‹ Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette villeChapitre 16 sur 43 · ILLE 13 APRILIS 1818, — ILLA VERO , — ET POSTERORUM · texte numérisé non relu

ILLE 13 APRILIS 1818, — ILLA VERO , — ET POSTERORUM

2° D. O. M. — HIC JACET - NOHILISSjMA DOMINA — D. THERESIA BAR- BARINA 10SEPHINA — GIELIS HUIOEL, — VIDL'A — NOBILISS1MI DOMINI — D. ANTON If FRANCISCI — UIARLIERS, — SIPREMI SBNATUS BRABANTLE — SENATORIS PRIMARII, NEC NON — CAUSARUM FISCI PATRONI, ETC., — TO- PARCHA D'ODEMONT, BORCII, — GRAVENBROECK, BUISSERET, — QU* HOC MONUMENTUM — FAMILLE A. 1530 ERECTIM, — RESTAURANS OBIIT 2 JU- NII — ANNI 1742. — 5" PERILLUSTRI D. D. MARLE HELEN E DE — STEEN- HUIS, FILLE UNIC.E PERILLISTRIS D. D. — JOANNIS ERARDI DE STEEN- BUIS, DARONIS — DE POEDERLÉ, TOPARC1LE IN MORSELE, IN — CHIF.RLE,ETC, PATRI SUO CONSEPULT.E, — CONJUGI SUiE DILECTISSIM.E, SIBIQL'E — ET POSTERIS POSUIT — PERILLUSTRIS D. D. EUGEN1US JOSEPUL'S — D*OL- MEN, BARO DE POEDERLÉ, TOPARCIIA — DE COURT AU BOIS, OTT1GNIES , WALLE, ETC., — DUM E MAGNO AD SANCTIIS CES A RLE — ET CATHOLICiC Sl\E MAJESTATIS CONS1LIUM — EVOCARETl'R. — OBIIT PATER 8 MARTI1 1714, — FILIA 27 SEPTEMBRIS 1735, — MARITUS 6 DECEMBRIS 1750, — A CONSILIO STATUS ET MAGM PILESES.

Devant l'autel Saint-Joseph était la pierre sépulcrale de Maximilien de la Kélhulle, mort le 15 jaifvier 1812, et de sa femme Agnès Moerman, morte le 28 avril 1815. J,e chevalier d'Aubeterre, colonel du régiment Royal-Vaisseau, nu service de France, mort en 1746 des blessures qu'il avait reçues nu siège de Bruxelles; cl Antoine, comte de Solm, de Reiflerscheid et du Saint-Empire Romain, chevalier de la Toison d'or, conseiller d'état et chambellan, mort le 5 avril 1701), ont aussi été ensevelis dans l'église de Laek.cn; mais nous n'avons pas retrou.vé leur sépulture, non plus que celles du célèbre président du conseil privé De Nény, mort en 1784, du compositeur de musique Pauvvcls, mort en 1804, et du chambellan de l'empereur, plus lard sénateur de l'Empire, le comte Chrétien-Joseph de Lannoy de la Motterie, mort à l'âge Je Ul ans, le 20 mars 1822.

En quittant l'église par la sortie ordinaire, qui est une petite porte faisant face à l'est, on remarque plusieurs sépultures de membres de la chambre des Représentants, tels que : le bourgmestre de Bruxelles, Nicolas-Jean Rouppe, nom qui, a lui seul, rappelle toute une vie de dé*

vouemcnl el d'abnégation; A.-B.-X. Angillis, bourgmestre de Rumbekc, mort le 50 janvier 1844; et Ignace Bekaert, dont la mort, qui arriva le 14 mars 185*.), fut un des épisodes de cette douloureuse discussion du traite des vingt-quatre articles, qui fera longtemps encore rougir d'indignation el de colère le cœur de tout vrai Belge.

Derrière l'église, les tombes se pressent; elles se rapprochent de plus en plus, et bientôt le sol aura tout entier disparu sous une couche de monuments dont un grand nombre attestent, de la part de ceux qui les ont fait élever, autant d'indifférence que de vanité.

C'est depuis la suppression des sépultures à l'intérieur des églises que le cimetière de Laeken est devenu le lieu de repos préféré. On ne voulut pas être confondu avec le vulgaire des cadavres dans les catacombes de la cité; tout ce qui avait brillé dans le monde prétendit dormir du sommeil de la tombe au pied de l'église de Laeken, près du palais que se faisaient bâtir les derniers gouverneurs généraux de la Belgique. Ce Campo Santo de la mode a pour toujours perdu le cachet de sa sainte destination, et le bruit qui se fait à tous les instants aux alentours ne permet plus de visiter avec recueillement ses sentiers peuplés par la mort.

Et cependant, que de rapprochements singuliers, que d'éloquentes leçons dans ces épitnphes accumulées? Ici nous voyons un jeune prince du sang royal de Bourbon, dont les parents ont à peine pu saluer les premiers sourires : ciiarles-louis — ferdinand-françois-menri — ignace-

STANISLAS, — NÉ LE 20 MARS 184<J, DÉCÉDÉ — LE 16 JUILLET DE LA MÊME ANNÉE, — FILS DE SON ALTESSE ROYALE — IS ABELLE-FERDINANDE DE BOURBON, INFANTE D* ES PAGNE, — ET D'IGNACE, — COMTE DE GLROWSKI.

Plus loin, un étranger, proscrit, fatigué par les luttes de parti, désespéré de la perle de ses illusions, est venu demander un dernier asile a un pays où l'hospitalité a toujours été un devoir rempli a\ec joie. Sa tombe porte ces mots : frans raveaux, — né a cologne le 10 avril

1800,— NEGOCIANT ET MEMBRE DU CONSEIL COMMUNAL DE COLOGNE, — MEM- BRE DU PARLEMENT ALLEMAND DE FRANCFORT, — MORT EN EXIL A LAE- KEN LE 13 SEPTEMBRE 1891.

A côté de plusieurs membres de l'ancienne et de la nouvelle magistrature : du conseiller de Bvabanl Jean-Baptiste Charliers, mort le 13 janvier 1809; des membres de la cour supérieure de justice M. M. J. Buchet, mort le 24 novembre 1850; Van den Castcele, mortle50 avril 1851 ; des conseillers à la cour de cassation Jran-Baptislc-Hubcrl Serruys, mort le f» novembre 1855; Joseph-Gérard Calmeyu, mort le 27 octobre 1838; Charles-Jean-Robcrl Deslouvelles, ancien vice-présidcnl du Congrès el de la chambre des Représentants, mort le r» janvier 1812; du

jurisconsulte Jean-Joseph-Xavier Tarie, avoral a la cour supérieure d«* juslicc, chevalier du Lion Belgique, né à Namur le 2f> janvier 176i, mort à Bruxelles le 5 septembre 1841, reposent les dépouilles mortelles u Un grand nombre d'oflîcicrs supérieurs. Celles du général Helliard ont été déposées à Laekcn pendant quelque temps, et un cénotaphe y rappelle encore la mémoire de ce valeureux capitaine; ici on lit l'épilaphc du lieutenant général baron Évain. mort le 25 mai 1852; là celles des généraux Philippe-Jacques-Joseph De Grégoire, mort le 10 février 1845; Charles-Jean Du Tillœul, mort le 11 avril 1847, et Dominique Claisse, mort le 17 juillet 1848, et des colonels Marie-Romain-Fortuné Ysebrani de Lendonck, du corps d'élal-major, mort le 99 juillet 1842; Paul Lr Houlengé, du G* de ligne, mort le 23 juin 1849; Pierre Motlé, commandant de la place de Bruxelles, mort le 4 décembre I84D, et Louis-Roberl- Marie Bouvier, mort le 8 mars 18.'i0.

Plus loin se confondent les anciennes et les nouvelles familles, les illustrations de l'antique ordre nobiliaire et les sommités du commerce et de la bourgeoisie de Bruxelles. Les noms de cette catégorie sont si nombreux qu'on nous pardonnera de nous borner à en rappeler quelques-uns : Louise- Ferdinande- Henriette, comtesse de Mérode- Deynze, née comtesse de Beanflbrt, morte le 1b' novembre 1825 ; Henri-Louis-Joseph de Preudhommc d'Hailly, marquis de Verqtligtieul, mort le 7 juin 1818; le comte de Ribaucourt, qui mourut en 1825; messire Joseph-Renoll-Ghislain De Man d'Hobruge, seigneur de Beersel et dAllcnrodc-Wcver, mort le 27 octobre 1793; Jean-Ègide-Hyacinthe, vicomte de Pulte, mort le 1er janvier 1822; madame la baronne dcStassart, née de Peysac, morte le 8 juillet 1849; Alphonse de Bounder de Melsbroeck, fils de Ferdinand et de Philippine De Jonghe, mort le \tr novembre 1843, à l'âge de 10 ans; les barons Van Weerde, dont la sépulture porte la date de 1786; les Van Keynegom, les Cornet d'FJzius, les De Roest d'Alkemade, le conseiller d'état De La Vieilleuze, les Bruneou de la Motte, les De Fraula, les De Bourgogne, les De Pestrc de la Ferlé, les Spoelbergh, les De Roovcre, les D'Anelhan, les Riltweger, les Caroly, etc.

Contre le mur extérieur de la sacristie est placée l'épitaphe du régénérateur de la peinture en Belgique, épitaphe qu'un saule pleureur permet à peine de distinguer, et qui est ainsi conçue : ici — sont déposés

LES RESTES MORTELS — D'ANDRÉ CORNEILLE LENS, PEINTRE D'illSTOIRE, — CHEVALIER DE L'ORDRE DU LION BELGIQUE, — MEMBRE DE L'iNSTITLT ROYAL DES PAYS-BAS, — CORRESPONDANT DE L'iNSTITUT DE FRANCE, — MEMBRE DE L'ACADÉMIE IMPÉRIALE DE VIENNE, — DE CELLE DE MUNICH ET DE PLUSIEURS AUTRES — ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES. NE A ANVERS LE 31 MARS

1 7311 ET — DÉCÉDÉ A BRUXELLES LE 30 MARS 1822, — VEUF DE — PÉTRO- MLLE JOSÉPHINE DE SEUMON, — DÉCÉDÉE LE 2 NOVEMBRE 1814.

Celle du savant commandeur de Nieuport se trouve au milieu d'une pelouse, auprès d'autres tombes sur lesquelles le temps a déjà marqué sa fatale empreinte. La voici : messire Charles f. f. a. f. de preudhomve

— d'HAILLY, VICOMTE DE NIEUPORT, — COMMANDEUR DE L'ORDRE DE MALTHE,

— CHEVALIER DE L'ORDRE DU LION BELGIQUE, — CHAMBELLAN DE SA MAJESTÉ LE ROI DES PAYS-BAS, — CORRESPONDANT DE L'iNSTITUT ROYAL DE — PAniS, ET DE l'aCCADÉMIE (sic) ROYALE DE — STOCKHOLM, DE L'iNSTITUT ROYAL — D'AMSTERDAM, DIRECTEUR DE L' ACADÉMIE — ROYALE DE BRUXELLES, MEMBRE DES — SOCIÉTÉS ZÉLANDAISE DE FLESSINCUE, DE — HARLEM, ET CURATEUR DE L'UNIVERSITÉ DE — LOI VAIN , NÉ LE 1 ï> JANVIER 1746, — DÉCÉDÉ LE 27 AOUT 1827.

Mais le monument vers lequel se dirigent tous les regards, et que consacre uu souvenir touchant de grâce et de bonté, est celui de la célèbre Malibran, qui fut si longtemps la reine du chant et qui prodiguait avec tant d'abandon son talent inimitable en faveur des malheureux. Elle mourut à Manchester ; son mari, M. De liériot, qui est lui-même, comme on sait, un violoniste hors ligne, lit transporter son corps à Laeken, où on lui a élevé un monument en forme de chapelle, et dont la façade est fermée par un grillage de fer ouvragé. Là s'élève, sur un socle, sa statue, de marbre blanc, sculptée par Guillaume Gcefs. Couverte de longs vêtements, la téle surmontée d'une étoile, elle lève les yeux vers le ciel, comme pour y chercher sa dernière demeure. On lit. sur le socle : A la

MÉMOIRE DE MARIA FÉLIC1A GARCIA MALIBRAN DE BÉR10T, Cl plus bas ces

quatre vers de M. de Lamartine :

Rmuté, génie, amour, furent son nom de femme I Écrit dani son regard, dont mm ca-ur. dam sa roix. Snu* trots forint* au net appartenait cttte urne. IHturez, terre: et vous, cieuT, accueillez-la trois fois !

La nouvelle église de Laeken. — Le 14 octobre 1850, la commune de Laekcn, d'ordinaire si paisible, offrait un spectacle tout à fait inaccoutumé. De longues lignes de soldats el de gardes civiques s'étendaient depuis l'église jusqu'à l'endroit où la rue des Valais est coupée par le chemin de fer du Nord; une foule compacte et qui augmentaitd'inslanl en instant, couvrait la chaussée el les rues adjacentes ; mais, dans ce concours de monde, tous les esprits paraissaient en proie à une impression pénible; le ciel même s'était comme à dessein couvert d'épais nuages. A trois heures el demie, le canon retentit, et à ce bruil , signal habituel des grandes cérémonies, se mêla le glas funèbre qui annonce les derniers

DES ENVIRONS DE UIU XELI.ES.

honneurs rendus aux morts. Trois jours auparavant, lo reine des Belges, Louise d'Orléans, avait succombé à Ostende, sous les atteintes d'un mal qui minait depuis longtemps sa santé, et, en mourant, elle avait exprimé au Roi, son époux, le désir d'être inhumée dans l'église de Laeken. Ces apprêts annonçaient l'exécution des derniers vœux qu'elle avait formés, cette multitude silencieuse attendait les restes inanimés de celle qui, pendant dix-huitans, avait uni, sur le trône, tant de grâce h tant de vertus. Son corps, placé sur un waggon transformé en chapelle ardente, fut transporté par le chemin de fer jusqu'à la rue des Palais, près de Bruxelles. Là se trouvaient le Roi, les princes, ses fils ; les ducs de Nemours et d'Aumale, le prince de Joinville, le duc Auguste de Saxe-Gotha, époux de la princesse Clémentine d'Orléans, entourés du corps diplomatique, d'un grand nombre de membres des chambres, de magistrats et de hauts fonctionnaires, et des autorités communales de Bruxelles et de sa banlieue. On transporta la dépouille mortelle de la reine sur un char funèbre, et on la conduisit a l'église de Laeken, où on la déposa sur un catafalque élevé au milieu du chœur.

