‹ Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette villeChapitre 11 sur 43 · NÉ A BRUXELLES LE 30 MARS 1808, — — ET SON ÉPOUSE DAME · texte numérisé non relu

NÉ A BRUXELLES LE 30 MARS 1808, — — ET SON ÉPOUSE DAME

EUPIIRASIE EUGÉNIE ANTOINETTE FÉLICITÉ — DE ME ESTER DE TILBOURG, — NÉE A BRUXELLES LE 7 MARS 1822.

A peu de distance de la, près de l'auberge dite de Dry Pickcls, qui est située sur la chaussée de Bruxelles à Wolverthem, on trouve le moulin n eau de Ter-Spreet ou Spriet-tneulen, ancienne annexe du cliâleau de Bouchout L'alleu de lieverne ou Bever fut donné à l'abbaye de Grand-Bigard lors de sa fondation et lui fut confirmé par le duc Godefroid Ier, en 1153. Confisquée par les Français, la ferme de Bever avec les 71 honniers de terres et de prairies qui en dépendaient, fut vendue en l'an VIII; elle était louée 1,470 francs, plus lu muids d'avoine, I ■* muids d'orge et 2 de colza; on l'évaluait à 18,600 francs, le vingtième de sa valeur actuelle. Dans la nuit du 5 au 4 ventôse au V (21-22 février 1796), une bande de garrotleurs l'envahirent, assassinèrent, sous les yeux de sa famille, le fermier Charles Van l lu ruine, vieillard octogénaire, blessèrent le fils de cet infortuné, et volèrent tout l'argent cl tous les effets qu'ils purent trouver*.

Il y avait h Bever une autre ferme appelée 'f lioff te Strete (1674) ou 't hoffle Strcthem, peut-être de ce quelle était située près de l'ancienne voie romaine {de Straete). Elle disparut pendant les dernières années du dix-septième siècle, et son emplacement devint un eharnp entouré de

1 En IY5I, Jean, llls de sire Jean de Swacf, chevalier, \endil a Guillaume Huffman imt hof ter Sprttt.

* Le Républicain du S»rJ du 7 ttnlou <m Y

<iii HISTOIRE

haies (acte du 12 mai iliUO). Elle formait wn lier de la seigneurie de Wemmcl.

GniMUERCiiE ; généralités'. — Au delà de Slrombcck, le plateau conlinue en s'élendant vers l'est jusqu'à peu de distance de la Senne; ce n'est que lentement et par des gradations pour ainsi dire insensibles qu'il s'abaisse doucement dans la partie nord-est. De ce côté, il n'offrait autrefois que de grandes bruyères et d'immenses bois ; partout ailleurs, il parait avoir été cultivé depuis des temps très-reculés, quoique le nom du village, qui signifie I!» Montagne terrible ou triste, semble témoigner qu'on le regardait comme une localité slérilc cl sauvage.

Deux cours d'eau presque parallèles et tous deux bordés de prairies, de jardins, d'habitations, interrompent l'aspect monotone de ces vastes champs complètement dénués d'arbres. Le premier, le Ruisseau torrent (Struinbcek)*, ou, comme on l'appelle aussi, de Uellebcke, le Ruisseau

I Grimberghe {Grimtttnja . Gtimbergii. Grimlvrrjen ; dans le langage officie l. Griml*rijhrn), commune du canton do Wolvcrthcm, a 2 1. vu N. de Bruxelles.

Territoire : En 1680, Grinibcrgho comprenait 2.071 bonuiera, dont 1.570 b. déterres. 157 b. de prairies, 236 b. de bois. 9 b. d'étangs et 92 b. de prairies communales ; cl la terre franebe de Borght 56 bonniers. dont 2 b. de terres. VI b. de prairies, 2 journaux d'étangs et 10 b. de vergers, d héritages, de jardins légumiers. Le revenu imposable s'élevait, dans la première de ces localités, à 37.50V florins; dans la seconde, a VVJ florins En IKV6. sur une étendue de 2.217 hec tares, on trouvait dans la commune : 1,013 h. cultivés en céréale... 102 h. cultives en plantes industrielles. Wl h. cultives en racines et fourrages, 17V h. de prairies, 17 h. de vergers, 32 h. de jardins potagers, 7 b. de jardins d agrément, 6î h. de boià. 3 h. de terrains vagues. 10 h. do jachères, 20 h. de cultures diverses. La verge linéaire avait 17 1/3 pieds de Bruxelles.

Somhre ,1 habitation* : En I V33. 301 ; en I V80. 131 ; en 1325, 233, dont 3 h 2 foyers, et à Borght. 30 ; en 1680. à Grimbcrghe. 1 10 chaumières. 8 châteaux ou maisons de campagne. 3 brasseries, 1 1 auberges. 3 boutiques, etc. ; et. a Borght, 3*J maisons, 2 brasseries. 2 auberges; en IHV0. 661 maisons dont 8 inhabitées.

Population : A Grimberghe : en 1780. 1.036 habitants ; en l'an VIII, 1.300; à Borglit.cn 1780, 287; et, en l an VIII. V00 ; dans les deux localités, au 31 décembre 1831. 3.328; au 1 S novembre I8V0, 3,330. formant 05V ménages; 4V0 enfants rece\aient l'instruction et 333 personnes les secours de la bienfaisance.

Intluilrie : fj moulins a eau, 3 brasseries, \ distillerie.

Drpendancrt : Voyez le texte de ce chapitre, g 11 et IV.

Les registres de l'état ci\il commencent, pour les naissances, en 1578; pour les mariages et les décès, en 1577 ; les Archives communales possèdent un Aucr/W/. de l'année 1090.

* Une bulle du pape Eugène III, de Fan 11V7. nous apprend que le duc Uodcfroid II donna a I abbaye de Grimberghe l'emplacement d'un moulin sur la Strombeek Jorum molendini auper Strumbeixam). Celle usine fui sans doute établie; c'est probablement le moUndtuum •le Tamja, dont parle une charte de l'année 128V, et qui aura existe a l'endroit ou l'on voit aujourd'hui une chute deau. à un quart de lieue en amont de la icule de Vihorde vers Alo^t.

■» Korghl, rt.iul une Icirc fi»ii. lie, o'c»l pu CWRpfil d*u» Ici relevé» ..(lit ici» du .lcnnmbr. mcnl «tr I Ilfcli.

d'Enfer, ou le ruisseau Ter-Tanghen, est devenu célèbre, de nos jours, parles désastres qu'il a causés. Le second, qui se forme des ruisseaux de Wemmel et de Meysse, est généralement connu sous le nom banni de Molenbcke; mais il doit avoir porté le nom de H'aerotf&e 1 , et plus anciennement celui de lluenibeke ou ffeyenbeke, qui devint celui d'un hameau situé a l'endroit appelé depuis le Ponl-Bridè*. Ici encore nous trouvons un exemple curieux d'allitération, dans quatre localités, situées pour ainsi dire a la suite l'une de l'autre, du sud au nord : Hcembeke, Heycnbcke, Humbcke et Ilombeke; cette circonstance est trop extraordinaire pour être simplement l'ouvrage du hasard. La Hevenbekc se grossit, à Grimbcrghe, des eaux de deux affluents : la Bruynen-beeky jadis appelée la Bruynenborre (1586), et qui s'est sans doute appelée aussi la iVootbehc 3, désignation qui fut longtemps appliquée au groupe d'habitations qu'on trouve de ce côté ; et la Cillcbeke, qui vient de Beyghem *. Lorsque la ville de Bruxelles (it construire le canal de Willebroeck, qui traverse la partie orientale du territoire de Grimberghe, on conserva à la Strombeek et à la Waerbeke leur écoulement vers la Senne, au moyen de deux aqueducs ou syphons, faits de bois, et passant sous le canal. Le syphon d'Emaus, qui avait été construit en 1558 et qui avait coûté 600 florins, tombant de vétusté, on le supprima en 1788, et on conduisit les eaux de la Strombeek vers un syphon intermédiaire, dit du Iieyt.

Nous avons déjà parlé des dévastations que subit Grimbcrghe pendant la guerre des Brabançons contre les Bcrthout, sous le règne de Maximilien, et lors des troubles de religion. Ajoutons cependant, pour montrer combien ceux-ci lui furent funestes, qu'il y eut alors des maisons incendiées ou détruites sur tous les points de son territoire :à Nootbekc (acte du 23 avril! 586), à la Wcesenhaghe (id. du 11» juin 1591), à Oyenbrugge (id. du 5 avril 1597), derrière le mur de l'abbaye, à la Dermontstrate ou rue de Termoiide (id. du 6 septembre 1597); à l'endroit nommé dcn Medenberch (id. du 29 avril 1597), à Linlh (id. du 19 février 1598), près de l'abbaye, au Clammaert (id. du 18 décembre 1600), etc. Et cependant, les habitants avaient demandé des lettres de sauvegarde aux deux partis qui se disputaient la Belgique, et, pour racheter leurs biens de l'incendie et du pillage, ils payèrent de fortes contributions. Celtccharge, jointe aux autres dépenses que la commune eut à supporter, l'obligea

' /u.rM Inrum dirium de \S'aeH*ke. juxta rut m j>rr quant ilur de Grimbergh* rersu* Itryi/htm. \ \M. — In Batenbonh, op de ft'atrtbeke, |- avril 1599.

* 7>r pUtttAtn ueheetru Hrymlf.'.e, aen den Yerbran le bruj'jc. il) mars 1602. - Ter Hadt geheelnt te Soatbeke. 152!.

; /)« Gillebeke. 1393, ici août IGOi.

B18TOIM

à solliciter l'autorisation de lever : sur chaque double quartaul de bière vendu ou bu dans le village, 4 oort; sur chaque quarlautdc petite bière, limites; sur chaque vache abattue ou vendue, 20 sous; surchaque cheval vendu, le vingtième de sa valeur, sur chaque génisse, veau, brebis, porc, à l'avenant de la taxe sur les vaches; ce qui lui fut accordé, pour le terme de deux années, le 10 novembre 1590.

Au mois de décembre 1GG7, un parti de cavaliers français, qui avait essayé de surprendre la barque allant de Bruxelles à Willcbroeck, fut attaqué et mis eu déroute par un détachement espagnol; ceux qui s'échappèrent, au nombre de cinquante environ, se réfugièrent dans l'abbaye de Grimberghe, où ils furent faits prisonniers. Le monastère fut pillé l'année suivante, peut-être à cause de ce fait, peut-être parce que les habitants du village n'avaient pas encore payé les contributions exigées par les généraux de Louis XIV. Le roi d'Angleterre Guillaume III, l'un des chefs des troupes alliées, qui était seigneur du village, y logea ' plusieurs fois, entre autres le 28 juin 1695. Pendant leur retraite, après la bataille de Ramillies, en 1706, les Français campèrent au même endroit; mais ils en partirent précipitamment ù l'approche de Marlborough, qui y reçut la nouvelle que Bruxelles avait reconnu pour souverain l'archiduc d'Autriche, Charles, depuis empereur sous le nom de Charles VI. En 174i>, le duc de Cumbcrland lit occuper, a Grimberghe, deux châteaux par des compagnies franches, formées de déserteurs français, et par des hussards; tes troupes y restèrent du G août au 7 octobre. Le 21 août, 100 grassins et une compagnie de grenadiers, qui avaient été envoyés par les généraux français pour reconnaître celle position, y furent défaits après un combat qui dura deux heures. Quelque temps après, le comte de Danois vint attaquer les deux chAteaux : un de ces postes, où l'on avait placé 300 hommes, se rendit; mais l'autre, qui était défendu par quatre pièces de canon, et favorisé par sa situation au milieu de bois, de marécages et de fossés, ne put être emporté; l'approche d'un détachement allemand força à la retraite les assaillants, qui, plus lard, occupèrent Grimberghe sans résistance, lorsque leur armée lit le siège de Bruxelles

Le 17 avril 1747, un incendie anéantit à Grimberghe 11) maisons et coula la vie a un vieillard.

En l'an III do la République française, le village devint le chef-lieu d'un canton, qui, cinq ans plus lard, servit à former celui de Wolver- Ihein. L'ancien échevinage du lieu, qui se qualifiait aussi de haute cour (hvofl banc), avait déjà adopté, en l'année 1293, l'usage du flamand. Son

' VOVCX Camparjnn du rm L«uit XV au,r Pwjt-Da*. V t'JI — De CiMïtio». I c.,p 1 12

sceau, du treizième au dix-huitième sièrle, offrit toujours, avec la légende: s. scabinorl'n de cm. ...gis, les armoiries tirs premiers seigneurs : l'ècusson à la fasec, chargé d'un sautoir; ces armoiries ont été confirmées à la commune par un arrêté royal en date du 20 décembre 18i(».

Le greffe de Grimberghc, qui est actuellement déposé au greffe du Iriliunal de première instance, h Bruxelles, forme une archive considérable. La collection des registres aux actes d'adhéritanec n'y commence qu'en 1(î!)5, les registres antérieurs ayant été détruits h Bruxelles, en 16!Ki, comme nous l'avons dit plus haut toutefois, les actes des années 1524 à 1G55 existent encore, mais avec de nombreuses et regrettables lacunes. Les registres de la cour féodale des Nassau cl un ou deux seulement de celle des DcBergucs;un dénombrement général des fiefs de Grimberghc, du dix-septième siècle ; un compte des reliefs, pour les années Kifil cl suivantes; un beau livre de cens ou chynsboeck, daté du 10 mai ICOO, cl qui fut copié sur un autre renouvelé en vertu de lettres de terrier, de l'année \ 540; des registres aux sentences (terminationum), commençant en 1544; des rôles, a partir de l'année 1550; des rôles des affaires criminelles, des registres des genechten ou séances du haut banc de Grimberghc, des comptes de la cote du village dans les vingtièmes, de la table des pauvres, de l'église, complètent ce dépôt précieux, où nous avons largement puisé. Plusieurs registres aux meys.semedc brkren ont une grande importance pour l'histoire des familles, entre autres, le plus

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uiSTomi

ancien (juc nous ayons trouvé, intitulé : Begister van den meyssemede lieden toebehoereiide bei/der h(eeren) van (irymbrrghen ende dessrhelycjci'un beyde dcr heeren besundere, by my Bakele; il va du ±2 juillet 1807 au 10 septembre Vô"22.

Le village de Grimhrrghc possédait anciennement plusieurs pâtures communes, et, entre autres, l'endroit appelé den Bessempt, que les répartiteurs furent autorisés à donner en location, le 4 novembre 1610. Une école y existait, et obtint du gouvernement espagnol, pour l'année l'iDO, un subside de 12 livres, qui lui fut ensuite continué, «jusqu'à révocation » (résolution de lu chambre des comptes, en date du li) janvier 1591); en 1G24, ce subside lui était encore accordé, et on distribuait tous les ans, aux plus pauvres habitants de la seigneurie, la somme de 4?>0 llorins.

Le territoire de Grimberghe est fertile; outre le froment et le seigle, on y cultive surtout le colza, qui, au printemps, y couvre la campagne d'une magnifique draperie d'or. Au moyen âge, on y a extrait des pierres pour la construction de plusieurs grands édifices, et, en particulier, pour l'église Saint-Rombaud a Malincs;il y a quelques années, lorsqu'on entreprit la restauration de ce dernier édifice, des fouilles furent faites prés de Vhoffter Biest et en d'autres endroits, afin de découvrir des couches de pierres semblables aux anciennes; mais les recbeiches n'ont pas eu le résultat désiré. Il y a eu à Grimberghe un chemin pavé, une chaussée qui allait du village vers Malines '; elle passait à Ileyenheke, prés d'une maison appelée de Ghisel (l'Otage), et que d'autre^ actes nomment la maison du Tonlieit ( Tolhuys) ,sans doute parce qu'on y levait un péage; prés delà était un pont de pierres (steenbrugge). Était-ce une voie de communication nouvelle? doit-on la considérer comme une partie de la voie romaine de Zellick vers Elevvyt? Celle dernière supposition est la plus probable. Tue autre chaussée fut construite, vers l'an 1700, à l'ouest du \illage*, à qui les routes de VMvorde vers Alost et de Lacken vers Ilumbeek assurent de nos jours des communications faciles avec toutes les localités environnantes. Le villagede Grimberghe n'a jamais été un centre industriel ; notons seulement qu'autrefois on y voyait une boucherie 1

• Simm n/he. acte du \lt Septembre i VV V . — In de pnn l,ie ran (injml.rr'jrn. ter pttttltftt

<,rlierten !<■ llnjnihrl.f, tuurhm den Ueennevii tlif uni Crymhnijen MUT Me< l.elni <jnei .

gomflu/f mel d'anifrr zyde nen tir M'denheke. i.'i juilift l.'nll). — HitOttn den durpe MM liiyml.ergrn, tnjen den ttttnttttk nldoer. 1501. — fit de prinhie run lirymlerym, l"( IleyuOtlt. tei/en mer <lin truternudi n alduer, lutte ken dm tUmutth ende lln>ekttrueir . 9 lévrier l60t.

* Op dm nnuiren ftrtMrtrh yeleyen (MSJcAfn litt aulrel mn Sprrlbnwk ende d* ttrvorhli rrffie vtm den lietre yxite de liomrrf. il mais 17^6.

= Ken hufstadl of erflmnr te Urymleryen in t rleeshuy* Qtltgtn. U20. CirtuUnre de ihospue Timr/.en <i llruxetlet.

DES KN VIRONS DE BRUXELLES. Hl

cl une tuilerie1; des moulins à vent doivent y avoir existé, un enfin autres ou Priesltrlinde velt, où Ton trouvait Venclos du Moulin, </ Molenblock, et un autre près du chemin conduisant n Beyghem, où il y avait le champ du Moulin à vent, hel Windtttwlm %wlt.

Au hameau de Uni , les seigneurs de Grimberghe possédaient un terrain vague, dit le Ghy&elen drie$che;m seizièmesiècle, ils autorisèrent Antoine Vanderstricht à l'entourer d'arbres, et à y bâtir une petite maison, mais h condition de ne pas le clôturer, et en se réservant le droit d'y faire placer leur potence (haer tjereehle).

