‹ Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette villeChapitre 14 sur 43 · CHAPITRE) III · texte numérisé non relu

CHAPITRE) III

XF.VSSE, WOLVEMÏIEM, I.ONDERZEE1..

Le château de Bouciiolt a Meysse — Le quinzième siècle vit s'éteindre In race qui régnait en Brnbant depuis quatre fois cent années, race auguste aux yeux du peuple, qui vénérait en elle le saug de Charleinagne. Avec la dynastie de Louvain , si féconde en princes habiles el caillants, disparurent les principales familles baronniales qui avaient grandi en même temps qu'elle, combattu pour défendre ses droits, et reçu en retour des dignités, des titres el des fiefs. Ces noms héroïques qui se retrouvent à chaque page des annales belges : les Wesemâel, les Rolselacr, les Diest, les Jauche, les Assche, les Aa, les Crainhem, s'effacèrent alors de l'histoire et firent pince à des lignées étrangères ou plus obscures, entourage nouveau de nouveaux princes. Les Bouchout, issus

• Meysse (Meuse, 1132; Mtnst, 1138; Mtnz, 1147. 1221. 1227; Mmzr 1171 ; Mrnza. 1170. 1I7G; Mtnct, I2i3; Meyote, 1 V35). commune du canton do WrUertfcem, à 2 I. au N. de Bruxelles.

Territoire : En 1686, le village comprenait 1,261 bonniors, dont 875 de terres, 56 de prairies, 300 de bois, 13 d'étangs. 17 de terrains communaux ; le revenu imposable s'élevait a 2U.128 florin*. En 18*6, sur une étendue do l,t>45 hectares, on y trouvait 756 h. cultive* en céréales, 97 h cultives en plantes industrielles, 272 h. cultives en racines et fourrages, 97 h. de prairies. 13 h. de vergers. 20 h. de jardins potagers, 25 h de jardins d'agrément, 107 h. île bois, 12 h. de cultures diverses. La verge linéaire avait 18 1/3 pieds de Bruxelles.

.\ombrt cf habitations En 1435, 171 ;en 1480,78; en 1525, 90; en 1686, 132 chaumières, 2 châteaux, 4 brasseries, 1 1 auberges, 4 boutiques, dea fermes; en 1846, 480 maisons, dont 4 inhabitées.

Population En 1786, 1.283 habitants; en Tan VIH. 986; au 31 décembre 1831. 2,293. au 15 novembre 1846. 2,512. formant 479 ménages; 263 enfants recevaient ( instruction et 292 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie : 1 moulin à eau dit den Meytmolen, I moulin a vent, a Nieuwenrhode; 2 bras-

Dépendances : Voir le texte, | Les registres de l'état civil commencent, pour les naissances et les mariages, en 1589. pour les décès, en 1619. Aux archives communales existe un karrtbotek de Tannée 1714 T. II. "

des Crainhem, n'échappèrent pas aux destinées, en quelque sorte fatales, de la noblesse brabançonne.

En amont de Grimbcrglie, la Wacrbekc ou Heyenbekc se forme de deux ruisseaux dont les eaux coulent presque parallèlement, eu laissant entre elles un plateau qui s'exhausse et s'élargit à mesure qu'il s'avance vers l'ouest, où il va se rattacher aux plaines de Brusseghem. La route de Bruxelles à Wolverlhem traverse successivement ces deux ruisseaux, le premier, près du moulin de Tcr-Spreet et d'une petite habitation qui a remplacé l'ancienne ferme portant le même nom et qui existait encore en 1759; le second, à proximité du château de Bouchout, que l'on aperçoit de la route, pittoresquement assis au milieu d'un bel étang et entouré de magnifiques ombrages

Tandis que le restant de l'immense territoire de Meysse était, sauf quelques minimes fractions, tenu à cens ou en fief des Berthout, le manoir de Bouchout formait une tenure relevant des ducs de Brabant. Ceux-ci donnèrent sans doute son emplacement aux Crainhem, à la condition d'y élever une forteresse qui surveillerait le manoir plus redoutable de Grimberghe.Si Ton en croit la tradition, Bouchout aurait été cédé par un duc de Brabant à Thierri, comte de Flandre, en échange de la ville de Termonde; mais, outre que c'eût été là un singulier marché, on a prouvé que Termonde appartenait à la Flandre alors que les comtes de Louvain n'avaient pas encore obtenu la dignité ducale B. On ajoute que la garnison du château devait toujours être prèle à repousser les Flamands : de là le nom de Boog bout ou houdtuwen boog, tiens ton arc 3, traduction à laquelle nous préférons celle de bois de Hêtres, Bueken haut ou Buekholt. Suivant une bulle du pape Eugène III, de l'année H47, une vénérable dame, nommée Adéloïa, donna à l'abbaye de Grimberghe le domaine appelé Bocholt, terra (fue Bocholt cognominata est.

A cette époque, la famille de Crainhem possédait de très-grands biens aux environs de Bruxelles. Le dévouement sans bornes qu'elle montra aux ducs de Brabant fut souvent récompensé par des distinctions ou mise à l'épreuve dans des missions de confiance. Maîtresse des villages de Saventhem, de Sterrebeek et de Crainhem, où elle comptait, de même que dans les localités voisines, de nombreux vassaux, elle grandit encore

' Voyez, pour l'histoire do Bouchout. la notice que j'ai consacrée à ce château dans le Mrtsii'jer des » iences historique* . année I8V;J, pp. 117 1*7. et celle, beaucoup moins complote, que M Dk Htim khlrc a rédigée pour le Bulletin de la Commission d histoire, L XI, pp 830 à îl>2 — Le SJusrr des Familles, t. X, pp. 1 2 J et suivantes, contient une notice sur le château de Bouchout, accompagnée d une \ue extérieure et de Irois vues intérieures du château ; elle est signée Pkrecrimis Uisez Hkitri BuTHOOti).

* Ludinus. Trntramunda, I. 1, e. S,

s i.iuuri., Rrujcrtla. p. i7.

par l'alliance de Waltcr de Crainltem avec Berlhe d'Anderlechl, el c'est alors qu'elle acquit à Anderlccht, à Dilbeck, à Wambeek, etc., des possessions qui conservèrent son nom. Plus tard, Ruysbrocck, Goyck, Wenimel , lui appartinrent aussi.

Bouchout fut d'abord l'apanage de Guillaume de Crainhem, l'un des lils de Walter, et qui est mentionné dans des actes des années 1175, H79, 4184, 1192, 1202 et 1209. En janvier H 82, de concert avec sa femme, et de l'aveu de ses frères Daniel et René, et de sa sœurHildcgardc, il vendit à l'abbaye de Ninove ses droits sur les dîmes de Meysse, Ophem, Limbosch et Rhode; il ne se réserva que la dlmc de sa propre culture, qui comprenait 3 ou 4 bonniers (prœter deeîmam de cultura ipsius apud Menzy quœ cultura trium vel quatuor bonariorum ense dicitur). Plus lard, il nia avoir fait cette cession, mais le chapitre de Bruxelles condamna ses prétentions (3 juin 1186), et enlin, en 1211, après avoir élevé de nouvelles contestations à ce sujet, il renonça, en faveur du monastère de Ninove, à tous ses droits sur les dîmes comprises dans son alleu, tant sur les terres cultivées que sur celles défrichées ou incultes*. Ce gentilhomme fut peut-être le père de Walter de Bouchout qui, dit-on, suivit le prince Henri de Brabant à la guerre contre les Stadingues, en 1254 '.

Selon toute apparence, Guillaume mourut sans laisser de postérité s, et son patrimoine échut aux descendants de son frère ainé, Daniel, qui, pendant longtemps, portèrent alternativement les prénoms de Gilles et de Daniel, el qui adoptèrent, pour dénomination patronymique, le nom d'un de leurs domaines, deWanghe, l'une des pairies du comté de Namur. Celui de Crainhem devint, en quelque sorte, l'apanage de la lignée d'Arnoul, second fils de Daniel de Crainhem, et & qui la seigneurie de Crainhem fut assignée, à la condition de la tenir en fief de son frère Égide ou Gilles. Le petit-fils de celui-ci, Gilles de Wanghe, et sa femme Catherine vendirent à l'abbaye d'Atilighem, en 1265, moyennant 180 livres de Louvain, 15 bonniers situés à Merchten et tenus en fief des Aa de Grimberghe; puis ils abandonnèrent à la même communauté, moyennant 380 livres, 54 bonniers situés à Merchten et Sleenhuflel. Celte dernière cession fut confirmée par leur fils Daniel de Bochoute ou Bouchout, le dimanche de Beminiscere, en l'année 1278-1279, par une charte scellée d'un sceau

I Dr. Suri. Corpus Citron. Flandr.. t. Il, pp. 781, 7% et 8*7. * Divers, Rrrum llrabanticarum, pp. 3V et 115.

: En 1Î09. Guillnnmo do Crainhem ot son neveu Égide renoncèrent, en faveur des chanoines de Lierre, à leurs droits sur la digue du moulin de Semlfort. Opéra itipt., t 11. p. 733. — Dans aucun des actes de Guillaume on ne parle de ses enfants. Les Bouchout mentionnes par Gramayc : Walter. qui vécut sous un des ducs Godofroid; Jean, contemporain de Henri I": Godefroid, qui.vivait du temps de Ht-nri II et qui se distingua u la Torrc- S.iinte. ne me sont connus que par cet écrivain, plus ingénieux qu'exact

IIISTOIHE

à l'écuiison chargé d'une croix droite. Daniel promit (juc sa mère, ses frères et ses sœurs donneraient également leur consentement. Les témoins fuient : le chevalier Daniel de Redelgliem ou Relcghem, son oncle; le chevalier Jean d'Ossele, et mallre Nicolas, prêtre ou curé de Buggenhout. Le nom de Wanghe est encore le seul connu de Van Heelu, dont les vers le rappellent plusieurs fois. Après que les seigneurs de Cuyck et de Heusdcn eurent défait le comte de Gueldre, ils confièrent la ville de Thielt atichevalicr Franco de Wanghe; mais, a peine avaient-ils repassé la Meuse, que le comte attaqua Thielt, le prit et y lit prisonnier Franco, qui mourut bientôt de ses blessures (128!>) '. Danyas ou Daniel de Wanghe, qui se distingua a Wocringen et qui est cité, en 1285, comme un des pairs du comté de N'a mur *, était sans doute son frère, ainsi que Henri de Wanghe, sénéchal de Brabanl en 4506.

Daniel de Wanghe combattit avec gloire à Wocringen; ce fut lui qui décida du sort de la bataille. Renaud, sire de Fauquemonl, un des plus vaillants guerriers du temps, voyant le désordre se mettre dans les rangs des Brabançons victorieux, voulut essayer de changer le sort du combat. 11 réunit à la hâte quelques jeunes combattants, se jela avec impétuosité sur les ennemis, et blessa le comte de Juliers; mais Daniel le blessa à son tour et allait le percer de son épée, sans l'intervention du comte de Los et d'Arnoul de Stcyne, parents de Renaud s. En iSKW, Daniel, que l'on nomme depuis Daniel de Boucbout, aida l'évéque de Cambrai à dompter ses sujets rebelles. Plus lard, il fut l'un des conseillers ordinaires du duc Jean 11 et il remplit les fonctions de sénéchal de Brabanten 4290 et en 4299. Au combat livré par la commune de Bruxelles au duc, en 1300, dans les prairies de Vilvorde, il eut un cheval tué sous lui et reçut, de ce chef, une indemnité de 00 livres. En 1509, lui et René de Morialsart furent chargés d'ouvrir, avec le concours de deux chevaliers du Hainaut, une enquête, au sujet de la possession du village de Saureit *; son nom se trouve au bas de la charte de Cortenberg. Lors de l'avènement au trône de Jean III, il était si considéré, qu'il fut l'un des nobles choisis pour administrer le pays, de concert avec les députés des villes. Le 12 février 1315-1316, il alla à Nivelles assister à la renonciation aux alliances conclues entre son pays et le Hainaut, et, un an après, le 4 février 1310-1317, on le chargea, lui et Arnoul de Hellebekc, de négocier une réconciliation avec la Flandre.

A celte époque, Daniel de Boucbout portait dans ses armoiries une

' \k* HiEi.li. I>? itog rnn Mnermytn, v. 3.019. — BVfIMf. I. 1". p. 307.

8 De II i i i i i mm Monument* po:ir terrir à I liitloirc du Hattwut, etc , p. iQS.

-"■ W. Astiit.HBt.iic. le Combat de Wnerinjen. — Voisir. Sotkê *ur la butait le de W'oeriwjtn

• Lt comte de S»i»t Gtsuis, Ut Pairies du Hainaut, p CCLXXIII

merlelte au premier canton que l'on n'y voyait pas encore en I29U. Remarquons aussi que sa postérité ne posséda jamais la terre de Wanghe, mais un grand fief tenu dufirabant, et qui comprenait les villages de Sterrebeek et de Saventhem, la maison (ou château) de Bouchoul, des biens à Weinmel et une dîme à Sempst *. Daniel, en outre, acheta Humbeek aux Bciihoul de Malines, en 1515. Il eut, entre autres enfants : Gilles, seigneur de Bouchoul, qui apposa son sceau au traité conclu avec la Flandre en 4556, et qui eut de Béatrix de Berlacr un lils et une fille, nommés Jean et Elisabeth; Jean, seigneur d'Humbeck; Marguerite, qui épousa 1 Jean de Berchem, et une autre fille, femme de Waller de Hanst, seigneur de Canlicrodc.

Vers ce temps, un comte de Flandre vint chercher un refuge dans la résidence des Bouchoul 3. Ce doit être Louis de Crécy ou Louis de Maie; tous deux firent un long séjour en Brabant, pendant les années qui s'écoulèrent depuis la mort du célèbre Jacques d'Artevelde jusqu'à la soumission des Flamands au dernier de ces princes. A en croire d'Oudeghersl \ celui-ci logea dans le château quand il envahit le Brabant, en 1586; mais cet historien se trompe : le camp de Louis de Maie fut alors placé sur les hauteurs d'ilekelghem , appelées aussi Bouchoul. En curant les fossés du manoir et en creusant les fondations de la ferme, on a trouvé des fers de lance, des piques, des épées, des bouts de flèche cl un graud nombre d'ossements humains; on en conjecture que Bouchoul eut à soutenir un siège de quelque durée ou un sanglant assaut , à l'époque de la bataille de Scheut.

Jean de Bouchoul se distingua également à la guerre et dans les conseils. Nous ignorons si c'est lui que Froissard désigne, sous le nom de sire de Boukehort, comme ayant accompagné le duc. Jean 111 à la journée de Buironfosse. Sommé, avec menaces, par Louis de Maie, de se rendre à une assemblée des nobles du Brabant, a Cortenberg (Bruges, le 27 août 1356), il brava la colère de ce prince cl refusa de lui prêter serment. Vers la lin de la même année, une Iroupe de Brabançons ayant porté le ravage dans les campagnes voisines du prieuré de Leliendacl, IcsMalinois, sortant de leur ville, les défirent et emmenèrent prisonniers le damoiscl de

1 Une empreinte de son sceau, dans un état de conservation admirable, est appenduc à la charte par laquelle le duc Jean ti contirma. en 1307, les privilèges de la ferme de Reltoglicm. appartenant à l'abbaye de Saint-Ravon à Gand.

» Daniel de R. lenel a duce eillu* de Sttrlieke et de Zareniem, liomat/in et f/tio</ lutbtt in dUtit villi», imo domum tuam dr liotwfwut et t i qund habel ni pu roc h in de R am. Item decimam de Sempue. Livre dei fiefs de I année

» l't non i m mérita Ftandriœ cornet profugus hir se p/itiitimum *ernicit. GmairE . Hruxella. p. 27.

< T. II. p. «I.

HISTOIBI

Bouchout et le seigneur de Releghem, qui étaient cependant de braves guerriers, et qui avaient vainement défié quelques nobles malinois de rompre des lances avec eux Ces revers semblent avoir dégoûté Jean de lioui -bout du métier des armes. Toutefois, ayant acheté, en 1562, de Jean, seigneur de Pctcrshem, la châlellenie de Bruxelles, il conduisit les habitants de cette ville à la bataille de Bastweiler,cn 1571, et au siège de Gavrc, en 1586. En cette dernière circonstance, l'inaction prolongée de l'armée excita des murmures, et les communes saisirent la première occasion favorable pour attaquer. Le sire de Bouchout, voyant qu'on semblait suspecter son courage, se plaça au premier rang, et combattit ' en désespéré pendant l'attaque furieuse des Brabançons, qui n'eut d'autre résultat que la conclusion d'une trêve. 11 reconquit ainsi par sa valeur l'affection et l'estime générales *.

En 1561, Jean de Bonchouf et Bernard, seigneur de Bornival, furent chargés par le duc Wenceslas de surveiller, de concert avec Henri de Flandre et Louis de Namur, délégués du comte de Flandre, la translation à Nivelles des archives du Brabant, qui étaient auparavant conservées à I.ouvain, et que Wenceslas s'était fait remettre, après les premiers troubles dont celte ville fut le théâtre sous son règne 5. En 1582, Anne de Luxembourg, fiancée de Richard II, roi d'Angleterre, n'osant partir de Bruxelles pour Londres, parce qu'une escadre normande croisait dans la mer du Nord , les seigneurs de Rotselaer et de Bouqueshorl ( lisez Bouchout) furent chargés d'aller demander au roi de France un sauf-conduit pour elle *. Le sire de Bouchout était présent lorsque sa souveraine, la duchesse Jeanne, par un acte donné à Tournai le 28 septembre 1500, déclara que le Brabant devait appartenir, après sa mort, au duc de Bourgogne et à sa femme, la comtesse de Flandre; quelques années après, il l'accompagna à Bastognc, où elle se rendit pour voir le roi de France, qui marchait contre les Gueldrois, ses ennemis B. Le parti français, alors tout-puissant à la cour de Bruxelles, s'était assuré depuis longtemps l'appui de Jean de Bouchout. Le 8 mai 1568, le roi de France lui avait donné en fief une rente viagère de 400 francs d'or par an *, et, en 1584, le due de Bourgogne s'était engagé à lui payer tous les ans, aux mêmes conditions, un revenu de 500 livres, et l'avait nommé son conseiller et chambellan 7. Il mourut le ô juillet 1501.

1 Vallru's. Mechelichê CUronyche. M. I VO.

* nra'mntnhr Yer*len. I. IV. c. 7V. — Dk Dy>ti r. I VI. r &|. ; RnthantKht Yerslen. t. 11. p .'>8<i.

• Khoissart. I. U.C. 133.

» Utm, I. III. r. 118 et 1*6.

« Du Tii.lkt, cite dans les Selechi prn icrculo 1300. ad annum

' Histoire Je n<nir<j»jne. par un religieux Bénédictin, t. 111, p. 7i.

as-»

Grâce» la faveur dont il avait constamment joui, Jean de Boucliout augmenta considérablement son patrimoine. S'il n'eut pas de postérité légitime, il compta un grand nombre d'enfants naturels : Léon, à qui il laissa la seigneurie de Releghem, qu'il avait achetée ; Gérard, qui eut pour sa p'irt Yhofteti Bosche à Ramsdonck; Jean, surnommé de Bastart ou te Bâtard; Gilles, qui s'allia à la fille de Gilles de Busco ou Vandenbossebe; Laurent, doyen de Sainte-Gudule à Bruxelles; Catherine, qui prit l'habit religieux à Ouderghem; une autre Catherine, religieuse à Hérenlhals, Elisabeth, religieuse à Lcliendael, etc.

Jean de Houchout et sa sœur Marguerite, femme du chevalier Guillaume de Duvenvoorde le jeune, seigneur de Drongen, n'ayant pas laissé d'enfants, Bouchout et la chfitcllenie de Bruxelles passèrent à la postérité de leur oncle Jean, seigneur d'Humbeck (mort en 1547 ou antérieurement), époux d'Elisabeth, fille de Giselbert Taye, qui s'allia, après sa mort, au chevalier Arnoul de Hellebeke. De ce mariage naquirent Daniel III, le chevalier Jean de Bouchout, mort sans laisser d'autre postérité que cinq filles, nommées Elisabeth, Marie, Marguerite, Jeanne et Anne ; Marie, femme du chevalier Jean de Wedergraet, et Catherine, prieure du couvent de Blcyenberg à Malines. Daniel 111 fut fiancé, le vendredi après la Saint-Luc, en 1556, à Marguerite, fille de Thierri de Waicourt, seigneur d'Aii . Celui-ci donna à Marguerite son bien à Welle, dans le pays d'Alost, et déclara qu'après sa mort il lui serait payé une rente annuelle de 2 livres de vieux gros sur ses biens à Lennick ; si elle mourait avant son mari, sans laisser d'enfants, Welle devait appartenir à Daniel, sa vie durant, cl, d'autre part, si ce dernier précédait sa mère au tombeau, sa femme recevrait, tous les ans, 8 livres de vieux gros. Henri de Waicourt, seigneur de Favercbines, Jean de Hellebeke, seigneur de Loenhout et d'Ophain, Arnoul et Adam de Hellebeke, frères, Gilles de Bourhout, Waller de Huldenberg et Daniel de Liere, chevaliers, Jean de Bouchout, Giselbert Taye et Rodolphe, son frère, assistèrent à la signature de ce contrat Daniel se remaria à Marguerite Pipenpoy, dame de Blaesvelt, qui était morte en 1568. 11 laissa cinq enfants légitimes : Henri, Daniel IV, Catherine, Marguerite, femme de Costin de Berchem; Gilles, qui épousa Aliane de Heygcrsvliet, et un enfant naturel, nommé Guillaume. Eu 1556, il avait refusé de prêter serment de fidélité à Louis de Maie; il se rendit ensuite, avec le duc Wenceslas,en Alsace, et reçut, en 1564, 24 moutons, en indemnité des frais que lui occasionna cette expédition.

Le 4 avril 1569, Daniel III partagea se» biens entre ses fils, le che-

» Cartulmrt rlr Ganbeek, f« 178.

valier Henri, Daniel et Gilles. Le premier, qui mourut peu de temps après sans laisser d'enfants, eut pour sa part Loenhout, que Daniel avait hérité des Hcllehckc, cl Humbeek; au second, on donna le manoir de Coninxloo à Vilvordc et les biens de Marie, fille d'Arnoul de Hellebeke, biens dont le mari de cette dame, Gérard, seigneur de Vorsselaer, possédait l'usufruit. Après la mort de sire Henri, un nouveau partage se Ht, le 22 décembre 1 376, et Gilles devint alors possesseur de la seigneurie de Hellebcek. Daniel IV se maria, en 1308, à Elisabeth, fille deWalter Eggloy, patricien de Bruxelles, qui mourut, à ce qu'il semble, en Tannée 4387, puisque sou fils Jean de liouchout lui succéda en cette année dans sa seigneurie censale d'Overmolen, située h Bruxelles, « entre les deux ponts (aujourd'hui la rue de la Petite-Ile). » Daniel eut encore d'autres enfants et, dans le nombre, le chevalier Daniel V, qui réunit aux seigneuries d'Humbeek et de Loenhout celles de Bouchout, de Diepensleyn, dcReleghem, et la châlellenie de Bruxelles. Il signa, en 1415, le traité d'alliance mutuelle conclu entre les trois ordres des Étais de Brabant et de Limbourg; en 1421, il suivit Philippe le Bon dans son expédition en France. Pendant la guerre de Hainaut,lors de l'attaque de Brainc-le-Comle par l'armée brabançonne, une terreur panique saisit les Anglais qui défendaient les murailles de celte petite ville, quand ils aperçurent, au milieu des assiégeants, un cavalier monté sur un palefroi d'une blancheur éclatante et près de qui se déployait une bannière blanche à la croix rouge. Ils crurent que saint George, leur patron, combattait contre eux, et cette idée glaça leur courage. Braine-le-Comte, attaque avec ardeur et mollement défendu, fut pris el saccagé (H mars 1424-1425) *. Le sire de Bouchout, qui avait joué dans cette occasion le rôle d'un messager céleste, ne laissa de sa femme Marie de Ghistellcs qu'une fille, appelée Jeanne.

L'alliance de Jeanne de Bouchout et de Jean, sire de Wesemael et de Falais, ne fut pas heureuse. Après une union de 28 ans, après que Jeanne eut donné à son époux sept enfants, qui ne vécurent pas, il est vrai, le scandale des liaisons du sire de Wesemael avec Aleyde Vandenschoer l'obligea à demander le divorce. H fut prononcé par l'oflicial de Liège le 19 juillet 1443. Les deux conjoints avaient déclaré être d'accord au sujet de l'administration de leurs biens Ceux de Marguerite de Bouchout, qui mourut peu de temps après, en 1447, furent en partie aliénés, en partie légués au cousin de celle dame, à Daniel VI, fils ou petitfils de Gilles de Bouchout el d'Aliane de Reygersvliel, dame de Boulers,

• De Dïsti:», 1. VI, r. 213.

