CHAPITRE III
MfcRCUTEN.
Le HuNSDEnc et les autres antiquités de Merchten. — II y a peu <lr monuments qui attirent nutant l'attention queces monticules factices, dont la Hesbaye surtout offre un si grand nombre, et auxquels levulgairedonne vulgairement le nom de Tombes romaines. La simplicité des matériaux dont ils se composent, l'absence de signes extérieurs indiquant leur destination, le voile mystérieux qui cache l'époque précise de leur construction, ajoutent à l'intérêt qu'inspirent ces monuments; la plupart, élevés à grand'peine par des milliers de bras, pour éterniser la mémoire d'un chef redoutable, n'ont gardé aucun souvenir de leur origine, qui se présente à notre esprit comme une énigme insoluble. De ce nombre est le Hunsberg ou Montagne des Géants, qui, adossé à un bois, s'élève à l'extrémité occidentale d'une petite plaine entourée d'arbres, près de la limite de Merchten et de Brusseghem, et non loin de la route conduisant de Merchten vers Vilvorde ' .
• Merchten (Martinœ. Baldeiuc ; Martinet, 1117: Merchtinis, 1 120 ; Merchlent, 1 1 18, I VI I . U3I ; Mercten, 1 198 ; Marrhia, Cartimphé ; Merchlent*, 15VV; Merchtinet, 1245. 12V6, 1*53; Mergthen, 1351 ; Merchten, 12V1, 12V2, 1251. V*» Otsiinoecx; Merghtines, 125V ; Meryhthena,\m;Merchthem. 1314 ; Merrhtenen, 138V. 1391; Merchtem, 1686). commune du ranlon de justice de paix dAssche, chef-lieu duu canton administratif . à 3 l/i 1. au N.-O. de Bruxelles.
Territoire : En 1686. sur une étendue totale do 160V honniers, on trouvait à Merchten I.2V5 b. de terres, 216 b. de prairies, 138 b. de bois et 3 b. d étangs ; le revenu imposable s'élevait a 28.100 florins. En I8V6. sur une superficie totale de 2,085 hectares, on y complaît trT.'i h. cultivés en céréales. 107 h cultivés en plantes industrielles. 322 h. cultivésen racines cl fourrages, 181 h de prairies, 25 h. de vergers. 2Vh.dc jardins potagers, V7 h. de bois, 3 h. de jachères, I h. do cultures diverses. La verge linéaire avait 20 1/3 pieds de Bruxelles.
Sombre d habitations En I V35. 377 ; en 1 V80, 164 ; en 1525. 323 maisons dont 4 à 2 foyers , eu 1686. 205 maisons. Il brasseries. 11 aulK.Tges, IV boutiques; en 18V6. 812 habitations, dont 19 inhabitées.
Population En 1786, 2,689 habitants; eu I an VIII, 2.73) ; au 31 décembre 1831. 3,808;
M • HlSTOinE
Ce précieux; reste d'antiquité offrait jadis un aspect beaucoup plus imposant qu'aujourd'hui. C était alors un monticule de forme circulaire, planté d'arbres, et entouré de fossés; il avait 40 à 50 pieds de haut, et, à son sommet, auqifel on arrivait par des degrés pratiqués dans le sol, on trouvait une espèce de plate-forme, bordée par un petit parapet. Depuis quelques années, des empiétements continuels en ont réduit la hauteurde plus de moitié. Une vaste excavation v a été creusée du côté de l'ouest; dans cette direction et vers le nord, il ne reste plus de vestiges des fossés, dont les parties restantes sont remplies d'eau et protégées par un rempart de terre, de quelques pieds de haut, et surmonté d'une forte haie. Lorsqu'il était en son entier, le slot oj> t'Ilyitsberg ou fort van den Nynsberg et ses dépendances couvraient une superficie de 2 journaux ;>7 1/2 verges, mesure locale; il appartenait à l'abbaye de Grand- Bigard.
La qualification de slot et de fort, que l'on ajoute au nom de Hunsberg, semblent témoigner que ce monticule fut élevé pour servir de place de défense. Les fossés qui l'entourent, la raideur de ses flancs, dont l'accès est rendu plus diflicile encore par d'épais finissons, appuient cette opinion; et, en effet, suivant quelques traditions, c'était anciennement une forteresse, dont la garnison harcelait sans relâche les habitants de Merchten. Mais, si l'on remarque le peu d'étendue du Hunsberg, on admettra difficilement qu'il ait formé une place de refuge. Celles que les anciens
au lono\rmtirr 1846. i.laM. formant 793 ménages; 331 enfants recevaient I instruction ot 7H* personnes les secours de la bienfaisance. Industrie rt dépendance*, voir plus loin.
Les registres île l étal civil commencent, pour les naissances et les mariages, en 1696 ; pour
les décès, en 16Î5 — Losarclnvescommunale* contiennent un catrtbotck, dresse en 171". par I arpenteur Van Accole; en , et selon lequel la commune contiendrait 1.051 l.oiiniers, meure l-icale
Les archives du royaume, h Bruxelles, et ( ancien grelTe A hcvinal de Merchten m ont fourni un Ires-grand nombre de documenta inédits, concernant l'histoire de cette dernière localité J en ai également trouve, en abondance, dans deux manuscrits dont M Riuubii.lh. actuellement juge de paix à Lierre, a bien voulu mp donner communication : le premier, qui porte le titre de (Hiden niruir Merchten. est une histoire Ires-complète du bourg, rédigée parlui ; le second, intitule: AnUquiieyien tan Mtrrhtm. a ete écrit en vers flamands, au seizième siècle, par le maire de la seigneurie, Daniel Van Oesbroeck. sur qui je m'étendrai plus loin. Aux archives paroissiales, dont l'accès m'a clé gracieusement ouvert par M. le cure De Rocker, j'ai trouve, entre autres pièces curieuses, un cahier manuscrit, portant au dos: Antiquitutet pararhia <le Mmhten; c'est un mémoire qui concerne principalement l'église, et qui a ete compilé par le cure Van ZinnicK; l'auteur consulta, pour ce travail, les archives d'AtlIighem. où il vit. en lf»V7, l'original de la donation au monastère du patronat de la paroisse de Merchten. Aux archives des hospices de Bruxelles, j'ai consulté un recueil intitulé : Cappetlania animarum Bealte Varia Virginh; enfin je dois ii MM Vandcrcappellen, secrétaire c ommunal, Edouard Van Zeebrocck et Malt) . dc> renseignements qui m'ont été d'un grand secours.
Gaulois se construisaient étaient établies sur de plus grandes proporlions, afin de pouvoir protéger, non-seulement une troupe de guerriers, mais des femmes, des enfants, des troupeaux. Que, dans les temps de la féodalité, on l'ait surmonté de fortifications, rien de plus vraisemblable : nous verrons à Grimberglie un tumulusservirau même usage; seulement, dans le principe, la tombelle de Mercbten eut sans doute une autre destination. Fut-elle d'abord un monument funéraire, un lieu consacré au culte? C'est ce que l'on ne saurait décider, à moins que de nouvelles fouilles n'amènent des résultats inespérés.
Selon quelques rumeurs populaires, les Huns ont déposé en cet endroit la statue de leur dieu, sous la forme d'un veau d'or '. Une pareille mention des Huns n'a aucune valeur historique, car, dans les pays germaniques, on leur attribue généralement tous les travaux qui frappent par leur étendue et par leurs dimensions. De là, les dénominations de llunenaratber {tombeaux des Huns) et de Hûnebedde (lits des Huit*), appliquées, celle-ci, à d'immenses chaussées pratiquées dans des marais, celle-là, aux tombelles des bords du Rhin. Sous l'impression de la terreur qu'avait inspirée les soldats d'Attila, le nom de leur nation fut détourné de sa signification primitive; les légendaires le donnèrent à toutes les bandes de pillards et de meurtriers qui sillonnèrent notre pays du septième au dixième siècle, et, plus tard, le vulgaire, dans le souvenir duquel il ne vivait que d'une existence vague, le regarda comme ayant appartenu à une race d'hommes d'une force et d'une stature extraordinaire. Il devint alors synonyme de géant.
Tout le territoire de Mercbten offre de nombreuses traces du séjour <les Romains : au hameau de Breestrute, qui est peu éloigné du Hunsberg, et dont le nom indique la situation sur un grand chemin, on a recueilli plus d'une fois des monnaies romaines, dont une à l'efiigie de Seplime- Sévère. Les lieux voisins portent tous des dénominations tirant leur origine des débris que l'on y rencontre. A l'est du Hunsberg, entre la Sundbeek et la Bosbeek, qui vont toutes deux rejoindre la Bollebeek, les champs voisins de Brusseghem s'appellent de Patte veld, le Champ aux Pots; au delà de la Hosbeek, on trouve le Cureelblock ou Endos aux Briques *, et , autour de la eba pelle Ter-Spel t , le K alckhoven ou Vour-à<ha ux*. Ce dernier endroit doit avoir été très-peuplé, car, en fouillant le sol, la
• Woir. KtederlaenlurUtSt'jen. n- :»27. - C [Rulletim de la Commission d Histoire, t. VU, p. lii!»).
* llet CareelUlork, te BmWï, 130V. — Non loin <)<• l.i. on Irotnait le lirn dit Queerlr*teeu . qui signifie aussi brique : Hetru rapellam du mm Ter Sptelt. inlrr enmdem rapellam et forum dulumdt Queertetleen, I Vil). Carlulaire du prieure Je lhn-S<t.tn'ur-haiic.
s Inljco dt loten Calchovtne, 1281.
pelle y heurte souvent des fondements de murs et d'autres débris de constructions.
On n'a jamais retrouvé, d'une manière positive, la direction que suivait la chaussée romaine de Havai à Assehe, au delà de celte dernière localité ; toutefois, il est très-probable qu'elle se continuait par Merchlen, Slecnhuiïel et Londerzeel 1 ; du moins, le chemin de Mere.hten a Malines, entre les deux premières de ces localités et sur le territoire de la troisième, était pavé au moyen âge. Merchlen faisait alors un très-grand commerce; il était constamment traversé par des chariots et des voyageurs, qui se rendaient de l'Artois et du Ilainaul vers le bas Escaut et principalement vers Hacsrode. La construction du canal de Bruxelles à Willebrocck porta le premier coup à celte source de prospérité, que le grand incendie de la bourgade, en 1 I>7I , et les désastreuses guerres de religion vinrent ensuite tarir, de manière a n'en pas laisser subsister de trace *. Observons ici que, parallèlement au chemin de SlecnbulTel, coule un ruisseau appelé d'Oiw/e baen, et près duquel on trouve le Gelt block ou Endos à l'urgent et le Turckx-veld ou champ des Turcs 3.
Du coté d'Opwyck, village où l'on a découvert des monnaies romaines en très-grand nombre, les annalistes du lieu signalent des vestiges curieux, qui doivent remonter à une haute antiquité. Dans un ravin marécageux, situé au milieu des champs et que traversait un cours d'eau appelé den Ouden Vaert (antùjuus utjuœductus, le vieux canal), on ouvrait autrefois des fosses profondes, qui se remplissaient immédiatement d'eau, et qui fournissaient une lerreextrèmement fertilisante (de la marne, sans doute). 11 s'y trouvait souvent, disaient les ouvriers employés à ce travail, des morceaux de bois et des poutres qui paraissaient avoir servi à des bateaux 4. Le Vaert est voisin de la ferme de Ten-Houle; on le cultive aujourd'hui, et personne n'a plus de souvenir de ses anciennes exploitations. Ou ignore aussi pourquel motif on donne à un champ voisin de la forèl de Huggenhout le nom d'Oude Vesten, les Anciens Remparts.
Un travail rude et opiniâtre a fait disparaître de nos campagnes presque tous les débris des anciens âges. La charrue y brise chaque année quelques restes de l'antiquité, et à mesure que la génération passée s'incline
• Toi Merchten, atn den tleemce<h leydende naer Strenhuffel , 15 avril 1031. » Archive* de la cure, mémoire rédigé au dix-*eptième itecte.
1 Mit Turrkrelt, onder Molcnicyck, 1600 environ.
* F.tf eliam Itxut awjuatu* et in hinyum protemut inter tntdiot campât, i*que palu*tri% et prr modum alcei. quem etiam riru$ intentait, qut vulyo rxicalur antiquus aqua-ductv* ; ted uhi initium rel finem habuerit, nihil cerlé teilur ; e<> aulem in aire» fiunt passim fo*t<r prnfui\:hr,qua> erutii terni ttaiim aqui* rrplenlur: ea rrro terra fa-cvndandi* agrit admotium al pr„(icua.ac rrferunt fottorei te submde mrtnire It'jna et asierct. quasi narium. Va* ZlMMCft. /. mioad inltmgatorhim Hd> D*t Sandert.
et
vers la tombe, disparaissent aussi le peu de vieux récits dont elle gardait la mémoire* C'est pourquoi nos histoires locales oiïrcnt tant d'énigmes, c'est ce qui fait que nos vieilles ruines, interrogées sur leurs annales, ne nous répondent que par le silence.
Le bourg de Merchten se forma, à une époque très-ancienne, sur la rive orientale de la Bollebeek, entre le ruisseau et le chemin d'Assche vers Londerzeel, et a peu de distance de l'endroit où la Bollebeek reçoit la Sint-Jans ou Stampbeek, qui vient d'Opwyck. Son terriloire est fertile, sauf à ses extrémités, près du Hunshcrg et du bois de Buggen- I mu i. où il est argileux à l'excès; entouré par les hauteurs d'Assche, par k* bois de Buggenhout, pur ceux de Steenhuffel et d'Impde, il forme pour ainsi dire un vallon, où les nuées restent comme sus|R>ndues et se résolvent fréquemment en orage. Le nom de Merchten, que les documents latins appel lent Murtinœ, parait dériver des mots flamands Aferckt, marché, et hein, heim, habitation. De temps immémorial, il se tient dans le bourg un marché, le mercredi, jour qui était spécialement consacré au dieu Mercure et au commerce.
Saint Émebert.— Au septième siècle, Merchlen était déjà un domaine peuplé et riche 11 appartenait h Émebert, frère de sainte (hulule, qui devint évéque de Cambrai, et qui légua Merchten a sa cathédrale; mais celle donation ne fui pas suivie d'clfel, par suite des iimisions des païens, selon Balderic, ou plutôt, à cause des dissensions intestines qui déchiraient alors l'empire franc. Émebert mourut au village de Nam, en Brabant *, et y reçut la sépulture; plus- lard, son corps fut porté à Merchten, puis ù Maubeuge. Il est diflicile de fixer la place que ce prélat doit occuper dans la liste des évéquês de Cambrai. Balderic l'assimile à Ablcbert, prédécesseur de saint Aubert (qui gouverna Cambrai de 053 à oGD); Bollandus, au contraire, le regarde comme identique a llildebert, qui succéda ù saint Vindicien en 695, 705 ou 706 J. De ces deux opinions, la seconde est évidemment celle qui se concilie le mieux avec l'histoire de la famille de sainte Cudule. L'endroit où Émebert fut enseveli est il. un me près de Wemmel; cependant, a Merchten même, il y avait aussi un lieu portant ce nom, mais ce n'était qu'une faible partie du hamcau'de Molexvyck *.
Légendes du TREIZIEME siècle. — Après six siècles d'oubli, Merchlen reparaît dans l'histoire, toujours populeux et animé. Sa fèle locale était
« Pranlium, quod Marlinas dicitur, familiit quidtm et rrbui circumfluii locuplethsimnm.
Htl DERIC, I. C, L. 1, C. 16.
« /« Bracbanlenti pago, villa ridtlirtl Ham. RtLor.nic, I. c.
» Voyez Molams, A'rt/a/.M S.S. Btlgii, ad Wjnnuarii. — HniDiRir, | c. — Bon» «ois « Apud tlam.jnrta Morlru-y l.irreda /<>/» c/e fan 1312. T II
alors célébrée par des spectacles cl dos jeux, qui attiraient un grand concours de monde Un joueur de flûte surtout y brillait par son habilité, cl excitait les jeunes gens à se livrer au plaisir de la danse. Un jour le ciel se couvrit tout à coup de nuages, et la foule se dispersa ; seul, le musicien regagnait son logis, tout en continuant à jouer, lorsque la foudre tomba sur lui cl Pétendit mort. Alors, chose merveilleuse, on vit apparaître deux chiens noirs, qui se jetèrent sur son corps, le déchirèrent, et s'enfuirent en emportant un de ses bras Ses amis portèrent ses restes au cimetière, et l'inhumèrent de force, bien que le curé, nommé Guillaume, et qui conserva lui-même le souvenir de ce fait, s'y fut opiniàlrément opposé. Le lendemain, ajoule-l-on,en ouvrant la tombe du musicien, on la trouva vide : le démon l'avait emporté. Cantimpré, à qui nous empruntons ces détails, raconte encore un autre prodige qui se serait passé a Merchten5. Une jeune fille dont les parents avaient refusé la main a son amant, tomba tout a coup gravement malade, et, au moment où l'on pleurait sa mort, où les cloches sonnaient ses obsèques, le jeune homme qui l'aimait quitta le village. En traversant le soir les bruyères voisines, il entendit une femme se lamenter. Se retournant aussitôt, il aperçut son amie, et lui demanda comment elle se trouvait là. t Ne vois-tu pas, lui répondit-elle, cet homme qui me conduit? » Le jeune homme n'aperçut personne; mais, sans perdre de temps à pénétrer le mystère, il entraîna sa maîtresse et la conduisit près de là dans une maison où il la cacha. Puis, après avoir réuni ses amis, il se rendit chez le père de la prétendue défunte, qu'il trouva tout en pleurs et entouré de ses parents. « Eh bien, lui dit-il, me refuseras-tu encore « la main de ta fille, que tu Crois avoir perdue pour toujours? — Es-tu « un dieu, lui répondit le père, pour ressusciter une morte et l'épou- « scr? — Pourrais-je l'obtenir, repril l'amant, si je te la rends en vie et « en bonne santé? » Le père, corrigé par l'infortune, ayant consenti, le jeune homme ouvrit le cercueil et y trouva, dit la légende, une forme humaine admirablement faite, mais qui n'était composée que de bois pourri, recouvert par une peau très-fine. On devine le reste : Les deux amants se marièrent, et, à l'époque où Cantimpré écrivait, ils vivaient fort heureux, grâce à un événement dans lequel il y avait sans doute
1 Marchia, in Plandriœ atqve Brabanliœ diitrictu villa populoùmma tila tut. inquâdedicatio ad tpeciacula tl ad lusum Iraxerat, etc. C » >ti* mu . I. c. . L. Il, c. 57. p. 539.