Hellebeek. — A l'endroit où Strombeek entre dans le territoire de Grimberghe, on trouve une ferme et quelques habitations. Il y avait jadis en cet endroit un manoir, 't hoft' Heelbeke, qui prit sans doute ce nom d'après une ancienne famille qui le portait aussi, et dont nous avons déjà parlé plusieurs fois. En 1474, Jean, lils de JeanTaye, le tenait en fief des deux seigneurs de Grimberghe, avec 19 \yl bonniers. Maître Jean KulTauit, trésorier de l'empereur Charles-Quint, en devint ensuite possesseur. Par son testament en date du I" mars 1588, maître Gilles de Hcrloge, docteur en médecine, en fil l'objet d'une disposition fidéicommissaire , à Inquelle ses enfants renoncèrent en faveur de leur sœur Barbe cl de son mari, Luc de la Croix ou de Cruz, commissaire des guerres, qui cédèrent ce bien à un prèlre hollandais, Jean fioll, mandataire des Jésuites de Bruxelles, moyennant H, 500 florins (10 mars 1598). C'était alors une ferme de laquelle dépendaient 60 bonniers situés, en partie sous Vilvorde, à Vcrhouthem, près du ruisseau appelé de Ymde Voerlbelce, et en partie a Voirde, près de la Slrombeke. En 1634, les Jésuites vendirent la ferme de Hellebeke, avec ses jardins, ses étangs, ses réservoirs, ses prairies, ses vergci-s el toutes ses dépendances, le tout comprenant 14 bonniers.

Borght. — Dans la soirée du 4 juin 1859, les eaux de la Slrombeke, grossies par une pluie torrentielle et accrues de tout ce qui leur arrivait des hauteurs voisines, furent arrêtées, par des branches d'arbre, à l'endroiloù le ruisseau passe sous la chaussée de Vilvorde vers Alost, qui forme en cel endroit un énorme remblai. Bientôt, accumulées devant cet obstacle, elles pesèrent sur lui avec tant de force qu'elles l'emportèrent, el elles se précipitèrent avec furie sur une partie du village de Borght, dont les habitants, surpris dans leur premier sommeil, n'eurent pas le temps de s'échapper. Un moulin à eau, le Minne molen, fut rasé jusqu'en ses fondements, huit maisons détruites, 14 autres fortement endommagées et 74 personnes noyées.

' Up de tyegelrys. 1 j95. Actes couctrnanl la ferme due de Saint ,\ notas. T II.

La majeure partie du hameau de Borght a échappé h ce terribhe désastre, grâce à un coude que fait la vallée, et à un tumulus colossal, de fo'rme ronde, qui domine en cet endroit le ruisseau. Ce tumulus se compose de trois assises, entourées par une prairie plantée d'arbres, et placées en retraite l'une sur l'autre ; la dernière offre une superficie de 35 ares; quant à la prairie, elle a une étendue de 07 ares. Quoique la hauteur du tumulus ait été considérablement réduite par les travaux des fermiers qui ont successivement exploité le terrain, elle est encore d'environ 60 pieds. D'après les traditions locales, ce monticule factice était autrefois une forteresse, d'où l'on guerroyait contre Vilvorde; une statue d'or, représentant un Sarrasin, y est cachée, à ce que disent les paysans. Des fouilles, faites probablement sans soin, n'ont, dit-on, amené d'autres découvertes que celle d'un monceau de cendres. Dans le langage populaire, cet endroit se nomme de berg van Seneca, la montagne de Seneca, d'après un cultivateur de l'endroit; mais, bien que le nom de Seneca ne soit pas étranger aux environs de Bruxelles, il est curieux de remarquer qu'autrefois les prairies de Machelcn le portaient aussi. Le tumulus aurait-il servi de sépulture à un ancien propriétaire gallo-romain, a un Sénèque, dont le nom aurait continué à vivre dans la tradition? Dans les acte3 de propriété, il porte la dénomination de Borcltt bergh, la Montagne du château; il appartenait par indivis aux deux seigneurs qui le louaient, en 14*9, 10 sous de gros; en 1611), 7 livres; en 1690, 15 florins 2 sous; c'est encore aujourd'hui une propriété des Mérode-d'Eversberg, et la seule que leur famille possède au hameau de Borght.

L'antique origine du tumulus est diflicile à nier; Sanderus l'admettait déjà ',et elle pourrait s'élayer du nom de Ter-Tommen,àla Tombe, sous lequel on désigne l'antique manoir des châtelains de Grimberghe. Suivant le poème de la guerre contre les Berlhout, là se trouvait le château qui fut pris par les chevaliers de Godefroid III *. Cette opinion n'est pas absolument admissible, car les seigneurs habitaient ordinairement près des églises paroissiales, dont ils furent très-souvent les fondateurs; or, Borght est à peu près a une demi-lieue de l'église de Grimberghe; et d'ailleurs, dans d'autres endroits de son récit, le poêle

' Yititur ttro loco tjusdem tactlli vicini pralo ingent terra congestm tumului. </hi trmwmililer tumbatn prisci temporis twkibtt, pmut canjeclvnr hujusmotli mattriam tubminittrat. Chorographia sacra Brahantia>, t. 1", p. I.'iî — Conf. Vu (irsTta, De C4Stillov etc.

» Noch i* den bergh daer bleten. dnerdt boreht plach op te ntaen, et plus loin le pottne (ou plutôt son analyse en prose) dit que le château se trouvait entre tirimbergho et Vilvorde, daer ran den ttergh ooek aldaer nocA legt m nuch toebehnort den heere ran Grimbergen. — Vinitur et locu» arcit Grimbergana> tetem, cum sua ririnia gautlern propria !if*rtate. ttbi lacellum fsilratorn célèbre, fiitu.vr. p. 35; mnf. Vtn Gistki, t. 11, p «5».

insinue que le village, le château et l'abbaye de Grimberghe étaient rontigus; sans doute qu'a cet égard les idéesdu vulgaire n'étaient pas bien claires, et peut-are faut-il supposer que s'il y a eu un château à Borght, ce fut ù une époque très-ancienne.

Deux faits autorisent celte hypothèse : le nom même du hameau qui s'est formé en cet endroit : de Borghl, le Château, et la circonstance que ce hameau formait une terre franche (vry aerde). Borght était exempt d'impôts; seulement, en vertu d'an arrêt rendu en f G65, il fournissait tous les mois une demi-ration à la compagnie de cuirassiers de la garde du gouverneur général. Conformément à la répartition établie, le 10 mai 1073, par le comte de Montcrey, il fut chargé d'une place en ration évaluée par an à 270 florins. Le 10 janvier 4703, un édit détermina la consommation des terres franches du Brabant, c'est-à-dire, la quantité de boissons que chacune d'elles pourrait importer librement ou faire préparer sans payer de droits : on assigna à Borght 100 tonnes de bonne bière, 100 tonnes de petite-bière et 5 pièces de vin*.

Pendant les troubles du seizième siècle* plusieurs maisons furent brûlées k Borght, entre autres, la brasserie qui s'y trouvait derrière I église. Le 5 avril 1599, le châtelain de Grimberghe céda l'emplacement de cette habitation et se3 ruines à Josse Hazaert, brasseur d'Erps, à la charge de lui livrer tous les ans, « devant sa porte ou sur la digue du « canal de Bruxelles, » 2 1/2 aimes de bière, de la meilleure qualité ; il fut aussi stipulé que Hazaert rebâtirait immédiatement la brasserie, et que, si quelqu'un demandait à débiter de la bière dans le village, ce serait chez lui qu'on devrait se fournir. Le moulin à eau avait aussi disparu; il fut vendu, en 1596, à la famille Dongelberghe, avec un terrain où avait existé une grange, et avec l'étang adjacent, qui touchait à un héritage appelé de Vrunte, situé le long du ruisseau.

Borght avait jadis un échevinage particulier, qui suivait la coutume de Louvain, et dont le greffe de Bruxelles possède les registres d'adhéritances pour les années 1768 à 1775, les rôles, depuis l'an 1612, et quelques autres archives. Les seigneurs de Grimberghe-Nassau y avaient la juridiction, qui fut cédée, en 1782, comme nous ai Ions le.voir, aux vicomtes de Grimberghe. Il devint, en l'an 111, une commune du canton de Grimberghe; mais, à cause de son peu d'étendue, il fut réuni au village de ce nom, par un décret impérial daté du 21 novembre 1810. Son église, dédiée au Saint-Sauveur, date de l'année 1500 environ, â en juger par les meneaux flamboyants descs fenêtres. Lechœuraété recoustruiten 1852;

« L». Ro». Le yrnnd Ihtàlrc M,ré tl pm(,im .tu Bradant U otlon p. (il. — Compte* drt Irrrn franches aux Archiva du rovnume. - Pin ard» Je Br-ibaiti t VI |> JStf.

m HISTOIRE

la date 1G22, que l'on y lisait, indiquait sans doute l'époque de la construction de ses voûtes que Sandcrus qualifie de belles et de récentes •. On y voit, sur le maitre-uutel, une Transfiguration, et, près de là, une vieille Adoration des Bergers. C'est un lieu de pèlerinage très-fréqucntè, pour les maux de tète, In surdité, les lièvres. Un chanoine de Grimberghe disait à Borght une messe toutes les semaines; après la suppression de la commune en 4810, l'office divin y fut célébré par un vicaire de Grimberghe, qui s'y rendait les dimanches et jours de féte. On songeait A l'ériger en succursale, lorsque la catastrophe de 1859 fit ajourner ce projet; peu de temps après, des fonds furent réunis pour la construction d'un presbytère, qui fut bati en 1844, et l'on y nomma un curé, qui dépend du doyenné de Vilvorde.

Les «.râtelais* de Grimberghe. — Le pelit château que l'on voit sur la hauteur, près de la chaussée de Vilvorde à Alost, servait autrefois de demeure A des chevaliers chargés particulièrement de la garde de la forteresse des Berlhoutrnouvelle preuve que celle-ci a été, dans !e principe, située à Borght. Vers l'an 1 120, vivait un Hunccn de Grimberghe, qui contesta nux religieuses de l'abbaye de Forêt la propriété de l'alleu de itoliebeck. Il était sans doute le père ou l'aïeul de Walter, cltsUelain de Grimberghe, qui, en l'année M 45 environ, renouvela la même querelle. IMus tard on cite Adam, qui ligure dans des chartes, en 1161 et en 11 99, et Walter, qui est mentionné en 1214 et 1222 avec sonoiicle Siger,etqui, en 4235, approuva la donation à l'abbaye de la Cambre d'un fief situé à Peyssegem et que Jutte de Bosbeke tenait de sa cour féodale.

Les châtelains portèrent ensuite le nom de Vandertommen ou de la Tombe (milites de Tombât comme disent les uécrologcs du monastère de Grimberghe). Un acte de l'an 1.159 rappelle le souvenir d'Ode Vandertommen cl de sire Goloy de Wilre dit Vandertommen, chevalier, son (ils, père de Goloin, qui vivait alors. Ce Goloin, Goloy. Golias ou Gosuiu Van Tombe ou Vandertommen lit hommage au comte de Flandre en 155f>. 11 eut, entre autres eufants : Jean, le chevalier Oaniel,qui posséda Vhof te Lait ; le chevalier Goly ou Gosutn, qui signa (a charte de Corteuberg, en 1572, et Ode, femme de Franc de Swaef. Jean Vandertommen accompagna a Baslweilcr le duc Wenceslas et y fut fait prisonnier; pour l'indemniser de ses pertes et de la rançon qu'il avait [dû payer, le duc lui promit S39 moutons et lui fit remettre un premier acompte de 90 2fS moulons; par contre, il s'engagea à accorder des délais pour le payement du restant de la somme, à ne faire à ce sujet aucun tort au pays, cl à n'élever aucune réclamation que six semaines au moins après

l'expiration des terne* fixés (acle daté du jour de saint Thomas apôtre, en décembre 1374). Ce gentilhomme portait dans son écusson une fasee au lion saillant'. Sire Gosuiu III eut de Catherine de Liere un quatrième Gosuiu, une lille qui devint la femme d'Égide de Werd, cl le chevalier Guillaume Vandertommen. Après avoir appartenu à ce dernier, la chàlellcuie de Griinberghc et la tour de Ter-Tommen passèrent, vers Tan 1410, en vertu de lettres échevinales de Louvnin, a Jeanne Swaefs, veuve de Waltcr Van Lathem, et, le 10 juillet 4448, Jean Van Lathem et Philippe Van Mcyghem cédèrent ces propriétés à Jean d'Enghien.

Jean d'Enghien était lils désire Engelbert d'Enghien, qui avait été luéà Azincourt près du duc Antoine, et petit-fils de sire Colard, enfant naturel deWalter, seigneur d'Enghien. Il jouissait d'une très-grande influence à la cour de Philippe le Bon, qui lui confia les fonctions d'arnman de Bruxelles. Le seigneur de Kestergat, comme la plupart des courtisans du puissant duc de Bourgogne, aimait les lettres; et la chronique. de Brabant, qu'il écrivit en langue française, probablement d'après les travaux de De Klerk et de De Dynter, atteste qu'il ne dédaignait pas le travail intellectuel. Lorsque Louis XI se réfugia en Belgique, il fut l'un des joyeux convives qui racontèrent à sa table, à Genappe, les récits graveleux publiés sous le nom de Cent Nouvelles nouvelles. En récompense de ses services, il fut créé chambellan et maître d'hôtel du duc. Par sa mère lsabcau de Ilerloghe, et par sa femme Marie de Mol, qui mourut le 25* mars 1464, il s'était allié a plusieurs des plus puissantes familles patriciennes de Bruxelles; mais il comptait aussi dans celte ville de nombreux ennemis, dont les démêlés avec ses partisans troublèrent longtemps la capitale de la Belgique'. Après la mort de Charles le Témélaire, les plébéiens, maîtres du pouvoir, frappèrent indistinctement les uns el les autres. Jean d'Enghien fut banni et mourut dans l'exil (12 août 1478); son fils Louis subit la môme peine, qui fut levée lorsque la réaction triomphante rétablit l'ancienne organisation communale.

Louis d'Enghien fut bientôt en butte à la haine d'un pouvoir qui voulait s'imposer au pays malgré la volonté nationale. S'élanl rendu à Louvain, en 1483, à l'assemblée des Étals Généraux, où l'on agita la question de savoir si l'archiduc Maximilien serait le tuteur de ses enfants, Louis d'Enghien se prononça pour la négative. Lui et Hugues de Borchoven de Louvain auraient partagé le sort de plusieurs de leurs collègues, qui furent emprisonnés cl exécutés pour ce fait, s'ils n'étaient

1 Le Poémt île la 'juerrt dr Urimber<jhe donne po^ir armoiries aux Vandcrtommen un ectisson ini-|wrli l'un dans l'autre d'or aux trois bandes d'a/ur et de gueules aux trois bande.d'argent.

• VW/ I Htstoirt </r Bruxtlltt, t. I". p 208

*>i riiSTumR

parvenus à fuir 1 . Ses biens paraissent avoir été confisqués â cetle époque, au profit (le Guillaume de Heelvelde, contre qui sa femme, Marguerite d'Oisy, dame de Sandberg, obtint du conseil de Brabant des lettres de maintenue (13 avril 4484-1483) ; huit jours après, un acte de mainlevée fut délivre à cette dame, mais son mari n'obtint sa grâce que le 1" octobre 1493.

Sire Louis d'Enghien étant mort, ses biens furent partagés entre ses enfants. Celui d'entre eux à qui échut la châtellcnic 'de Grimberghe, messire Louis d'Enghien, n'ayant pas laissé de, postérité, sa veuve, Agnès de Vooglil, vendit cette propriété à son neveu Hercule d'Enghien, qui fut créé chevalier par Gliarles-Quint en 1544, et qui mourut bourgmestre de Bruxelles, le 1" juillet 1554. Il avait cédé la châlellenie à une famille luxembourgeoise, devenue, en peu d'années, riche et puissante. Adrienne de Gondcval, veuve de Gilles de Rusleyden, membre de la chambre des comptes, la laissa à son fils, maître Nicolas de Busleyden, conseiller de Brabant (relief du 2 mai 1554). Adolphe, (ils de celui-ei (r. du 1er juillet 1559), mort le 5 mars 1C14, épousa Philippine d'Oyenbrugge, et laissa deux enfants : Philippe-René de Busleyden, qui entra au couvent des Dominicains de Bruxelles, et Jeanne (r. du 4 juillet 1627), femme de Jacques, baron de T'Scrclacs, écuyer de l'infante Isabelle, mort le 29 décembre 1659. Jacques-Guillaume de T'Serclaes, capitaine de cavalerie, hérita la chàtcllenie (r. du 29 octobre lG68),et la vendit, en 1692,à Henri Van Kerrcnbrocck, conseiller deBrabant,àquilcroi confirma, pour lui et ses descendants, par ordre de primogéniture, le droit de porter le litre de vicomte de Grimberghe (15 avril 1694). 11 mourut sans postérité en 1699. Son frère Ignace-Henri laissa une fille, Catherine-Thérèse, femme de Jean-François Vandendyeke, créé vicomte de Grimberghe par lettres patentes du 29 août 1722. Henri-Joseph Van Kerrenbroeck, cousin des précédents, fut ensuite vicomte de Grimberghe, et mourut le 6 avril 1 758; il légua ses biens à son petit-fils, Henri-Marie-Gérard-Joseph Helman, fils du baron de Willebroeck, Jean-Baptiste Helman, et d'Adrien n< Van Kerrenbroeck, créé baron de Longueville le 18 juillet 1782, et vicomte Helman de Grimberghe par le roi Guillaume.

L'ancieu patrimoine des Vandertommen se composait de l'office de châtelain, de la seigneurie qui y était annexée, cl d'une pâture dite d' liurcheusel, lu Prairie du château *, qui relevaient de la cour féodale de

' tAhlrm oikio fuit concilinm palriarum tn Lorani*. pmpltr '/uod alit fuerunl vnpti, alii t u t>i, rWi./ui fwjtraut. r.r mm /an ij/i'iiu rulrm prhuipi: ml i ,'U'jirnir* jun unl «/»••• Lu>i<itn u\ île Kolrryatfet liant, Hujn </<• Boryhoitit ./<• Lvranto. Ammw s litiLliiL*, Chronoto-

tjimtn *t metmhgium domu* capclla B. Y M. ordmti Carihusinuu • U Bon rWiuW appartenu! imore, uudix wptièaK s\<x\c, ,vi\ \ .mdttlommcii

Grimberghe-Xassau; puis d'un second fief tenu des deux seigneurs el qui comprenait Yhof Vandertommen on Ter-Tommen, avec sa tour, 41 bonniers de terres, de prairies, de pâtures, d'étangs. Il s'y trouvait une cour censale,el une cour féodale, h laquelle ressortissaienl des tenures situées à Contich, Hove-Saint-Laurenl, Bouchout près d'Anvers, etc. Par une transaction conclue avec le comte d'Ongnycs de Mastaing, le vicomte Helman acquit le pays de Borght ('* laudt vanden Borchl), avec la haute, moyenne et basse justice, le droit de sonner la cloche, le droit d'avoir un banc a l'église et de s'y faire présenter l'eau bénite, le droit de planter le long des chemins et sur les terrains communaux, le droit de jouir des biens confisqués, de ceux délaissés par des bâtards, de ceux abandonnés et des terrains vagues, le droit d'avoir des meysseniers, enfin toutes les prérogatives dont les seigneurs de Grimherghe étaient en possession dans leurs domaines. Ce démembrement de la terre de Grimberglio devint alors un fief tenu directement du duché de Brabant (relief du 18 mars 1782.) La cour censale des châtelains n'avait pas de sceau commun ; c'était d'ordinaire le châtelain lui-même qui scellait les actes passés devant ses tenanciers jurés (3 avril 1599, 30 mars lf.10, etc.). On les enregistrait à Grimberghe; cependant, le greffe de ce dernier village possède un registre qui ne contient que des transactions conclues à Borght devant la cour féodale et la cour censale des châtelains, et plusieurs cahiers de lettres féodales.

