons rencontré encore un ou deux exemplaires.

Les années qui précédèrent immédiatement le cataclysme dont l'Europe fat si violemment ébranlée forment la dernière phase brillante de l'histoire de Y enseigne. A Paris, à Lyon, dans toutes les grandes villes du Royaume, on les comptait par milliers. Tous les métiers, tous les genres de négoce en usaient. Le plus grand nombre de ces enseignes réunissaient l'à-propos dans le choix à la beauté de la forme rehaussée de tout l'éclat des

d'hotellebies, d'auberges et de cabarets

couleurs. La statue de la Renommée servant d'enseigne au café de ce nom à Fa?

ris était, dit un contemporain, < regardée par les connoisseurs comme un chef d'oeuvre de l'Art » . La Fobel, le Chan-

TIEB DES OBAjn)£S FOBETS, Ic BOUQIJET

DE Ghêiœs, la GBAjn)E Fouenaxse, étaient des enseignes de Marchands de bois et de Ghabbonnibbs. On remarquait devant les boutiques des Pelletiers celles du Ti<^ obb, du Léopabd, de la Pantkèbe, de I'Hebmike, du Makteau Royal, de rOuBS, du Gbenadieb, du GnAircEiiiBB et du Gbakd Htveb. Les Merciers, cette immense corporation embrassant une foule de commerces distincts aujourd'hui, offraient TEventail d'Ob, le Gbakd Tubo et la Flotte des Indes, enseignes du mercier tenant des magasins d'objets de fantaisie, d'étoffes asiatiques et de produits de l'industrie orientale. Aux Envieux, au GouT DU Siècle étaient des enseignes de merciers-modistes; les meiciers-toiliers prenaient le Fuseau d'Ab- OENT et la Navette d'Ob ; la Ville de Malines annonçait un commerce de mousselines et de dentelles et la Renommée DES Layettes un mercier-linger, célèbre pour les vêtements des nouveaux-nés. Un mercier s'occupant spécialement du commerce des fanons de baleines avait adopté la PÊCHE DE LA Baleine; un mercierlampiste l'enseigne des Tbois Cboissants et un mercier négociant en gros fers qui n'avait rien trouvé de mieux que I'Em-

PBBEUB TiBÈBE, put douncr une idée de la dxireté de sa marchandise.

, Parmi toutes les enseignes resplendissaient celles des orfèvres, joaillers et bijoutiers. C'était des Mines d'Ob, des Juste Balance, des Mabc d'Ob; des Gbosse, des GBû£SJ^ilea.GiBOiBEs d'Ob; des Tabatièbe, des Anneaux, des Boucle, des GhaIne et de^ Gollieb d'OB ; les diamants n'étaient point oubliés : devant un grand nombre de magasins on voyait, exécutés en grand avec du cristal de roche, une multitude d'AiaBSTTE, de Gbois:, de Bouquet de Dumants ; des Sultane de Diamants ; des Riviêbe et des Oollixbbe Diamants dont les pierres étaient grosses comme des œufs.

Doué d'une perspicacité intuitive aussi caractérisée que celle qui le distinguait, le célèbre Gagliostro dût être profondément frappé lorsque, descendant à Paris le 30 janvier 1785, il vit toutes ces enseignes ruisselantes de diamants entrecoupées ci et là de Reine de Fbanoe, de Bastille et des gigantesques Bonnet Rouge qui constituaient alors l'enseigne préférée des bonnetiers. Unissant les défaillances humaines aux splendeurs de la Gonnaissance , le thaumaturge montra, une fois de plus, le néant de la Science devant les arrêts de la fatalité : il ne songea point à fuir, il ne recula pas devant les malheurs dont allaient le frapper les péripéties du procès du collier de la Beine.

Absous et libéré ensuite de l'arrêt du

mSTOmfi DES ENSEIGNES

Parlement rendu le 31 mai 1786, ce fnt le roi Ini-mème qui , par un triste abus de son pouvoir personnel, écarta de sa personne l'homme clairvoyant. Cagliostro dût quitter la terre de France emportant avec lui la conviction des catastrophes dont rère venait réellement de s'ouvrir et en pressentant le DM>ment où la plèbe révoltée allait coiffer, avec le banmet rouge des forçats libérés, la victime qui devait expier les fautes de la race de saint Louis.

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