* Selon la tradition, ceci arriva devant la brasserie appelée autrefois de Fortuin, près et au nord de I église. Bnt>BiLLt. 1. c.
•' Le texte deCtnTiaPRê (I c, p 551) porte : Gwerthena Brabanti<r villa ni lolennis tl nota; quelques manuscrits de cet auteur portent Guarlenaou Guarrtna. Conmm croit qu'il s'agit ici de Werchter. près de Louvain; mais le seul endroit du Brabant, auquel les paroles du légendaire soient applicables, est Merchten.
beaucoup plus d'imagination amoureuse que d'intervention diabolique.
LE QUARTIER D'OVERZENNK ET LA CHEF-MAIRIE DE MERCIITEN. — Pour
administrer et surveiller les domaines qu'ils possédaient sur la frontière de Flandre, du côté d'Alost et de Termonde, les ducs de Rrabant créèrent l'office de maire d'Overzenne ou Outre-Senne. Nous possédons plusieurs actes concernant des donations de propriétés à Merchten et qui sont scellés ou approuvés par Henri de Lcefdacl , se qualifiant de maire du duc au delà de la Senne ». Plus lard, ces fonctions furent morcelées. Un receveur particulier fut chargé de percevoir les cens et redevances dues au duc dans le quartier appelé d'Overzenne, et qui comprenait la mairie d'Assche, Merchten, Wolverthem, Steenhuffel, Maldereu, Liesele, Lippeloo, Puers et la mairie de Capelle-au-Bois. Au seizième siècle, après la mort du receveur Nicolas Van Bcerthem, les commis des finances, Jean de Bourgogne, Reyngout, d'Oyenbrugghe et Ronck abolirent son office et annexèrent la recetle d'Overzenne à celle de Vilvorde, en considération de ce qu'elle était de peu d'importance (décret daté d'Anvers, le l!> février 1581) f.
Mei chien était le centre du quartier; et en outre le chef-lieu d'une mairie ou juridiction subordonnée à un officier chargé plus parliculièrement de veiller a l'administration de la justice et à la perception des amendes dues pour les crimes et les délits. Celle séparation de pouvoirs était déjà opérée en 1314, comme nous l'apprend une lettre adressée par Henri Lombard, receveur de Brabanl, au maire, au receveur et aux échevins de la ville de Merchten *. Le maire étendait son aulorilé sur dix-sept paroisses : Jette, Ganshoren, Releghem, Zellick, Cobbeghem, Hammc, Wemmel , Nedcr et Ovcr-Heembeek , Merchten, Wolverthem, Steenhuffel, Malderen, Liesele, Lippeloo, Puers et Blaesvelt; partout, sauf dans ce dernier village, la haute justice y appartint au duc de Brabant jusqu'à la grande engagère des juridictions, en 1Î>59, époque où le rôle des chefs-maïeurs devint surtout administratif. Les archives du royaume possèdent les comptes de la mairie de Merchten à partir de Tannée 1451, et, en outre, des comptes antérieurs, en rouleaux, allant, sauf quelques lacunes, du 29 mars 1591 au 25 janvier 1401-1402.
La franchise de Merchten.— Pa rune charte datée de Merchten même,
« llenricutdeLetedale.villicusdominiducit ultra Sennam, 12W, H47. Archive* d'Aflli g hem.
» Trésorerie de la Chambre de* comptée, Laye Malmes, n» 68 — En 13i1 , le cens que le duc percevait à Merchlen seulement s'élevait a 28 livres 18 sous II deniers, 13 livres payement, V5V chapons et 6 poulets; outre 30 muids de seigle, 35 livres de cire et 30 livres, en deniers, dus pour le moulin et le change.
» Cartulaire d Jfflvjhem, t. 1", p. 120.
le 28 juin \T.y\,\o duc Henri III éleva cette localité au rang de ville franche et lui donna les libertés que ses prédécesseurs avaient accordées a la capitale de leurs états, Louvain. Il déclara en outre que si les échevins se trouvaient embarrassés pour prendre une décision, ils auraient à demander l'avis des magistrats louvanistes *. Il ordonna à ces derniers d'envoyer à Merchten une copie authentique de leurs privilèges, et ils s'empressèrent de satisfaire à cet ordre *. En même temps, le duc acquit dcWaltcr Eggloy, en échange d'une redevance de P> muids de seigle sur le moulin appelé le Scherrewcrre-molen et situé à Bruxelles, trois bonniers qu'il utilisa en les partageant en héritages 3, ce qui agrandit considérablement le bourg.
Il n'y avait pas a Merchten des seigneurs assez puissants pour pouvoir entraver les développements de la nouvelle commune; aussi celle-ci grandit-elle rapidement, bien que son voisinage de la Flandre l'exposât à des attaques fréquentes. Elle scella de son sceau la charte de Corten-
« In nomine sanctœ ctindividua?Trinilati!>. amen. Henricus Dei gratiù dux Lotharingie et Mrabantia?, univers présentes litteras inspeeluris. snlutem et scirc veritatem. t'nivcrsitatem vestram scire volumus quod nus habitf délibérations sufHcicnti cum hominibus et contoliariis nostris villam nostram. que Mcrglhen dteitur. liberam fecimus. conferentes eidem sub virtutc prœstiti juramenti, camdem libertatem per omnia. quam contulerunl pranlecessores nostri opido Lovaniensi, et ad majoreni hnjus rei eyidenciatn etexpressioncm pnesenli f urtœ nostra inseri focimus transcriptnm cartœ concessae a prasdecessorihus nostris pranfato opido Lovaniensi. super sua libertate, cujus forma talis est. (Suit le texte des chartesaccord«-cs fil mars 1333-1231, à la ville de Louvain. par le duc Henri 1" et son (ils, le prince Henri, et la confirmation de ces chartes, par le duc Henri III, en 12V9.) Volumus insuper utquotiescumquo in opido de Merchten emerserilaliqua dubietas super sentonciis aliquibus ferendis veJ similibus, recursum habcant illi de Merchten ad opidum Lovanicnse, tanquamad caput suum, ut secundum sentenciam et consilium scabinorum Lovanicnsium sentenciac eorum ferantur, etdubietates omnes sive ambiguitates illorum sopiantur ; et ut hacc omnia (irrnitudincm et stabilitatcm in perpetuum sorciantur. virorum nnbilium domini Godefridi de Lovanio. patrni mei ; Godefridi do Pcrweys, domini Walteri Bertboldi de Mcchlinia. domini Willelmi de Grymbergis, domini Lconii castellani Bruxellensis. Jacobi. domini de Walehem; Arnoldi dapiferi, domini de Rotseloer; Walteri Clutinck. Hennci de Vscha, dapiferi nostri; deVillari, de H.iMcnghem, do Grymbergis.de Ycth.abbatum.sigillaunacuronostropnrsontibus appendi procuravimus. Actum et datum apud Mergthen, mense junio, férié quarlâ pust Nativitatcm Beati Johannis BaptisuB.anno domini millesimoducentcsimo quinquagesimo pnmo {llrgitlrr dr% ckarln déposcei en l'an 1300, f" 165 v». aux Archives du royaume).
* Univcrsis présentes litteras inspecturis. scabini, juraU et univorsitas opidi Lovaniensis, salutcm ot srire veritatem. Novcritis quod nos ad mandalum illuslris ducis Lotharingiae et Krabantis, domini nostri pracdilecti, opidanis do Merchten transcriptum car ta ru m et privilepiorum nostrorum. tam de communione quam de libertate noslrà tradidimus, et ut veranier credatur. quod idem transcnptum ex cartis nostris de verbo ad verbumsine immulanone sit excerptum, praesens scnptum alla transflximus in tcstimonium, sigilli nostri munimine confirmatum. Datum anno Domini M»CO quinquagesimo primo, mense juliu, lenA tercià post festum aposlolorum Pétri et Pauli. Ibidem. t° 10 V.
5 Quam in mus no«fro* el utilitatem conrtrtimus ccidrnttr in cjchiUcndis domistadiii. ( l.jrte du dimanche après l'Epiphanie, lîaV.
bcrgde 1312, l'alliance des villes de Brabant en 1355, la charte d'union dite de Cortenberg, de l'année 1372; cl enfin le nouveau règlement pour l'administration du duché, arrêté le 14 mai 1422. Le nombre de ses bourgeois s'accrut de manière à nécessiter la conclusion d'un traité spécial entre le duc de Brabant et le seigneur de Termonde. Il y est stipulé que le bourgeois de Mcrchtcn ou de Capelle-au-Bois, qui se rend coupable d'un délit à Termonde et qui quitte celle ville sans avoir été arrêté et puni, ne peut être altrail en justice que devant les magistrats du lieu où il a son domicile; que le bourgeois de cette catégorie, qui va habiter en Flandre, reste soumis aux usages et aux coutumes du lieu où il a acquis la bourgeoisie, à la condition pourtant qu'il y vienne résider tous les ans pendant trois fois quarante jours : au mois d'août, à la Saint-Rcmy et à la mi-mars. Pendant ce terme, il doit avoir * son feu ardant, son koe > chaulant, et sa warde en sa maison » (accord passé à Bruxelles, le mardi avant la Saint-Urbain, 1318)
Dans le Brabant même, les habitants de Merchten eurent à lullcr pour défendre leurs immunités. En vertu d'une charte du duc Wcnceslas et de la duchesse Jeanne, ils ne pouvaient être jugés que par leurs propres magistrats, sauf pour les crimes et les délits commis dans les chefs-villes. Sous le régne de Jeanne, la dame de Goyck ayant fait arrêter et pendre précipitamment l'un d'entre eux, appelé Stroobant, ils réclamèrent avec vigueur auprès de la duchesse, et la dame dut donner ordre d'enlever de la potence le cadavre du supplicié, qui fut solennellement enseveli en terre sainte, en présence du maire et des échevins. On la condamna de plus à une amende énorme, montant à 1,000 moulons *. La duchesse déclara eu outre, le 25 janvier 1383-1384, que les biens-meubles des bâtards mourant à Merchten n'appartiendraient plus à elle ou à ses successeurs, mais à la commune.
Antoine de Bourgogne, qui monta sur le trône après la lionne et vieille Jeanne, sa grandc-tanle, manifesta également beaucoup de bienveillance pour les habitants de Merchten. A celle époque, lorsqu'un bourgeois élail pris dans les aulres domaines du duc ou dans une seigneurie, le maire et deux échevins allaient le réclamer, et recevaient en retour, du prisonnier, une demi-couronne de France chacun, par jour de vacation ; celle taxe étant fort onéreuse pour ceux qui se trouvaient dans la lâcheuse nécessité de la supporter, Antoine l'abolit. Dorénavant le maire seul, muni de letlrcs scellées par les échevins, devait aller rérlamer les bourgeois retenus captifs; si ou refusait de satisfaire à ses récla-
• Brikcss, t. I". preuves, p. 15t.
' Registre cite plu» haut, f» IGtf.
GC
mations, il pouvait se faire rendre justice par voie d'arrêt ou de saisie. Afin que les échevins fussent mieux en état de soutenir cette prérogative, chaque bourgeois forain, c'est-à-dire habitant au dehors, fut assujetti a payer par an une taxe de 5 vieux gros: un tiers au profit du dur, un autre tiers au profit de la franchise , et le dernier tiers au profit des échevins (Bruxelles, le 30 novembre \ 409)* . Le même jour, le duc décréta la création à Merchten d'une gilde de la draperie, composée de tous ceux qui se livraient à la fabrication du drap : elle devait être dirigée par un doyen, trois jurés et un greffier, « bien nés et bien famés, » nommés pour le terme d'une année, par les maire, receveur et échevins du bourg, et rendant compte devant eux, à leur sortie de fonctions; ces administrateurs furent investis du droit de réglementer l'industrie drapière, et obtinrent l'autorisai ion de faire graver un sceau, dont on devait apposer l'empreinte sur toutes les étoffes fabriquées par les membres de la gilde; pour chaque drap scellé de la sorte, on payait 7 vieux gros, qui se partageaient par tiers entre le duc, la franchise et la gilde, de même que les amendes prononcées contre ceux qui se rendaient coupables de contraventions aux statutsde la corporation. La bourgeoisie de Bruxelles, avec qui Antoine de Bourgogne fut presque toujours en rupture ouverte, montra beaucoup de déplaisir de cette concession, qui lui paraissait de nature à nuire à sou industrie; et, comme Antoine n'était rien moins que populaire, comme il avait souvent besoin de l'appui des villes, il ne put laisser subsister cette cause de mécontentement. En HH, les magistrats bruxellois lui ayant adressé à ce sujet de nouvelles et énergiques réclamations, il décréta, après avoir consulté son conseil, l'abolition de la gilde de Merchten et le rétablissement de la draperie de ce bourg, dans l'étal où elle se trouvait anciennement (20 mai HH). Le maire et les échevins de Merchten se rendirent à Bruxelles, à l'hôpital Saint-Jean, et là, en présence des échevins de la ville, ils remirent la charte d'institution de leur gilde au chancelier Pierre de Camdonck, qui la mil en pièces, en présence des autres conseillers du souverain; puis, les administrateurs de l'institution supprimée, le doyen Jean Cluting, (ils d'Êverard, les jurés Heyn ou Henri Vandertalc, Heyn Cornait et Pierre Connu, et Pierre Gheerds, valet de la rame *, se présentèrent devant les doyens et huit de la gilde de Bruxelles, reconnurent la faute qu'ils avaient commise, et livrèrent leur sceau, leurs marques et leurs autres outils. On leur imposa une amende; « mais généreusement et « miséricordieusemenl, une amende bien moindre que celle qu'ils
1 Registre cito plus haut.
• Prairie où l'on étendait les draps i>our le* sécher.
« avaient encourue, parce que le duc avait intercédé et fait instamment « intercéder en leur faveur, et surtout parce qu'il s'était montré si gra- « cieux pour la ville et la gilde de Bruxelles. » Le H juin, les échevins de la résidence ducale, « en souvenir éternel de ces faits, » décidèrent ^ que le récit en serait enregistré dans leur ceurboec et dans le registre aux ordonnances de la gilde
» Dat de guide van Mcrchtcnc wert le nyeute gedaen.