Qu'elle était grande et touchante cette triste cérémonie ! Les regrets unanimes de la foule qui se pressait autourdu cortège nes'adressaientpas à un conquérant mort rouvert de gloire, à un de ces prodiges de génie et d'audace, dont la grandeur est quelquefois si chèrement payée. L'être qu'ils avaient pour objet s'était renfermée dans sa sainte mission de femme : fille, épouse, mère dévouée, ses mérites étaient de ceux qui, sans jeter d'éclat, laissentdes traces ineffaçables; la reine Louise n'avait accepté de la royauté que le droit de distribuer la charité avec plus de profusion. En se rappelant sa piété, sa bienfaisance, son affabilité, le peuple s'associait à la douleur de ce roi, dont la tempête de 1848 n'avait fait que raffermir le trône, et dont l'Europe entière avait appris à exalter la sagesse ; de ces princes, l'espoir de la patrie, frappés si jeunes du coup le plus terrible; de leur nobles parents, si injustement exilés d'une patrie qu'ils avaient servie avec amour, si cruellement éprouvés, peu de jours auparavant, par la mort d'un père vénéré, et à qui l'avenir réservait encore d'autres infortunes.

Aussi longtemps que la reine Louise reposa dans la nef de l'église de Laeken, ce temple, objet de sa prédilection, fut encombré de fidèles qui venaient y prier pour elle. Le 17, une nouvelle cérémonie y appela une seconde fois tout ce que Bruxelles comptait de notabilités. Un service solennel, auquel assistèrent aussi la reine Marie-Amélie et sa fille, la princesse Clémentine, fut célébré par le cardinal archevêque de Malines; puis, quand les deux familles royales de Belgique et de France eurent quitté l'église, vingt-quatre sous-officiers de la garde civique cl de l'armée

30i HISTOIRE

transportèrent le cercueil de l'auguste défunte dans un caveau pratiqué devant l'autel Sainte-Barbe.

Nos lecteurs se rappelleront le concert de regrets el d'éloges qui suivit dans le tombeau la reine Louise. Expression de la profonde vénération qu'inspirait cette princesse, c'était aussi un gage universel d'amour et de respect pour le chef de l'État. Organes du pays entier, les corps conseillés, les administrations s'empressèrent de lui témoigner la part que le peuple belge prenait à sa douleur. Afin d'élever à sa compagne un monument funéraire digne d'elle, le Roi avait décidé que, pour perpétuer sa mémoire, il ferait construire a Laeken, sursa fortune privée, une nouvelle église; tous voulurent s'associer à cette pieuse pensée. Des souscriptions furent spontanément ouvertes, et ont atteint aujourd'hui le chiffre de 425,000 francs. Le 14 novembre 1851, un arrêté émanant des ministres de l'intérieur et de la justice, MM. Ilogier et Tcscb, décréta un concours pour la construction d'une église pouvant contenir, en dehors du chœur, 2,000 personnes au moins, et dont la bâtisse ne coûterait pas plus de 800,000 francs; à l'édifice entier devait être annexée, afin de servir de monument funéraire de la Reine, une chapelle, dont le plan serait assez vaste pour que sa crypte puisse servir à la sépulture de la famille royale *.

Peu de concours ouverts en Relgique offrirent une réunion aussi nombreuse de plans bien conçus et dessinés avec goût. Mais, par un abus pour lequel le jury ne se montra pas assez sévère, quelques-uns des concurrents présentèrent des projets dont l'exécution aurait entraîné des frais énormes. Sous le numéro 41 figurèrent deux plans, deux coupes, deux élévations latérales et quatre façades de style ogival, et un plan, une coupe, une élévation latérale el deux façades romanes; dans cet ensemble, où l'artiste faisait preuve d'une imagination brillante, le jury distingua particulièrement les façades ogivales, ainsi que le plan el la coupe romanes. Conformément à ses conclusions, le premier prix fui décerné à l'auteur de ces projets, M. Paul Dubois, pseudonyme de M. Joseph Poelacrt, de Bruxelles, chef du bureau des dessinateurs à l'administration communale de celte ville, le jeune architecte sous la direction de qui s'élève la colonne de la Constitution, et dont les plans pour la construction de l'église Sainte-Catherine ont été approuvés par le conseil communal. MM. Louis Pavot, de Bruges, et Joseph Claes, d'Anvers, reeurent les sommes allouées pour les deuxième et troisième

« Le douloureux événement dont nous parlons ici a fait l'objet d*une publication in-folio. Intitulée : Fuurrailleide S. A. R. Louite-Mant Thérétr-hahrllr Reine des Uelges (Bruxelles. Gérireet. 1S:V0); elle est accompagnée de lithographies exécuu-es par MM Schubert. De Donc- Ler et Vanderhecht.

DES ENVIRONS DE BRUXELLES. JCïl

prix; tous deux avaient exposé une église gothique, de style ogival tertiaire ou flamboyant: celle du premier, gracieuse, élégante; celle du second, d'une noble ordonnance et d'une belle ornementation, mais oITrant, à l'intérieur, moins d'harmonie cl de caractère. Lejury demanda un prix extraordinaire pour M. Louis De Curte, architecte à Gand; il ne trouva à blâmer, dans son église, que l'exiguïté des proportions et la simplicité de la décoration des côtés longitudinaux; aux membres de la commission, comme au public, ce quatrième projet, considéré sous le point de vue de la pureté du style et de la justesse des proportions, parut irréprochable. Par un arrêté en date du 30 juillet 4852, les ministres de l'intérieur et de la justice approuvèrent les décisions de la commission, et, quelques mois après, le Ror les sanctionna, en donnant ses augustes suffrages à un des plans de M. Poelaert.

La construction de la nouvelle église de Laeken contribuera considérablement à l'embellissement de cette localité. Elle s'élèvera sur l'emplacement d'un terrain situé à l'est du cimetière actuel, et contenant 4 hectare 49 ares, que la fabrique de l'église a acheté à M. le comte Ferdinand Meeus et à ses cohéritiers, moyennant 77,500 Crânes. Suivant le plan adopte par l'administration communale, le 8 octobre 4851, elle sera précédée d'une place carrée, à laquelle on arrivera par une rue large de 30 mètres, partant du pont de Laeken, et qui, probablement, ne tardera pas à se border d'habitations. Cette voie remplacera, avec avantage, une partie de la chaussée actuelle, dont le niveau est trop peu élevé au-dessus de celui de la Senne, et qui est presque toujours couverte de boue. Il est à regretter qu'on ait décidé en principe la démolition du temple actuel, dont le chœur offre de grandes beautés; il serait facile de le conserver, du moins en partie, comme chapelle funéraire; on pourrait de la sorte admirer, à côté d'un produit élégant et somptueux de l'art moderne, un beau débris de l'architecture du treizième siècle.

Le village de Laeken. — En I28C, il y avait à Laeken un échevinage qui était présidé, au nom du duc, par un maire nommé Henri Episcopus ou Bisschop. Dès l'année 4306, il se servait, dans ses actes, de la langue flamande. En 1331, le duc Jean III réunit le village à la ville de Bruxelles, ce qui fut confirmé, le 21 mars 13UO-4391, par sa fille, la duchesse Jeanne 1 . Depuis celte époque, son histoire se confond avec celle

» Van der vryheit van Lokcn Johanna Dei gracio Luccemburgie, Lotharingie. Brabancie et Lymburgie duciasa aacrique imperh marchio, omnibus et sîngulispreacntesinapecturia.saluteincumiioticiaveritatia.Notum facimus.quiadominus et pater noster carissimus.dominus Johatines bone memorie dox Lotharingie. BrabanUe et Lymburgie. incolia nostris ad parrochiam béate Marie Virgin» de Laken prope opidum nostrum Bruxcllcnse spettantibus. persuas induisent litteraa patentes T. II. "

sm histoire

de la grande cité dont il dépendait et avec laquelle il tend de plus en plus à se confondre. Redevenu indépendant en 1705, il porte pour armoiries, depuis une trentaine d'années, un écusson de gueules au lion d'argent, cantonne d'une L.

Le 15 septembre 4670, le prince évéque de Strasbourg, qui était arrivé depuis deux jours à Bruxelles, fît demander une entrevue secrète au gouverneur général des Pays-Bas espagnols, comte de Monterey. Celui-ci lui désigna l'église de Laekcu, où tous deux se trouvèrent le lendemain, mais accompagnés d'une suite nombreuse. Après quelques compliments, l'évéque ayant entamé le chapitre des affaires d'état, le gouverneur général lui répondit qu'il ne pouvait l'écouter en ce lieu, mais qu'il devait demanderune audience publique, et qu'il l'entendrait. Le prélat, surpris, le quitta, et partit le jour suivant de Bruxelles *. Ces lignes, empruntées au journal officiel de l'époque, ont quelque chose d'inexplicable, et donnent, en tout cas, une singulière idée de la manière dont les lieutenants des rois d'Espagne traitaient les affaires diplomatiques. Le 26 mai 1691, un parti de 25 fantassins français, commandés par le déserteur Lapierre, s'avança jusqu'au village et y enleva quel-

quod ildem nostn mcolc ad camdcm parrochiam nostram de Lakcn. ratione junum in ipsa parrochia jacentium, pertinentes, a data earutndem h Itéra ru m conforta rum anno Domini millesimo tricentesimo triccsimo primo, ipsa die béate Marie Magdalene, in autea eisdem statutis dictis vulgariter Kocren, ac etiam libertalibus et consuetudinibus quibus opidum noslrum Rruxcllense seu quibus opidani nostn Bruxellenscs utebantur, gauderent et fruerentur, infra dictam nostram parrochiam c-ommorando. et eosdcm hommes nostros ac eorum sucerssores ad libcrtalem dicli nostri opidi Bruxcllensis imperpeluum susceperit, ac eis rasdem eoncesserit libertates et consucludines. ipsamque parrochiam nostram de Lakcn quantum ad predictos hommes nostros et eorum succcssorcs, opido nostro Bruxcllensi adjungentes, voleutesquc quod subessent precyso amanno nostro Bruxeilensi. sicut et aln opidani nostri Bruxellcnses , et nulli alleri nostro judici ; et quod conjuncerentur et dcducerentur seu tractarontur juxla statuta dicta *ulganter Koercn et libertates ac consuetudincs opidi nostri Bruxcllensis ; et quod extra statuta, libertates et cousuehidines hujusmodi non gravarentur. prout hec in memoratis htteris dicli domini et pains nostri pie memorie plenius vidimus continen. Et eedem httero per malam custodiam tabler fuerint et sml rupte et dilacerate quod vix dictioues in eisdem conscripio poterant legi et sensus exprimi. Nos precipue ob honorem béate Marie Virginia in villa nostra de Laken. precumque incolarum nostrorum ville ejusdem interventu, attenta conceasione dicli nostri dumuii et pains pie memorie cahssimi per suas li Itéras patentes ipsis nostris hominibus et incolis, ut prefertur, imperpctuum farta, eumdcm concessionem, modo et forma quibus supenus cxpnmitur, pro nobis nostnsque successoribusconfirmamus.laudamus et corroboramus, de novoque prel.ua s libertates et consueludiues eis indulgemus. volentes quod de quoeunque forefacto sicut hucusque usi sunt.sUlutis Bruxellensibusdicli» koeren et libertalibus et consuetudinibus prediclis, amannoque nostro Bruxellensi ac judioo scabuiorum nostrorum Bruxellensium subjaceanlin perpeluum. Dalum Bruxelle, die vicesima prima mensis martii anuo Domini millesimo tneentesimo nonagesimo. secundum stilum scnbendi curie et dyocesis Cameracensis. A Tiitio. partie V, litre 5, C 16 -S».>u:.nis — A Gcrm/., p. KH. -Drabonh-he Y te tien, t. Il, p. 673.

' Rtlationt rthlal lr*. du Î0.

ques chevaux dans les prairies; mais l'alarme ayant été donnée, il fut poursuivi, atteint et défait Une résolution du magistrat de Bruxelles, du 17 mai 1696, et qui autorisa l'établissement & Laeken d'un sethboeek, nous apprend que des soldats français, du régiment de Navarre, avaient aussi été mis en déroute quelque temps auparavant, par des habitants du lieu et des environs.

Aussitôt que le village fut réuni à Bruxelles, les maîtres des chaussées de cette ville firent paver le chemin qui y conduit, jusqu'au sommet du Dotnmelberch ou Dongelberch, appelé aujourd'hui, par corruption, le Donderberch ou montagne du Tonnerre, et, en 1447, ils le firent border d'arbres, avec le consentement de la chambre de Tonlieu. Ayant voulu y lever un péage, et les habitants de Laeken s'étant refusés à le payer, ils résolurent de cesser d'entretenir le chemin. De là des plaintes, qui «menèrent une transaction : chaque charrue dut donner 1 quartaut de seigle, chaque moulin à grain 2 quartauts de seigle, et chaque moulin à huile 1 gelle de drôche (16 mars 1394-1395); à cette condition, les habilants de Laeken furent déclarés exempts de droits pour leurs propres récoltes, mais non pour les grains appartenant à autrui, qu'ils transporteraient; ainsi le décida le magistrat, le 10 décembre 1498. De nos jours, la route de Laeken a été prolongée jusqu'à Meyssc (1826), puis, jusqu'à Wolverlhem (1834), et enfin, jusqu'à l'Escaut, vis-à-vis de Tamise. Une autre route pavée longe le canal. Par un octroi du 7 mai 1712, la ville de Bruxelles fut autorisée ù achever la chaussée que les directeurs du comptoir du canal avaient commencée, et qui va du pont de Laeken à la fontaine de Vilvorde (le hameau dit les T rois-Fontaines), où elle rejoint la route allant de là à Ma Unes, et qui a été construite aux frais de cette dernière ville*. La plupart des chemins principaux de Laeken, entre autres la rue Verte, qui longe vers le nord-est le domaine royal, cl la rueLêopold, vers Jette, sont aujourd'hui pavés.

La rue qui conduit de l'église à la chaussée a été pavée en vertu d'une résolution du magistrat de Bruxelles, en date du 22 mai 1620. On y voit, à l'entrée du cimetière, une jolie fontaine, qui fut élevée par les soins d'un des curés du village, vers l'an 1688. Vis-à-vis est la cure, qu'un incendie réduisit complètement en cendres, dans la nuit du 28 au 29 septembre 1756. L'électeur de Bavière y logea, après la défaite de l'armée franco-espagnole à Ramillies, en 1706, et c'est là, qu'obsédé par les exhortations et les prières des autorités civiles et religieuses de

' Rflatiom véritables, du 28.

» Dans un acte du 2K juillet 163V, o» mentionne, d une part, la rh.nisàée allant de Bruxelles à Malines. et. d'autre part. relie <pn se dingcHit -le la précédente de CCS \illes vers l'église d< Laeken.

Bruxelles, il les autorisa à négocier avec Marlborough victorieux.

La maison communale actuelle a remplacé un hospice habité par cinq vieillards; il avait été bâti au quatorzième siècle, sur un terrain conligu au cimetière \ Les pauvres du village étaient largement dotés; en 4 786, ils possédaient 15 bonnicrs de terres, et leurs revenus s'élevaient, par an, à Ci 9 florins et G4 rasières de seigle; le nombre des indigents recevant des secours de la table du Saint-Esprit montait alors à 50. Le 29 avril 1378, la duchesse Jeanne leur distribua des aumônes, par l'intermédiaire de frère Godcfroid de Thenis ou Van Thienen a. En vertu d'un legs fait le 19 octobre 1736 et le 17 août 1747, par Pierre Van Wyn, vieux célibataire (bejaerden jonghman), les maîtres d'église et les maîtres des pauvres secouraient tous les ans 12 vieillards, à la condition d'assister à certaines messes, 10 autres, à la condition de fréquenter le catéchisme, cl 50 indigents, qui devaient se trouver aux quatre anniversaires fondés par le donateur.

