‹ Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette villeChapitre 25 sur 43 · HI8T0IRI · texte numérisé non relu

HI8T0IRI

fait par-devant les échevins de Bruxelles, le 21 avril 1558 (relief du 28 juin 1588), el le léguèrent à leur fils Engelbert et à sa femme Anne de Zulpeene, dame d'Hoeymille el Helfort (r. du 5 octobre 4598); ceux-ci, n'ayant sans doute pas d'enfants, le vendirent, le 9 juin 1611, à messireJean De Weynssone, receveur général au quartier de Lille, Douai et Orchies, et à sa femme Catherine De Voeght (r. du 28 septembre 1GH). Le 19 juin 1662, Jean-Jacques de Weynssone, seigneur de Lillard, céda ses droits sur ce fief, qui se composait alors d'une maison entourée d'eau, à laquelle on neparvenait que par un pont-levis, d'une petite maison de campagne et d'autres dépendances, à Marie Van Rittenberghe, veuve de l'avocat Jules César (r. du 7 mars 1662). Par testament daté du 15 décembre 1678, Marguerite le légua à Jean-Michel, vicomte de Locquet, fils de Jean-Antoine Locquet, conseiller de Brabant, et de Marie- Christine César. On le vendit ensuite, moyennant 1 5,308 florins, pour payer les dettes du vicomte, à Thérèse-Barbe-Josèphe Gielis-Ilujoel, douairière d'Antoine-François Charliers, avocat fiscal du conseil de Brabant (14 octobre 1741). Marie-Caroline Charliers, dame d'Impel, épousa, en 1743, Jean-André, baron de Reynegom, père de Lambert-Joseph Van Reynegnm, seigneur d'Impel. Une demoiselle de celte famille porta Impel au baron Charlé de Waspick, qui l'a légué aux enfants de M. le comte De Villegas de Jette-Saint-Pierre.

Un fief voisin du précédent se composait de Vhoffvan Cobbenbosch et d'une ferme appelée 'tho/f V Ympele ou '</ leen van den Moirter ; il compienoit 18 bonniers et une cour féodale de 15 hommages. Marguerite, tille de Henri de Cobbenbosch et son mari Jean Bake le possédaient en 1437 et 1474. En 1611, c'était une ferme avec un monticule adjacent, le tout entouré d'eau, el appartenant à Chrétien, fils de maître Jérôme Baers. Maitre Godefroid de Bastogne, orfèvre à Liège, en hérita une part de son aïeul maitre Jean Rombout et de son grand oncle Nicolas Rombout, célèbre vitrier, et la vendit à François, fils de Jacques de Bastogne et de Catherine Spirincx, el à sa sœur Anne, femme de Jean Pannis (27 août 1632).

Le château d'Impel touche à celui d'Eetvelde, auquel était annexée une cour féodale de 2 hommages, dite de la maison de Heelvelde à Eppeghem, et 16 bonniers de terres et de pâtures, le tout tenu en fief du duché de Brabant. Jean Coman, de Vilvorde, le laissa à son fils du même nom, en 1374-1375; Élisabeth, fille d'un cinquième Jean Coman (r. du 3 novembre 1459), s'allia à Hugues de Heelvelde; son fils, maitre Hugues de Heetvelde (r.du21 juillet 4503), vendit le fief à Jean Micault, receveur général (r. du 20 février 1511-1512), dont le fils Charles ie céda à Jean de Fraye (r. du 6 février 1556-4557). Celui-ci s'élanl compromis dans les