Want on»e genadege heere do hertoge van Brabant. uut onrechterende slynckerinformatie ende quadeu aenhrenghen hem gedaen van den genen die de iicringe eere ende wael vairl sy nre stad van Brussel niet en aensaghen noch lief en hadden, nuwelingbc verlecnt hadde synre vryheit van Merchteneeon guide van derdrapperyen metalrehandovandcn pointen, condiclea, ordinancienende artikelen dair toc dienendo.dio lewclyken dagen in de voirseide vryheit le houden ende te hanleren, nae hegryp ende formen van denopenen besegbelden brieven ons heeren tshortogen voirseide dair op gemaict ende gegheven, dair af de copie ende tciiucrevan woirde le woirde hier nae bescreveii slact ; soc hebben descepenenenderaidslude nui erategen vervolge der gulden van Bruessel voirseide ten tyde synde, oni des groola rumeurs wilio dat hier if in der stad van Bruessel voirseideooderclcynenendogrolenhicromme. te meneger stont gheweest by onseu beere den hertoge voirseide ende by den heeren van sinon goeden endeedelen raide, hen thonendeendeonderwysendeclairlic'tgroot projudys, verlyes. onderwinlike scade ende achterdeol die der voirseide stad van Bruessel hier aen gelrgen waren ende syn ; ende dat de zelve onse genadege heere de hertoge, nae den geeden ouden recbteo.coslumen. priviligien, usagien ende herbrenghen synre voirseide stad van Bruessel. die hy lot synre blyder incomst ende ontranckenessen der zelver zynrestad geloofl onde gcsworen hadde te houden. recht doende geen macht en hadde. dieu van Herchtene voirseide eueghe guldo or pointen ende ordinancien dairtoe dyeneode te gbeven noch te verleonen ; ende hebben alsoe vcle hiortoe gedaen, dat onse heere de hertoge voirseido begherende sine voirseido van Bruessel in ncringhen in eeren in rusten endo in vreden te houden. beval sine voirseide brieve ende al dat dair inné begrepen endo dat dieu van Merchtcne voirseide dair inue gegheven ende verleent was, te niet te doen ende te cassercn ; alsoe van verre dat ten hende, te weten des goendaigs op ten Assenai avont, twinlich dage in der maent van meye in 'tjaerons Heeren dusent vier hondert ende ellove. de meyer endo scept-ncn van Merchtene quamen te Bruessel lot sente Jaus in t gasthuys. brachten ende gaven over den voirseiden beseghelden brief hen vah der gulden ende drapperyen, by onsen genadegen heere voirseide verleent, in den handen heere Pelers van Camdonck, docteurs in loy, cam el lier ons genadich heeren vorscreven, ende der andere heeren van den raide dessclfs ons genadichs heeren hier hiernae genaemt, om dair af te gescienc endo dair mede gedaen te werden t gbenedat onse genadege heere voirseide bcvolen hadde ende synre voirseido stad van Bruessel dit w y le toegescyl ende doen toeseggben ende dat te haut hier nae bescreven es. Welke canrellier, by wille, weten eudeaenzien der andere heeren van den raide ons genadichs heeren voirseide, te weten joncher Willem Van Zeyne, heeren van sente Aechtenrode, drossateu in Brabant, joncher Jans Van Scbonenvorts, borchgrave te Monjove, heeren Jans Van Opbem, ndders, bot emeeslcrs der berberghen van Brabant, Willem Blondels, ierstc kemerlinex, ende Slevens van der Nederalphenen, rentmeesters generael ons genadichs heeren van Brabant voirseide, uut specialcn lasle, heyten endo bevele dcsselfs ons genadichs heeren, alzoe zy aile gemeynlic seiden, den voirseiden brief tôt hemwacrt nemende, sneet hem den seghel af, sneelen voirt, seoir den ende cancclleerdeii in stucken, en vcrnyclden geheellic endo altemael, in presentien endo in ieghcnwoirdicheit heeren Willems Vandeiihectvelde. ridders, zoen was heeren Zegers Vandenheetvelde. ridders; Willems geheeten De Zwacf, Florcys Van Kesterbeke, Itenricx geheetenCrupelant, Reyncrs van Heersele ende Willems van Ophcm, scepenen van Bruessel ten lydesyude, overdra-
L'organisation tout entière du moyen âge reposait sur un système de privilèges qui, favorables parfois au progrès, se transformaient fréquemment en instruments d'oppression. Chaque communauté, chaque particulier, retranché dans une citadelle de droits et de prérogatives, jalousait
ghende omlc roneluderende ccndrachtirhlec onder hen allen, in den naem endc van weghen on» genadichs heeren ende synre stad \an Hruessel voirscide, dat die van Merchlenc voirtane meer engeenrehande andere laken, gewant, noch drapperyc maken en souden, noch moghen maken, dan zy hier voirmacls. cor lion do voirscide guide >erleent was, plagen code gcwoonlic waren te maken, liet en ware dalhen b> openharen wille. weten, consente ende overdrage der stad van Rnicssel voirseide gemeynlic yet andersdair argegheven ende verleenl worde. Item es te weten dat de ghene die van der voirseiden gulden van Mcrchtene ende van der hanteringhen dair aCopsetters geweest. ende die lien diere roeest aengenomen ende onderwonden hadden, le weten Jan Cluting Everaerds soen was, doken, lleyn Vandertale, HeynComan. Peter Coman. gesworene. ende Poêler Gheerds. knape van der ramen van der gulden van Merrhtcn voirseide, mmon syn tu Rniesscl, voire de dekene ende uchte van der gulden aldair, ende hcbl>en huer erreur of dnlinghe.bckinnende hen, oxergebracht. henovergegheven in hueren lianden allen huerc tanghen. Iiamere, segele endecammen van huerre drapperyen voirscide. dair op verlyende ende dier geheelic ende al af gaende, ende hehben voirt gelwel, ter taxation van der gulden van Hruessel voirseide. van den mesgrype ende van der mesdaet die zy hier of in desen voirseiden stucken ieghen de guide van Hruessel voirseide gedaeu onde boghanghen moghen hehben. Ende dezelve guide heofl die nae huerren reohlo geUixeert endc gocorrigiert, maer zecre hoosschclieondo genadichlic ende m verren na nictalsoe zeeroals huer mesdaet hyessche. ter eeren liefden weerdenende l^geerlcn ons genadichs heeren voirgenoemt. die ornstelic dair voere geboden haddo.endo doon ludden ; ende sundcrlinghc om des wille te voirder dat de voirscide onse genadege heere hem in desen saken toi synre stad ende gulden weert van Hruessel voirscreven, alsœ goedertierlic. genedichlie. gunstelic ende vriendelic bewyst heeft onde godragen, dat mon lo moor gehouden was ende es, om synre genadon ende begherten wille. hier mede te lydon en te dissimuleren.
Item hier na volght van woirde te woirde de tenueren van den voirseiden gecancelleerden
brieve, ende es dose :
Anihoniusby der gracien Gods Hertogc van Lothryck, van Brabant ende van Lymboreh. man grove des heylichs rycx. allen den ghenen die dose lelteren selen zien saluy t. Want de scepencn onde goede lude onser vryheyt van Mcrchtene ons hebben doen thonon. dat zy groten scade onde achterdeel leden hebben onde noch dagelicx tyden. overmids dat zy ghene guide vau don lakonen ende van der drapperyen, die men dair gemaicl heeft, gehadten hebben. ghelyc somoghen anderen vryheiden ons lands van Brabant, ons ontmoedelic biddonde dat wy hen om do voirscide onse vryheit van Mcrchtene te regeren ende huerren < omnier onde last te bat te draghen, een guide, dair hen mede beholpen zy, cousenteren ende verleonen willen. Soc doon wy te wetene dat wy fit huerrer beden ghonoyght. aonsionde den groten dienst dien ons onscr vryheit van Merchteno voirseide dagelicx doct ende goscapen es le doen; begherende altyt de welvaert. vordernis ende profTyt van bon ende van onsen anderen vryheiden ende onderseten gcmeinloc, hen van sunderlinghcr gracien gegheven hebben ende verleent, gheven ende verleonen met desen tegenwoirdighen brieve, alsulken pointen, vryheiden endc privilegien als hier na bescreven staon.
In don iersicn consenteren wy onde vcrlecnen don goeden luden van onser vryheit ende poort van llerchteue voirseide, dat zy by goeldunckcn ordinancien ende wille van onsen meyer, rentmeester en de sceponen der zelvor onscr vry heit, sullen moghen ordineren. slellen ende maken een guide van der drapperyen ende lakenen die men voirtacn in onser voirseide vryheit ende poort maken sal. Ende dat onse meyer, rentmeester ende seepenen onser vryheit ton (ydo wesende, macht sullen hebben te stollen. te kyesen ende ordineren.
la communauté rivale, le particulier voisin, non par esprit de haine, mais de crainte de perdre des immunités acquises souvent au prix de grands sacrifices. Au surplus, il existait entre Bruxelles et Mercliten une nuire source de querelle. Celle-ci prétendait ne reconnaître comme chef
onde die te setten ende te ontsetten alsoe diewyle als hen dat orboirlic sal dunckon, om de voirseide guide te regeren ende tedoene allei daltrr met bescheyde toe be h o i rt, eenen deken, drio geswoirne ende eenen enaep. goede wettege lude van nnmen ende van famen, die do voirseide guide van der drapperyen wel ende wettelic met allen den rec hten. costumen ende u»agen daer toebehoirende. regeren en haudelen selen, alsoe dair toebehoirt, ende hiernae boscreven ende vorrlaert stect.
Item consenteren wy ende verleenen den goeden luden van onser vrylteit ende |>oort voirseide, dat «y, by raide. willeendc goctduncken ons meyers. routmeesters ende scepenen voirseide, op dat de gbene die voirtane hen métier drapperyen ende lakenen die men daer voirtaen inaken sal geneercn selon, bedvvoughcn werden goet ende ghom litioh pew.uit voir syn werde te maken, sonder eneghe vnlscheit ofl loosheid daer inné te Iwseghcn, selon moglien doen maken eenen segel van onser vvapencn dair mede, dat men ele laken comendc 1er kennessen van den deken ende gcswoirnon voirseide. die don zelven segel aflerwaren ende hebben selon beseghelon sal. nl.«nenls don sol \ en deken ende gesworcnc duukoti zal, ophuerre beseheydenheil, ende op huer eede dat dat laken vau weerden ende van valeui os le beseghelen. By alsoe dat men van elken lakene dat aldus besegbelt sal werden. ghoven sal in haiidou des dekens ende geswoirne voirseide. eenen oudeu groten of de weerdo dair nf in anderen goeden ghelde, dairaf dut wy onse erven ende natonimclinghe hchhon .«ullon deen derdendeel ende tander derdendeel onse vry boit van Merchtcno. ende tderde derdendeel de guide der zelver onser vry lieit om die dairmede te; regeren ende staende te bouden.
Item ronsenteren wy ende verleenen onser voirseide vryueit, dat de voirseide doken ende drie geswoirne. by raide ons meyers. ons routmeesters ende onser scepenen voirseide, selon moghen op hueren eedt ende besrheydenteit om onse voirseide vry lieit te Markeue ende gemeyncn orboire. comansrnp endenennghodairin optetrcvken.endo te meerren op de glieue die hen melten wollewerke ende metter drapperyen in onser voirseide vry heil genoeren sullon. setten. ordinereu ende maken alrehande ordinnneien, stnluteu ende bedwunghc. ende die meerdren endemindren. hoghen onde nedeien. alsoe dirwile als dos Mioeven sal. by alsoe dat ons onsen erven ende naooroiuelinglien t derdendeel van allen boeleneiide broken. die dair in vallen sullen, toebeboiren zal, ende dander dordoudool onser voirseide vryhcit.cnde t' derde derdendeel onser voirseide gulden. om die dair modèle regeren onde SUWfldfl te houden ; en dat oie de voirseide deken ende geswoirne van aile den geldc dat zy van den voirseiden ende oie van den boctenende broeken voirseiden sullen heblH>n oullaen. elr\ jaersopenbairlie. op sente Itemeys dach, voir onsen meyher rentmeester endeseeiienen ende goeden luden van onser vryheil van Merehtene \ oirseide. BCUldlch sullen syn goode wettege rekeninghc te doen. alsoe dair toebehoirt. Allen argelist indesen saken ende pointe» voirseide uutgcscheyden. Ende om dat wy willen dat den goeden luden van onser vryheil ende poort van Merchleneu voirseide. de voirseide pomten ende pnvilegien vnslendo onvcrbreckelio teweghen dagen gehouden werden. soe hebben wy dos ton onden onde vvaorheit onson segel aen desen tegonwoirdeghon letteren doen hanghon. Gegheven in «user slad van Bruessel, op len lesten dach van november in 't jaer ons Heeren dusent vier hondert onde ueglicn.
Welke pointen. dinghon ende gheschienisson voirscreven de voirseide zes sioponon van Brnssel ende met hen Vwain de Mol huer imnlegeselle, met raide wolon ende ovenlraghe der goeder lude van der slad raide voirseide. hebben in eweger gedenkenisse in huer ■ iierboec ende oie in t lioeik van der ordinancien van der guidon van Brussel voirseide, doen tekenen ende registreren op ten viertieusten dach der maenl van junio in ' ; créons Heeren dusent vier hondert ende ellcve A Tiitso, Hmoria Bfubanlin diplomut., parlie VI , lit. I. c. 13.
T II
de sens que Lonvnin; celle-IA soutenait que dans bien des cas la décision suprême appartenait A la chef-ville la plus proche; à elle, par conséquent, par rapport il Merchteu. Pour ne pas avoir obéi à cette dernière obligation, les échevins de Merchteu furent condamnés par les magistrats de Bruxelles, à se rendre tous en pèlerinage A Notre-Dame de Bois-le-l)uc (25 juin 1451). Deux d'entre eux, Gilles Vandenobbergc et Guillaume Vandenmoirler, pour une faute semblable, furent astreints à se rendre à Milan ou A payer 10 florins du Bhin (17 novembre 1457) ». Le despotisme des ducs de Bourgogne comprima bientôt ces contestations de commune h commune
En l'année 1411-1412, il arriva qu'un bourgeois de Mcrchlen, demeurant à Tennonde, Jean De Kcyser,se rendit, accompagné de ses amis, au nombre de seize, ù la maison dcGillcs Van Hamme, bourgeois de Bruxelles, qui habitait dans la mairie de Mcrchlen. Il en brisa les portes et y entra avec fureur, cherchant, disait-il, son (ils, qui lui désobéissait pour épouser la fille de Van Hnmmc, et qui s'excusa en prétendant qu'on l'avait forcé, l'épée sur la poitrine, à promettre d'épouser cette demoiselle. De Keyser et son fils se plaignirent de la violence qu'on avait faite a ce dernier, et le maire de Mcrchlen, Siger Van Sleyncmoclen, soumit celte querelle aux échevins de Mcrchlen et à ceux de Jette ; mais les De Keyser n'ayant pu prouver la vérité de leurs allégations, Jean fut à son tour accusé de violence, puis arrêté & Stccnhuffcl. La franchise de Merchteu le réclama alors au drossard de Brabant et au maire, comme devant être juge par HIe*.
Jean de Her(ogc,de Mcrchlen, invita un jourscs amis h venir dîner chez lui. Le repas achevé, il se plaignit qu'ils avaient trop bu et trop mangé; ce banquet, ajouta-t-il, allait le ruiner, cl il conclut en demandant à ses convives de l'aider à payer ses dépenses. « Comme celte façon d'agir était -une étrange nouveauté, que c'était en quelque sorte une exaction « (scattinge), cl qu'on ne pouvait tolérer l'introduction d'un pareil usage « dans le pays, » les magistrats de Bruxelles condamnèrent Uerloge à quitter le pays, jusqu'à ce qu'il se fût rendu en pèlerinage à Milan ou qu'il eût payé 10 florins du Bhin (f> avril 1451-1452) s.
En 1458, les habitants du bourg arrêtèrent et envoyèrent à Bruxelles 17 Malinois armés qui, au mépris des défenses publiées par les chefsvilles, venaient enlever du grain en Brabant.
Les guerres du règne de Maximilien, en 1484 cl en 1489, Irois grands incendies qui éclatèrent en 1540, en 1545 et en 1571, et les guerres de
• WH Correctif Dorrk, aux archives communale» de Bruxelles. f« 7 et 5S. » Comptes de lammanie de Bru-relle*. de NoOl 1 VI I à la Saint-Jean lUi » Ibidem, de la Noël 1431 à la Saint-Jean I43i. - Wil Crrecie Hoeck, f 17.
religion Turent funestes & la prospérité du bourg. En 1 550, il comptait 1,400 communiants, c'esl-à dire environ 2,000 Ames, tandis qu'il ne eomptait plus, en 1019, que 600 communiants environ; en 1638, que 1,376 habitants, dont 805 communiants et 229 enfants en âge d'être catéchises; eu 1647, que 951, et, en 1055, que 1,040 communiants. La population ne regagna ce qu'elle avait perdu qu'an dix-huitième siècle. iMerchten comptait, en 1 757, 1,500, et, en 1759, 1,600 communiants. Le 50 mai 1540, la foudre, en tombant, tua deux hommes; au milieu de l'effroi général, le feu prit à la brasserie le Faucon, et détruisit 42 à 45 habitations; dans l'espoir d'arrêter l'incendie, on présenta, mais sans succès, le Saint-Sacrement aux flammes. Le 20 juillet 1545, un second désastre du même genre anéantit KO maisons, parmi lesquelles se trouvaient la plupart de celles qui venaient d'être rebiHies; c'était un jeudi, et presque toute la population profitait du l>eau temps pour se livrer à la moisson. Mcrchleii obtint a cette occasion remise du quart de sa cote dans la grande aide accordée par les Étals à l'empereur en 1542 '. Le 14 septembre 1571,1e feu, se montrant plus cruel encore, dévasta l'église, l'école, la boucherie et environ 120 maisons. L'incendie fut attribué à l'imprudence d'une femme habitant au Krelettborgh et qui était occupée à cuire du pain.
Par trois octrois, respectivement datés du dernier mai 1566, du 4 avril 1629 et du 24 février 1655, le souverain autorisa le maire et les échevins de Merchten à fermer, au commencement du mois d'avril, des prairies qui restaient alors ouvertes jusqu'à la mi-mai ; a imposer également, pendant un terme de six ans, les propriétaires domiciliés dans l'éehevinage et ceux du dehors; et enfin, à faire procéder au mesurage des héritages et des terres situés dans la paroisse.
Pendant les guerres du dix-septième siècle, Merchten parait avoir peu souffert, sans doute parce que les habitants auront payé avec exactitude les contributions militaires qui leur étaient imposées. Mais, à cette époque, il fut accablé de logements militaires; il logea: en 1650, la compagnie des gardes; en 1651, les gens du train de l'archiduc Léopold ; en 1654, le train de l'artillerie ; en 1656, pendant 57 jours, la compagnie du chevalier Brias, et, avec Puers, pendant 20 jours, le régiment du colonel Manchau; en 1657, pendant 18 jours, le régiment du colonel Lam, fort de 500 hommes, et ensuite, les chevaux de l'archiduc ; en 1658, pendant six semaines, la compagnie de cavalerie du capitaine Harscamp; en 1659, plus de 100 compagnies tant de cavalerie que d'in-
« Antvjuitrytm ran Merchten, § 162 a 107. — JrrAirM de r Audience, rarlon ri» 1,37*. jiiecc cotée ¥1.
fantcrie, que le marquis de Caracena dirigeait vers Anvers, où une sédition avait éclaté. Accablés de vexations et écrasés d'impôts, les habitants sollicitèrent la remise d'une partie de leur cote dans l'aide ; on leur accorda en effet la diminution d'une somme de 1,210 florins (15 décembre 1(>G2).