Au quatorzième siècle, les échevins de Laeken commencèrent à se qualifier à'ècherins des seigneurs censaux de Laeken {scepenen der erflteeren van Laken, 1364, 1452). On voyait, dans leur sceau, la Vierge avec l'enfant Jésus, et la légende :

S. BRAT/E 5HRI.F. DE LAEKEN. La COUtume d'UCClfl

servait de règle à leurs décisions, sauf que le fils cadet héritait de l'habitation de ses parents, comme cela se pratiquait à Rhode et a Grimberghe. Leurs archives,quiauraienlpu nous fournirdes données précieuses, ont malheureusement péri à Bruxelles, pendant les journées de septembre 1830, chez M. Cirez, qui était alors bourgmestre de la commune, et qui habitait à côté de l'hôtel Torringlon, dans une partie du bâtiment occupé aujourd'hui par le ministère de l'intérieur.

Ce tribunal était composé de sept échevins, nommés par sept propriétaires principaux ou seigneurs fonciers, qui étaient, au dix-septième siècle : le curé, le comte de Gamerages, seigneur du manoir de Drootbeek; les Del In faille, propriétaires du château de Coensborg; les Blitlerswyck, à qui appartenait une demeure située, à ce qu'il semble, au centre du village; les Cattenbroeck ou Roelofls, dont le bien se trouvait près du hameau de Leesl, et enfin les Van Achelen, à double titre: d'abord comme ayant acquis un domaine de l'abbaye de Grand-Bigard,

I Pie huyxarmt tan Laeken tan ent opsialle aelyrhrm brmuert n te Laeken orer t kerckhof om ten yhettihuyt ap te timmeren. ttr huyarmcn behoef. Lnrt itnsal rit 1399. » Comptrs des fiefs rit Brabant.

puis, comme maîtres d'une grande habitation, à l'endroit dit Ter-Plast \ Tous les ans, au mois de mai, les échevins se réunissaient dans l'église, ù H heures, pour percevoir les cens seigneuriaux; à celte occasion, on sonnait la grosse cloche, et, à la fin de la troisième séance, l'un des seigneurs donnait ou faisait donner un repas aux juges.

L'heplarchie, ou les sept seigneuries de Laeken, ont été le sujet de maint conte; on a dit que leurs possesseurs descendaient des anciens maîtres du village, et qu'en passant de génération en génération, elles s'étaient fractionnées. Remarquons à ce sujet que l'autorité des juges de l'heptarchie ne s'étendaitque sur une partie du village : le beau domaine de Schoonenberg formait une juridiction séparée, ayant sa cour censale particulière; il en était de même des vastes possessions de l'abbaye d'Afflighem à Osseghem, qui étaient soumises à la cour censale de ce monastère à Zellirk, Laeken, etc. Enfin, il existait à Laeken un grand nombre de fiefs soumis à différentes cours féodales : ainsi, les manoirs de Drootbeek et de Ter-Plast y constiluaient des fiefs relevant de la cour féodale du Brabanl; les abbayes d'Afflighem et de Jette, les seigneurs de Grimberghe et deWcmmel y avaient également des vassaux ; d'autres tenures dépendaient de la chàlellenie de Bruxelles, entre autres 7 bonniers 5 journaux de terres et de prairies, qui appartenaient, en 1474, ù Hugues de Heetvelde.

Les anciens diplômes mentionnent une famille noble de Laeken, dont on perd les traces au quatorzième siècle. En 1080 vivait Gilbert de Laca ; m 1099, Godescalc de Lace et son frère Wallcr; en 1251 et en 1257, le chevalier Lidekin, vassal des seigneurs de Grimberghe; en 1315, Nicolas, fils de sire Lidekin, et, en 1501, Helewide, fille de Nicolas, qui « pousa Guillaume de Kesterbeke le jeune et Jean Boxhorens. On prétend que l'église dut à cette lignée sa seigneurie censale; celle-ci est mentionnée dans un acte du 23 mars 1451 ; ses tenanciers, n'ayant pas de sceau, se servirent, dans celte circonstance, du sceau du curé Jean Vanderbraken dil De Beckere. Elle n elait donc pas encore englobée dans

Laeken a pris, depuis quelques années, une importance nouvelle. Un commissariat de police y a été créé par arrêté royal en date du

l mars 1844. Dans les prairies qui s'étendent entre le canal et la Senne, on a bâti un grand nombre de maisons, surtout le long de la chaussée de Laeken, de la nouvelle chaussée de Laeken ou rue des Palais, et de la chaussée dite du Pont de Kalkhoven, ou digue orientale du canal. En ce

' Voyez il ce sujet S»*diri». l.nm Parthtnia, p. oo; — A Grustx,— et, «lnm le joui uni h Crtmmtrct bel 'ne , de Bruxelles, un article inséré au numéro du t.i avril 183S et signe P. J. BlruMtlte).

dernier endroit, les bâtisses ont commencé en 1766, lorsqu'on y éleva, sur un terrain appartenant à la ville, un moulin k vent destiné k moudre l liuile. Sous l'Empire, MM. Vandcwoestync et Latour y établirent une des plus belles tanneries du déparlement de la Dyle. Mais ce fut surtout sous le gouvernement hollandais que le hameau dit Voorgemeente, comme on appelle la réunion d'habitations faisant face au palais royal, prit de l'extension. En 1824, M. Guillaume Cappellemans y commença une fabrique de soude et de vitriol, qu'il a transformée aujourd'hui en une fabrique d'eau-fortc, et qu'il a augmentée d'une verrerie et cristallerie. Un peu en deçà est la filature et lisseranderie de M. Story, dont la première pierre fut posée le 30 mars 1829.

Drootdeek. — A l'est du canal, les rives du ruisseau qui prend sa source au nord de Koekelbcrg, prés de la maison communale de Jette, s'appellent, d'après le ruisseau lui-même, Droetbeek ou Drootbeek, c'est-à-dire le Ruisseau rougey de Ronde beek*. Sire Henri d'Yssche y posséda une lenure considérable qu'il releva du Brabant, ainsi que ses successeurs : Henri, son fils; Marie d'Oui tre, petite-fille du précédent, fille de Waltcr d'Oiillrc et de Marie d'Yssche; Gérard d'Oisy, fils de Marie et de Gérard d'Oisy; Marguerite, fille de Gérard, qui épousa successivement les chevaliers Henri Magnus, conseiller de Brabant, et Charles de Poitiers; Charles, fils de ce dernier (relief de 1482); Marguerite, lilledece second Charles, femme de Robert de Bnilleut (r. de 1 501); Jean, seigneur de Yadans, et ses frères Charles, François, protonotaire apostolique, Louis, Guillaume et Ferry, enfants de Charles de Poitiers (r. du fi novembre 1520); sire Ferry de Poitiers, chevalier, seigneur d'OuIlre, possesseur de Drootbeek en vertu d'un partage fait avec ses frères, par-devant le parlement de Dole, le 14 janvier 1547-1548, après la mort de Charles (r. du 22décembrc 1570); Charles, baron de Vadans, seigneur de Souvnns, et Guillaume, son frère, sire d'Oultre (r. du 17 juin 1577). Guillaume vendit son fief an chevalier Jean Richardot, président du conseil d'Artois, membre du conseil d'état (r. du 2 octobre 1591). Ce dernier en sépara la tour nommée Sandberch (zekeren torre geheeten den Sandberch), avec environ 5 bonniers de dépendances et la propriété du cours d'eau venant de l'étang qui entourait la maison principale du président, et les vendit h maître Alexandre Madocts,

• Quatuor rfiimidium b-mina Urrr prope qmu'iue silirti, inltr Dr rtbtkt rt Ytntam bfjlitnarum. 1303.

membre de la chambre des comptes, mandataire du couvent des Jésuites de Bruxelles (octroi du conseil de Brabant du 20 juillet 1605, relier du jour suivant), qui démembrèrent encore celte tenure, et cédèrent la tour et 2 bonniers à Élisabelh Van Orley, veuve de Frédéric Huybrechts (r. du 17 mai 1631). Henri, fils de Frédéric et d'Elisabeth (r. du 13 août 1633); Frédéric, fils du précédent (r. du 43 août 1674); Élisabelh Huybrechts (r. du 16 septembre 1679), et messire Jacques-Ignace Huybrechts, neveu d'Elisabeth (21 juin 1698), héritèrent successivement de ce débris; le dernier la transmit à ses successeurs dans les seigneuries de Lombeek et deSlrythem, par qui elle a éléaliénée, il y a quelques années. La petite tour de Sandberch, ou, comme on la nomme aussi, le château des Jésuites, avec son pont-levis, son petit jardin, son élang, fut longtemps une guinguetle renommée, appelée Tivoli; on l'a transformée, en 104O, en un vaste établissement du même genre, qui a été un instant baptisé du nom pompeux de Jardin des Fées.

Dans le principe, ïhoffte Droetbeke, située, comme le disent les anciens reliefs, près de la chaussée de Laeken, devait le service féodal avec deux combat tan ls à cheval et un à pied. Par son testament, en date du 20 octobre 1476, sire Henri Magnus fonda un bénéfice chargé de trois messes par semaine, dont deux devaient être dites au manoir de Drootbeek ; il réserva à ses héritiers la collation de cette prébende. Les dépendances du fief comprenaient, au quinzième siècle, 45 bonniers de terres, rapportanl par an 21(5 florins et 18 muids de seigle, et 4 bonniers de prés ; dans la suite, ces 50 bonniers devinrent tous des prairies, dont une parlie (6 bonniers 43 verges) fut vendue à la ville de Bruxelles, lors de la construction du canal deWillebroeck (déclaration des échevinsdeNinove, en date du 3 septembre 1560). Ce qui resta, après la vente aux Jésuites (environ 36 bonniers), passa de Jean Richardot, archevêque de Cambrai, à son neveu sire Guillaume de Richardot, baron de Lembecq (relief du 2 mai 1614); son frère Claude, comte de Gamerages, les eut ensuite (r. du 18 juillet 1643), puis et successivement : Alexandre de Richardot, prince de Sleenhuyse, frère du précédent (r. du 30 septembre 1671); la fille de Guillaume de Richardot, Jeanne-Françoise, veuve de François- Gabriel de Rodoan, baron de Fontaine (r. du 7 juin 4673); le prince de Sleenhuyse, neveu de la précédente (r. du 22 août 1697); Jacques Jacobs, par achat (r. du 27 septembre 4702) ; Anne de La Tour-Taxis, comtesse de Valsassine, par retrait et moyennant 23,000 florins (r. du 4er février 4704); François-Sigismond, comte de Valsassine, feld-maréchal, général des armées autrichiennes, gouverneur du duché de Limbourg, et sa sœur Anne, femme de Charles-Léonard Colbert, comte de Seignc- Iay; et enfin, Anselme-François, prince de la Tour-Taxis (r. du 20 fé-

vrîcr 1719}. Ces prairies, qui longent la Petite-Senne, depuis la Panions Iluys jusqu'à Tivoli, forment aujourd'hui tout ce qui reste des immenses richesses en biens-fonds que les Taxis ont possédées en Belgique. On les appelait jadis les Marais rouges (de Roode meerschen); on les appelle aujourd'hui de Herten (les Cerfs) et a"Enne coten (ies trous aux Daims). Le 51 décembre 1852, MM. Splingard, ingénieur des ponts et chaussées, et Guillery, docteur en médecine, firent paraître un projet de parc avec roules carrossables, qui serait établi dans les prairies s'étendant le long de la Petite-Senne, depuis le pont du Diable, à Molenbeek, jusqu'au palais de Laeken. Au centre se trouverait une grande pièce d'eau, d'où partiraient, dans toutes les directions, de grandes avenues, dont la principale aboutirait, d'un côté, à un champ d'exercices, destiné spécialement aux troupes casernées au Petit-Château, de l'autre, à la nouvelle église de Laeken, qui s'élèverait un peu à l'ouest de l'emplacementqui lui a été assigné. Ces plantations transformeraient l'espace qui sépare Laeken de Bruxelles et de Molenbeek, en un magnifique jardin, qui assainirait les alentours et qui procurerait un lieu de promenade aux nombreux ouvriers d'un quartier aujourd'hui presque abandonné.

Gilles de Coekelberghe eut à Drootbeek des biens qu'il vendit n Michel et Catherine De Leeuw. Lors du partage des biens de Jean, fils de Michel, et de sa première femme, Marguerite, fille de Henri Cassaert dit Plaelman, sa fille puînée, Catherine, femme de Jean Van Zeebroek, eut en partage Yhojf te Droetbeke, qui était, dit l'acte de partage, entourée de fossés, et située près de la Senne et de la chaussée (33 juillet 1407). Jean Van Zeebroek, fils de Jean, Jean Yanderstraeten, maître Philippe Van Zeebroek, François Van Zeebroek, maître Gérard Casens, avocat au conseil de Brabant, se transmirent ensuite cette propriété. « La grande maison du président Richardot, > comme on la nomma ensuite, fut cédée par le neveu du président, Guillaume Richardot, comte de Gamerages , à Jean-Paul Gudcbon Pissiny, membre de la chambre des comptes à Lille. Elle passa successivement à l'avocat Schrieck, par mariage; à sire Jean Thol, docteur en médecine, qui mourut en 1659, époux d'Elisabeth Van Uflel ; aux enfants de François Van Uffel, aux Pangaert, aux De Cock, aux Le Vieux, etc. On la nommait quelquefois le château de Turnhout, et elle est aujourd'hui occupée par une congrégation d'Ursulines. A l'une de ses extrémités s'élève une tour de forme carrée, dont on a dégradé la façade en la couvrant de peintures simulant des arceaux gothiques ; sur cette façade on lit : anno 1547. Vis-à-vis est la belle maison de campagne de M. Waefelaer, secrétaire de la ville de Bruxelles, derrière laquelle un cultivateur trouva, le 16 mai 1845,

DES r.MYIIlONS DE DRIXELLES.

quatre pots de terre contenant des monnaies du moyen âge, d'un poids total d'environ 40 kilogrammes, et qui furent sans doute enfouies en cet endroit lors de l'invasion du Brabant en 1556.

Ter-Plast. — A sa sortie du territoire de Jette, la Pontbcek active le moulin dit Valmohn, dont les environs s'appelaient jadis Ter-Plast (A la Mare)y et donnèrent leur nom à une famille qui parait avoir possédé, sinon la totalité, du moins une grande partie des terrains s'étcndant jusqu'à la chaussée de Laeken, d'une part, et jusqu'à Osseghem, d'autre part. Le premier Vanderplast qui soit connu, est Jean, à qui un acte de l'an 1513 donne la qualification d'oncle par bâtardise du duc de Brabant; il était, par conséquent, un (ils ou un gendre de Jean 1" le Victorieux. Plusieurs grandes habitations se trouvaient à Ter-Plast : une hof ter-Plast reconnut pour maître, après Jean Vanderplast, Jean, son fils; Waller Vanderplast, un patricien bruxellois nommé Jean Magnus (vers 1598), et, vers 1452, Waller Magnus. A la même époque, les T'Serclaes étaient propriétaires de plusieurs domaines, à Laeken.