La haute tour carrée et percée d'embrasures, qui décorait depuis plusieurs siècles le château de Ter-Tommen, a été entièrement détruite, ainsi que le bâtiment coutign, avec son toit à lucarnes crénelées et ses grandes fenêtres à balcons de pierre, le grand escalier à triple repos qui conduisait a cette habitation, et le mur élevé vis-à-vis de la façade principale et qui était orné de pilastres et de vases '. Aujourd'hui les bâtiments de cette résidence féodale sont peu remarquables, mais on admire ses jardins, qui s'étendent jusqu'au canal de Bruxelles.

Schiplaeken. — Les eaux de la Strombeke, partagées en une infinité de canaux, arrosent au nord de Borght de belles prairies et baignent ensuite les murs de la villa de Schiplaeken (te ruisseau du JVuvire)y bâtie par la famille De Fraye, il y a environ 60 ans. Hugues de Sccplaken ligure, en 1267, parmi les vassaux du comte de Vianden, et porte, en 1291, la qualification de chevalier. Sa fille Elisabeth épousa, dit-on, le chevalier Franc Sueterix. En 1360, nous voyons Elisabeth, fille de lîenri Swacf,etson mari Waltcr Pipcnpoy, posséder Yhof te Schiplaeken, qui était tenue en fief, avec 37 à 38 bonmers, des deux seigneurs de

« Voyez Le Rot, Caittllnet prertorin. — De CtHTiiLo.t, t. II. p 127.

Grimberghe, cl qui appartint ensuite à Frnuc Swacf, frère d'Elisabeth , puis aux Van Lathcm. Eu 1 474, Schiplaeken figure dans le même registre, ici, comme une propriété du seigneur de Kcstergal, là, comme appartenant à sire Augustin de Rorchovcn. En 1506, le fief était possédé par Marguerite Snevcn, veuve de maître Arnoul Van Lathcm; il fut ensuite et successivcmentrelevépar : maître Jean Ruflault ; sa pclilc-fille Marie Vandcndalc, tille du chancelier ; maître Engelbert Vandendale, seigneur de Lcefdacl, et. femme de Philippe d'Immerscle (relief du 5 avril 1545); Engelbert dlmmersele, (ils de Marie (r. du 7 août 1574), et maître Pierre Van Ranst, conseiller et maître de la chambre des comptes, qui l'acheta (r. du 9 avril 1591), puis le revendit à sire Adrien Roote, greflier du conseil des finances, et à sa femme Jeanne Hovine (19 juin 1594). Ces derniers le laissèrent û leurs filles : Marguerite, dame de Clercamp, femme du chancelier François de Kinschol, Catherine, femme de Jean de Petit-Pas, et Françoise, qui s'allia à François Vandcncruycc, dont elle eut Mclchior Vandencruyee, chevalier, trésorier général des Étals de Rrabant. Les enfants de Philippe de Villegas, seigneur de Lutlrc, et de Thérèse-Hyacinthe de Kinschot, comtesse de Jette, petite-fille de Marguerite Roote, et ceux de don Juan de Morphy, piastre de camp au service du roi, et de Marie-Marguerite de Petit- Pas, lillc de Catherine Roote : messire Charles, seigneur de Knockville, Kilkray, Ter-Plancken, etc., bourgmestre de Courlrai; Jean, chanoine de la cathédrale de Rruges ; François, Marie-Jeanne, femme de Rernard- ( Mhon, baron de Rhcbindcr, général de l'artillerie, gouverneur de Pigucrol , vendirent Schiplaeken, le 4 avril 1722, à messire Jcan-l-'rançois Vandcndycke, vicomte de Grimberghe, et a sa femme. Dans la seconde moitié du siècle dernier, ce bien passa à messire Godefroid-Dominiquc-Joseph de Fraye, par suite, à ce qu'il semble, de son mariage avec Jeanne- Marie-Josèphc Van Kerrenbroeck.

Un peu au nord du château, au milieu d'une pièce de terre de 1 1 bonniers, appelée den Capellen bergli, la Montagne de la chapelle, a existé une chapelle de la Sainte-Croix, où les femmes allaient prier pour obtenir des couches heureuses. Elle fut rebâtie par le curé de Grimberghe, Charles deVclasco, en 1G44, grâce aux libéralités des familles Roote, Kinschot et Vandencruyee, aux offrandes des paysans et à un don de l'abbé Oulcrs. Une portion de la Sainte-Croix y était jadis conservée; elle fut enlevée pendant les troubles, cl Barbe de Velasco, sœur du curé de ce nom, en donna une autre qui lui venait de Jean fleltranilla, directeur de l'hôpital de Malincs

« Bahdebqs, I. c. p. loi — La Captllt van Schepfoktnesl di;jJi mentionnée en 1Ô08.

DES ENVIRONS DE nKI XEU.ES.

L'abbaye de Grimberghe. — Une belle plaine, appelée le Prieslerliiule v< l<( . le champ du Tilleul du prêtre, 8*éfend entre Ter-Tommen et le village de Grimberghe; elle doit avoir élé habitée trés-anciennemenl, car on y a trouvé un puits parfaitement conservé «pii paraissait d'une liante antiquité. A son extrémité , au milieu des habitations, on aperçoit la haute tour de l'église, qui semble dominer le pays d'alentour. Simple succursale du doyenné de Vilvorde, l'église n'a plus la même importance que j;idis,au temps où elle servait d'oratoire a une nombreuse communauté de Prémontrés qui prodiguait ses trésors pour l'enrichir de merveilles artistiques, au temps où elle voyait les successeurs des Bcrlhout s'agenouiller au pied de ses autels. Aujourd'hui les princes de (irimberghe ont déserté leur ancien séjour, et, si une nouvelle communauté de religieux s'est formée, elle s'abrite, modeste et paisible, au pied de l'édilice qui perpétue le souvenir d'une grandeur disparue. Des somptueux bâtiments construits par les anciens abbés il ne reste plus qu'une porte de pierres de taille, avec la date 17G7; les autres ont été démolis, et la route de Vilvorde vers Alosl traverse maintenant l'emplacement du beau jardin des cénobites.

L'abbaye de Griinberghc, fondée, à deux reprises successives, par Waller Berthout, fut, comme nous l'avons vu, définitivement établie, en 1127, par les fils de ce seigneur Les premiers religieux suivaient la régie, alors peu nettement définie, à ce qu'il semble, de Saint-Augustin; leurs successeurs adoptèrent celle de Saint-Norbert et se vouèrent principalement aux fondions pastorales; les cures de Grimberghe, de Strombcck, de Meysse et de ses dépendances : Ophem, Rhode-Sainl- Brice, etc., de W'cmmel et de ses annexes : Berchem, Relcghem, Bamsdonck, d'Over-Heembeek, étaient desservies par des membres dr leur communauté. On leur attribue de grands travaux de défrichement; en effet, les immenses fermes qu'ils établirent durent exercer une heureuse influence sur les progrès de l'agricnllure. Le premier abbé de Grimberghe vivait encore lorsque les religieux introduisirent la règle de Saint- Norbert à Furnes, en 1131»; plus lard, six d'entre eux, joints à six frères de Tronchiennes, portèrent cette règle à Jette. En 1705, en vertu d'une cession fuite par l'abbaye de Tronchiennes, la communauté

1 1127. Regon*t (irimhrrfien tien ahtlxje. Chronyche ran Setlerlunl, citée. — Ers srulrs MUTCffl pour, l 'histoire dfl l'abbayO SOnl StuiiKiws, Chorogrnphia siura Hrn>ianlnr, l 1". — HeM, Annales Pnemoiulratenv*. et MiRtrs. Optra dipl , paisim — Nous ;i\on<i trouvé, aux Archives du royaume, et, rit et la, quelque détails inédit*

T II

acquit la suprématie sur le couvent des Xoi berlines, qui avait été ronde, en M 48, à Tusschenbeke, près d'Alost, par la veuve d'Iwain, seigneur de cette ville.

La liste des abbés, qui fui rédigée au seizième siècle par le moine A-Spira, était déjà regardée comme incomplète du temps deSanderus. Ce compilateur passait en effet sous silence seize abbés dont on ne connaissait que les prénoms, et il ne mentionne pas un Albod, dont nous avons retrouvé le nom. La plupart de ces prélats appartiennent sans doute à des époques de troubles, peut-être même aux temps antérieurs à la fondation définitive du monastère. Nous voyons dans la chronique manuscrite que nous avons eu plusieurs fois occasion de citer, en parlant des premiers seigneurs de Grimberghe, que l'abbé Guillaume fut tué (gedoodt) en 12v28; mais par qui et pourquoi 1 ?

Plusieurs souverains pontifes, entre autres Eugène III en 1147, et Alexandre III le 7 septembre 1179, confirmèrent à l'abbaye ses prérogatives, ses privilèges et ses propriétés. Par la bulle du dernier, les religieux sont autorisés à faire paître leurs bestiaux dans les pâtures du village*. Les principaux bienfaiteurs de l'abbaye furent les seigneurs de Grimberghe, qui s'intitulaient ses vrais avoués (sert advocati). A ce titre, ils approuvaient les donations qui lui étaient faites, ce que l'on voit entre aut res par une charte de Marie, comtesse de Viande», datée de la veille de l'Invention de la Sainte-Croix, 2 mai 1280; la comtesse ne se réserve dans les biens du monastère que son domaine et la justice qu'elle y possède Mais bientôt, les ducs, qui étaient jusqu'alors restés étrangers à l'abbaye, entreprirent de la soumettre à leur juridiction. En lui accordant sa protection, Jean 1er défendit à ses chasseurs de prendre leur gîte pendant plus d'un jour et une nuit, dans les bâtiments du monastère et dans celles de ses fermesqui étaient situées dans le pays de Grimberghe; et leur ordonna de réclamer ce gite avec ménagement, de manière à ce qu'on n'eût pas à se plaindre d'eux (charte du 6 mars 1284-1285, confirmée par Jean II le lundi avant la Saint- Paul, en 12D7). Le même prince ayant obtenu des subsides des religieux, pendaut la guerre du Limbourg, déclara que dorénavant, lorsque lui ou ses successeurs prélèveraient une taille ou autre exaction sur les couvents de son pays, le monastère de Grimberghe ne serait pas plus

1 A la liste des abbv& qui se trouve dans l.i seconde édition de Stemms, ajoute/. : Jean- Baptiste Sophie, mort en 1775; Ignace-Joseph Du Rondeau, mort le tV janvier ITW; Nicolas-Joseph Maras, mort lo 11 décembre 179V; Jean-Baptiste Vanderbergcn, mort le 17 juillet 1851.

* Allare de Grimbergii. cum «mnifaut <jw ut eadem villa hobtti*. rl animalibut rttlri», in ariritpnteuaWiwi, lihemm Qtudem ville puxrrndi cvnceditnu» facullatem. Hirco, 1 c. s Hl-co, p dc.xvi.

imposé que Dilighem; il autorisa en outre les religieux à obliger ceux qu'ils auraient fait arrêter, sous prévention d'avoir abattu des arbres dans leurs bois ou d'avoir commis d'autres dégâts, à consigner de l'argent jusqu'à concurrence de 12 deniers de Louvain pour cbaque délinquant; dans le cas où ils trouveraient des personnes de l'un ou de l'autre sexe emportant du bois, du grain, etc., provenant de leurs domaines, il leur permit de reprendre et de retenir ce qui leur appartenait, sans méfaire contre son autorité ; enfin, en indemnité des loris causés par des animaux domestiques, il consentit à ce que les religieux lissent consigner, cbaque fois que ce cas se présenterait, 4 deniers par cheval, porc, ou téle de bétail, et 1 denier pour chaque troupeau de 20 brebis (charte du jeudi avant la Sainte-Lucie 1287, confirmée le fi janvier 1298-1299 et le jour de la Conversion de saint Paul 1329)*. Lorsque, dans les dernières années du règne de Jean le Victorieux, on obligea les monastères à demander une autorisation particulière pour chaque acquisition de biens-fonds, et lorsqu'on leur défendit de posséder dans les villes d'autres propriétés qu'une habitation dans chacune des sept chefs-villes, ces conditions furent aussi imposées à Grimberghe (mercredi avant la Sainte-Marie-Madeleinc 1292) a.

Dans les anciennes aides du Brabaut, vers 1400, Grimberghe ne payait, comme Dilighem, que 52C vieux écus, tandis qu'Atïlighcm était (axé à 3,161 vieux écus. Quand on exigea, en 1542, l'impôt du dixième sur le clergé, cette proportion ne fut pas observée. La cote de Grimberghe s'éleva à 2,124 livres, celle de Dilighem à 948 livres seulement, celle d'Alllighem à 6,G00 livres.

Malgré les assurances de protection qu'ils recevaient du souverain et des seigneurs, les moines furent souvent accablés de vexations. La cour, les nobles, les ofliciers du prince, les gens de guerre se présentaient en foule au monastère, cl s'y faisaient donner, de gré ou de force, le logement et la nourriture; très-souvent on s'y réunissait pour se réconcilier, pour conclure des trêves, pour célébrer des noces. Des plaintes très-vives ayant été adressées à ce sujet au duc Antoine, il défendit ces abus, en comminanl contre ceux qui les commettraient, 10 pelers d'or d'amende; il défendit à l'abbé de tolérer de pareilles visites, et lui ordonna d'avertir immédiatement ses ofliciers si elles se renouvelaient (7 novembre 1404)3. Toutefois, la communauté ayant voulu refuser l'hospitalité à son protecteur, le comte Engclbcrt de Nassau, le duc Philippe de Saint-Pol

' Le taux tics amendes dont il est ici qoestion fut augmente, par une cliarte de Philippe le Bon, du 10 décembre IU6.

* Rcyistrc des chartes déposera en ian 1500. i [Sra'xiHtscUt Ymlr», t, 11. p. 7J0.

jugea que ses prétentions étaient mal fondées (Lierre, le 9 avril 1428). Le comte était venu dans l'abbaye avec ses amis et sa suite, y avait exigé la nourriture, l'usage des meubles de la maison, et du foin pour ses chevaux; et, comme les religieux refusaient de se soumettre A ses exactions, il avait ordonné de briser les portes, de forcer les serrures des celliers, et d'emporter du grain et d'autres denrées. Cité devant le conseil de Brabant, il nllégua que l'abbaye était tenue de l'héberger dans un bâtiment faisant partie du monastère et appelé lu maison de Vianden {in tftiadam domo in fia septa dicti monastcrii constituta, appeltata domus Vianensis); non-seulement il obtint gain de cause, mais il faillit faire condamner L'abbé comme faussaire, pour avoir produit en justice des documents chargés de ratures '. Il arriva aussi <|ue les abbés refusèrent l'entrée du couvent aux veneurs et à la meule du duc , ce qui eut lieu, entre autres, les 20 et 21 juin i 4.1 1 cl le 17 septembre 1544. En I 4ÔI , les veneurs allèrent loger dans les fermes de Zellick,d'Osseghem et d'Overjette, appartenant à l'abbaye d'Aflliglicm, et dans celle de Bollcbcek; lors de la reddition du compte de la vénerie, la chambre des comptes se borna à écrire en marge : « Soit dorénavant en ce gardé le droit de Monseigneur • cl, au cas de refus, soit rapporté a icellui seigneur. » La veille, l'abbé d'Afllighem avait joué un autre tour aux veneurs, qui s'étaient présentés pour coucher dans son monastère; il les avait priés d'aller se loger à Assche, au Cygne, cl d'y faire bonne chère à ses dépens (dat si daer yinyen, en daden lien le gemacke, nien sont vcl beluelen). Quand le momenl de payer arriva, l'abbé n'était plus là pour remplir sa promesse*. Marie de Hongrie ne se laissa pas traiter de celle façon. Elle ordonna aux veneurs de retourner àGrimberghc cl enjoignit au chancelier de Brabant de procéder à la charge de l'abbé, s'il persistait dans son refus.

La communauté possédait à Puers, à Langlaer, à Ilel légat, à Kcerbcrghen, des livres censaux avec juridiction, droit d'adhériler et de déshériter, un maire, des tenanciers jurés, etc. Comme ces derniers n'avaient jamais prêté le serment d'observer la Joyeuse Entrée, ainsi que celle-ci l'ordonnait expressément à tous les ofliciers de justice, des particuliers se refusèrent à comparaître devant -eux, en alléguant que leurs jugements pourraient être considérés comme de nulle valeur. Philippe le Bon accorda aux religieux la faculté dénommer, dans chacune des localités citées plus haut, un tribunal composé de sepl tenanciers, qui prêloraienl serment (27 juin 1443). Longtemps après, l'autorité suprême leur permit de faire graver un sceau pour chacune de leurs cours ccnsalcs (12 février 1594).

i Mtnmrrit de ht Uibliothrfjue royale. nn 19.05IV. • Note communiquée par M. Lotis GllULOOT.

DES ENVIRONS DE MH'XELLES.

Ut

Dans les premières années du quinzième siècle, on appela aux fonctions abbatiales un bomme instruit et zélé : Corneille de Kempencer, qui assista au concile de Unie, et qui eut, avec des laïques, au sujet des droits de son monastère, des contestations que le pape Eugène IV décida en sa faveur, en 1443. Le siège abbatial étant devenu vacant, en 1477, Luc, évéquc de Sabine, légal apostolique, le conféra à Jossc Bruylant, bien que la communauté eût appelé à cette dignité Marc Vanderslraelen. Dans le même temps, le Saint-Siège donna en commande, c'est-à-dire à des abbés qui vivaient éloignés de leur couvent, les ricbes monastères de Parcq el de Tongerloo, ce qui excita un grand mécontentement parmi les Étals et le peuple. A la suite d'une longue querelle, dans laquelle se fit surloulremarqucrl'abbé élu de Parcq, Tbicrri, Bruylant fut dépouillé de son titre par le souverain pontife, et Vanderslraelen reçut de l'archiduc Maximilicn la promesse formelle que son monastère ne serait dorénavant plus donné en commande (1480).