En 1607, l'arrivée à Mcrchlcu de la compagnie colonelle du régiment que levait le prince de Gavre, comte d'Egmont, provoqua les plaintes les plus vives de la part des habitants. On avait fixé à 50 le nombre de maîtres, c'est-à-dire de cavaliers montés, qu'ils devaient loger ; au lieu de 50, il en vint plus de 100 ; ils avaient droit au logement, « aux gros « fourrages ou herbes ordonnés pour les chevaux, » et à 8 sous par jour, comme indemnité pour la nourriture ; ils se firent encore donner de l'argent. Aux plaintes des habitants, les oÛiciers du prince répondirent par des paroles insultantes. Suivant eux, le seigneur prince avait dit : < que ses soldats debvoient tirer autant d'argent de leurs patrons « (ou hôtes), qui pourroit suflirc pour les monter (ou équiper). » Les ofliciers de la « première plane, » c'est-à-dire le capitaine colonel, le lieutenant, le cornette et un trompette, accompagnaient le détachement envoyé à Merchtcn ; mais le premier, au lieu d'amener une suite convenable, arriva avec un train tout à fait royal : un maître d'hôtel, un écuyer, deux pages, quatre laquais, un secrétaire, deux carrosses à six chevaux, deux carrossiersou cochers, deux postillons, quatre palefreniers, un sommelier, deux cuisiniers, deux marmitons, une servante, un valet de salle, deux timbaliers, deux trompettes, d'autres domestiques et environ 50 chevaux de main. Sous le nom de lieutenant, on comprit le chapelain du régiment et le fourrier. Chaque officier ordonna à son hôte, les armes à la main, de lui payer une somme considérable, « comme rachat < d'autant de rations qu'il lui plaisoit ; • en outre, tous se rendirent dans les principales tavernes (ou cabarets), et, sous prétexte que le comte allait arriver le soir même, ils y firent préparer une somptueuse cuisine. Par deux décrets, en date des 19 et "20 juin 1667, le comte de Caslel-Rodrigo fixa à 50 seulement le nombre de maîtres, que la commune logerait, et déclara que, pour la première plane, elle ne payerait que sept places ou rations au capitaine, cinq au licutcnar.t, trois au cornette, et une au trompette, à raison de 8 sous par jour et par ration.
Loin de se soumettre aux ordres du gouverneur, le comte d'Egmont et sa troupe se montrèrent de plus en plus exigeants et rapaecs. Le quartier-maître, quoique non compris dans la première plane, arriva également a Mcrchten avec sa femme, trois enfants, quatre valets et quatre chevaux, et extorqua a son hôte 56 florins; l'adjudant, de son côté,
DES ENVIRONS DE URtXELLES. 73
exigea du sien 5 patacons cl voulut l'obliger à lui payer tous les jours \ pniacon. Ces contestations faillirent occasionner une collision terrible ; le 2t, il arriva encore un grand nombre de soldats; les magistrats ayant refusé de leur délivrerdes billets de logement, le lieutenant .les envoya à la taverne des Sept Etoiles; mais l'hôte ne voulut pas leur donner à boire, à moins qu'on ne le payât argent comptant. Tout à coup survient l'adjudant du comte, qui, trouvant là un officier de la franchise, l'insulte cl le maltraite, tandis que les soldats en faisaient autant à l'hôte. Quelques personnes s 'étant attroupées, ces derniers et ceux qui se trouvaient dans les tavernes voisines, coururent aux armes, tirèrent sur la foule cl blessèrent plusieurs personnes, encouragés par l'adjudant qui criait à haute voix : « Tue, tue. • Déjà ils disaient qu'il fallait mettre le feu aux quatre coins du bourg, lorsqu'on entendit le sou du tocsin et ou vil accourir de toutes parts des paysans armés. Heureusement les ell'orls des magistrats et du lieutenant parvinrent à apaiser le tumulte. Mais l'indiscipline du régiment ne lit qu'augmenter; la nuit, les cavaliers de d'Egmoul se réunissaient en bandes, parcouraient les hameaux et s'y livraient au pillage et à la débauche (requête en date du 25 juin). Le comte, interrogé sur la réalité de ces faits, prolcsla qu'on eu imposait, mais les magistrats de Merchten offrirent de s'en rapporter à des commissaires du conseil de Brabant. Entouré de diflicultés cl d'embarras, en guerre avec la France, miné par mille abus, le gouvernement espagnol se trouvait à la fois impuissant à défendre le territoire belge contre l'étranger et à y faire régner l'ordre ù l'intérieur.
On préluda, a Merchten, par quelques excès, ù la révolution brabançonne : au commencement de novembre J 781», une cinquantaine de paysans d'Opvvyck vinrent y arracher les armoiries de Brabant, qui étaient placées sur la maison du collecteur des impôts, Laurent Van Gervvcn; dès lors la fermentation des esprits y alla toujours croissant, jusqu'à l'expulsion des Autrichiens. La république française érigea Merchten eu chef-lieu d'un canton, qui comprenait Maxcnzeel, Molhcm, Bollebeek, Cobbeghein, Brusscghem, Meuseghcm (sous Wolverlhem), Merchten et le village flamand d'Opvvyck (14 fructidor an 111), et qui fut ensuite réuni, sauf Meuseghem cl Wolverlhem, au ressort de la justice de paix d'Assche (19 nivôse an X — î) janvier 1802). Toutefois Merchten est resté le centre d'un canton administratif.
Institutions locales. — La partie centrale de Merchten formait une bourgade entourée de fossés cl de remparts; ces derniers, au
ursTortiE
sud-ouest, s'appelaient le Crieckel- Veste ou rempart des CrèquiUons 1 ; ou en voit quelques restes dans la brasserie le Faucon. Les fosses existent encore vers le sud et vers le nord ; au siècle dernier, les seigneurs en détruisirent une partie lorsqu'ils tirent creuser les étangs et planter lesdrèves du château ; dans d'autres endroits, ils ont été comblés pendant la première moitié du siècle. La commune se divisait autrefois en deux parties : les hameaux isolés, et la franchise (vrylteyt, poorte), qui comprenait un peu plus que l'espace entouré de remparts. Ses limites, suivant Van Oesbroeck, commençaient à V Ancienne forge (d'Oude Smisse), sur le chemin de Vilvorde, traversaient le Meulenvelt, aboutissaient a la Puerstraete, près de la grange du curé, se dirigeaient vers le moulin à huile de Guillaume Ilalleman, puis, en longeant Kretenborgh, arrivaient à la léproserie (aen den sieckput voor den Lazarus geslclt)y en face du Lombarde vclt; de cet endroit, à travers le Champ de Merchten, elles gagnaient le rempart des CrèquiUons. De ce côté la franchise avait peu d'étendue et n'allait pas au delà de l'hôpital. Plus au nord, elle était bornée par le ruisseau de Saint-Jean jusqu'à son embouchure dans la Hollebeek ; puis, au delà de celle dernière limite, elle traversait le Deekveld pour rejoindre son point de départ *. Merchten avait également deux juridictions et deux législalions diffé-
' Ibidem, g "6. - Apud Mm ht, nu /ont f»**aUt, inttr l>ana hoiptlaht de Meuhtmis, 1384, - Eene hofrtttlr met huyiinghe. eamgertfke. stallinge,... 'jehetlen hel Cabrrrth, in d <>udr ilraele, lanrx de IlolItHmete, comende arhter aen de ttttrn, \'.&t. - Op de Ci teckel iftte. 1584V — In de Xyeuue tlraete, comende lanrx de retint in deen tyde, legen de Slren- H-o-h in dandere. métier rekrn darr tei/en arer r)ele(jcn <p d'ander zyde rande Steemcech, laite* •le xeilen. tien de l.nmtxierde relt . 1611.
* Anli'iuiteytcn van Merchlen, tj 1H à 143.
mites. Les juges qu'on appelait les échevins du dehors (scalnni foren- &esy schejH'nett vanbuten), suivaient la coutume d'Ucrle; ceux du dedans, la coutume de Louvain. En juillet 1247, avant l'érection de la franchise, il n'y avait qu'un échevinage (se/dent scubini in Alerclhen) ; 24 ans plus lard, ou y connaît déjà des tcabiiù de Merchten et des scabùn foreuse*. En iôô(», ces derniers se servaient, dans leurs actes, de la langue ilainande, et ils avaient un sceau offrant un écusson au lion rampant, cl la légende : s. scabixomjm de mekmitbn forenthm.
Dans le magnifique sceau de la franchise, se déployait une porte flanquée de murs et portant la bannière du tirabant; à l'entour, on lil :
S\ti(tilu)U SCABIMOnil. DE MERCHTENAS.
L'administration a actuellement pour armoiries un ccu d'argent chargé de trois losanges de gueules et mis en pal. Ces insignes n'ont jamais appartenu à la franchise et ne lui ont pas élé donnés par le duc Wcnicslas, comme on le prétend à tort; ce sont en réalité les armes de l'ancienne famille de Merchlen ou d'Ilobosch, armes que nos héraldisles modernes ont à tort attribuées à la commune.
Un acte du 2 septembre 1f>57, où il est question d'une rente constituée en lîiiiî), constate que les premiers régi tires d'adhéiï tances passés
devant les échevins de Merclilen avaient péri pendant les guerres de religion; cependant on en conserve encore, au greffe, de Bruxelles, deux, qui vont, le premier, du 11 février 1 505-1 BOG à l'année 1515, le second de 1550 à 1501. A partir du 10 janvier 1581, la série des actes scabinnux se continue presque sans interruption; seulement, quelques années forment encore des fardes. Ils contiennent les adliérilances passées non-seulement devant les deux échevinages , mais aussi devant la plupart des cours censales dont la juridiction s'étendait sur le terriloire de Merchten. 0e ce nombre étaient la cour ce usa le des Pi|>enpoy, relies des-Wus et des Bigard, dont nous aurons plus loin occasion de paiicr; celle de Jean Brugman, qui échut ensuite à sa fille Gertrude, puis, par achat, à Charles Brunt (vers 1 550) ; celle que possédaient, en 150Î), Jean Vaudermeeren ; en I*i54, messire François Vundermeeren de Ter monde, et qui fut acheter, eu 1504, par les Vanderheyden, et enfin la cour censale de Megliem. Les actes mculionnenl encore, comme s'étant servi du sceau d'un des échevinages de .Merchlen : les tenanciers de madame Mous de Bruxelles ( 1 507), ceux désire Guillaume Conings (139(5), ceux de Wa lier Dullaert de Merchlen (131)0), ceux de Codefroid Cosens (157!)), de mailre Nicolas Vandenhrande, conseiller de Brahaul (1028), des héritiers de Henri Van Klleu (102!)), etc.
Messire Arnoul Van Mreghrm, joyeux compagnon, • qui aimait bien « à se trouver en face d'une bonne bouteille de vin, » posséda la seigneurie de Megliem ; après lui, elle passa à maître Louis de Nilde (vers t *>:>»). Messire Paul de Meeghem et ses cohéritiers, avaient encore en 1007, des «eus à Molliem, Breeslrael, etc., qui paraissent être passés ensuite à Anne Vaiidewiele, veuve de mailre Pierre Piermans, secrétaire du conseil de Bradant (vers 1027). Ku 1701, la cour censale de Meghem appartenait à Corneille-Albert Picrmaus, chevalier, seigneur de Fleschiéres, conseiller d'État. Sa fille, Marie-Philippine, la porta en dot ù don Joseph-Charles Brambilla y Van Eyck, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Jacques, qui prétendait descendre de Gardas Ilamircz, roi de Navarre, mort en 1150. Le fils de don Joseph-Charles Brambilla, Charles-Joseph, fut président de la gilde de la draperie de Bruxelles, et son petil-lils, Jean-Christophe, devint héraut d'armes pour la province de Luxembourg; de ce dernier est né M. Brambilla de l'ieschiéres, actuellement juge de paix à Lierre.
L'abbaye d'AIllighem pouvait se glorifier de posséder la plus belle des cours censales qui existaient à Merchten. Elle comptait aussi dans la commune beaucoup de vassaux, entre autres les seigneurs de Ilobosch. Sa cour censale étendait sa juridiction sur les villages de Stcnhuiïrl, Londerzeel, Lippeloo, Mnldeien, Rossent, etc. En 1500, elle se servait
encore du sceau des échevins de Mcrchtcn; mais plus lard, elle en eut un particulier; le greffe dê Bruxelles possède ses registres aux adliéri tances, pour les années 1667 à 1795. Les seigneurs de Ten-IIoule, dont les tenanciers jurés employaient aussi, cri 1506, le sceau échevinal de Mercliten, obtinrent, le 1er septembre 1546, l'autorisation de faire graver un sceau commun pour leur cour féodale et leur cour censale.
Une maison appartenant à M. Brambilla, et connue encore sous le nom de Stadhuys, fut jadis l'hôtel de ville; elle s'appelait primitivement bet Steynenhuys, et fut achetée par les échevins à Jean, fils d'Adrien Vandenbempdc et de Livinc Wastecls, le 6 mars 1613. Elle est située sur le marché; la maison communale actuelle, construction élégante, en style moderne, se trouve au coin de la Nieuw Straet et de la Corte Ridder Stmet. Quant à l'échcvinagc du dehors qui, dans les derniers temps, était ordinairement composé des mêmes personnes que l'échevinage de la franchise, il siégeait autrefois au lieu dit Kretenborch, à l'ouest de la Bollebeek, en amont du bourg. Les séances se tenaient en plein air, et les parties attendaient, « assises sur le sable, » qu'on appelât leur cause Pierre Pipenpoy, qui était seigneur de Merchten en 1564, eut l'intention de fixer de nouveau à Kretenborch la vierschare ; mais, selon Van Oesbroeck, la réalisation de ce projet eût été plus nuisible qu'utile ; le poêle désirait qu'on se bornât à réunir la vierschare en cet endroit une ou deux fois l'année, en souvenir des anciens usages.
Un particulier, qui plaidait devant les échevins de Merchten, dans une cause où ceux-ci intervenaient comme partie, ayant présenté une requête pour que l'affaire fût évoquée devant un autre tribunal, les échevins s'y opposèrent en alléguant que, dans les chefs-villes : à Bruxelles, Louvain, Anvers, les échevins jugeaient les procès qui s'élevaient entre leurs collègues, les trésoriers et receveurs de la ville, et des tiers. Le conseil du Brabant n'admit pas ce moyen; dans son opinion, on ne pouvait pas établir de comparaison entre les magistrats inférieurs et ceux des grandes villes : ceux-ci, en outre, étaient partagés en plusieurs fractions, ayant chacune leurs attributions déterminées, tandis que les échevins des villages réunissaient les qualités de juges et d'administrateurs (8 octobre 1705) *.
Outre les échevins, dont le premier prenait parfois le titre de bourgmestre, il y avait à Merchten deux poortmeester* ou maître* de la
1 En hoe teel men dae\ sober gereelxhap tant Etck hadde pacitntit, attende in t tant. > Antiquiteyten tan Merchten $ 51
L'n champ au sud du bourg s'appelle encore De Krete. 1 tt v.iasts. Decistones Brabantiœ, p. *8i.
T. II. 'u
73 nisToim
franchise, qui s'occupaient principalement, parait-il, de la gestion des finances. Un clerc ou greffier, un officier nommé par le duc. et qui était au besoin aide par deux messiers, deux seelleurs des draps, cl quelques procureurs, complétaient le personnel attaché à l'administration. On levait dans le bourg un péage qui consistait en 12 mites par chariot attelé de 2 chevaux au moins, 8 mites par chariot non chargé, 0 miles par charrette, 5 miles par cheval chargé, lj2 sou par troupeau de moutons ou de porcs comptant moins de trois tètes, ou ,"> miles par tète lorsque le troupeau était plus nombreux ; les chariots ou charrettes arrivant chargés el partant également chargés devaient un double droit ; mais l'on ne payait rien pour les animaux que I on amenait au marché pour y être vendus. Ce péage, ainsi que le vingtième perçu sur les biens aliénés ou hypothéqués, les amendes de toute nature la fourniture du cierge que l'on était obligé de placer sur le cercueil de toute personne défunte, pauvre ou riche, était affermé à un particulier qui prenait le nom de iceghmeesler. On ne levait pas d'accises, sauf que pour chaque brassin, les brasseurs devaient donner 1 boddragcr ou 2 placques. Le droit du scel des draps s'élevait à 32 miles par pièce d'étoile apportée au marché; le duc, la gilde de Bruxelles et la franchise de Merehlen prélevaient chacun un quart de celle rétribution; le quatrième quart appartenait aux deux seelleurs. Les habitant* de .Merehlen étaient exempts de payer les tonlieux à Anvers; mais, par contre, ils étaient tenus de contribuer à l'entretien des remparts de celte ville ou à payer le iiobelgelt, taxe de radiai de cette obligation. En 1480, ils soutinrent, de concert avec ceux de Caprllc-au-Hois, qu'ils ne devaient le nobetgelt qu'une fois tous les 53 ans, et que, comme ils l'avaient payé en 1474, on ne pouvait le leur imposer de nouveau. En llilG, leur cote s'éleva à 172 livres de 40 gros de Flandre.
I.XDi'STRiE, commerce, noi tes. — La situalion du bourg, au milieu de villages qui étaient tous plus pauvres que lui, et les privilèges dont il jouissait, favorisèrent l'accroissement de son industrie et de son commerce. Son marché du mercredi, où on ne levait aucun tonlieu, aucun droit de cuiller, n'a jamais cessé d'être trés-fréquenlé; on s'y servait autrefois d'une mesure particulière : sept quartauts de blé, à Merehlen, équivalaient à huil quartauts, mesure de Bruxelles. Il s'y lient aussi une foire, le mardi après le premier dimanche qui suit le l.'iaoùt. Une boucherie (maceria) existait déjà dans le bourg en 1321 ; le 13 février 1 309-1 .'i 10, le chef-maïeur, les échevins el les jwortmeesters conclurent
1 Le 10 janvier I ISM48B, Philippe Ifl Bon abandonna a la franchise do Morclitcn la moilié des amendes prononcées par les eehevins.
des minons i>e Bruxelles. 79
nn accord met- k* couvreur Pierre Michiels, afin qu'il couvrit d'ardoises cet édifice. Il fut brûlé en 1543, et, pendant vingt ans, on vendit la viande dans une petite masure que des boucliers avaient achetée; la nouvelle boucherie, construite en I5(i3, sur remplacement de l'ancienne, Tut de nouveau incendiée en 1871. Suivant une déclaration, en date du 15 janvier 1556-1 557, on abattit à Merchlen, en 1555, 250 vaches, génisses et veaux.