* Vidimus de la sentence de lofficial, daté du 21 avril lH6 lYAortf* dt la thûmbrtdt* comptn. layeMalines. pièce n» 8

(relief du 24 février 1444-1445). Le chevalier Conrad Vandermeeren avait acheté la châtellenie de Bruxelles (19 juillet 1445), mais Daniel usa de la faculté que lui laissaient les lois féodales de rctraire ces biens, à titre de parent, en remboursant le prix de vente. Il déposa à l'hôtel de ville le capital d'une rente de 54 florins du Rhin, de 4 vieux gros chacun, soit 622 livres 12 escalins et 18 gros. Le duc Philippe reçut son hommage et ordonna à tous les magistrats, et aux vassaux, maires, tenanciers et sujets de la châtellenie de le reconnaître pour seigneur (r. du 22 mai 1444, édit en date du 16 février 1444-1 44Î))*. Cependant, toutes les difficultés ne furent pas immédiatement aplanies, et Vandermeeren plaidait encore contre sire Daniel au mois d'octobre 1449.

Celui-ci partagea alors, avec son frère Jean, l'héritage de sa cousine, et lui donna le fief de Releghem. Il parut dans plusieurs tournois, entre autres, en 1439, à celui de Bruxelles, où il parut avec sa bannière et accompagnéde Laurent Janssone VanBouchout. donlles armoiries offraient la bande diagonale, emblème disttnctif des bâtards; il fut l'un des dixhuit étrangers qui combattirent dans une joûte à Anvers, les 12, 13 et 14 février 1440-1441, et il y remporta le premier prix, consistant en un faucon vivant orné d'un rubis; en 1441, lui et Arnoul, damoisel de Sevenbcrghcn, furent les tenants (de baenrotsen) d'un tournoi à Utrccht*. Pendant laguerre contre les Gantois, le duc de Bourgogne le chargea de garder Termonde, avec une troupe de gens d'armes, qui restèrent dans cette ville jusqu'au 31 juillet 1453, et pour qui on lui paya 3,384 livres (acte de décharge en date du 24 septembre de la même année) ; l'ordre de la chevalerie lui fut donné le jour où les Gantois vinrent faire amende honorable à leur prince. Il fut lué à la bataille de Monlléry le 1 fi juillet 1465. Il avait testé depuis le 15 septembre 1460.

L'unique enfant de Daniel et de Marguerite de Poucques, Marguerite de Bouchout (r.du 9 mars 1465-1 466),s'allia au chef d'une des plus puissantes races baronniales du pays de Liège : Éverard de la Marck, sire d'Arenberg, avoué héréditaire de Hesbaye, fils de Jean de la Marck, et frère du fameux Guillaume de la Marck, dit le Sanglier des Ardennes, seigneur de Lummen,et de Robert, seigneur de Sédan. Après son mariage, le damoisel d'Arenberg s'attacha à la cour des ducs de Bourgogne. II commandait 85 soldats dans l'armée qui détruisit Dinant en 1467. Lors de la guerre que fit Charles le Téméraire à l'archevêque de Cologne, il suivit le premier de ces princes, tandis que son frère Guillaume combattait dans les rangs opposés, et ce fut lui qui servit de guide au détache-

« Zu*rll*»ck, f» 95.

« Etchnin» dt Itruxtllrtn tournoi*,, m», déjà cité, f» 1ï»7. T. 11.

ment qui alla ravitailler la petite ville de Liais. Nous le trouvons, en 1470, qualifié de gouverneur général des pays de Luxembourg, de Chini et de la Roche, et, en 1477, figurant parmi les juges nommés pour décider du sort des ministres du duc Charles, Hugonet et Humbcrcourt. Sa femme étant morte en U72, il régit ses domaines comme tuteur de ses enfants, pour qui il fit les reliefs obligés, le 25 juin U79. Comme les fonctions de capitaine de la ville de Bruxelles étaient de droit annexées à la dignité de châtelain ou vicomte de celte grande cité, Everard de la Marck les remplit à plusieurs reprises, et, en 1478, les trois membres de la commune ayant levé des soldats pour combattre les Français, une convention fixa le taux du traitement mensuel qu'il devait recevoir en qualité de commandant. Quelque temps après, lorsque son fils atné fut déclaré châtelain, la ville lui fit don de 3(i couronnes, « pour le premier t harnais qu'il employait à servir le prince. »

En I4N2, l'assassinat de Jean de Bourbon par leSanglier des Ardennes ayant laissé vacant le siège épiscopal de Liège, les La Marck y portèrent Jean, fils du Sanglier, mais le pape refusa d'approuver celle élection, et Jean de Hornes fut nommé. Alors commença une guerre sanglante: Êverard défit les habitants de Maeslricht, leur tua 500 hommes, et, s'il l'eût voulu, rien ne l'aurait empêché d'entrer dans celle grande ville, qui commande, pour ainsi dire, tout le cours de la Meuse. Celte faute lui altira les reproches de son frère Guillaume ' . Peu de temps après, celui-ci fut attiré dans un guet-apens, puis décapité à Maestrichl. La paix avait cependant été signée et on avait confié à Everard les fonctions de mambour ou gouverneur de l'évéché, en atlendant la nomination définitive d'un évêque. Indignés du meurtre du Sanglier, lui et Robert de In Marck reprirent aussitôt les armes et firent aux De Hornes uneguerre sanglante. Lorsque les Flamands et les Brabançons se révoltèrent contre le roiMaximilien, ils les aidèrent de toutes leurs forces; mais les victoires des généraux du roi neutralisèrent les effets de leur intervention, le Ilrabant fut forcédesc soumettre, et la guerre fut reportée dans le pays deLiége,où elle continua longtemps avec des succès balancés. « En 1402 seulement, dit M. Polain, se terminèrent ces affreuses divisions : l'évèque, sans armes, vint au-devant de ses ennemis dans la plaine de Haccourt, puis, se incitant à genoux, il cria trois fois de suite: Seigneur Everard, pardonnez-moi le meurtre de votre frère, je vous en conjure par la moii et la passion de Noire-Seigneur Jésus Chrisl! —Vous me demandez pardon du meurtre de mon frère, au nom d'un Dieu mort pour tous,dil Éverard, pleurant et sanglotant, eh bien! je vous l'accorde -. »

• Surmints Pétri dans Ctupi u vitir., Gesia Epitcop. Leodirnt., t. III, pnnim.

* Hé<je pittorttquc, p. 69.

Pour punir les Lu Marck de leurs rébellions, Maximilien avait confisqué leurs domaines en Brabant,ct les avait donnés à Daniel de Bouehout, fils du frère aîné de Daniel VI, Jean, seigneur de Boulcrs, et de sa femme Jeanne de Vianen, dame de Beversweert. Daniel, qui ne laissa pas de postérité masculine, fut châtelain de Bruxelles et seigneur de Bouehout de 1483 à 1489. Le roi Maximilien lui (it don, le 8 avril 1489-1490, de tout ce qu'il pouvait devoir aux Flamands et aux Brabançons rebelles, et le chargea de garder, avec 200 fantassins, la ville de Grammont, que 150 Gantois surprirent, pillèrent et brûlèrent, le 28 mars 1491-1492, et d'où ils l'emmenèrent prisonnier4. En guise d'indemnité, on lui alloua, par lettres patentes du 24 décembre 1 492 , une somme de 1,000 livres à prendre sur la première aide qui serait votée en Flandre; mais celle somme ne fut payée que plus tard, sur les aides de Brabaul (acte de décharge du C août 1498).

Lorsque Philippe de Clèves enlra dans Bruxelles, en 1489, Robert de la Marck, seigneur de Sedan, vint le rejoindreavec lesdeux filsd'Évcrard, Éverard et Robert. L'alné de ceux-ci étant châtelain, fut proclamé capitaine de la commune, et, à ce titre, il figura en léle du traité de réconciliation qui s'opéra entre lesdeux partis qui divisaient la ville, le 25 janvier 1488-1489 *. Pendant l'année 1489, Robert, son oncle, marcha à la tétc des Bruxellois et de leurs alliés dans plusieurs expéditions. Le mariage d'Éverard et de Marguerite de Hornes, fille de Jacques, comte de Hornes, fut l'une des conditions du traité de paix conclu à Maestricht, le 5 mai 1492, et lui-même reçut de l'évéque, quelques jours après, la charge de dief-maïeur de la cité de Liège. Éverard devint comte de la Marck après la mort de son père, qui avait épousé en secondes noces Hélène, comtesse de Kirberch, et qui expira en 1496. Il mourut en 1551; mais, depuis longtemps, il avait renoncé à l'héritage des Bouehout en faveur de son frère Robert, seigneur d'Arenbcrg cl de Minvarl (r. du 26 novembre 1493 et du 16 janvier 1501-1502). Celui-ci avait été aussi un redoutable guerrier, et avait été défait et pris, en 1 490, au combat de Zonhoven, où la fortune favorisa les drapeaux de l'évéque Jean de Hornes. Il épousa Malhilde de Montfort , dame de Naelwyck, Wateringe, etc., morte en 1550. Lui-même décéda en 1541; c'est de sa petite-fille et de Jean de Ligne, seigneur de Barbanson, que descendent les ducs actuels d'Arenberg- Acrschot-Croy.

A l'exception d'Humbeek, que ses descendants conservèrent jusqu'en

' Dn^hfifk iler Genurhe cullnlit. bl. j02 — Dans ouvrage. Daniel est appelé le damoitel de lloelaere. Le IV mars HîH-lVJJ, on lui a\Uit remis 300 livres pour le payement de lu solde de sa troupe, pendant un mois.

' Hitloire de Hrwellet, t. I«, ,,. ;w8.

1606, et de la (lime de Sempst, qui leur resta aussi, pendant quelque temps, Robert de la Marck aliéna tout le patrimoine des Bouchout. il vendit la châtellenie de Bruxelles à Jean Hannaerl, et Bouchout luimême au chevalier Maximilien Transilvain (r. du 20 mars 4556-1557). La partie principale du fief de Daniel II de Bouchout, c'est-à-dire les villages de Saventhem et de Sterrebeek, avec la suzeraineté sur un grand nombre d'à rrière-fiefs situés aux environs, avait passé à une autre famille; au quinzième siècle, Relegbem était devenu la propriété des Cotereau, et le manoir de Diepesteyn celle des Almaras, qui descendaient, par les femmes, de Daniel VII. Dépouillé de presque toutes ses dépendances, le château de Bouchout n'avait plus son ancienne importance, et ses nouveaux possesseurs, sans liens de parenté avec les nombreux alliés de la famille de Bouchout, ne pouvaient pas prétendre à exercer la même influence que leurs prédécesseurs; cependant la situation de la forteresse et la force de ses murailles assuraient encore à ses maîtres un refuge assuré dans les temps de guerres ou de troubles.

Maître Maximilien Transilvain, (ils de maître Luc dit Transilvain ou de Transilvanir (Van Sevenborge), était secrétaire du conseil privé; il épousa d'abord Françoise de Haro, puis Catherine De Mol, qui vivait encore le 2 juillet 1575. Après lui ses filles Jeanne et Marie relevèrent Bouchout, tant en leur nom que pour l'enfant dont Catherine pouvait être enceinte (18 novembre 1558). Jeanne, à qui Bouchout resta, épousa en premières noces messire Gérard de Veltwyck, secrétaire de l'empereur Charles-Quint, nommé trésorier de l'ordre de la Toison d'or en 1549, puis membre du conseil privé ; Gérard avait été envoyé en ambassade a Constanlinople en 1547. Après la mort de ce gentilhomme, dont elle eut deux enfants : messire Louis de Veltwyck, et Marie, femme de Philippe de Thoyre, seigneur de Bossy, Placques, etc., Jeanne de Transilvain s'allia à François-Prosper de Genève, chevalier de l'ordre de Savoie, seigneur de Lullin , Coursingle, Grangettes, Estrambures, etc. Quant à sa sœur Marie, qui eut pour sa part, dans l'héritage paternel, le château d'Houthcm, a Ramsdonck, elle épousa Bernard de Mérodc, l'un des plus fougueux révolutionnaires du seizième siècle. A celle époque, Bouchout fut occupé militairement; le duc de Parme s'en empara dans les derniers mois de l'année 1582. Jeanne racheta les droits des enfants qu'elle avait eus de Gérard de Veltwyck (12 décembre 1588), et, de concert avec le seigneur de Lullin, elle vendit Bouchout au chevalier Christophe d'Assonleville ou Assonville, seigneur de Hauleville (r. du 25 février 1590).

Ce nouveau seigneur avait toujours montré un dévouement absolu au roi Philippe II, qui, dès le commencement de son règne, l'appela au con-

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seil privé. En 1557, en 1558, en 1559, en 1562, en 1564 et en 1578, il fut envoyé comme ambassadeur, tantôt en Angleterre ou en Ecosse, tantôt en France et en Allemagne. Nommé membre du conseil d'état, par lettres patentes données à Bruxelles, le 7 avril! 575-1 574, il remplaça le gouverneur général à l'assemblée des États-Généraux, qui se tint cette année. Lorsque la Belgique, indignée du gouvernement lyrannique de Philippe II, se leva pour chasser les Espagnols, lorsqu'on arrêta à Bruxelles les membres du conseil d'état, le seigneur de Hauteville fut emprisonné, pendant quelques jours, à la Maison du Roi. Don Juan et te prince de Parme l'appelèrent auprès d'eux et lui donnèrent toute leur confiance. Il devint trésorier de la Toison d'or et mourut le 10 avril 1607; sa femme Marguerite Scheyfve et son fils Guillaume l'avaient précédé au tombeau. Sa devise : Suivez Dieu, nous révèle ses sentiments religieux, qui lui tracèrent sans doute sa conduite politique. Devenu possesseur du château de Bourhout; il le restaura et l'embellit considérablement. A sa demande, les archiducs Albert et Isabelle déclarèrent que celte seigneurie était ■ une ancienne baronnie du Brabant, tenue directement et immé-

• diatement d'eux, en un seul fief, avec toute justice haute, moyenne et

• basse, consistant en un ample chasteau, tellement, disent les archi-

■ ducs, que ce lieu et commarqué monstrent bien leur grandeur, anti- « quilé et noblesse, pourquoy on l'auroit tenu, réputé et nombré pour

■ une ancienne et noble baronnie du duché de Brabant, et, en cette qua- « Iité, les seigneurs auroienl jouy de toute aulhorité et prééminence, « tant dans le dit pays que dehors, conséquemmenl tenu leur rang et « lieu entre les barons, etc. » (30 juin 1605) ».

A cet homme d'état succéda son lils Charles d'As3onville (r. du 5 janvier 1609), puis, en vertu d'une clause du testament du seigneur de Hauteville^ la fille de ce dernier, Marguerite, femme de Jérôme-Gaspar de France, seigneur de Noyelles-Wion , président du conseil d'Artois (r. du 26 avril 1621). Celui-ci eut à soutenir un procès contre le neveu de sa femme, Philippe T'Serclaes, seigneur de Rhode-Sainte-Agalhe, qui avait épousé Marie d'Assonville, fille de Charles, et à qui la cour féodale donna d'abord gain de cause (r. du 50 avril 1624); un arrêt sur révision fut favorable au seigneur de Noyellcs, et Philippe T'Serclaes ayant réclamé une autre révision, il fut alors décidé, contre lui, sur le rapport du conseiller Roose, que le plaideur qui a obtenu un premier arrêt qui a été revisé, ne peut solliciter la cassation de l'arrêt révisionfiel (7 septembre 1624, relief du 14 du même mois) *. Certain désormais

« Mercedes d honneur et de noblesse du duché de liraient, p. «0. » Dclairy, Jurisprudence des Pays-Bai autrichiens, p. 339.

de conserver le patrimoine de sa femme, le seigneur de No) elles sollicita, pour la seigneurie de Bouchout,la confirmation du titre de baronnie, ce qui lui fut accordé le 10 mai 1640; il augmenta l'importance de ce domaine en prenant en engagère du souveraiu la haute, moyenne et basse justice des villages de Bever, Jette, Ganshoren,Releghem et Ifamme, qu'il céda cependant, quelques années après, aux Kinschot. Il avait été nommé bailli de In \illc et de l'université de Douai, puis, le 20 janvier 1628, maïeur de Louvain. Sa nomination à ces dernières fondions souleva une contestation qui dura jusqu'en 1630, les magistrats louvanistes refusant de le reconnaître comme représentant du prince, parce qu'il n'était pas Brabançon. Son fils aîné, sire François de France, seigneur deNoyelles, lui succéda dans la baronnie (r. du 49 décembre 1651).

Bouchout, mis en vente, fut acheté par sire Pierre-Ferdinand Hoose, seigneur de Ham, Froidmonl, Jemeppe, Loupoigne et Baisy, conseiller de Rrabnnt, pair du comté de Namur, fils de Jean Roose, seigneur de Seclin, qui fut plusieurs fois bourgmestre d'Anvers, de 1654 à 1641 (r. du 26 janvier 1678). Le conseiller Roose s'appelait simplement Ferdinand, mais le célèbre président Roose, son oncle, en le déclarant son héritier, avait désiré qu'il prit le nom de Pierre; il était cousin du premier baron de Lceuw-Saint-Pierre, dont nous avons parlé, et mourut le 10 décembre 1700, sans laisser de postérité. Bouchout, qui avait été de nouveau déclaré une baronnie, le î) mai 1 683, passa à Melchior-François-Joseph Roose, fils de Jean-Alexandre Roose, major de la ville d'Anvers, et petit-fils d'Albert Roose, également major de la même ville, Trère de Pierre-Ferdinand Roose (r. du 31 décembre 1701). Ce gentilhomme fut marié deux fois, d'abord à Anne-Thérèse De Vinck, puis à Marie-Françoise Vanderlinden ; il mourut en 1745. Son fils nlné, Arnoul- Melchior (r. du 27 octobre 1746), ayant été tué au combat de Humelcn, livré aux Prussiens le 15 août 1760, son héritage fut recueilli par son second (ils, Pierre-Charles-Joseph Roose (r. du 6 mars 1761), major de la ville d'Anvers, créé comte de Baisy le 7 juillet 1770, mort le 10 mars 1776. Pierre-Jean-Alcxandrc comte Roose (r. du 10 août 1776), fils du précédent, épousa Marie-Annc-Josèphe Vandewerve. De son fils, le comte Charles-Pierre- Joseph et de Henriette De Vischer de Celles, est née madame la comtesse Joséphinc-Antoinelle-Ghislaine-Èlisabeth, la dernière du nom de Roosc,qui a épousé, le 12 mai 1830, M. le comte Louis-Léopold-Amédée de Beauffort, fils aîné de Philippe-Ernest, marquis de Beauffort, et de Jeaune-Joséphinc de Wignacourt. En vertu d'un arrêté royal du 1 4 décembre 1856, le comte, dont la maison jouit en France, de temps immémorial, de la prérogative de porter des insignes supérieurs à son litre, a été autorisé, ainsi que tous ses descendants légi-

limes directs, à substituer à la couronne comtale et au cimier décorant ses armoiries, la couronne ducale et le manteau hermine, plus spécialement en usage en Belgique.

La juridiction seigneuriale de la paroisse de Meysse était partagée en sixièmes, dont un dépendant de Boucliout. Un dénombrement, rédigé quand Christophe d'Assonville releva la seigneurie à la cour féodale de Brabant, assigne à son fief les annexes suivantes : un château fort, consistant en plusieurs tours et bâtiments, avec grands fossés remplis d'eau, deux ponls-levis, une basse-cour ou ferme, également entourée d'eau, des vergers, prés, étangs, cours d'eau, garennes, bois, champs, le tout contenant 70* bonniers i journal 5 verges, mesure de Meysse; des rentes foncières dons ce village, à Slrombeek, Wolverlhem, etc. ; le droit de choisir le sacristain de l'église paroissiale, la haute, moyenne et basse justice; le droit de nommer, de concert avec les possesseurs des cinq autres cinquièmes, un maire, des échevins, un greflicr, un sergent; le droit de faire décapiter ou fustiger, de bannir, de donner des saufconduits (geltyde), de chasser, de chasser aux perdrix, enfln tous les autres droits de chevalerie ;]de plus, la neuvième part dans les amendes et forfaitures, en deçà du grand chemin dit Uerstt aete (le chemin dit de Paatgatxtraete, qui va de Meysse vers Puers ?), et la douzième par delà . Le 5 1 décembre tîiîK), le village d'Eegenhoven,ses dépendances, et son moulin à eau banal , situé devant le château d'Héverlé , furent déclarés un accroissement du fief de Bouchout; mais ils ne lui restèrent pas longtemps unis. Les seigneurs de Bouchout relevaient en outre, des Grimbcrghe- Nassau, une seigneurie censale à Mcyssc, • au delà de la Herstraete, sous « les sept seigneurs {over de Herstraete, onder de seven heeren); • elle avait été achetée au seigneur de Vorsselaer, au quatorzième siècle, cl fut momentanément séparée de Bouchout pour être donnée à Marie Transilvain ; maître André de Cracsbeke, receveur des enfants de sire Bernard de Mérode, seigneur de Rummcn, la releva le 18 août 1586; puis, Christophe d'Assonville et son fils Guillaume rachetèrent à Jeanne Transilvain (relief du 51 décembre 1593).

Eu parlant de Guillaume de Crainhem, qui vivait au douzième siècle, nous avons mentionné sa « culture, > c'est-à-dire les champs qui étaient annexés à son habitation. Le château existait donc dès cette époque. Si l'on en croit De Canlillon, il était jadis entouré de cinq enceintes de fossés qui se protégeaient l'une l'autre et qui étaient traversées par un pont d'une longueur extraordinaire. Après la restauration complète que lui fit subir Christophe d'Assonville, vers l'an 4000, il formait un carré flanqué de cinq tours de dimensions et de formes diverses; la principale, qui était carrée, et dont le toit avait à ses angles des éi banquettes, ne

recevait le jour que par quelques meurtrières ; les autres étaient de forme hémisphérique ou rondes. Des bâtiments, très-simplement construits, avaient été adossés aux murs intermédiaires, dans presque toute leur étendue. Les fondements de la forteresse étaient baignés par un grand étang, autour duquel rayonnaient de belles allées; à Test se trouvait le jardin, qui était entouré d'eau et de charmilles, et au sud-ouest, la ferme et les autres dépendances 1 .

M. de Beauflbrt, qui a voué à l'art du moyen âge une admiration profonde, a fait exécuter, depuis 1832, sous la direction de M Suys, des travaux qui ont considérablement modifié l'aspect du château de Bouchout. La tour d'entrée et son pont-levis ont disparu; aucun fossé ne sépare plus le jardin de la cour, qui est entièrement ouverte. La partie du manoir In plus ancienne, est la tour occidentale, donjon carré, massif et recouvert par une terrasse de plomb. L'aile adjacente, d'architecture moderne, doit être mise en harmonie avec les deux autres corps de logis, que l'on a restaurés dans un genre gothique-renaissance. Deux rangées de grandes fenêtres leur donnent un aspect monumental; une galerie couverte, qui doit s'élever en avant du rez-de-chaussée du principal corps de logis, ajoutera encore à la beauté de l'édifice. Aux angles s'élèvent de jolies tourelles, couronnées par des ceintures de créneaux. Un campanile ou beffroi en miniature étale au milieu d'elles son loil découpé en ornements gothiques.

L'intérieur n'est pas moins remarquable. Grâce au goût de M. de Beauflbrt, il s'est transformé en un musée, dont les richesses ajoutent au

' Voyez la vue du château dessinée parG.de Bruyn et gravée par Itarrewyn pour les Cattflla et prceloria de Le Roï. et qui a été reproduite dans De Cantiuos, t. D, p. 1:»

DES ENVIRONS DE BRUXELLES. Ml

charme qu'inspirent l'aspect du château et les souvenirs de son histoire. Des portraits en pied de quelques-uns de nos anciens souverains et de nos hommes illustres décorent la salle h manger et le grand salon. Dans le premier de ces appartements, la cheminée, de très-grande dimension, est surmontée des statues de Godefroid le Barhu, le prétendu fondateur du manoir, de Godefroid de Bouillon et du duc de Bourgogne Philippe le Bon. Près du grand salon, dont on admire les portes de bois sculpté, provenant de l'abbaye de Malone, et dont les murs sont tapissés de tableaux et de portraits historiques, est une petite chapelle dédiée h saint George. Ce fut le baron Melchior-François Roose qui reprit le premier un chapelain, en -1 7528, et ses successeurs suivirent son exemple; ce bénéficier disait la messe tous les jours et recevait par an 240 florins. Un peu plus loin que la chapelle, un cabinet, placé dans la tour nord-ouest, est orné d'arceaux en ogive et des écussons des huit familles qui ont possédé Bouchout, depuis le duc Godefroid jusqu'au possesseur actuel. Sur les vitraux des fenêtres sont représentés les ducs de Bourgogne, l'empereur Maximilien, Charles-Quint, Philippe II, Albert et Isabelle. Des bas-reliefs, des meubles anciens, impriment à ce charmant réduit un cachet particulier. A l'étage, une longue galerie renferme un nombre considérable d'objets rares et curieux, et, entre autres, des armes provenant des batailles de Sempach, Laupen, Saint-Jacques et Marignan, ces grandes dates des annales suisses.