Au commencement du quatorzième siècle, Éverard, fils d'Évcrard T'Serclaes, vendit des biens situés à Laeken à sire Nicolas De Svvaef dont le petit-fils, nommé Guillaume, les céda à Gillette de Berchem, veuve du changeur Jean Michiels, le 13 mai 1569. Le second fils du célèbre Kverard T'Serclaes, Jean, époux de Jeanne Svvaef, et sa fille Béatrix, qui épousa Henri deSchoonhoven,se qualifiaient de seigneurs à Laeken; et Philippe, fils de Wenceslas T'Serclaes, descendant d'un frère de Jean, aliéna, le 20 mai 1524, la court ou ferme de Ter-Plast * . Le 22 septembre 1593, la propriété de celle-ci fut abandonnée par Jacqueline, fille de messin1 Antoine Quarré, seigneur de Salmslacht, et par ses sœurs, à Etienne Van Craesbeke, conseiller de Brabant, et à Marie De Leeuvv, sa femme. Elle comprenait alors une maison de plaisance bâtie de pierres, une grange, des étables, des vergers, des étangs, environ 20 bonniers de terres, fi bonniers de pâtures, des marais et des bois; elle avait été louée, en 1587, pour 12 ans, à Jérôme de Potier, à la condition de payer : pour les pâtures, 150 florins une fois donnés; pour les terres, 1 selier de seigle la première année, 2 la deuxième, 5 la troisième, et ainsi de suite jusqu'à la sixième.

Sire Jean Drinckwaert, vicomte de Dormael, trésorier général des archiducs, cl sa femme Marguerite Bogaerts, doivent avoir fait, à cette époque, l'acquisition de Ter-Plast. Marie Bogaerts, l'aînée des 25 enfants

1 Nicolas De Swaef possédait, à Laeken. 2 bonniers d étangs ayant apparleuu aux enfant* Vandrrplnst. et un étnng provenant de Colin ou Nicolas d Ossenem. » Fthation rl prruvr* juttiftcnlit*» tin incmonW? Strclan, p. 17.

T. Il 11

de Jacques Bognerts, président du grand conseil, mort le 13 août! 597, leur succéda, en partie comme héritière de Marguerite, qui était sa sœur, mais née d'une autre mère, et en partie, parachat auxhéritiers de Drinekwacrt. Elle avait épousé Folcard Van Achelen, fils d'Igram, président du grand conseil de Matines, et qui fut lui-même conseiller de Brabant, puis, en 1624, membre du conseil privé. Folcard mourut en 1631, après avoir achelé une autre seigneurie de l'heptarchie, celle que l'abbaye de Grand-Bigard avait vendue, vers l'année 1585, à Josse Usclincx, brasseur h l'enseigne de la Manne (in de Mandé), à Bruxelles Pierre Van Achelen, fils de Folcard, secrétaire du conseil privé par patentes du 2 février 1632, mort en 1677, épousa Hélène-Robertiue Van Maie, dite Malinez, dame de Saintes, qui mourut le dernier février 1704. Aurélie-Hippolyle Servais, qu'Hélène avait eue de son premier mari, Jean-Aurèle Servais, seigneur de Saintes et de Liberchies. capitaine de cavalerie, tué devaut Valenciennes en 1656, s'allia à Guillaume-Ernest de Gand, baron de Sint-Jan-Stcene, sergent général de bataille, gouverneur et grand bailli d'Audenarde, créé comte de Liberchies le 12 juillet 1684, mort le 12seplembre 1694, Des deux filles de Pierre Vau Achelen et d'Hèlène-Robertine Malinez, l'ainée, Catherine- Philippe, épousa successivement: Ic7février 1682, Urbain Vanderborch. commis greffier des domaines et finances, mort en octobre 1706, dont elle eut deux filles; puis un Trazegnies; la plus jeune, Marie-Françoise, s'allia, le 15 décembre 1689, à Jean-Êrard de Steenhuys, troisième baron de Poederlé. Marie- Josèphe Vanderborch mourut le 20 décembre 1743 sans laisser de postérité de son mariage avec N. d'Acunha. Sa sœur Marie- Hélène, dame de Saintes, recueillit sa succession ; elle testa le 13 février 1744, mais son testament fut annulé, le 6 septembre 1755, par le conseil de Brabant. Ses biens passèrent aux enfants de sa cousine, Marie-Hélène de Steenhuys, baroune de Poederlé, morte le 27 septembre 1753, et d'Eugène-Joseph d'Olmen, président du grand conseil de Malines , mort en 1756. L'alné de ces enfants, Philippe-Eugène-Joseph d'Olmen de Poederlé, vicomte de Saint-Albert, seigneur de Saintes et de Laeken, prit pour femme, en 1741, Marie-Livine de Corle. Ter-Plast, dont l'emplacement a conservé le nom de Poederléy se trouvait au milieu d'un étang, à côté de la ferme située au delà du Valmolen, à droite du chemin d'Osseghem *. Milord Beauclerc, duc de Saint-Alban, fils naturel du roi

1 Compte* de l at.baye aux Archives du royaume.

» La Lara Parihenta de SoDLnts, qui fut publiée à Bruxelles chez Philippe Vleugart, en 1659, est accompapuee de deux vues de châteaux, dont unr, celle du château de M™' Maline*. veuire de Jean Servais, seigneur de Saintes . nous représente évidemment Ter Plnst . on y retrouve la Ponlbeek. le moulin de Ter-faninieii et lis prairies adjacente.*; le bâtiment

d'Angleterre George III, le fil abattre, et ordonna de bâtir, sur la hauteur voisine nommée le Crayenbosch, une villa magnifique : mais, ruiné par ses prodigalités, il ne put l'achever, et, faute d'entretien, les premières constructions s'écroulèrent. Suivant le témoignage de Chateigner n'y avait pas de château à Laeken qui méritâtdavanlage l'attention des curieux.

Une ferme, située au delà de Ter-Plast, près d'Osseghem, sur la hauteur, offre encore quelques apparences d'ancienneté. C'est, à ce qu'il semble, l'ancien manoir de Ter-Plast, qui relevait du Brabant, avec un jardin, trois étangs, un verger, etc. Il fut brûlé pendant les troubles de religion, puis converti en maison de plaisance. Après Gilles Vanderplast, ce lief eut successivement pour maîtres :

Jean Vanderplast ;

Jean, son (ils (relief de l'année 1581-1582); Jean, fils du précédent (r. du 27 mai 1440); Léonard, fils du précédent (1462); Jean, fils de Léonard (1474); Jean et Gilles Vanderplast ;

Gilles, fils de Gilles, relève un tiers du fief (23 juin 1525);

Jean, Josse, Daniel, Catherine, femme d'ÉtienneVandenbossche,et Elisabeth, femme de JennIIappaert, enfants de Walter Vanderplast, relèvent par la mort de Jean , leur aïeu I , les deux tiers du fief (24 janvier 1 538-1 559);

Catherine Vanderplast, et Jean, fils de Pierre Vandeneede, relèvent, par achat aux précédents, les deux tiers du fief (7 mars 1538-1539), et l'autre tiers, par retrait fait le 5 mars 1545-1 544, sur Pierre, fils de Jean Vandenbroecke, qui l'avait acquis de Gilles Vanderplast (12 novembre 1544);

Maître Jean Van Horenbeke, par achat (r. du 5 juin 1547);

Chrétien et les autres enfants du précédent (r. du 17 octobre 1567);

Maître Guillaume Ilyckewaert, procureur postulant en conseil de Brabant, comme héritier d'Elisabeth Van Horenbeke, veuve de Pierre Kabri (r. du 4 septembre 1592);

Pierre Van Horenbeke, fils de Roger, et sa femme, Marie Keersmakers, par achat (r. du 20 octobre 1592);

Robert Slas, orfèvre et général des monnaies des archiducs, par achat (r. du 16 novembre 1604);

Anne Runtvleesch, veuve de Robert, et leurs enfants (r. du 5 novembre 1615);

Antoine de Morenval ;

•■tait compose de deux corps de logfc placé* d equci re cl dont l'un se terminait, par une liant*» tourelle carrée

' Tabltau <k Bruxtlltt. p.

Sa veuve et sa fille (r. du 15 mai 1047);

Mess ire Alexandre-Gabriel Domberch ou Van Dombrecht, fils de François-Augustin Dombercli et de Catherine de Morienval (r. du 12 octobre 1069);

Hubert Waerseggere et Barbe Vandehecker, sa femme, par achat au précédent et à sa mère (r. du 12 mai 1672);

Jean Van Wyn et Calherine Fariseau, sa femme (r. du 5 février 1687);

Pierre et Corneille Van Wyn, leurs fils (r. du 5 janvier 1690);

Anne-Catherine Fariseau , Jeanne-Marie Fariseau, veuve de Martin Robyns, Charles Wcmmerus, Treyntjeou Calherine Wcmmerus, femme de Leenderl Vandervalck, et Bregie ou Brigitte Vanderkay, ces trois derniers, enfants de Martine Vandermeer et de ses deux maris, Gerrit ou Géry Wcmmerus et Corneille Vanderkay, relevèrent Ter-Plast le 29 janvier 1751, et le vendirent immédiatement à Jacques-Charles Vanderbeken et à sa femme Catherine Jossé (r. du 28 avril 1751).

En suivant le cours de la Ponlbcek ou Molenbcek, on rencontre plusieurs habitations remarquables. Dans le nombre est une maison de campagne qui appartient à M. de Fierlant; elle est entourée d'allées de peupliers, ce qui me fait supposer qu'elle est identique à l'Abeelen hof ou Ferme aux Peupliers, qui était, en 1760, la propriété de messire François-Éticnnc Rousseau, seigneur de Hcriainont. Antoine Rousseau et sa femme Marie Sirejacobs avaient acheté, le 25 janvier 1 700, aux héritiers de Charles Vils, l'emplacement d'une brasserie dile le Cygne, à côté du bien des Van Achelen et du ruisseau du Dongelberghe. La campagne de M. Robyns a conservé le nom de Hondecol on Chenil; on y nourrissait autrefois, parait-il, les chiens du souverain, el on y voit encore un tableau représentant une meute considérable. Vers Tan 1640, Mathieu Baers et sa femme Gcrlrudc Melermans achetèrent le llonnecot à François Pynappel.

Le moulin de Ter-Cammen (aux Brasser tes), dont le Roi a fait l'acquisition, alin de se procurer les moyens d'alimeuler davantage les pièces d'eau du domaine de Schoonenberg, appartenait, au quatorzième siècle, à Nicolas d'Osseghem, qui le tenait à cens de différentes personnes, et, entre autres, de Nicolas de Laeken. Jean Vanderplast, fils ou gendre de Jean Ier, l'acquit de Franc Eggeloy ou Eggloy, moyennant une rente annuelle de 25 escalins gros tournois (vendredi avant la mi-caréme, eu 1515-1314). Après avoir appartenu, ainsi qu'une ferme adjacente, des étangs et des vergers, à Gilles Vauderplasl et à Nicolas Caslcleyn, dit de Froyere, ce bien fut saisi pour payement de dettes contractées envers Gérélin de Froyere; ou vendit le moulin à Jean d'Ouderghem dit des Carmes (Tan Onzen Vrouicen Bruederen (acte du 19 juin 1 407). Plus

tard, le patrimoine de Gilles Vanderplast passa successivement à Gilles De Weert et au meunier Jean Van Dongelberghe; à Jérôme De Weert, à Jean, son fils; à Catherine, fil le de Gilles Sweerts, et à son mari Jean Van Coensborch, qui le reçurent en don de leurs prédécesseurs; à Roland De Weert, en vertu d'un jugement du conseil de Brabant, daté du 18 juillet 1491; à Pierre De Weert et à Roland De Weert le jeune. Démocrite Sweerts épousa Charles Bailly, et Marguerite Bailly, BalthasarTacx. Le conseil de Brabant adjugea l'héritage de ce dernier à Walrave Mecus, qui déjà lui avait acheté un terrain, où l'on voyait auparavant une maison, des écuries, une grange, un four et d'autres édifices, qui avaient été brûlés pendant les troubles, et qui se trouvaient en face de l'église (23 juillet 16:23). L'ancien château deCoensborg fut sans doute bâti par l'époux de Catherine Sweerts, puisqu'il a conservé son nom ; après avoir été vendu aux Dellafaille, il passa à sire Corneille de Reynegom, chevalier, seigneur de la franchise de Buzet, greffier du conseil des finances, mort vers l'an i689, dont la postérité possède encore le nouveau manoir de Coensborg, qui a été bâti en 1810.

Vers l'an 1840, le roi Léopold a fait continuer, mais sur des proportions plus restreintes, l'allée Sainte-Anne, qui traverse la hauteur dite den Wallenberg, en laissant à droite le pavillon dit de Walckiers, à gauche le château de Stuyvenberg. Ce dernier, dont le nom indique, diton, un endroit où il fait beaucoup de poussière, a été bâti en 1725. Marie-Anne, fille unique de Joachim-Joseph Sirejacob, femme de Jéromc- Ballhasar, vicomte de Roest d'Alkemade, l'hérita de ses parents; en 1796, il passa, par partage, à François-Charles-Joseph De Leeu de Moorsele, fils de Marie-Françoise Sirejacob. Le petit-fils de ce dernier, François-Charles, baron De Wolff de Moorsele, le vendit, le 8 novembre 1829, â M. J. Deby, qui depuis a été bourgmestre de Laekcn, et qui, le 12 août 1840, a cédé Stuyvenberg, avec 23 bonniers de dépendances, au gouvernement belge, moyennant 200,000 francs. Les bâtiments de cette ancienne habitation féodale sont ornés d'une tour carrée à cinq éloges, et entourés d'un vaste jardin; le Roi les a fait convertir en métairie. Les Sirejacob se qualifiaient de soigneurs de L.iekeu; il se pourrait bien que ce fût en cet endroit qu'a existé la demeure des Blitterswyck, famille patricienue de Bruxelles, citée comme l'une des sept lignées seigneuriales de Laekcn. Guillaume de Blitterswyck, surnommé à l'Ange, parce qu'il tenait à Bruxelles une hôtellerie ainsi nommée,acquit un domaine à Laeken, le 30 août 1414, de Rutger Boole, qui l'avait acheté à Henri de Meerbeck dit deZennd ouVanderzennen ' ;

1 A GOMU, Laça, p. 214. — Un arte do l'année 1399. qui ron< crne des biens situés a Laeken, meutionne les frères Jean et Henri Leckaei U app«-le.- Vanderzcnnen, ol leur mairo

HISTOIItE

plus de deux siècles après, un de ses descendants le transmit, par mariage, au greffier de Grimberghe, Guillaume DeWint. Une demoiselle De Wint possédait encore une maison de campagne à Laekcn, en 1755.

