‹ Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette villeChapitre 20 sur 43 · SIS · texte numérisé non relu

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leur retour les bâtiments dévastés et les biens en partie aliénés; cependant, elles remirent avec courage la main à l'œuvre et elles parvinrent à rendre à l'hôpital sa première splendeur. Mais , depuis celte époque jusqu'en 4660, elles eurent encore à lutter contre le magistrat , qui tantôt voulait leur imposer des logements militaires, tantôt les faire contribuer dans les accises et autres charges de la commune. Le 14 juillet 1642, celle-ci déclara que les sœurs ne recevraient des logements militaires que lorsque les autres habitants en seraient surchargés et qu'on ne tolérerait aucune exemption. Le curé Antoine Sleenbakkers voulut aussi, mais sans succès, les obliger à recevoir des vieillards des deux sexe3 (1736) '. En 4774, le magistrat et les maîtres des pauvres se plaignirent au gouvernement de ce qu'ils devaient subvenir à l'entretien d'un grand nombre de malades, parce que les religieuses prétendaient ne devoir en recevoir que 6 ou 7 à la fois; à en croire celles-ci, elles en admettaient autant que possible, quelquefois 9; mais, suivant l'autorité locale, l'hôpital aurait pu en entretenir le double et même le triple. Après une longue correspondance à ce sujet, le magistrat fut autorisé à intenter aux sœurs un procès, par-devant le conseil de Brabant (1 4 novembre 4775), et, quelques années après , les sœurs déclarèrent qu'elles recevraient dorénavant tous ceux que les magistrats leur enverraient *.

A cette époque, il y avait, dans l'hôpital , quatorze religieuses et sept domestiques; leur entretien coûtait, par an, 4,500 florins, tandis que celui des malades n'entraînait qu'une dépense de 4,200 florins. On payait, en outre, pour cens et redevances, 43 florins ; à divers, pour services religieux, 578 florins; pour l'entretien des bâtiments , qui étaient fort vieux, 460 florins; pour les ornements de la chapelle, 50 florins, etc. Au total, les dépenses s'élevaient annuellement à 6,835 florins; les revenus, qui sont aujourd'hui d'environ 23,000 francs, à 6,759 florins. De nos jours, on a vu naître de nouvelles contestations entre les sœurs, et la commission administrative de l'hôpital , qui est enfin restée en possession de toute l'autorité 5. Un décret impérial du 45 novembre 4840 et un arrêté royal du 42 juin 4824 ont approuvé les statuts des sœurs.

L'hôpital possède une jolie chapelle, où le jour entre du côté du nord, par des fenêtres cintrées. A l'intérieur, l'architecture en a été renouvelée, et l'on n'y voit de remarquable qu'une Vierge présentant l'enfant Jésus à saint Antoinede Padoue, tableau que les anciens auteurs et la tradition attribuent à Van Dyck* , mais que les connaisseurs considèrent

' M. Terwecoreh, l.c, p XXXV.

* Archives du royaume, Archiva de la jointe de$ administration* et subsides.

* Vas Ovr.Ri.oop. Notice historique tur le» institutions de bienfaisance. « Le guide fidèle, - Des »«ps - Mcmr.KT, t. 1«. |»

comme n'étant qu'une bonne copie; selon Mensaert, on en a vainement offert f»,O0() florins aux religieuses. Les Français l'enlevèrent en 1795, et le restituèrent, en 1815. Dès l'année 1260, on mentionne le chapelain de l'hôpital. Plus tard, différentes personnes y instituèrent des services religieux. Le 2 mai 1686, Barbe Asseliers, veuve de Jacques Uwens, seigneur de Berchem-Saint-Laurcnt, abandonna tous les biens dont elle n'avait pas autrement disposé, à l'hôpital Saint-Jean â Bruxelles et h l'hôpital de Vilvorde, à la condition que ce dernier établissement ferait célébrer tous les an3 son anniversaire et celui de son mari, et, tous les jours, une messe de onze heures pour la faeilité des passants et des voyageurs. Un legs de 20,000 florins, fait, en 1715, par François-Antoine Blanche, seigneur de Rivieren, à la charge de célébrer pour lui et sa femme un anniversaire t le plus solennel », donna lieu à un procès, qui se termina par une transaction allouant à l'hôpital 12,000 florins. Une somme de 1,000 florins fut léguée, le H février 1727, par Barbe Berckmans, fille dévole à Louvain, afin de faire confectionner des cercueils pour les pauvres, et célébrer des messes basses pour le repos de leurs âmes.

Les bâtiments de l'hôpital ont été presqu'entièrement reconstruits depuis l'année 1836; on y a ajouté, à l'est de la chapelle, sur l'emplacement de l'ancienne maison des pestiférés, une salle de maternité, contenant quatre lits, et, près de là, en 1844, un hospice pour 12 ou 13 vieillards; l'hôpital lui-même contient actuellement 54 lits, et les bâtiments conventuels sont habités par 16 religieuses. A ces locaux est annexée une grande ferme, dont les dépendances consistaient jadis en 76 bonniers

Une léproserie se trouvait au moyen âge hors de la porte de Louvain, au lieu nommé Copsem «. Il existe plusieurs conventions entre la ville et les maîtres de la peste. Le 14 mai 1598, les deux receveurs accordèrent à la femme de François Van Diependale, veuve de maître Corneille Neeslens, Catherine de Vos, qui exerçait cet office, un traitement mensuel de 6 florins, plus une aime de bière de deux sous, et un quart d'uime de bière de deux blancs; pendant six mois, à partir du 15 mai, elle devait soigner tous les habitants atteints de maladies contagieuses; et, par contre, recevoir par visite : des personnes riches ou aisées, 12 sous; des pauvres, 8 sous; s'ils guérissaient, les riches lui donnaient 12 florins, les pauvres, 5 ; si c'étaient des indigents secourus par la Table du Saint-

« Les Archives de l'hôpital sont fort pauvres; nous n'y avons remarqué qu'un nUasde* propriétés, exécute de 1709 a 1716, par le géomètre juré, maître Guillaume Couvreur.

» Supra locum rfu tvm Copum, juxta eiculum ibidem diclum 'S Hoeterstreelken, inltr botta hotpitalit lirait Nycholat,,.... super eutndem campum, tuperius n'a per qua ilur i*r»ui Jomum leprosorum FtlforJenstum, etr.. H91. Cariulaire de Sept Fontaines.