M. de Beauffort vient de faire construire, un peu à l'amont de son château et sur le territoire de la commune de Wemmel, deux charmantes métairies de style gothique. Elles forment un corps de logis flanqué de deux granges plus élevées; la corniche du toit de celles-ci repose sur des arcalurcs cintrées, et leur façade est ornée d'un fronton triangulaire dont les côtés offrent la même décoration. Les portes de ces granges sont en ogive; quant au corps de logis, qui est d'un style plus simple, les lucarnes de son toit sont à frontons également triangulaires. Ces bâtiments, que n'a pas souillés le badigeon , sont construits de briques, sauf les parties saillantes qui sont formées de briquettes bleues. Près du moulin à eau d'Amelghem, on voit une autre grange appartenant également à M. de Beaufforl, et qui a été restaurée en 1835.

Le château de Meysse. — En regard des belles pelouses et des frais ombrages de Bouchout s'étendent, sur le coteau opposé, des jardins également riauts et pittoresques; le ruisseau qui serpente au milieu de la vallée trace une limite à peine visible entre les deux domaines, qui semblent créés pour s'embellir mutuellement. Mais le château de Meysse, habitation vaste et commode, et qui ne date que de 1818, n'offre pas

ce cachet original qui distingue Bouchout, et son histoire ne rappelle t. u. »'

pas des épisodes aussi émouvants, des lignées aussi illustres. L'ancien manoir était Tonné de trois corps de logis entourant une cour; celle-ci, du quatrième côté, était clôturée par un mur percé d'une grande porte cintrée, et se terminant par deux tours à trois étages, surmontées d'une haute flèche '.

Le chevalier Rengol de Menzaet Arnoul de Menza interviennent comme témoins, en 1212, dans un diplôme de Gérard de Grimberghe. Arnoul, sans doute par suite d'une alliance avec les Crainhem, devint un des palrons ou prolecteurs du chapitre d'Anderlecht; de concert avec sa femme Gisèle, et par un acte donné sur le cimetière d'Anderlecht, il céda au monastère de Ninove neuf bonniers de son alleu à Neerpede, le 9 septembre 1223, en présence de son maire Laurent, de son serf Godescalc et de ses serviteurs Waller de Beverne et Simon ; il abandonna encore à la même communauté il bonniers, moyennant une rente, à laquelle il renonça à Mens ou Meysse, le jour des saints Simon et Jude, 28 octobre 4227. Dès la lin du treizième siècle, nous trouvons Vltofte Meysse possédée par le seigneur d'Immcrscle ou lmmcrzeel. Arnoul de Lierre, seigneur d'immersele, vivait sous Jean Ier, qui lui donna le village de Wommelghem ; son fils, du même nom, épousa, à ce que disent les généalogistes, Marguerite de Boucliout. Sire Jean de Lierre, qui naquit de cette union, lit hommage en 1350 à Louis de Maie ; mais, le 20 janvier 1356-1557, il renonça au fief qu'il tenait de ce prince. Son fils Godefroid eut de sa seconde femme, Béalrix de Duffel, Waller d'immersele, qui possédait en 1401 la cour ou ferme de Meysse. Son frère Arnoul laissa deux enfants : Arnoul, qui étudiait à Paris en 1447» et Elisabeth, femme de Godefroid Vilain, seigneur de Burcht. Le fief de Meysse appartenait, en 1474, à Charles d'immersele. Adrienne d'Im- raerscle le porta en mariage à sire Arnoul Vandenwervc; leur fils Jean, appelé ensuite Charles, le releva après eux, et le laissa é sa sœur Marguerite, femme de messire Henri Van Berchem (relief du 11 juin 1544). Ceux-ci, de concert avec Marguerite Scheyffs, veuve de Charles d'immersele, le vendirent à Jean, fils de maître Lambert Vanderee, seigneur de Woluwc-Saint-Étienne, et à sa femme Anne de Boucliout (r. du 30 juin 1556). Celte dernière avait déjà hérité de son père et de son aïeul, nommés tous deux Laurent, une seigneurie à Meysse, et une cour féodale s'étendant dans Grimberghe, Beyghem et Humbeek, tenues en fief des deux seigneurs de Grimberghe. Elle fut la mère de Jean Vanderee, nommé amman de Bruxelles le 12 janvier 1589, en remplacement de messire Antoine Van Os, créé chevalier en 1595 et mort en 1607.

1 Dt CUrtium, I. c, p. 161.

DES E.WinOSS DE BRUXELLES.

sas

Celui-ci eut plusieurs enfuuls de Marguerite de Sanclo-Joannc, morle en 1602, et, entre autres, Jean-François Vandcrce, que les archiducs Albert et Isabelle nommèrent amman en remplacement de son père, le 9 janvier 1608, et qui occupa ces fonctions jusqu'à sa mort, en 1645. Sa sœur Amie eut pour héritière sa parente Anne Vanderee, dame de Lanenborgh. Les dettes contractées par celle-ci amenèrent la saisie de la seigneurie de Meysse, qui fut vendue, en vertu de lettres de décret du conseil de Brabant, du 12 novembre 1671, à Barbe Vanderlinden, dame de Staye, veuve du conseiller Bourgeois, et femme de Don Diégo Gomès d'Espinosa, conseiller de guerre, chevalier de Saint-Jacques, mestre de camp d'un terce d'infanterie espagnole (5 février 1672); Barbe institua pour son héritier universel son neveu Jean-Philippe Vanderlinden, baron d'Hooghvorst, et, s'il mourait sans héritiers légitimes, les sœurs de ce gentilhomme, Barbe-Marie, Anne-Ermance et Marie-Françoise.

Jean-Philippe Vanderlinden, baron d'Hooghvorst (relief du 14 décembre 1665), épousa Anne-Albertine d'Ongnyes, dont il eut le baron Jean- François-Joseph-Ignace (r. du 24 août 4690), mort en 1734, et qui s'allia à Constance Le Vasseur de Guernoval. De cette alliance naquirent plusieurs enfants, et, entre autres, Joseph-Ignace-François (r. du 3 août 1 734 et du 21 novembre 1772), à qui sa seconde femme, Marie-Catherine de Brune, chanoinesse de Mouslier, donna un seul (ils, le baron Jean- Joseph d'Hooghvorst (r. du 9 août 1783), comte d'Hombeek, qui se méia activement de la révolution brabançonne, et qui émigra pendant les premières années de la révolution française. De lui et d'Angélique de Gages, chanoinesse de Nivelles, sont nés, entre autres, les barons Emmanuel et Joseph d'Hooghvorst. Celui-ci fut maire de Bruxelles en 4814 et 1815, et, pendant une longue suite d'années, membre du sénat belge. Le possesseur actuel de Meysse, M. Emmanuel d'Hooghvorst, que la garde civique de Bruxelles choisit pour chef eu 4830, quelques jours après le 25 août, remplit ce poste, sinon avec éclat, du moins avec dévouement. Biche, «l'une famille ancienne et considérée, lié avec presque toute la noblesse belge, il représentait, au sein du mouvement insurrectionnel, le parti conservateur et monarchique, qui sapait le trône des Pays-Bas, sans savoir où s'arrêteraient les suites de ses etrorts. Par patriotisme plutôt que par ambition, il accepta, sans la solliciter, la position qui lui fut faite. < Il mérite d'ailleurs cet éloge, dit un écrivain, » qu'il ne fut jamais indécis au moment du danger, et qu'il resta à son » poste jusqu'à la fin, dans un temps où il fallait du courage pour agir > ainsi '. » En effet, lorsque le canon hollandais tonna sur Bruxelles,

» Dt Lcvtre, llittoire de la Itrcolulion belge, t. |f, p. 83.

pendant que la plupart des chefs de l'insurrection, désespérant du triomphe de leurs idées, s'étaient réfugiés dans le Hainaut ou en France, M. d'Hooghvorst, presque seul, n'abandonna pas l'hôtel de ville. Sans usurper la direction des forces actives, il assista à toutes les réunions où s'organisa la résistance, et en entrant, dès le 24 septembre, au gouvernement provisoire, il brava la colère du roi, dont les armées semblaient devoir vaincre aisément quelques volontaires mal armés et peu nombreux. Quand la lutte eut cessé, M. d'Hooghvorst quitta volontairement le pouvoir, et se contenta des fonctions, plutôt honorifiques qu'importantes, de général en chef des gardes civiques du royaume.

Vhoff te Meysse ou van Immerseele était tenue en fief des Grimberghe- Nassau, avec des jardins, terres, pâtures et prairies d'une étendue totale de 22 bonniers, un étang d'un journal et demi, une seigneurie dite la seigneurie de Meysse, Iiode et Nieuwenrode, ayant haute, moyenne et basse justice, un cens a Meysse, Rhode, Ten-Bosch et Strombeek, valant annuellement 12 livres de gros de Brabant, une cour féodale de 5 hommages, etc. Cette tenure devait le service féodal avec un combattant à cheval et deux à pied. Un registre de fiefs de l'an 1474 annexe au château une ferme dite te yieuwenhove^ et dit qu'elle était louée, avec 28 bonniers de dépendances, pour 9 livres 18 sous de gros, par an. Le domaine de Meysse forme aujourd'hui une des plus belles propriétés des environs de Bruxelles; M. d'Hooghvorst l'a considérablement accru, et y a introduit les meilleures méthodes de culture. Derrière le château, et sans doute près de l'endroit où se trouve aujourd'hui la cure, a existé une maison de pierres appelée IVWaterken ou Berla, entourée d'eau, avec des étangs. François de Becker, poissonnier, et sa femme Jeanne De Witte l'achetèrent, le 26 octobre 1627, à Marguerite Van Oudenhaege, veuve de Gaspar Stubbclcre. C'était une fraction d'un (ief consistant en 7 journaux d'étangs et qu'Antoine de Bouchout avait jadis relevé des Griraberghe-Nassau. Robert, troisième fils d'Antoine, en avait fait le relief, le 17 janvier 1548-1549, et Arnoul , fils de Robert, accomplit la même formalité le G juin 1560. Le 9 octobre 1600, messire Jean de Bourgogne dit Falaix, seigneur de Liezele, et sa femme cédèrent à Jean de Meer, maire de Grimberghe, de Meysse, de Beyghem et de Strombeek, cette propriété, qui ne consistait encore qu'en un verger, avec étangs, réservoirs et digues.

Le village de Meysse. — Nous avons déjà vu, dans plusieurs localités, de singuliers exemples de morcellements d'autorité ou de juridiction , mais nulle part peut-être la féodalité ne s'était établie d'une manière plus bizarre qu'à Meysse. La justice criminelle y était divisée en plusieurs parts : les Grimberghe-Nassau et les Grimberghc-Bergucs

en possédaient chacun deux sixièmes; le cinquième sixième était annexé k Vhof te Meysse et le dernier au château de Bouchout. Les cens y étaient aussi singulièrement divisés : les Nassau, par exemple, en levaient un a Meysse et à Rhode; un second, le cens des deux seigneurs, van de twee heeren, également â Rhode, par moitié avec les De Bergues ;un troisième, des trois seigneurs, en commun avec les De Bergues, qui prélevaient le quart de ce revenu, et avec les Bouchout; un quatrième, des quatre seigneurs, de concert avec les mêmes copartageants, plus les seigneurs de Vhoff te Meysse; enfin, un cinquième, des sept seigneurs, en participation avec les possesseurs de Vhof ten Brande, plus, à ce qu'il semble, avec les maîtres d'un livre censal dit des Heetvelde et avec les seigneurs d'Impden à Wolverthem. Parmi les revenus des Nassau , k Meysse, figuraient encore, en 4619, le produit de la location de la pâture Sainte-Anne (18 florins 5 sous), de deux étangs (65 florins), d'un moulin à eau (44 livres), et une part dans la location de la maison d'arrêt {thoede van de vrone) ; l'audiencier Verreycken fut gratifié de cette dernière, après la rupture de la trêve de i 2 ans, et l'étang et le moulin, avec des terres el des prés, furent loués pour 6 années, moyennant 550 florins par an, à l'amman Vanderee.

Les échevins de Meysse allaient en appel à Uccle.Leur sceau, qui resta toujours le même, offrait, comme celui de Grimberghe, l'écusson des Berthout. et, en outre, pour légende : s. scabinomj de meise.

Les archives des échevins comprennent une belle suite de registres aux adhéritances, qui vont de 4458 à 1488 et de 4506 à 1793; un grand nombre de rôles, de registres aux sentences, etc. Ces échevins scellaient, non-seulement les actes passés devant eux, mais aussi ceux qui se passaient dans les cours censales du lieu, telles que la cour censale de Bou-

chout, celle de Meysse ou d'Immersele (23 février 1519-1520, 50 avril 1 543 , etc) , celle de l'église de Rhode-Saint-Brice (31 mars 1543), relie du chapitre de Saint-Gomar à Lierre, qui dut sans doute aux Crainhcm ses possessions à Meysse, Ophem, Beyghem, Grimberghe, etc. ; celle de Ten-Brande ou des Heetvelde, etc.

Deux fiefs principaux étaient tenus des deux seigneurs de Grimberghe : ils appartenaient, en 1474 : le premier, qui consistait en un cens payé par 50 tenanciers et en une cour féodale de 16 hommages, a Laurent de Radcmaker; le second, qui se composait de terres, de prairies marécageuses et de 12 arriére-fiefs, au prêtre Siger deHasselt. Les tenanciers du premier reconnurent ensuite pour maîtres, parait-il, en 1539, 1542, 1544, Roland Vanderheyden; en 1546, Henri Vandcrheytfen. Sa seigneurie s'appela depuis le rôle d'Espagne {rotte van Spangnien). Le chevalier Pierre Vanderbeken, drossant de Grimberghe, en était propriétaire en 1550, 1582, 1596, etc. Pierre de Gouy le possédait en 1615, Anne-Barbe Quysthoudl en 1658 et 1661 , Siger Vanderlocht, seigneur de Damme, Spangnien et Vandcrheyde, en 1702 et 1710, et sire Jacques-Norbert Vanderlocht en 1770. Le greffe de Meysse possède deux registres aux adhéritanecs de la cour censale et de la cour féodale de cette seigneurie, pour les années 1546 à 1557 et 1657 à 1778. On y voit que ses tenanciers se servirent quelquefois, pour leurs actes, du sceau de maître Adrien Fiefvctz, seigneur de Damme, beau-père d'Anne- Barbe Quysthoudl (26 mai 1658), quelquefois du sceau de celle-ci cl de ses successeurs (1661, 1684, 1702); enfin, ils en curent un qui leur était propre (1729).

Voici quelques données statistiques sur le village de Meysse, d'après un dénombrement fait par le maire et les échevins, en vertu d'un ordre des Étals de Brabant, daté du 23 août 1747. Une lacune importante ne permet pas d'y retrouver le chiffre total de la population, le relevé ne parlant pas des enfants au-dessous de sept ans. Toutefois, par d'autres chiffres, on peut conjecturer que depuis lors (en cent années), la population s'est à peu près doublée. Les différents éléments de ce curieux travail sont divisés en deux parties : la première énumère, en les groupant par hameau, les ménages non indigents, avec le nombre d'hommes mariés ou veufs, de femmes mariées ou veuves, de jeunes gens et enfants au-dessus de l'âge de sept ans, dont chacun d'eux se composait; le nombre d'animaux domestiques imposables qu'ils élevaient; celui des cheminées ou foursde leurs habitations; la seconde consiste en une liste des pauvres, authentiquée par le curé et les échevins; aucun indigent ne possédait de bestiaux, mais la plupart avaient une cheminée, cl quelques-uns des fours.

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Ce tableau- prouve, d'une manière irréfutable, que la situation économique de la commune s'est améliorée : un tiers des ménages recevait autrefois des secours du bureau de bienfaisance; aujourd'hui il ne se trouve plus dans cette catégorie qu'environ un neuvième de la population totale (292 individus sur 2,512). D'un autre côté, il y a progression, proportionnellement parlant, daus le chiffre des domestiques des deux sexes; le travail rétribué est donc plus abondant. Dans les relevés du nombre des animaux domestiques, on doit remarquer qu'actuellement on s'occupe beaucoup plus de l'élève de la vache et du porc, ces deux bases principales de la richesse du petitcultivateur. Il y avait à Meysse, en l'année 1747, deux châteaux, ceux de Meysse et de Bouchout,et quatre maisons de campagne, toutes quatre inoccupées: celle de M. Charles de la Vallée, des héritiers de Nicolas Rousseau, du conseiller Vandergoten et de

HISTOIUE

l'avocat Goffucrts. On comptait dans la commune 4 prêtres et religieux, 4G fermiers, 2 fermières, 40 cossaeten ou petits cultivateurs, 2 femmes de cette condition, 400 journaliers, 3 journalières, 1 boulanger, 1 boucher, 4 charpentier, 1 tonnelière, 1 tisserand, 4 charron, 5 forgerons, 1 tailleur, 1 cordonnier, 4 sellier, 4 brasseurs, 4 femme exerçant l'étal de brasseur, 4 distillateur, 6 aubergistes, 4 maître d'école, qui était sacristain à Mcysse, et 4 sacristain à Nieuwenrhode.

Le village de Mcysse fut brûlé par les Français, en 4 084 et en 4695, et souffrit considérablement d'un incendie qui y détruisit 12 maisons, le premier jour de Pâques en 4826.

Meyssc avait autrefois une gilde d'archers, dont les jardins de tir se trouvaient près du chemin d'Amelghem (1572). Elle était sous le patronage de saint Martin etde saint Sébastien. Anne Vanderee, dame de Lanenborgh, qui avait été déclarée chef-homme (hoofdman) de ce corps, le 25 juin 1652, et qui mourut en 1680, lui donna, pour que les membres y tinssent leurs réunions, l'habitation appelée het Nieuwt huys, et un demi-bonnier situé à Limbosch, près de la chapelle Sainte-Anne. Anne Vanderee était au lit, en son hôtel à Bruxelles, lorsqu'elle fit cettedonalion ; elle y mil pour condition que les confrères de l'arc feraient célébrer, tous les ans, l'anniversaire de l'amman Jean Vanderee et de sa femme Marie-Anne d'Alverado d'Aguilar (lettre échevinalc du 48 janvier 4677). La gilde leva, en 4684, une renie de 200 florins, afin de rebâtir sa maison d'assemblée, qui venait d'être incendiée par les Français.

A une époque inconnue, et sans doute pour servir en temps de peste, on établit, à l'endroit dit del/eyde, une infirmerie ou hôpital 1 ; quelques documents la signalent comme une petite léproserie, qui aurait existé à Eversem. Les habitants soignèrent de bonne heure l'entretien d'un chemin et d'un pont (sans doute le chemin de Bruxelles et le pont près du château de Bouchoul, et obtinrent, en retour, le droit de lever un wechgelt et un brvgge yeltt pendant 42 ans (octroi du 46 mai 4617).

Si l'on en croit Gramayc, le diplôme par lequel l'évéque de Cambrai Odon donna quelques églises à l'abbaye de Grimberghe, vers l'année 4440, diplôme dont malheureusement nous ne possédons plus le texte, mentionnait les autels de Strorabeek et de Grimberghe, comme formant des dépendances de celui de Meysse*. Si le fait est vrai, cette dernière localité doit à la fois, et remonter à une époque fort

» Op de heyde, aen het 2ieckk*y$ aldaer. 1ô8i. — Te Meyite, boren hel Sieckhuyt, tustchrn de goedtn de* hoffe Ter-Die$t. 1664.

» Eccletia ejut per Odonem epiteopum abbatiœ Grimbergana donata eu m appendicite (rtrba litterarum tunt) Strombeca et Grimberga, qtut nunc lunl parochim separatw. Gm- ■*te, Bruaella, p. 36.

ancienne, et avoir eu autrefois une grande imporlancc. Son nom, que l'on écrivait aussi MenzouMenza, dérive peut-être du latin nuvisio. habitation, ou mansus, manoir. Du nom du patron de son église, on l'appelait quelquefois Saint-Martin ' . Outre le territoire de la commune, qui forme actuellement trois paroisses : Mcysse, Saint-Brice à Rliode, et Notre- Dame à Nieu^enrhode, la paroisse comprenait autrefois le village d'Ophem et le hameau d'AmcIghem *.

Déjà, en l'année 1147, les Prémontrés de Grimberghe possédaient une partie de la dime de Meysse; mais une autre portion appartenait a la cathédrale de Noyon; après avoir abandonné, en 4170, aux Bénédiclins d'Afllighem l'alleu de Meysse, qui dépendait en partie du hameau de Bever et en partie de celui d'Osseghem, Raoul, doyen de Noyon, céda, l'année suivante, aux religieux de Ninovc, ses droits sur celte dime, la paille exceptée, et à condition dépavera son église un cens de 12 deniers de Bruxelles. Comme nous l'avons vu, l'abbaye de Ninovc eut de longues contestations avec lesCrainhemdcBouchoul et avec lesOphem au sujet de quelques parties de dîmes; dans la suite, en octobre 1223, l'abbé de Prémontre Conrad partagea les dîmes de Meysse de la manière suivante : Grimberghe, comme possédant le personuat, en prélevait le tiers ; ce monastère et le curé levaient le huitième des deux autres tiers, plus, à Ophem, par engagère, le neuvième de ces deux tiers; le restant appartenait à Ninove. Dorénavant, le produit de toute la dime, sauf celui de la dime des biens de l'église, de celle des biens de Ninove et des dîmes novales, devait être conduit dans la grange des religieux de Ninovc, à Meysse, et converti en farine à frais communs; le curé devait en recevoir le sixième, Grimberghe les deux tiers du restant, et Ninovc le surplus 5. En 1787, la part de Grimberghe valait, année commune, 1,588 florins, y compris les cinq sixièmes de la grande dime qu'elle levait dans les hameaux de Limbosch, de Nieuwcnrhodc et de Haexdonck, et les dîmes novales.

Le curé de Meysse, Antoine Slroobanl, mourut en 1584 au château de Bouchout, où il s'était réfugié; un de ses successeurs, Laurent-Jacques Van Soltem, né à Bruxelles le 6 juin 1698, et mort a Meysse le 8 mai 1750, écrivit deux tragédies en langue flamande : Pygmalion et Astarbé, et, en outre, une pièce de théâtre en l'honneur du Sacrement de Miracle, qui fut imprimée à Bruxelles, chez De Grieck, en 1755. Un vicaire de Meysse, nommé George Van Wcmmel , rédigea, en l'an-

* Ifinuen der prochyen mn Meyae, ghewynelycU gthetten Sinte-Mertcn*. 1572.

* Altart de M»*fU rum appenditiis de Opehem et Rode, ilit l'ëvéque l.iothard dans un «liplômf de Tannée 1133 ,

* De Sui t. Corpu$ Chmnir. Fland.. 1. Il, pp. 772 et SU.

T. II

5rti HISTOIRE

née 16GI, une histoire de l'abbaye de Grimberghe, dont on ne peut assez déplorer la perle. Au siècle dernier, Meysse dépendait du doyenné de Bruxelles.

L'église de Meysse est une belle construction qui se présente avec quelque majesté. Klle appartient en entier au style gothique : le chœur, qui comprend deux travées et une abside à trois pans, reçoit le jour par des fenêtres dont les moulures offrant des trilobés inscrits dans des arcs pleins-cintres, et, plus haut, des ornements flamboyants; la voûte, à nervures prismatiques, témoigne que cette partie de l'édifice ne remonte pas au delà de l'an l.'iOO environ. La nef est soutenue par des voûtes à nervures croisées, portant sur des colonnes cylindriques à chapiteaux Irès-ornés; elle a été bâtie en 1020. Les collatéraux, dont la hauteur égale celle de la nef principale, datent, celui de gauche, de l'année 4651 ; celui de droite, de Tannée 1042. Les trois travées de la nef se terminent latéralement, de chaque côté, par un pignon triangulaire s'élevant audessus d'une fenêtre ogivale; dans le haut du pignon méridional de la seconde travée on voit des sculptures représentant la Visitation, encadrées dans un panneau inscrivant un trilobé. La tour, qui est placée en tète de l'édifice et que la foudre brûla en 173;i, fut alors rebâtie aux frais des décimatcurs.