Osseghem. — Dans les prairies de Ter-Plast, un rivelet vient rejoindre la Pontbeek. C'est VHeyselbeke, qui descend avec rapidité des hauteurs d'Osseghem, où il se forme de plusieurs sources très-abondantes. De ce côté, à Cauweghem, près du lieu appelé den Drieseh, on voyait autrefois un moulin à eau servant à moudre l'huile \ Il fut converti ensuite en un moulin à blé, dont l'emplacement fut acheté, le 17 janvier 1G80, par Jean-Baptiste Van Maele, prêtre, a Cornélie Van Maele, par-devant In cour féodale de Woluwe-Saint-Élienne. L'Heyselbeke doit son nom à un hameau nommé Eysel, qui occupe un riant vallon, au nord de Sluyvenberg. A l'extrémité de cette partie de la commune, on trouve les grandes fermes d'Osseghem (ta Bouverie) et de Vereghem (la Porcherie), bâties par les religieux d'Afllighem. Ce fut au prix de 70 marcs de Bruxelles, que ce monastère acquit, en 1152, l'alleu d'Osseghem, de Meinard de Bruxelles et de ses fils Henri, Éver\vin,Meinard, Guillaume et Amelric; le duc approuva cette cession, et Sigcr Ifobosch, au nom de sa femme Ide, Franco le jeune, fils du châtelain Franco, Wenemar de Vossem, et une sœur de Mannon de Tiedengem, fille de Temhard Keremisse de Bruxelles, renoncèrent aux prétentions qu'ils élevaient sur ce domaine. Peu de temps après, Falic de Strombeek, Amoiil d'Osselc et Iwain d'Eppeghem vendirent au même monastère 8 bonniers d'alleu, et, en 1203, les religieux de Jette lui cédèrent 6 bonniers d'alleu, en échange d'un terrain de même étendue qu'il possédait à Jette, au hameau d'Egdegem,etqu'il avait acquis de Jonasetde ses fils Guillaume et Gosuin, lorsque ces trois personnes prirent l'habit religieux. Ces

bonniers à Egdegem ou Edsegem formaient une censiveteuue du chapitre d'Anderlecht à charge d'un cens annuel s'élcvant alternativement a îti deniers et à lli deniers 1 obole. La ferme d'Osseghem fut d'abord exploitée par des moines », à qui, plus tard, on substitua des laïques. En 1289, le samedi avant la féte de la Division des apôtres, Henri dit le Diable, maître de la ferme (c'est-à-dire fermier) d'Osseghem, et sa femme Elisabeth renoncèrent à tous les droits qu'ils pouvaient avoir sur ce bien; déjà, quatre années auparavant, ils avaient abandonné au monastère tous

fa) nard ou Reii«ud, OU de Henri ; un étang situé a Drootbeek appartenait, en 1308. à Henri, fils do Mu hel Vnnder/ennon el de Rentri* T Scrstae» de Melsbmeck.

1 Slachmnlen cum fundo, aquit du Ut de Uroote tenter prntt*. patcut* et céleri» omni'ttu pertineniiis, continent *eptem jornalia prope Oueylitiu. in prochia de Laken. renient cum fin* ndfo%»ata ibidem dicta Je Wallegracht . I V.'i.l.

5 l'n acte de Tanneo 1 26V parle du tei minum t;f*na< hcrumde Ontnjliem. Cariulam de l tn firmene du Urjuinaye de Itrurelltt.

leurs biens, meubles et immeubles. La ferme d'Osseghcm comprenait jadis 48 bonniers appelés heet Verrebosrk velt et 43 autres portant le nom de Muysenberch ; en 1803, lorsque le domaine la mit en vente, elle comprenait 89 bonniers ou 70 hectares.

Aux environs, surtout le versant septentrional du vallon d'Eysel, on trouvait autrefois de nombreuses carrières, qui, au siècle dernier, étaient exploitées au moyen de bures ou puits et de galeries 1 ; de là vinrent, entre autres, les pierres qui servirent, au quinzième siècle, à la construction d'une partie de l'église de Sainle-Gudule. Sur les hauteurs voisines de la route conduisant à Meysse, au sommet du Dongelberg, existait autrefois une carrière dite de Notre-Dame (Onze-Lieve-Vroince *teenpoel,bo»*H den Dongelberg), probablement parce qu'on en avait tiré des matériaux pour l'église paroissiale; cette église y eut, vers l'an 1499, un moulin à vent. Vers l'année 1600, le docteur en médecine George de Hertoghe obtint la permission de réédifier cette usine, à la condition de payer au domaine un cens de 5 sous 4 deniers d'Artois ; le moulin a de nouveau disparu. De ce côté, il exista longtemps des bruyères et des terrains vagues. De là le nom de Ten-Driessche qu'on donnait quelquefois au hameau d'Eysel. En 1346, ses habitants jouissaient déjà d'une prairiecommunale, pour laquelle ils payaient un cens aux ducs deBrabanl.

C'est en l'année 1788 que l'architecte Payen aîné, de Tournai, construisit, pour le célèbre vicomte Edouard Walckiers, le pavillon qui porte son nom ; il est construit dans le goût des villas d'Italie. La façade est à la fois simple et imposante; à quelques marches de hauteur sont posées quatre colonnes d'ordre ionique, supportant un entablement surmonté d'une balustrade; la façade postérieure offre un soubassement rustique, au-dessus duquel s'élèvent deux étages; un fronton triangulaire surmonte Pavant-corps. On y voit, au-dessus des portes de la salle à manger, des peintures de Lcns, et, dans le salon .. qui est décoré de huit colonnes d'ordre corinthien, les statues d'Euterpe, de Tcrpsichore, d'Érato et de Thalie, par Godecharles *. Plateau, de Tournay, qui mourut à Bruxelles en 1815, avait décoré d'arabesques l'intérieur de celte charmante résidence. De nos jours, M. Schuster, architecte adjoint du Roi, a élevé, du côté de Meysse, un petit manoir auquel il a donné un cachet tout particulier, en le décorant de pignons en escaliers, dans le goût du seizième siècle.

Le palais de Schoonenberg on Beaumost. — Le beau domaine où habitent, depuis un demi-siècle, les souverains de la Belgique, appartc-

' Brnrin. Oryctographie, p. 52.

* GOETGDEBf'F.n.

nait anciennement à une branche de la famille Clulinck, qui portait ie nom de de Lapide ou Vandensteene, c'est-à-dire De La Pierre, et à qui obéissait aussi la seigneurie de Schoonenberg à Walermael ; de là vient, parait-il, le nom qu'il porte depuis des siècles, et qui n'aurait pu recevoir une meilleure application. Au mois d'avril 1244, Arnoul de Lapide, bourgeois de Bruxelles, renonça, en faveur de l'abbaye d'Afllighem, et en présence de l'amman Henri de Levedale et de deux écbevins de Bruxelles, aux droits qu'il prétendait avoir sur une partie de la dime de Laeken. Cent ans plus tard, lorsque le patrimoine de René Clutinck, dit Vandensteen, et, en particulier, la seigneurie de Schoonenberg à Walermael, furent vendus pour payer ses dettes, des biens à Laeken se trouvèrent compris dans cette aliénation forcée. Guillaume Van Bisschopdomme s'en rendit acquéreur et Marie de Stalle les porta ensuite aux Witthem. Au seizième siècle, Louis Van Hamme le jeune et sa femme, Gertrude Van Hertsbeke, qui mourut le 12 octobre 1575, les possédèrent, et les laissèrent à François Doelmans, greffier des finances; après celui-ci ils passèrent à maître Philippe de la Samme, pensionnaire de la ville de Mons, époux d'Hélène Doelmans. Sire Jean Drinckwaert et sa femme Marguerite Bogacrt en devinrent possesseurs, et après eux les Van Achclen, les Vanderborcb, lcsPoederlé, dont nous avons rapporté la filiation plus haut

Plusieurs personnages de distinction séjournèrent au château à celte époque. Le marquis de Castanaga, gouverneur général des Pays-Bas espagnols, y demanda l'hospitalilé au comte de Liberchies, le 1" février \ 68(>, la veille du jour où il fit son entrée solennelle à Bruxelles. Lors du siège de celle ville en 1740, le maréchal de Saxe y prit son quartier général; les prairies qui entouraient le château furent alors complètement pâturées par les bœufs de l'armée française, et ses autres dépendances eurent aussi considérablement à souffrir. Le 7 juillet 1757, le comte Philippe-Eugéne-Joseph d'Olmen de Poederlé vendit le château de Schoonenberg a Pierre-Jacques Meulenbergh et à sa femme Annc-Marie- Josèphe Deneck, qui, à leur tour, le cédèrent, le 20 mars 17G4, à Joseph-Anloine De Wautier de Beren ou Berenl, habitant de Tournai. Ce dernier y transféra sa manufacture de bougies, en faveur de laquelle le gouvernement autrichien lui accorda, à lui et à ses ouvriers, exemption complète de l'obligation de faire le guet et de monter la garde (10 mai 1704). M. De Wautier eut de Thérèse-Sophie Veranneman, entre autres enfants, Guillaume De Wautier, lieutenant au régiment du duc Charles de Lorraine, l'auteur de la brochure intitulée : Remarques

" Papr 37 V

DES ENVIRONS DE BRUXELLES. ô»l

curieuses et peu connues sur la ville de Bruxelles et sur ses environs (Bruxelles, 1810, in-12), et de la belle carte qui l'accompagne \

Lorsque l'archiduchesse Marie-Christine et son époux, le prince Albert de Saxe-Teschcn eurent résolu de se faire construire une somptueuse résidence d'été, ils achetèrent à M. de Waulier le domaine de Schoonenberg, dont la partie principale consistait eu un beau château, une ferme, un étang, une plaine ou terrasse* un jardin, des fossés et des digues, le tout d'une contenance de 2 bonniers 5 journaux, et qui comprenait aussi, entre autres dépendances, une parcelle d'un journal, relevant en fief de la seigneurie de Wemmel (lettre féodale du 8 juillet 1782). Le château se trouvait au bas du Dongelberg et formait un carré de bâtiments entourés d'eau; quatre tourelles, de forme ronde, et une cinquième, un peu plus haute et carrée, lui donnaient l'apparence d'une forteresse; la seigneurie qui lui était annexée comprenait plus de 100 bonniers, et jouissait de grands droits, particulièrement du droit du meilleur cale). Les deux illustres acheteurs réunirent à celle propriété presque tous les terrains compris entre la chaussée de Laeken, la Petite-Senne, cl le chemin dit la rue Verte, de manière à former un immense triangle dont la base longeait la Petile-Senne, el dont le sommet se trouvait à l'extrémité supérieure du Dongelberg. Sur la hauteur s'éleva leur palais, dont la première pierre fut posée le 44 décembre 1782 4 , et qui fut achevé en 1784; les architectes Montoyer et Payen en dirigèrent les travaux, et, si l'on en croit quelques auteurs, Albert, qui était un homme de goût, contribua avec eux à l'ordonnance des plans. Selon Dérivai, ce prince cultivait les arts au point de pouvoir entrer en concurrence avec ceux qui en faisaient une étude parliculière, el il avait voyagé en Italie dans Tunique but de développer son penchant naturel pour la peinture et la sculpture. En 1785, à l'occasion du jubilé du Sacrement de Miracle, les archiducs, qui désiraient hériter de la popularité du prince Charles de Lorraine, donnèrent un grand tir dans les jardins de leur nouveau séjour.

Le 25juillet, vers midi, lous les confrères des Serments de Bruxelles, habillés denoir, se réunirent, au nombre de quinzeeents, sur laGrand'Place ; ils se rendirent ensuite, ayant à leur tète le bourgmestre des Nations, Gillé, à Laeken. Une tente availété dressée pour les princes, qui lesvirent défiler devant eux. Le tir Recommença que fort tard dans l'après-midi; Albert et Marie Chrisline tirèrent trois fois ; le prince de Ligne, d'autres seigneurs de la cour, le bourgmestre el soixante-douze confrères tirèrent

I Voyez, sur la famille de Waulier, VHi$toire du chapitre de Saint- Da von, à Garni, supplément, pp. 93 et 171.

t Journal politique (de Bouillon), première quinzaine de janvier 1783, p. 76.

38* HISTOIRF.

ensuite; mais l'obscurité commençait à venir et aucun coup ne porta. Le 2 août, la féte fut continuée : le prince Clément de Saxe, électeur-archevêque de Trêves, et sa sœur Marie, abbesse de l'abbaye noble de Thorn, tirèrent les premiers. Il y avait vingt-cinq prix. Seize oiseaux furent abattus, et les neuf antres prix furent remis au bourgmestre pour être répartis entre les Serments, qui se les disputèrent dans leurs jardins d'exercice.

Les archiducs purent à peine passer quelques années dans leur somptueuse villa; ils la quittèrent une première fois pour fuir les agitations de la révolution brabançonne, et, en 1792, ils l'abandonnèrent de nouveau lorsque la victoire de Jemmapes livra la Belgique à l'armée de Dumouriez. Ils emportèrent avec eux les richesses artistiques qui décoraient Laeken, et, en particulier, une statue de sainte Christine, par Leroi, que les amis des arts regrettèrent beaucoup. Pendant la première occupation du pays par les Français, un membre de l'assemblée des représentants provisoires de la ville de Bruxelles proposa de convertir le palais en hôpital (6 décembre 1792). La bataille de Neerwinden fil ajourner indéfiniment cette belle proposition, et le château devint alors le séjour favori du prince Charles, qui l'acheta à sa tante. On le mit de nouveau sous le séquestre en 4794. Un des articles du traité de Lunéville ayant stipulé que les propriétés particulières des membres de la famille impériale d'Autriche seraient aliénées dans un espace de • temps déterminé, le domaine de Laeken fut vendu par lots. Déjà sa belle

tour chinoise avait disparu, et un chirurgien, nommé Terrade, réservait le même sort au château, quand Napoléon le relira des mains des Vandales. Le préfet du département de la Dyle reçut l'autorisation de dépenser pour cet objet un demi-million , allocation qu'il dépassa de 7,861 francs*. Il paya à Terrade 560,000 francs pour le bâtiment principal, aux nommés Doffegnies et Tops 90,000 francs pour les bâtiments de la machine à feu, avec son bassin, des promenades ou bois, etc., le tout contenant 5 bonniers, et pour le petit château cl ses dépendances, qui comprenaient bonniers ; â Doiïegnies et Laflilé 42,000 francs, pour la maison des garçons jardiniers, la volière, un jardin, des bois et des promenades; à M. Coppyn 10,500 francs pour une maison avec jardin, et quelques milliers de francs pour les frais (1805) *.