Esprit, le payement incombait h cette institution. La ville promit à Catherine de lui bâtir, au besoin, une demeure, et s'engagea à augmenter ses émoluments, dans le cas où le fléau sévirait avec plus d'énergie. Peu de jours après, on confia les fonctions de pestmeester au chirurgien maître Guillaume Alexandri ; seulement, son traitement annuel fut fixé à 60 florins du Rhin ; on lui donna en outre un pot de vin de 4 livres de Flandre, et on lui accorda la franchise de garde et des logements militaires, et, pendant trois ans, pour lui et sa famille, franchise de l'accise des bières brassées à Vilvorde même; il devait recevoir : pour chaque cure de gens aisés, 40 florins; pour chaque cure de gens pauvres, 5 florins, et, si le malade mourait, 2 florins seulement (27 juin 4?>98). Maître Libert Vandeuhove devint pestmeester en 1004, et maître Jean De Vetter, en iC54. A ce dernier on assigna 1 00 florins, 2 mesures de bois et 25 fagots par mois, à partir du 22 novembre ; on lui donna une habitation, une tonne de bière du prix de 5 florins 10 sous, un lit; par contre, il s'engagea à traiter gratuitement tous les pestiférés et à les fournir de même de médicaments (21 novembre IG54).

Il y avait eu plusieurs fois des contestations entre la ville et l'hôpital, au sujet de l'entretien des pestiférés; en 1577, la commune déclara qu'elle se procurerait un endroit convenable, où elle ferait soigner les malades, a condition que l'hôpital lui payerait annuellement 40 florins du Rhin, et renoncerait à ses droits sur la berge du rempart, près de la porte de Flandre, et sur l'écluse voisine. Plus tard, les religieuses provoquèrent la résiliation de ce contrat; elles reconnurentalorsqu'ellesétaient tenues de recevoir les pestiférés comme les autres malades, jusqu'à concurrence des sept lits fondés, et elles consentirent à rembourser les avances que le magistrat avait faites lors des maladies contagieuses, avances qui monlaient à 1,600 florins (29 janvier 1615).

Écoles, Hommes célèbres. — Les religieuses de la Cambre, à titre de possesseurs du patronat de Vilvorde, avaient, dans cette ville, la surveillance des écoles. Le vendredi après le dimanche Quasimodo, en l'aimée 1578, Guillaume De Walsche promit de ne plus tenir école, sans en avoir obtenu la permission de l'abbesse, tant à Vilvorde que dans les autres lieux où le monastère avait le droit d'autoriser des établissements de ce genre4. Plus tard, la surveillance de l'enseignement fut, paraît-il, abandonnée au magistrat. Le 21 novembre 1 568, il choisit pour écolàtre, pour le terme d'un an, maître Paul Vincke. On lui accorda franchise entière d'accises pour la bière servant à sa consommation, et un traitement fixé à 33 florins du Rhin. En outre.il devait rece-

' Carlulairt de la Cambre p. 261.

T II

voir : de chaque enfant de bourgeois 20 sous, lorsqu'il apprenait le latin, et seulement 46 sous, lorsqu'il se contentait d'apprendre le flamand; de chaque enfant étranger, 25 sous au moins. Maître Antoine Dubois devait pouvoir instruire les enfants étrangers et ceux qui habitaient chez lui, à la condition de payer 2 florins par an à maître Vincke. Celui-ci recevait 42 sous par an, pour chaque jeune Gis de bourgeois apprenant ailleurs que chez lui; on ne lui donnait rien pour les jeunes tilles, non plus que pour les garçons âgés de moins de huit ans ou allant à l'école chez des institutrices. Le 8 novembre 4 869, t pour de grandes raisons, » son traitement fut porté à 50 florins, à la charge par lui de prendre un sous-maitre. Le 15 juin 4570, en le continuant dans ses fonctions, et en autorisant de nouveau maître Dubois à enseigner, on leur fit prêter serment d'observer le 53e article du placard concernant les imprimeurs, les libraires et les maîtres d'école. A quelque temps de là, les échevins, conseillers et receveurs promirent à Dubois de lui confier l'école de la ville, et, entre temps, lui allouèrent un traitement de 25 florins carolus (10 octobre 4573) *. En vertu d'une ordonnance du 47 octobre 4 703, les maîtres et maîtresses d'écoles ne pouvaient se servir d'aucun livre contre la religion ou les bonnes mœurs; les élèves étaient tenus d'assister à la messe, aux vêpres et ensuite au catéchisme, tous les dimanches et jours de* féte, et d'aller à confesse une fois par mois; au curé était réservé le soin de veiller à l'exécution de ces prescriptions, et celui de punir, à son gré, les enfants incorrigibles.

Outre l'école communale, Vilvorde possède deux pensionnats renommés,quiexistent depuis environ un demi-siècle, et qui ont compte jusqu'à 480 élèves internes. Ils sont actuellement dirigés par MM. Flasschoen et Michaux. Depuis 4830, il s'est établi, à Vilvorde, deux autres pensionnais, de demoiselles.

Le2mars4G28, Martin Vandenzande fonda des bourses en faveur de ses parents, et, à leur défaut, des jeunes gens de Vilvorde, pour l'étude des humanités et des hautes sciences, y compris la théologie; le curé et le bureau de bienfaisance sont les collateurs de ces bourses, qui ont été rétablies en 1818. Gilles Periander,dc ltruxelles,qui, en 4567, traduisit en vers latins le célèbre poème flamand Uylenspiegety étudia les humanités à Vilvorde, sous Antoine Dubois, qui était plus connu sous le nom deSylvius. Cette ville a donné le jour à deux hommes célèbres, le chancelier Liesvelt et le chimiste Van Helmonl. Théodore Liesvelt éfait d'origine noble; son instruction solide et sa parfaite connaissance drt droit le firent choisir par les États généraux pour conseiller d'état, puis, en 1581 ,

I Hfjiilrrt aur adhrritanrr* du temps.