Sur les côtés du maltre-autel on voit deux verrières exécutées par M. Capronnier et qui ont été données, en 1843, celle de droite, représentant saint Martin, par M. d'IIooghvorst ; celle de gauche, où est figuré saint George, par M. de Beauffort. De nombreux écussons, un f ouronncinent de la Vierge, et une copie du chef-d'œuvre de Savenlliem, Saint Martin donnant son manteau à un pauvre, décorent le chœur. Sur l'autel de gauche est placée une belle statue de la Vierge; autour de la nef régnent des boiseries exécutées en 1732 et 1733. Dans le baptistère, on lit, sur deux pierres sépulcrales:!0, n. o. m. — et.etf.rn,e mémorise—

D. JOKS FRANCISCTS VANDEREE, — II. S. E., — CDU CONJt GESI A, — D. MARIA ELVIRA ALVARAOO, — OBIERE, — ILLA ANNOCIIRISTI MDCXLV,— MENSIS MARTII DIE XVII, — II.CC ANNO MDCXXX1V, — MENSIS JLNII DIE VI,— VIATOR, — BEATAM ILI.IS REQl'IEM — APPRECARE, SEQLERIS. 2°. HIER L1GT BEGBWEN — VBOLWE MARIA CLARA — DE SCIIOT, COMPAGNE WAS — VAN WYI.EN MPr JAN ROBERT — SWARTS, IN SYN LEVEN — COLONEL VAN INFANTERIE — TEN DIENSTE VAN ZYNB — KEYSERLYCKE EN CATIIO. MAJ., — DIE STERFT DEN

4 sep. 1000. A l'extérieur de l'église, on voit les inscriptions suivantes :

i". CY GIST MARIE — TLRÉSE DE FRANCE, — FILLE DU BARON — DR BOU-

CUOUT, S. — DE NOYELLES YVYON, — MEYSSE, ETC., DÉCÉDÉE — —

1020. 2°. MON C MENTI M — PERILLIS. ET NOBILIS. — FAMILLC, — COMl-

TUM DE BEAI FFORT, — OU* — PERILLI S. FAMILLE — DE ROOSE, — COMI-

TU M DE RAIS Y, — U VRON. DE BOUCHOUT, — TOPARCHAR. DE MEYSSE. 3°. JACET

— HOC SUB MARMORE — CAROLUS JAGOB08 JOSEPHUS DE PRET, — JACOB I P. I. DE PRET AC JOANN.E M. I. ROOSE, — CONJUGUM, — F1LIUS NATU MAXIMUS,

— DECESSIT BRUXELLIS, — DU M IBIDEM STUDIA DECl'RRERET, — DIE APRI- SIS 26, — A.YNO i€TATIS SL^E 18, CHRISTI VERO 1809. — HOC PIETATIS SIMUL AC DOLOR1S — MON! MENTI M — DfLECTISSIMI PARENTES FILIO , — FRATRI FRA- TRES AC SORORES CARISSIMO, — UNO MOESTI POSUF.RE. 4°. MONUMENT DE MESSIRE

— CHARLES GHISLAIN YANDERGOTE — DE METZ BLANC BOIS, DÉCÉDÉ — LE 20 FÉVRIER 1814, — ET DE DAME CATHERINE DOMINIQUE — DE MOOR, SON ÉPOUSE, DÉCÉDÉE — LE 19 FÉVRIER 1850.

A quelque distance au nord de Meysse,se trouvent le hameau et la chapelle de Hasselt (Hassclt, 12:23). Les deux dernières Norbertincs du couvent de Nieuwenrhodc, dont nous aurons dans un instant occasion de parler, appelées Ide et Marguerite, se retirèrent en cet endroit pour y vivre dans la solitude. La chapelle de Sainl-Éloi, qui leur dut sans doute son origine, tombait de vétusté au dix-septième siècle. Le curé de Meyssc Barthélémy Gysens entreprit de la reconstruire, et en posa la première pierre, le jour de la Visitation, 2 juillet 1652; elle fut entièrement bâtie en trois mois, et l'archevêque d'Éphèse, Jacques de la Torrc, en fil solennellement la consécration Les lettres F. B. G. R. a0 1652, c'est-àdire Frater Bartholomeus Gysens re^îdificwit anno 1652, que l'on voit sur une pierre incrustée dans la muraille, s'expliquent ainsi de la façon la plus naturelle. Des lettres, qui paraissent être des monogrammes d'architectes, se trouvent sur le cintre de la porte de l'édifice5. Les paysans se rendent encore en foule à celte chapelle, avec leurs chevaux, le 6 décembre de chaque année. Baudouin de Hasselt était, en 1211, vassal de Gérard de Grimberghe. Plus tard, nous trouvons en cet endroit 't hofler Hasselt, que Henri, fils de Jean De Vleminck et de Catherine de Streethem,céda à Jean Bassel le 17 novembre 1509. Marguerite, fille de Jean Van Slrcethem, et son mari Jean Vandcnbeempde en possédaient une partie, en 1532, et mailre Philippe Lang, secrétaire du conseil de Brabant, en acheta une autre, le 1 1 août 1540. Cette ferme fut brûlée pendant les troubles du seizième siècle. Le château que l'on voit à Hasselt, à droite de la chaussée, et qui appartient à M. Formnnoir de la Caserie, a été habité par les Sainl-Gcnois, qui l'héritèrent des Vandergoten de Metz Blanc-Blois. Ceux-ci l'avaient reçu des Caïmo, dont l'écusson surmonte encore la porte d'entrée, où on lit la date 1002. Le bâtiment lui-même porte sur son fronton le millésime 1572; au-dessus de

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» Sfetaogfr ri(* teirnert hiatnnqun H dm nrt< année I8i2. p. Mi.

l'entrée de la ferme, dont l'emplacement est devenu aujourd'hui la cour du château, on lisait cette inscription énigmatique : invidia l.etus ardet, l'envie tue la joie. De la hauteur située au delà de Hassclt, près de la chaussée deVilvorde vers Alost, on découvre un paysage magnifique; le regard plane sur les champs de Wolverlhem, que les prairies bordées d'arbres, de Merchten et de Steenhuffel, semblent entourer d'une ceinture impénétrable; un immense horizon s'étend vers le nord et permet quelquefois de distinguer, dans les brouillards de l'Escaut, la flèche de la cathédrale d'Anvers.

RflODE-SAlNT-BRICE et iNieuwenrhooe. — Il fut un temps où les cultures s'arrêtaient en cet endroit et faisaient place à une vaste étendue de bruyères et de bois, qui allaient, d'une part, jusque près de la Senne, vers Sempst, et d'autre part, se prolongeaient vers Londcrzecl. A mesure qu'on pénètre plus avant dans cette direction, les traces de stérilité primitive deviennent de plus en plus nombreuses. Au douzième siècle, le nom de Hhode, qui signilie lieu essarté, lieu défriché (Rode, 1 1352, 1223, t420; Itotden, 1 182; /îoo, 1525), désignait la partie septentrionale de Meyssecl la partie orientale de Wolverlhem ; plus tard, on y distingua : par le nom de liltode-Saint-Iirice, le hameau qui s'y forma autour d'une petite chapelle ; par celui de Xieuu eurhode ou Xomeait-Sart, un endroit plus éloigné et qui, sans doute, ne fut pas habité aussi anciennement; et enfin, par celui de Westrode, des clairières plus occidentales. Quelques parties restèrent longtemps encore incultes; de là d'autres dénominations formées des mols/ic/r/e, bruyère, ou driesch, terrain vague: delleyde ouRodcsche heyde, appelée quelquefois aussi den Met/s Coûter1, qui commence à la chaussée de Vilvorde vers Alost et borne vers l'est le hameau de Hhode-Saint-Hrice; la Pede heyde, vaste solitude parsemée de bouquets d'arbres, et que traverse un chemin planté de petits chênes, entre Rhode et Nieuwenrhode; la Dicaesheyde, le Vurcntdriesch, qui se trouvent dans ce dernier endroit, etc. Ailleurs, le sol était boisé, comme h Umbosch, anciennement Lintbosch, le bois des Tilleuls (Lendbosc, 1 1 8i2 ; Lymbosch, l 'i 1 i, 1 îfë.'i), h Evcrsem, l'habitation des Sangliers, et surtout prés de Nieuwenrhode, qui, au seizième siècle, offrait encore, en partie, l'aspect d'une forêt, ainsi que nous l'établirons plus loin. La commune se terminait enfin dans des lieux où l'homme dut jadis se prémunir contre les inondations produites par l'action du flux et du reflux. Haexdonclc, le polder de la Hache, n'a pas d'autre origine. Comme contraste, remarquons au milieu de ces solitudes un

• In de pr-n-hie MM AIe>j$*r, ter plaeluen i-oert'jilrn tjeheetrn op ten Mrys Coûter en Je nu rjemtyntycksehetttn U Uejpte. 1 ^ juin 1331.

Dig

champ portant le nom gracieux de Vallée d'or, 't Gulden dal (1541).

Il existe, dans la partie septentrionale de Meysse, un grand chemin dont l'origine se perd dans la nuit des temps, et dont la direction et les dimensions ne sont plus du tout en rapport avec ce qui existe depuis fort longtemps. 11 part du chemin d'Assche a Malincs par Humbeek, près du champ appelé den Steenberg et du tilleul de Saint-Martin, passe à Limbosch,à Eversem, sépare, pendant quelque temps, Meysse de Beyghem et d'Humbeek, fait un coude vers le nord-ouest pour gagner Nieuwcnrhode, où il'longe la cure, sépare ensuite Wolverlhem et Londerzeel de Ramsdonck, et entre enfin dans le territoire de Hreendonck, où il s etrécit et se divise. Les plans du cadastre l'appellent : à Meysse, tk Paulegat, Pantegael struete, ou plutôt Pantegat struete 1 ; à Londerzeel, d'Ourfe struet ou Oudemans straet, le vieux chemin ou le chemin des Anciens. Ces dénominations, ainsi que la circonstance que ce chemin constitue dans presque tout son parcours une limite entre des communes, sont des preuves irrécusables de son antiquité; très-probablement il servait autrefois à relier entre eux le chemin d'Assche à Elcwyt, celui d'Assche à Malines par Humbeek, et celui d'Assche à Malines par Merchtcn et Londerzeel. La deuxième de ces voies <ln communication est évidemment une voie romaine; les paysans l'appellent encore à llrusscghem de Jlomeinsche baen, et son ancien nom de chemin des Pèlerins, den Pelyrim uegh (1t>3(>), se rapporte aussi à une époque fort reculée.

Rhode-Sainl-Brice acquit une certaine importance lorsque les seigneurs de Grimberghe, de la branche d'Aa, y bâtirent un château. Le IX juillet 1427, l'amman Pipenpoy s'y rendit avec 40 cavaliers et 200 fantassins, afin d'y prendre Marguerite de Bavière, qu'il escorta ensuite jusqu'au Hcllegat, sous Ruysbroeck, où elle s'embarqua. En 142!), madame de Uergues y vint à plusieurs reprises, et, entre autres, le 5 octobre, pour chasser le sanglier ; on mentionne, à cette occasion, la tour du château, qui aujourd'hui a disparu, et la chambre du sergent. La ferme seule subsiste encore, avec ses fossés remplis d'eau, et appartient toujours aux possesseurs de la terre de Grimberghe, aux Mérodc. Les prédécesseurs de ceux-ci formèrent jadis dans le hameau une gilde d'archers, qui, en 1598, leur payait 2 deniers de Louvain et 2 chapons pour la prairie dite (ÏAchterste broeck, contenant un demi-bonnicr ; et 2 sous de Louvain, pour un terrain d'une étendue de 50 verges, où elle fut aulo-

» Dm Geshrht boecktfinSweerls mentionne, a la dalcdo tait». le Pantgat boirh à Roye ou Rode, près do Wulverfltem ; pnnt signitle gage. et. en effet, c'était souvent sur les grands i lieniins que se passaient autrefois les actes.

Sflf, HISTOIRE

risée à bâtir une maison ; celte gilde reconnaissait pour chefs-hommes, au siècle dernier, les La Tour-Taxis, seigneurs du village voisin de Wolverthem.

L'église de Saint-Briceà Rhode est un petit édifice construit dans un style gothique sans caractère. Les fenêtres ogivales du chœur s'ouvrent dans de petits pignons à frontons, de forme triangulaire; le chœur luimême porte, an dehors, la date 1749; quant aux collatéraux de la nef, ils reçoivent le jour par des ouvertures cintrées, et sont recouverts de voûtes dont les nervures consistent on poutres. Après le Concordat, il y cul dans le hameau un curé, jusqu'en 1814. Ce fut ensuite le vicaire de Mcysse qui y célébra la messe, les dimanches et jours de fêle; en 1838, on y nomma un curé, ù la demande des habitants qui firent bâlir un nouveau presbytère; l'ancien, dont ils avaient également payé la construction, ayant été vendu du temps des Français.

Déjà, en l'année 41)51, Rhode avait ses maîtres des pauvres particuliers; il s'y trouvait dès-lors une brasserie. Les Van Wingene y acquirent, le 13 janvier 1547-1 ;>48, 't hoff te Bode, qu'Anne, fille de messire Charles Van Wingene, légua, en 1050, à sa nièce, Marie Verlysen, femme de Jean-Rapt isle Van Maie, chevalier, seigneur de Bautersem, commis des finances; les héritiers de Marie-Marguerite Van Maie, veuve du sergent-major Taye, cl d'Isabelle-Françoise Van Maie, veuve du procureur général Morens, vendirent cette ferme, avec la maison de plaisance que l'on avait bâtie à proximité, à René Le Roux, chevalier, seigneur de Tercammen, et à sa femme Catherine-Cécile Van Bemmcl ( 7 septembre 1G8C). Ascanio Martiny, marchand d'Anvers, l'acquit de ces derniers, moyennant 12,000 florins de change, le 25 juin 1091. En 1350, on mentionne à Rhode-Saint-Brice la Slecnbruggen-hoff. Limbusch comprenait une ferme que Jossc de Rycke possédait en 1314, et que les Boisschot vendirent vers l'an 1630. A Eversem, l'abbaye de Grimberghe avail une ferme,qu'elle devait à la générosité d'Alvéric el de son fils Reimer ou René.

Dans les prairies de Rhode-Saint-Brice nait la Bicrbeke (te Bode, op te Bierbeke, 1413,1420) qui, après avoir arrosé les jardins de la cure de Nieuwcnrhode, prend le nom de Bosbeek et se dirige vers le nord jusqu'à son embouchure dans le Rupel, entre Pelit-Willebroeck cl Ruysbroeck. Un autre ruisseau, la Ilwjsbeke ou la Sonlbekc (t'Epsvorde, by de Santbcke, 1343), dont le véritable nom semble être celui d'Erpsvoirde, ou le ruisseau d'Erps (ICpsvoerde, 1343;/>/)ST0*>f/e, 1 052; aujourd'hui fffyvoorde), que porte un hameau voisin, coule d'abord parallèlement au premier, cl se dirige ensuite vers le nord-est; il sépare Meysse d'Ilumbeck.

Dans les commencements de l'ordre des Prémontrés, chaque abbaye était habitée par une double communauté, d'hommes et de femmes; mais on reconnut bientôt les dangers d'un rapprochement qui donnait inévitablement naissance à beaucoup de désordres. Dans un chapitre général tenu en 1157, il fut décidé que les deux sexes seraient séparés. En i 1 3î>, les Norbertines de Grimberghe allèrent habiter à l'extrémité de la paroisse de Meyssc, a Nieuwenrhode, où elles élevèrent un couvent dédié à la Vierge et à saint Jean l'Kvangéliste *. L'évoque Alard leur donna, en 1177, l'église de Ruysbroeck, et, en 1220, Waltcr, seigneur de Sotteghem, leur lit quelques dons ; mais leur congrégation ne cessa de décliner, et, en 1200, les dernières d'entre elles se retirèrent à Hasselt. Du temps de Van Gestel, on voyait encore quelques restes de leur monastère ; aujourd'hui son emplacement, entouré de fossés, sert de cure.

L'abbaye de Grimberghe avait à Nieuwenrhode de vastes possessions en terres et en bois, dont l'administration était conlièe à un religieux que l'on qualifiait de prévôt, et a qui on allouait, en 1050, une compétence montant à 500 florins. L'un de ces dignitaires, René de Gourby, fonda une école latine, qui ne survécut pas à sa mort, arrivée en 16!ii. L'église, où il y a un grand concours de fidèles le jour de l'Assomption, était anciennement entretenue au moyen de leurs offrandes. Elle fut rebâtie, ainsi que la cure, par les soins de l'abbé Outers (IG15-1647). Comme elle tombait de vétusté, on la fit reconstruire vers le milieu du siècle dernier; l'archiprètre Casens la bénit en 17î>0, et l'archevêque la consacra le 30 août 1779. Lors de son aliénation par le gouvernement français, les habitants, qui sont cependant presque tous peu fortunés, la rachetèrent, et furent ensuite remboursés de leurs avances par la fabrique. En 1838, on l'agrandit, à l'aide de G, 700 francs donnés par le gouvernement et la province, de 4,000 francs votés par la commune, et du produit des dons et quêtes, qui s'élevèrent à 6,000 francs ; la dépense totale monta à 18,000 francs. Elle n'offre plus rien d'ancien, si ce n'est la façade, au milieu de laquelle s'élève une tour carrée surmontée d'un clocher aigu. Un grand et beau portail de pierre bleue précède cette façade, et porte l'inscription suivante : in amplificatione — murs eccle-

SI.£ — PRIMIM LAPIDEM POStIT — PR^NOBILIS DOMINtS — EMANUEL VANDER — LI.NDE.N , BARO — d'HOOGIIVOBST , — IILJIS COMMUMTATIS —

PR/ETOR, pastore — r. d. J. J. janssens. — 2 1DLII 1858; c'est-à-dire : « Noble homme Emmanuel Vanderlinden, baron d'Hooghvorst, bourg-

' Allure de Uuy irhtbruec, ad honorem Suncte Marie et Sancti Joannis Erangrlitte. errltnk de Nom Sarto, in uju* sornrum \buicm Heo serrientium, donuri, dit l'évflquo Alard.

« mestrc de la commune, a posé la première pierre pour l'agrandis- « sèment de cède église, le 2 juillet 4858, le révérend sieur J. J. Jans- • sens étant curé. » La cure de Nieuwenrhodc a été établie en 1805, et le conseil de fabrique de l'église en 1855. Le hameau comptait 550 commuants et 700 âmes, il y a cinquante ans.

Parmi les habitations éparpillées aux alentours de l'église de Nieuwenrhodc, nous citerons la Verbrande Sehuer (la Grange brûlée) et la ferme de Minnentraen ou des Pleurs de l'amour (de Minnetray, 1485). Les Vanderperck achetèrent celle-ci le 20 octobre 1040, mais messire Philippe-Robert Vandergrachl, seigneur de Rommerswael, Swyncgem,etc, en fit le retrait, et la revendit à Lambert Vandenkerckhovcn, conseiller de la ville de Bruxelles, et à Élisabelh De Broyer, sa femme. Dans le voisinage, les bois occupèrent longtemps de grands espaces : Ceux que l'abbaye de Grimberghe possédait à Meysse et qui comprenaient encore, en 1787, 52 bonniers, se trouvaient presque tous de ce côté ; 28 bonniers situés au lieu dit Vorsf, lui avaient été vendus, en 1258, par Godefroid, sire de Perwez, et par Enguerrand, son frère, avec le consentement de leurs femmes, les filles de Gérard IV de Grimberghe; dans la suite, le monastère en vendit quelques parcelles, et particulièrement le Kinderen bosch, d'une contenance de 6 bonniers, que le président Roose acheta le 22 novembre 1 000. Le JBouchoul bosch, de 40 bonniers, et le bois dit de Beesie, de 8 bonniers, tous deux plantés de charmes, après avoir longtemps dépendu de la seigneurie de Bourhout, suivirent les destinées du château d'Humbcek.

Au dix-septième siècle, on appelait den Mannaert ou Mennaert, un bien consistant en une habitation et 3 bonniers d'alleu, et qui était possédé, en 1055, avec G bonniers de bois et il bonniers de terres récemment défrichées, par Domingo Moreno, ex-capitaine de cavalerie. Le 12 octobre 1744, les héritiers de la marquise de Majorada et de Brena vendirent la ferme dite de Mennaert, 20 bonniers de terres appelées den Jauffrauwen bosch, te bois des Demoiselles, ci d'autres dépendances, à l'avocat Jean-François Le Bidart, moyennant 8,000 florins de change. Une partie des bois annexés à cette propriété avaient été séparés de 0 bonniers tenus en fief des ducs de Brabanl et compris dans le bois de Wailheyn ou de Walhain. Jean Mennen, fils de Gilles, les releva après la mort de son aïeul Jean Mennen, en 1582-1585. Maître Maximilien Transil va in en acheta la moitié à Gilles, fils d'Antoine Mennens (relief du 27 novembre 1520), et sa fille Jlarie acquit l'autre moitié de Gilles, fils de Jacques Mennens, en 1501 . Ces six bonniers passèrent ensuite aux enfants de Marie et de Bernard de Mérode, seigneur de Rummen, et restèrent longtemps annexés à la seigneurie de Capelle-au-Bois. En 4754,

ils étaient convertis en un champ entouré d'arbres, et on les appelait den Mennaerts bosch ou den Minnaerl. Jean-Corneille Vandenbranden, seigneur de Reelh, Laer, etc., et ses sœurs les relevèrent le 40 mars 4761.

Il n'existe plus de vestiges du bois de Walhain, et laRosbcke, à partir de Nieuwen rhode, ne parcourt plus que des champs mis en culture. Quelques maisons éparscs ça et là, principalement le long du chemin séparant Mcysse de Ramsdonck, forment le hameau llongeryen (de Nonger, faim), que l'on soumit, en 4661, sous le rapport spirituel, à Ramsdonck; celte circonstance fit naître quelques contestations au sujet de l'entretien des pauvres, contestations qui se terminèrent à l'avantage de Ramsdonck.

L'aspect ancien d'Hipvoordc est aussi tout à fait changé. Qui croirait, en voyant ses champs morcelés, ses nombreuses métairies entourées de jardins, qu'on ne trouvait là que des bois, dont plusieurs portaient des noms curieux : de Hoeve ou ta Ferme ; de Heyde (ta Bruyère), de Groote en de Cteyne Cluyse (le Grand et le Petit Ermitage), etc. On se servait, pour désigner ces lieux, de l'expression op den Bosch, au Bois. Au milieu de 59 bonniers de bois, connus sous le nom de bois des Heetvelde, deHeetvelsr.hebosschen, s'élevait une ferme ou manoir, 't lio/f ten Brande, à laquelle ces bois étaient annexés, ainsi que 5 bonniers de pâtures, les cens de Ten-Bosch, qui rapportaient 5 livres 9 escalins 7 deniers hellinck nouveaux, 3 florins censaux, 7 vieux gros, 2 oies, 3 vieux torren et 12 escalins 6 deniers payement; le cens de Meysse et Rhode, qui valait par an 5 setiers 5 quartaux de seigle, 2 florins censaux, 5 escalins 7 deniers hellinck nouveaux, 1 vieux gros, 36 placques et 10 chapons, et enfin une part dans le cens commun de Rhode et de Ten-Bosch, part qui produisait, par an, 2 florins censaux, et qui avait appartenu a Roger de Petershem. Ces biens figurèrent dans le partage des biens de sire Siger de Heetvelde, et ensuite dans celui des biens de son (ils sire Guillaume, le 43 avril 4456. Jean, fils de Jean et petit-fils de Guillaume, en racheta plusieurs parties, et, entre autres, un dixième et un vingtième, qu'il paya 412 florins du Rhin (4 mars 1515-1516). C'était là ce qu'on appelait la seigneurie des Heetvelde ou la cour censale Ten-Brande; elle passa des Heetvelde à messire Antoine Quarré. Messirc Jean Quarré, seigneur de Gomont, et sa femme Jeanne Vanderhert, et Anne Kerremans, fille de messire Philippe Kerremans et d'Anne Vanderhert, la vendirent, le 24 août 4595, à l'audiencier Louis Verreycken et à sa femme. Après avoir été longtemps annexés à la baronuie d'impde, les livres censaux de Ten-Rode et Ten-Brande, avec le droit de nommer un maire, des échevins, des tenanciers jurés, et celui de percevoir les amendes, furent

rêdês par Anne-Louise Vcrrcycken au baron de Boacltoul (relief du H septembre 1G93). Déjà, en l'année 1595, l'emplacement de la ferme de Ten-Brande avait été converti en un champ cultivé, sans doute à la suite d'un incendie; près de là existait un autre terrain dit het goet ten lirav de, qui était possédé, en 4653, par sire Christophe d'Elten, pair du comté de Rainant, seigneur de Baudour.

