‹ Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette villeChapitre 23 sur 43 · SS · texte numérisé non relu

SS

arrêtait, pour ainsi dire, les communications directes, par terre, entre Bruxelles et Malines, les habitants de Vilvorde furent autorisés à le rétablir et à y lever, pendant 18 années, un liard sur chaque cheval attelé qui y passerait (30 juin 1656). Le 10 juillet de la même année, on en adjugea la construction, moyennant 1,570 florins du Rhin, à Jean Marchant Peeterssone, qui s'engagea à terminer ce travail en un mois, sous peine d'une amende de 100 florins. Les Nassau, qui percevaient à Eppeghem un droit dit brugge-geU, et les habitants réclamèrent alors, en prétendant que leurs droits allaient élre lésés, et en offrant d'indemniser Vilvorde de ses dépenses. Ce système fut admis par le conseil de Brabant (10 juillet 1637) '.Plus tard, la princesse d'Orange, dame de Griraberghe, en qualité de tutrice de ses enfants, fit faire quelques travaux à l'endroit dit le Dullaert, et, par contre, le gouvernement espagnol lui permit de lever à Eppeghem un droit de chausséage, un péage au pont, et une taxe de 10 sous sur chaque brassin de bière brassée dans le village; la commune essaya de s'opposer à l'établissement de ces impositions; mais, après un procès qui dura onze ou douze ans, elle perdit sa cause et fut condamnée aux dépens (13 février 1663).

Eppeghem est très-probablement YIppinghohaimy la demeure d'Ippingh, d'un diplôme de l'an 966, où un nommé Hillin donne à l'abbaye de Nivelles cinq manses et une forêt suffisante pour nourrir 100 porcs *. Les seigneurs de Grimberghe-Nassau nommaient en cet endroit un échevinage, qui allait à chef de sens à Grimberghe, et dont le sceau présentait un écusson chargé d'un fasce et la légende : s. scabinorum de eppenghem.

• Anhita <lt VHiorJ?

' Optra Jipl .1 II, p, fol

Cet échevinage existait déjà en 1295; il étendait sa juridiction sur la partie du village d'Elewyt où se trouve le château de Sleen. Les Nassau levaient à Eppeghera des cens et le droit de quatrième gerbe sur quelques terrains; ils y jouissaient du droit de pôche dans la Senne et dans la Baerbeke, aussi loin que s'étendait la juridiction échevinale; c'était à leur cour féodale que ressor tissaient presque tous les manoirs du village, et, entre autres, Indevelde, Impel, Moortere ou Cobbenbosch, Nederhem, \Vanrode,Rollecolten et la ferme le Vyst. D'eux aussi relevait un terrage situé au lieu dit /loobo$chey et qui rapportait un muid trois quartauts de seigle, 5 sous 6 deniers de Louvain, et 6 chapons ; Jean d'Oudenakeu le possédait au commencement du seizième siècle. Mais on ne reconnaissait pas aux ofliciers des Nassau le droit d'exercer quelque juridiction sur la rivière; en 1422-1425, leur maire ayant fait arrêter un bateau chargé de grains, le magistrat de Bruxelles le fit citer devant lui, comme ayant empiété sur l'autorité ducale, et le condamna à une amende de 24 sous , dont il assigna la moitié au sous-drossard de Brabant.

Vers l'année 1580, les Bruxellois élevèrent des fortifications à Eppeghem, dans le but de proléger la navigation sur le canal de Willebroeck contre les attaques des garnisons espagnoles de Louvain et de Malines. Le nom de Schram, que portent encore quelques habitations entourées d'uu fossé circulaire, provient sans doute de là. Le nombre des communiants, qui était de 200 en 1570, n'était plus que de 50 en 1598 ; il s'élevait en 1600 à HO, et en 1762, à 490; à cette dernière époque, on complait à Eppeghcm 250 enfants non-communiants, et, par conséquent, une population totale de 740 âmes.