Napoléon fit immédiatement restaurer le palais de Laeken, sous la direction de l'architecte Henri, et, parsesordres, on le garnit de meubles envoyés de Paris. Il visita plusieurs fois cette résidence : le 1er sep-

1 Scion GoiivAi, Ip château fol payé 499, '»0R Crâne*. • Archive* de la préfecture de la Dyle, carton ir To7.

tembre 1804, après son entrée à Bruxelles, il s'y rendit par la nouvelle porte de Laeken, qui s'ouvrait ce jour-la pour la première fois; il y revint le 29 avril 1810, accompagné de sa seconde femme, l'archiduchesse Marie-Louise, du roi de Westphalie Jérôme Bonaparte, et de la reine de Westphalie. Son frère, le roi de Hollande Louis, y logea avec sa famille, le 15 juin 1806, et l'impératrice Joséphine y passa quelques jours au mois de mai 1807. L'empereur avait donné le château de Laeken à cette princesse, mais il le lui reprit en 1812, et lui céda en échange le palais de l'Élysée-Bourbon , à Paris. Heureux d'avoir mêlé son sang à celui de l'antique racedellapsbourg, le redoutable guerrier qui régnait alors sur la France voulait montrer aux Belges, dans le séjour où vivaient encore les souvenirs de la maison d'Autriche, Parrière-petite-h'lle de cette Marie-Thérèse si regrettée. C'est pourquoi, lors du voyage qu'il fil le long de nos côtes, en 181 1 , il l'envoya passer quelque temps a Laeken. Les événements qui suivirent renversèrent sa dynastie et ses projets '. En 1814, le château fut compris dans la dotation des souverains des Pays-Bas; le roi Guillaume l'agrandit considérablement, en lui annexant plusieurs maisons de campagne, qui, en vertu de conventions particulières, faites avec ce prince à la suite du traité de 1859, et moyennant la somme de 400,000 francs, sont devenues la propriété de l'état belge. Le roi Léopold marque pour le palais de Laeken une prédilection particulière, et l'habile, pour ainsi dire, toute l'année ; la reine Louise partageait les mêmes goûts, et c'est là que sont nés tous ses eufanls, sauf le premier. Depuis quarante années, un grand nombre de personnuges de distinction ont visité la demeure de nos souverains. En 1815, on y a vu réunis l'empereur de Russie Alexandre, Frédéric III de Prusse, les archiducs d'Autriche Jean et Louis, l'infant d'Espagne don François de Paule. Le Roi y a reçu différentes fois la reine des Français et ses enfants-, à deux reprises, en 1847 et en 1852, la souveraine de la Grande-Bretagne et son époux, le prince Albert de Saxe-Cobourg; en 1847, le roi de Saxe, etc.

Le palais de Laeken est, sans contredit, un des monuments modernes les plus remarquables delà Belgique; son architecture, régulière et im-

l On a du que ce fui au palais de Laeken que Napoléon arrêta définitivement la funeste expédition de Russie [llruxelles. ttt palais de Laektn et de Trreuerrn, par un vieux Belge. Bruxelles. Stapleaux. 182V, p. 118; Gautuie». le Conducteur dan» Uruxelles, p. 365; ; il n'j arien d'exact dans cette assertion ; l'empereur ne visita pas Bruxelles en 1812. Consultera ce sujet Fttu WotTtus. Hitloire chronologique de la République et de I Empire, p. 632. Des gens du village se rappellent d'avoir vu l'empereur courir un danger imminent. Il descendait la montagne du Tonnerre avec la rapidité ordinairequ'il mettait dans toutes ses excursions, lorsqu'un de ses chevaux s'abattit et fut tué sur place. Le dévouement empressé de quelque* personnes de la suite de Napoléon empêcha la voiture de verser

posante, emprunte une nouvelle beauté à l'heureux choix de sa position, et aux massifs d'arbres qui l'entourent. On y arrive par la chaussée de Meysse et par une cour d'honneur, dont la grille de fer est ornée de piliers supportant des vases entourés d'enfants qui soutiennent une guirlande de fleurs. Le bAliment principal forme un quadrilatère de 45 toises de longueur sur i\ 1/2 de largeur. La façade postérieure, dont nous donnons ici le dessin, domine une vaste pelouse;

la façade antérieure ne diffère de l'autre qu'en ce que lavant-corps central, auquel on parvient par un perron élevé de plusieurs marches et par deux rampes latérales, destinées aux voitures, se compose de quatre grandes colonnes ioniques, supportant un fronton triangulaire; le tympan de ce fronton est orné d'un bas-relief de Godecharles, représentant le Temps qui préside aux heures, aux parties du jour et aux saisons. Sur la corniche du toit, de ce côté, on voyait autrefois trois statues, et au bas des deux rampes, deux sphynx ; ces productions du ciseau de Godecharles furent vendues par le docteur Terradc à un habitant d'Alh, qui en décora la façade de sa demeure Les côtés latéraux du bâtiment ont la même ordonnance que les ailes intermédiaires aux avant-corps. Par le péristyle, on entre dans un grand et beau vestibule, en carré long, sur lequel donnent, à droite, un grand escalier, et, en face, une superbe salle en rotonde, de 9 1/2 toises de diamètre, entourée de douze colonnes corinthiennes cannelées et surmontée d'un dôme, au haut duquel flotte le drapeau national, lorsque le Roi est à Laekcn. Godecharles a sculpté, entre ces douze colonnes, des bas-reliefs figurant allégoriquement les mois de l'année; de magnifiques caissons décorent la voûte *.

' Nouvel Indicateur Bruxellois, p. 87

1 ScHiVLS. Histoire de I Architecture en Belgique, t. Il, p. Mb. — Voyez tuui GotrtHtbcer, Choix de monument* des Paye- Bas, ou Ton voit un plan du château et une élévation de chacune de ses façades. Le Voyage hi'iorifue et littéraire de PioceT-Svr homes contien' une bonne vue de la façade antérieure.

Les grands apparlemenls, que le public est admis à visiter lorsque la famille royale a quitté le palais, sont situés au rez-de-cliaussèe. A droite, on voit la chapelle, qui a été rendue à sa destination sous le règne actuel, et dont la simplicité ne manque pas d'élégance. La salle à manger est en stuc et omée de bustes et de statuettes représentant, les uns les jeunes princes, les autres les enfants de la reine d'Angleterre; audessus des portes on remarque six bas-reliefs sculptés par Godecharles ; ils représentent. Jupiter et Mercure acceptant le banquet que leur offrent Philémon et Baucis, Verlumne, épris de Poinone,sc présentant à elle sous la forme d'une vieille femme et lui conseillant d'aimer ; Bacchus, Cérès présidant à la moisson, les jeux floraux présidés par Flore et Zéphire. D'autres salons sont ornés de tapis des Gobelins; un appartement, qui a été habité par les empereurs Napoléon et Alexandre, sert de logement aux princes étrangers

Latéralement au bâtiment principal , et masquées presque entièrement par des massifs d'arbres, se trouvent les dépendances du palais-, vers le nord , on voit une orangerie dont la façade est ornée, dans toule sa longueur, de colonnes grecques d'ordre dorique; ce bâtiment a été élevé par ordre du roi Guillaume, sur les dessins de l'architecte llcnri, ainsi que la salle de théâtre voisine. ,

Dans la direction du sud, une magnifique pelouse descend depuis le château jusqu'au canal de Willehroeck, auquel elle forme une magnifique perspective. Un grand étang, qui entoure de ses eaux un charmant îlot, la traverse en diagonale. Sur une hauteur qui domine cet étang, ou aperçoit le temple de Mars, coquette construction ronde, monoplère, et soutenue par douze colonnes doriques; elle doit son nom à une statue du dieu de la guerre, en marbre blanc, exécutée à Home par Kessels, et qui en occupe le centre. Le temple du Soleil, bâtiment de forme octogonale, s'élève sur un monticule artificiel, près de la Petite-Senne, et n'offre rien de remarquable. Une machine à feu, ouvrage remarquable de l'architecture hydraulique du temps, et sortie des ateliers du pays de Liège, faisait jadis jouer une grande cascade; le bâtiment dans lequel elle se trouvait, construit avec une solidité remarquable, a été démoli en 1828. On abattit aussi, à celle époque, l'ancien manoir de Schoonenberg, appelé alors le Petit-Château, et où l'on avait placé les archives et la bibliothèque du palais.

Les dépendances de celui-ci s'arrêtaient à la Ponlbeek, lorsque le roi Guillaume y annexa, en 1825. les campagnes de M. Piers et de M. Meeus.

1 Pour ces détails voyei titriHiER. I. C . p. 3o9. et GiCWUS, dans la RelqiijHt hutraxrt el indtutritlh. p. 152 et suivantes

Celte dernière n'offre rien de remarquable que son jardin et ses beaux étangs; l'habitation, qui fait face à la chaussée de Laeken, servit longtemps de séjour d'été au prince Frédéric des Pays-Bas. Le beau pavillon de M. Piers s'élève près du canal, à l'endroit où cette voie de navigation change de direction. L'architecte Verly le construisit en 1819 et 1820 ; les jardins renferment une grotte où l'on trouve une salle de bains, et, à promixité, on voit la ferme hollandaise bâtie par le roi Guillaume pour sa fille, la princesse Marianne, et que le roi Léopold a fait convertir en bergerie.

Au nord-ouest du domaine de Laeken s'étend un terrain qui en est séparé par un chemin aujourd'hui pavé. Le 15 mai 1782, P. Cantineau, secrétaire de l'intendancede la cour des gouverneurs généraux, obtint de la chambre des comptes l'autorisation d'incorporer au palais le chemin conduisant du sommet du Donderberg vers les deux Ifeembeek, à la condition de payer au souverain une redevance annuelle de 13 chapons, et d'indemniser les habitants de ces villages et ceux de Laeken, à qui ce travail pourrait causer du dommage. Dans la suite, lors du morcellement du palais, le chemin fut rétabli. Marie-Christine, dont la botanique était l'élude favorite, avait fait établir en cet endroit une orangerie et des serres. Par ses ordres, on bâtit, à l'angle formé par la chaussée et par le Chemin-Vert, une tour chinoise qui passait pour un modèle d'éléganceetde hardiesse. La célèbre pagode du château de Kew, en Angleterre, lui avait, dit-on, servi de modèle. Elle se composait de douze étages, garnis de sonnettes à leurs angles ; 3(i2 marches conduisaient à son sommet, d'où on jouissait d'une vue admirable. Grâce à sa situation sur un des points les plus élevés du Brabant', on l'apercevait, par un temps clair, à plus de huit lieues de distance. Un procureur acquit ce coquet édifice et le fit abattre ; les ruines de la partic inférieure existaient encore, il y a quelques années, mais aujourd'hui « Iles ont entièrement disparu.

Au moyen d'un pont de fer jeté au-dessus delà route de Laeken ou de Meysse, on se rend de ce terrain ù un magnifique jardin, situé plus à l'ouest, elque l'on appelle, d'après sa destination, le Jardin de» Princes. Au sud de celui-ci, on a construit, en 1850, sur les dessins deM. lecapitaine du génie Meyers, unecasernequi peut loger une compagnie d'infanterie et un escadron de cavalerie. Elle se compose d'un corps de logis et de deux

1 Une parcelle de terre voisine, sur la limite de Strombeek et d Heembeek. s appelle hrt HoQQhut rnn Brabant. Une déclaration des échevmsde Vilvorde, en date du Î7 mai t56î. place à l'endroit où leur juridiction confinait a celle de Laeken un lieu dit fut Hoo<h*te uhcL ™in Brabant

DES ENVIRONS DE DillXEtLES.

ailes latérales, encadrant une cour fermée par une grille de fer. Le style de son architecture est celui du dernier quart du dix-huitième siècle. Un rez-de-chaussée rustique, à fenêtres cintrées, et deux étages, éclairés par des fenêtres rectangulaires, ornées de chambranles, en constituent, avec un bel avant-corps central, l'ordonnance extérieure. Les murs des étages supérieurs sont de briques jaunes , le rez-de-chaussée et les angles de pierres blanches, les chambranles des fenêtres et l'entablement, à la hauteur du toit, de pierres bleues. Ce mélange de matériaux produit le plus heureux effet ' . A une faible distance de ce bel édifice, on remarque la maison de campagne qu'a fait élever M. le major Goethals, dans une propriété appartenant à sa femme, fille de feu M. Engler, banquier et membre du sénat. Deux pavillons, décorés de pilastres doriques et surmontés d'un fronton triangulaire, font avant-corps sur un bâtiment central devant lequel règne une terrasse avec balustrade; de cette habitation, qui est placée latéralement à la chaussée, le regard plane sur la ville de Bruxelles et sur ses alentours, magnifique panorama où les richesses monumentales se ma rient heureusement aux beautés de la nature. Ses jardins, dessinésavec goût, s'étendent jusqu'au château de Coensborg et à l'avenue Sainte-Anne.

Leest. — Les chaumières éparses au delà du palais de Laeken, vers Heembeek , sur un coteau ombragé et abondant en sources, forment un hameau appelé Leest, qui se divise en deux parties distinguées, d'après leur situation respective , par les qualifications de Haute et de Basse (Hooge-Leestj Neder-Leest). Dès l'année 4546, ses habitants avaient la jouissance exclusive d'un terrain vague (driessch), pour lequel ils payaient nu duc de Brabanl un cens annuel de deux deniers de Louvain. Anciennement, la famille de Coekelberghe possédait de grands biens en cet endroit : Godin de Nivelles, gendre de Berner de Coekelberghe, abandonna aux religieux de Diligbem un moulin et le cens d'une habitation située à Laeken *; vers 1580, Waltcr, fils de Walter de Coekelberghe, tenait a cens des mêmes religieux des terres voisines du ruisseau la Vierbeke et desa ferme. Celle-ci, qu'un acte du 28 juillet 1654 mentionne sous les noms deNeerlist ou Coeckelberch, cl un mire manoir peu éloigné, Drootbekey constituaient une des sept seigneuries de l'heptarchie de Laeken, et une partie de leurs dépendances relevaient de la cour féodale de Grimberghe-Nassau. Elles furent longtemps possédées par les Callenbroeck,de Bruxelles, d'après qui une fraction du hameau de Neder-Leest prit le nom de Cattebroek. Jean de Cattenbroeck, échevin de Bruxelles,

' M Sciuvr.s, I. c, p. 668.

* Charte de l'innée 1917, dans les Opéra ./•>/.. t. H, p. 991.

ZH8 IIISTOIRR

n'ayant pas laissé d'héritiers directs, son patrimoine fut morcelé. Nous retrouvons, en 1792, une ferme tenue a cens du monastère de Dilighem, entre les mains des Le Roy, barons de Gansendries et de Vracene, qui la vendirent, moyennant 22,000 florins, aux archiducs Albert et Marie- Christine. De ce côté, on trouvait jadis le lieu dit Botrenghem (129 i, de bofer, beurre, et netm, habitation); non loin de là, prés du canal, est la guinguette dite l'Amour (de Liefde), qui était autrefois le but de nombreuses promenades.

IVeder-Over-Heembeek — Au delà de laeken, les hauteurs se rapprochent brusquement delà Senne et abaissent leur pente, par des gradations presque iusensibles, de manière à venir se confondre, pour ainsi

l Neder-Over-Heembeek (Hrimbecha, 073; Hembrka. 1 057 , H, tu 1 149 ; ltetmb*ea.\ 147; lltmbtthe minor, 1 155; Haeni ec, 1 15J> environ ; Hembtke, 1169, 1257; Uenbeca, 1 173. 1198 ; HtmUaa. 1179; Heenb,cca. 1**4; Heembekt supenor et mftrior, 1284; XedrrHeembeke, OverHttmheke, 1435. etc.), commune du cantou de Vilvorde. a 1 lieue au N. de Bruxelles.

