‹ Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette villeChapitre 13 sur 43 · BEKE · texte numérisé non relu

BEKE

Le village dépendait de la mairie de Cappcile-au-Bois, que l'on forma, au quatorzième siècle, paraît-il, de villages appartenant, sinon en entier, du moins eu partie, à d'autres qu'aux seigneurs de Grimberghe. En l'année 1557, les habitants refusèrent de fournir à l'armée, comme les autres villages de la mairie, des chariots, des pionniers, ele. ; mais Daniel Van Vlccracker, qui était âgé de 60 ans et qui remplissait à Puers les fonctions d'échevin depuis 32 ans, Roland Van Merstraetcn, maire de Sempst, Jacques De Lalhouwcre et Jean Smerman, échevins du même village, les échevins de Willebroeck Jean Heyns et Nicolas Marissens, qui avaient atteint, le premier l'âge de 53, et le second l'âge de 31 ans, Jean Peeters, maire de Ruysbroeck, âgé de 37 ans, Gaspar Vandenpoele, chef-maïeur de Capellc, Agé de plus de CO ans, et Jean Heysman, ancien sergent de la même localité, âgé de 58 ans, vinrent tous déclarer , devant les échevins de Capellc , qu'IIumbeek s'était toujours soumis à cette obligation, sauf que, quand les

» Uarrcwyn a gravo une bonne \ue de ce château pour les Délier* du tombant, I. e., p. 126.

habitants fournissaient, pour le même objet, des chariots à leur seigneur, les délégués de la chef-mairie réduisaient leur quote-part d'un chariot (24 juin l.*>r>7).

Le village d'Hurabcck avait d'abord peu d'importance, situé qu'il était entre les bruyères de Linlh, les bois de Vroeneveld, d'An, d'Humbeek cl de Meysse. Il fallut la construction du canal de Willebroeck pour lui donner quelque vie. L'écluse qui existe à dix minutes à l'ouest du rentre du village et qui a donné sou nom à un hameau considérable, VSas, fut établie sur grillage, en I5ôfi; mais une source jaillit sous ses fondements et la fit crouler en partie, le 25 décembre I 562. Les travaux de reconstruction, commencés le 18 du même mois, furent terminés dés le 18 mars 15Gô; entretemps on se servit de nouveau de la Senne comme voie de navigation. Les eaux de la source furent reçues dans un puits maçonné au milieu de l'écluse et recouvert d'une dalle de pierre bleue; puis on les conduisit par un tuyau hors du lit du canal. Cet expédient fut trouvé par un Zélandais, que la ville de Bruxelles gratifia de 100 poinçons '. Les ruisseaux qui arrosent la commune sont tous arrêtés dans leur cours par le canal : l'un d'eux, la Leybeke, qui sépare ilumbeek de Grimbcrghe, franchit cet obstacle au moyen d'un aqueduc placé vis-n-\is de la ferme de Vroeneveld; ensuite, après avoir quelque temps longé la limite de la commune de Sempst, il revient se jeter dans le canal. La Buysbeke, qui coule entre Meysse et Humbeek, se perd de la même manière.

Humbeek ne comptait que 240 communiants eu 1570; ce nombre, réduit à 190 en 1 !>!)!>, s'était élevé à 070 en 1742, a 690 environ en 17Ô0, à 792 en 1762, à 835 en 1769. En 4762, il y avait en outre 370 enfants, ce qui portait la population totale à 1,162 habitants, un peu plus de la moitié du chiffre actuel. La chaussée qui est mentionnée dans quelques actes (binneit der prochic vun Humbeke, by den steenteech, 50 juin 1646), et qui était d'abord en bois (d'Opspevelt, conligue platée lignorum in cono dicti loci, 1392), se trouvait sans doute dans la même direction que le chemin d'Asschc à Malines par Wolverthem. Celui-ci, qui passe pour un ancien chemin romain, commence à se transformer en une chaussée régulière, grâce au zèle de quelques-unes des communes qu'il traverse et aux subsides du gouvernement. Il rejoint à Humbeek le pavé qui vient de Laekeu.