L'église paroissiale est dédiée au pape saint Clément, dont on y conserve les reliques et qu'on va y invoquer contre la toux et quelques maladies d'enfants. Dans ces cas, on offrait jadis au saint une poignée de clous et des mannequins de fer (homunciones , en flamand ysere mannekens). L'autorité diocésaine travailla longtemps, sans succès, à abolir celte pratique superstitieuse. En 1780, l'archevêque ayant défendu de battre le tambour dans la procession, et les habitants d'Eppeghem ayant contrevenu à cet ordre, le Sainl-Sacremenl n'accompagna, ni la procession de la Fête-Dieu, ni celle de la dédicace de l'église. Le temple n'offre aucun intérêt; plusieurs restaurations successives ne lui ont laissé qu'un caractère gothique bâtard; selon la tradition, les transsepts y auraient jadis formé la nef et l'abside. Son ornementation souffrit beaucoup d'un incendie qui éclata le 24 juin 1847. Sur le mailre-autel, on voit une Sainte -Cè«e,de Herreyns; l'église possède encore une Eluble de Bèllhèem . par Verhaegen, et un Saint lierre, par Van Loon. La chaire, sculptée

par Van Gheel, de Malines, est ornée d'une slalue représentant la Vierge; le chronogramme : eXhIbbt eX aLtIs VIVa VoCe MarIa VIrgo DoulnICo, nous apprend que ces sculptures datent de 1797. Prés de l'autel de gauche se trouve un beau buste de marbre, sculpté par Geerts et reposant sur un socle qui porte celle inscription : priez pour l'amb de feuemadame — LA BARONNE— CHARLÉ DE WASPICK,— NÉE BARONNE — VAN REYNEGOM

i/impel,— décédée a Bruxelles — le 8 juillet 1838. Sous la tour, dans le mur extérieur du collatéral droit , on voit un mausolée de pierre bleue, sur lequel on lit : hier leyde begraven heer joannes andreas

JOSEPHUS GISLENUS BARON VAN — REVNEGOX, IIEERE VAN EETVELDE, IMPEL, RYKENRODE, MAJOR DER STADT DRUSSEL — SEDERT DEN 4 MEY 1749, STERFT DEN 28 OCTODER 1788, OUSTEN SONE VAN SIMON, — ENZ. ENZ . , ENDE VAN VROUW ISABELLA PIPENPOY ; WIENS VOOROUDERS 1IUNNEN NAEM — HEBBEN VER- CREGEN TEN JAERE 090 DOOR IIET REYNIGEN DER AFGODBRYEN — IN 't GRAF.F- SCHAP VAN KENNERMERLAND, ALWAER TEN JAERE 792 STIRF — 01» ZYN HOF VAN REYNEGOM RABOD DEN II KONINCK DER VRIESEN; — DE NAERCOMELINGEN VERJABGT SYNDE DOOR DE OORLOGEN, HEBBEN — HUN GESTIGT IN *T RHYNLAND BY LEYDEN, ENDE VAN DAER TEN EYNDE — VAN DE REVOLUTIE VAN HOLLAND, VOOR H ET CATHOLYCKE GELOOF — EN DE GETROUWICHEYDT AEN CAREL DEN V ENDE PHILIPPUS DEN II, — VERDRF.VEN WERDEN IN DESE LANDEN, MET CONF1S-

catie van hunne goederen. Celte idée de faire dériver l'étymologie du mom de Reynegom du mot reynigeny nettoyer, parce qu'en l'année 690, on proscrivit l'idolâtrie dans le Kennemerland, patrie primitive de la famille des Reynegom, est sans contredit une des idées les plus bizarres qui soient nées dans le cerveau des héraldistes. Derrière le chœur de l'église d'Eppeghem est enseveli ledernier chanoine régulier de Bethléem, H. Vanderscrieck, mort curé de la paroisse, le 3 mai 1818.