Territoire : en 1686. Neder Heembeek comprenait 338 bonniers. dont 284 de terras, 38 de prairies, 1 de bois, I3de terrains communaux ; et Over-Heembeek. 265 bonniers. dont194de terres, 36 de prairies, 11 de bois, 22 de terrains communaux; le revenu imposable s élevait, dans lo premier de ces villages, a 3.772; dans le second, à 3.441 florins. En 1846, sur une étendue de 622 hectares, il y avait, dans la commune. 215 h. cultives en céréale». 20 h. cultivés en plantes industrielles, 93 h. cultivés en racines et fourrages. 55 h. de prairies. 4 h. do vergers, 17 h. de jardins potagers, 3 h. de jardins d'igrément, 13 h. de bois. 1 h. de terroinsessartés,2h.de terrains vagues. 3 h. de jachères. La verge linéaire avait 16 1/3 pieds de Bruxelles.

Nombre d habitation» . A Neder-Heembeek, en 1435, 48; en 1480, 29; en 1525. 46; 80 1686, 18 maisons. 2 brasseries, 2 auberges, 2 maisons do campagne, etc. ; h Over-Heembeek, eu 143-.. 26 habitations-, en 1480, 11 ; en 1525, 34; en 1688, H maisons, 2 brasseries, I auberge. 2 maisons de campagne, etc. ; en 1846. dans les doux villages. 21 4 maisons, dont 16 inhabitées.

Population .A Neder-Heembeek, en 1786. 266 habitants; en l'an VIII. 303; a Over-Heembeek, en 1786, 236 ; en Pan VIII, 174; dans les deux villages, au 31 décembre 1831, 774; au 15 novembre 1846, 1 .0 1 6. formant 198 ménages; 65 enfants recevaient l'instruction et 98 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrit : I moulin a vent, 2 moulins a eau. 1 fabrique de noir animal.

Dépendance» . Outre les localités citées dans le texte : a Ovcr-Heembeck. Ueyseghtm (in loco qui diritur Biunghen, mter Laken et Conincloe, 1286; Uizegem, l62i>; ; à Neder-Heembeek. t GV"o( hof, jadis appartenant h l'abbaye doGnmberghe; het Gtettelycke hof, à la famille de Liedekerke ; dans unesituation inconnue : t hof ten Dorpe, qu'Olhon Yandendorpe hérita de ses parents. Othon Vandendorpe et Marguerite de Saint-Gery, en 1438 ; la ma»sioten Vekene, 1321, etc.

Les registres de l'état civil commencent, pour Neder Heembeek, en 1657; pour Over- Heembeek. ceux des naissances, en 1648. ceux des mariages et des décès, en 1657.

dire, avec les prairies, près de la porte de Flandre à Viivorde. Les deux petits villages d'Over et Neder-H eembeek , que Ton distingue de la sorte d'après leur situation respective, et qui ne forment actuellement qu'une commune, occupent, à peu de distance l'un de l'autre, deux des points extrêmes du plateau, au milieu de vallées accidentées et pittoresques. Vers l'amont, le sol recèle de très-belles pierres blanches, mais pas assez abondantes pour que l'exploitation en soit profitable; cependant, en 1601, il existait des fours à chaux près de l'aqueduc des Trois-Trous. Dans les endroits élevés, on trouve aussi de la terre glaise ou terre à potier, et, à. l'ouest de l'église d'Over-Heembeek, beaucoup de terre à foulon, dont on se sert surtout a Matines *. Quelques-unes des nombreuses sources qui arrosent les coteaux longeant la digue occidentale du canal de Willebroeck recouvrent d'une espèce de pétrification calcaire les objets qui se trouvent en contact avec leurs eaux. Les champs cultivés sont généralement fertiles, et on sait que la pomme de terre y fut plantée, pour la première fois, en 1756, par François Vequemans, habitant d'Over-Heembeek.

De toutes les localités des environs de Bruxelles, il n'en est pas dont l'existence, aulhentiquement prouvée par les diplômes, remonte aussi haut. En effet, dans 20 ans, elledatera de 12 siècles. Haimbecha se trouve au nombre des villages de la Hesbaye et de la Ripuarie, dont la possession fut confirmée, en 673, au monastère de Nobiliacus ou Saint-Vaast lez-Arias, par le roi Théodoric ou Thierri, qui, peu de temps auparavant, en avait fait don aux religieux *. La Hesbaye parait ne s'être jamais étendue à l'ouest de Louvain, et cependant on ne peut douter qu'il ne s'agisse ici d'Heembeek près de Viivorde, puisque, en 1 190, l'église de Saint-Vaast y avait encore un domaine pour lequel on lui payait un cens annuel

Les Aa étaient anciennement seigneurs à Heembeek.' Le chef de leur race, Folcard, comprit, en 1057, la moitié de l'église et du village dans le douaire qu'il assigna à sa femme. Plus tard, des chevaliers portant le nom patronymique d'Heembeek y tinrent des fiefs de ses descendants et, à plusieurs reprises, entre autres le 16 juin 1570, les Riches-Claires de Bruxelles y relevèrent une dlme des seigneurs de Gaesbeek, héritiers d'une branche des Aa. Philippe de Henbeke, qui vivait en 1 173, vendit l'avouerie de celte localité à l'abbaye d'AÛlighem et céda à ce monastère et à celui de Grimberghe ses droits sur deux moulins situés l'un à Heembeek (le moulin à eau d'Over-Heembeek?), l'autre à Schaerbeek. Son fllsCé-

• Btims, t. c, p. 28.

* Opéra dipl., t [•*, p. 126.

5 Nous avons déjà eu occasion do mentionner, l. I" . p. 211 , une confusion probable entre le Brubant et la Hesbave.

300 uiSToini:

sairc voulut élever des conleslationsà ce sujet ; mais il reconnut ses torts, dans une assemblée qui se tint à Anderlecht, en 1175 et en présence de plusieurs personnes notables : abbés, nobles, échevins de Bruxelles, etc., sous la présidence du seigneur d'Aa , Walter, fils de Léon de Bruxelles. Les deux communautés se querellèrent alors au sujet de leurs droits respectifs; enfin, en 1190, on assigna à Afllighem le patrimoine de Siger et de Gosuin de Dickelvcnne et les deux moulins cités plus haut, et, à Grimberghe, le tiers de la dime d'Heembcek, plus le bien de l'abbaye de Saint- Vaast à Arras,à charge de payer à ce monastère un cens annuel de 3 mares. Un second fils de Philippe d'Heembeek, nommé Jean, vendit, vers l'an M 98, aux religieux d' Afllighem, un fief relevant de la cour féodale de sire Léon^d'Aa. La ferme de l'abbaye de Grimberghe s'appelait het hof van Woelmont et se trouvait à Neder-IIeembcek.

Une troisième corporation monastique avait acquis, de temps immémorial, dos possessions à Hecmbcek : nous voulons parler des Bénédictins de Saint-Corneille d'Inde ou Sint-Cornelis-Muuster, près d'Aix-la-Chapelle. Ils avaient encore en Brabant, en 1626, une cour féodale à laquelle ressortissaient des fiefs situés à Dieghem, dans les deux Heembeek, et à Slrombeek. Vers le milieu du treizième siècle, ils gratifièrent Louis de Bruxelles, bourgeois d'Aix-la-Chapelle, pour ses enfants Guillaume et Elisabeth, d'une rente viagèretie 18 livres, monnaie de Bruxelles, et, en décembre 1257, ils renoncèrent à tous leurs droits sur cette rente , qui était hypothéquée sur leurs revenus à Heembeek, en échange d'une autre, de la valeur de 12 marcs, à prélever sur les revenus de leur église Enfin, en 1272, se trouvant de plus en plus obérés, ils vendirent leurs terres de Neder-Hecmbeek au monastère de Jette *, dont l'abbé Euslache eut à soutenir , vers l'an 1510, relativement à ce domaine, un procès contre le duc de Brabant et ses officiers, procès qui se termina en sa faveur. Les Prémontrésde Jetteconstituaicntà Heembeek un échevinage, qui étendait aussi sa juridiction sur quelques localités voisines. Ayant à leur tour à faire face à des dépenses excessives, ils aliénèrent une partie de leurs propriétés d'Heembeek , et , entre autres, une parcelle de terre de 15 bonniers, située op het Elsvelt à Neder-Hcembeek ( 3 décembre 1583). Cependant ils y avaient encore, en 1787, 37 bonniers de terres, 5 bonniers de prairies et une ferme; celle-ci existe un peu au nord de l'église de Ncder-Heembcek.

Dès l'année 1100, l'évèque Odon leur avait donné le patronat de l'église, qui leur fut confirmé par le même prélat, en U 12, puis, par son

1 Qui*. Getchichle der itadt Aachen, Codex, p 81. * Optra dipl.,1. ||, p. 1,007.

DES EKVM0X8 1>E BRUXELLES.

successeur Nicolas. Ce dernier leur céda également le patronat du Pelil- Heembeek (Hembechc minor, sans doute Neder-ltecmbeek), par un diplôme daté de Melin, le 11 novembre 1455. Les deux oratoires de la commune, qui doivent probablement leur fondation, l'un à l'abbaye de Saint-Vaast, l'autre a celle d'Inde, furent ainsi soumis à la même direction. Un prêtre nommé Jonas desservait le second vers l'an 1150; mais, dans divers synodes tenus par les archevêques Arnoul de Cologne et Hillin de Trêves et par lesévéques Henri et Alexandre de Liège, il fut convaincu d'avoir adhéré à l'hérésie des Cattares,et,pour celte raison, retranché de l'Église catholique et dépouijlé de ses bénéfices; ayant intenté un procès à l'abbé de Jelte, Hildebrand, il fut de nouveau condamné par une sentence émanant cette fois de son chef diocésain

Beembeek supérieur et lleenéeek inférieur apparaissent pour la première fois, sous ces dénominations, en 1227, dans le testament de Wichmar, bourgeois de Bruxelles; jusqu'en I638, chacune de ces localités eut son curé; plus tard, on supprima celui de la seconde. Après le concordat, Neder-Heembeek seul redevintune paroisse; en I80'J, le conseil communal d'Over-Heembcck sollicita et obtint l'aulorisation de se servir de son église, mais l'existence légale de cet édilice ne fut reconnue qu'en 1824. La dlme, en cet endroit, n'appartenait que pour un tiers à l'abbaye de Dilighem; les deux autres tiers se prélevaient au proOt des Piermans de Bruxelles; auparavant, ils avaient été possédés par les Urbanistes, de Bruxelles; et parles Prémonlrés de Griroberghe. En 1667, Jean Bolarte fit commencer, à Ovcr-Heembeek, la construction d'une chapelle, derrière l'église; mais il laissa cette construction inachevée, et, en 1708, sa fille en abandonna les matériaux à l'abbaye de Dilighem, au profit du temple paroissial. Le chœur de ce temple date de 1710, et fut formé, à ce qu'il semble, d'une partie de la chapelle de Bolarte; la nef et la tour, qui menaçaient ruine, furent démolies, en vertu d'une autorisation de l'archevêque, du 9 décembre 1759. On les rebâtit l'année suivante. Il ne s'y trouve rien de remarquable, sauf la chaire de vérité, qui fut sculptée enl7Ul,par François Brisbarl, pour la somme de 050 florins; et le mallre-autel, qui provient, dit-on, de la chapelle abbatiale de Dilighem. L'église est dédiée à saint Nicolas.

Celle desSaints Pierre et Paul à Neder-Heembeek a été agrandie par les soins des Rousseau, seigneurs du lieu, vers 1757. date placée sur la porte d'entrée. Il s'y trouve plusieurs vitraux portant les armoiries de celle famille. La chaire remonte à l'année 1664; en fait de tableaux, nous nous bornerons à signaler une petite toile pleine de vigueur et qui orne le

• llico, .IniM/r» l'ntnwn^lritt . t. II. p. 512.

3'Ji

insTomr.

chœur : la Vierge embrassant le Seigneur. La tour de l'édifice peut être considérée comme un reste vénérable de l'art du moyen âge. Construite de grandes pierres grises, provenaut des carrières voisines; de forme carrée, massive; percée seulement d'embrasures, elle présente plutôt l'aspect d'une citadelle féodale que celui d'un temple consacré au Dieu de paix. Aucun détail ne permet de décider à quelle époque elle remonte, sauf deux têtes d'homme, saillantes, allongées, d'un caractère barbare, et qui ornent une embrasure. Cette tour n'a de contre-forts qu'à sa base; ils ne s'élèvent qu'à 4 pieds environ. Dans le haut, qui a été évidemment construit plus récemment, et où on lit la date 1576, se trouvent des baies cintrées. Outre plusieurs épitaphes dont nousaurons occasion de parler, on voit à Neder-Hcembeek la tombe de Charles, chevalier de Selliers , marquis de Moranville, mort le 30 juin 1844, et de sa femme, Catherine Droeshout. morte le 17 octobre 1825. Le célèbre paysagiste, Henri Van Assche, qui excellait à peindre les vastes horizons , les plaines à perte de vue du Brabant et de la Flandre, repose aussi en cet endroit; il était né à Bruxelles, le 30 août 1774, et mourut le 10 avril 1841 . Une partie des archives de l'église de Neder-Heembeek furent dérobées en 1751 , en même temps que les vases sacrés et d'autres objets de prix ; les voleurs les abandonnèrent dans un chemin couvert de bouc, où beaucoup de papiers furent perdus ou endommagés 1 .

Les deux villages d'Heembeek reconnaissaient, dans le principe, l'autorité des échevins de Jette. A partir de l'année 1505 , la haute, moyenne et basse justice y fut successivement engagée par le souverain à différentes familles : les Vucht, en 1505; les Van Oss, en 1551); les Van Ophcm, en 1626; et enfin cédée définitivement aux Bolarle, en 1649. Nous parlerons de ces différentes engagères à mesure que nous rencontrerons les châteaux où ont habité ces lignées seigneuriales.

Over-Heembeek ne consiste qu'en un petit nombre d'habitations; eu I68l>, on y trouvait deux maisons de campagne. Celle qui se trouve près de l'église appartenait alors a messire Guillaume Gerardi de Clerxhove. Un M. Pins la rebâtit, il y a 80 ans environ, et elle passa depuis aux De Man d'Hobrugc, aux Van Esse, aux Dutalis; c'est M. Slachc qui la possède aujourd'hui. Quant au château seigneurial, ce fut d'abord, à ce qu'il semble, une ferme dont les DeSmet , les Huyoel, les Mennens, ces derniers à partir de 1563, furent successivement propriétaires; maître

1 M Ronsmans. qui viral tout récemment de quitter les fonctions de vicaire de Neder- Over-Hecmbeek. pour occuper celles de directeur de ( Institut Saint-Joseph, à Erps. a écrit sur la première de ce» « ommuiics une notire historique : on > trouve un prand nombre de tait* curieux, qu'il était plus a même que personne de recueillir, et il a mis son travail à OU dispoMiion. d\a- la plu;, grande obligeance.

