‹ Histoire des enseignes d'hôtelleries: d'auberges et de cabaretsChapitre 86 sur 112 · LE SAUCISSON COURONNÉ · texte numérisé non relu

LE SAUCISSON COURONNÉ

AN France, il n'y a que les charcutiers qui prennent pour enseigne des andouilles, des saucisses, des saucissons ou des chaînes de godiveatu.

En Allemagne, déjà dans les Flandits, le jambon, la saucisse et le saucisson ornent l'enseigne de cabaret Dans un article précédent, nous avons signalé la Marmite aux Saucisses, la ville d' Augsbourg nous offre le Saucisson de Foie, le Jambon est descendu jusqu'à Douaii et, si nos souvenirs ne nous abusent, nous avons rencontré le Jambon ImpA- BiAL dans une ville qui fit autrefois partie de la Confédération germanique.

Exécuter des pièces culinaires d'une grandeur remarquable est un reste des vieilles habitudes teutoniques. Des bœufs farcis de mille animaux divers, tournant sur des broches gigantesques ne manquaient jamais dans les festins allemands des temps passés. Nulle part on ne fabrique des tonneaux de la taille de celui de Heidelberg. Nous sommes dans la patrie des fromages colossals et des pâtés dans lesquels un homme peut se loger à Taise.

Dans une fête célébrée à Nuremberg, en 1658, les bouchers exhibèrent une andouille qui avait six cent cinquantehuit aunes de longueur. Au carnaval de 1583, ceux de Eœnigsberg portèrent en triomphe une saucisse longue de cinq

cent quatre-vingt-seize aunes, pesant quatre cent trente-quatre livres ; quatrevingt-onze garçons bouchers la soutenaient sur des fourches de bois. La saucisse du carnaval de 1601 fut plus grande encore; longue de mille cinq aunes, elle fut portée au son de la musique et mangée avec les boulangers qui, piqués d'émulation, avaient fait des pains de cinq aunes chacun.

De pareils chefs d'œuvres méritaient bien d'être immortalisés par l'enseigne du cabaret allemand.

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