A part le château et la maison de campagne appelée hel Steynen huys, propriété de la famille Vandencruyce, Humbeek ne renferme aucune habitation remarquable. Un Nicolas Colin d'Ossenghem y avait des

Kv.kls, A'ofi. •<■ du miwl de ftruxrlle* au Hupel ( iunales des travaux publics de BtloifUt, t. I», l». liiS). — lini^re Je liruxtlle», t. III, j>. 51».

DES ENVIRONS DE DRUXELLB3. i7i

tenanciers, en l'année 1307. Le village donna le jour, le 10 juillet 1 088, à Guillaume Lepaige, lilsde Jean et d'Anne Van Cappclle, professeur de théologie a l'université de Louvain , nommé supérieur de la maison de Standonck en 4734, et élevé, en 1742, à la dignité de recteur de l'université. Ce savant docteur avait aussi étudié les mathématiques , sur lesquelles il écrivit quelques petits ouvrages. Paquot, à qui nous empruntons ces détails, vante sa générosité envers les pauvres *. Il mourut le 17 juin 176a.

Le chapitre de Saint-Rombaud à Malines possédait le patronat et les deux tiers des dîmes d'Humbeek, mais le personnat de l'église fut donné, en 1452, par l'évôque Jean de Bourgogne, et avec l'approbation du pape Nicolas V, au chapitre de Cambrai, pour les choraux de la cathédrale de celle ville {ad opus choralium cantus mmici), avec la clause qu'une pension serait réservée pour le prêtre chargé de desservir l'église du village. Le troisième tiers des dîmes se partageait par moitié entre le chapitre de Cambrai et le curé; celui-ci, qui recevait, en 1787, une compétence de 50 florins, percevait en outre les novales. La construction du canal lui ayant enlevé une partie de ses revenus, la ville l'en indemnisa en lui payant 300 florins (14 janvier 1655). 11 eut plusieurs fois des contestations avec les autres décimatcurs au sujet de leurs charges réciproques. En 1628, le chapitre de Malines fut condamné à intervenir dans la restauration du temple paroissial d'Humbeek pour une somme de 500 florins. En 1663, la même congrégation dépensa 800 florins pour couvrir lechœur d'un nouveau toit. Un jugement, datant de l'année 1715, décida que c'était à l'église elle-même, et non au seigneur, à couvrir In nef. Enfin, le curé s'étant plaint du mauvais état de l'édifice, de ce qu'il manquait de bonnes toitures, de ce qu'il n'avait pas d'ornements, le prélat l'autorisa à bâtir et à acheter ce qu'il lui fallait, aux frais de lu fabrique (23 octobre 1742). Par contre, il fut condamné, vers le même temps, à rebâtir la cure à ses dépens. Il est résulté de tous ces froissements que l'église d'Humbeek est un édifice peu remarquable. Sa nef principale, que des colonnes, supportant des arcades ogivales, séparent des collatéraux, est relativement très-large; le plafond qui la recouvre porte la date de 1715. Les voûtes des collatéraux sont à nervures croisées et datent probablement de la même époque; leurs fenêtres ont été refaites en 1811. Le chœur, ainsi que la chapelle adjacente, du côté du nord, forme évidemment la partie la plus ancienne du temple; au-dessus de son entrée s'élève une petite tour. Au maître-autel on voit un tableau représentant le Christ descendu de la croix. Le 9 juin 1650, Par-

• T. II. p. 213.

ehevêque Boonen donna ù l'église des rcliquesdc saint Rombaud, et bientôt il se forma, en l'honneur de l'apôtre de Matines, qui était aussi le patron du temple paroissial du village une confrérie dont le môme prélat approuva les statuts le 23 avril IGIil, et « laquelle le pape Innocent XI accorda des indulgences, le 13 septembre de la même année. Cependant cette association ne larda pas à déchoir, et elle ne comptait plus un seul membre, lorsqu'elle fut réorganisée, le 25 août 1724, h la demande du comte d'Humbeek, du drossard, des échcviiis et des maîtres d'église s.

' De là, le nom d Humbeek-Saint Rombaud que l'on donnait quelquefois à la localité. • Ârehittt du doyenné de Purry communiquées par M. le curé-doyen de Wolvcrlhem

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