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Traweelbeek passe sous la Woluwe, il y a eu des étangs, aujourd'hui desséchés. Tout parait indiquer que de grands travaux ont été exécutés en cet endroit, aux frais de la commune.
Sur le plateau, au nord de la Woluwe, s'élève une petite chapelle qui a été bâtie au moyen d'un legs fait, en 1655, pour rappeler le souvenir du mouastère de Ten-Troost, qui exista en cet endroit jusqu'en 1 578. Plus à Test, sur la limite de Peulhy, s'élevait le hameau de Steenvoort, et, à quelque distance, au nord, on voyait un grand emplacement circulaire qui ne payait pas la dime et qui parait avoir été un ancien parc, d'où son nom de Perrike, Percke *. Un chemin l'entourait de tous côtés et était lui-même bordé, vers l'ouest, par un ruisseau dit le Perckgrccht, qui en allait rejoindre un autre nommé le Weversgrecht ou fossé des Tisserands. Le 45 janvier IÎJ74-I575, le gouvernement espagnol céda le Perckbosch situé à Vilvorde, à Nicolas Baert, receveur général des finances, moyennant une redevance annuelle de 28 livres par an; il se trouvait dans ce bois, qui comprenait 6 bonniers, beaucoup d'endroits non plantés, et le sol y était presque partout marécageux et mauvais ; Baert se chargea de le défricher. Le Galgenland ou terrain de la Potence était contigu. Au mois de mars 1542-1543, le prévôt de la cour y fit pendre le chef des soldats qui avaient défendu, contre les troupes de l'empereur Charles-Quint, la ville de Duren, dans le pays de Juliers. On mit, au-dessus de la téte de ce malheureux un écriteau portant : Dit es de eapitain van de muytmakers (Voici le capitaine des rebelles) \ Un champ, également situé dans la direction du village de Perck, s'appelle le Trolle veld, d'après certains génies qui, suivant la tradition, se font un plaisir d'aider le paysau dans ses travaux *.
Ces noms nous indiquent que l'ancien culte Scandinave n'a pas disparu de Vilvorde, sans y laisser des souvenirs; de nombreuses légendes, qui animent encore les veillées de l'hiver, vous reportent aux temps où chaque vallon avait son fantôme favori, chaque fontaine son esprit mystérieux, chaque nuit son apparition fantastique. Tel habitant vous racontera comment, en regagnant un soir son logis, il vit la plaine du Château, c'est-à-dire la prairie située à l'est de la maison de correction, animée par un banquet splendide, où des chevaliers, couverts d'armes étincelanles, siégeaient autour d'uue table couverte de vases précieux ; com-
1 M. HiLLMisu en a donné une jolie vue.
» tty der ttat tan Vilvoirden , ter plaitwn geheelen den Perrtcke, 1518. — Ten Percke geheelen t QalgenlaiU, by Vtlvoerdtn, 163t. » Annecdota Hntxellemia.
* Rappelons ici qu'un lieu nommé le Vallon du Diable, t Duyrelidal, se trouve entre Vilvorde et Coninxloo.