Cet abbé mourut de la peste à Malincs, en 1480. Peu de temps auparavant, à l'occasion des guerres qui désolaient le pays, il avait obtenu de Maximilicn des lettres de sauvegarde pour son couvent (21 février 1488-148'.)). Afin d'indemniser les religieux des pertes qu'ils subirent alors, on leur accorda la remise de la moitié de leur cole dans l'aide, pendant Irois ans; celle moitié s'élevait à 41 livres lisons (23 avril 1 4113). Ils durent à celte époque contracter de grandes délies, qu'ils remboursèrent en vendant, en 1332, une partie de la dime de la paroisse de (iiimberglic; 180 années plus tard, celle dlmc fut rachetée a la famille d Oyenbrugge.

L'abbé Aruoul Persoens obtint du gouvernement l'autorisation de se donner pour coadjulcur Pierre Van Waycnbcrgc (4 mars 1304-1303), à qui la faculté de se donner, quand il lui plairait, un coadjulcur, fut accordée le 18 mai 1317. Ce dernier s'occupa activement de la réforme de la discipline monastique ; il réussit dans son projet, en peuplant son monastère de Prémonlrés saxons. En récompense de son zèle, la cour de Borne lui octroya le droit de porter la mitre el les autres ornements pontificaux (1324). A la mort de son successeur, Charles-Quint s'arrogea le droit que les souverains pontifes avaient revendiqué sans succès quelque temps auparavant ; il confia les fonctions abbatiales à Nicolas de Spira (1342).

Spira vit briller les premières lueurs de l'incendie qui devait consumer son monastère. Le 22 août 1366, il s'enfuit à Bruxelles, pour évilerles insultes des iconoclastes. Dans les années suivantes, le monastère fut ravagé el presque entièrement brûlé; le riche mobilier de l'abbé, que l'on conduisait à Termondc, fui pillé près de celte ville par les ral-

IIISTOIUF.

\ inistes. Leurs menus ne suffisant plus, les religieux furent obligés de vendre une grande partie de leurs biens, alin de pouvoir subvenir à leur enlrclien et payer les charges et les taxes qu'on leur imposait. Des octrois leur permirent successivement d'aliéner ou d'hypothéquer des propriétés jusqu'à concurrence de 12,000 florins (3 juillet 1581), de 8,000 florins (5 août 1583), de 8,000 florins encore (18 janvier 1586), de 3,000 florins (18 novembre 1586), et enfin de 6,000 florins ( I" avril 1591). Le produit des dernières ventes, qui furent approuvées par l'abbé de Prémontré, chef de l'ordre, et par l'abbé de Pareq, vicaire et visiteur général député par l'ordre, fut principalement employé à remettre en culture les terres abandonnées et à rebâtir les fermes qui avaient été incendiées. Ce ne fut qu'en l'année 1600 que les religieux purent rentrer dans leur couvent.

En 17:25, lorsque les derniers ferments de jansénisme s'agitaient en Belgique, l'abbé de Grimberghe, Van Eeckhout, fut envoyé i\ Orval, pour s'enquérir des opinions et des mœurs des religieux. La communauté le reçut avec soumission, sauf quatorze moines qui s'enfuirent en Hollande 1 . La doctrine de Jansénius avait compté un adhérent I Grimberghc même, le prieur Sébastien Van Hachten ; mais, voyant qu'il ne pouvait eonvertir ses confrères et qu'on ne lui laissait pas la liberté d'exprimer ses sentiments au sujet de la grâce et de la prédestination, il quitta le monastère, avec l'approbation du général de l'ordre, et se rendit en Hollande, où il mourut dans [*lle de Nordstrand, en 172!)*. Pendant le règne de Joseph II, l'abbé Maras se distingua par son opposition aux mesures du gouvernement; en 1793, la part active que ses religieux prirent à la résistance aux idées françaises, attira la persécution sur son monastère. Lors de la seconde entrée des Français, il quitta la Belgique et se relira en Allemagne, où il mourut le 11 décembre; le gouvernement de l'abbaye fut alors confié à Louis de Marge, chapelain de Horghl, qui le conserva jusqu'à l'époque de la suppression. L'abbaye fut évacuée par les religieux le 18 brumaire an V (8 novembre 1796).

Dès le 17 nivôse an IV, un arrêté de l'administration du département de la Dyle avait ordonné de la mettre sous séquestre, ainsi que tous les autres biens des religieux, parce que ceux-ci n'avaient pas fourni un état de leurs propriétés, dans le délai prescrit par les lois; le même arrêté avait autorisé la municipalité du eantou de tîrimberghe à tenir ses séances et à établir ses bureaux dans la maison du curé, qui dut alors se retirer dans l'abbaye. Celle-ci fut vendue et transformée en une maison

I Optra </i/>/., I IV. p. Iiiti.

J StrroUnjium aliquot uli «u"/m* irxui Ramano-Catholuoruiii qui apuJ Beljai • larurrunt nbanno 1000 wqut 1739 [Lille, 1739), p. 71.

de campagne que l'on mit on vcnle et que Ton démolit en 1810. I n des religieux, Jean-Raptisle Vandenborgcn , devenu cure de Grimberghe, entreprit de rétablir l'abbaye; il réussit à former une nouvelle communnuté, dont les premiers membres tirent leur noviciat A Kverbode, en 1 8r>*> ; il acliela une partie des terrains où s'élevait le monastère et où l'on a bâti depuis peu des bâtiments conventuels. La nouvelle congrégation, qui comptait, en I84G, 15 membres, s'occupe de l'étude de la Idéologie et dessert quelques paroisses. Son installation solennelle a <;u lieu en 1840.

L'abbaye possédait autrefois de grandes propriétés foncières, et, entre autres, à Grimberghe, les fermes dites Charleroi, Tcr-Biest, Weerde cl VroeneveUl, 208 bonniers de bois, dont iii étaient déjà défrichés, il y a 70 ans, les moulins a eau le Liermolen et le Tommen-molen. Vers 1 787, ses dépenses s'élevaient, année commune, a 57,205 florins, et ses revenus, dans lesquels hi dime seule de Grimberghe figurait pour 5,538 florins, a 57,5G2 florins. Le nombre des religieux était, en moyenne, de 28. Ils constituaient une cour eensale à Marcq, près d'Eughien; une autre, appelée la Vicomte de Puers, à Puers; une troisième à I Ici légale, sous Niel; une quatrième à Keerberghen; une cinquième étendait sa juridiction sur des biens situés à Aiuelghem, Beyghem, Borghl, Ten-Boseli sous Wemmcl, Cureghem a Anderlccht, Dicghcm, Eppeghem, Grimberghe, Ilumbeek, Laeken , Linlhoul à Brusseghem, Loveghem sous Ossel, Machelcn-Sainle-Gcrtrude, Merclitcn, Meuseghem, iN'eder-Heembcck , Ramsdonek, Hossem. Slerrcbeek, Strombcek, Vilvorde, Weerde et Wolverlhem!; une sixième, appelée de la Pitance, 't Pitance, avait sous sa juridiction d'autres possessions éparses dans presque toutes les mêmes communes, et, de plus, à Bruxelles, à Elewyt, A Over-IIcembeek, a Londeneei, à Meysse, à Huysbroeck, à Stcenhuffel, à Tliissell et à Vlesenbeek. Les tenanciers de l'ubbayc de Grimberghe (laten t sclnnsters van Grimberghe) n'eurent de sceau commun qu'en 1594 ; le greffe de Bruxelles possède leurs registres aux actes d'adhéritances , pour les années 1G0!) a 1795; en tète du premier se trouvent quelques-uns de ces actes, extraits des registres des échevins du village, pour les années 1412 à 1488.

L'ancien monastère était un assemblage de constructions appartenant ù des styles d'architecture et à des temps différents. L'église, qui datait, à ce qu'il semble, du douzième siècle, avait été augmentée d'un chœur dédié à la Vierge, par les soins de l'abbé Jean Vraucx (144G-14G5), et restaurée pendant les premières années du dix-septième siècle. La maison abbatiale et une partie du cloître dataient du treizième siècle; l'abbé Kempeneer avait embelli le cloître de deux ailes voûtées, entièrement

iii HISTOIRE

bâties de pierres, et Outers, l'un de ses successeurs, éleva deux nulrps ailes, qu'il orna de vitraux peints.

Kn 1710, on commença à rebâtir les bâtiments claustraux sur un plan plus régulier. De 1710 a 172G, Anneessens, arcliilecte de Bruxelles, le iils du célèbre tribun, construisit le quartier abbatial; et, de I7H à 1710, l'architecte Tobie de Saper éleva celui où babilait la communauté et où l'on déposa la bibliothèque. Tous s'étendaient au nord de l'église, entre celle-ci et les jardins, au delà desquels coulait le ruisseau. Le cloître était de forme cari ée et recevait le jour par des vitraux représentant la vie de saint Norbert; sur les côtés, on voyait le dortoir, édifice orné de pilastres et d'un fronton triangulaire, et l'infirmerie. En avant du cloître se déployait un immense bâtiment, qui ne présentait pas moins de 35 fenêtres de front; sa partie centrale servait de maison abbatiale, sa partie orientale de réfectoire et de bibliothèque, sa partie occidentale d'asile pour les étrangers. Dans toutes les parties de l'édifice, on rencontrait des objets d'art : dans la salle du chapitre, le Déluge, la Femme adultère y Suzanne, par Jean Van Orley, et le Retour de l'Enfant prodigue, par S.-J. Van Helmont ; dans le réfectoire, le Crucifiement et V Elévation du serpent dans le désert, par Van Orley; dans la bibliothèque, i Enfant Jésus devant les docteurs cl lu Heine de Subu visitant Salomon; dans la chapelle de l'abbé, un bel Ecce homo, de Craycr ; dans d'autres appartements, un Ecce homo cl lu Flagellation, de Lucas Jordaens; Saint Charles lion ornée, par Langea Jan ; deux Janssens, un De Ncef, un Vnuilervceken , la Résurrection de Lazare, les Xoces de Cana, la Multiplication des pains, par Van Orley; la Cuérison d'un possédé, par Janssens, et le Portrait de Charles XII, roi de Suède, peint par un général de ce prince, Axel Sparrc On conservait encore à l'abbaye un crucifix du célèbre 'Mathieu Van Beveren a. Dans la cour, ou voyait la fontaine, eu forme de pyramide, qui a été placée, en 1802, à Bruxelles, au milieu de la place où s'élevait anciennement l'église de Saint-GtT). La bibliothèque, pour laquelle l'abbé Du Blioul acquit un grand nombre d'ouvrages, disparut presqu'en entier du temps des iconoclastes. Lorsque les bénédictins Marlénc et Durand la visitèrent, ils n'y remarquèrent que deux bibles et un volume contenant les statuts synodaux de l'évèché de Cambrai, pour les années lâOOà 1Ô24 \ Un abbé, liérard de Campenliout, contribua â la fondation du collège de Pré-

• Lettres des prélat* concernant Ut peintura runstrn -es dans 1rs monaslcres, nux ArehiW* du roviiiimc. An Unes tirs Elut* de limitant.

* Hum. Èlugt kistoriqui i/c François Duqutsnny, sculpteur, arec un précis de sa ne tt des uurranes de sts éleut, etc.. |». 302-

s |)k Htirrt.MJi.Bt,, Philippe M»utUt$ , introduction, p. xxxvw.

DES ENVIRONS DE Bill XELLES. Î45

montré à Louvain , en cédant au collège l'hôtel que le monastère possédait dans celte ville.

L'église de Grimbergue. — L'église de Saint-Servais à Grimbcrghc, quoique inachevée, est un des plus beaux et des plus riches monuments de la contrée. On a adopté, pour sa construction, le style romain, dont l'emploi se répandit en Belgique pendant la seconde moitié du dixseptième siècle. Elle est bâtie en forme de croix. Le chœur, de même que le croisillon, reçoit le jour par deux rangées de fenêtres; deux chapelles latérales le bordent, et se continuent, la première, par la sacristie; la seconde, par la tour. Le croisillon se termine par des transsepts

arrondis; dans sa partie centrale, il soutient une coupole octogonale, autour de laquelle règne une balustrade, et qui est surmontée d'un dome formant lanterne. Quant à la nef, qui ne se compose que de deux travées, clledevait en avoir quatre, et être précédée d'uu élégant portique, dont nous donnons ici le dessin, d'après la Choroyraphia de Sanderus. T. n.

Îi6 HISTOIRE

Si cette construction avail élé exécutée, dit M. Schayes elle aurait présenté en Belgique le premier exemple d'une façade d'église à péristyle romain. L'extérieur de l'édifice se distingue par sa masse et son élévation (les murs de la nef, depuis le sol jusqu'à la corniche du toit, n'ont pas moinsdelOO pieds), mais son ornementation est très-simple, et la tour, qui s'élève à la hauteur de200pieds, manque de grâcc,surtout parce qu'elle se termine aujourd'hui par une plate-forme. Mais h l'intérieur, le temple offre un aspect grandiose. Le chœur el le croisillon, dont les dimensions sont considérables, sont ornés de grands pilastres corinthiens; dans les nefs règne l'ordre ionique moderne, en colonnes réunies par des arcades plein-cintre; un bel entablement, vigoureusement profilé, circule au-dessus de ces arcades et contourne toutes les autres parlies de l'église.

Nos recherches pour retrouver le nom de l'architecte de ce monument religieux ont élé infructueuses. On en posa la première pierre le 13 avril IGfiO, et, cinq années après, on avait terminé la construction du chœur, des deux chapelles latérales et d'une partie de la nef; un emprunt de 20,000 florins, contracté par l'abbaye, servit à couvrir la dépense occasionnée par ce travail. En 1699, on se remit à l'œuvre, et enfin, dans la nuit de la Nativité de Noire-Seigneur, le 2*> décembre 1700, les religieux chaulèrent pour la première fois les offices dans leur nouvel oratoire. Le chronogramme : ContebentI DraConeM (1701), qui est placé aux cotés du maitre-autel, sous les statues de saint Pierre et de saint Paul, rappelle celle date mémorable. Cependant, la consécration du temple n'eut lieu que le 8 juillet 1725. Vers i687, la tour s'affaissa4, en entraînant avec elle une partie du chœur, où elle occasionna une grande crevasse, depuis les fondements jusqu'au loil; la voûte qui surmontait le maitre-autel tomba, et ce qui en resta était tellement endommagé qu'on s'attendait à la voir s'écrouler en enlicr. Tous les architectes désespéraient de réparer ce désastre et concluaient unanimement pour la démolition de la tour. Sous l'abbé Rassery (mort en lf>tt2), trois frères Augustins 5, ou, selon un autre auteur4, un charpentier de Malines, Rombaud Vcrhacgen, père du sculpteur Théodore Verhaegen, entreprirent de redresser la tour; ils y réussirent en faisant creuser sous les fondements derrière le maitre-autel. Celle partie de I edi-

• Histoire de I architecture en Belgique, t. 11, p. 420.

• On voit, dans l'intérieur de la tour, sous la fenêtre inférieure, une pierre portant la date 1664.

J Lettre du profiteur et xrrrrïaire de ïaWxiye Bnios, en date du 9 septembre 1779, écrite à J/. Maria, tevrétaire du conseil prirt à liruxellts, à la Bibliothèque royale, section des manuscrits.

• Bu ni. I r , [i 3(»K

lire s'n baissant peu à peu, on parvint à la redresser. « Ce qu'on remarc que visiblement, ajoute le document que nous suivons, d'autant plus « que la corniche de la tour cl de la partie du chœur qu'elle entraîna est • tout au moins d'un pied plus basse que celle du restant du chœur. > La tour qui fut ainsi sauvée de la destruction étant en fort mauvais état, on la répara, en 1858, à l'aide d'un subside accordé par la province. Ce travail coûta environ 13,000 francs. En parlant de Verhaegen, Haert ajoute qu'il ne fut nullement récompensé et qu'il resta un ouvrier obscur, bien qu'il se fût encore distingué par des inventions très-ingénieuses en mécanique. Le pont tournant prés de la unie, à Malincs, a été fait d'après ses dessins ; on le regarde comme un chef-d'œuvre.

On voit dans la nef de l'église : les Quatre Èvangélistes, par Érasme Qucllyn; Y Élévation delà Croix cl h Résurrection, par Macs; l'Annonciation, par Théodore Van Loon; dans le chœur de la Vierge des Douleurs et de Saint-Joseph : Saint Norbert recevant l 'habit de son ordre, par Jean Van Orley; le Portement de la Croix, toile attribuée à Crayer, et le Triomphe de la Foi, par Quellyn ; dans la chapelle de Saint-Norbert, de Saint-Adrien et de Saint-Jacques :VEtable de Bethléem, par Jean Eyckcns; Y Adoration des Bergers et Y Adoration des Mages, par Van Orley. Sur le maître-autel , qui est magnifique et dont les sculptures sont dues au ciseau de Langhcrmans, on voyait jadis un autre Crayer, l'Ascension, tableau d'un coloris fin et argentin; il se trouve aujourd'hui au Béguinage de Malines et a été remplacé par une Assomption, d'Eyckens

Quatre magnifiques confessionnaux , les plus beaux peut-être qu'il y ait en Belgique, décorés chacun de quatre statues el de médaillons, font corps avec les boiseries de la nef. Ils sontdeVerbruggen.A la décoration de chacun d'eux préside une idée emblématique. Le premier est orné de la statue de la Vigilance, et de celles de saint Paul, le persécuteur converti, de saint Pierre, l'apôtre qui, dans un moment de faiblesse, renia son maître, et desaint Jean l'Évangélisle, le disciple bien-aimé; autour du deuxième sont groupés un personnage rapportant au troupeau l'agneau égaré, l'Enfant prodigue, la Pénitence, la Constance; autour du troisième, on voit la Charité, Saint Jean-Baptiste, le roi David et le Repentir; et, autour du quatrième, la Justice, la Sagesse, la Foi el l'Espérance. Henri- François Verbruggen a aussi sculpté la chaire à prêcher. Deux autels, élevés en 1 72! , décorent les absides des transsepls : à gauche, l'autel de Jésus-Christ agonisant; adroite, celui deSaint-Servais,où l'on voit ce saint terrassant un dragon. Le long des murs du chœur régnent des stalles admirablement sculptées, et dont les détails sont travaillés avec une pré-

1 Vo\o/, les Lettre* dri prélat*, riléM plus haut

vision et une varié té étonnantes. Deux belles statues de Plumier, fa Foi cl l'Espérance, <|iii se trouvent aujourd'hui à Saintc-Gudule à Bruxelles, proviennent de l'église dt> Grimberghe. Entre les stalles et le mailreautel, on voit, d'un côté, le monument funéraire des abbés et celui de madame de Malzen ; de l'autre, celui d'Eugène de Bergues, mort en 1G7I , et celui de la famille Bomrée. Le premier est orné de deux anges portant desécussons aux armes de l'abbé et de l'abbaye; plus bas s'étend un grand rouleau contenant le nom de tous les abbés, d'après lequel nous avons complété (page27>8) la liste donnée par Sanderus; au-dessous est un ange couché, tenant un flambeau renversé ; le chronogramme : Co M pU testent, seD n \ / rrgent | ils pourriront , mais ils ressusciteront), indique l'époque de sa construction, l'année 17 10. Sur le deuxième monument, on

lit : D. 0. N. — ICI GIT — DAME FRANÇOISE-THÉRÈSE — BARON ME DE MALZEN, DOUAIRIÈRE DE — S. EX. Hn OTUON, PRINCE DE GRIMHERGHE , — C" D'ON- GftYBS DE MASTAING, ETC, ETC., — DÉCÉDÈE A MALINES, — LE ôl MARS 1820.

