LA POMME DE PIN
IIes enseignes de cabarets gallo-romains, se rapportant directement au culte de Bacchus, nous est-il resté quelque chose ?
n n'est pas facile de répondre à cette question. Les Bouc, les Silène et les
Bacchus sont assez nombreux sur les enseignes ; mais rien de tout cela ne parait antérieur à la Renaissance, car, en décrivant la fameuse cave de Ghinon oii l'on voyait : < peinct au dehors une danse de femmes et satyres, accompaignans le viel Silenus riant sur son asne • , Rabelais ne parlait que d'une enseigne toute moderne de son temps.
Il n'est point étonnant de rencontrer, dans nos contrées alpestres, des Sapin et des Tbois Sapins, mais il Test beaucoup plus de trouver, dans des localités fort éloignées des forêts à conifères, la Pomue DE Pin, qui d'ailleurs ne prête, ni par sa forme, ni par aucun rébus à une bonne composition d'enseigne.
Nulle ancienne auberge de Paris ne peut rivaliser de gloire avec la Pomme DE Pm, ce fut la véritable taverne littéraire, le vrai cabaret classique du grand siècle, plus d'une fois son nom se glisse sous la plume des écrivains de l'époque ; Saint-Amand a^chanté :
La PoMMB DB Pin qni vaut mieux Que celle d'or, dont fat troublée Toute la divine assemblée.
Villon, qui mourut à la fin du quinzième siècle, parle déjà de la Pomme de Pin. Cette enseigne, qui se retrouvait ft Rome comme à Copenhague, et qui donne comme variante la Pomme de Pin d'OB| nous parait avoir conservé presque seule, en offrant comme insigne le couronne-
D'HOTELLERIES, D'AXJBERGES ET DE CABARETS
ment da thyrse du dieu vainqueur de l'Inde, une trace du culte qui lui fut rendu et dont la partie vinicole de nos contrées a conservé des vestiges plus importants, dont nous ne rappellerons que l'inscription trouvée en 1744, à Saint- Prex :