ment il fui entouré par les convives de ce repas infernal, qui lui présentèrent du vin; comment, «levant un grand signe de croix, s'évanouit tout cet appareil de fantasmagorie diabolique. D'autres vous raconteront l'épisode suivant : Un jour, des moissonneurs trouvèrent dans le grain une femme qui paraissait dormir, sans cependant que rien indiquât qu elle respirait. Curieux de savoir ce qu'elle pouvait être, ils appelèrent un pâtre du voisinage, très-instruit, disait-on, dans la science des choses cachées. Lorsqu'il eut aperçu cette femme :« c'est une mahr, « un démon femelle, dit-il, et elle est venue ici pour monter à cheval sur c une autre; > puis, comme ils se moquaient de lui, il les engagea à s'éloigner un peu. Lorsqu'il fut seul, il se pencha sur la femme et lui dit quelques mots à l'oreille; aussitôt accourut un petit animal, long à peine d'un doigt, mais très-bien formé, qui s'introduisit dans la bouche de la femme; le berger donna alors un grand coup à celle-ci qui s'éveilla, se retourna, parut fort étonnée, et s'enfuit en toute hâte, au grand étonnement des moissonneurs
Houthem. — Le lieu où s'est formé le hameau de Houthem (l'Habitation du bois), près d'un petit ruisseau dit la Lebbeke, offrait encore l'aspect d'une solitude en 1250, lorsque le prince Henri, fils atné du duc de Brabaut, fit aux religieuses de la Cambre l'aumône de 85 bonniers de bois situés dans la forêt de Vilvorde (m quadam silm de Vilvordia jacentia); il autorisa, en même temps, trois de ses vassaux à léguer à la même communauté : le premier, un raanse de treize bonniers de terres; le second, un autre manse; le troisième, deux bonniers. L'abbaye établit en cet endroit une ferme, qui était exploitée par des frères ou religieux de l'ordre de Citeaux. Comme on voulait leur défendre d'extraire de la tourbe dans les prairies voisines, le prince Henri enjoignit au maire et aux échevinsde Vilvorde de les proléger, et les prévint qu'ils seraient punis, s'ils ne veillaient pas à l'exécution de ses ordres (1232) En 1516, le frère Jean Rode était maître ou directeur (tnagis(er) de la ferme de Houthem.
Outre la cour censalc de Houthem, qui suivait la coutume d'Uccle, on trouvait en cet endroit plusieurs tenures féodales. Les seigneurs de Machelen y possédaient, au dix-septième siècle, le domaine de Quadespapen ou du Mauvais prêtre, dont les tenanciers jurés se servaient d'un sceau particulier. Une ferme dite '« Uof ten Schrieck y appartint à messire Arnoul De Rycke, et fut partagée, en 1CV7, entre les enfants de Barbe De Rycke, femme de Jacques d'Ailly, et ceux de Marguerite De Rycke, qui avait épousé le sieur Bisenu. On cite à Houthem un lieu dit Hughenhoven
« Wolf. NkderlanddKh» tagen, p. 343. - » Opéra dipl., t. |, p. il 9.
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(12GI) ou Huynhoven (1441), et il s'y est formé, dans la partie la plus reculée du hameau, une agglomération de maisons portant les noms de Ten-Bossche ou Houthem- Bosch.
En 1775, l'abbaye de la Cambre y fît reconstruire la chapelle et alloua un traitement au second vicaire de l'église paroissiale de Vilvorde, à la condition de célébrer l'office divin h Houthem, les dimanches et les jours des fêtes; en outre, un logement pour ce vicaire fut préparé dans la ferme du monastère. En 1805, la chapelle fut conservée et un traitement annuel de 600 francs alloué à celui qui la desservait. Celui-ci ayant quitté le hameau, ses fonctions furent remplies par les vicaires de Vilvorde; puis, à partir de 1811, par les curés de Peulhy et de Perck. De 1814 à 1858 le premier, seul, eut ledroit d'y remplir les fonctions pastorales, qu'il confiait à son vicaire. En 1825, la chapelle fut reconnue par le gouvernement; en 1857, on confia la gestion de ses intérêts à un conseil de fabrique, enfin, en 1858, après que Vilvorde y eût fait bâtir un presbytère, on y établit un chapelain indépendant. Dans ces derniers temps, on a plusieurs fois demandé l'érection de Houthem en commune distincte; mais trop d'exemples ont prouvé les suites funestes qu'entraînent de pareilles mesures, pour que celle-ci ait grande chance de succès. Morceler nos communes, c'est les appauvrir ; il faudrait plutôt en diminuer le nombre. Vilvorde peut donc espérer de conserver son ancienne étendue; située comme elle l'est, elle est appelée à reprendre son ancienne prospérité, à redevenir florissante, comme au temps de Henri 1", de Jean III et de Jeanne de Brabant.
annexe. — D'après un recensement de la population de Vilvorde, qui se trouve dans un des registres de l'état civil, cette ville comptait, en 1(572, lf»87 habitants.