Eugène de Bergues est représenté agenouillé, vêtu d'une cotte armoirice et d'une cuirasse sur laquelle tombe sa longue perruque à la Louis XIV. Jean Leslic, évéque de Ross, conseiller de l'infortunée reine d'Ecosse, Marie Stuart, mort à Bruxelles en lli%, a reçu la sépulture à Grimbergbe. A l'extérieur de l'église, on lit l'inscription suivante : p. e. g. de

FRAVE DE SCIIIPLAEk.EN — A SA MÈRE, DÈCÈDÈE — LE 20 JUILLET 1808.

La sacristie est remarquable par ses dimensions et sa décoration; elle est pavée de belles dalles bleues et blanches, et on n'a employé, pour ses boiseries, que du chêne de Bussie, de première qualité. Dans ces boiseries sont placés des tableaux, et, au-dessus de la corniche, on a peint, en grisaille, des épisodes de la vie de saint Norbert. Le plafond représente l'apothéose de ce bienheureux.

L'église de Grimberghe, que Walter Berlhoul céda à l'abbaye vers l'an i 100, fut séparée du monastère, pour ce qui concernait le service divin , en 1280, mais cette séparation avait été anuulée, au siècle dernier, alors que Goyers annotait Van Gestel. Le curé avait le droit de recueillir les œufs à Pâques, ce qui lui rapportait environ 2 florins; il ne possédait ni dime, ni compétence; la table, les babils, le chauffage cl l'éclairage lui étaient fournis par l'abbaye ; quelques biens et rentes composaient tout son revenu. La cure forme aujourd'hui, ainsi que celle de Borghl, une succursale du doyenné de Vilvordc; elle est de nouveau desservie par les Piémont rés.

Le château des princes. — On ne sait, d'une manière précise, ni où était située la première forteresse des seigneurs de Grimberghe, ni de quelle manière les De Bergues devinrent possesseurs du châleau que leurs successeurs, les Mérode, possèdent encore aujourd'hui. Le véritable

manoir de la branche cadette des Grimberghe se trouvait à Rhode- Saint-Brice, sous Meysse, comme nous le verrons dans le prochain chapitre; quand à la branche aînée, elle se bornait à occuper, lorsqu'elle venait à Grimberghe, un bâtiment faisant partie de l'abbaye et nommé ta maison de Viandcn (domus Vianensis). Selon toutes les probabilités, le manoir qui fut assiégé en 14«8, aura été bâti par les De Bergues qui, très-certainement, occupaient déjà un château à Grimberghe, en l'année V67i. Celui que M. le comte' de 3lérodc-Wcslerloo y possède n'est pas dans une situation favorable. Il occupe un vallon, qu'un parc, ou plutôt un bois, entoure de tous côtés. De grandes allées l'environnent, mais elles sont désertes et négligées. Jacques de Bergues, le premier, agrandit les jardins du château, en achetant, entre autres, un champ de 25 bonniers qui les bornait vers l'est et qui appartenait à l'abbaye de Grimberghe (7 octobre 1620). Mais, à en juger par le dessin que Guillaume De Bruyn a dessiné pour les Custella et prœtoria de Le Roy et qui a été gravé par Harrewyn le manoir luimême resta un édifice d'assez médiocre apparence, et peu en rapport avec l'importance de la seigneurie.

Les travaux exécutés par ordre de la duchesse de Croy-Rœulx lui ont enlevé sa physionomie antique, sans le doter de l'élégance et de la régularité qui relèvent d'ordinaire les constructions modernes. Le comte d'Albert, le prédécesseur de la duchesse, fit aussi travailler au château, qui tombait en ruine; mais son attention se porta davantage sur le parc, qu'il agrandit, et qu'il orna de statues sculptées par Vanderhaegeu. La date 1750, qui se lit sur le revêtement du chemin principal conduisant au château, rappelle les travaux faits à cette époque; celle de l 7'»'>. qui est tracée sur le mur, près du grand escalier, est sans doute un souvenir des événements de cette année.

Le château consiste en trois corps de logis entourant une cour ouverte du quatrième côté, et à laquelle on arrive par un pont, à balustrade de fer; autrefois, ce pont avait cinq arches et aboutissait à une porte flanquée de deux petites tours. Toutes les façades intérieures de la cour datent du temps de la duchesse de Croy-Rœulx s. Elles ont deux rangées de hautes fenêtres; vers l'extérieur, où cependant on a percé partout des ouvertures semblables, l'aspect ancien a subsisté davantage. L'aile faisant face à l'ouest est ornée de deux tours : la première, la plus grande et la plus haute des deux, était autrefois le donjon; son toit, trés-élevé, repose sur une charpente immense et d'une solidité à toute épreuve. La seconde tour, dont le sommet affectait jadis une forme

1 Li: Kot. — Di CàSTiLLus. t H. |>. h>7 * Souvenir* du comte de Mer.xie t. K p. o».

tSO HISTOIRE

dodécagonale, offre celle particularité que la corniche du (oit repose sur de forls modillons, d'un genre très-simple el très-ancien; il en existe de semblables à la façade septentrionale cl à une partie de celle de l'ouest. Cette dernière décrit une courbe et vient se terminer près de l'entrée de la cour ; de ce côté, plusieurs bâtiments, entre autres, la chapelle, font saillie. A l'intérieur, on remarque mieux encore comment les constructions modernes ont été entées sur les anciennes. Des voûtes à nervures croisées existent en plusieurs endroits, et particulièrement au rez-de-chaussée du donjon, dont, le sol doit avoir été considérablement exhaussé, car les chapiteaux auxquels s'appuient les retombées des voûtes ne sont élevés que de quelques pieds. A chaque élage, dans les tours, on trouve de petites chambres qui donnent une parfaite idée de la manière dont nos ancêtres se logeaient : des fenêtres étroites, diminuées encore par des meneaux, n'y laissent pénétrer qu'un jour douteux ; le mur vers l'extérieur est si épais, qu'on pourrait former des cabinets dans les embrasures des fenêtres, et, en effet, ces embrasures doivent avoir été jadis utilisées, puisqu'elles sont bordées de saillies de maçonnerie, simulant des bancs. Ajoutons que ces chambres n'ont qu'un pavement de carreaux, que leurs parois sont simplement badigeonnées, (jue leur hauteur est insuflisante. Les caves du château sont immenses, mais on ne peut plus en parcourir qu'une faible partie, où l'on trouve une cheminée de style renaissance.

Dans deux salles du rez-de-chaussée, à droite, sont placés un grand nombre de portraits, dont la plupart ne portent aucune indication. Cette circonstance est fâcheuse, car on rencontre dans cette galerie plus d'une physionomie guerrière, plus d'une gracieuse figure de femme, pour lesquelles on aime à rêver toute une carrière de gloire, toute une vie de plaisirs. Sept poi trails en pied, représentant autant de chevaliers de la Toison d'or, de la maison de Bergues, dont de longues inscriptions rappellent les litres et les dignités, offrent moins d'intérêt, parce qu'ils paraissent être tous du même temps, et ne peuvent pas, par conséquent, cire aussi vrais, aussi ressemblants. Chacun des sept chevaliers est drapé dans sa robe ronge, doublée de blanc, et a le collier de l'Ordre au cou. Ce sont : Jean, seigneur de Bergues, mort en 1531 ; Corneille, son frère; Maximilien, fils du précédent; Antoine, fils de Jean nommé plus haut, créé comte de Walhain en avril l?»33, et marquis de Bergues au mois de mai suivant; Jean, son lils, qui mourut en Espagne en I3G7; Philippe- François, premier prince de Bergues, et son lils Alphonse-Dominique. On visile encore, au rez-de-chaussée du château, la chapelle, à laquelle était anciennement annexée une chapellenie de Saint-Nicolas, el une salle ornée de scènes flamandes, exécutées dans le genre de Teniers, mais

déplorablemen! endommagées par l'humidité; un grand escalier, qui reçoit la lumière par le haut, conduit à letagc où Ton voit, dans des salles spacieuses, des tableaux de différents genres, et principalement des paysages.

Nootbrke ou Beekkant. — Une partie du château de Grimberghc fut acquise par le comte d'Albert des Romrée ', qui possédaient en cet endroit deux châteaux : Caeluwnt ou Paddenborgt et un petit manoir entouré d'eau, le Speelbroeck, parall-il, qui doit avoir été bâti, au commencement du dix-septième siècle, par les Longin, sur des terrains achetés à différentes personnes. Les Caelmont sont mentionnés dans le poème de la guerre de Grimberghc; leur habitation existait encore eu 1474, alors que maître Antoine Hanneron la relevait des deux seigneurs de Grimberghc; mais elle fut ensuite remplacée par het hoffPaddenborch, (ief qui comprenait parmi ses dépendances un verger appelé Caelmont. Maître Charles de la Verderue succéda à Hanneron, et laissa d'Elisabeth, fille de Philippe de Geldrop, cinq enfants : Charles, Jérôme, Philippe, François, Marie, femme de Gilles Delsamp, et Jacqueline, qui s'allia à François Malapart. Jacques de Liedekcrke acquit d'eux Paddenborgt, et le vendit à Philippe Vcuscls, maître de la chambre des comptes, puis conseiller de Brabant, père de quatre fils qui occupèrent tous de hautes fonctions judiciaires ou religieuses : Guillaume Veusels, doyen de Saint-Pierre à Utrccht, ensuite prévôt de Saint-Scrvais à Maestricht, et enfin membre du grand conseil de Malines; Bernard, président de la chambre des comptes de Brabant, créé chevalier en io'.M); Godefroid, également prévôt de Sainl-Servais, puis membre du conseil privé; et Philippe, conseiller de Brabant. Leur sœur Émcrcntianc épousa , le H septembre 1576, Jean de Romrée, seigneur de Fraiponl et de la Chapelle, gentilhomme de la cour de l'empereur Maximilien II. Son fils, Jean, gentilhomme de la maison des archiducs, créé chevalier en 16:22, et mort en 1656, s'allia à Jeanne de Berchem, et se remaria ensuite à Catherine Scholiers; il joignit aux droits que sa mère lui avait apportés sur Paddenborgt, ceux qu'il acheta de ses cohéritiers, sire Jean Wolffaerl, drossard de Brabant, époux survivant de Marie Hannicart ou Hannaert, nièce de Philippe Vcuscls, messire Pierre Van Homme, et son frère Godefroid, chanoine de Notre-Dame à Anvers (acte du 31 juil-

1 F.en partye erffie ijemeten tuyl diceyhe mn den lierre ijhrure de Itouirre om lr dinn n il tir nirune tren ken aen t catteet r«n dm hêtre prime ran Ghm'enjrn, paleiuic ruyiir„rrt Ugen den domp,. ooilwerl de l.hnebeerl,. W mars iT.tO.

iiisroinn

lef 1025, relief du 1 4 mai 1024). Catherine Scholiers aynnt également des prétentions sur le même bien, en verlu du testament fait par sa mère, Jeanne <le Colosse, le 15 mars 1021, elle eonsentil â ee que Paddenhorgt devint entièrement un bien de la communauté, à la condition qu'il passerait â .son fils, Jean-Charles de Romrèe, n l'exclusion des frères de celui-ci, nés du premier lit (7 janvier 1025); plus tard, son mari lui hypothéqua Paddenborgt pour 29,000 florins, et enfin il lui en céda la propriété absolue (G mai 1650).

Jean-Charles de Romrèe, seigneur de .Mazce, fut communemestre de Matines en 1070, 1077, 1078, 1679 el 1081. De son union avec Lucrèce Van lloof, dame de Caneghem, naquit Pierre-François- Vital , créé comle deRomréclc 12 juin 1728, et qui épousa Anne-Thérèse Bauwens-Vanderboyen. Le fils de ceux-ci, Jcan-Engelbert de Romrèe, comte de Jodoigne, mourut en 1758, après s'être allié avec Jeanne-Isabelle Voequemans, dont il eut le comte Henri-François, mort en 1751 , le comte Philippe- Ferdinand, Philippe-Engelbert, seigneur de Bonheyden , et Isabelle-Thérèse, rcmmedeJcan-Philipped'Yve, vicomte de Bavai. La ferme du château dut à cette dernière alliance le nom de ferme de Dieve, et est devenue la propriété de M. le baron de Coullemont. Le manoir même était en rai ne en 1028 et fut ensuite rebâti par le second comte de Romrèe; il perdit alors l'aspect bizarre qu'il devait à ses bâtiments irréguliers, â ses tours surmontées de flèches renflées en forme de poire, à ses toils crénelés *. Il s'y trouvait une chapelle, qui a disparu avec le restant de l'édifice. Ses possesseurs étaient soumis à une obligation singulière. Lorsque les seigneurs de Crimberghe ordonnaient une exécution capitale, ils devaient faire conduire la potence à l'eudroil du supplice; en retour, leur fermier pouvait confier la garde de ses bestiaux au porcher qu'il préférait B.

Un peu en amont, non loin du *i Crarenmolen , qui doit son nom â ce que les Berlhoul le transmirent aux De Bcrgues, comtes de Grimberghe, on voit la ferme de MieremUmck ou t hoff ter Crommeneammen , qui formait, en 1512, le patrimoine de Pierre Mennens; sa cour censale n'avait pas de sceau commun el se servait de celui des échevins du village; son château a été abattu et aujourd'hui ses fossés remplrs d'eau témoignent seuls de son ancienne importance. Près de là est V liof te Sjm'jcle ou ferme an Miroir, qui, en 1474, appartenait à une dame

1 Uno vue île l'ancien château se trouve dans Ll Hov, CaUelta et pnttoria, et dans Ik C».v TU LOS. I. c, t. II, p. ISO.

1 Dm f'otm ftfl gerirhte te ni'Wn rutrtn , tne winnrer die heercn tut Gr'j'H'ter'jcn juttilie éotn , 1er plaetten ilaer die futtUft <ie'i?url, en den pa> titer heefl he( recht ran syne btuten duen hm len nnJer «eaf i>r>/nlere dot hem gelUfi. Acte ilo l'année IGï.j, cite dans le texte.

nommée Marguerite Vandenspiegele. Elle fut longlcmps relevée de la cour féodale des deux seigneurs de Grimberglie, en même lemps que Vhoff te Weerde, une cour féodale el une cour censale avec juridiction. Vhoff te Weerde passa ensuite à l'abbaye de Grimberglie, qui, de ce côté, mais un peu plus au nord, posséda aussi Vhoff ter fiiest ou ferme aux Joncs, déjà mentionnée en 1284.

Entre l'abbaye et le vaste plateau nommé la Weezenhaghe , il y eut anciennement un petit castel appelé 't hof te fiatenborch *. En 15ÎM), on rappelle qu'en cet endroit a existé un colombier, et, en 1 (»97, son emplacement était converti en un verger. Il doit avoir été détruit et ses dépendances morcelées, antérieurement à l'année t.'iiO; quelque temps auparavant, Giselbcrt de Balenborcb acquit de sire Jean Van llelmont une cour féodale el des cens, situés à Grimberglie. La fermcditeG/mirfcr/rie/c/i se forma sans doute des débris de la fortune des IJatenborch. A l'endroit où M. Wecmacls a bâti une maison de campagne , appartenant actuellement à M. d'Ovcrseliie, il y a eu une carrière dont les pierres ont servi à la construction del'église; en y travaillant, des ouvriers trouvèrent une source d'une limpidité extraordinaire, dont ils ornèrent le dégorgeoir d'une pierre offrant la représentation d'une grenouille (en flamand, vorsch). Plus lard, les religieux convertirent ce lieu en un ebarmant parc de hêtres, qui a disparu lors de la vente des biens du clergé. La source existe encore : elle se trouve dans les caves de la villa de M. d'Ovcrseliie cl est remarquable par la bonté de son eau. Dans la vallée, au milieu de fossés entourés de prairies, on voit un bâtiment à pignons en escaliers, à croisées bautes, étroites el divisées par des meneaux de pierre; sur la porte d'entrée est marquée la date 1741 . C'est l'ancienne Tommenhof ou ferme de Verlteyden, qui prit ces noms aux Vanderlommcn, et à un fermier à qui elle a appartenu ; depuis, elle fut acbcléc par le général Jacqueminol, et actuellement elle fait partie des propriétés des llelman de Grimberghe. Cette famille a aussi aclielé le Voorste molen ou Tommenmolen, dont l'abbaye de Grimberglie revendiqua la possession, en lo75, pour défaut de payement de cens. Quant au Liermolen ou Middel-molen, le même monastère l'acquit, en 1.142, de Daniel de Liere et de sa tille Catherine.

Oyenbrugge. — En suivant les rives de la Wacrbeke, on rencontre une vieille habitation entourée d'eau, et dont les bâtiments forment un carré irrégulier. C'est le manoir de Poddeghem. En 1474, Béatrix Van Musene ou Muysen, veuve de sire Nicolas de Heetveldc, tenait en fief des

1 Dm hoir ran Hatenl'orrh mmnuU fyin m Ufrr <i*n dut dam du clnf\ter* fin (irym-

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deux seigneurs de Grimbcrghe une habitation de pierres, une tour, un moulin, 12 bonniers de terres, 4 bonniers de prairies, 14 vassaux possédant ensemble 50 bonniers, un cens, etc. ; le revenu de celte tenurc était évalué par an à 60 sacs de seigle, mesure de Bruxelles, et à 61 peeters. Le chevalier de Heetveldc était mort le 50 juin 1404, après avoir été plusieurs fois échevin et bourgmestre de Bruxelles; il avait été créé chevalier de Chypre en 1455, et était devenu, le 7 mai 1459, seigneur de Corbais, par achat fait a Jean de Chastre. Son fils, sire Nicolas, fut, à Bruxelles, l'un des chefs du parti populaire pendant le régne agité de Marie et de Maximilien; après avoir siégé, de 1477 à 1479, parmi Tes maîtres de la police de cette ville, il fut nommé échevin, en 1482, et fit partie de l'assemblée des États Généraux où on discuta la question de la tutelle des enfants de Marie. Maximilien, qui craignait sans doute ses talents et son influence, le fit arrêter, puis décapiter à Vilvordc, le 10 janvier 1484. Son second fils, Jean de Heetveldc, hérita Poddeghem, que sa petite-fille, Catherine, fille de Thicrri, porta en mariage à Guillaume de Baronage. Deux des enfants de ceux-ci : Henri cl Lamoral de Baronage relevèrent successivement Poddeghem, le 25 mai 1569 cl le 13 novembre 1581 ; leur nièce Louise de Baronage, morte en 1686, épousa Hélénus-Mencius de Riedwyck, mort en 1 654, et laissa Poddeghem à son fils Aluni-Adrien, seigneur de Fontaines, Linghcm, etc., mort en 1694; Marie-Claire-Louise, fille de ce dernier, épousa Jean-Jacques de Brouchoven, baron de Puttc, de qui elle eut Marie-Madeleine, femme de Charles-Louis Vanderstegcn, mort en 1745, et dont la postérité possède encore l'ancien fief des Heetvelde.