On trouvait jadis à Merchlen des commodités que l'on y chercherait \ainement de nos jours : ainsi, l'on y voyait un change; le nom de lombarde-vell atteste que des préleurs sur gages y ont été établis. Il y a eu aussi une éluve ou bain public, (stove) *, d'où la dénomination de Stoofslrate, que porte la chaussée de Bruxelles, à son entrée dans le bourg. L'industrie drapiére a cessé de ileurir à Merchlen, mais il y existait encore, en 1846, 1 moulin à venl, 2 moulins à eau, 1 moulin à > a peur, 3 distilleries, 4 brasseries, 2 teintureries, 1 tannerie, 2 fabriques de chandelles et 2 fabriques d'huile, Le moulin à eau dit le Baut-niolen ou Binne-moleity appartint jusque vers l'an 1400, aux ducs, qui le cédèrent alors aux Pipenpoy, avec l'ancien château; il servait aussi, au quinzième siècle, è la moulure de la drèche. Le 11) juillet 1487, le receveur d'Overzenne, (îosuin Vandernoot, autorisa les héritiers de sire Henri Pipenpoy, à construire un moulin à huile, qui était devenu, en 1559, un moulin à drèche, et qui prit le nom de LaugeveUt-wolvit. 11 est activé, comme le précédent, par la Bollebeek. En 1502-1503, l'abbaye de Grand-Bigard conclut une convention pour la bâtisse d'un moulin à eau près de la ferme de Bcrchcm, à Merchlen ; c'est peut-être le Stumpmolen, qui se trouvait sur le ruisseau de Saint-Jean et qui était tenu à cens de la seigneurie de Diepesleyii, à Steeuhull'el; ce Slampinole» était depuis longtemps en ruines, lorsque le seigneur de Merchlen acheta, en 1704, l'emplacement qu'il avait occupé. Quant au moulin à vent de Pey- Mgheni, il fut élevé, vers l'an 1400, par les soins de Pierre Pipenpoy, qui se soumit à payer au duc, • pour le vent de ce moulin, » une redevance annuelle de quatre setiers de seigle. Les Pipenpoy acquirent des ducs, pour leurs moulins, le droit de banalité, ce qui provoqua fréquemment des contestations entre eux et les habitants ; enlin, après I68«J, à la suite d'un procès contre le magistral, ils laissèrent celle prérogative tomber dans l'oubli.
Le centre du bourg, qui forme une pelile ville riante cl bien bâtie, doit avoir élé pavé dès le treizième siècle; en 1321, il y exislait déjà une rue (platea) cl une nouvelle rue ( nota plaleu). Celle
1 Eut uoj'k ijthccttn Je Stove, mette uschyrcchl <laeraen liyyendc, 8 juillet 1557.
dernière ( In Nieuwe Straete actuelle ), fut peut-être ouverte a l'endroit où, en mai 1292, le duc Jean I«* avait donné à son clerc ou secrétaire, Imbert Vandereycken, un bonnier situé entre le marebé et la demeure du curé. Aucune communication pavée ne reliait Merchten aux localités voisines, lorsque, en 1827, on construisit la route de Vilvorde à Alost. Quelques années après, on prolongea jusqu'au bourg la chaussée de Bruxelles & Wemmel. En 1850, on a pavé le chemin allant par Steenhuflel, Londerzeel etCapelle-au-Bois,àMalincs; et l'on va incessamment transformer en route celui qui aboutit à la station du chemin de fer à Buggcnhout ; du moins, dans ce dernier village, les matériaux sont déjà préparés. Pour compléter ce beau réseau de chaussées, il serait nécessaire d'empierrer le chemin d'Assche à Merchten, qui mettrait celui de Steenhuffel en communication directe avec l'ancienne chaussée romaine de Bavai à Asschc.
Les cildes de Merchten. — Il y avait ù Merchten trois gildes de tireurs : les arbalétriers de Saint-Georges, les archers de Notre-Dame et ceux de Saint-Antoine. La première tirait l'oiseau le jour de Saint- Pierrc-ès-licns, et la deuxième, à la féle du Saint-Sacrement. Dans chacune de ces sociétés, le jugement des querelles qui s'élevaient entre les membres appartenait au roi, au doyen cl au connétable ou chef-homme. Jossc Mertlens,roi,les doyens et les autres membres de la gilde dcNotre- Damc achetèrent, le 18 août 1592, pour leur servir de jardin d'exercice, un terrain situé ruelle de l'Hôpital, près de la rue du même nom.
Les arbalétriers de Merchten se distinguèrent, en 147G, au tir de Malines,ct, en 1500, au grand tir donné par l'archiduc Philippe le Beau, à Bruxelles. Les archers de Notre-Dame remportèrent a deux reprises, dans cette dernière ville, le prix de la plus belle entrée. En 1532, ils y allèrent au jeu des haies (haeghspcl) ou tir ouvert surtout aux campagnards, les uns à pied, les autres h cheval, et accompagnés de chars. A Molenbeek, où leur cortège s'arrangea, un grand nombre de paysans des localités voisines de la leur, se joignirent à eux pour leur faire honneur. Tous portaient une chemise placée au-dessus de leurs pourpoints, des bas noirs et un bonnet de même couleur, orné d'un plumet de papier découpé. En 1565, a un autre jeu des baies, plusieurs archers de Merchten étaient à cheval ; tous les autres portaient un arc bandé, un carquois, et, à la ceinture, une corde de rechange. Un justaucorps bleu, frisé, et à bordures de parchemin blanc, des boutons de verre blanc , des manchettes, des pourpoints blancs, des ceinturons de même couleur, des chapeaux ou bonnets bleus a plumes blanches et bleues, et des bas noirs, composaient leur costume. Beaucoup avaient un chapeau de soie, orné d'une chaîne d'or. Ils étaient plus de 200, et
logèrent tous à la même auberge, à la Porte d'or {de Guide poorle).
La gilde de Saiut-Aiiloinc,dont Gilles Van Zccbroeck fut roi en 1718, se rendit, vers l'an 1354, à Dieghem, où elle obtint le prix de In plus belle entrée, celui du plus bel ébattemcnl, celui du meillcurvacanne Çt schoonste lamjt), et celui du triomphe le plus joyeux {'tvrolycstevieren). Des cavaliers et des chariots faisaient partie du cortège, où figurait Van Oesbroeck, qui était alors un des chefs de la société. En 1542, la gilde gagna le joyau du pays ('I landjuiceel) à Schelle; et c'était par conséquent à elle à donner le concours l'année suivante ; mais l'invasion des Gueldrois en Brabant lit ajourner toutes les fêtes publiques; le landjuiceel de Merchlen ne s'ouvrit que le second jour de Pentecôte, en l'année 154!), par l'entrée des sociétés concurrentes. Le tir dura une semaine entière : In gilde de Rumpst y fut victorieuse et donna à son tour un landjuiceel, où la palme fut décernée aux tireurs de Mccrhout, et, au grand tir qui cul ensuite lieu dans ce dernier endroit, le premier prix, cinq assiettes d'argent, fut gagné par les archers de Relhy. Ceux-ci ayant annoncé un concours en 1564, les archers de Merchten s'y rendirent au nombre de six et accompagnés de leurs jurés. Il y cul quelques dillicultés pour le prix, qui fut décerné à ceux de Merchten ; leur seigneur, les magistrats du bourg et un grand nombre d'habitants allèrent chercher les vainqueurs. Pierre Pipenpoy leur donna à Kelhy un grand repas de 128 couverts. Le lendemain, ils couchèrent à Herentals ; le surlendemain, a leur arrivée a Malincs, où ils étalèrent leurs prix devant leur auberge, quelques habitants notables allèrent à leur rencontre et la ville leur offrit neuf doubles mesures de vin. A Wolverthem, on les régala d'une aime (ou tonne) de bonne bière d'un demi-sou {hal/f stuyvers hier), et les habitants les accompagnèrent au son des tambours, jusque près de Merchten qu'ils trouvèrent illuminé; une tonne de goudron flamboyait devant chaque maison. C'était de nouveau à eux à donner le landjuweely mais les guerres de religion qui éclatèrent peu de temps après, les auront exemptés de celle obligation. La gilde avait obtenu, le 2C avril 1531), l'aulorisalion d'ouvrir une loterie d'objels d'étain (tinneicercke), comme la franchise elle-même l'obtint, le 11) janvier 1558-1559. Au tir de l'arc à Bruxelles, en 1550, le fou de la gilde de Merchten eut le second prix.
Il existait à Merchten une autre association , d'une espèce plus singulière : c'était la gilde de. Saint-Ktienne, dont les membres se servaient de frondes. Lorsqu'ils liraient l'oiseau , on plantait en terre un pieu s'élevaut a deux pieds au-dessus du niveau du sol, et que l'on surmontait d'une petite couronne, dans ou sur laquelle se trouvait placé l'oiseau. Lors des tirs pour la royaulé annuelle, chaque
membre de la gildc lançait six fois sa pierre; celui qui atteignait le plus souvent l'oiseau ou qui eu approchait le plus, sortait vainqueur du concours; une corde attachée au pieu dont nous vêtions de parler, servait à mesurer les distances * .
Hôpitaux, écoles, HOMMES rem\i\qu.\bles. — Il existait déjà a Mcrcliten, en l'année 1*21)4, une chapcllenie sous l'invocation de Sainte-Catherine, et, en 1321, un hôpital qui reconnaissait la môme patronne. Trois ou quatre religieuses y recevaient les pèlerins et les pauvres voyageurs. Le 8 avril 1505, nous voyons Ide Sbras, « dame de cet hospice, » et les autres sœurs , Josine Vandenhroeck et Ayc Svveerts , admettre Amoiil De Vos à vivre avec elles. Les religieuses ayant longtemps mené une vie scandaleuse, et s'élanl enfin dispersées, Matthias Yanhovc, vicaire général de l'archevêché de Malines, s'empara de leur habitation, qui était abandonnée depuis plus de 50 ans, et qui avait élé ruinée pendant les guerres du seizième siècle; il chargea, en 1592, le chirurgien Martin Broom, de la gestion des biens de la fondation. Ensuite, d'accord avec le comte de Solrc, qui était alors seigneur du village, il appliqua les revenus de l'hôpital à l'entretien du séminaire de Malines. Les habitants ayant réclamé, Vanhove, devenu archevêque, consentit à ce que ces revenus fussent abandonnés à la commune, à la condition qu'elle les emploierait au profit d'un chapelain, du maître d'école et des pauvres (21) mai 1601)). En 1052, la somme que les biens de l'hôpiliil devaient fournir pour les besoins du culte fat fixée à 200 llorius par an. Du temps de Van Ceslel, on ne voyait plus que les fondements de l'ancien hôpital et son cimetière. Il a été reconstruit de nos jours, sur les dessins de M. Spaak, avec le produit d'une exposition ouverte eu 183!). Il a élé ouvert au mois déniai 1845, et est desservi par une congrégation de Sœurs Hospitalières, venues d'Assche.
L'ancien hôpital possédait quelques cens, que l'on percevait à la Saint-Thomas, et des tiers, qui étaient tenus de Ternioude en arriéreliefs. Les pauvres de Merchten sont assez richement dotés; leurs revenus s'élevaient, en 1 787, à 2,544 florins. Dans le principe, ils avaient, ainsi que l'église et l'hôpital, leurs tenanciers jurés (luthen sheylighs yecsls don Merchteii). lue léproserie a existé au sud du village, à l'endroit nommé tien Sicckptit.
Le 14 avril 1507, le curé, Mathieu Weyns, qui était aussi écolàtreou directeur de l'école, fit, au sujet de celle-ci, un accord qui devait durer six ans, avec le maire, les échevins, les maîtres d'église et les maîtres des
« AnliftiUytm tan Menktcn, §193 h — YOVCZ aussi ma Notice hhtorique M/ le» OHcieui tmmtU de Bruxelles, pp. fi ci ?8.
pauvres. Il s'engagea a instruire les enfants riches et pauvres, ces derniers gratuitement. La commune, par contre, lui assurait tous les ans
I florins du Khin; l'église, 5 florins; les pauvres, 5 florins. Kn outre, comme il avait l'intention de quitter la cure, on lui promit, pour augmenter ses ressources, de lui accorder quelques services religieux, « ni « des plus grands, ni des moindres. » Il déclara en outre que jamais il ne transporterait l'école ailleurs.
Parmi les enfants de Merchten qui méritent d'être cités, nous mentionnerons les poètes Daniel Van Oesbroeck et Jean Acrts, et l'horloger Antoine Sacré, né en 1772, et que plusieurs princes allemands sollicitèrent en vain de quitter son pays natal. Daniel Van Oesbroeck, maire de Merchten, est auteur d'un poëmc divisé en strophes de 13 vers, composé de .",445 vers ( outre la préface, et une annexe de 525 vers, ajoutée au mois de décembre I5ti5), et qui est intitule Antiquiteyten der vryheydt ende prochie van Merchten, beschreven indichte, doory etc.
II l'acheva le 23 juin 1565 ; il l'avait commencé, en l'année I5b3,à l'époque où l'on reconstruisait la boucherie. « Alors, dit-il, je me prome- « nais souvent en cet endroit; je composais cette poésie simple et rude, « vers laquelle mon esprit me portait, et comme mon cœur acceptait « volontiers ce travail, il me paraissait léger. Il éclairera beaucoup de • questions, qui ont parfois embarrassé des hommes de savoir > Van Oesbroeck est d'une exactitude minutieuse; mais, il ne s'occupe que de détails d une importance secondaire , et n'a rien puisé dans les historiens; il ne parle ni du llunsberg, ni d'Kmeberl , ni de l'origine de la franchise, ni des Pipenpoy, ni de la gilde de la draperie; il ne rapporte aucune vieille tradition, aucune légende curieuse. Il déclare cependant s'être principalement appuyé sur des ouï-dires et des pièces anciennes; en réalité, il ne connaît que ce qui sest passé de son temps. Son style est sans grâce et sans élévation ; les répétitions, les longueurs y abondent ; la nécessité de trouver une rime oblige fréquemment l'auteur à sacrifier lu clarté de sou récit. Enfin Van Oesbroeck n'est rien moins que poète : c'est un homme pieux et simple, mais dont la poésie reste constamment terre à terre.
Dansson proéme,ens'adressant au «noble et discret seigneur, messire Pierre Pypenpoy, seigneur de la franchise de Merchten, » il rappelle qu'il avait reçu de son père et de lui l'oflicc de maire de leur seigneurie; à l'occasion de l'acquisition par Pipenpoy du droit de haute justice, il lui offre un petit mémorial, contenant tout ce qui concerne la franchise. Après s'être excusé de se mêler d'écrire, il déclare que, quoique son
ouvrage soil de In rhétorique (c'est-à-dire de la littérature) grossière, ou le lira avec plus d'agrément en vers qu'en prose *. Pour entrer en mn-
« Don cdelCD COdedUwreten heerjoncker, Peeter Pypcnpoy . heereder vrybcydt van Morchlen.
Eerweerdighe. edel ende discrète heerc,
Ick bon indachtich tôt elcken keere .
Dat wylen u hecr vader in synen tyden
M\ heeft ghedaen groote vnndtschnp ende cere,
Van my te jonnen sonder cenich verseerc,
D'oflltie van zynder moyeryen,
Dwelck oeck naer syn doot. tôt mynon bevryen.
Ry u heeren willichlyck is ghecontlrmeert;
Dccs deucltt en hebbe ick nyet willen loelcn lyen,
Alsoe ick midis desen aen u ben \erobligeerl
Danckbaer te vallen altyt onghecesseert
Naer myn vermoghen soo t redelyck Tf,
Maer van my mocht wel wordeii gedeclarecrl
T'ghenc dal d'a|>o»tolen spraken \ry :
Gout norh si I ver en es nyet met m y.
Dus hebbe ick myn memorie ghedocht.
VVandt nu by ons is vercregen met hertsen bly
De hooge hcerlickhey t, t'moct syn ontknocht
Der vryheyt van Mercliton, bel is wel gewrorht
Om te bcsrhinckene met een cloyn memonael
By my ghemaeckt. daer in ick hebbe ghesocht
Aile tghene des aeiicK clU int geuerael
l*u y ti r poort ende \r\hc\t cen cort verhael
Daer too ick my besundere wilde verstaen,
Om fsober bescheedt dat men hier vant principael
Soe hier naer elcken claerlyck sal worden ontdaen,
Daer mede veel questie» sullen onlgaen,
Die velo ghemoveert souden hebben, wilt dit mercken,
Dus, edel heer, wildt dit in dancke onlfaen.
Ick hope u hoochcyt sal hier by versterken ;
Ick ben een van de plompc ruyde clercken ;
Du» cest by nae, jae sonder bynae, schandc
My le onderwindeii binnen de&e percken
Du Ut te stellen, die so!>cr ben van verstaende,
Daer Hothorica. als do valiaude,
Behoorl mol consten rustich verchierd te syne;
Maer alsoo men vint in diverseche landen
Meer hetThebbers (lot elcken tcrmyue),
Dan goede constenaers. clck m "t s> ne.
En dat ick de conste oyt hebbe bemindt.
Soe hebbe ick beslaen met bhc schyne.
Naer nnn beste begonst en uwl voïeyiit,
Zeer slecht en ruyt, soe dat blyckt iu dichte.
Kn alsoe myn voernemen vry sonder t'wtnt
Al est plomp Relhohca en wordt nyet geschint,
My doclit dat aldusom lesen was lichte.
