‹ Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette villeChapitre 17 sur 43 · KERCHWERVE, — MEMBRE DU CORPS ÉQUESTRE — KT DES ÉTATS PROVINCIAUX · texte numérisé non relu

KERCHWERVE, — MEMBRE DU CORPS ÉQUESTRE — KT DES ÉTATS PROVINCIAUX

— DU BRABANT MÉRIDIONAL, — DÉCÉDÉ LE 23 JANVIER 4828; 2° CI-GIT — LE BARON JEAN LOUIS AUGUSTE — OSY, — MEMBRE DE L'ORDRE ÉQUESTRE — DE LA HOLLANDE, — DÉCÉDÉ A BRUXELLES LE 20 FÉVRIER — 4828, A L'AGE

de 42 ans; 3° ci gissent — dame — jeanne Florence — van campen de rerckwer — ve, douairière diert, — décédée le 7 avril 4842, — et — marie thérèse corn. g1sl. — diert, — sa petite fille, — décédée le 9 — août 1800. Mademoiselle Van Campen s'était alliée à Théodorc-

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Christophe-Joseph Diert, mort en 1739, dont elle eut Jean-Gérard Dicrt, mentionné ci-dessus , et dont une des filles, Louise-Antoinette, devint la femme du baron Jean-Louis-Auguste Osy, frère du membre de la chambre des Représentants.

Une habitation voisine de l'église du village et contiguë aux biens du seipeur, fut acquise par le célèbre Jean-Baptiste Van Helmont et sa femme Marguerite Van Ranst; leurs filles Pélagîe-Lucine et Olympie- Claire, agissant tant pour elles que pour leur frère, mcssire François- Mercure Van Helmont, la cédèrent, le 17 mai 4662, à Jeanne, fille de sire Henri Tax. Charles-Louis de Tax, lieutenant-colonel du régiment de Los-Rios, décédé le 47 septembre 1758, a reçu la sépulture dans l'église d'Over-Heembcek.

Au nombre des conseillers du roi Philippe H se trouvait maître Pierre Rutkens, qui fut appelé, le 16 avril 1574, aux fonctions de président de la chambre des comptes de Brabant. Après le soulèvement des Pays-Bas, en 1576, il continua de rester attaché à la cause nationale; mais, en 1581, sonfilsJossefulaccuséd'avoir noué des intelligences pour livrer Bruxelles à Philippe d'Egmont. Cette trahison, que l'on punit de la peine de mort, força maître Butkens à quitter la ville, et Bernard Veusels lui succéda alors dans son emploi (25 janvier 1583). A quelque temps de là, le prince de Parme, dans l'armée de qui il avait cherché un refuge , le plaça à la léte de la nouvelle chambre des comptes créée par lui, et qui administrait nu nom du roi (lettres patentes du 7 juin 1584). Sa fille Marie s'était alliée, le 25 janvier 1569-1 570, à François Le Vasseur, fils de Guillaume, seigneur de Valhuon, l'un des seigneurs belges qui montrèrent le plus de dévouement à la cause de Philippe II, et l'un de ceux qui négocièrent la réconciliation des provinces wallonnes et du lieutenant de ce prince, don Juan d'Autriche. François devint membre du conseil de guerre ; eu outre, il fut nommé : secrétaire des conseils d'état et privé, une première fois, par lettres patentes données à Anvers le 10 mars 1574-1575, une seconde fois, par don Juan , le 1er juillet 1578 ; greffier de l'ordre de la Toison d'or, en 1572, puis, de nouveau, en 1581, et chevalier, le 19 mai 1582. Lesdeux époux possédaient à Heembeck une seigneurie dite de Crayenhoven ; ils y annexèrent le droit de pèche dans la Senne, depuis Bruxelles jusqu'à Vilvorde, et les ruines du château voisin de Ransbeke; en outre, ils y bâtirent, auprès des rives du canal, un manoir qui prit le nom de Mariensart , parce que Le Vasseur possédait le village de ce nom. Une fille, leur seul enfant, étant morte en bas âge, François, qui mourut en 1603, légua ses biens à sa femme (reliefs des 16 mars et 25 mai 1607).