A partir de Poddeghem, les habitations deviennent plus nombreuses et plus rapprochées; elles forment le hameau dit d'Oyenbrugge (le pont des Brebis), d'après un château dont le nom a jeté quelque éclat. Les généalogies des Oyenbrugge sont malheureusement douteuses, pour ce qui concerne ks premières générations, et on doit regarder comme un personnage fictif, pâle imitation du Nestor de l'Iliade, l'Arnoul d'Oycnbrugge, qui, dans le poëme de la guerre de Grimbcrghe, se fail distinguer par sa prudence et par son savoir. Les Oyenbrugge portaient fascé d'or et de sinople de dix pièces.

Dans un diplôme de Gérard IV de Grimbcrghe, apparaissent Arnoul d'Oyenbrugge et son fils Henri. Jean d'Oyenbrugge, lils de Guillaume et de Catherine, promit, le 26 septembre 1558, de partager son patrimoine, sauf les fiefs qu'il tenait de la cour féodale de Grimbcrghe, avec, ses sœurs Catherine et Elisabeth, qui épousèrent, dans la suite, Guillaume de Bossuyt et Égide Vandcrsprcct. Après lui vinrent Jean , Othon, Jean, Jossc et Engelbert d'Oyenbrugge, qui se transmirent, de père en fils, le

Maooîr de leurs ancêtres; Jean, (ils d'Olhon, combnitil au tournoi de Bruxelles, qui eut lieu le 18 août 1477, à l'occasion du mariage de Maximilicn d'Autriche et de Marie de Bourgogne. Engelbert fut d rossa rd cl stadliouder du pays de Grimbcrghe au nom des Nassau, et acheta A Marie Vandernoot, femme de messire Pierre Wasservas, la moitié du bien d'Oyenbrugge, que les Vandernoot possédaient depuis plusieurs générations i ~ juillet 1528). Il mourut très-Agé, laissant de sa femme Catherine T'Seraerts dite Heenkenshool : Philippe-René, qui suit; Antoine, abbé de Grimbcrghe; Conrad, chanoine de Notre-Dame à Tournai, cl qui, en l.?>80, fut nommé évéque de celle ville par les Étals Généraux, mais sans pouvoir obtenir l'approbation de sa nomination par la cour de Home; François, seigneur de Milse; Anne, femme d'un valeureux capitaine, messire Claude de la Bourlolte, et plusieurs filles qui prirent le voile.

De Philippe-René, qui releva Oycnbrugge le 7 juillet 1568, naquit Gérard; ce gentilhomme fut créé chevalier en 162b' et nommé bourgmestre de Bruxelles en 1653. Il s'allia à Philippine de Ligne, dame de $trihoulet d'Oudemolen. Leur fils Érard leur succéda en 1647, et, comme il ne laissa pas de postérité, son héritage passa aux enfants de son frère Godefroid, capitaine d'infanterie, et d'Anne-Marie d'Oyenbrugge de Duras, baronne de Meldert : Philippe-René (r. du 23 novembre 1647), mort en 1661 ; Engelbert-François, baron de Meldert après son frère aîné, mort en 1681, et Charles-René, seigneur d'Oyenbrugge et de Lin- Ihout, mort en 1678. L'union de ce dernier et d'Antoinette d'Oyenbrugge de Duras étant restée stérile, il laissa par son testament, en date du «décembre 1678, la seigneurie de Linthout îi sa femme, en l'autorisant à eu disposer à son gré; tous ses autres biens devaient appartenir a messire Guillaume-Dominique d'Oyenbrugge de Duras, lils de son beaufrère Gérard, créé baron de Roost le 50 août 1651, et de Marie-Florence d'Eldercn ; si Guillaume mourait sans postérité, ses frères, et après eux les enfants d'Engelbert-Érard, frère de Gérard, devaient hériter des tiefs d'Oyenbrugge.

Le deuxième baron de Roost fut gentilhomme de la chambre des électeurs de Bavière et de Cologne, et brigadier des troupes du premier de ces princes. Il maria sa fille Marie-Anne-Louise, qu'il eut de Marie- Isabelle de Gronde, à messire Jean-Baptiste de Cassai, seigneur de Fischbach, conseiller d'èpéc au conseil de Luxembourg (10 juin 1715). Le lli novembre 1754, le conseil de Brabant adjugea Oycnbrugge à Aune-Marie, comtesse de Haudion, et à sa sœur Anne-Louise, douairière deMaximilien-Hcnri, comle de Berlodellozémonl. La première en retint seule la possession, par suite d'un partage fuit le 27 janvier 1767, et le

insToinp.

donna a son neveu, messirc Charlcs-Florent-Josepli , comte de .Maldeghem, qu'elle institua pour son héritier universel, le 25 septembre 17flf». Celui-ci, à son tour, vendit le château, la ferme, la brasserie, le moulin â eau, sans la seigneurie toutefois, au vicomte de Grimbcrglic (lettre féodale du 23 novembre 1781).

Le fief d'Oyenbrugge, qui relevait des deux seigneurs de Grimberghe, avait droit de moyenne et de basse justice; il comprenait, dans les derniers temps, 65 bonniers,ct,entreaulres,uneparcelle de 2!» bonniers, bornée au nord-ouest par le ruisseau, et s'étendant au nord-est le long du chemin allant de Vilvordc â Humbeek, jusqu'à un champ appelé de C.lettseussels , la prairie de V Ermitage, parce qu'en cet endroit avait vécu un reclus '. Là se trouvait le château, qui consistait en un corps de logis entouré d'eau, garni de tourelles do tourne ronde à chacun de ses angles, et recevant le jour par de hautes fenêtres à meneaux croisés*; il est aujourd'hui entièrement démoli. Sa ferraeétait également entourée d'eau. Le 25 juin 1782, l'archevêque de Mnlincs autorisa la destruction de la chapelle, qui était dédiée à sainte Anne, cl où l'on disait la messe quatre fois par semaine, et il consentit à ce que l'on transférât les services religieux qui s'y disaient, en partie dans l'église paroissiale, en partie dans l'oraloiredu château dcTer-Tommen,avec la restriction, qu'en ce dernier endroit, la messe ne serait dite que pour le vicomte deGrimberghe. Le moulin h eau d'Oyenbrugge ou Vriesen molen, qui appartient à M. Timmermans, actuellement bourgmestre de la commune, était d'abord un moulin à huile (slachmolen) ; il fut transforme en moulin à blé, à la demande de Philippe-René d'Oyenbrugge, qui, ainsi que ses successeurs, payait pour celte concession un cens d'un sou de Louvain et d'un chapon aux seigneurs de Grimberghe. Lors de la vente du château, l'acquéreur obtint le droit de prendre l'eau du ruisseau pour nettoyer ses étangs; par contre, il devait laisser vider ceux-ci, lorsque des réparations à l'usine étaient nécessaires. Le droit de planter des arbres le long du ruisseau, depuis le pont de pierres d'Oyenbrugge jusqu'à Y ho f van Lier, et le droit d'avoir une cour ccnsale et une cour féodale ne furent pas compris dans la vente du château, et il fui déclaré que les deux cours continueraient à siéger dans la chambre de la ferme où elles se réunissaient d'ordinaire. Au milieudes champs, on voit la villa que M. le notaire Barbé a fait bâtir.

Van Heelu, dans son poëme de la bataille de Wocringcn, raconte en ces termes un des épisodes de cette terrible journée : « Au plus fort du com- • bal, quand le seigneur de Malines, Waller Berlhoul, aperçut le due

• C'est ce que l'on appelle A'Ou.le clwjte MM (hj'n'>rug>je dans un acte de I5Î8. ' l.r. Roy, I c — I>j: Cumins, I r . p l'.7.

« Jean Ier pressé de tous côtés par les ennemis, il donna de l'éperon ù son « coursier et se précipita la lance en avant. Grâce à la force cl ù l'impé- * luositc de son cheval, il enfonça la ligne ennemie et parvint a lu tra- « verser tout entière; mais, parmi les gens de sa troupe, bieu peu « réussirent à le suivre : les Masctendre et les Ruire (les habitants des « rives de la .Meuse et de la Roer), qui se tenaient en arrière, comme « des vautours, pour garder le butin, s'étant aperçus qu'il était presque « seul, se jetèrent sur lui. 11 se défendit chcvalereusement et, à l'exem- « pie des preux dont il était descendu, il refusa de se rendre, et tomba ■ bientôt, frappé d'une blessure mortelle. Un chevalier bachelier, brave « cl audacieux, combattait à ses côtés; il fut enlin forcé de se déclarer « vaincu, et mourut en captivité, de ses blessures. On le nommait Guil- « laume de Liere ; aucun autre, sauf deux ou trois sergenls, n'avait pu < suivre Berlhout. »

Ce vaillant Brabançon qui, sous le nom de Guillaume de Lira, chevalier, signe eu 1285 une charte de sa suzeraine Marie de Vianden, habitait ù Grimbergheun manoir situé vis-à-vis de celui d'Oyenbrugge. Thofvan Lier, qui est démoli depuis quelques années, à l'exception d'un petit bâtiment paraissant avoir servi de remise, relevait des deux seigneurs de Grimbcrghc cl comprenait 40 bouniers, une cour féodale de 9 hommages, une cour censale ayant droit d'adhériler et de déshériter, etc. Arnoul de Lyra était vassal du comte de Vianden, en 1267; sire Jean et sire Daniel de Lyra furent sommés par le comte Louis de Mule de se rendre à Corlenberg le 27 août 1356. Après la mort de sire Guillaume Vanderlommcn, son lils naturel Guillaume et Jean Van Lalhem se disputèrent son héritage. Le premier obtint enlin, par partage, 17<o/' le Liere et la ferme de Dieyem, à Grimberghe, qu'il possédait encore en H46. Le 1" octobre 1430, lui et sa femme Elisabeth, fille de Jean Kerreman, déclarèrent qu'ils assigneraient à chacun de leurs enfants une portion égale dans leurs biens, sauf que leurs fils Gaspar, Égide et Jean auraient, en avant-part, Vhof te Liere. Vers cette époque, le fief passa a une branche de la famille d'Ophem : Henri, Jean et Catherine, enfants de Guillaume d'Ophem, le possédaient en 4142-1445, et, après Jean d'Ophem, il passa à maître Simon Longin. Laurent, fils de celui-ci, le laissa à son iils cadet Antoine (r. du 10 juin 1553), père d'Antoine Longin (r. du 4 février 1 1*715), que le prince de Parme nomma drossard, lieutenant des liefs et sladhoudcr de la (erre de Grimberghe, le 31 décembre \ '384. Plus tard, nous voyons messire Oclavien Vandertommeu, lils de Pierre, seigueur de Lindeii, hypothéquer le lief de Liere (l!> mai 1618), qui passa ensuilc ù sa sœur Anne, femme de messire Jean Vanderbeeckcn-Paslccl, seigneur d'Op-Linler

(r. du 1) janvier 161 i)). Les Longin le revcadiquèrenl ensuite; Guillaume de Longin, qui mourut en 1653, ic posséda, ainsi que ses enfants Guillaume, gentilhomme du cardinal Delhagnc, mort en 1 675 ; Jacques, en pi litiiie de cavalerie, et Marie-Anne, morte en 16!)2, après avoir épousé Alexandre Leeomte, capitaine d'infanterie, puis Ignace Thibaut, châtelain de Vilvorde, mort en 1691. Guillaumc*Hyacinthe Lccomte, lils de Marie-Anne, fut aussi seigneur de Liere.

Lorsque Waltcr Vandenhischopdomme et son frère, le chevalier Jean, se partagèrent les biens de leur oncle Guillaume, une ferme située à Grimbcrghc et un bien à Oyenbrugge échurent au second (8 juillet 1365). Ils passèrent depuis, ainsi qu'une propriété d'Olhon d'Eppeghem, ù l'abbaye de Grimbcrghc, ainsi que l'atteste un acte de l'année 1455, et servirent sans doute à former Ut ferme de Charleroi (aujourd'hui la ferme V'erlindeit), qui appartenait à cette communauté religieuse.

En 1474, Engelberl Vaudcubroecke, et, en 1525, sire Adrien Vandenbroecke dit Musschc, possédaient 17";//' te Boxhem ou Loxhem, qui relevait de la cour féodale de Grimberghe-Nassau ; ce manoir avait un tribunal de tenanciers jurés, qui se servait du sceau des cchevins du village. Gilles de Gottignies, neveu de sire Adrien, lui succéda (relief du 7 octobre 1553); vinrent ensuite Corneille, fils de Gilles (r. du 6 avril 1565-1566), et les héritiers de Corneille. Le 3 octobre 1585, messire Josse de Voochl Van Rinnevelt ou ReyncvcU, seigneur de Khode-Saintc-Agathc, Oltcnbourg, Nelhene, capitaine de deux compagnies d'Allemands, et sa femme, Marie d'Assonleville, achetèrent le fief à Lancelot, fils du chevalier Gilles de Gottignies (r. du 7 mars 1586). Messire Philippe T'Serclaes l'acquit ensuite en épousant la veuve de De Vooght, et le laissa à Marie de T'Serclaes, femme de sire Henri de Fourneau, seigneur de Salmslacht. Par testament, en date du 24 septembre 161)7, messire Louis de Fourneau, seigneur de Salmslacht, légua à une dame nommée Lucie le livre ccnsal de 12 tenanciers, dit de Boxhem, avec le droit d'adhériler et de déshériter, une ferme située près du château de Grimbcrghc, et comprenant 4 bonniers, etc. Dans d'anciens actes de location, on voit que le fermier de Hoxhem recevait tous les ans de son maître quatre aunes de drap, à 12 sous l'aune, pour s'en faire un habit de livrée (24 février 1516).

IlEYENBF.kR. — Lorsqu'on construisit le canal de Willebroeck, plusieurs lenures féodales furent ébréchées ; d'autres subirent, vers leinème temps, un morecllemenl complet. De ce nombre furent Yhof van Gestelc, que Gilles Van Geslel tenait en fief des deux seigneurs, avec 41 bonniers, en 1474; Yhof te Laethem, Yhof ten Uove, dont l'emplacement n'était plus occupé, en 1510, que par une maison ordinaire, etc.

En 1448, vivaient Jean et Waltcr, fils de Walter de Lathem et de Marie de Bouchoul, et leurs sœurs Marguerite et Elisabeth, qui épousèrent deux frères, Walter et Pierre de Quaderebbe. Le manoir de cette famille, qui était situé à Heyenbeke, près du ruisseau, appartenait : en 1474, a Walter de Lathem; en 1506, à Marguerite S'Neven , veuve d'Arnoul de Lalhem, et, en 151 G, à Gilles de Lathem. Corneille, fils de maître Jean de Lathem, époux de Harbe Rrant, le laissa à son fils Arnoul (relief du 6 mars 4559), 'dont les frères Jean (r. du 17 février 1570-1571) et Charles, seigneur de Court-Saint-Étiennc (r. du 13 février 1581), se le transmirent ensuite. De ce manoir dépendaient 12 hommages, comprenant ensemble 7 bonniers de terre et de prairies; une terre ccnsale, qui n'avait pas de sceau commun; un cens de 14 deniers et de 4 chapons, etc. Le moulin de Lathem ou Houmolen fut d'abord possédé par une famillo portant ce dernier nom. Suivant le chantre des Berthout, ce fut un Yandcrhoumolcn qui commença la célèbre bataille au berceau; JeanVandcrhoumolen payait pour ce moulin, en 1429, une redevance de 19 sacs de seigle au seigneur de Bergues; il appartint ensuite à Gérard Vanderhoumolen. Les héritiers du chevalier Walfer de Lathem le vendirent, avec le quart d'une dlme dite la ditne de Lathem ou du Uouwmolen, à Engclbert d'Oyenbruggc. Le 29 juillet 1556, la ville de Bruxelles acheta ce moulin à Nicolas Micault, moyennant 544 florins du Rhin et une redevance de 1 4 sacs de seigle, rachetable pour 1 ,1 20 florins du Rhin ; l'usint fut alors détruite et n'a plus été rétablie; en l'année 1627, la chute d'eai appartenait encore à la ville. Celle-ci , afin de conserver à Grimbcrgln sa communication directe avec Malines, a fait jeter sur le canal un poni qui, dès l'année 1577, avait été endommagé par la garnison de Vilvorde; il fut incendié peu de temps après et prit de là le nom de Pont-brûlé.

A cet endroit, près de la digue orientale du canal, on voit la maison de campagne qui appartenait au siècle dernier au chanoine Powis, et qui tout récemment a été vendue par M. le comte de Villers à M. Pangaert. Plus loin, sur la même rive du canal, se trouve l'habitation de M. J.-B. Demeure, de Bruxelles, qui est précédée d'une quadruple allée d'arbres, -\ l'entrée de laquelle s'élève un filleul plusieurs fois séculaire. C'était autrefois une ferme de l'abbaye de Grimbcrghe; elle portait le nom de Vroeneveld ', cl fut quelque temps possédée par Tort de la Sonde, qui voulut, en l'an VI, y établir une blanchisserie de toile; cet aventurier français, né a Monlauban, fut d'abord l'homme d'affaires du duc de Guines; après avoir joué un rôle dans la révolution brabançonne, il

I En 1V7V, Jean dOphem releva des deux seigneurs de Grimberghe le fief do Yrotnrtlde. qui consistait en une tour féodale de \ \ hommages et un ceus de deniers de Lmi vain.

devint un des fournisseurs des armées de la France républicaine, et accumula rapidement une immense fortune; accusé de dilapidation des deniers publics, de complicité avec Dumouricz, et de correspondance avec Metternicb, il parvint à conjurer cet orage; plus lard, après la seconde invasion de la Belgique, il eut encore des démêlés judiciaires avec le Directoire exécutif, qu'il accusa d'oppression à son égard, el il mourut enlin dans l'oubli ».

Avant la construction du canal, tous les environs de Vrocncveld n'offraient qu'une vaste étendue de bois et de bruyères. C'est de ce côte que l'abbaye de Grimberghe avait presque tous ses bois; on doit placer là, sans* doute, les 71 bonniers de bois, situés au lieu dit Asachebroeck, que Marie, comtesse de Viandcn, et son lils Godcfroid vendirent aux religieux en l'année 1278. De l'autre côté du canal, à l'ouest, la campagne porte encore le nom de Heyde ou Bruyère 4 ; elle doit cependant avoir été défriebée dès le quatorzième siècle, époque où l'on y avait déjà construit la ferme de Diegem, celle de Saint-Nicolas et le château de Liât.

