LA MORT
PotTB oser appendre enseigne semblable à celle de la Mobt, qui se voyait naguère à Bulle, dans le canton de Fribourg, il faut un hôtelier ayant autant de confiance dans l'excellent traitement qu'il offre à ses hôtes, qu'en avaient les vieux cabaretiers dans la bonté de leurs vins, pour choisir des enseignes dans le genre du YiNAiGSB soit du BoH ViNAïass, bien connue dans la vieille Genève, ou du
d'hôtelleries, d'auberges et de cabarets
PBB880IB AU Yebjus qui, au seizième siècle existait à SainVQaentin.
Bridel parcourut les Alpes en 1780.
Arrivé i Balle, fl logea à l'hôtel de la Mort. > Le souper, dit-il, nous dédommagea de la peur qui nous avait fait cette enseigne, la moins consolante que j'aie jamais vue. Il est vrai que quatre vers apprennent aux passants que ce n'est pas la mort qui fait mou/rir. Mes amis jugèrent l'auberge bien digne de l'imitateur de Hervey. Malgré notre galté, je ne pus me défendre de quelques réflexions analogues à mon caractère :
Oui, me dis-je, en regardant l'enseigne :
Dans la nuit de la tombe un jour nous desoendrons;
Le temps effacera noe noms
De la triiite scène du monde ;
Mais de robscorité profonde
Pourquoi aerions-nons alarmés?
Nona rererrons tous ceux que nous avons aimés.
Les lugubres images ne sont pas aussi rares sur les enseignes de cabarets qu'on serait porté à le croire; car; si ces dernières nous offrent des Fontaine Bouillants, des Eau Bbuibbante, des Eaux Vives, des Belle Eau, des Souboeb Jaillisbante et même des Fontaine de JouTENOE, elles présentent aussi des Fontaine Noike et de là à l'Onde Hoire , il n'y a pas même un pas. Nous avons déjà signalé renseigne de la Faux, ajoutons-y celles du Champ Nont, de l'Éou DE Sable, du Mont Tebbible, de la Montagne Noibe, de la Cboix Noibe.
Lyon offrait autrefois l'enseigne de la
MoBT QUI TBOMPE, c'est-à-dire qui sonne
de la trompette et Paris celle des Sonnettes PouB LES Tbêpassês, compositioh bizarre où le peintre avait figuré un os, un amas de sous censés tout neufs et des poulets morts, ce qui formait, dit un ancien auteur, le rébus :
Os fouB neux poulets trépaaseï
L'enseigne du Sablieb, qui rappelle si bien la dernière heure^ est, avec raison, aimée par les négociants tenant des magasins de deuil. Un cabaret dé Londres portait naguère l'enseigne des Tboib Gbanes, et nous ne désespérons pas, en cherchât bien, de trouver des Os en Sautoib car^ en 1620, on voyait à Lyon l'enseigne de la Tête de Mobt, dans la rue qui porte encore aujourd'hui ce nom.
N'avons-nous pas déjà dit que le fameux club genevois de la Grille appendait devant son local et en guise d'enseigne un drapeau noir avec une tête décharnée et des os en croix; n'avons-nous pas vu aussi qu'au seizième siècle, ces os croisés, ornements des cimetières, étaient souvent désignés sous le nom de Cboex de BouBaoGNE, enseigne qui se voyait sur la porte de plus d'une hôtellerie.
L'ironie applique l'enseigne parlée du Tombeau a plus d'un cabaret borgne; quant au Tombeau des Secbets, enseigne qui serait si mal placéa devant les lieux où l'on sert à boire, c'est avec l'image d'une plume d'or, celle d'un écri-
vain public de PariSi dernier représentant d'une industrie autrefois si florissante.
Dans plusieurs villes^ les employés aux pompes funèbres fréquentent des cabarets qui ont pour enseigne parlée le Cbo* ooDiLEy cet animal dans Vœil duquel ne roule jamais une larme.
Genève possédait naguère la Gave DBS MoBTS, vaste et joyeuse tavemoi où les amis, suivant un convoi funèbre qu'ils abandonnaient momentanément, allaient noyer leur chagrin et près de laquelle la concurrence, alléchée par le succès, fit ouvrir la Gave des Vivaitts.
Leibniz parle d'un cabaretier allemand qui; pour se moquer des utopies qui avaient déjà cours de son temps, prit pour enseigne un cimetière avec cette inscription : A la Paix tTiravEBSELLE.
Plaçons ici un souvenir au Bouchok EN DEUIL, touchante enseigne du cabaretier-poète Taylor, qui, le lendemain de la mort tragique de Gharles I*', eut le courage de remplacer le cerceau de sa taverne par une couronne de feuillages noirs.
Plusieurs des enseignes précédentes sont des témoins de ce goût au Moyen- Age pour l'antiphrase, goût qui lui fit aimer des enseignes auxquelles nous ne penserions guère aujourd'hui, comme la Gloche Renvebsée, la Maemite Rbn- VEBSÊE, le Pot GassA, le Toupin Gassé,
la TouB PBBOiE, le Viel REHVBBai, I'Afflioeiit (affligé, estropié) les Aveu- OLES, etc.
L'enseigne des Troia Crânes semble être une tradition d'une coutume orientale, longtemps conservée chez les Scandinaves.
Boire de la bière et de l'hydromel dans des coupes formées avec les crânes des ennemis, est une des joies du palais d'Odin, du paradis de l'Edda.
