P. SEVERUS
LUGANUS
V (otum) s (oJvitj L (ihens) m (erito).
« Pnblius Severus Lucanus, a accompli le vœu qu'il avait volontairement fait à Bacchus Cocliensis. >
Souvent le dieu du vin était désigné par l'épithète de père de la liberté, comme on le voit sur ce bronze ; le mot Cocliensis se rapportait au village actuel de GuUy, anciennement Coclia ou Cocliumy qui possédait un temple ionique, consacré à Bacchus, et dont les ruines ont été découvertes en 1818.
On dit que Tinscription de Saint-Prex date du quatrième siècle; une lame de cuivre découverte dans les ruines d'Avenches, en 1737, et portant une dédicace de Caïus Cornélius Cotta au dieu Bacchus des coteaux, est beaucoup plus ancienne, remontant à l'an 7 1 avant Tère chrétienne. C'est bien antérieur à l'empereur Probus qui, vers 280, fit, suivant la tradition, replanter les vignes de. la Gaule, c'est surtout bien plus ancien que les travaux vinicoles des moines de l'ab-
baïe de Haut-Crest, qui ne remontent au plus tôt qu'à l'année 1134.
Mieux encore que les monuments d'architecture, la langue de nos contrées a conservé quelques mots singuliers qui se 'apportent au culte bachique : évouhatter, aller aux évouhoMes ou aux évouhettes, c'est [grapiller après la vendange ; et, lorsque dans un bruyant banquet, la répétition d'un hourrah est demandée, c'est toujours en employant la phrase : encore un AV0X7HEH ! phrasc dans laquelle on ne saurait méconnaître I'evohê 1 que, dans un temps ;;déjà bien éloigné de nous, la foule enthousiasmée par les libations de la divine liqueur, faisait retentir de coteaux en coteaux,, devant tous les autels de Bacchus, depuis La Côte jusqu'à Yvome.
Ce mot antique s'est même attaché au sol, il est devenu le nom d'EvouEXTES, en Yallais, village dont' le vignoble ne rappelle à ceux qui viennent de parcourir ceux du canton de Yaud que l'idée d'un mince diminutif.
Nous n'avons rencontré qu'une seule fois le Temple de Bacchus ; au dix-hui-
tième siècle, le Temple du Gotjt était une enseigne affectionnée par les libraires et par les marchands d'estampes ; les tourneurs de la même époque, ceux du moins, qui se vantaient de savoir le mieux fabriquer les cylindres torses, prenaient le Temple de Salomon d'après la tradi-
tien qui veut que cet édifice soit le premier qui ait été décoré de colonnes dont les fûts, imitant la forme des nuages de J'encens, s'élevaient en spirales vers le ciel. Le Tebiple de Floke date du temps de la Renaissance ; les parfumeurs de nos jours remploient encore volontiers.
Le Tebiple Unique est l'enseigne d'une brasserie genevoise, ouverte le 25 mai 1867, dans un édifice qui avait d'abord été construit pour servir à la célébration des mystères de la société qui prend Adouhiram pour type.