pour chancelier de Brahanl. L'archiduc Matthias le créa chevalier, et ce fut entre ses mains que le duc d'Anjou prêta> le 19 février 1582, eu qualité de duc de Brabant, un serment qu'il ne tarda pas à violer de la manière la plus honteuse. Après la rentrée des Espagnols dans Bruxelles, il se contenta du titre déconseiller honoraire. Il mourut à Bruxelles, en 1601, à l'âge de 80 ans, deux ans avant sa femme Marie S'Hertoghcn. Les archiducs estimaient son savoir et le peuple louait son intégrité; lorsque, en 1595 , la noblesse belge résolut d'envoyer en Hollande deux députés chargés d'y tenter la voie des négociations, son choix tomba sur Liesvell et sur Macs. Messire Jean-Buplisle Van Helmont, de Bruxelles, une des gloires de la médecine belge, se fixa à Vilvorde, où on lui accorda, le 9 décembre 1609 , exemption des accises sur le vin et la bière. Il s'y livra, pendant plusieurs années, à l'étude des sciences naturelles et à des opérations chimiques. Ce fut là que sa femme, Marguerittde Ranst, mit au jour, le 20 octobre 1614 un fils nommé Mercure Van Helmont, dont la destinée présente une suite d'aventures bizarres. Il fut médecin comme son père et publia ses ouvrages, mais il s'appliqua plus spécialement à la chimie. Il se joignit à une troupe de Bohémiens pour connaître leurs usages , parcourut avec eux une partie de l'Europe, fut arrêté en Italie et jeté dans les cachots de l'Inquisition. Rendu à la liberté, il se rendit en Allemagne, où il annonça qu'il avait retrouvé la langue que tout homme parlait naturellement, avant la corruption de l'état social; on lui doit cet éloge, qu'il s'occupa, l'un des premiers , de l'éducation des sourds-muets. Ce visionnaire , qui n'était dépourvu ni d'esprit ni d'instruction, ramassa , je ne sais où, le titre de baron. Sa mort arriva à Colin, sur la Sprée, ou, selon d'autres, à Cologne, en 1699. On connaît de lui un traité sur l'alphabet hébreu, publié à Sulzbach en 16G7; des opuscules philosophiques, qui ont paru à Amsterdam en 1690; un travail bizarre, intitulé Seder 0/a»i, postérieur de trois années aux précédents ; des réflexions sur les premiers chapitres de la Genèse, imprimées en 1697, etc. Le fondeur Jean Montfort, à qui l'on doit le lion de cuivre placé dans le chœur de l'église Sainle-Gudule, à Bruxelles, habitait Vilvorde. Deux peintres de notre temps sont nés dans cette ville : Constantin De Coeneet Jean Portaels ; ce dernier, qui a reproduit avec bonheur des scènes de l'histoire biblique et des épisodes de la vie du Désert, s'occupe aussi de la peinture à fresque.

* Voici, d'après les registres do l'état civil de Vilvorde, les dates de la naissance dea autres enfants de Van Helmont: Pclagio naquit le ÎO décembre 1611 , Olympio, lo3 décembre ICI i, Lcandro, le 18 novembre 1013, et Elzear. le î mars 1GI6; les deux derniers moururent jeuues.

BiO HISTOIRE

IIerlaeii. — Une grande partie du territoire de Vilvorde formait différents fiefs relevant de la cour féodale de Brabant. Les principaux étaient concentrés a l'intérieur de la ville, dans le quartier s'élendant entre la Senne et la porte de Flandre. Celui que Ton nommait Iferlaer (le pré du Seigneur, de lieer et laer), à côté de l'hôpital Notre-Dame, a conservé jusqu'aujourd'hui son ancienne importance. Son château est entouré d'eau, et ses vastes jardins s'étendent, d'une part jusqu'il la rue de Bruxelles, et d'autre part, jusqu'à la Grande rue des Moulins; de belles écuries , un petit bois, la prairie dite jadis Bourgogne teeyde, une porte de sortie conduisant vers le canal , un pont jeté sur la Senne, une fabrique considérable, font partie de celte belle villa, qui appartient, depuis le premier janvier 4847, à If. Hanssens-Hap, actuellement bourgmestre de Vilvorde. Jadis on n'y payait pas d'accises, et la seigneurie avait un maire, une cour féodale, une cour cerisaie, un messier, le droit de tenir un taureau et un verrat, et d'autres prérogatives féodales.

Là résida longtemps une famille qui portait le nom de Vilvorde : lesaneiensdiplômes mentionnent souvent des membres de celte lignée, entreautres : Arnoul, qui vivait vers l'an 4430;Ueimar, qui est cité en 1154; Grégoire (1210, 4 220, 4 228), qui est qualifié dans plusieurs chartes de villicu* ou maire, et qui était en effet amman ou maire de Bruxelles; le chevalier Jean (4226, 4258, 4266), qui approuva, en 4266, la donation de 44 bonniers de terres et de prés faite à l'abbaye de la Cambre par une de ses vassales, Marguerite , fille de Jean de Wolfdonc, cl par son tuteur Walter de Havesdonc; Jean, fils du précédent, et Henri, son frère, échevin de Vilvorde en 4266, qui adopta le surnom d'Ulenhovc ou de Curiâ (c'est-à-dire de la cour), hérita de son père, entre autres, un manse tenu en fief de Sophie, duchesse douairière de Brabant (acte daté de la veille de la Saint-Scrvais, en 1267), et donna, de concert avec son fils Guillaume, aux religieux de l'abbaye de Saint-Michel à Anvers, ses biens de Neder-Ockerzeel (1294). Gosuin de Vilvorde Dlenhove, chevalier , l'un des signataires des traités conclus entre le Brabant et la Flandre, en 4536 et en 4339, est mentionné aussi, en 4528, en qualité de mcyssenitr du duc, sous le nom de Gosuin dit Gholoy Ulenhove.

Les Ulenhove de Vilvorde avaient dans leur écusson un chef au lion naissant *. Une demoiselle de cette famille, nommée Marguerite Ulenhove ou de Herlacr, porta en mariage à Jean d'Ophcm le fief qu'elle pos-