Dan in prosa swaer in t' gesirhle:
Hier mode een eynde dit es t sloth,
fcdel heer bljfl bevolen deu hooehsten god.
tière, il s'étend sur la franchise de Merchten, mais sans dire mot des rhartesque nous avons mentionnées. Il entre dans de grands détails sur les salaires des officiers de justice, sur le mode de procédure en matière civile, sur les taxes locales, sur le marché, sur les limites de la franchise, sur les cours censales et féodales qui existaient dans la paroisse , sur les confréries de tireurs qui s'y étaient formées. La strophe 261 forme un acrostiche du nom de l'auteur. Il y remercie Dieu de lui avoir permis de terminer heureusement son livre et termine en se recommandant à la Trinité.
En 1714, un habitant de Merchten, nommé Jean Aerts, copia les Antiquités de Merchten : « Chacun, dit-il, doit connaître la manière de • vivre de nos ancêtres, les usages et les coutumes qu'ils nous ont lais- . € ses, les bonheurs, les adversités, qui ont marqué leur existence. Il « convient, ajoute-t-il, d'étudier les anciens exemples. Leshommes sont à « présent bien loin du droit chemin; le monde devient de plus en plus « méchant; ce que l'on <lii est m ai, les vieilles gens sont les meilleures 1.» Kl nous, qui regardons comme des modèles nos aïeux du siècle dernier, que sommes-nous donc, s'ils n'étaient que des enfants dégénérés? En vérité, la poésie de M. Aerts n'est ni très-élégante, ni très-consolante.
Pourquoi les Merchtenois portent-ils le surnom de bttveurs de thé (thedrinekers) ?
L'église de Merchten. — L'église de Merchten date d'une époque très-reculée, et probablement du temps d'Émebert. Une charte épiscopale In donna à l'abbaye d'Ailligliem, en l'année 1120, du consentement de l'archidiacre Waller; en 1117, dans une charte de ce dernier, intervient Anelin, * prêtre de Martines. » Dans la suite, les chevaliers de Hobosch revendiquèrent, comme une partie de leur patrimoine, le droit de conférer la cure de Merchten ; mais l'un d'eux, nommé Siger, renonça
> lek Jonnnes Aerts. binnen Merchten woonachtich.
Tôt aile naerrommelingen profTyt waerachtieh. Hebbc met mynder bandtdie overgeselh en geschreven. Op dal een iegelyrk soude syn gbedachtich, Hoe dat on s voorouders plachten to leven. Wat rechten en coustumen ons van hen syn achtergcbleven. Wat geluck en tegenspoet sy ooek hebben gbehadt. Ghelyrk den Ileer hun heufl gheproeft eu ghedreven. Aude exempelen t' aônsien is goet en rompt te bal ; De monschen syn nu verre van den rechten pat; De wetrell corn ut lanex hoe boosor opt les te. Tïs waer dat men seyt. daude lieden syn de beste.
In mey XVII* en vierthienste jacr, was dit voorschrevpn Leest net en syt danckbaer (Ce qui précède fut écrit en mai I7U ; lisez-le et soyez reconnaissant).
T 11. ii
solennellement aux prétentions qu'il avait élevées de ce chef (août 1
A en juger par de nombreux rapprochements qu'il serait trop long d'indiquer ici, les chefs des diocèses abandonnaient d'ordinaire n la même corporation ecclésiastique tout ce qui ressorlissail a une seule église-mère. Aussi pourrait-on supposer, qu'à ce titre, Merchten commandait autrefois, sous le rapport spirituel, à tout le territoire qui s'étend du plateau de Brusscghem aux rives du llupcl. Dans cette contrée, onze églises obéissaient à l'abbaye d'Afflighcm ; et, de ces onze églises, celles qui sont devenues les plus importantes, Puers et Lonilerzeel, n'étaient, la première, qu'uue demi-église, la seconde, qu'une annexe d'Ossel ; Liezele et Bacsrodc ne possédaient que le rang de chapelle ou d'annexé ; quant aux autres, elles avaient si peu d'importance qu'aucun document ne constate la donation de leur patronal aux religieux d'AlIlighem : Brusscghem dépendait d'Ossel ; Malderen cl Lippeloo sont, selon toute apparence, des démembrements de Liezele ; Buggcnhoul et Slcenhuficl paraissent avoir été primitivement compris dans la paroisse de Merchten.
Au treizième siècle, le monastère d'Afflighcm acquit successivement presque toutes les dîmes que les laïques levaient à Merchten. Au mois de mars 1239-1240, le châtelain de Bruxelles Léon, el sa femme Sophie de Grimberghe cédèrent aux religieux toutes leurs dîmes novalcs a Merchten et à Malderen. En 4 701, le produil de la dlme de Merchten s'élevait à 3,804 ou 5,830 florins (I florin 18 sous par bonuier); on l'engrangeait dans la ferme appelée encore aujourd'hui de Thiendeschuere {Grangia, 1253). En 1787, l'a ugmcnla lion de la population du bourg engagea l'archevêque de Malines à adjoindre au curé el à son vicaire uu second vicaire. Le plus ancien bénéfice de l'église, la chapellenie des Ames ou de Notre-Dame, qui existait déjà en 12î)4, avait été annexé à la première vicairie, par lettres de Codifiai Amé Coriache, en date du 13 avril! (14!). Nous parlerons plus lard de la chapellenie de Ter-Spell ; quant à celle de la Sa i nie-Croix, elle fut fondée en 1303, par le chapelain Henri Vandenheede. Le 20 août 1310, Jean de llondt, chanoine de l'église de Sainte-Gudulc à Bruxelles, institua trois inesses qui devaient se célébrer loules les semaines à l'autel de la Vierge : le jeudi, en l'honneur de la Sainte-Croix; le mardi, en l'honneur de sainte Anne, et le dimanche, à onze heures ; le 30 septembre 1071, Josse Van Ilaelen fonda une messe du Saint-Sacrement ou du jeudi, qui devait se dire, de PAques à Noèl , à six heures, et le restant de l'année, à sept. Au nombre des anniversaires qui se disaient à Merchten, nous devons citer celui de maître Nicolas Alexandiï, institué le 13 novembre 1300, par ses exécuteurs lesta ment aires, mallre Pierre Middelborch, greffier de la
DES ESVIIUMS DE URIXELLES. 87
cour féodale de Brabant, et par sa veuve, demoiselle Claire Van Aclsl.
La dédicace de l'église se célèbre le irr août, jour de Sainl-Pierrc-èsliens, mais il n'y a pas alors de cérémonie religieuse. La véritable fêle locale a lieu le i 5 août, à l'Assomption. Jadis, ce jour-là, on ouvrait l'église a trois heures du matin, et, pendant neuf jours, un grand nombre de pèlerins parcouraient, à pieds nus, le chemin que suit la procession. Le dixième jour, la fêle de la chapelle de Ter-Spell terminait les réjouissances. Comme celles-ci donnaient lieu a des désordres et à îles querelles peu compatibles avec le respect que doit inspirer la célébration d'une grande Tête religieuse, les habitants demandèrent à l'évéquc Hobert de Croy la permission de la transférer au dimanche qui suit le jour de Sainl-Picrrc-ès-liens ; mais, après avoir obtenu celte faveur, ils furent forcés d'en réclamer l'annulation ; elle n'avait pas eu le résultat désiré (30 juillet 1 Ii54). La procession constituait alors un véritable ommegang ou cavalcade, et l'on y jouait des mystères, c'esl-u-dire de petits drames religieux.
Au quatorzième siècle, des miracles illustrèrent l'église de Me relit en. Un nommé Simon Den Cock fut chargé par le curé, deux échevinset les maîtres d'église, de Iaxis d'un grand nombre de • bonnes gens, • de recevoir les offrandes qu'on y apportait à l'image miraculeuse de la mère du Sauveur. Comme Den Cock n'était pas lettré, et que sa nomination ne devait avoir de valeur que pendant un an, le curé consentit à ce que l'acte qu'on lui délivra fut rédigé en flamand (diesche, jour de la Nalmlé de Notre-Dame, en 1 55:*). Une charte, scellée le 0 décembre 1382, par le curé, maître Jean de Saint-Céry, énumère plusieurs miracles opérés grâce à l'intervention de la Vierge de Merchlen. La statue de celle vierge, suivant une tradition très-ancienne el très-répandue, était destinée a un autre édifice; en la transportant, on la plaça temporairement dans l'église de Merclitcn ; là, au moment où on voulait l'enlever, elle parut si pesante, qu'on se décida à l'y laisser.
Le quatorzième siècle vit s'organiser, en 1575, la confrérie de Notre- Dame, dont les membres, suivant les statuts, devaient se regarder comme frères et sœurs; elle donnait, tous les ans, dans l'église même, « pour entretenir l'amitié entre les confrères, » un banquet où toul le monde pouvait venir, à charge seulement de payer sa quote-part. Cet usage, après avoir cessé pendant longtemps, fut repris en 1395; le 29 octobre, plus de 200 personnes, venues de Merchlen et des communes voisines, prirent part au festin ; elles offrirent 581 florins du Rhin, cl, comme le repas ne coûta que ICfi florins, le trésor de l'église s'enrichit de 203 florins, plus 29 florins que produisit la vente des reliefs du dîner. Lorsqu'un membre de la confrérie mourait, le fossoyeur par-
courait la franchise en sonnant; il criait à tous les coins le nom du défunt, et invitait à dire pour lui un pater noster. A l'enterrement, on portait devant le deuil la bannière de la confrérie
La gilde érigée sous l'invocation de saint Antoine, faisait dire le lundi une messe, à laquelle tous les membres devaient assister ; elle accompagnait une procession qui avait lieu, le 17 janvier, en l'honneur de ce saint, et en souvenir de ce que son intercession avait autrefois délivré le bourg des ravages de la peste. L'autel de Saint-Antoine se trouvait d'abord sous le jubé ; au mois d'août 1 641 , on le transféra à l'autel de la Sainte- Croix, dont l'administration fut alors abandonnée à la gilde. La confrérie du Saint-Sacrement datait de l'année 1754, celle du Rosaire, de 1654; celte dernière était à peine instituée, que ses maitres de chapelle voulurent vendre à son profit les offrandes faites à l'autel de la Vierge: cités devant le conseil du Brabant par les échevins, à la demande du prêtre Vanderlaen, parent du seigneur d'alors, ils furent forcés de renoncer à leurs prétentions, et ils résignèrent leurs fonctions aux maitres de la fabrique de l'église (15 décembre 1655).
La tour carrée de l'église passait, il y a deux siècles, pour la partie la plus ancienne de l'édifice, en même temps que le côté septentrional de la nef, où l'on voyait encore un rang de piliers carrés, indice certain d'une construction romane. Le 20 juin 1479, la gilde de Saint-George donna, pour la reconstruction et l'agrandissement du chœur, les beaux vases d'argent qu'elle avoit gagnés trois ans auparavant, a un tir A Malincs. La fabrique les vendit 25 livres 7 escalins, et, en remerclment de ce don, fonda une messe hebdomadaire, en l'honneur de saint George. Lors de l'incendie de l'année 1571, le feu prit, vers les neuf heures du malin, au clocher de l'église, qui brûla jusqu'à deux heures, et tomba alors sur la nef, qu'il mil en flammes. Tout ce qui pouvaitoffrir un aliment au feu : toilure, autels, jubé, orgues, objets d'art, etc., tout fut consumé. L'abbaye d'Aulighem, en qualité de grande décimalricc, était tenue de faire voûter et couvrir le chœur, couvrir la nef et fondre une nouvelle cloche ; mais elle ne s'acquitta que de la première de ces trois obligations. Les habitants, ruinés eux-mêmes par le désastre, n'auraient pas, en d'autres circonstances, sollicité l'assistance d'autrui pour réparer leur temple paroissial. Après s'être empressés de construire le chœur de la Vierge, et d'élever la tour (t beelfroot), qu'ils garnirent d'une horloge, ils intentèrent un procès à l'abbaye. Entre-temps, ils recueillirent des offrandes dans plus de 70 paroisses, cl, en 1576, ils eurent la satisfaction de voir leur église entièrement restaurée, à l'exception du clocher ; ce ne fut
» Jnliqutttyttn van Merchttn, g I8i à 189. — Antitjuitatss parochiœ de Mtrchten.
que le 11 mai 1595, que maîtres Mathieu cl François Rusquin, charpentiers, entreprirent la construction de celui-ci, pour 250 florins du Rhin. Il était de forme octogonale et avait GO pieds de haut. La tour elle-même était haute de 90 pieds.
Pendant les troubles de religion, l'église fut pillée, et son horloge emportée par ordre du capitaine Baldi, qui la lit vendre à Termonde. En 4585, les habitants rappelèrent leur pasteur, Jean Pcelman, qui s'était réfugié dans le pays wallon, et qui ne mourut qu'en 1624, après avoir rempli à Mcrchten les fonctions pastorales pendant 55 ans. La dîme ne produisant presque rien, ils lui votèrent, pour son entretien, une somme de 100 daelders, qu'ils se procurèrent, en partie, en vendant deux belles remontrances. Le successeur de Peclman, Philippe Van Hulsen, devint archiprélre du doyenné d'Alost, et, à sa mort, en 1640, créa deux bourses à l'université de Louvain. Arnoul Van Zinnick le remplaça, et mourut en 1656. Ce fut lui qui acheva la restauration du temple. Il fit voûter la nef, reconstruire le portail, orner de peintures l'autel de la Vierge et celui de Saint-Antoine ou de la Sainle-Croix. Les temps qui suivirent ne fournissent aucun événement digne de mention. Dans la nuit du 24 au 25 mars 1815, la foudre étant tombée sur le clocher, celui-ci prit feu et s'écroula sur l'église, dont il ne resta bientôt plus que les murs. Le roi Guillaume accorda au curé 20,000 francs, afin qu'il pût faire disparaître les traces de ce désastre, qui faillit se renouveler en 1819, le tonnerre ayant de nouveau atteint le clocher, le 22 juillet, à 8 1;2 heures du soir; heureusement il ne causa presque pas de dommage.
L'églisede Merchten, jadis dédiécà saint Pierre, reconnaît aujourd'hui la Vierge pour patronne. C'est actuellement l'une des succursales du doyenne d'Assche. Elle se compose d'un vaisseau de quatre travées, soutenu par des colonnes cylindriques, recouvert par des voûtes a nervures croisées, et recevant le jour par des fenêtres cintrées. Trois absides le terminent; toutes trois ont été reconstruites, sauf la chapelle de gauche ou de la Vierge, où l'on remarque encore de grandes et hautes fenêtres ogivales, des contre-forts ornés de niches richcmenl décorées, et des voûtes prismatiques. Au-dessus du chalcidique s'élève un petit dôme,et, en tête de l'édifice, une tour carrée, à laquelle une svelte tourelle, de forme ronde , sert de cage d'escalier, et que surmonte un toit profilant en talon et supportant un clocher octogonal. L'ancienne porte de l'abbaye d'Afllighem cache la partie inférieure de la façade du temple. C'est une magnifique construction, de pierres de taille. Elle avait coûté 40,000 florins au monastère ; l'église n'a dépensé que 5,000 francs pour l'acquérir, la faire démolir, transporter et rcédificr; encore le gouverne-
M histoire
ment est-il intervenu ilans ectte dépense, pour une somme de 1,000 fr. Le chronogramme: aVgVst* CiirIstI fIDeLIVM aVXILIatrIGI (1838), indique In date de 0C8 travaux.
On voit} sur le maître autel une Assomption , de Crnyer, cl, au-dessus des stalles du ehfrur, les Quatre Evangétistes , peints, vers 1820, par De Landslicer, une Descente de Croix, par Vcrsrhaeren , qui a été gagnée par la fabrique au premier tirage de la loterie d'ol>jels d'art organisée par le gouvernement, et un tableau attribué A Coxie, Saint Sébastien, qui provient de l'église de Saint-Géry à* Bruxelles et qui est la propriété du curé actuel. A l'autel de gauche est un Saint Pierre délivré de ses liens, par Van Huffel , de Garni, et, sur celui de droite, un autre Graver, ou, du moins, une autre toile attribuée à ce peintre, la Tentation de Saint Antoine. Une vieille toile, placée sous le jubé, nous ofl're Sainte Marie-Madeleine lavant les pieds du Sauveur. Plusieurs membres des familles Pipcnpoy cl De Marselacr ont reçu la sépulture dans l'église. 'Dans le cimetière est placée la lombe sépulcrale de Marc- Antoine Vanderveeken, seigneur de Waesmonl, cl le monument que les religieux de l'abbaye de Saint-Rcrnard ont élevé au dernier abbé de leur ancienne communauté ; il porte l'inscription suivante : n. o. M. — et
—M* MEMOni.E — nEV. ADM. AC AMPLISS.— DOMINI, — RAPIIAÈLIS SEGHERS. — ADDATI/E S. BERNARD! AD SCALDIM , 0RD. CIST., — SAC. TIIE0L. LECT. , IMII0BIS — AC POSTEA EJl'SDEM L0CI ABBATIS XXXVIII, — OBIIT IN MEBCIITEN, NATAI.I L0CO, — PBID.KAL. SEPT. MDCCCX, — AXÎSO .ETATIS G5, BEL. l'ROFESS. 42, SAC. 5'J, — ET ABU AT. DICMTATE 20. — PATRI AMAlvTISSIMO, — VIBO PACIFICO AC MERITIS PLENO, — TEMPOBl'M INIQtITATE ACERBE PROBATO, —
fii.ii dispersi si'pebstites — ci M LACRVHIS et votis p. c. Un petit jardin, qu'un abreuvoir sépare du cimetière , était jadis un lieu d'asile, à ce que prétend la tradition.
Les ciiEVAHEns de Hoboscu. — Entre l'église de Merclilen et la Bollebeek s étendent de larges fossés remplis d'eau, qui enecignent un Ilot « ouvert d'arbres et de buissons el encore appelé de Motte ou de Boryht. Là s'élevait autrefois le château seigneurial , qui fut d'abord un verger appartenant aux ducs de lîrabant , el où ils eurent sans doute un manoir *.