Thierri Liessvclt, avocat au conseil de Brabant, et sa femme Marie Herdincx Tachetèrent aux Mennens, en 1570. Le 19 juin 1650, les enfants d'Adrien Van Sinnicq, général de la Monnaie, et d'Anne l'abri, vendirent une maison de campagne située à Over-Heembeek et quatre bonniers de dépendances, à Jean Bolarte, riche marchand d'Anvers, qui, l'année précédente, avait acheté du roi la haute, moyenne et basse justice des deux Heembeek et tous les droits que le domaine y avait (lettres patentes datées du 22 janvier 1610, relief du 5 mai suivant). Bolarte devint grand aumônier de la ville d'Anvers, fut anobli par le roi le 1" octobre 1639, et mourut en 1667. Il avait épousé, le 11 août 1637, Susanne de San-Eslevan, fille de don Gabriel, pagador général des finances des Pays-Bas. Par son testament, il déclara cette dame héritière de tous ses biens, à charge d'élever ceux de ses enfants qui n'étaient pas encore mariés : Jcan-Jacomo, Jacques, et Marie-Thérèse, qui s'allia depuis à François-Gonzalez de Saldaigne, et de leur assigner à chacun 50,000 florins ( 5 novembre 1667 ). Ces legs étaient d'abord grevés de substitutions; plus tard, Susanne, usant d'une faculté que le testament de son mari lui laissait, supprima celles-ci, en alléguant que ses trois filles mariées, Susanne-Calherinc, femme de Gérard Van UHels, receveur général des domaines au quartier de Malines, Anne-Marie, qui s'était unie au chevalier Pierre de Brecht , et Marie-Marthe, qui prit pour époux Jacques Gansacker, seigneur de Vecqucne, Schelle,Iiegem, avaient reçu chacune 50,000 florins, avec le droit d'en disposer librement (3 mars 1671). Ce ne fut qu'en 1676 que Susanne de San-Eslevan, conformément au désir de Bolarte, céda à son fils aiué le village d'Over-Ueembeek, et à son cadet Neder-IIeembeek. Dans la part du premier étaient compris une ferme située derrière le château bâti par son père, vingt bonniers de terres, un moulin à vent, un moulin à eau. Le château s'appelait Beyaerdt et, sur la girouette ornant sa porte d'entrée, on voyait un ouvrage en fer représentant le cheval Bayard, monté par les quatre fils Aymon. 11 a été démoli il y a 70 ans environ , sauf la maison du jardinier et le réservoir des fontaines. Près de son étang , mais à un niveau beaucoup plus bas , se trouve un moulin auquel l'eau du ruisseau arrive par un conduit de bois qui la jette au-dessus du chemin, en lui faisant décrire une courbe. C'est du temps de Bolarte que date le moulin a vent d'Over- Heembeek; Jean de Coninck offrit, pour obtenir la permission de le bâtir, île payer tous les 3ns la livres d'Artois, à la condition que dorénavant personne ne pourrait élever d'usines de celle espèce dans un rayon d'un demi-mille. On accéda à sa demande , mais le taux de la redevance fut porté à 20 livres (li octobre 1660) Il céda alors le bénéfice de son octroi à Bolarte, en faveur de qui on le renouvela, le 13 janvier 1662.

Mt HISTOIRE

Jean-Jacomo Bolartc fui négociant comme son père; il fut enterré ù Over-Heembeek, comme l'avait été son frère Ferdinand, mort jeune, le 8 mai 16GG. Sa sœur Susanne-Calherine lui succéda ( relief du 18 septembre 1700), et laissa Over-Heembeek à son fils Jean-Baptiste Van Uffels (r. du 15 octobre 17 1 2) , qui fui crée baron par diplôme donné à Madrid le 20 avril 170G , et qui appliqua ce litre sur la seigneurie dont il est ici question. Ce gentilhomme mourut en 1720. Son fils Jacques- Joseph-Autoine (r. du 18 octobre 1730) fut marié deux fois, à Barbe Vandevelde, puis à Marie-Françoise Van Langendonck; il résidait d'ordinaire à Gottendys, entre Elevvyt et Hevere, y mourut, dit-on, vers 1780, et ne laissa qu'une fille, Catherine, morte jeune. Son héritage passa aux enfants de sa sœur, Marie-Thérèse, et de Joseph-Guillaume Van Kessel, qui le vendirent. Le sceau des échevins de la baronnie d'Over-Ueembeek datait de 1712; il offrait tes armes des Van Uffels, et la légende : Sigillé» SCABIMORUM DE BARONS DE OVER-IIEEMBEkE ANNO 1712.

Le château de Neder-Heembeek présente plus d'intérêt pour l'archéologue et le généalogiste, bien que son histoire ne remonte pas au delà des dernières années du quinzième siècle. Il est situé près de l'aqueduc des Trois-Trous, au sommet d'un coteau, où se déploie une belle façade, ornée de trois avant-corps, dont l'un, celui du milieu, est précédé d'un perron, élevé d'un étage de plus que le restant du bâtiment, et surmonté d'un belvédère. C'est là le nouveau château, bâti en 17Gi. 11 forme un ensemble gracieux avec son beau jardin, du milieu duquel s'élance uu jet d'eau ; son avenue de tilleuls séculaires, dont l'épais feuillage se détache avec vigueur au milieu des plantations voisines; la vieille tour de l'église paroissiale, qui se laisse entrevoir sur l'arrière-plan, et les toits découpés de l'ancien manoir. Ce dernier sert aujourd'hui de demeure au jardinier. Sur la porte d'entrée, près de laquelle est un tilleul, dont le tronc, à sa base, n'a pas moins de 14 1/2 pieds de circonférence, on lit la date 1G51. La tour contiguë date d'une époque plus reculée; à son rez-de-chaussée se trouvait autrefois la porteront l'archivolte cintrée se dessine encore dans le mur; plus haut, on voit deux figurines : un chevalier et une dame agenouillés, ayant, à leurs pieds, un écusson que nous n'avons pu déchiffrer. Une embrasure et de hautes et étroites fenêtres, un toit à quatre pans, décoré de lucarnes à pignon en escaliers, un campanile de forme octogonale et terminé par une girouette féodale, complètent l'ornementation de celle tour, qui est carrée. Une tourelle de forme ronde, placée à un des angles, sert de cage d'escalier. Le corps de logis voisin offre plusieurs saillies ornées de moulures; l'une d'elles repose sur des arceaux en plein cintre. Toutes ces constructions échappèrent, comme nous le verrons, aux ravages des guerres du seizième

DES RM Y IRONS DF. IlRl'XELLES .

siècle; en 1605, elles formaient une belle maison de campagne appelée het Casteelken, le Petit Château , cl ornée d'une belle et haute tour, d'un jardin, d'une fontaine. Par contre, une ferme voisine avait été détruite, ainsi qu'une brasserie adjacente. Les possesseurs de ces biens disputaient îi l'abbé de Dilighem le droit de conférer l'office de sacristain de l'église de Neder-Heembeek ; une transaction signée les 24 et 26 mars 1676 attribua au seigneur la présentation et à l'abbé la collation de cet office.

Le premier mai (re connu de ce manoir est Nicolas de Vucht, qui devint , sous les règnes de Maximilien d'Autriche et de Philippe le Beau, premier maître de la chambre des comptes ; Philippe le Bon lui avait donné, en 1464, pour le tenir en fief de la cour féodale de Brabant, le droit de pèche dans la Senne, depuis Bruxelles jusqu'à Vilvorde. Par son testament, qui fut passé le 28 décembre 1487, devant le notaire André De Dynter, il fonda à Neder-Heembeek l'hospice des Cinq-Plaies du Christ; cinq maisons sous un seul toit, qu'il fit bâtir près de son château, vis-à-vis de la tour de l'église, furent affectées par lui au logement de cinq pauvres vieillards, que le plus ancien clerc ou secrétaire de la ville de Bruxelles et les deux maîtres des pauvres du village devaient choisir dans l'un des deux Heembeek. A défaut de vieillards originaires de ces endroits, on pouvait en prendre dans d'autres localités; mais, dans ce cas, l'hospice se contentait de les loger; leur nourriture restait à la charge de la table des pauvres du lieu où ils étaient domiciliés auparavant. Pour être admis, il fallait avoir vécu de son travail et n'avoir contracté aucune maladie honteuse ou incurable; en outre, les personnes admises, à l'exception de celles que De Vucht plaça dans son hospice, payaient en entrant un florin du Bhin d'or. Elles étaient tenues de s'assembler tous les soirs, en hiver, à 7 heures; en été, à 8, dans une des cinq habitations, et de dire alors à genoux, avant d'aller au lit, 5 Pater noster et îi Ave. Il leur était défendu de découcher , ni de loger qui que ce fût. L'un des vieillards était-il malade, c'était aux autres à le soigner, à tour de rôle. L'établissement des Petits Frères (de Bnterkens) de Neder-Heembeek existe encore. Trois habitations sont occupées par de pauvres vieillards ; les deux autres servent, l'une de prison, l'autre de morgue.

Gerlrude, fille de maître Nicolas de Vucht, releva, en 1490, le fief de la pêcherie de la Senne. Elle le laissa, avec un cens à Over-Heembeek, une cour censale, le droit d'avoir un taureau et un verrat, etc., à la fille qu'elle avait eue de Nicolas de Gondeval, Adrienne femme de Gilles de Busleyden, conseiller et maitredela chambre des comptes, qui, en vertu de son contrat de mariage, releva ces biensau nomdesa femme (r.du 26 janvier 1304-I50?>). Peu de temps après, en lîiO'i, il engagea, moyennant

420 livres, qui lui furent remboursées en 1519, la juridiction et les cens que le souverain possédait aux deux Hecmbeck. Son fils Jean lui succéda (r. du 50 août 1554), et s'allia à Marguerite de Mérode, qui épousa ensuite Jean de Ualmale, échevin d'Anvers ; de ce mariage naquit Gilles, seigneur de Norderwyck (r. du 9 janvier 1556-1557), dont la veuve, Anne de Plaines, épousa le capitaine George Vuylterwyck, qui mourut aussi avant elle. De concert avec les enfants nés de son premier mariage, Anne vendit la pêcherie de la Senne à messire Charles-Philippe Van Oss, seigneur de Waterdyck, qui la recéda presque aussitôt à François Le Vasseur et à sa femme (r. du 25 septembre 1598). Le restant de son patrimoine échut à messire Adrien-Éric de Busleyden, mort le 9 mai 1617, et dont on voit encore Pépitaphc dans l'église; puis à Marguerite de Busleyden, femme de messire Jean de Tiras, chevalier; ceux-ci eurent, entre autres enfants, messire François-Robert de Tiras, et deux filles, Anne-Marie et Anne, mortes, la première, le 19, la seconde, le 29 août 16*25, et qui sont ensevelies à Neder-Heembeek Jean-François T'Serclaes hérita des Tiras, en vertu du testament de François-Robert, testament daté du 16 mars 1665, et qui donna lieu à un procès, parce qu'il méconnaissait les droits de Jean-Alphonse, Engelbert et Marie-Florence de Tiras. T'Serclaes resta possesseur du château de Neder-Heembeek, qu'il vendit, le 13 avril 1676, à Susanne de San-Estevan, pour la somme de 8,000 florins.

Entre-temps, les deux villages d'Hecmbeek avaient de nouveau été engagés. Jacques Van Ophem les acquit du domaine, le 1er août 1626, moyennant 5,400 florins, et les veudil, le 5 novembre 1650, avec l'autorisation du roi, a messire Jean de Tiras ; mais son frère, le receveur général Van Ophem les réclama, par voie de retrait, et la cour féodale deBrabant lui donna gain de cause. En 1649,Overet Neder-Heembeek furent vendus à Jean Bolarte, qui ajouta à l'engagère précédente une seconde somme de 3,400 florins, et dont la veuve entra en possession du château des Vucht et des Busleyden. Jacques, leur (ils puîné, vendit le village de Neder-Heembeek à messire Antoine Van Woonsel et à sa femme Anne-Marie Vandenberghe (r. du 26 juin 1688).

Ceux-ci s'en défirent, moyennant 1*2,000 florins, en faveur de sire Robert Oblcl ou d'Oblet, sergent-major de cavalerie au service du roi d'Angleterre, et de sa femme Marie-Catherine Waegemans (r. du 5 octobre 1697). Sire Robert mourut le 6 décembre 1715 et fut enseveli dans le chœur de l'église paroissiale; son lils, François-Joseph Oblet, releva le village le 18 février 1716, et, de concert, avec ses sœurs, Marie-Catherine cl Marie, le vendit à messire François Rousseau, négociant, que l'empereur Charles VI avait anobli le 19 juillet 1728, en l'autorisant à

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se livrer au trafic, sans déroger (r. du 42 novembre 4731). Rousseau épousa Jeanne-Marguerite Blesen, en mémoire de qui il donna un vitrail à l'église; celle dame mourut le 29 août 4724. Marie-Catherine-Caroline Rousseau, femme de Pierre-Jean Leclerc, avocat au conseil de Brabant, hérita de la seigneurie du précédent (5 août 4 754), et la laissa à son mari (r. du 25 avril 4752) , qui la vendit à Jean-Guillaume Grawen (r. du 2 septembre 4752), mort à la Haye le 1"" août 4755. A ce dernier succéda son frère, François-Antoine Graven (r. du 25 février 4756), qui, devenu professeur à la Pédagogie du Lys à Louvain , et de concert avec ses sœurs Anne-Barbe, femme de Jean-Baptiste Loos, docteur en médecine à Anvers, et Marie-Gertrude, femme de Gilles Gelissen, bourgmestre de Berne, et les maîtres des orphelins de La Haye, représentant les deux enfants mineurs de sa troisième sœur , Marie-Madeleine Graven, veuve de Hubert de Marnette, capitaine de dragons au service de Hollande, au régiment de Trip, céda la seigneurie et le château de Neder- Heembeek à Ferdinand-Philippe-Antoine, baron de Boonem, à Catherine Blondel, femme du précédent, et à Marie-Ferdinandine de Boonem, leur sœur (r. du 24 février 4759). Plus lard, ces deux dernières restèrent seules en possession du village (r. du 9 mars 1774), qu'elles léguèrent à leur parent, le chevalier Antoine-Jean-Hyacinthe de Beughem de Capelle (r. du 48 mai 477C). Celui-ci le vendit a Augustin-Juste Scockaert, comte deTirimont, baron de Gaesbeek (r. du 23 du même mois), mais en reprit ensuite possession. Il mourut en 481 1, sans avoir eu d'enfants de sa femme, Théodore-Thérèse Dierl ; leurs héritiers respectifs ont vendu le château de Neder-Heembeek, ou, comme on l'appelle quelquefois, le château de Mevdoîi, n M. Bénard, qui l'a recédé, en 4844, à Mmr la baronne de Haultepenne , née Vandewerve.

En 1840, la famille Osy s'est fait construire, dans le cimetière paroissial de Neder-Heembeek, un petit monument funéraire, de forme carrée et bâti de pierres bleues; on y lit : nec temere, nec timide. — d. o. m.

— MONUMENTUM — FAMILI.« — DIERT DE kERCKWERVE, et, d'un autre CÔté : SEPULTURA — PRiENOBILIS FAMILLE— DIERT-OSY. Plus loîfl, On VOÎt les in-

scriplions suivantes : 1° ci-gît — messire jean Gérard, — baron dieut de

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