Eppeghem dépendait primitivement, au spirituel, de Sempst; elle en fut ensuite séparée et s'étendit même sur une partie de ce village'; le patronat y appartenait à l'archevêché de Matines, qui y partageait la dlmeavec lechapilre de Cambrai, les abbayes de Grimberghe et de la Cambre, l'hospice d'Olivelen a Malines, les chanoines de Zellaer et le béguinage de la même ville, te béguinage de Bruxelles et le curé du lieu. On disait, toutes les semaines, une messe en l'honneur de sainte Anne, aux frais de l'église, et une autre, eu l'honneur du Saint-Sacrement, que payaient la commune et la famille Reynegom. 11 existait une chapellenie de Notre Dame, dont l'archevêque avait la collalion.

De temps immémorial, on trouvait près de l'église d'Eppeghem, à l'endroit appelé aujourd'hui het Begynhof, un hôpital dédié à la Vierge et

' In dt prochie van Eppeyhtm omler te banckt wnZrmpu. IW9.

à saint È\oy(sinte Loya), qui était desservi par trois ouquatre religieuses, de l'ordre de Saint-Augustin ; on y donnait, la nuit, l'hospitalité aux pèlerins et aux voyageurs indigents ; mais, pendant les guerres de religion, il devint le refuge d'unefoule de vagabonds, au grsnd péril de la chasteté des religieuses. Par un décret du 23 mars 1571), les vicaires généraux de l'archevêché ordonnèrent que les biens de celte fondation seraient annexés à la mense du Saint-Ësprit de la paroisse, que l'hôpital serait confié aux soins d'un homme marié, et que l'on continuerait à y dire une messe, le malin. Plus lard, la majeure partie des revenus furent donnés au curé, pour supplément de compétence.

Plusieurs fermes et maisons de campagne sont disséminées entre le Pont-Brûlé et le village d'Eppeghem. On rencontre d'abord Yndevelde (UCIiampdelafin), qui prit plus lard le nom de het Cattmhuy s ou la Maison desChats. C'était autrefois un fief comprenant des terres, un cens valant 24 livres 10 escalins, 18 deniers de Louvain, 24 oiseaux, moitié chapons, moitié oies, 100 œufs; 2 jours de corvées de fenaison, 2 jours de corvées pour le fumier, 2 keuren, 2 hommages. Il appartenait, en 1404, à sire Gilles de Ilofstaden, chevalier, et, en 1474, à Henri Van Hofstade. 11 fut ensuite acquis par Jean Micaull, seigneur d'Oosterstein. C'est au second fils de ce gentilhomme, Nicolas Micault, alors membre du conseil privé, que le voyageur Busbecq adressa ses lettres sur ses deux ambassades en Turquie, publiées par L. Carrion en 1582, chez Planlin, à l'insu de l'autcuret avec une dédicace au seigneurd'Indevelde. Ilparail qu'elles furent écrites pendant que celui-ci voyageait en Portugal et que, de son côté, il s'était engagé à communiquer à Busbecq le résultat de ses observations Par son leslament, endatedu 31 décembre 1571), Nicolas Micault et sa femme Marie Boisot léguèrent, en fidéicommis, à leur (ils aîné Charles, Indevelde et tous leurs autres biens à Eppeghem et à Grimberghe, ainsi que les meubles dont ils se servaient dans cette habitation, et la grande maison qu'ils avaient fait bâtir à Bruxelles. Charles Micault étant mort avant son père, celui-ci testa une seconde fois, le 31 août 1585 ; il donna Indevelde à son puîné Louis, chanoine de Sainte-Gudule (r. du 1" février 1590), qu'il availdéjà gratifié, le 14 avril 1582,de sa maison de Bruxelles. Louis, à son tour, institua pour ses héritiers ses trois frères : Pierre, seigneur deDiepensleyn; Léonard, seigneur d'Huyssingen; Nicolas, chanoine deTournai, et sa sœur Louise, femme de Paudiencier Verreycken. Un autre fils de Nicolas Micault, Maximilien, était mort en 1580, et une autre de ses filles, Marie, en 1574. Pierre légua Indevelde à son fils aîné, messire Nicolas, protonotaire apostolique et chanoine de Saint-Servais à

> Df ReirrcilERG, -V.,urrtiu </icJir>nnatrr de la t oncenattun, t Jit W.ililcn , au mot

H: !Bu'o,

Page 1