Autour de la franchise étaient jadis groupés un grand nombre de
» Apud Mtrchlints. jujrUi pomerium ,h,mi»i 'tucis ibi.ltm, 1313 Girtul.iirc <h l it.firmrne .lu U,juin,ige Je DruTelle%, f» 25
liefs relevant, les uns du duché de Brabanl, comme les mnnoirs appelés Ten-Houle et Te-Qwedemunle ; les autres des cours féodales de GrimiKTghe, de Wolvertlicm, de Termondc, etc. Aucune des familles nobles qui les possédaient n'égalaient en richesse les Hobosch, dont le nom ligure fréquemment dans les diplômes. A elle appartenaient Égeric, appelé aussi Égeric ou Frégéric de Merchlen (HC4, 114!) envirou, 1150); Siger, qui, par sa femme lde, était parent de Meinard de Bruxelles (1 11)2); Hovvel de H obus c, qui signa, en 1179, le contrat de mariage du duc Henri 1"; David (1199, 1201); le chevalier Henri de Merchlen; son (ils, le chevalier Siger, surnommé Hobosch; le chevalier Henri, lits du précédent; les frères Jacques et Michel de Merchlen, qui abandonnèrent à l'abbaye d'Afllighcm les dimes qu'ils possédaient à Assche, Merchlen, Slccnhulfcl elMalderen, cl qu'ils tenaient en lief d'Ode deGrimberghe (samedi avant la Sainle-Marie-Madclcinc 1 250); Egide de Hobosch, vassal du seigneur de Wolvcrlhem (i 258); Arnoul de Hobosch (1 245); le chevalier Godcfroid de Hobosch (12G3, 1278), et Guillaume, fils de feu Adam de Hobosch, cl qui épousa Catherine, fille de sire Arnoul de Merchlen (13011).
Au treizième siècle, une grande partie des domaines des Hobosch passèrent à l'abbaye d'AItlighem. Sire Henri de Merchlen cl son fils Siger résignèrent eu sa faveur toute la dime qu'ils tenaient d'Arnoul de Grimberghe, à Merchlen (charte d'Arnoul, du mois de mai 1251, de Siger, du mois de novembre 4252). Mais ce fut surtout Siger, qui était très-lie avec l'abbé Jean et avec le frère cellérier, Henri de Hcrdinxhcm, qui se dépouilla de son patrimoine au profit du monastère, tantôt a prix d'argenl, tantôt en pure aumône. Il déclara que tant que Jean et Henri conserveraient leurs oflices, l'abbaye pourrait librement acquérir des terres dépendantes de ses domaines (septembre 1251). Lorsqu'il mourut, il s'éleva quelques conleslaliuus au sujet doses libéralités, entre les religieux et sou fils Henri. Celui-ci confirma enfin aux premiers, à condition qu'ils lui payeraient par an 52 deniers de Bruxelles , la possession de tout ce qu'ils avaient acquis de ses ancêtres : eu tout, 08 bonniers , situés, aux lieux dils Cajyenbcrtjhe, Qudinxberghcn, Mortera, Mirenyhem, Hughengltem , Bosbekc, Hobosch, Dikum et Pensccnyhem ; comme il n'avait pas de sceau, sa charte fut, à sa demande, scellée par l'amman de Bruxelles, la ville de Merchlen et Ieséchevins de celte ville (juillet 1255). En 1268, le mercredi avant la fêle de l'Exaltation de la Sainte-Croix, il renonça en faveur du monastère et avec le consentement de son seigneur Léon d'Aa, seigneur de Grimberghe, à sa suzeraineté sur les liefsd'Adam de Hobosch, de Henneman d'Opheni, de Masselin tic Leest,de Catherine, fille de Paridan d'Eppeghem, de Jean de Pcnscnghcm, de Jean de Suttert, d'Adam Backere, de Henri de Sneppe-
hier cl do Bocli de Honte. Les échevins de Léon, ù Buggcnhout, ayant jugé que cette donation était faite dans les formes, Léon l'approuva, à condition que l'abbaye lui présenterait, tous les ans, à la Noël, une paire de gants neufs.
Après Guillaume de Hobosch,on perd les traces de celte ancienne lignée. Seulement, à la lin du quatorzième siècle, trois frères, Engelram, Jean et He«ri se qualifient fils de feu Jean de Merchtenen (1584); Henri, l'un d'eux, prend, en 1569, le surnom de Meerte. Que devint le patrimoine des Hobosch ? on ne le sait. L'hypothèse la plus probable est qu'il passa, par mariage, aux Pipenpoy.
Les Pipenpoy de Merciiten. — Suivant quelques généalogistes, dont l'opinion est ici corroborée par la ressemblance des armoiries, ceux-ci seraient une branche , soit des sires de Rotselaer, soit des comtes d'Aerschot, qui, les uns et les autres, descendaient, selon toute apparence, des comtes de Louvain, ancêtres des ducs de Brabant. Trois fleurs de lis, au pied coupé d'argent, placées dans un champ d'azur, tels étaient les insignes qui décoraient l'écusson des Pipenpoy. Ceux-ci les portaient, selon de Launay, en qualité de descendants d'un fils d'Arnoul, comte d'Aerschot, Walter de Pipenpoy, qui se serait trouvé, en 1202, à la bataille de Pedel, où le duc de Brabant fit prisonniers les comtes de Hollande et de Gueldre
Le premier personnage de cetle famille, dont le nom soit authentiquemenl constaté, est Guillaume Pipenpoy, échevin de Bruxelles, qui vivait en 1258. Ses parents curent bientôt de nombreux domaines, principalement dans la mairie de Gaesbeek. Ils en acquirent aussi à Mcrchten, où, en 1511, mailre Jean Pipenpoy, chanoine d'Anvers, assigna à son frère Arnoul 50 livres de vieux gros sur des prés et des terres, qu'il possédait aux lieux dits de Munte, Screka (de Scrieck, la peur) et H'omdclatd. A cette époque, le chevalier Rodolphe Pipenpoy, seigneur de Blaesvelt, avait l'usufruit de la dlme de Hobosch et d'Ossel, qui appartenait à Afllighem (1528). Son fils Arnoul, et sa fille Marguerite, qui épousa Jean Wytfliet, seigneur de Blaesvelt, bâtard du duc Jean II, appelé Jean, seigneur de Mcrchten dans le traité conclu entre la Flandre et le Brabant, en 1556, étant morts sans postérité, son héritage passa aux descendants de son frère Walter.
1 Nous avons consulté, pour Ihistoirc dos Pipenpoy. une brochure Intitulée : Mémoires qénialouiquet il htroique$ de lilluttre famille de Pipenpoy, par le $ieur De LlOIàT, et datée par celui-ci de son « estude • à Bruxelles, le 25 février 1645. — Une autre brochure, sans litre ni pagination, contient la généalogie de Henri Pipenpoy, à partir de Walter, qui fut amman de Bruxelles en IStf. Bien que cette publication soit authentiquée par les rois d'armes Vandenleene, Van Ursel, De Grei et Van Berckel, elle contient plus d une erreur.
Celui-ci avait eu pour enfants : le chevalier Waller II, qui fut amman île Bruxelles en 1341, comme son père l'avait é(é quarante ans auparavant; (Guillaume, et Marie, qui épousa le chevalier Arnoul de Mclin.Mcssirc Guillaume de Pipenpoy mourut dans une escarmouche qui s'engagea, en 1340, pendant le siège de Tournay par le roi d'Angleterre, entre un»' troupe de Hcnnuycrs cl de Brabauçons et des Liégeois \ Walter II eut de Catherine, lille d'Amelric Boole, cinq enfants : Walter, Giselberl, Guillaume ou plutôt Gérard, Marguerite, religieuse à Petil-Bigard, et Helcwide, qui s'allia, d'abord à Guillaume Swacf, puis à Léon Happoert.
Nous avons déjà eu occasion de signaler la trahison qui causa la défaite des Brabançons à la bataille de Scheut, en 1356. Le sire d'Assche ne fut pas le seul noble, dont on soupçonna alors la loyauté. Le chevalier Gosuin Cyvert ou Van Seven accusa Walter Pipenpoy d'avoir manqué à ses devoirs envers son pays, et le défia en combat singulier. Une lice fut préparée à Louvain, et, le 7 octobre 1357, les deux antagonistes y combattirent, mais armés seulement d'un bâton. Comme Waller n'était pas chevalier, on Péleva à celte dignité au moment où il entrait dans l'arène, en le couvrant d'un manteau (per eujnsdam munteiti mdudionem). Après une longue lutte, il fut traîné hors de la lice, forcé d'abandonner son bâton et son bouclier, et accablé de coups par Gosuin, qui le laissa à moitié mort*. Cette fâcheuse aventure n'empêcha pas sire Walter d'être appelé, en 1305, à i'échevinage de Bruxelles, et, PB 1570, il mourut glorieusement à la bataille de Bashveiler. Comme il ne laissait pas d'enfants, ses biens passèrent A ses deux frères et aux enfants du chevalier Arnoul de Melin (partage en date du 17 janvier 1371-1 572). Giselberl eut, entre autres, le manoir de Hohosch, à l'histoire duquel .se lient les annales de sa race. Quant à Gérard, on trouve ses enfants : Pierre, Waller, Gérard, Jean, qui prit l'habit de religieux A Aflligliem ; Elisabeth, femme de Henri Van Ursene, et Marguerite, femme de Bodolphe de Hontsberge, en possession du moulin banal de Merchten, que leur père parait avoir reçu en don ou à cens du souverain, en même temps que l'ancien château ducal. En 15li0, lui, ses frères Walter et Giselberl, leur sœur Helewide, et leur tante Marie, avaient abandonné au sire de Bouchout leurs droits sur les biens du chevalier Uodolphe Pipenpoy et de Jacques, son fils naturel, et, en retour, Bouchout leur avait promis d'engager la duchesse Jeanne à leur céder les biens de
1 Fboissart. Chroniques t. I". p. 117. i-dit du Panlluun lillerairr. — Son frère et soMir se parlaient ses bit-ns. le 22 février I3VI-I3V1. » Srferia pn «arii/o UOO - Chronique m. aux Auliives du rovauirtf
T II m
Mcrrhien, pour on jouir de In même manière que l'avaient Ont jadis sire Jenn Wylvliel et sa femme Marguerite.
Pierre, Walter et Gérard Pipcnpoy jouèrent un grand rôle dans les troubles dont Bruxelles fui le théâtre en 1421. Tandis que leurs cousins, les lils île Gisclhcrl, périssaient sur l'échafaud ou gémissaient dans l'exil, ils se l'allièrent au parti «lémoerntitpie. Pierre reçut en don du eomte Philippe de Saint-Pol la terre d'Assehe, qui avait été confisquée, et qu'il restitua, en 1150, ii son ancien possesseur. Gérard avait été signalé au dm Jean IV comme son ennemi, et désigné aux vengeances des courtisans; aussi cher au peuple qu'odieux aux favoris, il fut le premier bourgmestre de Bruxelles (février 1421); puis, au changement du magistral, au mois de juin suivant, il devint éehevin. En qualité d'ammnn, il alla, le 8 décembre 1 424, avec une suite de 7 cavaliers el un détachement de bourgeois armés, occuper la ville de liai, pour en interdire l'accès aux troupes anglaises que le duc de Glocestcr avait envoyées à Jacqueline de Bavière, l'infidèle épouse de Jean IV. Il y resta jusqu'au ii'i. Pendant le carême de l'année 142'), une maladie, qui se termina, te 12 mars, par sa mort, i'eiupécba de se rendre au siège de Braine-le-Comle; mais il envoya pour le remplacer, comme commandant des milices bruxelloises, le lieiilenant-auunan Thomas Van Bons. Ce fut son frère Walter qui lui succéda , en vertu de lettres patentes datées de Middclbourg, le tî> mars 1424-142.'). Celui-ci, selon De Launay, devint conseiller el chambellan de Philippe le Bon, lit ensuite un voyage si Borne, puis, ayant eu quelques différends avec In cour, vendit sa terre d'Oplinter, près de Tirlemonl, à Henri de Bcdclghcm. Grâce sans doute A l'influence dont les Pipcnpoy jouissaient, un jugement continua, en faveur de sire Pierre Pipcnpoy, la banalité des moulins de Mcrchten(li mai 1450); ordre fut donné tant aux meysseniers qu'aux autres habitants de la paroisse de faire moudre leurs grains dans ces usines (21 juillet 1432), ce qui fut encore confirmé le 27 juin 1441, le 18 janvier el le 4 mars 1470-1480, el en 1485.
Walter ne laissa pas d'enfants; Gérard n'eut qu'une lille, Jeanne, femme de Thierri De Mol; quant n Pierre, Klisnbclh Vandermeeren lui donna quatre enfants : Henri, Pierre, Catherine et .Malhilde, femme de Jean d'Ophem, qui partagèrent les biens de leurs parents, le 1!t février 1451-1453. Henri avait à Merchlen une cour censale; ayant appris que, selon les lois du duché, lous les justiciers et juges, institués, les uns pour semoncer (ntaïun), les autres pour aviser (in/rc/i), devaient être assermentés, il demanda au duc la confirmation de son droit de choisir, parmi ses tenanciers, sept bonnes gens honorables (seven yovdr eerbare mannen), qu'il pourrait destituer à volonté, et qui, en entrant
DES ENVIRONS DE BUl X ELLES.
m fonctions, promet Iraient «le ne pas recevoir de présents, de ne favoriser personne, et d'administrer la justice à tous, pauvres ou riches, sans faveur ni haine, ce qui lui fut accordé, le 10 juillet 1469. D'après une déclaration, datée du 7 juin 1453, toutes les sentences définitives qui concernaient les hommes de lief et les sujets de sire Henri Pipenpoy étaient prononcées par le chcf-inaïcur de Merchleu et les échevins de la franchise.
Sous le gouvernement des ducs de Bourgogne, les enfants de sire Pierre Pipenpoy ne suivirent pas la même ligne de conduite : Pierre fut bourgmestre de Bruxelles en l'année 14Gt, et eut de longues querellesau sujet de l'amman Jean de Kestergal, dont les amis et les ennemis se réconcilièrenlsolenneliement en I4f>9, mais encoururent tous la haine du peuple, qui les accusaient de dilapider les deniers de la commune. Après la mort de Charles le Téméraire, Pierre fut arrêté, torturé, condamné à mort et décapité sur le Grand Marché 1 ; et son heau-frère, Jean d'Ophem, fut banni, tandis que le seigneur de Mcrchten, sire Henri Pipenpoy, devenait premier échevin.. Dans la suite, la ville de Bruxelles dut indemniser les héritiers de Pierre Pipenpoy des torts qu elle avait causés à celui-ci; elle reconnut leur devoir une rente annuelle de 28 florins du Rhin, drmt elle se libéra en 1497, en l'imposant à Mcrchten, qui lui était encore redevable de sommes avancées pour elle, en 1482, à l'occasion de la guerre contre les Liégeois.
L'union du chevalier Henri, qui mourut le 28 décembre 1481), et desa femme, Marguerite de Sombreffe, étant resiée stérile, il eut pour héritier Jean, (ils de son frère Pierre et de Marguerite Yandenhoricke. Les biens de Jean Pipenpoy et de ses tantes Catherine ctMalliildc furent confisqués, le 17 octobre I48.S, par ordre du roi Maximilien, au profil de Philippe Yandctiiiicuucnhovc, qui avait été nommé maire de Merchlen le 25 septembre de la même année. Un an après, Philippe obtint encore, en récompense de ses services, remise de toulcs les dettes et de tous les cens qu'il pouvait devoir à des ennemis du roi (19 février 1488-1489), et, quelques mois après, il résigna la mairie a son fils Henri. Celui-ci devint aussi sous-ammaii et fil à celte époque une rude guerre aux soldats débandés et a d'autres malfaiteurs qui, sous la conduite du bâtard d'Yedeghem, dévalisaient les marchands, les voyageurs, el Ions ceux qu'ils rencontraient. A la léte des sergents de l'aminannie, il parcourut plusieurs fois le territoire de Mcrchten, le bois de Buggenhout, Assche,
• Celle exécution, celle d'Amelnc Was et relie de J.iCijues de Vry coulèrent .\ livres de l»rabant ; T* <mie ycnvrn arn de justicii' Ainelricx HV11, Peelerê Pipenpoy finie Jitropt de Vry, die aile drie in de Ittopinne ir Hrnenrl ijejuHicieert zyn genertl, aen bu rhteaJcr*, ditncrttt *rerp<ock en and crains 3 /'. /?< Compte* dr lammanme de Smxt/fo
iiistoiiu:
Strylhcm, Mccrbeek, pour saisir le bâtard, dont les brigandages lioiiuaicnt de justes sujets de plainte. Seize fois il se mit à la poursuite d'une bande dont faisaient partie Henri De Moey, Franc Mosterman et Michel Den Langue; les deux premiers furent enlin pris et exécutés, et le dernier tué près de Bouge-Clotire, dans la foret de Soigne. Du temps du siège de l'Écluse, 15 ou 1C soldats échappés de cette forteresse se réfugièrent dans la même forêt et en dévastèrent les environs. Henri, à la tète de 28 sergents de l'ammannie et tireurs gagés de Bruxelles, les traqua sans relâche, et eut aussi à poursuivre une autre bande qui avait menacé de brûler le manoir de « Pirolin, » sommelier de Philippe le Beau. Le zèle de ce serviteur dévoué lui valut l'office «le conseiller de Brabant, et, par intérim, du 1er février au 14 mars 11)04-1503, celui d'amman de Bruxelles. Philippe Vandennieuwenhovc était allié aux Pipenpoy; Jean, son père, avait épousé Elisabeth, fille de Henri Van L'rsene et d'Klisabelh Pipenpoy '. Merchten souffrit considérablement en 1481); son moulin à braie, qui rapportait avant la guerre de 48 à 50 brassins de bière, évalués, chacun â 4 peters, n'en produisait plus, en 1 41)0, que de 3<i à 40.