1 L'EsrmoY, Recherche Jet anltquitez de Flatuires, p. 392.

sctlait k Vilvordc,ct qui consistait en plusieurs demeures et dépendances situées dans cette ville, entre le château et la Seune {van der borch ter Zennen ontstreekende). Le chevalier Jean d'Ophem le releva après sa mère et le laissa à son petit-fils , du même nom (1er mars 1414-1415); il passa ensuite à Henri Va'n Ophem, chevalier, qui, de concert avec son frère Jean et sa fille Marguerite, le vendit à Jean de Bourgogne, évéque de Cambrai, (ils naturel de Jean Sans-Peur, duc de Bourgogne; Jean déclara en Taire l'acquisition pour son fils naturel Jean, qu'il avait eu de Marguerite Absoloons, ou, en cas de décès de cet enfant, pour Arnoul, qui lui était né de Jeanne de Sponlin, et, enfin, dans le cas où ni l'un ni l'autre de ses rejetons illégitimes ne vivraient, pour Philippe, que Claire Vanderhoede avait mis au jour (1459). Le 14 novembre de la même année, Guillaume Van Menartshoven releva, au nom de Jean do Bourgogne, le manoir de IIerlaer,avec la maison, le monticule, le verger, les eaux, les cens et les rentes qui en dépendaient. Maître Jean Candrelier, secrétaire de Brabant, le reçut en don de Jean, qui avait pris le surnom de Herlaer (relief du 10 octobre 1500), mais seulement, parait-il, à titre viager. Par leur testament, qui est daté du 24 décembre 1506, sire Jean de Bourgogne et sa femme Jeanne de Homes fondèrent, pour le repos de leurs âmes, deux anniversaires, auxquels les sept échevins, les sept anciens échevins, les receveurs, le secrétaire et le valet de la ville de Vilvorde furent invités à assister, vêtus de noir; ceux d'entre eux qui se rendaient à celte cérémonie funèbre, recevaient chacun un sou. Jean de Herlaer devint chevalier et eut plusieurs fils qui se partagèrent le fief : l'alné, Philippe, le releva en totalité, le 3 décembre 1508, et le transmit à Corneille de Herlaer (r. du 27 juin 1533); Godefroid de Herlaer, seigneur de Montricourl en releva un sixième, le 7 avril 1535-1536; et Charles, qui fut graud fauconnier et prévôt général des Pays-Bas, et chef-mayeur de Vilvorde, en laissa aussi un sixième à son fils Thierri (r. du 7 décembre 153C). Celui-ci hérita de la faveur et des dignités de son père, sauf qu'au lieu d'être fauconnier général , il fut gruyer , watergrave et pluymgrave Au duché de Brabant. 11 mourut en 1565. Les enfants de Thierri et de Jacqueline de Iloye : messire Frédéric, Henri, qui fut aussi cbef-mayeur , Madeleine, femme de messire Jacques de Dongelberghe, drossard de Brabant, et Elisabeth, femme de Jacques Hujoel, secrétaire du conseil de Brabant, partagèrent, le 4 mai 1565, quelques propriétés . situées dans l'ancienne rue de Bruxelles, vers l'église. Henri acquit en outre, de Philippe De Wceit, seigneur de Boort-Mccrbeek, et de Madeleine De Rycke, la maison dite la Grande maison de Herlaer , '( Groot hvys van Herlaer, qui faisait face au cimetière de la paroisse, dans la Grande rue du Moulin, près de la Senne (2 octobre 1565).

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HISTOinE

Le fief de Herlaer lui-même était alors aliéné; Guillaume Pensaert, premier secrétaire et audiencier de l'empereur, par nomination datée de l'année 1531-4532, et maître extraordinaire de la chambre des comptes de Brabant, par lettres patentes du 19 décembre 1550, avait acheté la part de Corneille (relief du 3 octobre 1536), celle de Thierri (r. du 17 octobre 1537), et celle de Godefroid (r. du 1" avril 1537-1538). Son fils Antoine en hérita (r. du 27 juin 1556); mais Herlaer fut ensuite vendu, en conseil de Brabant, et acheté par messire Jean de Bourgogne dit Phalaix (r. du 28 avril 1594), qui en fit abandon au chevalier Ilenri de Dongelberghe, fils de Madeleine de Bourgogne, citée plus haut, et à sa femme, Âdrienne Borluut, dame de Zillebeke (r. du 3 décembre 1599). Ce gentilhomme exerça une grande influence à Bruxelles, où il fut treize fois élevé à la dignité de bourgmestre, et où il mourut le 15 juin 1627. De ses trois fils, l'ainé, Henri -Charles, le traducteur de Van Heelu, devint baron de Rêves et seigneur de Luttéal ; le second, François, eut pour sa part Herlaer (r. du 28 mai 1633), Zillebeke, Rasseghem, et mourut le 30 décembre 1648; le troisième, Philippe, mort en 1635, remplit aussi les fonctions de chef-mayeur de Vilvorde. François de Dongelberghe fut cinq fois bourgmestre de Bruxelles; il épousa Jeanne Oudaert, dame de Corbeek-over-Dyle, dont il eut : Anne-Marie, femme de Jean-Baptiste Daneels, créé baron de Corl>eek-over-Loo par lettres patentes du 20 juillet 1671 ; Henri, seigneur de Steenberge, Herlaer (r. du 18 décembre 1653), Ter-Straetcn, etc., créé baron deCorbeekover-Dyle le 17 août 1661, et Charles, conseiller de Brabant, vicomte de Zillebeke par création du 13 avril 1672. Le baron Henri s'était allié i Isabelle-Claire-Eugénie de Lodoza y Andueza,qui lui donna, entre autres enfants: Charles-Robert, baron de Corbeek, seigneur de Herlaer par relief du 20 août 1667; Henri-Albert, et Marie-Anne, femme de Philippe- Charles de Landas. Charles-Robert laissa une postérité qui se distingua dans la carrière des armes, mais des embarras pécuniaires ne lui permirent pas de conserver Herlaer, qui fut vendu à la veuve du conseiller Alcxan dre de Baillencourt-Courcol, Marie-Isabelle de Landas (9 août 1695).

Messire Mathieu-Guillaume de Baillencourt-Courcol hérita Herlaer de sa mère, qui avait encore acheté, en 1698, moyennant 3,000 florins, une moitié du manoir (r. du 22 février 1704) ; Henri-Albert de Dongelberghe, à qui sa femme Anne-Thérèse Van Eyck avait apporté en mariage la terre de Blacrthem, fit alors valoir ses droits sur l'héritage paternel. Après une transaction qui fut conclue le 21 septembre 1704, il releva le tiers du fief (r. du 24 mars 1710), qu'il transporta ensuite h Isabelle- Antonie L'Escornel, femme de M. de Baillencourt-Courcol, qui était devenu conseiller de la chambre des comptes. Celui-ci céda Herlaer, en échange

d'autres biens, au chevalier Gilles-Augustin d'Huylenbroucq, lieutenantcolonel au service de l'empereur, gouverneur du fort Sainte-Marguerite (r. du 31 décembre 1727). Le petit-neveu de M. d'Huylenbroucq, messire Auguslin-Charles-Joseph de Hooiïnagle, fils d' Alexandre-Joseph de Hooffnagle et de Marie-Josèphe d'Huylenbroucq, le posséda ensuite (r. du 8 novembre 1751), et le vendit, moyennant 7,000 florins de change, à Pierre Jacquet (r. du 16 décembre 1765). A cette époque, Herlaer fut longtemps occupé par le ministre de France, M. de Lesseps, qui y donna, le 22 novembre 1765, un dîner de 40 couverts, suivi d'une illumination, d'un souper et d'un bal ; le prince Charles et la cour de Bruxelles s'y rendirent en traîneaux par le canal, et y retournèrent encore, le 7 août 1764, avec la sœur du prince. Anne-Marie de T'Serclaes, veuve de Jacquet, et alors femme de Joseph-Dieudonné de Lamboy, et MaximilienEmmanuel- Hyacinthe de T'Serclaes, capitaine au régiment de l'archiduc Charles de Toscane, vendirent celle maison de campagne au major Jean-Baptiste Ilervay de Kirchberg et i sa femme Marie-Caroline, baronne de Blomberg (17 juillet 1785, r. du 15 du même mois), qui en firent abandon à Julie Fonton de la Salle, douairière de Benjamin-Charles-Alexandre de T'Serclaes, capitaine au service de l'empereur, chambellan de l'archevêque électeur de Cologne (20 mai 1781)).

