‹ Histoire des enseignes d'hôtelleries: d'auberges et de cabaretsChapitre 97 sur 112 · LA TÊTE NOIRE · texte numérisé non relu

LA TÊTE NOIRE

nous ne pouvons laisser passer cette enseigne sans lui consacrer un mot.

Paris possédait une Teste Noibe au quinzième siècle.

Saint Tropez en Provence^ au bord de la mer, a encore une Tête NontE, là où abordèrent, jadis, ces Musulmans qui voulaient conquérir la terre de France, qui poussèrent jusqu'au Grand- Saint- Bernard et plus loin encore.

La Tête Noibe d'Avenche doit aussi son origine aux Sarrasins.

La Tête Noibe de RoUe existe encore ; les anciens voyageurs ne tarissent pas dans leurs éloges de cet hôtel.

La Teste Noibe de Genève (on en voit encore l'enseigne) est mentionnée dès 1525.

C'était une hôtellerie célèbre.

En 1534, les ambassadeurs de Berne, de Zurich, de Bâle et de Schaffhouse y logeaient ; ils y dépensaient quatre vingtdix florins, somme assez rondelette, que la Seigneurie de Genève paya.

C'est dans cette hôtellerie qu'un prédicant, M. Pierre Viret, fit connaissance de la belle Antonia, qui le lui fit payer un peu cher, car, disent poliment les pièces contemporaines, elle lui servit un potage empoisonné, dont le Ministre ne put jamais guérir.

Le singulier état de la santé de Boileau le forçait plus ou moins au régime ; cependant, les habitués de la Cboix de LoBBAiNE avaient les prémices de ses satires, et ce fut à la Tête Noibe que Chapelle parvint à le griser si complètement qu'ils roulèrent tous deux sous la table. Fut-ce en souvenir du fait que le prince des critiques composa son unique chanson à boire ? Sans jouir de la réputation de VArt poétique^ elle n'est pas mauvaise, et comme elle n'est pas longue, la voici :

Philosophes rêveurs, qui pensez tout savoir, Ennemis de Bacchus, rentrez dans le devoir :

Vos esprits s*en font trop accroire.

Allez, vieux fous, allez apprendre à boire.

On est savant q[uand on boit bien.

Qui ne sait boire ne sait rien.

La TÊTE DE Ranz est une enseigne qui n'est connue que dans les contrées alpestres de la Suisse. Dans le dialecte romand, ranjs signifie une série d'objets qui vont à la file, ou à la suite les uns des autres ; ce terme s'emploie surtout en parlant des bêtes à cornes ; tout le monde connaît le Bane des vaches^ cette mélodie de la marche des troupeaux qui, chantée sur la terre étrangère, frappe de nostalgie tous les enfants des montagnes.

L'expression : tête de ranz, titre de l'enseigne que nous venons de citer, désigne la plus belle bête de l'alpage, celle qui ouvre la marche, soit le matin au sortir de retable, soit à la chute du jour, lors- , que les troupeaux quittent les pâturages.

HISTOIRE DBS BNSEKSNBS

Une des hautes sommités du Jura Baisse porte le nom de Têts db Ranz oa deBANG.

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