Jean Pipenpoy épousa Digne de Mol, qui était veuve en 1530. Du temps de son tils, qui portait le même prénom que lui -, les habitants de Merchten firent beaucoup de difficultés pour se soumettre au droit de banalité; les échevins surtout se montraient récalcitrants. Le 21 mai 1533, Jean s'étanl rendu à Merchten, pour y assermenter , en présence du receveur d'Ovcrzenne, le steekhueder ou surveillant d'un des ses moulins, les échevins, sauf un, s'abstinrent d'assister à l'accomplissement de celte formalité. Le soir, vers les 7 ou 8 heures, Jean se rendit à la maison de Daniel Van Oisbroeck,qui était alors substitut du greffier, pour réclamer quelques actes; en causant dans l'allée avec Daniel, il entendit qu'on s'entretenait, dans la chambre voisine, de son droit de banalité; un chapelain de l'église, Jean de Haze dit de Costere, en parlait à haute voix, et protestait qu'il ne se soumettrait pas aux exigences du seigneur. Celui-ci entra furieux, et comme le chapelain persistait dans son opinion, et qu'il parlait aussi d'un Charles Pinnock, qui, selon un bruit très-répandu, attribuait l'origine de la fortune des Pipenpoy à l'alliance du premier d'entre eux avec la tille d'un prêtre, il s'élanea sur lui et lui porta une blessure, dont il mourut le lendemain. Jean Pipenpoy paya cher
1 S,i famille |K»b>odait a Ton -Honte dos cens, qno Jean Vandenuieuwenhow' porta à sa femme. Madeleine Vm Zcebrocck (rclicl du II octobre ti»V2). et qui passèrent ensuite aux Lorqncnghien.
1 Lo se< on.1 Jean Pipenpoy icloa. le 2 mai |5II, le» liefs que son père a\ail tenus de la -nui féodale de Uiabant
cel instant de fureur; il dul apaiser les parents du défunt, el implorer sou pardon du pape et de l'empereur ; ee dernier ne lui aeeorda remise de son erime que moyennant le payement de 100 llorins carolus, valant 25 livres de gros Jean, étant pour la sixième fois éehevin de Bruxelles, en 1544, reçut à l'hôtel de ville l'ordre delà chevalerie des mains de l'empereur ; il était eneore un des magistrats de la capitale des Pays- Bas, trésorier, lorsqu'il mourut à Cambrai, le 28 août 1557. Il avait épousé Digne d'Oyenbrugge.
LeôOoetobre 1551),messirc Pierre Pipenpoy devint aequéreur, moyennant 4,255 livres, de tout ee que le domaine possédait à Merrhten : la limite, moyenne et basse justiee, les amendes, le droit de garenne, de chasse a l'oiseau, de pèche, de eonfiseation, les amendes prononcées au sujet de la fabrication de la bière et du srellage des draps, un cens consistant en 51 llorins consaux, 55 escalins 4 deniers oboles de gros, 10 vieux gros, 15 livres payement , 2 honffstuivers , \ tournois, 12 sous 1/2 braspenninck , 17 livres 2 sous de Louvain, 23!) chapons, ete (relief du M juin 15f>5). Pierre Pipenpoy fut érhoviit de Bruxelles pendant les plus mauvais jours que notre pays ait eus à Ira verser, sous l'administration du due d'Albe, de 1508 à 1570; on le nomma aussi éehevin d'Uccle, le 22 mars 1568-1569, el il ne résigna ces fonctions qu'en 1578. Son frère François, au contraire, cmbrass.i avec ardeur la cause de l'indépendance nationale. Il signa le Compromis des Nobles, mais il ne parut qu'en 1577 sur la scène politique. Le comte de Rennebourg, George de Lalaing, nommé par les Élats- Généraux gouverneur de la Frise, l'amena dans celle province el le nomma drossard de Staveren. En février 1580, il remit le château de celte ville à Sonoy, lieutenant du prince d'Orange. Plus tard, lorsque Rennebourg se déclara pour la cause royale, il ne le suivi! pas dans sa défection, puisque, en 1585, on confisqua une rente de 12 florins par an qui lui appartenait. Le 26 avril 1575-1576, il avait vendu au seigneur de Mcrchten 14 journaux de prés situés dans celle localité el quelques autres biens, moyennant une rente annuelle de 250 llorins.
Pierre Pipenpoy avait élé marié trois fois : à Anne Quarré, a Catherine de Gryse, dont il eut Krard , Martine et Pélronillc Pipenpoy, et qui lesta le 21 septembre 1571, el à Anne d'Oyenbrugge, morte en 1605. Après l;i mort de son époux, arrivée vers l'an 1582, celle-ci eut à lutter contre l'adversité. Le château de Herehlen ayai.l élé incendié et détruit, ainsi qu'un grand nombre d'autres habitations du village, et les trois moulins qui formaient le principal revenu de la seigneurie, Anne
1 r omptes de t'amwaunu rit timstlh*
d'Oycnhnigge se vil diins l'obligation de demander, au nom du jeune Brard, l'autorisation d'hypothéquer la seigneurie de Merchlen jusqu'à concurrence de 800 florins (5 décembre 1585), puis celle de vendre ce qu'elle possédait en engagère du souverain, nonobstant le droit de dévolution réservé au souverain (22 janvier l'iîN)). La haute justice et ses dépendances devinrent la propriété d'Einmaiiuel-Philibcrl de Lalaing, marquis de Renly, chevalier de la Toison d'or, «mirai de la mer, gouverneur et grand bailli du Hainaul, et de sa femme Aune de Croy (r. du 8 mars 1590).
Emmanuel île Lalaing mourut le 27 décembre 151)0, à l'âge de 53 ans, et Anne de Croy se remaria à Philippe de Croy, comte dcSoIre, à qui elle porta Merchlen en mariage. Comme il fallut alors racheter les droits du jeune marquis de Renly, Alexandre de Lalaing, pour qui sa inére avait relevé Merchlen le 4 décembre 1991, on convoqua, en 151)5, nue assemblée générale des habitants de Merchlen, et on leur demanda un présent pour leurs nouveaux seigneurs. Ceux-ci ne conservèrent pas longtemps le bourg, qui fut racheté par le domaine.
Érard Pipenpoy engagea de nouveau la haute justice de Merchlen (leltres patentes du I ! août 1026, relief du 10 octobre 1637), et la laissa à sa fille Sophie-Anne, qu'il avait eue d'une dame frisonne, Julienne de Liaueama (r. du 10 juillet 1639). Le premier mari de Sophie-Anne, Vitus a Camminga, gentilhomme qui était compatriote de sa mère, fut lue à Cobbeghem, le 14 septembre 1052, vers les 4 heures de l'aprèsmidi, dans un duel contre le comle de Culdelecuvv , fils naturel du roi de Danemark. Il n'était âgé que de 24 ans et reçut la sépulture dans le chœur de l'église des Rérollels de Malines,dans le mausolée de son oncle, le doyen d'Osnabruck, Sexlus Liaueama Sa veuve épousa en secondes noces Jean-Albert, comte de Sehellart, el mourut, an mois de septembre 1 070, sans laisser d'enfants, au château de Liaueama en Frise. Elle avait acquis la propriété définitive du domaine de Merchlen, en portant à 25,!iO<) Horins les engagères antérieures (17 octobre 1058).
Derniers seigneurs ok Mkrchten. -- Catherine de Liaueama, fille de George de Liaueama et d'une dame du nom de Camminga, avait épousé le chevalier Théodore Vanderlaen, seigneur de Scrieck el de Crootloo, créé plusieurs fois échevin, eommunemestre el trésorier de Malines, de 1017 à 1044. Elle en eut quatre enfants : Klico-Feidinand , chanoine de l'église métropolitaine «le Saint-Rom baud, messire Erard-Théodore, qui fut aussi, à plusieurs reprises, échevin de Malines, messire Joseph-Alexandre, seigneur de Liaueama, el Sophie-Anne. Ces
' Provint* , tialenJr ditirki tan Mtchtttn, t 11, p. 10 Uiumiilh I i
quatre seigneurs de Mcrchlcii (r. du 22 décembre 107*0), ayant grevé de tories hypothèques leur ]i:ilrhnniue, celui-ci fut mis en vente, à In demande des lu leurs de messire François-Lnncelol de Gollignies et par ordre du conseil de Brabant (H juillet 1087).
Les acquéreurs, sire Jean Van Eelen, chevalier par lettres patentes datées de l'année 1080, mort en I «il»;», et sa femme, Anne Van Eelen, qui mourut en 1702, relevèrent, le 12 août 1087, Merchten, qu'ils avaient payé 07,000 florins, et le laissèrent à leur lils Jean, mort en 1714, sans avoir procréé d'enfants de sa femme Isabelle de Kevel (r. du 27 mars 1097). Jean eut pour successeur son neveu, Michel- Joseph Pcelers dit Van Eelen, (ils de Michel et de Marie-Josèphe Van Eelen (r. du 7 juillet 1714). Sa veuve, Anne-Catherine Goos (20 décembre 1724); leur lils aîné, Michel-Joseph (5 mai 1730), et, après celui-ci, (pli ne laissa pas dVufanls. non plus que son frère, Charles-François- George, sa sieur, Marie-Thérèse (l.'i mais 1700), se transmirent successivement la possession du bourg. Marie-Thérèse Van Eelen prit pour époux, en 174V, Jean-André Peylier, Elançais natif du Dauphiné, auditeur de la Compagnie impériale des Indes, anobli et créé chevalier le 9 avril 1738, devenu ensuite éehevin d'Anvers, et mort le 20' novembre 1704, à ftferchten, où il fut enseveli dans le chœur de l'église. Leur lils aîné Jean-André-Edouard s'allia, en 1791, à Marie Vers! racle, et mourut le 1!» brumaire an XIII (10 novembre 1804), à Merchten, où leur lils a hérité des anciennes possessions seigneuriales.
L'incendie avait privé les Pipcnpoy de leur château, dont les derniers débris ont été vendus pendant ce siècle; jwur servir de manoir et surtout de prison, le comte de Solre et la marquise de Henty achetèrent de Nicolas Vidts » certaine molle, environnée d'un grand fossé, avec les c édifices et maisonnages y eslans, de la grandeur d'environ un vieil « bonnier, appelé ordinairement en Ihiois den Herclt ; » lorsque la haute justice fut désengagée, et que cette propriété leur devint inutile, ils la donnèrent, comme gage d'affection et en récompense de services rendus, à Bernardo Cornelio, de la chambre de l'archiduc, grand bailli^ de la salle et châtcllcnic d'Ypres (Bruxelles, le 13 octobre 100'J). Environ cent ans plus lard, le seigneur Jean Van Eelen l'acquit des héritiers de Simon de llerbosch et de Barbe Calenus, sa femme (12 novembre 1710), et (il planter la belle allée que l'on voit en face de l'ancien château. En 1708, un nouveau manoir fui bâti et subsista jusqu'en 1827, que le propriétaire actuel le fil abattre, à l'exception de deux pelils corps de logis, qui servaient autrefois d'écuries et de remises, et que l'on a convertis en une habitation appelée De Molle. Ce château était peu remarquable, à en juger par une vue qui existe encore chez M. Peylier. Bien
que seigneurs hauls justiciers de toute la paroisse, bien qu'investis, à ce lilre, «lu droit d'y nommer tous les magistrats, ses possesseurs ne parvinrent |ws à annuler la franchise; celle-ci avait en elle des éléments de vitalité qui survécurent a la perle de son indépendance.
Le hameau de Molewyck. — En quittant les environs du château de Merchlen,au nord duquel se trouve un pré dit le Strymeersch, le Pré du Combat, la Bollebeek laisse à l'ouest Ter-Linden, que l'on appelait autrefois Molewyck (Molendini vicus, le hameau du Moulin). Les Was, famille patricienne de Bruxelles,) tenaient, en fief des seigneurs de Termonde, un manoir, et, en fief des ducs de Brabanl, un mansc ou 11 bouniers de terres et de prés, un demi-manse ou G bonniers, un droit de quatrième gerbe sur 8 bonniers, et en outre une cour féodale et une cour censale. Un premier Amelric Waas ou Was possédait ces tenureseu 1512 ; un second les laissa à son (ils Guillaume (relief de l'an 150!M37O),et celui-ci à sa fille Marguerite (r. de l'année 1586-1387). Nicolas, l'un des fils de celle-ci et de Guillaume Pipenpoy, céda une partie de ce domaine à Pierre Pipcnpoy, qui le transmit à ses descendants (1457). Son frère Gisbert eut |Knir sa part le château de Molewyck, qu'il vendit à Philippe Vilain (1440). Les Van Gindertaelen (1408-140!)), les De Ransl (1409-1 511), Hubert Van Cocsvelt (151 1-4 M 5), maître Josse de Keyzer, licencié eu médecine, et ses descendants, possédèrent successivement ce dernier. D'autres Van Gindertaelen vendirent enfin à rrançois-Philippe Taye la ferme et maison de campagne de Molewyck, qui resta depuis lors unie au marquisat de Wemmel (r. du 18 mai 1720) ; cette habitation, alors entourée d'eau, est aujourd'hui une simple exploitation rurale. Une autre ferme de Molewyck fut léguée par Philippe Micaull aux enfants de sa sœur Anne et d'Antoine Boulin (r. du i** juillet 1597). Louis-François Verreyeken, chevalier, seigneur du Sari, en hérita ensuite (r. du 21 mars 104."); Mai ie-Josèphe Du Bosch, dame de Meerc,Overham, etc., la reçut de son aïeule, Jeanne-Marie Verreyeken (r. du 31 décembre 170a), et Gabrielle Du Bosch, douairière de Jean-Baptiste Blondel,la vendit à Jean Brinck et Kmércntiane Kockacrt, sa femme (r. du 10 octobre 17." 7).
IIobosch. — Au hameau de Breestraet, il existait autrefois une grande ferme dite de ffoogcnbosch ou du Haut Bois. Elle a été abattue il y a cent ans environ; des vieillards se rappellent encore d'en avoir vu les ruines, et ses fossés n'ont été comblés que depuis peu d'années. Elle formait jadis, avec 44 bonniers de terres, de prés, de pâtures, d'eaux, de bois, des cens et des rentes, un fief ressortissant à la cour féodale de l'abbaye d'AflligliPin. Des anciens chevaliers de IIobosch, elle passa aux Pipenpoy. Le fief de IIobosch était compris parmi les biens de Giselbert
Pipenpoy, he frère du chevalier Walter, qui mourul à Bastweiler. Ce Giselbcrt fut plusieurs fois éehevin , receveur et doyen de la gilde, » Bruxelles. Sa femme, Marie Swacfs, lui donna dix enfanls : Henri, Giselbcrt, Walter, Guillaume, Jean, Elisabeth, Jeanne, femme du chevalier Hubert d'Asschc, Catherine, qui épousa Henri de Kegel, Marie, femme de Gilles de Weert, et Malhilde, religieuse à Grand-Rigard. Ses biens furent partagés entre eux, le 51 juillet 1419. L'aine, Henri, qui, dans un , combat à mort, avait tué, en 1395, messire Daniel de Masmines, et qui se réconcilia avec les parents de celui-ci, en présence du duc de Bourgogne Philippe le Hardi, ne vivait déjà plus en 1415; mais il avait eu de sa femme Elisabeth de Rhicrcn deux (ils : Nicolas, qui hérita du Oefue Hobosch (relief de l'année 1437), et Henri.
Lors de la conclusion d'un accord entre le duc de Brabant et la ville de Bruxelles, au sujet de l'office d'amman, Giselbcrt, frère de Henri Pipenpoy, se répandit en récriminations contre les nobles qui l'avaient fait conclure, les échevins de Bruxelles qui étaient alors en fonctions, et ceux nouvellement élus. Une sentence, dont on fit la publication avec solennité, le 18 février 1419-1420, le condamna au bannissement et à l'exclusion à perpétuité de l'éehcvinage el de toute charge à la nomination du souverain *. Toutefois, celui-ci n'était mécontent de lui qu'en apparence, cor, à la même époque, il ordonna à l'amman Guillaume d'Assche de lui payer 1,734 couronnes de France et 27 placques, dont Geldolphe, lils de Giselbert, donna quittance au duc Philippe le Bon, le 30 novembre 1438. Geldolphe avait été nommé, par le duc, receveur d'Overzenne, le G décembre 1430.
Les autres branches de la famille subirent un sort encore plus rigoureux : trois des frères de Giselbcrt II, Walter, qui avait été échevin en 1412 el 1417, Guillaume, que la gilde de la draperie avait eu pour doyen en 1415, et Jean, entrèrent dans la ligue formée par les partisans du duc Jean IV, pour soutenir son autorité. Lorsque ce prince, voyant le parti de ses ennemis prendre de jour en jour de nouvelles forces, quitta la capitale en fugitif, Walter convoqua ses amis à la Vrunte pour les engager à le rappeler, puis il alla l'informer des mesures qu'il avait prises pour préparer son retour. Jean IV étant rentré dans Bruxelles el une insurrection y ayant éclaté contre lui, Jean Pipenpoy parvint a s'écliap per; les Étals le bannirent pour 40 années, promellanl une récompense de 500 florins à celui qui le livrerait mort ou vif, s'il reparaissait en Brabanl(<> mars 1420-1421); mais, dix ans après, il obtint sa grâce de Philippe le Bon (27 janvier 1 430-1 451). Quant à ses frères, Guillaume fui
' A Tiit«o. I. c , litre i.c. «7