Marie Butkens testa, le 27 mai 1614, en faveur d'une fille de son

frère Mathieu, ancien bourgmestre de Ruremonde, Anne Butkens, femme de Jean de Bejar , seigneur de Westackere , premier bourgmestre de la ville d'Anvers, gentilhomme de la chambre du prince cardinal André d'Autriche, créé chevalier le 24 mars 4629 (r. du 40 avril 4617). Leurs fils François, Biaise et Jean relevèrent leurs ûefs k Heembeek le 4 5 janvier 4655; le premier, qui fut écbevin d'Anvers, et chevalier, par création du 5 juin 4654, mourut en 4660, ne laissant de Jeanne-Hélène Dellafaille qu'une fille: Isabelle ou Anne-Élisabelh,dame de Crayenhoven et de Ransbeke, morte en 1 74 5, après avoir été mariée deux fois, d'abord, le 20 juin 4668, à Pierre Coloma, premier baron de Moriensart, mort en 1676, et ensuite, à Jean-Baptiste de Hanyvel, dit le baron de Fresney, mort en 4725. Pendant sa minorité, en 4667, son oncle Jean de Bejar, doyen du chapitre de Saint-Bavon à Gand, rebâtit une vieille chapelle voisine de Crayenhoven et qui existe encore; elle est placée sous l'invocation de saint Landri ou Lendrik,que l'on dit avoir été évéque de Meaux, fils de saint Vincent, fondateur du chapitre de Soignies, et de sainte Waudru, fondatrice du chapitre de Mons. Si l'on en croit la tradition, ce personnage vénéré aurait habité le château de Crayenhoven * ; d'autres racontent que s'étant égaré dans ces lieux, le chant du coq lui aurait appris qu'il était peu éloigné d'une habitation. Il se serait reposé à l'endroit même où depuis on lui éleva une chapelle ; suivant quelques vieux paysans, on reconnaissait jadis, à la vigueur des céréales, les endroits où il avait passé. L'abbé de Dilighem accorda l'autorisation de construire cet édifice, à la condition qu'on lui en remettrait une clef, et que l'église de Neder-Hembeek pourrait y placer un troue pour recevoir des offrandes ; ensuite il le consacra , le 4 5 octobre 4669. Les habitants des localités voisines y viennent encore invoquer l'intercession du saint et recueillir l'eau d'un puits qui, dit-on, guérit de la fièvre; le jour anniversaire de sa consécratiou, on y voyait autrefois venir un grand concours de monde ; des boutiques de boissons et de pain d'épice s'élevaient aux alentours, et des scènes de débauche souillaient d'ordinaire une féte commencée avec les dehors de la piété; c'est ce qui détermina l'autorité diocésaine à défendre de célébrer le service divin & Crayenhoven, en 4850. Cependant un grand nombre de pèlerins y viennent encore, presque toujours de grand matin, et il n'est pas rare de voir des jarretières attachées à la porte d'entrée; de cette manière, disent nos superstitieux paysans, on parvient à lier la fièvre. Jadis, on voyait sur l'autel un coq chantant, à côté de la statue du saint, qui a été volée il y a quelques années B.

• WilTIIIK», l. c. p. 70.

1 Voyez, sur saint Landri les Ida Saw tvrum, aprilit t II p. Ml — Goaf, Vo Gentil, t. II. p. 77.

IIIS10IHF.

Par un acle passé le 15 octobre 1682, devant la cour féodale de l'abbaye de Sint-Cornclis-Munster à Dieghem cl aux environs, Isabelle de Bejar et son second mari vendirent le château deCrayenhoven,qui était tenu en fief de cette abbaye, et ses dépendances, comprenant en tout 80 bonniers, A don Michel Suau, membre du conseil de guerre, mestre de camp, et à sa femme, Marie-Virginie Del Rosso. Celle-ci et son second mari Philippe-Eugène, comtede Glymes, les laissèrent à leur Clic, Marie- Barbe,qui épousa Josèphe de Corswarem. Marie-Josèphe, fille deceux-ci, devint, en 1746, la femme de Charlcs-Léon-Joseph de Bousies, vicomte de Rouveroy. Le 29 janvier 1746, lors de l'investissement de Bruxelles par l'armée française, le maréchal de Snxc logea une nuit a Crayenhoven. Plus tard un Anglaisnommé Murray y établit unefabrique, que Ton transféra ensuite au château deVilvorde; on y fabriquait de l'eau-forte et de l'huile de vitriol. Murray prétendait posséder le secret de la couperose, et, aidé, disait-il, des lumières d'un négociant de Malines, il avait découvert que la pyrite métallique dont on se sert dans sa patrie pour cette industrie, se trouvait en abondance en Belgique. Le 50 juin 1761, le prince Charles, accompagné du comte de Coblentz, visita son établissement, où il resta près de deux heures ' .