Autres demeures féodales a l'intérieur db Vilvorde. — Il y avait anciennement à Vilvorde une famille qui s'appelait de Rétro ou Van Achter. Gosuin de Rétro, en 1264, et Nicolas Cole de Rétro, en 1205, étaient échevins de Vilvorde. Égide Vandenachter , en 1502, avait dans celte ville des tenanciers jurés qui, faule de sceau commun, se servaient de celui des magislrats de la cilé. Dans la suite, Chof van Ghinderachter, qu i était entouréd'eau , et dont les dépendances s'étendaient jusqu'à la Senne, jusqu'à l'écluse (du Spuymolen) et jusqu'aux remparls,son livre censnl,sa cour féodale, appartinrent^ Daniel Vandcveen ou Vandevenne, dont la tille, Isabelle ou Ermengarde de Vilvorde, dite Vandevenne ou Dellevennc, fut une des maîtresses favorites du duc Jean III ; elle ent de lui Jean, Jeanne, Jeannette et Marie Vandevenne, à qui leur pére donna : au premier, 12,000 royaux d'or; à la seconde, la terre de Houtain , près de Nivelles (8 avril 1545); h la troisième, qui épousa Godcfroid Vanderdilft, 8,000 royaux ; et n la quatrième, qui prit le voile dans le monastère des Riches- Claires à Bruxelles, 5,000 royaux Ermengarde encourut la disgrâce des ducs Wenceslas et Jeanne, • pour i\vs forfaits » dont nous ignorons la nature; comme elle avait, en outre, fait à Guyot, enré de Huldenberg, des promesses qu'elle ne tint pas, les souverains du Brabant con-

• Voyez Binus i 1" \> W8 o| MfVtBtM.

su

fisquèrent son bien de Ten-Bossche et de Gan&poele, situé dans ce village, et le donnèrent au curé (42 janvier 4356, coutume de Liège), à la condition qu'après sa mort, sa fille Marie, puis Guillaume, (ils de Guillaume Criecstcent,en hériteraient. Ermengardeappela de celte condamnationàrévèque de Liège et aux «honorables hommes jugeurs de son pays.» Mais \Venceslas,en ayant été averti, pria lévéque et ses jugeurs de ne pas s'occuper de celte affaire, qui, disait-il, ne concernait que lui (15 décembre 1365). Le chevalier Guillaume de Wilre était alors possesseur du bien van den hosch.Ala demande des enfants de Ranst, la duchesse Jeanne fit saisir ce bien ; mais elle revint ensuite à d'aulres sentiments, et elle ordonna à sou maire de Vilvorde d'en assurer la possession à Henri de Wilre (17 octobre 4400)1. Jeanne, fille d'Ermengarde Vandevenne, s'était alliée à Coslin de Ranst, qui hérita le fief de Ghinderachter de sa tante Marguerite ; il eut successivement pour successeurs : Jean , son fils , en 1400-1401 ; Henri, frère du précédent, qui était resté en défaut de payer le relief du fief, en 1405-1400; un second Henri de Ranst, fils du premier, en 1431, et Éiisabelh, sa sœur, en 4449. Henri Rauw, fils d'Elisabeth, le releva le 14 oclobre 4500, et le laissa à sa fille Éiisabelh (relief du 31 mars 4543), qui épousa successivement le chevalier Jean de Cortenbach et un d'Enghien ; cette dame le laissa, par testament, à deux filles qu'elle avait eues de son second mari : Marie, femme de Jacques de Lalaing, seigneur de la Mouillerie, Sandberg, etc., et Jeanne (r. du 22 juin 4564). La famille Lalaing le vendit à Roger-Wa lier Vandernoot, seigneur de Carloo (r. du 46 août 4675), dont les descendants le possédèrent jusqu'en 4777; il devint alors la propriété du barou de Willebroeck (r. du 7 août 4777).

L'époque féodale, pendant Inquelle les institutions les plus différentes se groupèrent les unes à côté des autres, le plus souvent en se respectant mutuellement, devait nécessairement offrir les contrastes les plus bizarres, les circonstances les moins compréhensibles. Ainsi, les lois qui régissaient la commune de Vilvorde n'étaient pas obligatoires surtout son territoire: il y avait un coin de terre où leur action restait suspendue, sans cependant que ce lieu dût cette prérogative au respect pour le prince ou à la vénération pour le culte. A Yhof van Ghinderachter étaient annexés : le droit de placer des cygnes dans la Senne, celui de lenir un taureau et un verrat, celui de nommer un des quatre messiers de Vilvorde, la pèche dans la rigole venant des prairies dites de Bruxelles et coulant derrière le château, une garenne située hors de la porte de Flandre et pouvant fournir par an 50 couples de lapins. En outre, deux héritages y jouissaient

» Tmorrrie Je la chambre </ft cwiptrt, l" laye Luuvain. pures COttitt n" 8

d'un droit d'asile absolu, el personne ne pouvait y être inquiété ou arrêté, ni lui ni ses biens, pour quelque cause que ce fût, civile ou criminelle, soit par les officiers de justice de la localité, soit par d'autres, < comme si c'eût été une église franche ou un cimetière; > en outre, ces lieux jouissaient également d'une exemption absolue de taxes, d'impositious , d'accises , à moins que le possesseur ne fit acheter du vin ou de la bière par pot, el cette franchise s'étendait aussi aux bateaux qui se trouvaient dans la Senne , amarrés (geanckeert) h la propriété privilégiée. Pourquoi de si grandes immunités accordées à une seigneurie obscure? Jean III n'aura-t-il pas voulu glorifier de la sorte les lieux où il avait passé d'heureux instants auprès de l'aimable Ermengarde? N'aura-t-il pas voulu perpétuer le souvenir de ses longues et fécondes amours? L'ancien patrimoine des Vandevenne ayant été ravagé pendant le règne du roiMaximilien, et les habitations qui s'y trouvaient ayant été entièrement brûlées, le conseiller Antoine Heenkenshoot, qui avait fait l'acquisition de celles-ci , ne voulut plus bâtir en cet endroit, et acheta un terrain situé près de la Woluwe, entre la Moninckhof et le Meer, le même, parait-il, que l'habitation dite Abts-Herberge(i' hôtel de l'Abbé), parcequ'elleavailappartenuàWalterVan Beringen, abbé de Parcq. Philippe le Beau, à qui il demanda l'autorisation de transférer à sa nouvelle demeure les immunités dont jouissait l'ancienne, y consentit, après avoir consulté le conseil privé, le maire et le receveur de Vilvorde, le conseil de Brabant et la chambre des comptes; on stipula alors qu'Antoine et ses successeurs ne seraient libres d'accises que lorsqu'ils achèteraient le vin et la bière par aimes ou demiaimes (Louvain, le 4 septembre 1506) 4. UAbts-Herberge appartint ensuite à maître Charles T'Serraerts, puis & son fils, messire Henri, qui fut reçu bourgeois de Vilvorde, le 24 juin 1570 ; elle fut ensuite confisquée, en 1585, par le gouvernement espagnol, qui la restitua à messire Henri, lorsqu'il eut fait sa soumission au roi.