Ce que nous avons dit de l'aspect ancien du pays, de ce coté, explique la dénomination de Donckeren Hum, fa Digue obscure, que l'on donna aux terrains dépendants de Meysse, où passe le canal de Willcbroeck Après la construction de cette voie de communication, on commença à y habiter davantage, et les comtes de Grimberghe y firent établir quelques nouvelles prairies. Hoixdonck ou Haeidonck, comme on appelle les habitations situées en cet endroit, dépendait au spirituel de l'église de Meysse, dont il est cependant éloigné de près de 2 lieues. Le curé de Meysse renonça a ses droits sur ce hameau en faveur du curé de Capelle, à la condition quecelui-ci y administrerait aux habitants les secours religieux. Cette convention ayant donné lieu h un procès, le curé de Meysse fît, en 4747, une convention provisoire avec soit confrère de Kamsdonck, convention qui reçut, le 24 août, l'approbation de l'archevêque; mais, à quelque temps de là, les plaideurs se réconcilièrent, et le curé de Capelle consentit à exercer les fonctions pastorales dans une localité dont il était si voisin. La question du domicile de secours divisa aussi les maîtres des pauvres des deux paroisses; enfin, en 4741. ceux de Meysse s'engagèrent à rembourser a ceux de Capelle les avances qu'ils feraient pour eux.

Wolverthem !.— Les domaines des Berthoul à Meysse, à Brusseghem et h Londerzcel entouraient autrefois quelques petits villages où domi-

• Sout la paroiche de Meytte, au lieu dirt en thioii den Donckeren llam, 1635. — De HeyJe te llaecxdonck, in den Donckeren Ham, 1646. — Te Haexdonck, in den Donckeren llam, gemeynelyrk geheeten den Cluysbergh, 1641.

1 Wolverlhem {Yulvrethem, 1093. 1147; Vuolrtrlhem, 1170; Wolrershem, 1251; Wolvrrihem, 1135, 1496); chef-lieu d'un canton de justice de paix, à 2 Iji I. au N.-N.-O. de Bruxelles.

Territoire En 1G86, le village comprenait 1,167 bonniers, dont 736 de terres, 52 de prairies, 371 de bois et 7 d'étangs; lo revenu imposable s'élevait à 14,434 florins. En 1846. sur une étendue do 2.038 hectares, on y trouvait : 1.018 h. cultivés en céréales, 130 h. cultivés, eu plantes industrielles, 361 h. cultives en racines et fourrages. 104 h. de prairies, 18 h. do vergers. 43 h. de jardins potagers, 1 h. do pépinières, 186 h. de bois. 3 h. de terrains vagues, t! h. de jachères, 18 h. do cultures diverses. La verge linéaire avaitîO 1/3 pieds de Bruxelles.

Nombre « habitation* En \m, 1*1 ; en 1189, 78; en 1525. 92; en 1686, 120 rhau-

naient les souverains de Brabant et une famille vassale de leur duché; celle-ci portail le nom du village de Wolverthem; cependant elle ne résidait pas là, mais dans un hameau voisin, à Impde. Dans le but, sans doute, de mieux protéger les biens qu'elle possédait en cet endroit, elle en donna une grande partie à l'abbaye de l'ordre de Prémontré, qu'elle fonda, en I0i>5, à Jette ou Dilighem. On trouvait autrefois dans ce canton quatre petites églises ou plutôt quatre chapelles : Wolverthem, Impde, Mcuseghem et Rossem, qui semblent avoir été primitivement perdues dans le vaste ressort de l'église d'Ossel ». Dès l'année l'évèque Odon céda aux religieux de Dilighem l'autel de Mosengem, qu'il déclara libre, c'est-h-dire exempt de redevance; un des successeurs d'Odon, appelé Nicolas, en lllîi, et le pape Eugène III, en H 47, leur confirmèrent la possession des autels de Mosegera et d'Immecliia (Impde), que le pape qualifie expressément de chapelles; enfin, en Hîiî», l'autel de Wolverthem leur fut aussi abandonné par l'autorité diocésaine. Ils faisaient desservir tous ces oratoires par trois d'entre eux : le premier résidait à Wolverthem et était aidé par un vicaire, qui disait la messe les dimanches et jours de fêle au village de Rossem; le dernier habitait à Mcuseghem et desservait également Impde.

Les loups ont longtemps habité les bois des environs de Bruxelles; on les y rencontrait encore avant les grands défrichements opérés pendant le dix-huitième siècle. Une chronique rapporte qu'en l'année 1512, un loup fit de grands ravages aux environs de la ville, et que beaucoup d'hommes, de femmes et d'enfants moururent de ses morsures'; en IGUG, les magistrats de la capitale payèrent encore 80 florins h des individus qui avaient tué des loups et des louves, et apporté leurs dépouilles à

mieres, ? châteaux. 5 brasseries. 6 auberges, 10 boutiques ot oteliors, des Termes;

en 18(6, C7i maisons, dont 3 inhabitées.

Population : A Wolverthem. en I7S0. 1,'JVO habitants; en l'an VIII. 1.093; a Meuseghcm. en 1780. 150; en l'an VIII, 158; ii Rossem et Impde , en 1786, 485; en l'an VIII, 5i9; dans les trois communes réunies, au 31 décembre 1831, S.7I7; au 15 novembre 1846, 3.VV7. formant 076 ménages; 3V5 enfants recevaient I instrucUou et 689 personnes les secours de la bienfaisance.

Indu$trir : 3 moulins : 1 moulin a vent, qui existait déjà en 1397, et 5 moulins à eau ; 4 brasseries.

Dépendance* : Outre les dépendances mentionnées dans le texte, nous citerons la Saethoff, à We$$trodf ou Wfttnét (1609] ; t hotft Accelc, a Impde (1617) ; l ho/fran Snrelthem (1*23) ; t hnffler Urwj'jhen (130V). etc.

Les registres de l'état civil commencent : ceux de Wolverthem. en 10ï3; ceux dlmpde. pour les naissances, en 16li ; pour les mariages, en 1013; pour les décès, en 1774; ceux de Rossem et d lmpde, en l'an IX ; ceux de Meuseghcm, en 1016. Il se trouve aux Archives du royaume un allas de la commune, levé en 1715, 1716 et 1717. par l'arpenteur M. Motlaer.

> Voyez plus haut. p. 50.

* Ântcdota truxtUentta, ms

SIS HISTOIHE

la trésorerie, à l'hôtel de ville. Depuis, l'apparition d'un loup en Brabant est devenue un événement; mais autrefois, on expliquait par le nom flamand de cet animal l'étymologie du nom du village (Wolven hem)» Dès les commencements de notre ère, l'homme disputait aux bétes féroces la possession des champs et des prairies de Wolverlhem. On y voyait un tumulus dont le nom resta longtemps à un champ, de Tomme velt, et à un bois, den Tommen bosch *. Lors de la formation des échevinages ruraux, vers l'an 1200, les ducs de Brabant réunirent sous la juridiction d'un tribunal de ce genre les villogesde Wolverlhem, d'Impde, de Meuscghem et de Rossem, qui n'eurent aussi qu'un seul corps de répartiteurs. Wolverlhem dépendait de la mairie de Merchtcn et suivait la coutume d'Uccle.

Le sceau des échevins offrait des armes parlantes: un loup emportant un agneau; alentour on lisait : s. scabinor. de wolvehthem. Pour des raisons qui nous sont restées inconnues, peut-être parce qu'on avait abusé de ce sceau, les échevins demandèrent l'autorisation d'y placer une petite étoile, comme marque distinclive, sous le cordon (de circumferentie), près de la légende (15 mai 1527). Les ducs de Brabant nommaient encore un sergent ou vorster. A Wolverlhem, à Meuscghem , à Rossem et au hameau de Westrode, ils étaient seuls seigneurs, mais à Impde et à Nederhem, les possesseurs du chAteau d'Impdeexerçaient des droits très-étendus,et, quand on tenait un plaid du mercredi, quand tous les habitants devaient comparaître, leur officier siégeait avec la foi, afin de veiller à ce qu'on respectât les prérogatives dont son maître jouissait. A partir de l'année I5G0, tout ce que le domaine possédait dans le ressort de l'échevinage fut annexé ù la seigneurie d'Impde. Les archives des échevins sont conservées, en partie au greffe de Bruxelles, en partie à Wolverlhem.

Le duc Henri III donna a l'abbaye de Parcq-les-Dames près de Louvain et aux habitants de Wolverlhem 20 bonniers de vvastines ou de terrains vagues, pour les convertir en prairies communes; un de ces bonniers devait appartenir en toulc propriété aux religieuses de Parcq, qui, de

' Septtm jornalium silve tupra Tommen'iosch terre supra Tommevelt. litre

i m fil de l abbaye de Uilighem, du quatorzième siècle Ce tumulus u aurait- il pas existé a Rossem. près du ruisseau dit de Robbeke, à l'endroit oïl se trouvait une pièce de terra dite den Heure! la Colline, d une contenance de 3 journaux 78 \erges.

leur côté, payaient au duc un cens de 50 sous de Lou vain, et qui reçurent en même temps, du même prince, 9 autres bonniers de terrains vagues, qui étaient situés vis-à-vis de leur ferme, et qu'elles furent autorisées à défricher et à utiliser comme elles le jugeraient convenable ' . Ce privilège et la jouissance de toutes les pâtures communes de la paroisse furent confirmés t aux pauvres et aux riches de la paroisse de Wolvershem » par un duc Jean, puis, le 28 juin 1431, par Philippe le Bon. Sous ce dernier régne, il y avait longtemps que les habitants de l'échevinage étaient en possession du droit de choisir un prêter ou messier, chargé de garder et de défendre leurs récoltes. Cette place étant devenue vacante, ils y nommèrent Theel Vandenplassche, mais Nicolas Vandertommen obtint du souverain des lettres patentes qui l'en investissaient. A leur demande une enquête fut ouverte, et, comme elle vint a l'appui de leurs déclarations, ils furent maintenus dans leurs droits (27 juillet 14b*9) *. A cette époque, il y avait dans le village une chaussée, pour laquelle les habitants payaient au domaine 4 sous payement 3 et aux seigneurs de Grimberghe C sous deLouvain, par an. Non loin de la ferme de Nieuwerpoorte, vers le centre de la commune, il existait, en 1715, un terrain de 27 verges, nommé la Léproserie, de Lazaryc, et qui appartenait aux pauvres. Wolverthem était anciennement assujetti a payer l'impôt dit le yobelgelt, et en retour les habitants étaient exempts de lonlicu à Anvers; mais, en 1474, le village, de concert avec Hecmbeek et Ramsdonck, représenta que, ne faisant pas de commerce, l'exemption de tonlieu était mille pour eux; que, par conséquent, il était injuste de les soumettre à l'impôt; cette réclamation fut accueillie et on déclara que provisoirement ils ne payeraient rien. Plus tard, lorsqu'on voulut revenir sur cette décision, ils recoururent au conseil de Brabant.

' Henricus. Doi gratia dux Lotharingie et Rrabancio, universis présentes littems inspectons, salutem in Dntnino sa I va tore. Universitatem vestram scirc volumus quod nos contulimus jure hereditario domui de Parco Dominarum juxla I.ovanium Cisternensis ordinis apud Wohershem ante eurtim suam novem bonnaria wastine parurn plus vel minus quam redigere potest ad culturam et prout sibi plaruerit converleroin «sus suos. Item dicte domui et hominibus parrochie de Wolvershem ibidem contulimus hereditarie communiter ad communa pascua sua viginti bonnaria wastine paulo plus vel minus, ita srilieet quod tam de dictis novem bonnariis quam de viginti wastine prefate domusdo Parcho Dominarum triginta solidos Lovanienses ad censum nobis ad natale Domini solvet annuatim. Do dictis etiam viginti bonnariis wastine dicta domus in subsidium dicli census unum bounarium ad voluntatem suam sibi retinebit. Et ut hec predictis domui et hominibus a nobis nostnsquo successoribus firmiter ohserventur. Mgillum nostrum in testimonium et firmitudinem présentons apposuimus Datum apud Furam. menso maio, feria lercia post festum bcati Servatii, anno Domini miltesimo ducentesimo quiuquagcsimo primo. Registre des chartes dr'p>ititt en l'an 1300. f« 278.

* Archives de la chambre des comptes, registre de* sentrures de \ MO à 15VO, f» 37.

* Die tan V'olrerthem ran dtn ranlsyden aldaer. V ». pvf. temples du domaine au quartier le ffnurff», de Vannée 1 iO-i

Au siècle dernier, les habitants de Wolverlhem, de même que ceux d'Humbeek, avaient la réputation d'être très-experts en plantations, sans doute à cause des grands bois qui se trouvaient dans leurs villages. Une gildc de tireurs était établie à Wolverlhem sous la protection de saint Laurent, l'un des patrons de l'église paroissiale. Le 50 juillet 1GG5, ses chefs, sire Charles Vcrreycken, baron d'Impde, le vicaire général de l'archevêché Lancelot de Goltignies, le baron de Gryspere, sire Jean- Baptiste Van Maie, le doyen de la gilde Jean de Smeth et le roi, Nicolas Champaerl, levèrent de l'argent pour couvrir les frais de la reconstruction de la maison d'assemblée.

Wolverlhem (avec Rossem) comptait, en 4759, 1,050, et en 4741, 1,400 communiants; Meuseghcm et linpdc n'en avaient, en 1710, que l(!0, cl, en 1761), que 200. Après l'établissement de la domination française, l'échevinage de Wolverlhem fut morcelé. Wolverlhem, Mcuscghem et Rossem devinrent trois communes distinctes, dépendantes, la première, du canton de Grimberghc; la deuxième, de celui de Merchlcn; la troisième, de celui de Londcrzcel. Ce morcel lentement disparut en 1810, a la suite d'un décret impérial. Wolverlhem a été érigé, en l'an VIII, en chef-lieu d'une justice de paix comprenant Meuseghcm, l'ancien canton de Londerzeel, et celui de Grimberghc, sauf Homme et Releghem; il est aussi le chef-lieu d'un canton administratif. La construction de la route de Vilvordc vers Alost, le prolongement de la chaussée deLacken, qui vient rejoindre la précédente à Hasscll, sous Meysse, à une faible distance de Wolvcrtliem (1834), et la continuation de celle dernière jusqu'au passage de l'Escaul vis-à-vis de Tamise (1837-1841), ont influé favorablement sur la situation du village. On y avait agrandi l'église en 4834; en 4837, on y a construit une maison communale, et on y a ensuite dépensé 12,000 francs pour balir une caserne de gendarmerie. La commune a en oulrc fait paver deux voies vicinales importâmes : le chemin de Wolverlhem à Nerem ou Nederhem et celui d'Impde vers Stccnhuiïel. Enfin , depuis 4842, Wolverlhem a acquis une nouvelle importance sous le rapport religieux : ses quatre églises forment actuellement autant de paroisses, dont la principale, celle de Wolverlhem, a maintenant pour chef un curé qui a été honoré, en 1850, du lilredc doyen '.

1 Le euro-doyen de VVolvcrthcm, M. Mnngelschots. nous a communiqué, avec la plus grande bienveillance, les archives de son doyenne, qui consistent principalement en registres contenant les visite» d églises faites par le» arehipretres de l'ancien doyenné rural de Malmes ; deux de ces registres surtout nous ont procure une abondante moisson de renseignement.;. Ce sont : le Comprtuiium statu» parrrxhiarum 26 district»* Merktinirnsis ad cut i- Jentem, a \7.\t Utquead 1757. rédige par farebiprètre Jrix-Fiuvms Forrtss, cl un fo«pm-lium semblable, par le curé de Bonhoydeo, Pitnnc Stcvcm.

L'église de Saint-Laurent et de Saint-Géry, à Wolverlhem , présente quelques parties assez curieuses. La tour carrée, qui s'élève en téle de l'édifice, date, au moins, du treizième siècle. Sa partie supérieure est percée, sur chacune de ses quatre faces, de deux baies cintrées; celles faisant face à l'ouest sont séparées par un trumeau, et présentent, à ieuis angles, deux colonncltes à chapiteau pseudo-corinthien, formant cuire elles, un angle droit, cl supportant l'archivolte de la baie. A l'est et au nord, les baies se composent de deux ouvertures ogivales reposant sur trois colonnettes du même style. Des modillons supportent la corniche du toit, qui est peu élevée et à quatre pans. La porte d'entrée du temple appartient au style ogival primaire; elle est décorée d'un trilobé inscrit dans une ogive, dont l'archivolte est composée d'un tore s'appuyant à des colonnettes à chapiteau orné de feuilles à crochet et dont le fût a disparu, le tout encadré dans une seconde ogive. Le chœur parait dater de l'an 1500 environ, à en juger par les ornements flamboyants de quelques-unes de ses fenêtres. Il y a vingt ans, la nef offrait encore des indices frappants de vétusté ; elle avait pour soutiens quatre énormes piliers carrés, placés, deux sous la tour, deux à l'entrée du chœur; entre eux se dessinaient de grandes arcades cintrées et il n'y avait d'autres voûtes que des plafonds. La nef ne recevait le jour que du côté du nord, par trois petites fenêtres cintrées, en abat-jour. Elle a été abattue, et remplacée par une nef de trois travées, de style moderne; les quatre piliers ont été considérablement diminués, et les arcades vers la tour et vers le chœur, haussées de seize pieds. Ces travaux, adjugés, le20avril 1854, à l'entrepreneur Joseph Caluwaerts, de Londerzecl, coûtèrent 18,000 francs; le gouvernement accorda un subside de 3,000 francs, la régence 2,400 francs, les habitants souscrivirent pour une somme de 3,000 francs. Les deux inscriptions suivantes, placées sur la façade, rappellent le souvenir de cette reconstruction : 1° door de zorg en welda-

DIGHEYD — VAN DEN ZEER EDELEN IIEER — BARON VANDERLINDEN D'ilOOG- VORST, — OPPER-GENERAEL DBR BORGERWAGT, — BORGMEESTER DEZRR GE- NE ENTE, — J.-B. VAN 1IUMBEECK, — P. NERTENS, SCHEPENEN, — 1834. — 2° OPCEBOLWD EN VERGROOT,- — IN IIET JAER 1834, — DOOR DEN ZORG VANDEN ZEEREERW. IIEER — C.-F. MANGELSCHOTS, — PASTOOR DEZER PROCIIIE, — LAND-

deken geworden den 6 mey 1856. Au siècle dernier, on voyait encore, dans la tour de l'église, une cloche qui avait près de cinq siècles d'existence : Maître Hubert Drocsbcrre, un des plus anciens fondeurs de cloches dont le nom soit parvenu jusqu'à nous, l'avait exécutée en 1503. On y lisait, en effet, ces mots : nagister hubertls droesberre me fecit,

ANNO DOMINI KCCCIII.

En 1787, le monastère de Dilighem possédait à Wolverthem une

Sir, HISTOIRE

dimc valant, année moyenne, 3, '*83 florins; un livre censal rapportant 455 florins ; un livre féodal, qui produisait ordinairement 21 florins; 2 fermes, comprenantensemble 35 bonniersde terres et 10 bonniers de prairies, et encore 26 bonniers de terres, loués par parcelles. Les monastères de Grimberghe et de Grand-Bigard y avaient aussi une partie notable de leur dotation en biens-fonds. A la première appartenaient, entre autres, 88 bonniers de bois; a la seconde obéissaient des fiefs et des censives. Arnoul Fraybaert et, après lui, au nom de sa 611e, Jean Dract, relevèrent de Grand-Bigard, pondant la première moitié du quatorzième siècle, 60 bonniersde terres, de prés et d'eaux, situés à Impde. De temps immémorial, l'abbaye nommait à Wolverthem, à Merchten et aux environs, une cour censale ayant droit d'adhérilcr et de déshériter. Comme ces tenanciers jurés n'avaient pas de sceau commun, ils se servaient, tantôt du sceau de l'abbé, tantôt de celui de l'échcvinage dans le ressort duquel se trouvait le bien mentionnédans l'acte. Cet usage ne sauvegardant pas les droits des particuliers d'une manière suffisante et comme le voulait la coutume d'I'ccle, le duc Charles le Téméraire autorisa les tenanciers de Grand-Bigard à se faire graver un sceau commun portant l'effigie de la Vierge, patronne de l'église abbatiale, qui serait représentée tenant en main l'écusson du monastère; les mots : sigilli m der laten van wolverthem devaient

former la légende, et le sceau i ■

être gardé dans l'église paroissiale, dans un coffre à sept serrures, et dont chacun des sept tenanciers jurés aurait une clef. Le maire de l'abbaye, de concert avec les tenanciers, reçut ordre de nommer un clerc ou greffier, révocable seulement pour faute grave (mt'tl verbuerten), et astreint à tenir un registre des actes passés devant le tribunal, h lire ceux-ci aux parties lorsqu'ils étaient rédigés, et à se contenter du salaire ordinaire (20 décembre 1468)'. Le moulin à vent de Wolverthem, qui fut acheté parles Verreycken en 1658, appartenait jadis à Grand-Bigard, et fut brûlé pendant les guerres, du temps du roi Maximilien. C'est à l'ancien moulin, qui existait au moyen

• flrçii/r» cité f» 175 v

âge', qu'appartiennent les débris trouvés, il y a quelques années, par le meunier Van Daelhem; ils consistaient en un puits, bien conserve, et en quelques restes de murs.

La seigneurie d'Impde. — En parlant de l'abbaye de Dilighem, nous avons eu occasion de rappeler l'existence de la famille de Wolvcrthem, dont le chef, Onulpbe, fut le fondateur de ce monastère. Ses (ils paraissent être tous morts sans laisser de postérité, et sa fille Ave doit avoir porté son patrimoine à Léon 1er d'Aa, après qui il échut, par suite d'alliances, à ce qu'il semble, d'abord aux châtelains de Bruxelles, puis aux Sotteghem. Iwain de Wolverthem, qui vivait en 1100, n'est autre, trèsprobablement, que son contemporain, Iwain de Jette, feudatairc de Léon d'Aa, et dont tout l'héritage passa à des corporations religieuses. Waltcr deSotteghem, seigneur de Dilbeek, eut de grandes possessions à Wolverthem, où, avec le consentement de son frère Égide, il vendit au monastère de Jette, au mois de mars 4230, une forôt, et, en juillet 4253, 85 lr Miniers de terre. Il comptait, dans ce village, à Mcrchten et aux environs, de nombreux vassaux, dont plusieurs figurèrent parmi les bienfaiteurs d'Afflighem. Guillaume de Robrocb, Égeric, lils de Jean de Robroc, Gilles de Hobosch, Waltcr d'Yserne et Gosuin de Dilbekc tenaient de lui des fiefs. En 1245, il conféra une prébende du chapitre d'Anderlecht, avec son fils Waller, qui est cité parmi les feudalaircs du duché de Brabant, en 1278. A cette époque, les biens des Sotteghem furent presque tous vendus. Lfn Waltcr de Sotteghem céda ses cens et ses hommages de Wolverthem au châtelain de Bruxelles, Roger de Leefdale, qui les laissa à sa fille, la dame d'Immerzeel ».

Les généalogies ne mentionnent pas cette dame d'Immerzeel, dont l'existence explique pourtant comment la famille de ce nom acquit de grands domaines à Wolverthem. Engelbert de Lierre, seigneur d'Immerzeel, Wommelghcm, Jcteghcm, Loon, etc., vicomte d'Alost, époux d'Hélène de Montmorency, les hérita de ses aïeux, et son tuteur, le comte de Warfusée, fut autorisé, le C août 1630, à lever 45,000 florins et k les hypothéquer sur les biens de son pupille à Wolverthem et Immerzeel.

La branche aînée des Lecfdael, possédait, de temps immémorial, la seigneurie d'impde. En l'année 1221 , des bois situés à Wolverthem furent donnés à l'abbaye de Grimberghe par Louis, avoué de Leefdael, et

» Molendinum notlrum in Wolverthem, dit le Livre tentai de l abbaye que nous avons déjà cité.

• Walttru* de Sotteghem, partem villa de Duffle et centum et man$ionario$ quoi habet in villa de Wolverthem. — Quœ bona </•>•'• Bojeru* de Lerelale comparatif. - />•»• d* Ymmertele, filia tua.