Au commencement de ce siècle, Moriensart et ses quatre tours furent en partie démolis; il n'en subsiste plus que deux corps de logis qui forment entre eux un angle droit, au sommet duquel on remarque encore la base d'une tour. Ces débris, connus aujourd'hui sous le nom de de Torekens ou les Tourelles, appartiennent à M. J. B. Van Malder, marchand de vin, à Bruxelles, et servent de métairie. Les fosses, les étangs, la fontaine, le verger ont disparu ; la propriété ne compte plus, comme autrefois, 80 bonniers, et ne peut plus se glorifier d'aYoir une cour censale, « omposée d'un maire, de tenanciers jurés, d'un greffier.

Le ruisseau qui arrose ces propriétés porte, dans quelques actes, le nom de Lenterixbeke , le ruisseau de Lundri; autrefois on l'appelait de Lentersbeke (1521) ou Lyntensbeke (1451). Sa dénomination véritable parait être celle de Ransbeke; elle rappelle le souvenir de la terrible bataille qui termina, selon quelques auteurs, la longue et sanglante guerre de Grimberghe. Nous avons déjà dit qu'un chemin voisin se nommait de Witnpelbergh, la montagne de CÉtendard. Ransbeke n'apparaît, pour la première fois, que dans un document de l'année 1521 « ; il y existait alors

1 (iazette des Pays-Bas, des 1 1 et 21 mai. Il juin et S juillet 1761.

-* Joannes et A mal dus der kmder de ftansbeke, de conctssione net dtcli Letsthersbeke durendt >i, ruriam enrum et super pertinenltts eorum ante manstonem eorum, 1 drnanum- Atibrtcht* if llansbeke de çonductu et retondue tu nW dirtt Lenthersbeke in fossam tuam 'I suprr pratum """" retrn mansion'm iunn. I dentrtum. /.tm • oui/ du domaine.

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deux Termes, qui doivent être devenues, l'une le château de Craycnlioveu, l'autre un manoir avec une ferme, des écuries, des granges, un jardin entouré de murs et d'eau, le tout contenant 6 journaux. Dans une déclaration deséchevins de Vilvorde, de l'année 1562, relative aux limites de leur juridiction, il est dit que l'habitation de Ransbeke est comprise dans celle-ci, tandis qu'Heembeek comprend l'ancienne cuisine, devenue la maison du châtelain ou concierge.

Le manoir de Ransbeke appartint à Antoine Van Oss, que le poète Van Oesbroek qualifie d'homme courageux et qui devint seigneur haut justicier des deux Heembeek. Sibert Van Berlicum, greffier du bancd'Uccle à Bruxelles, qui avait acheté ces villages du domaine, le 2 mars 1558- 1559, moyennant 759 florins carolus (relief du 8 février 1559-1560), les lui avait cédés (r. du 11 avril 1559-1560). Il fut bourgmestre de Bruxelles de 15C6 à 1568, et le roi le nomma anima n de cette ville en 1574, après la mort du célèbre Jean de Locquenghien. Devenu suspect à la commune, il résigna ce poste important en 1578, après la bataille de Gembloux, et ne le reprit que lorsque Bruxelles se fut soumise au prince de Parme en 1585. Un mois avant sa mort, le 9 décembre 1588, il reçut l'ordre de la chevalerie, en récompense des services qu'il avait rendus à la cause royale. Son fils, messire Charles-Philippe, capitaine de cavalerie, seigneur de Walerdyck (r. du 7 décembre 1589), qu'il avait eu de Jacqueline de Berghes, fut après lui châtelain ou gouverneur de Vilvorde (lettres patentes du 15 mars 1589), et épousa Catherine de la Muttanca, avec qui il vendit, en 1599, à sir François Le Vasseur, la haute, moyenne et basse justice d'Heembeek (r.du 21 mai), ainsi que le château de Ransbeek (lettre échevinale d'Heembeke, du 14 mai) *. Ce dernier, qui depuis n'a plus été ni rebâti, ni séparé de la seigneurie de Crayenhoven, avait été incendié et en partie détruit pendant les troubles de religion; c'est ce que nous apprennent plusieurs actes, en date du 24 avril 1582, par lesquels Antoine Van Oss le grève d'hypothèques considérables ; seulement, on y établit un pavillon et on y planta un grand nombre de jeunes arbres de grand prix.

Malgré leur peu d'étendue, chacun des villages d'Heembeek formait, dès les années 1427 et 1400, une commune ayant ses répartiteurs de l'impôt et ses mailres d'église et des pauvres. En 1559 , la grande engagère des justices domuniales les plaça sous l'autorité d'un échevinage commun; mais, en 1680, ils furent aussi séparés sous le rapport judi-

1 Lt3 août \ m, Maxituilieii Van Ois, ircre de Charles-Philippe, approuva cotte ccmiou. de l'aveu do son cousin et tuteur, messire Guillaume d Enghion. secrétaire du conseil privé ; il était alor.< tige de 21 ans.

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