La carrière dite le trou de Diegem, de Diegem put, indique seule l'endroit où se trouvait l'habitation portant le même nom, et qui formait, avec 15 bonniers de terres et 13 journaux de prairies, un lief tenu des deux seigneurs de Grimberghe; Gaspard Gilles Yandertommen la relevèrent eu 1474, et les enfants de Jean de Heelvelde, au siècle suivant, lin mai 1351, ÉlisHbetli de Lecfdalc, dame de Grimberghe el de Pelersbem, vendit à Guillaume Van Maele, bourgeois de Bruxelles, un bien allodial appelé Ter-Heyden, qui avait appartenu à Jean de Wyueghcm cl qui comprenait 33 bonniers! journal, tenus ù cens moyennant 17 esealins par an par bonnicr. Van Maele le céda, avec la formalité du don de la glèbe et du rameau (met resschc en met rite), et en présence des francs-alleutiers (eyghen ghenoete) de Grimberghe, à la table des pauvres de la paroisse de Saint-Nicolas à Bruxelles (mi-avril 1558). Près de la ferme à laquelle celle dernière institution a laissé son nom, s'est formé de nos jours le hameau portant la dénomination de Rycken Iloek (le coin riche), habité par de petits cultivateurs très-peu aisés. Disons, à te propos, que les pauvres de la paroisse de Sainle-Gudulc à Bruxelles possèdent aussi des biens à Grimberghe, en vertu du don que leur fit Bodolphe Tayc, le 28 juillet 1358, d'un lief tenu des seigneurs de Grimberghe cl consistant en 10 bonniers de terres, el en un cens annuel de

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Itn <le lhy,/c. XVi« s.(*le.

8 livres 12 sous 4 deniers torrekeits de Maestriehl, île U» sous monnaie courante, de S chapons, de 80 oies et de 1 ,080 o*ufs.

Linth (le Tilleul) a été le berceau d'une famille noble du même nom. Le chevalier Jean de Lint ligure, en 1267, comme vassal du comte de Vianden, et le chevalier Guillaume de Lint acheta, en 1 284, «les fiels situés â Grimberghe,près des biens de sire Simon de Jodoigne. Eu 15%, le chevalier Daniel Vandcrtommcn hypothéqua Y ho f ter Lint qui, avant lui, avait appartenu à sire Jean de Hoobergen. Jean Hoels devint possesseur de ce bien par son mariage avec Catherine, fille de Guillaume de Rouchout, cl le vendit <t Jean de Muyscn, en faveur de qui les chevaliers Daniel et Egide de Rouchout, oncles de Catherine, renoncèrent à leurs prétentions, en 1406. Réatrix de Muyscn s'allia, comme nous l'avons vu, à sire Nicolas de Heclvelde, et, plus lard, Linth reconnut pour maître Philippe Hanneton, chevalier, secrétaire au grand conseil de Malincs en 1494, premier secrétaire audiencier en 1517, et secrétaire de la Toison d'or en 1320; ce magistrat montra beaucoup d'habileté dans les négociations dont il fut chargé et laissa une histoire manuscrite des traités du roi Louis XII. Il mourut le 18 avril 1528, après avoir eu de sa femme Marguerite Numan : Jean, prévôt de Deventer, mort en Iîia9; Charles, \ et Marguerite, femme de Jean de Masnuy, seigneur de Lompret. A cette époque, le 15 mars 1àô.j-lîi56, une tempête effroyable ravagea le pays de Grimbcrghe, la Flandre, et les contrées voisines, et y lit des dégâts épouvantables, surtout entre Linth et Eppeghem. A Linth, dit une chronique du temps, il arriva une foule de choses merveilleuses qu'on n'avait jamais ni vues, ni entendues; une maison, entre autres, fut enlevée par le diable et jetée dans un étang, sur une barque. Maître Charles Hanneton, dont la demeure fut le théâtre de ces prodiges, était secrétaire de l'empereur Charles-Quint; il mourut en I :>60,après s'être allié a MaximilienneRilllaert,à qui maître Hennés Van Wingcne, docteur en droit, membre du conseil privé, acheta le lief de Linth (relief du 3 mars 1561la62), qu'il laissa à son lils, maître Jean (r. du 13 mai 1373), et que celui-ci légua à sa fille Anne, femme de sire Philippe Roisschot, prévôt général de l'hôtel du roi, qui épousa ensuite Jeanne de Horion. Les enfants de Philippe et de sa première femme : messire Godefroid de Roisschot, cornette d'une compagnie de cavalerie; Catherine, veuve de maître Charles Vendoca, seigneur de Virdesacques; Anne, veuve de Jean de la Faillie, seigneur de Saincles, maire de Valenciennes; Ferdinandc, femme du capitaine René de Grysperre, seigneur d'Yegcm; Marie-Anne, et Antoinette, femme de maître Pierre de Viron, vendirent, le 17 octobre 1654, la ferme et les biens de Linth à sire Edouard de Rerthy, secrétaire du conseil privé, et a Catherine Clockman, sa femme. Doio-

ir.a nisToma

Ihéc de Berthy épousa Chrétien de Brouekhovcn, seigneur de Vecliel et d'Erp, mort en 1661. Messirc Lancelot de Gotlignies, seigneur de la Haye, acquit ensuite le lief, qui fut retraité, le 12 novembre 4089, par Nicolas de Brouekhovcn, greffier deslinanecs, troisième (ils du premier comte de Bergeyck, et de la veuve du célèbre Rubcns. Ce gentilhomme mourut en 4710; il avait eu de Maric-lsabcllc Dospomcreaux quatre lils qui se distinguèrent tous au service d'Espagne, à l'exemple du chef de leur famille : Jean-Nicolas, mestre de camp, mort à Paris; Hyacinthe- Joseph, capitaine d'infanterie, tué au siège de la citadelle de Tournai, le 12 octobre 1709 ; Henri, baron de Hovc, seigneur de Lintb, mort le 21) avril 1701, et Hyacinthe-Joseph, successivement mestre de camp, colonel du régiment Royal-Wallon, brigadier et lieutenant général, mort en 1707. Thérèse-Françoise, fille du baron de Hove et de Maric-lsabcllc Vandevelde, eut successivement deux époux, Jean-Baptiste de Brouckhoven, baron de Leefdael, dont une des filles porta l'héritage de ses parents aux Liedekerke, et Honoré De Visscher de Celles, qui se distingua dans les guerres de Bohème, en 1757.

Le château deLinth est une grande construction irrégulière, entourée d'eaux et de bouquets d'arbres; on y remarque une tourelle isolée, de forme octogonale, surmontée par un (oit aigu, et construite en briques, à l'exception des cordons qui sont de pierres blanches; c'était autrefois le donjon ou la prison; aujourd'hui on Ta peuplée de pigeons. Il y avait anciennement à Linth une chapelle de la Sainte-Trinité, où l'on disait la messe trois fois par semaine. Au siècle dernier, on établit dans le château une école française, en vertu d'une permission du duc de Croy, datée du 22 décembre 1705. Le fief, consistant en 23 ou 24 bonniers, relevait des deux seigneurs de Grimbcrghe; il comprenait, entre autres, un petit bois appelé le Lois des Aunes.

Les seigneurs de Linth possédèrent aussi, pendant plusieurs généralions, Vhoff ten Damme, qui formait un fief relevant des deux seigneurs de Grimbcrghe, avec une cour féodale et une cour censale. La famille Danool en était en possession au seizième siècle, et la transmit aux Van Bii'straten. Dans la suite, elle fut saisie sur Jean de Fraye, et vendue en vertu d'un décret du conseil deBrabant, du 23 février 1595, à maître Jean Van Wingcnc, alors vice-chancelier de Brabant. Le \li septembre 1025, Philippe de Boisschot céda la cour féodale et la cour censale de Tcn-Damme à maître Nicolas Quislhout, greffier de Grimbcrghe. Nous ne savons quelle était la situation de ce bien, non plus que celle de la Vrauchns hoeve ou ferme des Dames (XVIe siècle) et de la ferme dite Tempête (1570). Mentionnons ici, avant de terminer, Vhoff te Potaerde, prés do Bcver, appartenant à la famille Mérode; de stede vuu I lever? , a

Noolbcke (1340); la S'Clercxltoeve, à Oyenbruggc (1543), encore connue aujourd'hui sous le nom (le ferme de Klerr.lchove , el la Mollenhove ou hueve rem Mollem, qui se trouvait entre Poddcgcm et Linth (loi fi, 4597).

Beyciiem — Il serait assez difficile de découvrir la raison pour laquelle le petit M'ilagc de Beyghcm (la demeure de l'Abeille), qui est pour ainsi dire entouré par les grandes communes de Grimberghe et de Meysse, et qui reconnaissait comme elles l'autorité des Bcrthout, a eu, de temps immémorial, un éclievinage particulier. Cela provient, très-probablement , de ce (pic le patronat de son église n'appartenait pas a la même communauté que celui des églises environnantes; la paroisse, n'ayant rien de commun avec ses voisines, y a créé à l'autorité civile une existence également distincte.

Les écbcvinsêtaient nommés par les seigneurs de Grimberghe-Nassau ; ils allaient à chef de sens à Grimberghe, et avaient, dans leur sceau, les armoiries des Bcrthout, Péeusson à la fasce, chargé d'un sautoir, avec la légende : s. SGABIROKUH de BEYGHB. Le greffe de Bruxelles possède leurs registres aux contrats pour les années 15*>4 à lîifi4, 1570 à IJiî);»,et pour les temps postérieurs; leurs cahiers de sentences (terminationum), dont le plus ancien commence au 20 février 1530-1531, et un grand nombre d'autres archives.

La commune souffrit énormément des guerres de religion; l'église fui brûlée, ainsi que toutes les fermes. Afin de se procurer les moyens d'avoir un curé et de venir au secours de la table du Saint-Esprit, les maire,

« Beyghem (flfinjrm, 1160; lleiengem, 1212 ; IkegUn, 123 ? ; Deighem. 1 284 ; fiyrghem, 1460; llr^tjhem, 1436; liewjem, 1491; Btfdtgm, i:i30). commune du canton de Wolvcrthem. à i 1/4 I. au N. de Bruxelles.

Territoire : En 1686, te village comprenait 344 honniers, dont 315 de terres et 29 de prairies; le revenu imposable s'élevait à 6.519 florins. En 1 RVlî. sur une étendue de 388 hectares, on } trouvait 199 h. cultivés en céréales, 34 h. cultives en plantes industrielles, 67 h. Cultivé* en racines et fourrages. 18 h. de prairies, 6 h de vergers, 3 h. de jardins potagers. 65 h. de terrains vagues. La verge linéaire avait 17 1/3 pieds de Bruxelles.

Nombre d'habitat ion* : En 1435,51; en 1480, 26; en 1525,37; en 1686. 36 métairies, 1 maison de campagne. 1 brasserie, 3 auberges, 1 forge, des termes; en 1816. 109 maisons, dont 5 inhabitées.

Population : En 1786, 323 habitants; en l'an VIII, 50k; au 31 décembre 1831. 511; au 13 novembre 1846, 584. formant 104 ménages ; 97 enfants recevaient l'instruction et 117 per sonnes les secours de la bienfaisance.

Industrie : 1 moulin a w nt, 1 distillerie.

Ihpemlancti : Le hameau do Ceuppen» dries.

Les registres de l'état civil commencent, pour les naissances, en 1632; pour les mariages, eu I63J; pour les decés. en 1G64. 11 existe aux archives communales un ancien katrlboerk.

tM IIISTOIRF.

échevins, mailles d'église, maîtres des pauvres et autres habitants résolurent de veudre quelques parcelles des biens de l'église, de la cure et des pauvres; mais, comme le prix du grain s'était maintenu, pendant plus d'une année, au-dessus de 5 florins le seticr, somme énorme poulie temps, cl que, faute de ressources, les habitants laissaient en friche la plus grande partie des terres, on ne trouva pas d'acheteurs. Les propriétés étaient tombées à si bas prix, qu'on cédait un bonnier de terre à Grimbergbc pour 80, a Meysse pour 70, à llumbeek pour 00 florins; ce fut comme pour donner un témoignage particulier d'affection au village que messirc Jean de Bourgogne, seigneur de Fonlis, consentit à acquérir : au prolit de l'église et moyennant 23 florins, un journal de terre, et, moyennant 40 florins, une redevance d'un muid de seigle; pour l'entretien d'un curé, que l'on n'aurait pas obtenu sans cela, un journal et demi, qui fut payé 57 florins; et enfui, pour les pauvres et moyennant 2a florins, une redevance d'un sac de seigle (27 avril I -J8C). Cet acte, qui témoigne de l'étal affreux dans lequel se trouvait alors le pays, est signé par deux maîtres de la fabrique de l'église, le maire Engelbcrt Vanderelsl cl Chrétien Verbessclt; deux maîtres de la table des pauvres, Jacques, et Guillaume Vanlint, et deux autres habitants, Laurent Meyskens et Corneille Lccnman D'après une déclaration datée du 20 juillet 1040, ou comptait drus la commune, outre les enfants, 127 habitants, savoir : W hommes, 42 femmes, 0 jeunes gens, 0 jeunes filles, 17 valets ou domestiques, 7 servantes, 2 hommes, 5 femmes et I fille pauvre. Le "2 septembre 1085, en attestant que le village comprenait 521 bonniers de terres et de pâtures, les échevins spécifièrent que 134 de ces bonniers appartenaient à des ecclésiastiques; il n'y existait, ajoutèrent-ils, ni bois, ni étang. Le peu d'importance de la commune a fait, plus d'une fois, proposer sa suppression; en 1821, il était question de l'annexer à .Meysse.

Le patronat de l'église de Bcyghcm appartenait à l'abbaye d'Aflligbem. Deux frères, les chevaliers Thomas et Arnoul de Bcyghcm, donnèrent à ce monastère, en pure aumône, la dimequ'ils possédaient à bcyghcm (jeudi après le dimanche des Hameaux, 1203-1234), quelque temps après qucl'évéquc de Cambrai Codefroid eût déclaré que, SI uneégliseou abbaye de son diocèse achetait celle dime, la personne du lieu aurait toujours le droit de l'acquérir, au bout de dix ans (lundi après le dimanche Istisunt ilies, 1255). Au dix-septième siècle, la dime appartenait en partie au chapitre de Cambrai, en partie au curé, en partie à la famille Ginderlaelcn; une petite portion, valant environ U4 florins par an, se prélevait

• Original au Gr'ffed? Ilntrrttr».

nu profil de l'abbaye de Crimberghe. En l'année 1300, la chapellenie de l'autel de Notre-Dame fut annexée à la cure par un décret épiscopal.

L'église, dont Notre-Dame est la patronne, ressortirait jadis au doyenné de Bruxelles; elle forme aujourd'hui unesuccursalc du doyenné de Puers. Anciennement elle possédait un livre ccnsal, dont les tenanciers, n'ayant pus de sceau, se servaient de celui des échevïns du lieu (27 janvier UiOO, 31 décembre 157'), etc.). C'est un petit édifice qui a été rebâti au siècle dernier, sauf le chuMir et le transsepl, auxquels leurs fenêtres ogivales assignent une plus haute antiquité ; on y lit, sur l'autel Sainte-Anne, la date 102.; la nef, en tôle de laquelle s'élève une tour earrée, ne consiste qu'en unsimple vaisseau de trois travées et plafonné. Quatre belles peintures : un Ecce homo, la Flagellation, le Christ crucifie entre les deux larrons, et la Résurrection, décorent ses murs. Toutes les quatre portent bien le cachet de la première école flamande : la multiplicité des épisodes, qui sont au nombre de trois ou de quatre daus chacune d'elles; la crudité des tons, le caractère un peu raide des formes, l'ampleur des draperies, dénotent dans ces compositions l'œuvre d'un artiste du quinzième siècle ou du commencement du seizième. Les personnages portent, les uns le costume romain ou le costume oriental, les autres, les vêtements qui étaient à la mode du temps de Maximilien d'Autriche. De même, dans les constructions, l'artiste a tantôt imité les modèles que la Belgique lui offrait, tantôt reproduit les formes antiques, qui, sans être acceptées par les architectes, plaisaient déjà à beaucoup d'esprits. La manière de Roger Yanderweydcn le second, celui qui mourut en 1Î>2(J et de qui on conserve au Musée de Bruxelles une série de tableaux, est celle dont le peintre inconnu se rapproche le plus; par les traditions, il descend évidemment de Hoger Yanderweydcn l'ancien, de Hoger de Bruges. Et, ce qui pourrait faire admettre son identité avec le premier de ces peintres, c'est que l'on distingue, sur un des tableaux, les lettres P. II., initiales probables des mots Pinxil Iloyerus, Hoger le peignit. L'écusson des De Bergucs, que l'on voit dans le haut de YEcce homo, semble attester que ce tableau a été donné par un membre de celle famille, et, comme cet écusson est entouré du collier de la Toison d'or, il doit appartenir à Jean de Bergucs, seigneur de Walhain, qui posséda la terre de Grimberghe, de 1512 a 1550. Là, à une fenêtre pratiquée dons une construction bâtie en pierres, apparaît Jésus- Christ, que deux personnages, la tète couverte d'un turban, montrent au peuple. Vers la gauche, on voit Ponce Pilatc qui étend la main vers le Sauveur; ses vêlements sont ceux d'un opulent Sarrasin : le turban blanc doublé de rouge, la robe de drap d'or, etc. Dans la foule, on remarque des costumes romains à côté d'habillements à la mode du quinzième

36G îflSTOIRE

siècle. Dans la Fluuellution, l'épisode principal se passe sous un portique d'à relu lecl urc de style renaissance, et sur l'entablement duquel on < I istingue un écusson et les lettres P. R. ; au fond, on voit un édiliee hiili à la mode d'alors, avec des pignons et une tourelle. Jésus y est amené devint le grand prélre. A droite, un mur avec de petites tours et une-grande porte cintrée, se rattache à une autre entrée de château; derrière ces constructions s'élèvent des arbres. Plus A droite encore, on aperçoit le Christ couronné d'épines. Sur le premier plan, deux soldats couches à terre jouent aux dès la dépouille du Sauveur ; l'un d'eux lient un fouet entre ses dents; la couronne d'épines est posée sur le sol près de ce groupe, qui est entouré de spectateurs. Parmi ceux-ci, plusieurs portent le costume du temps du roi Maximilien; un autre se fait remarquer par sa robe de drap d'or, l'escarcelle pendue à la ceinture, la draperie, dérouleur bleue, qui lui couvre les épaules; il tient en main un papier. Cette composition est belle; plusieurs ligures sont pleines d'expression, surtout celles des deux joueurs. Le troisième tableau nous offre le Christ crucifié entre les deux larrons; au pied de la croix, on voit sainte Marie-Madeleine, la Vierge et saint Jean : la sainte pécheresse, en longs vêlements blancs, est agenouillée; une tristesse pleine de majesté couvre les traits delà Vierge, que soutient saint Jean. Ce dernier reproduit exactement le type adopté par le second Vnndcrweydcn; c'est la même figure dure, avec les cheveux couvrant presque tout le front, les mêmes yeux hagards, la même robe d'un rouge brunâtre. A droite, derrière des guerriers romains au casque garni d'énormes plumets, on détache de la croix le divin martyr; a gauche, Noire-Seigneur, vêtu de longs habillements blancs, descend aux Limbes, dont on aperçoit l'entrée. Un paysage remplit le fond de la scène. Dans la Résurrection, le Christ monte au ciel, entouré d'une gloire; les gardes de son tombeau, qui portent, les uns l'habillement romain, les entres un costume du moyen âge, le contemplent avec une frayeur mêlée d'étounement. La droite est occupée par une montagne; la gauche par un temple antique où le Christ apparaît à une religieuse, et par une grotte à rentrée de laquelle se trouvent le Sauveur et un autre personnage; entre la montagne et le temple s'étend un paysage à perspective lointaine. Des armoiries que nous n'avons pu reconnaître décorent celte dernière composition.

