‹ Histoire des enseignes d'hôtelleries: d'auberges et de cabaretsChapitre 94 sur 112 · NAPOLÉON EST DESCENDU CHEZ MOÏSE · texte numérisé non relu

NAPOLÉON EST DESCENDU CHEZ MOÏSE

C'est un souvenir du premier repas que fit l'Empereur en France, au retour de l'Ile d'Elbe, le 1" mars 1815.

Ce ne fut pas toujours la table d'Artus, la table qu'ont célébrée les chantres des vieux paladins, qui fut l'origine de celle qu'on voit sur les enseignes ; souvent, c'était la représentation d'une de ces tables consacrées par les usages de la justice féodale, comme la fameuse Table de Mabbbe du Palais, ou comme la Table du Roi, dans la forêt de Fon-

taineblean. Ainsi, Thôtel de la TabiiS Ronde, à Vienne, en Dauphinë, tire son nom d'une table en pierre qui était au milieu d'une place dite la place de l'Orme, oti les magistrats rendaient la justice en plein vent ; cette table, placée dans un édicule supporté par des colonnes et à laquelle un droit d'asile, semblable à celui dont jouissaient les églises, était attaché, a disparu au seizième siècle, mais elle a laissé son nom à l'hôtel et à la rue de la Table Ronde.

Le mot pierre était une contraction de tahle en pierre, très-usuelle au moyenâge. Au quinzième siècle, nous trouvons l'enseigne de la Piebbe de Mabbbe au Palais; cette enseigne représentait la table de marbre dont nous venons de parler ; dans les places publiques, dans les marchés, sous les halles, on voyait anciennement des tables en pierre qui ont souvent donné lieu soit à des enseignes, soit à des noms de rues. Suivant leur usage, ces tables portaient les nqms les plus divers : les insolvables, privés de leur haut-de-chausses, devaient s'asseoir sur la pierre des débiteurs, appelée ailleurs la pierre d^ opprobre ; les ventes forcées se faisaient sur la pierre de la criée, à Bàle ; c'est sur la pierre chaude, près de la fontaine du Marché aux grains, que le coutelas du ca/rr^assier faisait voler la tête des criminels. Là oti se vendaient les comestibles, on trouvait la pierre au lait, la pierre au lard, la

pierre au poisson, etc. Noos ne saurions admettre, sans de très-bonnes preuveSi les doctes commentaires de Sauvai et de ses successeurs au sujet de certaines de ces dénominations, estimant qu'il vaut mieux, au lieu de chercher des noms là oti il n'y en a point, prendre bonnement et à la lettre les paroles de Gnillot ou Guyot, de Paris, qui disait à la fin du treizième siècle :

Par la Pbrhb o Lit

Vingt en U me Jehan pain molet Tantost trouvai la Cour Bobert De Paris. Mes, par saint Lambert.

Bue Pierre o Lart siet près.

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