I US lui 1U

pur su femme Béulrix. Pour ne pus nous répéter, nous rejetterons à l'article Leefduel ce que nous avons à dire des descendants de ce Louis et des Mérode, leurs successeurs.

Henri de Mérode, seigneur de Petersliem, ajouta à sa seigneurie d'Impde, la hante, moyenne et basse justice de Wolverlliem , Impde, Nedcrhem, Meuseghem et Hossem, avec les droits et cens qui y étaient annexés; il les acheta, moyennant 017 livres, le 20 juin lôOO (relief fait par son lils, messire Jean de Mérode, le II avril 15G3-I5G4). Depuis cette époque, le domaine ducal, à Wolverlliem, ne fut plus séparé du patrimoine des Leefdael. En 1007, le conseil des finances le désengagea, mais les archiducs Albert et Isabelle accordèrent ù l'audiencier, sire Louis Verreycken, la faculté de le conserver jusqu'à décision contraire; ils lui imposèrent seulement l'obligation de payer une seconde fois le montant de l'engagère, et, à ce prix, ils remirent entre ses mains les lettres patentes de cession qui avaient été délivrées au seigneur de Pétershem ("2-2 décembre 1008). Un nouveau versement de 1,500 florins, effectué le 18 juin 1050, confirma celte aliénation, qu'un dernier payement, de 2,400 florins, effectué le 7 décembre 1043, rendit irrévocable (r. du 1 1 mars 10V5).

Pendant les troubles de religion, après lu soumission de Bruxelles, on confisqua, à Wolverlliem, une maison, un jardin et deux prairies, qui appartenaient ù Nicolas Vanderheyden, alors émigré ». Quelques années plus lard, en 1005, Marie-Mende de Wilthem, lille de Jean de Witlhem, seigneur de Becrsel, et de Marguerite de Mérode, seul enfant de Jean, seigneur de Mérode et de Petersliem, et de sa première femme, Mencie de Berghes, marquise de Berg-op-Zoom, vendit Impde à sire Louis Verreycken, seigneur de Ilamme,Sart,Huarl. Le nouveau seigneur de Wolvcrtheni occupait depuis longtemps un des emplois les plus importants de l'administration civile des Pays-Bas. Par lettres patentes datées du camp de Maegdendael près de Tirlemont, le 1er juillet 1578, don Juan le nomma premier secrétaire d'étal et audiencier, fonctions que trois générations de Verreycken remplirent sans interruption pendant 102 ans; il fut aussi appelé au conseil d'état et au conseil de guerre, créé chevalier le 10 juillet Ki'JG, et nommé trésorier de l'ordre de la Toison d'or en 1007. Pendant plus de quarante années, il prit aux affaires la part la plus active; son nom parait dans toutes les transactions qui préparèrent et qui suivirent le rétublissemenl de l'autorité royule dans les provinces méridionales des Pays-Bas. La capitulation

1 Compttt des biem Confiai faut la ynrliin lr Trrrwrtn et de VttrorJe. pour le» annet IGO7-IG09.

d'Anvers, en 1585, fut négociée en sn présence; en 1598, il contribua à la conclusion de la paix deVervins, qui réconcilia, du moins en apparence, la France et l'Espagne. Lors de l'inauguration d'Albert et d'Isabelle comme ducs de Brabant, ce fut lui qui donna lecture, en latin et en flamand, du texte de leur Joyeuse Entrée. En 4600, il se rendit en Angleterre, puis à Calais, pour essayer de renouer, entre la Belgique c; la Grande-Bretagne, des relations d'amitié, et, quatre années plus lard, il intervint dans les négociations qui amenèrent enfin ce résultat. De 4607 à 1609, il travailla sans relâche a la conclusion d'une trêve avec les Provinces-Unies, tâche rendue difficile, d'un côté, par les idées belli-: queuses du prince Maurice, de l'autre, parla marche tortueuse de la diplomatie espagnole; son collaborateur, le père récollet Neyen, était principalement chargé d'influencer les députés hollandais par l'ascendant de sn parole; il avait surtout dans ses attributions, selon toute apparence, la discussion des faits, l'examen des questions administratives ou commerciales. Seul parmi les Belges, si l'on excepte le président du conseil privé Hichardot, il était admis dans ce que l'on appelait le conseil adjoint; ce corps avait dans ses attributions les relations avec l'étranger et gouvernait en réalité la Belgique, de concert avec la junte des armées et des places fortes, junte composée exclusivement d'Espagnols f.

En 1621, a la mort de Verreycken, Louis-François, l'ainé des fils que lui avait donnés sa femme Louise Micault, hérita de ses fonctions d'audiencier. Dès l'année précédente, il lui avait succédé dans la charge de trésorier de l'ordre de la Toison d'or. Il fut aussi membre du conseil de guerre. Le roi le créa baron de Bonlez en 4643, et baron de Gesves en 4649. 11 posséda la terre d'Impde après son frère Lambert, à qui elle était d'abord échue (r. du 21 avril 4623). Il mourut le 6 mai 4654; Marie de Busleyden, dame de Doorne et de Leeuwergem, lui donna, entre autres enfants, Pierre-Ignace, eréé comte de Sort en 1 674 ; Charles, premiersecrèlaire et audiencier, seigneur d'Impde (r. du 4 juillet 4656), baron d'Impde par lettres patentes du 24 décembre 4659 (r. du H mars 1660); et Herbert, seigneur de Ruai t.

Le premier baron d'Impde n'ayant pas laissé de fils, sa charge d'audieucicr fut donnée, en 1680, au comte de Clairmonl, Louis-AntoincClarisse, et ses domaines passèrent à sa tille Anne-Louise Verreycken, née de Marguerite de Schoonhoven (r. du 9 août 4684). 11 avait marié son unique enfant, en 1673, à Philippe-Louis de Ilennin-Liétard, comte de BOUSSU et de Beaumonl, prince de Chimai, seigneur de Liedekerke et de Bevcren, vicomte d'Auxy, chevalier de la Toison d'or et grand d'Espagne,

' \o\a VllnioireJe UruxtlU», t. H. p. V...

mort en 1G88. Des différends s'élant élevés entre la baronne et son fils, le prince Charles-Louis-Antoine d'Alsace de Boussu,au sujet des avantages accordés à la première par son contrat de mariage, et des engagements qu'elle avait pris pendant la minorité du second, l'héritière des Verreycken, « pour maintenir la maison de son mari dans son ancien lustre et t entretenir le bon accord entre elle et son fils,» autorisa celui-ci à vendre Impde (18 janvier 1700). Corneille Segers, seigneur d'Heetvelde, greflier de la ville de Bruxelles, en fit l'acquisition le 23du même mois, moyennant 180,000 florins, et déclara, le 19 février suivant, avoir agi comme fondé de pouvoirs du prince de La Tour-Tnxis. Celui-ci et quatre de ses descendant se sont transmis ce domaine de père en fils.

Eugène-Alexandre, prince de La Tour-Taxis et du Sainl-Empirc-Romain, comte de Valsassinc, chevalier de In Toison d'or, grand mallrc héréditaire des postes de l'Empire, mourut à Francfort, en 1714, âgé de 60 ans, après avoir épousé Anne-Adélaïde , princesse de Furstenberg, puis Anne-Auguslinc de Hohcnlohc-SchillinK'sfurst. Le 7 janvier 1702, il émancipa ses filles Anne-Françoise, Éléonore-Ferdinande, Anne-Thérèse et Marie-Godefride, qu'il avait eues de sa première femme, et il leur assigna pour leur entretien, par anticipation d'hoirie, les revenus de la seigneurie de Leerbcek, de la baronnie d'Impde, de la principauté de Brnine-Ie-Chàleau, et, en outre, des rentes, et l'usage de son hôtel a Bruxelles. En cas de mort de l'une d'elles, sa part devait échoira ses sœurs. Cet arrangement n'eut pas de suite, et, par un acte en date du 7 novembre 1759, le prince Anselme-François érigea tous ses biens en un fidéicommis ou majorai.

Ce prince, héritier des terres et des dignités de son père, s'allia h Louise, princesse de Lobkowilz ; il releva Impde le 4 décembre 1714, et mourut à Bruxelles, en 1739. Son fils, le prince Alexandre-Ferdinand, épousa d'abord Sophie de Bnmdenbourg-Cnlmbach, puis Charlotte-Louise de Lorraine-Lambesc, et enfin, en troisièmes noces, Marie-Henriette de Furstenberg-Sliihlingen. Admis, le 20 mai 1754, à siéger à la diète germanique, dans le collège des princes de l'Empire, il devint le commissaire principal de la maison d'Autriche auprès de cette assemblée, et, depuis cette époque, lui et sa famille préférèrent le séjour de Ratisbonne à celui deBrnxelles.il releva Impde le 18 décembre 1739et mourut en 1773. De son lils Charles-Anselme (r. du 14 juin 1773), mort en 180Ij, cl d'Élisabeth de Wurtemberg, naquit le prince Charles-Alexandre, mort en 1827. Les enfants de celui-ci et de Thérèsc-Mathilde-Amélie, princesse de Mecklembourg-Strélitz, ont vendu toutes les propriétés de leur famillcdans les Pays-Bas, a l'exception de quelques prairies situées a Laeken. La suppression des droits féodaux en Belgique et surtout l'abolition,

dans ce pays, de leur autorité sur l'administration des postes, ont rompu les liens qui les attachaient k la patrie de leurs ancêtres. La terre de Braine-le-Château, qui avait été érigée en principauté, sous le nom de La Tour-Taxis, le 49 février 1681, a été vendue aux Robiano en 1835. Celle d'Impde a également été aliénée par eux, en 4858, et a été morcelée.

Le fief primitif d'Impde comprenait un château appelé Y Ancien Château de Leefdale ou Aerssele {d'Onde hoff van Leuedale, geheeten Aers- *c/e),avec 20 bonniersde terres, 30 bonniers de bois, dits lesbois d'Impde et de Leefdael, un moulin à eau indiqué, en l'année 4700, comme situé entre la Molenbeke et la Loghenbeke (ou Ruisseau trompeur, parce que ce n'est qu'une simple dérivation); une cour féodale à laquelle ressorlissaient des fiefs situés à Merchten, Steetihufiel , Malderen, Ljppeloo, Liezele, Meysse, Grimberglie, et qui étaient, en 4700, au nombre de 200; un cens à Impde, Rhode-Saint-Bricc, etc., consistant, selon les anciens dénombrements, en 45 florins d'or, 45 livres 7 escalins 9 deniers de Louvain, 28 livres 9 escalins payement, 8 brooden, 420 vieux gros, 2 vieux esterlings, 54 oies, 470 chapons ; la moitié d'un cens h Malderen et aux environs, montant à 7 escalins 4 deniers de Louvain ; une cour ccnsale, qui suivait la coutume d'Uccle,ct pour laquelle Jean, sire deMérode, obtint du souverain, le 40 juillet 4544, le droit d'avoir un sceau commun, etc. Des acquisitions faites à différentes époques y annexèrent : 4°, antérieurement aux réversales que Charles Verreycken remit au roi le 3 mars 4 660, la haute justice de la commune et ses dépendances, deux livres censaux à Meysse, appelés de Rode et Ten-Brande; trois petites fermes comprenant ensemble 24 bonniers de terres, 40 bonniers de pâtures dites du Château {Casteelbempd), du DamoÎ8el(Jonckeren bempd),clc; 2°, avant l'an 1700,1c moulin à eau de Wolverthem, appelé den Bagoemolen ; une brasserie (s'Hceren kam), où se tenaient jadis les séances des échevins, et qui se louait, avec 15 ou 44 bonniers de terres, 550 florins, en 1700; het hoff l'Elderen, elc; 3°, pendant le dix-septiéme siècle, les fermes de Meuseghem etde Loveghem, elle château de Sloosen.

Près de la rive occidentale du ruisseau qui traverse la commune de Wolverthem du sud au nord, et au milieu de grands étangs, on aperçoit une maison de campagne. Là s'élevait le château d'Impde, qui consistait en trois corps de logis de style renaissance, à grandes fenêtres quadrangu. laires, et qui était orné de trois tours '.Dans ses jardins, on voyaitdc beaux jets d'eau qui s'élançaient à la hauteur de 4 7 pieds, et qui étaient alimentés, au moyen de tuyaux, par des sources situées près du village de Wolverthem, du côté du sud. Il a été détruit en 4828, afin d'écoiiomiser les frais

1 Dt Cusmios, I c , p. H3.

32i HISTOIRE

d'entretien, à l'exception des anciennes remises et de la demeure des chapelains, qui ont été transformées en habitation. Le château actuel ne consiste plus qu'en un bâtiment ayant un toit élevé, orné à ses extrémités de deux girouettes, et percé de plusieurs hautes lucarnes à angles saillants et rentrants. Deux petits pavillons ayant également un toit élevé, et précédés chacun d'un pont à deux arches, forment l'entrée de cette villa. Le propriétaire, M. Pangaert, se propose, dit-on, deconstruire en cet endroit une habitation plus somptueuse et dont l'aspect rappellera l'ancienne importance du domaine et la puissance de ses possesseurs. Il y avait jadis à Impde une chapellcnie castrale de Saint-Louis; celui qui la desservait disait la messe trois fois par semaine. La ferme seigneuriale, qui était autrefois garnie de tours et de fossés, fut rebâtie vers l'an 1673; les allées existantes autour du château sont qualifiées de nouvelles dans l'acte de vente de la baronnie, en 1700.

Une de ces allées traverse la chaussée de Bruxelles vers Tamise, laisse à gauche la maison de campagne de M. T'Kint, qui date de 1708, pénétre dans des champs qui étaient autrefois couverts d'arbres, mais autour desquels les défrichements s'étendent sans cesse, et aboutit à un petit édifice de style renaissance. Vers l'année 1G82, des événements merveilleux illustrèrent cette localité; un chêne auquel était attachée une statuette de la Vierge parut entouré de lumière. Cette circonstance fit du bruit; un grand concours de monde se rendit en ces lieux, des miracles s'y opérèrent, cl bientôt, avec le produit des offrandes des pèlerins, on bâtit en cet endroit la chapelle dite mu Bois, de Copelle in den bosch ou la Maison /faute (de rappelle in den bosch ghenoenipt liet Ifoeghuys). C'est un édifice très-simple, consistant en une petite nef terminée par une abside circulaire; celle-ci est surmontée d'un campanille, et la cloche est placée dans une cage à jour, derrière le couronnement de la façade. Les murs de l'édifice n'étaient élevés qu'à la hauteur de 10 ou 12 pieds, lorsque, le 2 juillet 1695, la statuette de la Vierge y fut portée processionnel Icment, de l'église de Wolverlhem, par le curé François-llerman De Munck, qui fut depuis abbé de Grimbcrghe. Bientôt la marche de l'armée française sur Bruxelles ayant répandu l'alarme dans le pays, elle fut replacée dans l'église paroissiale, et on ne l'installa définitivement dans la chapelle, qui était alors couverte, que le jour de la .Nativité de Notre-Dame. Celte cérémonie se fit sans pompe, parce que les populations fuyaient de toutes parts devant les partis ennemis qui dévastaient les campagues '. La princesse de Chimai, Anne-Louise Ver-

' Midi n/cr $tont op den r/urAf roor de pariym Annotation* du curé Dr Munck, conserves a la cure do Wolverthem

DES ENVIRONS DE UIU XEI.I.ES.

reycken, voulant régler le mode d'administration de cet oratoire, en laissa la direction au curé De Munck, pour aussi longtemps que cela lui plairait; lorsqu'il l'abandonnerait, on devait appeler un autre prédicateur de renom, dont elle se réserva le choix; elle décida aussi que son drossard , de concert avec le curé, nommerait deux maîtres de la chapelle; qu'après l'achèvement de cet édifice, on y dirait la messe le samedi et les jours de féte de la Vierge (acte daté de Bruxelles, le dernier février 1 G1)n) A quelque temps de là, l'abbé de Dilighem contesta à la baronne d'Impde ses droits sur la chapelle, et le conseil de Brabant dut intervenir entre eux. La baronne conserva la nomination du desservant et le droit de nommer un maître de chapelle, mais tous les services religieux, autres que ceux attachés à l'oflice du desservant, furent attribués au curé de Wolverthcm et à ses chapelains, qui seuls pouvaient prêcher dans la chapelle; le curé y recueillait les offrandes faites au banc de communion et y nommait le second maître de chapelle; aucune construction ne pouvait se faire sans l'autorisation, tant de lui que de la baronne, et les comptes annuels devaient recevoir l'approbation de tous deux. Les petites bannières et les jetons distribués aux fidèles devaient porter, d'un côté, l'image de la Vierge, de l'autre, celle de saint Norbert, fondateur de l'ordre de Prèmonlré (sentence datée du 12 mars 1700).

A l'est du ruisseau de Wolverthem, une grande habitation, 't hoff ï Elderen ou Van Elderen, était jadis tenue en fief de l'abbaye de Dilighem. En 1700, elle était louée, avec 42 bonniers, 1,000 florins par an, soit un peu moins de 25 florins par bonnier. Des biens à Dilbeek r essor lissaient jadis à la cour censalc d'Elderen (acte du 21 mars 1501), ce qui peut faire supposer que celle-ci eut pour premiers maîtres les Sotleghem. Elle avait sou sceau particulier. De quelle manière parvint-elle aux Hamal, seigneurs d'Elderen ? c'est ce que nous ignorons. En -1444, une Jeanne d'Elderen épousa messire Roger de Petersltem, puis Philippe de Glymes, seigneur de Grimberghe, et eut ensuite des contestations avec les héritiers de sou premier mari, les Mérode. En 1490, le chevalier Guillaume, seigneur d'Elderen , fils de Jean, donna en location sa ferme à Impde, que nous trouvons, en 1700, annexée à la baronnie du lieu.

Ixipde. — L'autel ou la chapelle d'Impde (ultare Immechiœ, 1145; capella de Uimethea, 1147) cessa d'être une dépendance de l'église de Meuseghem, lors do la révolution française; au temporel, le hameau fut alors réuni à llossem, avec lequel il forma une commune distincte, de 1708 à 1811. Les habitants allouèrent au chapelain, vers l'an 1803, un

1 Original dans les llnjtstres aux ndli'rttriw:<» dr i échevinage de Wolverlliem.

IIISTOMR

traitement annuel de 400 francs, et lui bâtirent un presbytère en 1807. L'église fut agrandie en 1839, au moyen des dons des habitants et de deux subsides de 5,000 francs chacun, accordés, l'un par l'État, l'autre par la province. Cet édifice n'a rien de remarquable; il contient une toile, assez bonne, dit-on, qui représente le patron de la paroisse, saint Quentin. Par son testament, en date du 29 décembre 1780, Charles-Henri Wouters, drossard de la baronnie, légua un revenu de 280 florins, que le curé devait distribuer aux pauvres; sa veuve, Pétronille-JosèpheVandercammcn, cul, après sa mort, l'admiuislrationde cette fondation.

Mecsegiibm. — L'église de Meuseghem (l'Habitation des Fleurs, Moseheim), qui est dédiée à l'Annonciation de la Vierge et à saint Nicolas, présente un aspect peu imposant. Elle a une tour carrée, à clocher octogone, un chœur, un croisillon et une nef avec collatéraux; ces derniers reçoivent le jour par de petites fenêtres cintrées, qui sont percées dans des pignons triangulaires saillants du toit. Le transsepl gauche, dont les dimensions sont plus considérables que celles du transsept droit, est surmonte d'une voûte en ogive, renforcée par des poutres ornées, à leurs extrémités inférieures, de lîgurines mutilées. Autrefois, le curé levait dans le village et à Impde toute la dlmc, qui, en!787, valait 1,106 florins par an ; il en percevait aussi une autre, appelée la dime de Notre-Dame. En 1808, la commune de Meuseghem vota un traitement de 500 francs par an, au chapelain qui desservait l'église depuis 1805; mais,àcause de quelques difficultés relatives à l'église d'Impde, ces deux temples ne furent officiellement reconnus qu'en 1854, bien qu'un traitement de 100 florins fût, depuis longtemps, accordé par l'état aux deux chapelains. Le conseil de fabrique date de l'année 1812.

La commanderie de Pitzcnbourg, de l'ordre Teutoniquc, à Malines, avait à Meuseghem une grande ferme, et une cour féodale a laquelle ressortissaient des fiefs situés h Merchten, à Molhem, à Baerdegem, à Steenhulîel, etc. Ces biens furent peut-être donnés à l'ordre par Jean de Musenghem, qui, au mois de mai 1226, céda au monastère d'Afflighem le fief qu'il tenait du duc de Brabant. La ferme de Moseghem ou de Notre-Dame ( Onze-Lieve-Vrouw-hoeve), qui fut séparée de celle de Loveghem et que le prince de la Tour-Taxis acheta, en 1715, 14,226 florins, et 't hoff ter Nieuverpoorten dépendent de Meuseghem.

Rossem. — Eustache, fils d'Onulphe de Wolverthem, donna, en l'année 1112 environ, à l'abbaye de Jette, un cens de 6 sous qu'il possédait à Rothem. C'est la première fois que nous ayons trouvé mention de cette localité, où les Prémontrés de Jette possédaient déjà 30 jugera (bonmers de terres en 1147. Elle formait une paroisse, c'est-à-dire qu'il y existait

ucjà un édifice religieux, au mois de février 1240-1241, lorsque Égéi ic, fils de Jean de Robroc ou Robbroek, y donna des terres aux religieux d'Alïlighcm. Mais ce ne fut qu'en 1743 qu'on y établit, par ordre supérieur, un desservant particulier, considéré comme second vicaire de Wolvcrlbem; le 9 octobre 1700, le village fut enfin érigé, par lecardinal-arcbevêque,cn paroisse distincte *. L'église, dont le sacristain était nommé par le seigneur d'Impde, date d'un siècle environ. Elle forme un vaisseau terminé par une abside circulaire, et recouvert par une voûte cintrée, décorée d'ornements de style renaissance. Les prairies qui s'étendent vers le nord-ouest, dans la direction de Sleenhuflcl, sont entourées d'enceintes que, dans le langage de l'endroit, on appelle bornai, et qui, à leur sommet, sont plantées d'arbres. Coupées de chemins sinueux, elles forment un dédale où il est diflicile de ne pas s'égarer, à moins de posséder une grande habitude des localités.

Le fief de Sloosen. — La grande ferme de Sloosen ou Slosenhof, qui est aujourd'hui divisée en plusieurs habitations, constituait jadis un fief tenu de la cour féodale de Brabant. Ce fief ne consistait d'abord qu'en 17 bonniers de terres; mais, au dix-septième siècle, son étendue était de 7.'» bonniers; son château, avec sa ferme, sa brasserie, de belles plantations, des étangs, etc., comprenait 7 bonniers; il avait pour annexes des droits seigneuriaux et une dime levée sur toutes les terres du hameau de Sloosen, à Rossem. Il dut sou nom à ses premiers possesseurs : les De Looze, patriciens de Bruxelles. Vers 1380, Godefroid Loozc, de celle ville, payaila l'abbaye de Dilighcm 10 deniers deLouvain pourîi bonniers de terres et d'aunaics, situés à Rossem, devant la maison de Jean Oemkcns, appelée Vore TSlosen hof. Wallcr Die Loze cul pour héritière sa sœur Poye ou Oeye (Ayc) T'Slozen, femme de Henri Van Heycnbi'kc, qui releva le fief en 1383-1384. A celte dame succédèrent son fils Jean, puis Roger, fils de Jean (1448). Gilles Vandenbeempde acheta Sloosen, en 1441), et le laissa à son tour à sou fils Jean (relief de 1487). Le bien fut ensuite vendu à Jean Raltelcr, receveur du duc de Saxe (1 1 février 1302-1503), puis possédé par les petits-fils de cet étranger : Daniel, George, Antoine et Jean, fils de Philippe Rataller, et pupilles de leur oncle Pierre Lefebure (r. du 20 janvier IJ>40- 1541), Sloosen échut ù Jérôme, qui le vendit a Arnoul Hoftslach (r. du 18 janvier 1 î>6b-lïHi6). Après les guerres de religion, le fief fut saisi et mis en vente, par ordre du conseil de Brabant, le 22 novembre 1GOO. L'acquéreur, Conrad de Grobbcndonck, baron de Hoboken, seigneur d'Hingene,

1 GOVIU, Van GeUrl nnnotr.

T II

HISTOinF.

commis cl conseiller des finances, renonça à son acquisition le 25 septembre 1605, en faveur de messire Jean Van Ncvelc, seigneur de Nosseghem (r. du 28 mars 1605). Celui-ci la céda à messire Jean-Baptiste Musaert, seigneur d'Oultrc, Mclin, etc. (r. du 25 octobre 1013) ; Catherine Van Halle, veuve de messire George Musaert, lieutenant civil de ïermonde, fut l'héritière de son fils (r. du 23 octobre 1611)), puis abandonna Slooscnà messire Guillaume Patton, seigneur de Linzemeel ou Linsmeaux (r. du 24 mars 1620), qui le vendit a François Godin (r. du 27 janvier 1625). Les enfants de ce dernier firent un premier relief, le 14 septembre 1625, et, lorsqu'ils eurent partagé leur patrimoine, l'un d'eux, nommé Philippe, releva en particulier Sloosen, le 27 juin 1624; il laissa son manoir à sa veuve, Sibylle Vandenbcrghe, dame de Cantecroy (r. du 11 juin 1655).