Au dix-septième siècle, il y eut à Beyghem une école latine qui, sous la direction du curé Jérôme Cools , jouit de quelque célébrité. En 1027, on publia à Bruxelles, chez Jean Mommnerl*, une partie des productions de ses élèves, sous le litre de Amor /ilialisy per poetas collegii 1). Virginia in Jieygliein. Le village a eu aussi une inlirmeric {sieckhuys), située sur le champ dit Ueyyem couter(io février 1 587) ; une habitation nommée le

DES ENVIRONS DR BRUXELLES. Ut

Séjour du duc, s'Ifertoghen stede, peut-être parce que Godefroid III y avait campé, se trouvait au lieu dît den Berch (acte du 2 août 1580).

Nous avons parlé plus haut des deux frères Thomas et Arnoul de Beyghem; Thomas et Alarddc Beyghem sont cités en 121 2, et appartenaient à la même famille que. Baudouin de Beyghem, l'un des témoins d'un acle de Tan I 1 (il). Le poëine de la guerre de Grimbcrghc donne pour armoiries aux Beyghem un champ d'azur à la croix d'argent. Plus tard , les livres féodaux révèlent l'existence, à Beyghem, de trois tenures principales, qui relevaient de la cour féodale des deux seigneurs de Grimberghc : les manoirs appelés Ten-Doerne ou Van Doime, Teti-Obberghen et Ten-Berghe.

T hof len Doerne, le manoir de /'/ipine, était situé derrière l'église et comptait, parmi ses dépendances, une cour féodale de 14 hommages à Beyghem, Humbeck, Molhem; une cour censale, dont les tenanciers jurés, n'ayant pas de sceau, se servaient de celui des échevins du village (30 septembre i 501 , 12 avril I5U0); 17 1/2 bosnien de terres, 3 bonniers de prairies. Pierre Vandendaele en était possesseur en 1474. Il passa ensuite à Engelbert Vandendaele, qui devint chancelier de Brabtnt, et dont la fille, Marie (relief du 3 avril 1536), le laissa i son fils Engelbert d'Immerscle (r. du 7 août 1574). Henri, fils de sire Jacques de Grise, le releva le 27 novembre 1577; puis, Antoine et Engelbert, fils du précédent, le cédèrent, le 8 juillet 1004, à sire Henri Van Etten, chevalier, commis des finances, commissaire des vivres de l'armée et , plus lard, président de la chambre des comptes. Le 6 novembre 1G24, messire Louis Tayc, seigneur de Goyck, (ils de sire Gaspar Taye et de Marguerite Van Etten, lit vendre le lief par parcelles; la ferme passa alors à Jean Vanderlinden el à sa femme Catherine Vcrbelcn (r. du 3 janvier 1025); quant à la cour censale cl à la cour féodale, on en avait déjà fait deux fractions : l'une était annexée à l'arrière-lief dont nous allons parler, el l'autre, dont la première relevait, passa à messire Guillaume Van Ghinderlaclcn, greffier du conseil des finances; cette seconde partie appartint longtemps aux Ghindcrlaelen. En 1775, elle était possédée par le baron de Ncvele, el s'appelait la seigneurie de Ter-Dorent.

Parmi les vassaux des Vandendaele se trouvaient les Eslor de Bigard. En vertu d'un partage fait, le 10 décembre 1517, Henri el Bernard Eslor cédèrent à leur beau-frère Bentinck , maître d'hôlcl de Marguerite d'Autriche, la ferme qui porta depuis le nom û'hoff van Bentinck. Le chevalier Laurent Bentinck, seigneur de Bousval, fils d'Alard Bentinck, rut de Marguerite Vandcraa plusieurs enfants. Sa fille Marguerite, dame de Laer, épousa d'abord Jean Schobbingcr, seigneur de Ter-Linden, puis Jean Vanderhaegen d'Eesbeek,gcnlilhommeducomle doBerlaimonl, pnsuilecapitained'unecompagnie libre. Son filsunique, Jean Schobbingcr,

vendit la ferme de Bcnlinck,donl Ions les bâtiments étaient alors brûlés, n messire Barlhélcmy Schohbingcr, membre de In nation allemande février 1504), et celui-ci, après avoir fait rebalirla ferme, l'hypothéqua d'abord à son compatriote Hans-Gcorgc OU (27 seplembre Hi05), et ensuite la céda à maître .Martin de Séville, avocat au grand conseil de Matines (50 janvier 1004). Celui-ci la laissa par testament à ses deux filles : Isabelle, femme de Gilles-Charles, baron de Hosdain,et Josine,qui épousa Werner de Hosdain. Théodore de Hacken,drossard du pays de Grimberghe, et sa femme Suzanne Van Veen la possédèrent, et instituèrent pour leur héritier Jean-Ernest Van Veen ;ce dernier acquit la ferme les 50 août 1f>!)8 et 2f> mars 1700; srs fils François-Ignace et Théodore la léguèrent à Jean-Ernest Van Veen, mort après avoir fait abandon de tous ses biens, le 20 février 1 721 , à son frère Martin-André. A celui-ci succéda sa femme Marie- Pétronil le Vandevelde, qui épousa ensuite Hyacinthe Del vaux y Prias, et mourut le 25 février t7G5. La famille Vandevelde vendit le château de Beyghcm à maître Jean-Joseph Lindekens, notaire à Bruxelles, et à son frère Pierre-Joseph, greflier de Crainhcm et de Waleourt (itT juin i 7(ii); celui-ci le rétrocéda, moyennant 50,000 florins de change, au procureur général Gaspar-Joscph de Limpcns,lils de Constance Vandevelde (7 mai 1775), et ce dernier le vendit à Jean-Paul Domis, conseiller de Brnbant, et h sa femme Marie-Françoise de Nachlegael (!" septembre 177.')), dont les descendants le possèdent encore.

On voit à Bcyghem deux inscriptions sépulcrales rappelant le souvenir des Domis. La première porte : u. o. m. — et pi.e memori.e — praen.

ET AMPLIS. D. JOANNIS PAtlLI DOMIS — DE SEMERPO.NT , P RE CL ARA TOGATA PROGEME, — ET IPSB IN SIPERIORI BRABANTI.fi Cl'RIA SENATOH, — .NEC. NON

— PR.EN. 0. MARI.fi JOS. FRANC. — DE NACHTEGAEL, UXORIS, — C.tlJUS EXUVI.fi IHC QIIESCUNT. — OBIIT ILLE 8 JURU 177'J, H/fiC VERO 20 JAN. 1798, — Ql'ORI'M LIIIERI, — OPTimS PARENTIBL'S BENE MERITI — ET SIBIMF.T SOBOLIQl E,

— Fl'NDATO ANNIVERSARIO, — MONl MENU M POSIERE. Voici la seconde,

qui est placée en dehors de l'église : d. o. m. — ici repose — messire

FRANÇOIS JOSEPH Cl ISLAIN — DOMIS DE SEMERPONT, — ANCIEN MAIRE DE CETTE COMMUNE, — DÉPITÉ AU CONGRÈS NATIONAL, — MEMRRF. DE LA CHAM- BRE DES — REPRÉSENTANTS DE LA BELGIQUE, — DÉCÉDÉ A BRUXELLES LE 21 AVRIL 1855.

A côlé AvVhof ten Doùrne on voyait Ten-Obbenjhen, fief qui comprenail i> 1/2 bonniers de terres et prairies cl une cour féodale de huit hommages. Là l'ut, parait-il, le berceau de la famille Happaert, dont quelques descendants occupaient encore une belle position sociale uu siècle dernier. Sire Henri Happard, chevalier, vendit à sire Henri de Swael Ten-Obbergheii, qui appartenait, en 1474, à Guillaume Van Obberghe.

Ces biens furent ensuile morcelés, si ce qu'il semble, el perdirent toute importance; les héritiers de Nicolas Van Keckliout les relevèrent après la mort de Jleuri Van Eecklioul,curé de Wavrc-Notre-Damc (relief du 9 novembre 1GG5).

On appelait Ten-Berge ou Ten*Berghe (A Ut montagne) une habilation que Guillaume, fils naturel de sire Daniel de Bouchout, afferma, avec unedimequi y était annexée, le 22 mars 1400. Philippe Bruyninckx la releva, vers 1474, en même temps qu'une courcensale ayant droit d'adhéri 1er et de déshériter, un cens prélevé sur 55 tenanciers à Grimberghe, Beyghem et Meysse; un droit de cinquième gerbe, etc. Arnoul, fils de Jean Cloet, de concert avec sa femme Catherine T'Svricsen, in geheelen stoele sittende, l'acheta à Antoine Bruyninckx el à sa femme Klisabelh Van Capenberghc (22 juiu 1517). Le chevalier Jean de llesdyn l'acquil d'Arnoul, et sa tille Jeanne de Hcsdyn la laissa à son iils Charles de Bourgogne, seigneur de Fonlis ou Fontaines (relief du 24 juillet 1554); à celui-ci succéda son père Philippe (r. du 29 mai 1500), puis deux fils de Philippe, Martin et Adolphe (r. du 50 mars 1565), el enfin, Jean, frère de ces derniers (r. du 5 juin 1581), époux de Marie Valladolelh. Tcn-Berghe passa ensuite aux Barouage, puis aux Ricdwyck. Antoinette-Marie Absalons, douairière d'Adrien-Alard de Riedwyck, le laissa à ses deux filles, Cornélie-Frauçoise et Marie-Madeleine (8 mars 1700), dont l'aînée, par donation entre-vifs, céda Ten-Bcrghe, avec sa cour féodale, son échevinage et cour censale,60 bonniers de dépendances, et la moitié des biens dits den Haese, à son neveu Philippe-Norbert Vanderstegen, baron de Putte (19 avril 1751). Faille de sceau, les tenanciers de cette seigneurie se servaient de celui des échevins du village (22 juillet 1579), et allaient en appel à Grimberghe.

Mentionnons encore hethoff van Everschem, près du chemin de Malincs à Eversem sous Meysse. Marie-Jeanne Quislhoudt, béguine à Malincs, et son neveu Jean-Joseph Woulcrs la vendirent, avec 20 bonniers, moyennant 10,000 florins, à Marie-Cal heriue Nauls, douairière de Hubert de Tombeur, seigneur d'Hemplinnc, membre du conseil d'état (14 juillet 1751).

Humbeek — Au milieu des possessions des Berthout et, sans doute, en vertu d'une donation des ancêtres ou des prédécesseurs de celte famille,

» Humbcck [Humbtca, 1150 environ; llotnbtkr, 1268, 1392; llontlrkr, 1280, 1305; Htnbekt, 1135; Humbeke, 1498 ; Op-HumUfk, nn III). commune du canton do Wnlverthem, à 3 I. au N. de Brmolles.

Territoire : En 1686, on y trouvait 518 bonniers, dont 383 de terres, 64 de prairies, 69 de bois; le revenu imposable s'élevait à 8.233 florins. En 1846, sur une étendue de 787 hec lares, on y trouvait : 457 h. cultives en céréales, 55 h. cultives en plantes industrielles. 158 h. cultives en racines et fourrages. 43 h do prairies. U h. de vergers. 18 h de jardins

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le chapitre de Saint-Rombaud à Malines possédait un domaine qu'il tenait en franc-alleu, ou, suivant l'expression proverbiale, « qu'il ne relevait que de Dieu et du soleil. » L'alleu d'Humbeek avait sa cour féodale, de laquelle relevait la seigneurie d'Humbeek, avec plus de 50 arrière-fiefs; sa cour censale, son échevinage, qui jugeait par arrêt et sans appel, ni révision De temps immémorial, les échevins d'Humbeek, ainsi que ceux de Doerne, de Haeght, de Boort-Mecrbeek et de Wespelacr, allaient à chef de sens à Matines. Cet usage ayant soulevé quelques diflicultés, parce que les magistrats de cette ville prétendaient aussi juger, par voie d'appel, des causes plaidécs devant ces tribunaux, des députés furent nommés par les communemestre, éclievins et conseil de Mali nés, d'une part, et le conseil de Brabanl, d'autre part. Dans une réunion tenue à la Chancellerie, à Bruxelles, il fut décidé, le C mars 1 I 53, que les échevins des cinq villages conserveraient leur ancien chef de sens, mais qu'ils reconnaîtraient pour leur tribunal d'appel le conseil de Brabant *. Vers l'année 1150, le pape Eugène III confirma aux chanoines de Matines la possession des deux tiers de la dime d'Humbeek.

A une époque très-ancienne, tes chanoines de Saint-Rombaud donnèrent en lief aux Berlhout leur terre d'Humbeek. Avec leur approbation, Walter Berthout IV, seigneur de Matines et avoué du chapitre, céda à son frère Kgide les biens et les droits qu'il tenait à Hockenselc (Steenockerzeel) et Honebeke ou Hurabeek (vendredi avant la Nativité de Sainl-Jcan-Baptiste, en 1280) 5. Celte cession cependant datait de plusieurs années, puisque, en 1268, 12GU, 1272 et 1277, Kgide Berthout se qualitie déjà de seigneur de Hoenbeke. Il fut l'un des conseillers ordinaires de Jean I", et assista, en qualité de baron du duché,

potagers, I h. do pépiuiores. 10 li. de jardins d agrément, 01 h. do bois, 5 h. de culture* diverses. La verge linéaire avait 30 1/3 pieds de Bruxelles.

Xowbre d habitation» : En 1436, 124 ; en \ 480, 81 ; en 1525, 1 17 ; en 1686. 44 chaumières, 1 château, 16 brasseries, auberges et boutiques, des ferme» ; en 1846, >22 maisons, dont y inhabitées.

Population: En 1786. 1.425 habitants; en l'an VIII, 1,495; ou 31 décembre 1831. 1.85V: au 15 novembre 1846, 2,059. formant 413 ménages; 269 enfants recevaient I instruction et 558 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie : 2 moulins a veut, 1 brasserie.

Dépendance* : Le hameau de T'San ou ÏÈtlu$f.

Les registres do l'etat civil commencent pour les naissances, en 1620; |>our U s mariages en 1634; pour les décès, en 1622.

' Vas litSTti. t. 1", p. 99.

» Décret do Charles Omni, en date du 8 novembre 1533. Lrrnrejht tan llrabanl, m», de la Bibliothèque royale

1 Ait vi do. Owlhtdru ran Meclielen, M. 122 en 404.

DES ENVinONS DE BRUXELLES. «71

ii l'hommage que son souverain prêta au roi Richard de Cornouailles, le :>0 septembre 1208. Par son testament, qui est daté de la veille de l'Épiphanie 1305-1506, il légua : à la commanderie de Pitzenbourg à Malines, 1,000 livres de vieux tournois noirs à prélever sur ses biens d'Humbeek; à l'abbaye de Saiut-liernard, 500 ; au monastère de Saint-Michel à Anvers, 100, et aux religieuses de Roosendael, 100 livres, sur ses biens de Urechl; au couvent de Grand-Kigard , 500 livres sur ses biens à Droogenbosch; à la mense du Saint-Esprit de l'église Saint-Rombaud, une rente annuelle de 50 livres de Louvain, sur la maison appelée de Coren- I>mus, à la condition de payer tous les ans 26 livres aux bénéficier de Malines, pour la célébration de son anniversaire, et 20 sous à l'hôpital Saint-Jacques prope portant ; à Arnoul Van Sconenberghe, son moulin m eau à Hoekensele, et 40 livres de tournois noirs sur ses biens au même endroit; à sa parente Elisabeth de Duffele, béguine, une rente viagère consistant en 5 setiers de seigle, et en lin, à Yulpes ou De Vos, son serviteur, et à sa femme, une autre rente viagère de 100 sous

En 1515, Florent Berlhout, fils de Walter V, seigneur de Malines, vendit Humbeek à Daniel, seigneur de Bouchout, dont la postérité le garda pendant près de trois siècles (1315-1606). Cette nouvelle liguée, dont nous aurons bientôt occasion d'esquisser la généalogie, se montra généreuse envers l'église et les pauvres d'Humbeek. Daniel 111 fonda une chapellenie castrale en l'honneur de saint George ; il chargea du soin de la doter ses fils Daniel et Égide, qui exécutèrent les volontés de leur père par des actes passés devant les échevins de Grimberghe, le mardi après la fête de saint Luc, en 1375. Cette chapellenie était à la collation du seigneur; elle était dotée de 12 bonniers de terre, situés au Hultens reW, et chargée de 4 messes par semaine, à dire à l'église ou dans le château. Daniel IV suivit l'exemple que lui avait donné son père : le 11 octobre 1392, il institua, en mémoire de celui-ci, la chapellenie castrale de la Vierge, à Humbeek, et la dota d'une rente de 50 florins de Florence, à la condition que le bénéficier dirait toutes les semaines quatre messes : une le dimanche; une le lundi, de requiem; une le jeudi, du Saint-Esprit, et une, le samedi, en l'honneur de la Vierge. Enfin Daniel VI laissa, en mourant, 26 seliers de seigle aux pauvres d'Humbeek, en légua autant aux pauvres de Loenhout, et fonda encore d'autres distributions.

Humbeek, après avoir été vendu par le comte Charles d'Areuberg à un riche marchand d'Anvers, Robert Noirot (20 mai 1606), fut cédé par celui-ci, le 21 juillet suivant, à messire Jacques de Maillo, noble luxem-

' Original aux Archvùtu Jt DuuelJorf.

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