En 573, Alboin, roi des Lombards fut assassiné à l'instigation de sa femme :
Bois avec ton père, lui avait-il dit la veille, en lui présentant le crâne du roi des Gépides qui avait succombé sous ses coups et dont il s'était fait une coupe.
En frémissant, Bosmunde pose ses lèvres tremblantes au bord du vase mais, en même temps, elle murmure un serment de vengeance, qu'elle sut remplir en digne fille de Gunimond.
Orné d'un cercle d'or, le crâne de Sviatos Sal, le dernier duc de Russie qui ait professé la religion des Scandinaves, devint l'ornement des festins du chef des Petchenègues qui l'avait vaincu sur les rives du Danube, vers la fin du dixième siècle.
De sa victoire sur Baudoin, ce que le roi des Bulgares, Joannice, estimait le plus précieux joyau, était le crâne de l'infortuné empereur d'Orient, bordé d'or
et monté sur an pied du même métal. H lui servait de coape dans les festins qui suivaient les combats ; on sait que BaudoiUy monté sur le trône de Constantinople le 9 mai 1204, ne régna guère plus d'une année et succomba à là bataille d'Andrinople.
Quatre siècles après cette époque, nous voyons le grand Sbah-Abbas vaincre un roi des Usbecs et, de sa tête garnie d'or faire une coupe dont son fils Sbah- Séfy, surnommé le Néron de la Perse, affectionnait l'usage.
Aujourd'hui, le crâne monté n'est plus guère qu'un caprice d'atelier, servant de coupe à cigares ou de botte à tabac, mais nous n'avons pas tracé toute son histoire dramatique. Du Valhalla, du séjour des Walkiries nous l'avons vu descendre dans le palais des rois ; il nous faudrait maintenant le montrer entre les mains des maris jaloux. Marguerite de Navarre a fait une touchante nouvelle à ce sujet, c'est la trente-deuxième de son œuvre.
S'il faut en croire la spirituelle narratrice, l'aventure se passa en France à la fin du quinzième siècle. La fin du dixhuitième nous montre encore le crâne humain servant de vase à boire. Les membres de certains tribunaux révolutionnaires, nous croyons Tavoir déjà dit, ne craignaient pas de se servir de coupes semblables reléguées aujourd'hui dans quelques sociétés secrètes ot elles servent aux cérémonies d'une prétendue
initiation aux plus sublimes connaissances de l'esprit humain.
LU LE MOXJLIN
Râm^Œt l'industrie du boulanger et du cabaretier est une coutume qui est loin d'être tombée en désuétude et qui est généralement appréciée par les consommateurs.
La position pittoresque de la plupart des moulins ; les ombrages si frais qui les entourent le plus souvent ; l'absence de monotonie résultant du tic-tac de la machine à beluter dont la cadence se mariant au bruit de l'onde n'est interrompue que par le chant du coq, ont fait de ces lieux un séjour apprécié par les citadins de toutes les époques.
Le meunier devint souvent cabaretier et, dès le moyen-âge, les enseignes du Moulin, du Molutet ou Moulinet et du Grand Moulin devinrent très-populaires.
Le Moulin de Javelle et le Moulin Joli ont été bien connus à Paris du dixseptième siècle au commencement du notre.
Le Moulin a Vent, le Moulin d'Ob, le Moulin Vebt et le Moulin Rouge ont, en divers lieux et en divers temps, paru sur l'enseigne de l'hôtelier.
Près d'Orchamp, dans le Jura, se trouvait un Moulin Rouge dont la chronique
est écrite de sang; c'était un cabaret isolé dans une gorge profonde et dans lequel plus d'un voyageur trouva la mort.
Le 25 décembre 1604, un lieutenant au régiment de Ruye, Gaspard Vurry revenenait de Besançon avec sa femme et
• une servante; la nuit était venue, la neige floconnait en abondance dans la toarmente; une halte fut décidée au Moulin Rouge.
Une foule d'indices convainquirent
• Vurry qu'il était au milieu d'une famille d'assassins, il charge deux piHtolets, descend à la cuisine, lie conversation et presqu'en même temps décharge ses armes sur les deux fils de l'hôte dans le sein duquel il plonge son couteau de chasse; il lie et bâillonne leurs femmes Des complices arrivent au milieu de la nuit, le silence qui règne dans le cabaret les glace de terreur, ils s'éloignent.
Le lendemain, la justice s'empare des trois femmes, on découvre Torigine d'une infinité de meurtres dont les auteurs avaient été jusque-là méconnus. Femmes et complices furent mis à mort et le Moulin Bouge fut rasé.
Lin
LE MXJRIER
dence c car il ne produit ses feuilles sinon après tous les autres arbres, et ce au temps que tous les frimats et gelées qui l'auraient peu incommoder sont passées, et que le beau temps est Tenu, aussi est-il le Sage meurier, contraire au fol amandier qui se perd bien souvent pour vouloir paroistre le premier. » En voilà suffisamment pour justifier l'enseigne du MuBiEB, rare d'ailleurs, car, à côté du Fbakc-Mubieb qui, dès le treizième siècle, avait laissé son nom à une rue de Paris, nous ne pouvons guère sisignaler que le liAXTLBEBBBAXTM de Berne.
Iab moyen-àge se régalait de moritium ou vin de mûres; il exaltait le mûrier comme symbole de sagesse et de pru-