Devant l'hôpital Notre-Dame, non loin de la porte de Flandre, et près du rempart, dont elle n'était séparée que par une ruelle, s'élevait 't hof te Straitem ou Straethen. Arnoul Vaudenhorinc, Daniel, son (ils, et Thierri Vandenhoricke la relevèrent successivement de la cour féodale de Brabant; mais les héritiers de Thierri n'ayant pas voulu accomplir cette formalité, \e souverain donna V hof te Straethen, vers l'an 1440, à Jean Vandeneede; selon toute apparence, celte habitation fut détruite en 1489, et ne fut plus réédifiée.

Le 29 août 1497, Hubert Vandernool hypothéqua la ferme dile 'f hoff ter f/eyen, qui se trouvait dans la Langestrate {Grande rue des Mou-

« Archive» de la ville, carton Azyltn.

T. II

ni

lins), entre une ruelle allant vers la Peperstrate et les biens de Jean Van Olmen. On cite encore la Vinckhof, la Xeerhof ou Ifederenhove, etc. Aujourd'hui Vilvorde renferme un grand nombre d'habitations construites avec élégance; mais, à l'exception de Herlaer et du château des D'Aubremé, aucune n'offre un aspect particulier. Le Kieckuyt, vieux bâtiment qui fait saillie dans la Grande rue des Moulins, cl qui est surmonté d'un petit campanile, en forme de dôme, servait autrefois de demeure, selon l'opinion commune, aux chapelains de la citadelle.

Co.xmioo. — Les campagnes qui s'étendent an sud-ouest de Vilvorde, entre Hecmbeek et Grimberghe. appartenaient autrefois, en partie, à l'ai baye de la Cambre, l'hôpital de Vilvorde y possède, de temps immémorial, la belle ferme dite 'f Voer (Ten-Voerde, 4512; '« hofften Vœrde, 1544); les lieux voisins s'appelaient autrefois Verhauthem, et le ruisseau deStrombeck VYtnpde Voertbeke «. En 1312, Jean, fils de Jean de Coninxloo, tenait en fief du duché de Brabant un manoir et 24 bonnîers, qui passèrent ensuite à Godefroid de Lapide ou Vandensteen, deMalines*. Nicolas Vandensteen les céda à Arnoul de Hellebeke, et Marie de ffellebeke les transmit aux Bouchout. Plus tard, ce bien eut successivement pour possesseurs :

Corneille Vanderkelenen, par achat (1447) ;

Philippe Vanderkelenen ;

Jean, fils de Nicolas Oudart, et sa femme Catherine S'Blonden, par achat (1469);

Jean Vanderkelenen, fils de Corneille, par achat (1475) ; Jean et Adolphe, fils du précédent (1 497) ; Jean seul (r. du 14 avril 1499);

Jean Vanderkelenen , par cession de sa mère, Catherine de Coudenberg, et de son second mari Nicolas Van Coelne (relief du 12 janvier 1508-1509);

Jacques De Luw et Catherine Oudaert, par achat (r. du même jour); Giselberl De Luw, leur fils (r. du 14 janvier 1552-1555); Jean De Fray, par achat (r. du 19 mars 1565-1566) ; Nicolas Oudaert, seigneur de Ranst, par retrait (r. du 17 mars 1566- 1567);

Marguerite, fille de Nicolas, et son mari messire Jean Vanderryt, seigneur de Brœchem (r. do 5 juin 1578);

1 Te Tilro'iriltn, ter plael%en grheeten Verhnutliem . ftp le ririrren allier die Ympde Yoertbekt geheeien, 11 juillet 1N73. — En 1ï87 cl en 1308. oo mentionne en cet endroit VYmmen pedeken, le $entirr dlmmon.

* A la même époque, un Jean Moneiarius ou le Monnayeur releva du duché 19 bonnier» de terre, apud Conanloe, ad Ptrke.

Marie Vanderryt, fille des précédents, et son mari Adrien Brouwers, écoulètede Broechem (r. du 19 septembre 1618); Les héritiers de Marie (r. du 8 février 4651);

Marguerite Vanderryt, nièce de Marie, et son époux Maximilien T'Seraerls, chevalier, seigneur à Santhoven et de Casterlé (r. du 5 décembre 1641);

Messire Guillaume Vanderryt, neveu de Marie.

Guillaume, iils du précédent, seigneur de Weslwesel, drossard de Berg-op-Zoom (r. du 26 octobre 4650) ;

Jean Van Duynen, ancien bourgmestre de La Haye, en Hollande, par cession d'Elisabeth Van Berchem et de Corneille Van Bronckorst tôt den Poil, h m ma n et justicier d'Over-Bétuwc;

Caroline de Dongelberghe, fille du seigneur de Marquette, par cession du précédent (r. du 27 mai 1666) ;

Messire Charles-Robert, Henri-Robert, Caroline-Cécile, Marie-Anne et Marie-Françoise de Dongelberghe, enfants du baron de Corbeek (r. du 21 janvier 1676);

Caroline-Cécile, ci-dessus nommée, par achat à sa sœur Marie-Françoise et à messire Maximilien De Mol (r. du 25 mars i 61)7) ; %

Les neveux et nièces de la précédente (r. du 28 mai 1707);

Antoine-Joseph Wouters, (ils de Nicolas, et de Marie Duynen;

Henri, Jacques, Marie et Marguerite, enfants de Jacques Mois et de Marie Van Oudenhaeghen, (r. du 7 décembre 1751);

Jean-Joseph Vandermeulen, avocat au conseil de Brabant, héritier des Mols(r. du 15 mars 1762).