Philippine-Marguerite Godines ou Godin et son mari Charles-Ghislain de Fienncs, vicomte de Frugcs, baron d'Ennc, haut bailli de Bruges, vendirent Sloosen à Christophe Vandcrveken et à sa femme Jcannc-Antoinette Vandcrveken (18 janvier 1662). Ceux-ci testèrent le 7 septembre 1665 en faveur de leurs enfants : André, qui mourut sans laisser de postérité, et après qui ses frères relevèrent le fief, le 5 février 1697 ;Jean, Christophe dit le Jeune, et Marie-Antoinette. André, fils unique de Christophe Vandcrveken le Jeune cl de Catherine de Châtelain, servit au régime;;! du colonel Ilarlox (depuis du comte de Gand). Lui et sa femme, Françoise Juillel,dureut dépenser des sommes considérables pour réparer le château, qui avait été ruiné pnrlesFrançais. Désirantéteindrc les dettes qu'ils avaient contractées envers mcssireGodcfroiil de Hartefcld, seigneur de Tcr-Mandc, capitaine au service de l'empereur, et sa femme Hélène Vanderveken, ils leur cédèrent leur (lime de Sloosen, la pâture dite den Clooslermeersch, cl une longue allée voisine du château (26 mars 1715); puis, comme ils leur devaient encore 5,500 florins, ils renoncèrent, par une donation entre-vifs, à tous leurs droits sur le fief el ses dépendances, moyennant une rente viagère de 240 florins, el à la condition qu'après le décès d'André, on donnerait 1,500 florins à l'église de Rosscm pour célébrer tous les jeudis, à sa mémoire, une grand'mcssc avec bénédiction du Saint-Sacrement (acte du 1er février 171 7, relief du 12 mars suivant); André renonça également à l'héritage que lui laissa sa tante Marie- Antoinette {27 janvier 1721). M. de Harti fell ne conserva pas longtemps sa propriété; messire Charlcs-François-Barlhcleiny de Iteyncgom, major de la ville de Bruxelles, la lit vendre en conseil de Brabanl, pour payement de dettes, et l'acheta le 26 juin 1725 ; mais le prince de La Tour- Taxis en revendiqua à son tour la possession, par voie de retrait, sans doute à titre de seigneur haut justicier, el sa réclamation fut accueillie

(r. du 3 mars 1724). Depuis celle époque, Sloosen fil partie de la baronnie d'impde.

A Test de Sloosen se trouvent les hameaux de Bosrhkant (Côté du bois), de Nederhem et de Wcstrode. A Nederhem, .Yeerhem ou Nerom, l'abbé de Dilighcm Cockacrt lit bâtir une grande ferme, en 1725. Le monastère de Grimberghe avait un peu plus loin des bois, dits de,n Grooten bosch, qui sont aujourd'hui presque entièrement défrichés. Le nom de Schrieck cauter (la culture de la Peur)* , que portent depuis des siècles les champs situés entre les châteaux d'impde cl de Rhodc-Saint- Bricc, nous rappelle la terreur qui régnait aulrefoisdans les campagnes, grâce à l'oppression féodale et aux légendes superstitieuses; il se retrouve dans celui du Schrieck veld, au nord de Hossem,cl dans celui de l'hof te Schrieck, à Londerzcel, village qui borne au nord Wolverlhem et que nous allons décrire â son tour.

Loxderzeel*.— La grande commune de Londerzcel, dont le territoire présente une forme presque rectangulaire, offre un sol complètement uni, et plus fertile dans sa partie méridionale que vers le nord ; une bande de terrain qui s'étend dans la direction de liuggenlioul à Matines demande surtout de l'engrais et du travail pour produire des récolles; ou y trouve, presque à fleur de terre, une couche de sable de couleur brune, qui parait

« Dm Sehritclnmltr, /<• Wolrerlhem. AiteJe 1 146.

» Londerzeel {Lutuierselta, 1139; Lumlenelta, 1148. 1169; Londmcheele, 153a ; l.onJerteele. 1080). commune du ennton do justice du paix de Wolverlhem. chef-lieu d'un canton administratif, à 3 Iji I. au N. de Bruxelles.

Territoire : En 1080. Londerzeel comprenait I 100 bonniors. dont 913 do terres cultivées, V0 do prairies. 105 do bois, 2 d'étang*. 10 de bruyère»; le revenu imposable s élevait a ÎI.I70 florins. En 1810. sur une étendue do I ,817 hectares, on y trouvait 89.1 h cultives en céréales, 1 57 h. cultives en plantes industrielles. 303 h. cultivé! eu racines et fourrages. 121 h. de prairies. Il h. de vergers, 27 h. de jardins potagers. 7K h do Lois. 2 li do lorrains essartes. I h de terrains vagues. La verge linéaire avait 20 1/î pieds do Bruxelles.

Nombre d'itnbitalKjiis En 1133, 200; en 1480, lofi; en 1525.190; en 1080. 123 chaumières, des forme», Il brasseries. 10 auberges, 10 Innitiques, 5 maisons d'artisans. 1 eiiàtoau;en 1810, NH7 maisons, dont i7 inhabitées.

Population : En l7«6, 2,857 habitants; en l'an VIII. 2.I3S; au 31 derombro 1831 . V.OiO ; au 15 novembre |8l0, V.38i. formant 809 ménages ; OIS enfants recevaient l 'instruction et 535 personnes les secours do la bienfaisance.

Industrie : 6 moulins, dont 2 a eau et 1 à vent : /»■ moulin tir Kifskanl. le Gnire moltn ou moulin dtl Comtes, le Schetrt moUn. lo Topmolen : 3 brasseries. I distillerie. 2 fabriques d huile, 2 teintureries. I tannerie, I fabrique d 'amidon. 1 de chandelles.

Dépendancti : voir le texte, pauim.

Les registres de l'état civil commencent, pour les naissances, eu 1059 . pour Us deocs et les mariages, en IGtiS. I n mesurago de la commune fut oIToclue. en 170V, par I arpenteur jure J n Van Acoleyca.

contenir de l'oxyde de fer, et plus loin le sol affecte la couleur jaunâtre de la marne. Autrefois, toute cette partie de la commune n'offrait qu'une immense bruyère (heyde), entrecoupée de bois', de terrains vagues (taeren), etc. Cependant, l'activité du laboureur y triomphe de l'aridité du terroir, et Londerzeel, ainsi que ses environs, fournissent des récoltes abondantes de froment, de seigle, d'avoine, de houblon, etc. Dans l'antiquité, le village était, paraît-il, sillonné par la voie romaine d'Asschc à Malines par Merchlen, voie dont la chaussée, den Steemrcch, qui existait a Londerzeel au moyen âge, n'était sans doute qu'un fragment*.

Les Grimberghc-Nassau étaient hauts justiciers ïi Londerzeel, et y possédaient tous les droits seigneuriaux, saur celui de faire sonner la cloche en cas de guerre, qui appartenait au souverain. Outre leur cens ordinaire, ils y prélevaient, dans presque toute la paroisse, après la levée des dîmes, un droit de gerbe, qui consistait en un vingtième de la récolle, et qui, en 1619, rapporta 300 florins. Ils y possédaient un moulina eau, loué 60 florins, et un moulina vent, qui s'affermait 220 florins. En 155-4, Henri de Nassau annexa ?i ses domaines deux seigneuries ayant cour censalc et cour féodale, et appartenant, la première, à George Van Voorspoel et à sa femme Louise Estricx; la seconde, à Daniel Vilain. Ces petites seigneuries relevaient de la cour féodale de Termonde; le greffe de Bruxelles possède quelques-uns des registres d'adhérilances de leurs tenanciers jurés cl de leurs hommes de fief.

En 1 704, la seigneurie de Londerzeel, avec toutes ses dépendances, et, entre autres, avec le droit de nommer un drossard, un maire, des échevins, des officiers, fut séparée de la terre de Grimberghe et vendue par la duchesse de Croy, princesse de Bcrghcs, à Gaspard-Joseph Boot, seigneur de Sompeke, qui la releva du duché de Brabanl, le 16 mai de eelte année. Il existait autrefois dans le village, à l'ouest de l'église, un très-beau château. Le duc de Parme s'en empara à main armée, au mois de novembre I'j82, et le détruisit de fond en comble, parce que, dit-on, il s'y était tenu plusieurs réunions entre le prince d'Orange, d'Egmonl, de Homes et d'autres défenseurs des droits de la nation 3. La duchesse de Croy et son mari cédèrent à Joseph Middavin, le 45 février 1 71)7, (a ferme du linrcht à Londerzeel, la maison adjacente, dite le Viêttllonjltt, avec le jardin et l'étang qui l'environnaient, elle bois nommé le

1 Quatre h)nn;ers do hois. situes h Londerzeel, ntn de Grorte Hryit sappi l lient autrefois bel Buuchaut bosch (ni t<- du :tl) août ttiiS,.

* In parnivlita de l.nnJvrrelt. ml rutm faffidram ibidem. 1i3o - Te l.onder*%ttr, am den

Schoffland. Aujourd'hui on ne voit plus en cet endroit qu'une petite habitation entourée d'eau.

Le nouveau possesseur du domaine de Londerzeel avait, quelques années auparavant, fait l'acquisition du mnnoir de IVursen, Urselte ou Ursene f dit aussi d'Âsgrecht, de Schreyhane, AWsschereyane ondes Troùt-Tours (de Dry Torens). Le nom d'Asschrcyhane ou Scrcyhane figure dans le poème de la guerre de Grimberghe; selon l'auteur, la famille qui le portait avait pour armoiries un écusson de gueules au chef d'argent chargé de trois merletles de gueules, le tout bordé d'une lisière d'azur. Sire Henri, chevalier de Nurse», vendit à l'abbaye d'AIflighem la dime de 12 bonniers de terres situés h Marcn ou Marcq près d'Enghien, avec l'approbation d'Arnoul de Grimberghe (mars I22G-1227) et de Robert de Béthune, seigneur de Termonde (janvier de la même année). En 1356, Henri et Godefroid d'Urselle tirent hommage a Louis de Maie, et sire Hené d'Urselle l'ut sommé de comparaître à Oorlenberg, le 27 août. René, que d'autres documents nomment René d'Urssene, épousa Poye Veels,dilcRoi)gman, et ailleurs SapiencedeBigard ; il était morten 1572, et fut père de Henri, prêtre, de Lancelot, de Jenn, et de Marguerite, femme de Waller Bau. De Lancelot et de Jeanne de Corswarem naquirent Guillaume, Jean, Aleydc et Ide. Après Guillaume, les généalogies indiquent comme seigneurs successifs d'Asschcreyane, de père en lils, Philippe d'Ursene, Henri et un second Philippe. Henri mourut avant son père et ce fut son fils Philippe, époux de Catherine Vanderce, qui releva ses fiefs et, entre autres, un demi-bonnier de terre appelé den IJolen Zyp, qui relevait de la cour féodale de Grimberghe-Nassau, et le château d'Asschercyanc, qui ressorlissail à celle de Termonde. Son frère Jossc lui succéda (relief du G mars 1587) et, le 5 mai 15J5, donna le château uux Trois-Tours, communément uppelé d'Ursene ou d'Asscherayen (hethofften Di te Torrens, gemeynelyck genoempl 't hoff vun Ursene oft vun Asscherayen), avec la maison de plaisance, la ferme cl autres édifices, les étangs, les terres, les pâtures, les prairies, les bois et la seigneurie qui y étaient annexés, â son petit-fils, messirc Cyprien, fils de messire Cyprien Jarsma et de Marie d'Ursene; les parents deCypricnapprouvcrent celte cession par une donation entrevifs faite devant le notaire Jean Van Loon, en Frise, les 4 décembre 1597 et G mars IG02, el messire Melchior, aliàs Allzve Van Jaersama, déclara également l'approuver, devant Ritske Van Ringue, conseiller des États-Généraux des Provinces-Unies, grietman de Dongcldeel, le 1G décembre 1G07. Le surintendant et administrateur général des biens confisqués ayant ordonné de procéder à la saisie du fief d'Ursene, par la raison, sans doulc , que Jarsma était né en Frise, province alors

SSO HISTOIRE

soulevée conlrc l'Espagne, les archiducs accordèrent à Jarsma des lettres de mainlevée (15 mai 1008). Il en profila pour vendre l'rsene, le 7 août de la même année, moyennant 8,701) florins, a inessire Jean Moulaert,lieulenantdela gai de des archers, et à sa femme Marie Delrio; mais Engclbert, (ils de Guillaume de Deutegem ou Doelinghein, le réclama à titre de parent cl en prit possession (lettre échevinalc du 25 septembre 1008). Messire Engelbert, fils de Jean d'Urscnc et de Jacqueline S'Winlers, et petit-fils de Philippe d'Ursene et de Catherine Vanderec, avait une première fois renoncé à ses droits sur le château,. le 8 janvier 1G02; après la cession à Moulaert, il les fit valoir de nouveau cl ne les abandonna qu'à condition de recevoir une assiette d'argent de la valeur de 50 florins du Rhin (U août 1008).

De nombreuses relations s'étaient établies entre le Brabant cl la Frise. Depuis que Renia rd de Mérode, seigneur de Rummen et de Capcllc, François Pipcnpoy, de Mcrchtcn, et d'autres gentilshommes belges avaient occupé des postes importants dans celte dernière contrée, plusieurs alliances matrimoniales s'étaient conclues ou préparées, cl, lorsque la cause royale eut Iriomphé en Belgique eu même temps qu'elle succombait en Hollande, tous ceux qui avaient combattu pour elle cherchaient un asile près de leurs amis politiques. C'est ce qui explique pourquoi on vil successivement deux lignées étrangères s'établir à Londcrzccl.

Messire Guillaume Van Deulccum encourut d'abord la disgrâce du gouvernement espagnol ; car, en 1585, on confisqua la ferme et les '25 bonniers qu'il possédait à Londerzeel, sous prétexte qu'il habitait parmi les rebelles à Dcveulcr; mais Engelbert de Doclinghem combattit avec ardeur, avec le grade de capitaine, dans les rangs des serviteurs de la monarchie de Philippe II. Le cimetière de l'église paroissiale renferme sa pierre sépulcrale, sur laquelle on lit : cï GIST — noble homme

IMGELB — EUT DE DOETI.NGIIEM, EN — SON VIVANT ESCUYR, SEI — GNEUR DASCIIERAYN, TRÈS — ZELEU DE LA RELIGION ET — ARMES DE SA MAJ. CATOLI — QUE, QUI TRESPASSA LE — 28 DOCTOBRE 1G43, — ET NOBLE DAME, — MADAME MARGERIT DE — VRIESE, SA COMPAIGNE , — QUI TRES- PASSA LE 22 — NOVEMBRE 1058. — QUARTIERS : DOETINGEM, OLGER, GELMER, SWEDE, PYPENPOY, OYENBRUGGE, MOL, URSELE. — VRIESE, OT- TERSUM, VANDEHEE, ODE VAN HERERE, DOETINGEM, WREDE , VIGHINCk,

doetingem. Messire Philippe-Guillaume, fils aine du précédent, fut ' drossard, lieutenant des fiefs el maître des garennes de la terre de Grimberghe. il mourut eu 1008, laissant d'Alardinc Taye, Jean-Jacques, et Charles-François, colonel au service d'Espagne, mort de blessures reçues au siège de Mcluzzo en Sicile, en 1711). Jean-Jacques eut deux fils : André-Jacques, mort en 1700, el Picrre-Mclchior, maïeur

de Lonvain, mort en 1744, et père d'un gentilhomme du même nom, qui fut échevin de Bruxelles depuis 1771 jusqu'en 1776. Picrre-Melchior Ier reçut la sépulture h Londcrzeel, à côté de son grand-oncle Magnus-Louis, sous une pierre qui portait ces mots : ici gist magnus louis

DE — DOETINGHEM, ESCl 1ER QUI TRESPASSA — LE 50 JUIN 1089, FILS D'EN- GELBERT — DE DOETINGHEM, OUSSY ESCUIER, — EN SON VIVANT 8I1GN' DE AS- CHREYANE— D'URSEL, ET DE MARGUERITE DE VRIESE, SA COMPAGNE. JONkER — — PETRUS MELCIliOR VAN DOETINGHEM, — IN ZYN LEVEN MEYER DER STAD ENDE — QUARTIER VAN LOYER, ENZ. — OBIIT 23 APRIL 1744.— PRIEZ POUR LEURS AMES.

Une demoiselle de Waha acheta Asschereyane, que Jean-Baptiste de Waha, ancien surintendant des monts-de-piéle des Pays-Bas, vendit, le 20 décembre 1755, à Gaspard-Joseph Boot de Sompckc (relief du G décembre 1755). A la mort de celui-ci, son (ils, sire Cliarlcs-Henri-Ghislain Boot, étant encore mineur, ce fut sa femme, Marie-Thérèse Vandergoten, qui releva Londerzeel, le 12 août 17C7. Le nouveau seigneur du village fut créé comte de Velthcm, le 9 mai 1785 ; il survécut à la chute de l'ancien régime, à celle de la domination française, et mourut à Vienne, dans un âge trés-avancé, le 11 janvier 1828. Comme il ne laissa pas d'héritiers directs, son patrimoine échut a l'un de ses parents, Fcrdinand- Joscph-Ghislain d'Olmcn-Saint-Rcmy, qui mourut le 15 mai 1829, et à la sœur de ce gentilhomme, Henriette-Marie-Ghislainc, femme de Jean- Charles-Laurcnt-Joseph, vicomte de Spoelbcrg la Bawelte. L'inscription suivante, qui est placée contre la façade de l'église de Londcrzeel, à droite de la porte d'entrée, rappelle le souvenir de ces personnages :

SUD UOC TUMULO, — UTI VOLUERE, — J AGENT, — RESURRECTIONEM SPEGTAN- TES, — PER1LLUSTRIS D0MINUS CAR0LUS HENRICUS GISLENUS — BOOT A S0MBEEK , URSENE, LONDERZEEL ET LA MOTTE, — COMES DE VELTHEM , ORD. EQLESTRIS PROV. ANTVERP. — ADSCRIPTUS, SU^ SACR.E CESAR. RE- GI.* APOST. — MAJESTATI A CUBICLLIS, CONJUX PER1LLUSTR. DOM. — MA- RI.E ELEONOR. COMITISS.fi DE BERCTOLD, — ADSCRIPT. C/ESAR. REG. APOST. CRUCIS STELLAT. ORD., — NATUS BRDXELLIS 15 NOVEMBRIS 1750, — OBIIT VIENNE IN AUSTRIA 11 JANUARII 1828, — ET HIC DEPOSITUS 25 FEBRUAR. 1829. — NEC NON — PARENS BT AMICUS EJUS — PERILLUSTRIS DOMINUS FERDINANDUS JOSEPIIUS GISLENUS — D'OLMEN S. REM Y, — NATUS 20 Jl LU 1754 — BRUXELL1S, — UBI DECESSIT 15 MAJI 1829,— IIICQUE DEPOSITUS 19 EJUS- DEM MENSIS. — R. I. P. — PRIORIS VIDUA PLORANS, — CUM ALTERIUS SO- RORE MOESTISSIMA, — PR.ENOB. D. HENR. MARIA GISL. D'OLMEN S. REMY, UXOR — PERILL. DOMINI JOANNIS CAROLI LAURENT. — JOSEPHI VICECOMITIS—

de SPOELBERCH la bawette. La postérité de ces derniers possède encore le château d'Ursene, jolie habitation que l'on aperçoit du chemin de fer,

I1IST0IKK

ri qui est entourée d'un vaste et beau jardin. LcsWalia, puis, le iT) août I71i7, M. Hoot, obtinrent le privilège d'y faire célébrer le servit c divin. A la seigneurie étaient jadis annexés uuc cour féodale de 58 liefs, avec 22 arrière-liefs, une cour censale, un droit de gerbe, des biens dits Keure, etc. Les tenanciers jurés d'Ursenc, n'ayant pas de sceau commun, se servaient quelquefois de celui des échevins, et quelquefois aussi de celui du possesseur de la seigneurie (9 août! 673). Un moulin à eau, situé devant le château, et qui était tenu, moitié en alleu, moitié en fief relevant de la seigneurie d'Ursenc, fut acheté par sire Engelbcrt de Doelinghem, le 3 juin lui 4.

A part le centre du village, Londerzeel ne renferme aucune agglomération considérable. Les hameaux de Bergh, h'aeslcant, Pluymenest, Lïrseue, Sneppelaer, Bleyenhoek, JVeerhavert, Heyde, Stuyckberg, JUeerstraet, etc., sont moins de petits villages que des fractions du territoire de la commune ; la plupart sont peu anciens ou ne consistaient jadis qu'en un fort petit nombre d'habitations ; d'autres ont perdu leurs noms primitifs : tels sont le Broecklhiente, le lieu dit Te Guchte, etc. Parmi les châteaux ou fermes, aucun, si cen'est celui d'Ursenc, n'oflrail et n'offre encore de l'intérêt. Ils étaient anciennement nombreux, mais, en général, d'une insignifiance complète sous le rapport historique. Outre ceux dont nous allons dire quelques mots, on cite : à Sneppelaer, la ferme dite lleyblom (1707); à lleyde, la Krenghoff; près de Ramsdouck, het ffoff ter H'inckele; et, dans une situation inconnue : la Cruyshoeve ou ferme de la Croix (1779), la ferme de Heylaer (1031), la TShuysheerenhoffy iief tenu des seigneurs de Grimberghc ; Vhuys VOhberghe (11)75), les biens dits Piermansarrt (1712), la ferme te Scriecke (1614), '/ hojf van Scouwenbroecke, etc.

On rencontre fréquemment, en parcourant le territoire de Londerzeel, des terrains enclos de fossés, et où il ne reste que peu ou point de traces d'habitations. Ce sont des emplacements d'anciens manoirs qui ont été successivement abandonnés ou convertis en petites métairies. 11 en existe plusieurs en amont du village. Le premier parait avoir formé anciennement 7 hoff VAltenaccken ou VAltena, qui était situé derrière l'église, c'est-à-dire, sans doute, à l'est du chœur, ou, suivant un acte de l'innée 1!>83, près la M eysvonderstrate conduisant h Hruxelles. Ce bien prit probablement son nom des anciens seigneurs d'Allena, qui s'allièrent aux Grimberghe vers l'an 1200, cl qui eurent des biens non loin de là, à llingene; il fut acheté le 22 avril 1G17 par Hombaud Huens, receveur général de la ville de Matines, et par sa femme Catherine de Smith. L7/o^ te Lutjdls, fief des Grimbcrghe->*assau, se trouvait plus loin.

