‹ Histoire des enseignes d'hôtelleries: d'auberges et de cabaretsChapitre 81 sur 112 · LES QUATRE NATIONS · texte numérisé non relu

LES QUATRE NATIONS

Isa division des écoliers de l'Université de Paris en qîMtre groupes ou nations était en usage depuis le treizième siècle.

Bien des étudiants, hantant plus volontiers les tavernes qu'ils ne fréquentaient les doctes leçons, la rendirent populaire.

De nombreuses hôtelleries en France et même hors de France adoptèrent l'enseigne AUX QuATBE Nations plus célèbre encore depuis la fondation, en 1661, du fameux collège Mazarin qui, destiné aux écoliers des pays conquis^ ne fut connnu du peuple que sous le nom de collège des Quatre NcUions.

Ce fut à l'hôtellerie des Quatre Nations, tenue par le tonnelier Gamin, à Noyon , que naquit Jean Calvin, cet ingrat qui ayant regu le jour entre les tonneaux, ne chanta jamais la divine liqueur

qu'il sablait si bien, témoin le mot con-.

serve par l'auteur du Moyen de parvenir : € Si tout le vin du monde étoit là, je n'en hoir ois pas le quart. »

Qu'on ne croie pas que nous exagérons en disant que ce chef de secte aima le vin ; ses disciples ont bien fait accroire, pendant un certain temps, qu'il ne buvait que de l'eau, mais les pièces officielles du temps prouvent le contraire et nous savons, par un de ses contemporains, qu'entre tous les crûs il préférait le Salvagniny ce vin qui a la saveur et au fumet joint un nom si réjouissant et qui, bien mieux que le Salviatum, aurait mérité l'éloge de l'Ecole de Salerne :

Cur moriatur homo, cui salvia crescit in horto ?

Une loge maçonnique de Genève, qui existait déjà en 1769, mais que le calendrier du grand Orient de France pour 1808 mentionne comme tombée en sommeil, portait le titre aussi singulier qu'emphatique de Triple Union des Quatre Nations.

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