Un autre fief, que Robert Vandenbossche releva après son oncle Jean de Bourlamont, en 1385-1386, appartint longtemps aux Vandernoot, puis aux Busleyden,et enfin auxT'Serclaes ; les terres qui en dépendaient fureut ensuite morcelées, et l'habitation elle-même acquise par les Préroontrés de Berne à Vilvorde (r. du 7 septembre 1680). Vis-à-vis de celte dernière existait, dès l'année 1299, une grange à la dtme, qui fut brûlée et démolie pendant les guerres de religion, puis cédée par l'abbaye de la Cambre à la veuve d'Adolphe de Busleyden (5 novembre 1620). 11 y avait jadis en cet endroit une ehapelle,qui fut restaurée en l'année 1780 environ ; on y disait, tous les dimanches et jours de féle, une messe accompagnée d'une instruction.

Trois- Fontaines. — Ce fut le 50 juillet 1560 qu'on commença la construction de l'écluse dite, depuis, de Ransbeke ou des Trois-Fontaines, et qui fut terminée en septembre 1561. Cette écluse, la première que les bateaux rencontrent en partant de Bruxelles, est élevée sur grillage, sans pilotis ni plancher. La belle fontaine, qui lui donna son nom ordi-

yis

naire, fut placée, en 4565, aux frais de la ville de Bruxelles, par Paul De Prince, maître ouvrier du canal, et coula 110 florins du Rhin. Elle se composait alors d'une colonne d'ordre dorique et cannelée, surmontée d'une statue de saint Michel, patron de Bruxelles, représenté tenant dans une main la balance avec laquelle, suivant une ancienne légende, il pèse les âmes, et, de l'autre, menaçant le démon de son épée; quatre jets d'etu, alimentés par des sources situées vers l'est, sur les hauteurs, jaillissaient de la colonne et s'élançaient dans autant de bassins, autour desquels régnait une balustrade de fer1. La statue de saint Michel fut enlevée par ordre de la municipalité de Vilvorde, du temps de la domination française. En 1815 et 1810, le sculpteur Pletinrkx en exécuta, moyennant 500 francs, une autre, que l'on plaça en 1820. La fontaine a été démolie, il y a quelques années, et les eaux des sources qui l'alimentaient servent exclusivement à l'usage de la maison de correction. Elles avaient autrefois tant de réputation, que les étrangers en transportaient souvent chez eux; en 1793, le stathouder des Provinces-Unies, père du roi des Pays-Bas Guillaume Ier, voulut en goûter, et donna une pièce d'or à la servante qui lui en présenta un verre.

Le hameau voisin fut fréquemment fortifié. Une résolution des États généraux, en date du 29 mars 1583, mentionne le Fort à la Fontaine, près de Vilvorde; en 1697, les magistrats de Bruxelles, par ordre supérieur, votèrent 2,000 florins pour fortifier les ponts et les écluses du canal, et, entre autres, pour entourer de palissades le sas à la Fontaine. Le 18 septembre 1708, un parti français, conduit par le sieur Beaufort, partisan, vint briser les portes et les autres ouvrages de l'écluse. Jadis, les auberges et les guinguettes du lieu offraient toute l'année un aspect animé; la kermesse ou fête locale se célébrait à la Saint-Michel; on donnait alors des bals, où les habitants de Bruxelles se rendaient en grand nombre, les uns en voiture, les autres en barque. Depuis l'établissement de la ligne des chemins de fer du Nord, depuis la suppression du service des barques publiques, qui y étaient en communication avec les diligences de Matines, Trois-Fontaines présente l'aspect d'une solitude.

A l'entrée du hameau, Jean-Joseph Walckiers de Gamerages, seigneur de Loenhout, bâtit, en 1780, la villa qui appartint depuis à M. Jules Wellens, bourgmestre de Bruxelles après M. Vanderfosse jusqu'en 1830, puis â M. Stevens, et que possède actuellement M. Van Volxem-Marischal, qui a été bourgmestre de Bruxelles , membre de la chambre des représentants, et ministre de la justice. Le pavillon lui-même est d'une

1 Sasdert*. Aul*.

construction très-simple; sa seule décoration consiste en une balustrade, cachant la vue du toit; mais les jardins, qui descendent en pente vers la chaussée et le canal, sont dessinés avec goût et plantés d'arbres exotiques de la plus grande beauté. A côté de celte charmante résidence, que l'on appelle le château de Fontigny, il y avait autrefois une auberge dite le Cerf volant; le célèbre comte de Ncny Tacheta, le 30 août 1777, de Walckiers de Gamerages, et la remplaça par une maison de campagne, qu'il orna d'un temple, d'un ermitage, d'une glacière; ses enfants : Caroline, femme du vicomte de Sandrouin de Villers-sur-Lesse, chambellan de l'empereur Joseph II; Philippe, conseiller d'état, président et haut-bailli de Tournai , et Thérèse, femme de Gosuin de Fierlant, conseiller d'état, président du grand conseil de Malines, la vendirent, moyennant 12,200 florins de change, à Émélie-Josèphe Van Laethem (10 novembre 1784). Elle passa ensuite à Guillaume-Antoine-François, baron de Fellz de MaestroiT, conseiller du gouverneur général, et à sa femme Rosalie-Malhilde-Lucie Helman de Ter-Meeren, parents de M"" la comtesse Vilain XUU,qui est morte tout récemment, è Basel. Pendant la révolution Brabançonne, lors de l'émeute excitée contre les Vonckistes, cette maison de campagne fut saccagée par des pillards venus de Bruxelles

C'est en 1830, du temps que M. De Wellens était bourgmestre de Bruxelles que le prince d'Orange, depuis roi souslenom de Guillaume II, et son frère, le prince Frédéric des Pays-Bas, vinrent à Vilvorde lorsqu'il» s'apprêtaient à marcher contre Bruxelles soulevée. Leurs troupes, qui formaient un corps d'environ cinq ou six mille hommes, occupèrent la ville et la vallée de la VVoluwc, jusqu'à Dieghem. Les princes, voulant essayer la voie des négociations avant de recourir à l'emploi de la force, firent inviter les notables de Bruxelles à venir s'entendre avec eux. Une députation, composée de MM. Emmanuel d'Hooghvorst, Vandersmissen, le comte Vanderburch, le chevalier Hotton, Rouppe et Vandeweyer, partit pour Vilvorde le 1" septembre, dans la matinée. L'accueil que les princes firent d'abord aux députés fut très-froid, et ceux-ci allaient se retirer, lorsque le prince d'Orange se ravisa; il se montra affable, affectueux, mais il refusa d'entrer à Bruxelles autrement qu'à la téte de ses troupes et avant que les couleurs brabançonnes eussent disparu. Cette réponse parvint bientôt dans la capitale, où elle ne fit qu'exciter une nouvelle ardeur pour la résistance. De nombreuses barricades s'y élevèrent comme par magie, et la proclamation des princes fut accueillie par des murmures d'indignation.Cependant,àscpt heures, deux heures seulement