(roubles du seizième siècle, le gouvernement espagnol confisqua, entre autres, 3 bonniers de pâtures qu'il possédait à Eppeghem ; mais, comme il fut compris dans la réconciliation de Bruxelles avec le roi, on les lui restitua Maître Guillaume de Breugel devint ensuite acquéreur de la seigneurie de Heetvelde (r. du 29 décembre 4598), qui passa, après lui, aux De Weert, puis, à don Simon Fierlant, conseiller au conseil suprême des Pays-Bas et de Bourgogne et au conseil d'état, chancelier de Krabant (r. de l'année 1676). Le baron de Beynegom d'Impel et sa femme l'achetèrent aux Happaert, qui Pavaient hérité des Fierlant (r. du 31 décembre 1745), et Justine-Josèphe de Reynegom, qui mourut le 17 janvier 1838, et fut ensevelie à Laeken, le porta en mariage à M. Balthazar-Charles , comte de Villégas de Clercamps, chambellan du roi des Pays-Bas Guillaume Ier. C'est ce dernier qui a fait rebâtir, en 1825, le châleau d'Heetvelde, dont la construction datait de l'époque de Simon de Fierlant. Les Reynegom y faisaient dire la messe, comme membres de la confrérie du Saint-Sacrement à l'église Saint-Géry, de Bruxelles, qui jouissait tout entière de ce privilège.

Le grand chemin de Grimberghe à Malines laisse vers l'est, le château de Wolfslinde, et vers l'ouest, 't hoff le RolUcoten. Dès l'année 1612, celle-ci ne conservait de son ancien manoir qu'un monticule entouré d'eau; elle eut pour maitrcs, en 1474, Marie Vandenbroecke; au seizième siècle, les Gotlignies; de 1597 à 1618, Anne de Hamale et son mari, le chevalier Antoine de Berchem, seigneur d'EIsbroeck; puis les Brpsson, les Bnisschot, et enfin les Brouckhoven, qui l'ont transmise aux Liedekerke. Le hameau dit Rykent qui se trouve au nord du château d'Heetvelde, doit sans doute son nom aux De Rycke, qui y possédèrent un manoir et une ferme appelés 'f hoff te Vynt ou Wolfslinde (le Tilleul du loup). Josse De Rycke laissa trois enfants: Gilles, Henri et Madeleine (r. du 14 juillet 1545), auxquels succéda, dans la possession de ce bien, maître Guillaume Martini, pensionnaire de la ville d'Anvers (r. du 19 décembre 1548). Les Martini occupèrent, pendant plus d'un demi-siècle, les fonctions importantes de greffier et de pensionnaire, tantôt à Bruxelles, tantôt à Anvers. Une demoiselle de leur famille, Marie-Jeanne, fille de messire Philippe-Eugène Martini, porta Wolfslinde en mariage à messire Charles-Balthasar Hoeiïnagle, seigneur de Wez, contrôleur général des fortifications de Bruxelles; leur fils, le capitaine Alexandre-Joseph Hoefinagle, et sa femme, Joséphine-Claire d'Huylenbroucq, vendirent ce bien h messire Jean-Joseph Xeghers, greffier de la ville de Bruxelles, et à sa femme Marie-Marthe Olimaerl (18 avril 1739). Les Olimaerl, à leur tour, en firent abandon, le 18 août 1759, à Pierre De Meester, conseiller du mont-de-piélé de Malines. La

plus jeune fille de ce dernier, Jeanne-Marie De Meester, femme de Gérard Van Outheusden, fit, en 1794, rebâtir le château, qui, après sa mort, a été acheté par M. Powis de Ten-Bosch (15 juillet 1852).

Jean, fils de Guillaume d'Ophem, et sa sœur Marguerite, femme de sire Imberl d'Ittre, seigneur à Ittreet de Releghcm, donnèrent en location, en 1489, leur ferme de IVederhem, située à Eppeghem, au nord du village; Jean Oliviers la céda, le 22 juin 1528, à maître Guillaume Pensaert, premier secrétaire et audiencier de l'empereur Charles-Quint. Le fils de celui-ci, Charles Pensaert (r. du 51 juillet 1556), sépara de la ferme les fiefs, les cens, les amendes, le droit de mainmorte, qui y étaient annexés, et les vendit à sire Pierre Micault, seigneur d'Ihdevelde (21 juin 1605); plus tard, ses héritiers abandonnèrent la ferme même i messire Antoine Rovelasca, maître cavier (opperste ketdermeester) des archiducs (12 juillet 1606). A côté de la ferme, il y avait alors une maison de plaisance, bâtie de pierres et entourée d'eau, et une brasserie; parmi les droits qui étaient annexés à cette propriété, on comptait des droits de mainmorte, ainsi que la pèche dans la Senne, sur une longueur d'environ 1 ,400 pieds, et dans le ruisseau qui s'y jette, près de la ferme. Après avoir été achetée par Thierri Absalons (juin 1628), la ferme de Nederhem passa également aux Micault; en 1685, elle fut.annexée, avec les 108 bonniers de terres qui en dépendaient, au comté de Steenhuffel. Dans les derniers temps, elle a appartenu aux Paffenrode et aux Nelis.

