LA MÉTROPOLE
Une Métbofole est proprement une ville qui en règle, dirige et gouverne d'autres ; par extension , c'est une ville dans laquelle réside un archevêque ; par extension encore , les colonies emploient ce terme en parlant de la mère-patrie.
S'en servir comme enseigne là oii ces conditions n'existent pas est un véritable non-sens ou une prétention exagérée de la part d'un hôtelier ou d'un autre industriel.
L'enseigne ridicule n'est pas rare. Ce défaut y figure avec toutes ses nuances depuis la sottise jusqu'aux excentricités les plus raffinées du charlatanisme.
Les enseignes prolixes sont très-fréquentes; nous nous abstiendrons des citations modernes rappelant seulement
comme exemples : le GhAbis vsbt du Ctone db là Cboix enseigne d'an mercier en 1777; Lokdbbs et ANOLBTSBBBy
ROTATTME DB FeANCB BT ViLIJI DB
Pabis^ enseignes d'hôteliers postérieares d'une dizaine d'années à la précédente.
Toat le monde conbait Thistoriette de renseigne du chapelier si bien racontée par Francklin. L'honnête industriel se proposait d'écrire sur le grand chapeau rouge, insigne de sa profession : Jolm Thomson^ chapelier y fait et vend des chapeaux au comptant. Soumise i ses amis, l'un retrancha un mot de la composition, l'autre un autre ; en fin de compte, le seul nom de chapelier fut épargné.
Nous avons vu un cordonnier qui, voulant faire une spirituelle allusion au mot drer^ prit une Sibènb pour enseigne, il devait au moins adopter l'ancienne orthographe cirène et jouer sur la reine de la brosse.
Que dire du droguiste anglais qui s'intitule orgueilleusemnt : Destructeur breveté des rais et des souris au service de Leurs Majestés britanniques 9 N'oublions pas le tourneur mécanicien qui , sur son enseigne , prend le titre de : fabricant de jambes de bois de son Altesse Royale le prince de GMles.
Avec assez de malice, Joug se demande, dans VHermite de la Chaussée SAntin c quelle espèce de rapport on pouvait établir entre le Masque de Fbb
et les bonnets de coton, entre Jogbi88b et un joaillier, la VestaiiB et une lingère, le Pbttt Cahdidb et un bureau de loterie, la Boim Foi et un tailleur. >
Le spirituel auteur ajoute que les mauvais plaisants trouvaient là des sujets d'épigramme et réclamaient des enseignes rationellee comme IIicags db SAurr-CBiFiN pour un cordonnier , celle du SmaB d'Ivoieb pour un tabletier, et celle de la Givbttb, pour un débitant de tabac.
Parfois l'enseigne ridicule devient ftpre, sombre et menaçante; telle est celle de ce barbier qui, naguère, crut attirer la pratique en prenant les Ci- 8BAT7X d'Atbopos pour adrcssc.
Après la guerre de 1870-71, un brasseur alsacien s'établit à Paris où il fit peindre pour enseigne la ville de Strasboug, personnifiée par une figure de femme étendue morte sur un champ de bataille ; dans le lointain , quatre enterreurs apportent un cercueil pour elle*^ On lit sous ce tableau : Bièeb db Stbas-
BOUBO.
Une vieille légende courant dans toutes les villes rhodaniques , dit que chaque année le fleuve choisit et prend sa fiancée parmi les plus charmantes promeneuses qu'il reçoit sur ses flots. Trop souvent le fait s'accomplit. Adopter pour enseigne la FiANcfiB DU Rhône, a l'apparence d'une triste et cruelle ironie.
d'hôtelleries, d'auberges et de cabarets
Les eDseignes fiiatives et ridicules ne sont pas rares à Genève. Si Ton n'y trouve pas des Coiffures de femmes pasiieheSj on y peut lire plus d'un pléonasme dans le goût de :
liAOAsiN DE Tombes FimiBAiBES.
On a le droit d'être étonné y dans une ville qui émarge d'aussi fortes sommes au budget de l'Instruction publique , de voir commettre autant de fautes, de nonsens et de na'lveté qu'on peut en constater sur les enseignes officielles. Le fameux :
DEFENSE DE s'ÂBBâTEB La
qui excite la verve moqueuse de Randon appartient à la grammaire de nos édiles qui nous a dotés de l'impayable écriteau :
Bains Flottaitts sue le Rhône.