1 Vou-z li' pamphlet mliluio • La joyeuse entrer imse en pratique, iv i. p fi et suivantes.

après le retour de la première députation, une seconde, composée de MM. le baron de Sécus, Vandersmissen, le prince de Ligne, Max-Del fosse, Michiels et Teichmann, auxquels se joignirent les ambassadeurs d'Espagne et d'Autriche, se rendit auprès des princes. Elle fut reçue plus froidement encore que la précédente; toutefois, après une entrevue particulière avec les deux ministres étrangers, le prince Frédéric et M. Van Gobbelsohroy, le prince d'Orange consentit a se rendre a Bruxelles le lendemain, accompagné seulement de son état-major. On connaît les événements qui suivirent. Repoussés de Bruxelles après quatre jours de combats, les Hollandais se retirèrent vers Vilvorde, où leur arrière-garde fut attaquée, le 29 septembre, par don Juan Van Haelen ; la ville fut prise presque sans résistance et la garde de la maison de force conGée à la milice bourgeoise *.

Les prairies de Vilvorde. — La ville de Vilvorde était jadis excessivement riche en biens communaux ; au dix-septième siècle, elle en possédait encore plus de 100 bonniers, tant au Nerenbroeck qu'au Brtmelbroeck. Ils étaient si importants qu'on en confiait la gestion à un sergent particulier, et nous voyons le duc Philippe le Bon confier ces fonctions à Godefroid Bruninck, le 47 octobre 4465. Les Brusselsehe ou Vilwrdsche bempden s'étendaient depuis la ville jusqu'à la chaussée de Dieghem au pont de Buda, entre la Senne, d'une part, et le Wet/gracht, d'mlre part. Le Core-boeck défend d'y placer des pierres, le long de la rivière. Une contestation s'élant élevée entre les Bruxellois et les Vilvordiens, parce que les premiers prétendaient pouvoir y conduire des troupeaux de moutons, un accord conclure 8 avril 1 448-1449, les autorisa à y faire pâturer 500 brebis non infectées de maladies. Les habitants des villages de Dieghem et de Machclen-Sainte-Gertrude pouvaient également jouir de ces prairies, après la Saint-Jean. Il n'était permis d'y amener des brebis de toute espèce que depuis le 8 septembre jusqu'à la mi-mars, sous peine d'une amende d'un sou par brebis; pendant l'autre partie de l'année, les prairies étaient réservées aux brebis appartenant aux habitants de Vilvorde et des deux villages cités plus haut, ou ayant passé l'hiver dans leurs étables (ordonnance du 26 juin 4538). A cette amende d'un sou, on ajouta, le 23 juin 4550, la peine de la confiscation du douzième des brebis amenées en contravention à ces dispositions, et, le 22 août suivant, la confiscation de tout le troupeau.

La commune a conservé ses droits sur le Brusselbroeck ; mais, pour payer une partie de sa dette, elle a aliéné ceux qu'elle possédait sur le JVerenbroeck (Prairie inférieure)*, à l'aval deVilvorde. Déjà, le 15 mars

' De Leotre. Histoire de la révolution litige, t. I«. p. 89. cl t. 11. p. 65 * .\ftUtr,hru, l,. 1377; N'dtrbrner liX.V

164a, nous voyons ses magistrats céder à un particulier, pour un terme de 50 ans, et moyennant le payement d'une somme de 450 florins, la seconde coupe (de naersnede of den toemaet naer den iersten sneden) d'une partie de celte pâture, et l'autoriser A clôturer ce terrain. Le Coreboeck punit d'une amende de \0 sous, par tète de bétail, celui qui laisse entrer ses bestiaux dans le Nerenbroeck avant la féte de Notre-Dame en septembre, et de 40 escalins, également par tète, celui qui y fait entrer des brebis ou des porcs avanl la Saint-Martin. Tous les ans, les habitants du hameau de Houlhem y fauchaient le foin de treize journaux de pâtures appartenant au duc de Brabant, et chaque ménage de la ville de Vilvorde était tenu d'y envoyer une personne pour mettre le foin en tas.

Les environs de la station. — D'autres prairies se trouvaient encore vers l'endroit où on voyait autrefois, entre les portes de Louvain et de Bruxelles, le fort Mima, et où s'élève aujourd'hui une jolie station de chemin de fer, entre la pépinière de M. de Bavay et les jardins, bordés d'étangs, de l'ancien couvent de Béthanie. Les rives de la Woluwe offrent, en cet endroit et en les remontant jusque près de Dieghem, une particularité remarquable; elles sont presque partout plus élevées que les terrains environnants, et, en plusieurs endroits, des ruisseaux, dont le cours s'harmonise mieux avec la configuration générale du sol, passent sous la rivière, au moyen de petits aqueducs, formés de pierres de moyen appareil. Tout dénote que la partie inférieure du lit de la Woluwe a été détournée, soit afin de pouvoir construire, à Vilvorde, un plus grand nombre de moulins à eau, soit plutôt dans le but de parvenir à alimenter d'eau les fossés de cette ville et è augmenter, de la sorte, la force de ses moyens de défense. On croit, à Vilvorde, que la Woluwe se jetait autrefois dans la Senne près du moulin de Saint-Michel, au moyen de la liollebeke, une de ses dérivations; sans repousser cette opinion, nous croyons, de préférence, que c'est le ruisseau dit le Vondelgracht, le fossé du Chemin, qui occupe aujourd'hui son lit; ce ruisseau naît dans les jardins du chiteau de Beaulieu, à Machelen, et sillonne ensuite du nord au sud les prairies de ce village, jusqu'aux limites de Vilvorde, où il se perd dans lu H'eygracht. Ainsi s'expliquerait le nom d'Oude Aa,la Vieille eau, que l'on donnait jadis à ces lieux '.

Les prairies voisines de la Woluwe et celles qui bordent la Tratceelbeek (jadis Traoilbeke), doivent avoir été données à la ville par Henri 1", en 4192. Le Core-boeck interdit aux bourgeois, sous peine d'une demilivre de vieux gros, de faire conduire des brebis appartenant à des étrangers, dans VOverryt, du côté de Machelen. A l'endroit où la

» Inpratit iictù Ortrryt, juxtn toeum dirium Oude An, 130V (Carlulaire dr la Camhrt . p 273) - Juxla tœum dutum de Gale Ai, propt temitam quà «fur rtr.u» Filfirdtam , 13W.

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