OF.S KNVinO.NS DE BRUXELLES. 3r.S

Assise sur la limite qui sépare Londerzccl de Wolverthem, on trouve la ferme tic Voorspoel et tCOudttnhoveii (ie Vieux Cltdteau), qui comprenait, nu dix-septième siècle, une habitation, des étangs, un monticule entouré d'eau, 52 bonniers de terres cl de prairies, situés, 17 bonniers à Londerzeel et !;> à Wolverthem ; de ces 32 bonniers, H devaient à l'abbaye de Grimbcrgbc un cens annuel de G florins; les iô autres relevaient des seigneurs de Grimbcrgbc. Huit de ces bonniers constituaient, avec un cens seigneurial valant annuellement 2 florins carolus, 10 ebapons, 7 jours de corvée ; une cour censalc ayant droit d'adhérilcr et de désbérilcr, une cour féodale de 8 bommages, ce que l'on appelait le fief tl'Oudenhoven (het leen van Oudeiilwvcn). Ce fief passa de Jacques Clockman à son fils Adolpbe, qui le vendit, le I" février \ 5G8-1 $69, a Martin Van Assche; les enfants de celui-ci le cédèrent, le même jour, en l'année 1580, aux enfants de Cornélio Grass et d'Isabelle de Villcrs. Clémence Van Hoylema, veuve d'Igram Van Acbelen, président du grand conseil de Matines, l'acbeta de François lîogaerts, seigneur de Poelwcerde, fils de Jacques Hogaerts, président du conseil de Flandre, et d'Isabelle, sœur de Roland Grass, fille de Cornélio et d'Isabelle cités plus haut (21 avril IGO'i, relief du 50 du même mois). Marie Bogaerls, veuve de Folcard Van Acbelen, président du conseil privé, le légua, par son testament en date du iO septembre , à Catherine Van Achclcn cl à son mari, Jean-Jacques De Puis, chevalier, membre du conseil de guerre. L'une des filles de ceux-ci, Isabellc-Pélronille De Puis, fit l'acquisition du fief et de la ferme de Voorspoel, le 2G février 4697, moyennant 17,800 florins, pour elle et son mari, Albert Coxic, seigneur de Uousval, président du grand conseil de Malines (r. du 5 avril iG97). Coxie et sa seconde femme, Anne-Claire Slalins, laissèrent troi3 filles; l'une d'elles, Marie-Françoise de Coxie, épousa d'abord messire Gaspard-Joseph de Villegas, conseiller de Drabanl, puis Charles-Ferdinand de Herzelles, qui mourut le 27 décembre I7G5. En vertu d'un partage fait le 25 mars 17G3 entre ses héritiers: Alberl- Charlcs-Ghislain, comte de La Tour-Saint-Quentin, fils unique du comte Philippe et d'Anne-Isabelledc Coxic, le comte de Calonnc-Courlebourne, et les enfants de Frédéric-Victor de Meer, seigneur de Dalcmbrock, et d'Albcrtinc de La Tour-Saint-Quentin, les biens dont il est ici question devinrent la propriété du comte de La Tour. Ses fils, Charles- François, chevalier de l'ordre de Malte, grand-bailli et chef d'escadre, et Albert-François-Joseph, comte de La Tour-Sainl-Quenlin, du Saint- Empire cl deSeynegem (r. du 28 juillet 17G7), les cédèrent, moyennant 40,000 florins, à Jean-Joscph-IIyacinlhe, vicomte de Beughem (r. du 24 avril 1771). Celui-ci acheta, en outre, à un particulier un livre

T 11. it

53 V IIISTOMR

ecnsal qui se levait nu hameau de Bleyenlioek et qui relevait de la cour féodale dite de Vilain (26 mars 1774).

Dans les derniers siècles, le fief d'Oudenhovcn s'accrut d'un tiers de la dlme de Londcrzecl, qui formait un fief relevant des deux soigneurs de Grimberghe. Les mambours du couvent des Urbanistes de Bruxelles ayant obtenu, en 1586, l'autorisation d'hypotliéquer ou d'aliéner une partie de leurs biens, cédèrent cette dîme, le 50 mai 1588, a Antoine de Goegnies, seigneur de Veuelzyn, gouverneur des villes de Bruxelles et du Quesnoy1, capitaine d'une compagnie de cavalerie, et à sa femme, Marie Dcsrlcvcs (relief du 0 juin 4588). A la cour féodale de Voorspocl, qui était évidemment un ancien démembrement du fief de ce nom, ressortissaii, entre autres, Yhoff te lioets; Philippe-Guillaume de Doetingliem la releva après sa mère, avec 10 bonniers de terres, de près et de pâtures, le 18 janvier 16M. En 1760, ses descendants la vendirent, avec 22 bonniers de dépendances, aux demoiselles Besselacr, moyennant il, 258 florins de change (r. du 8 novembre I7C0); elle était située près de la Sicertebekc.

A Pluymenest on trouvait 1' hoff te Mode, que maître Philippe, (lia de maître Philippe Doublelh, et ses cohéritiers vendirent, le 19 janvier 1587, à Jcronimo Manrico, habitant de Valladolid; et que celui-ci, par un acte passé à Anvers le 6 novembre 1596, donna à son frère André Manricquez, bourgeois de la ville d'Emmerich, dans le pays de Clèves. Les tuteurs des enfants de ce dernier et de Gertrudc Van Sleensel cédèrent ensuite celle ferme à Marie, fille légitimée de mesure Jean Van Nevele, seigneur de Nosseghem et de Sloosen (18 février 1606).

Au nord du chemin de fer, près de la Bollcbcek, on voit Yhoff 1er Ifellen, jadis fief de la cliùlellenie de Grimberghe. Henri Kobbyns la possédait en 1506. D'après sa situation, on l'appelait aussi 7'usscltenlteke ou Entre-Ruisseaux. Jérôme Mas, premier huissier du conseil privé, et sa femme Théodorique Nieuporl l'acquirent d'Elisabeth, fille de François Cloostcrmans, le 20 février 1587, et la vendirent, le 51 octobre 1598, à sire Louis Verrcycken. Celui-ci la céda, le 25 mai 1607, à Pierre Micault, seigneur de Diepensleyn, qui la transmit à ses descendants. Près de là était Yhoff ten Moirtere (W juillet 1591). En 1451, Marguerite de Bouchout, veuve de René Vandcnmocrterc, et femme de Henri, fils d'Olivier de DulTel, était en possession d'une usine voisine {h moulin de Coevoet?); elle la céda en cette année à Robert, fils du chevalier Jean Vandenmoertere.

' Oe là le nom de Gaurt rtteuit hoevt que portail, en 1613, une forme appartenant h CW>mtnec llnyicma; ^ans doute celle de Voors|«cl.

Une maison de pierres, à cinq étages , ornait autrefois le hameau de Sncppelaer. Les héritiers de François Giclis la vendirent, le 7 février 1587, à Arnoul Franck, marchand d'Anvers, et i\ sa femme Madelaine Ducarne. Elle passa ensuite à un autre négociant, Jean-Baptisle Goubau, qui acheta encore beaucoup d'autres propriétés aux environs, et, entre autres, un cens seigneurial, avec droit d'adhériler et de déshériter, dont les pauvres de Liezele possédaient les deux tiers et René De Moor le troisième tiers (1005). Madelaine Goubau apporta en mariage la ferme et la maison de plaisance de Sneppelaer à messire Jean Vandervokcn, dont elle cul, entre autres enfants, Marc Vandervckcn. L'épilaphcde ce gentilhomme se voit dans l'église de Londerzecl ; elle est ainsi conçue :

HIER LEGGEN DEGRAVEN JONKHEBR — MARCUS VANDBRVEKEN, IIEERE VAS — DERENT, BRI., ENZ., IN ZYNE LEVEN — SERGEANT MAJOR VAN EEN REGIMENT — CAVAILLERIE, TEN DIENSTE VAN ZYNE — MAT*, DIE STERFT DBN 18 — APRIL 1077, ENDE VROUWB 1SABELLA — 11 EL EN A RUDENS, ZYNE

iil'YSVROUW, — sterft den Il laissa six on fa n (s : Jean-Baptisle, soigneur de Bercnl, Marie-Madelaiuc, Constance, femme de messire Robert- Simon Vandewervc, Hélène-Ferdinandine, femme de messire Godefroid de Ilertcfeld, seigneur de Sloosen, et François-Joseph; les cinq derniers, après avoir fait un accord avec leur aîné, au sujet de la succession paternelle, partagèrent entre eux ce qui leur était échu, et décidèrent de garder indivis le château cl le parc de Schulien-huys (la Maison aux Ardoises), à Sneppelaer (17 décembre 1720). Ceux-ci, depuis prés d'un siècle, appartiennent aux barons llelman de Willebrocck. Derrière le château de Schalien-huys, sur un terrain de trois journaux situé contre l'étang, entre le parc cl le grand chemin, Philippc-Jcan- Iluplisle Vandervekcn, capitaine, seigneur de Rercnt, bâtit une maison de plaisance, qu'il vendit, le 22 mars 1740, à messire François-Joseph de Herlefelt. Les Vandervekcn ont possédé à Londerzecl deux iiefs sur lesquels nous n'avons que des données Irès-vagues : Waesmont et lièrent.

A l est du village, aux environs de la chapelle de la Sainte-Croix , on trouvait la seigneurie censalc du Mont-du-Calvaire , qui fut également possédée par les Vandervekcn; on l'appelait aussi het hoffter Sfannen on van de Vier Mannen (1621); elle était tenue des Grimbcrghe-Nassau. Jean Vanderveken la releva, le 23 juin 1660, après la mort de maître François, son fils. Son petit-fils, mesure Martin Vandervekcn, seigneur de Waesmont, la céda à Godefroid de Herlefelt, pour la somme de 1,310 florins (24 novembre 1714). La ferme Ter-Lochl, prèsde la bruyère de Ramsdonck , passa de Henri Van Heyembekc à Augustin Garibaldo, marchand d'Anvers (10 mai 1578); elle fui détruite pendant les Irou-

IM

blcs, cl son emplacement, avec ses dépendances, saisi et vendu, Ie21 juillet 1604. Mcssirc Ballhazar Spanncbergcr l'acquit alors, puis la céda à Jean Vanderstcgen, maître de la chambre des comptes de Brabaut (I G novembre 1022), qui la légua, par donation entre-vifs, a son fils, mai Ire Philippe Vanderslcgen, licencié en droit (25 oclobre 1028).

L'échevinage de Londerzcel se servait d'un sceau orné d'un écusson aux armes des Grimber^he et de la légende: S. SCADINOMJM DE LortDERZELE ;

on y remarque que le graveur, soit qu'il ait travaillé avec précipitation, soit par inadvertance, a placé l'c final du mot Londerzele dans le champ du sceau, au-dcssusdcl'écusson. Les échcvius suivaient la coutume d'Uccle.

Leurs archives comprennent les registres aux adhéritanecs, depuis l'année 1509; des registres aux sentences (lermwalionuni) , depuis 1550; des rôles de procédure, des fardes proecssalcs, des comptes de tutelle, des comptes de répartition des contributions, des procurations pour adhéritanecs , etc. ; elles sont aujourd'hui déposées au greffe de Bruxelles. On retrouve, dans quelques actes, des traces de l'influence que In Flandre exerça sur les communes brabançonnes voisines de ses frontières : ainsi, dans la phrase suivante, le diminutif ken se trouve deux fois écrit kitte, conformément à la prononciation brugeoise : In eenen veldekine gheheelen Spykenjs hoeve , tussclten den Beat vont straetkine endc Katelinen Beynere Boods wyfs landt (1440). A Londerzcel et dans les localités voisines, le mol gemethj qui désigne en Flandre un arpent, est fréquemment employé.

Le duc Henri III se trouvait à Londerzcel la veille de la Pentecôte, en l'année 124!>; il y signa un acte par lequel il cédait aux Dominicains un terrain situé à Anvers. Londerzcel payait au domaine, pour sa cote dans le Xol>el-gelt, 20 nobles tous les 50 ans; en l;i89 , on voulut exiger des habitants cette somme une seconde fois, bien qu'ils l'eussent déjà fournie au receveur du Brabani au quartier d'Anvers, Cabo. Celui-ci, il est vrai, administrait au nom des Finis-Généraux; mais, comme les cchevins le tirent remarquer, la capitulation d'Anvers avait sanctionné les payements de cette nature. Il y avait autrefois dans le village un hôpital {sicckltuys, 1654), et, de temps immémorial, il s'y lient un marché tous les mardis. La fabrication de la bière y était assez active au seizième siècle, et la

bière de Lomlerzcel se consommait alors à Malines en grande quantité. Cette branche d'industrie fut plusieurs fois imposée au profit de la commune. Londerzecl n'était pas alors aussi populeux qu'aujourd'hui. En 4570, il ne comptait que 500 communiants, qui étaient réduits à 200 en 4599; grâce à la paix, ce chiffre s'était élevé à 800 en 4670; alors survinrent les invasions dévastatrices des Français. En 4684, ceux-ci exigèrent du village une contribuiion de 40,759 florins, et, comme on ne les satisfit pas immédiatement, ils brûlèrent plusieurs maisons du village, le 7 janvier, et occasionnèrent de la sorte aux habitants uue perte que l'on évalua à 40,477 florins (déclaration en date du 23 août). Sous le règne de Marie-Thérèse, la population s'accrut avec une rapidité incroyable. Pour la statistique de Londcrzeel a celte époque, nous possédons des documents nombreux : d'après les archives du doyenné de Wolverlhem, le nombre des communiants y était : en 474 4, de 4 , 4 00 ; en 1 742, de 4 ,300; en 4 762, de 4 ,792, et en 1 769, de 4 ,830. Les données suivantes, qui sont empruntées à des dénombrements officiels, offrent plus de précision :

Les enfants audessous de 7 ans non compris.

Y compris les enfants du tout àgc.

g 5 — c * tn

os

tll

Femmes

Enfants cl jeunes geiu du sexe

masculin vivant chez leurs

parents

Enfants du sexe féminin. . .

tl

Enfants et jeunes gens dont le

sexe n'est pas spécifié. . .

tu

Totaux. . .

HISTOinE

Afin de ne pas répéter ce que nous avons dit plus haut (p. 299), nous ne lirons aucune conséquence de ces chiffres, non plus que des suivants, qui peuvent être utiles pour faire apprécier la progression qu'a suivie depuis un siècle, dans notre pays, l'élève des animaux domestiques :

Hatafét

De l'an nos.

De l'an ihio.

Moutons, deux troupeaux : un de 85

tetes , un de 50

Sous la république française, Londerzeel devint le chef-lieu d'un canton qui comprenait Capelle-au-Bois, Ramsdonck, Ilumbcek, Rosseni, Sleenhuffel et Moldcren; en l'an VIII, il fut annexé à la justice de paix de Wolvcrlhcm, mais il est redevenu le centre d'un canton administratif. Fendant les troubles de l'an VII, le 3 novembre 1708, les Français, après avoir mis en fuite les habitants soulevés, pénétrèrent dans l'église, et y tuèrent un vieillard octogénaire, nommé Pierre Corens, qui priait devant le mailrc-autel. Depuis quelques années, Londerzeel a vu sa population s'augmenter considérablement. La roule de Bruxelles vers Tamise, le grand chemin d'Asschc à Malincs par Merchlcn et Capellc-aulîois, et surtout le chemin de fer de l'État, dont la plupart des convois ^arrêtent à quelque distance au nord du village, lui assurent des communications faciles. À la suite d'une résolution prise par le couscil communal, le 29 juin 1850, el d'une délibération du conseil provincial, en «laie du 8 juillet 1851, un arrêté royal y a autorisé l'établissement d'une foire aux chevaux, aux bestiaux, etc., qui se tient le lendemain du quatrième dimanche de septembre, second jour de la grande kermesse du lieu (l(> août 1851). Une habitation y a été achetée, en 1840, pour servir tic maison communale el d'école, et il s'y est établi un couvent d'Ursulincs, qui tiennent à In fois un pensionnat, une classe d'exlcmcs et une école pour les enfants pauvres.

L'église de Sninl-Christophc à Londerzeel fui donnée à l'abbaye d'Alllighcm en 1159, en même temps que celle d'Osscl, dont elle était alors une annexe; en vertu de deux donations, faites, la première, par Gérard IV de Grimberghe, en 1220 la seconde, en 1242,

1 In nomme sanclc et individue Trinilatii», eyo Uerardus. dommus tic Grimbcrgis. omnil-usquil)us prcaens srripHim videre contigerit, ni perpctuum. No acla legilima cum labili

par Gérard, chevalier de Schoulbroec, vassal de Robert, avoué d'Arrasetde Hélhune, seigneur deTermonde, le monastère y prélevait les trois septièmes des dimes, sauf un quart appartenant au curé, plus la moitié des quatre autres septièmes; un liers de celle dernière fraction et un sixième de l'autre entraient dans le lut du curé; le restant était annexé au fief d'Oudenhoven. Les dimes nova les se partageaient comme les grandes, qui, au siècle dernier, valaient environ 2,000 florins par an. Au curé appartenaient encore la moilié de la dime des agneaux et la dime des porcs; 50 florins lui étaient en outre payés par l'abbaye d'Allîighem, comme supplément de compétence.

Christophe Ycrhulst fonda, à Londerzccl, une chapcllenie de Notre- Dame, dont le bénéficier devait célébrer la messe sept fois tous les 15 jours; elle fut annexée à la cure, le 7 avril 1630, et ses revenus destinés à servir ù l'entretien d'un vicaire. En 1605, le conseil de Brabant condamna la commune et la fabrique de l'église à payer annuellement à ce vicaire, celle-ci 25, celle-là 50 florins; mais, en 1725, le même tribunal déclara, n la demande de la commune, que l'entretien de ce vicaire incombait à l'abbaye d'Allîighem, qu'elle condamna à payer pour cet objet 280 florins par an. Le sacristain était nommé par i'archiprètre, le curé, le maire et les échevins; outre le grain dont les paysans le gratifiaient, suivant l'usage, il recevait la troisième partie du casuel.

Dans le compte du dixième imposé au clergé, en 1542, nous voyons que l'empereur, « ayant égard à la cécité, nécessité et misère du curé de • Londerzeel, » réduisit sa cote de 30 livres à 18. Le 24 octobie 1716, le curé Dominique Meluuden laissa COO florins de change, afin de distribuer, tous les deux ans, des prix solennels aux enfants qui se distingueraient au catéchisme; les revenus de celte fondation, qui étaient d'abord de 54 florins, se trouvaient réduits à 48 florins en 1759. Le

hnminum labaniur memona, tant postcria quant presentibus presentis srripti testimonio duxi signilk-amlum. quod omnes décimas quas in parochiis de Londercele et do Haverdunc et Ingnc», tum ni terris cultisquara colendis, tenui, exceptis decimis, si quas hommes mei in predlctia pifOChii* a me in feodum lenent, do consensu uxoris mec Agnetis, in manus virortim vennabilium Johannis archidiaconi Cameraceniis inRrabantia et Godescalci decani ehristianilatis in Bnixella. loro venerabilis patris et dominl Godefndi. Dei gratia Cameracensis cpis< o|ii, quo ad hoc deputalorum. pro salute mea et mcorum. ecclesic Hallligeniensi nominc cleemosinc resijjnavi. Ut autem hec resijçnalio rata et inconvulsa permanent, présentent paginam sigilli mei appensione robora\i. et nd majorem hujus farli ronflrmationem huit pagine npponi feci sigilla archidiarotii et decani prediclorum. Actum apud Haflelghem. in presentia virorum vencrabihum Hesoelonis, atibatis Gnmtergensis, magisln Wtllelmi de Bigard.s, cauooici Camcrncensis. magistri Gerardi , plcbani de Bethunia. Gmllielmi de Lire, milHis. in fosto béate Katarine, anno gratie niillesimoduecntcsimo \i< csimo. Cartulairr d Afflightm. t. I", p. 503. — Le doraaino des seigneurs de Grimberghe payait tous les ans a l'egliscdc Grimberghe 1\ *ous. pour l'anniversaire de Gérard de GrimUrghe.

S'.O IIISTOlHt-

8 juillet 100*), le curé de Baesrodc, Nicolas de Clercq, laissa aux pauvres de chacun des villages de Baesrodc, Capelle-au-Bols, Londerzcclcl Slecnliuffcl, une renie annuelle de 5 livres de gros, dont la valeur devait être distribuée en pains, les trois premiers dimanches de l'année, a condition que les maîtres d'église de ces villages feraient célébrer une messe à son intention, les trois lundis qui suivent ces dimanches. Ce digne pasteur fit en outre, en faveur de quelques orphelins, une fondation dont nous avons parlé à l'article Buggcnhout.

L'église paroissiale forme un bel cl vaste vaisseau. La tour, qui s'élève en tête de la nef, ne reçoit le jour que par de peliles ouvertures, placées latéralement, et, dans le haut, par deux baies ogivales, à meneau bilobè; son sommet fut en grande partie consumé par le feu du ciel, le 20 juin 1730. C'est alors, sans doute, qu'on construisit sa flèche octogonale, qui est d'une hauteur considérable et ornée d'un grand nombre de petites lucarnes. Deux rangées de colonnes cylindriques, a chapiteaux garnis de rinceaux, partagent en trois parties la nef, dont la partie centrale remonte au onzième ou au douzième siècle, à en juger par ses petites fenêtres cintrées, en abat-jour. Le chœur, les collatéraux de la nef, et toutes les voûtes, qui sont à nervures croisées, ne datent que de l'époque ogivale. On fit des réparations considérables à l'église, et particulièrement à la toiture, en 1;i90. On n'y voit d'autre objet d'art qu'une Descente de croix, placée sur le maltre-aulel ; sur les autels de Notre- Dame et de Saint-Christophe étaient autrefois des toiles attribuées à Crayer, et qui furent nettoyées en 1750. Les trois autels furent consacrés, en 1G52, par Jacques delà Torrc, archevêque d'Kphèse, en vertu d'un ordre de l'archevêque de Malines,daté du 4 juillet. Les stalles du chœur, pour lesquelles le curé Boetselaer avait donné 300 florins, furent placées en 1750; la commune fil la dépense de celles qui étaient occupées par les échevins. La sacristie date de 175.'). On voyait anciennement, dans le cimetière, une habitation que les religieux d'Alllighem cédèrent, en 11 G!), à la dame d'Aa, pour lui servir d'habitation sa vie durant.

A quelque distance à l'est du village, au hameau de Bergh (la Montagne), on aperçoit une chapelle qui a été rebâtie, avec beaucoup d'élégance, il y a quelques années. Elle fut fondée, vers l'année 131'', par le curé du village Mallhias Steenbcrgh,qui était allé en pèlerinage à Jérusalem. Ce curé, avec l'approbation de l'évéque Robert de Croy, légua à son église la chapelle du Saint-Sépulcre dite du Mont-Calvaire{tVoii le nom de Bergh), avec tous ses biens (diplôme daté de Bruxelles, le 28 septembre 1525). Le 10 mai 1702, le baron de Gollignies et de Goyck donna 1 ,050 florins de change pour qu'on y célébrât l'office divin le mercredi. On conservait dans cette chapelle des parcelles de la sainte Croix, et

DES EX VIRONS l)F. BRUXELLES. . Sil

sur le chemin qui y conduit, on a élevé une suile de petites chapelles -pu stations dans lesquelles sont représentées les scènes de la Passion; élites!, dit-on, aussi éloignée du village, que le Calvaire l'est de Jérusalem. Le Bergh-bosch, qui l'entourait, a aujourd'hui disparu.

La superstition et la crédulité sont longtemps restées vivaces à Londcrzcel, dont la population ne jouit pas, d'ailleurs, d'une très-bonne réputation. Comme souvenir du paganisme, nous citerons le nom curieux de Venus-bergh ou montagne de Yrnus, qui y était donné à un terrain entouré d'eau '. Par une confusion singulière des mylhologies grécoromaine et germaniquc,on appelle ainsi, dans l'antique Sugades Dieux, une hauteur solitaire consacrécà ladéesse Holda, qui y passe sa vie dans la danse et les jeux * . La Souabe et d'autres parties de l'Allemagne ont aussi leur Venus-bergh, dont nousrclrouveronsunautreexempleàOvei-yssche. A Londerzeel il existait aussi un chemin de l'Amour (de Minnestraete,i :i8î),l 592). Dans cevillage, la croyance à la soreellerieétail encore partagée, il y a cent années, par un homme à qui ses études auraient dù interdire de rédiger le certificat suivant : « Après avoir, pardes épreuves « nombreuses et des expériences souvent renouvelées, formé notre con-

• viclion, nous attestons et affirmons que François Van Beverc et Jeanne*

• Marie de Pauvv , sa femme , demeurant a Ham , sont affligés d'affreuses « douleurs causées par une maladie surnaturelle, qui ne cède et ne sau- < rail céder à aucun médicament, ni à aucun moyen curatif enseigné par « la science, puisqu'elle est l'effet de l'ensorcellement desdils époux « Van Bevere. En conséquence, nous les remettons au pouvoir de la « Sainte Kglise, pour être secourus par des prières et des exorcismes. » Ce document curieux est daté du 51 août iTMcl signé F. Raymaekers, médecin licencié, a Londerzeel 3. Le corps médical belge, que les noms de Vésale, de Van Helmonl, de Héga, de Palfyn, de Van Mons, entourent d'un si vif éclat, ne compte plus un seul membre imbu de pareilles doctrines; mais je n'oserais répoudre qu'elles sont complètement répudiées par les descendants des concitoyens du licencié Haymaekers.

1 Een onbehvyde hoffttede, metten \caetere daeromme ende neren gfloojKnde, yrrwt omirent ren yewelh lnlirl min uf mter , gemeynetyvk gtnotmpt dru Venu* berch. Lettre trhtthtalt du M juin i;»8*J. — Etn blinder lantt by den Venu* berch, grmeyiirtyrk genoempt Hoyl,eimtm$rh, Id.du 3l>«m 1711.

1 Gman, Drularlif Mythologie, bl. 887 en OOo.

- Cvsvhut, OUih. Procès de* sorcière* en /fr/'/iVyif, p. 1 18.

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