Weeb.de '.—Un chemin pittoresque, qui longe la Senne, à l'ombre de vieux saules, conduit de l'église d'Eppeghem vers Weerde, qui n'était

• Weerde [Wtrda, 1283; Weerde, 1435, 1491) , commune du canton de Vilvorde , a 3 tji I. au N. de Bruxelles.

Territoire : En 1686. le village comprenait 350 bonniers, dont 5V7 de terres, 101 de prairie» et 1 de bois; lo revenu imposable s'élevait u 6,S39 florin». Eu 1846, sur une étendue de 421 hectares, on y trouvait 150 b. cultive» en céréale», 30 h. cultivés en plante» industrielles, 75 h. cultivés en racines et fourrages, 48 h. de prairies, 4 b. de jardins potagers, 5 h. do boi*. La Verne linéaire avait «8 1/3 pieds de Bruxelles.

Nombre d habitations En 1435. 43; en 1480, 3V; en 1525. 37; en 1686, 18 ebaumiéros, 2 auberges; en 1846, 107 maisons.

Population : En 1786, 410; en l'an Vlll, 423; au 31 décembre 1831, 547; au 15 novembre 1846, 578, formant 144 ménage»;85 enfants recevaient l'instruction, et 67 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie : 2 moulins a eau.

Dépendances Les hameaux den Berg, Wurdenhock , / lloaQhuyi, HUyenhay, llactenhooft OU Haesenhof.

Les registre» de l'état civil commencent en 1665.

dans le principe qu'une prairie marécageuse, et que l'on transforma eusuite en un polder, un terrain endigué ou enclos, een tcerd (de xcarden, garder) La partie principale du village est en effet entourée d'eau de toutes parts : la dérivation dite Baervoertsbeek la borne à l'ouest, la Senne à Test. Weerde comprend en outre quelques terres et prairies s'étendant au delà de celle-ci jusqu'à la Baerbeke. La rivière, dont le flux et le reflux se font sentir jusqu'au moulin de Weerde, devait périodiquement inonder son territoire, avant qu'on ne l'eût protégé par des digues.

Weerde reconnaissait l'autorité des échevins deSempst, mais il avait, dès 1427, des répartiteurs particuliers. Son église ressortissait primitivement à celle de Sempst, et, en 1573, un décret du cardinal Granvelle y confia l'oflice de desservant au curé de ce village, Gaspar Huysmans, à condition qu'il aurait soin du pasteur, qui ne pouvait plus remplir ses fonctions. Depuis cette époque jusqu'en 1 781 , les deux paroisses eurent le même chef spirituel ; les habitants de Weerde étaient alors baptisés à Sempst, mais enterrés dans leur propre église, où l'on disait la messe le dimanche et les jours de fête. C'est un édifice de construction moderne, à l'exception de la tour. Un prêtre de Bruxelles, nommé Jean Sirejacobs, qui, vers l'an 1754, vint habiter le village, fit beaucoup de dons à l'église. A l'intérieur, on voit plusieurs tableaux : Saùit Sébastien, Saint Martin à cheval, le Christ avec les saintes femmes, et la Déposition au tombeau, ce dernier traité dans le genre gothique. Le patronat de l'église appartenait à l'archevêque de Malines. Les deux tiers de la dlme du village furent achetés, en l'année 12î)0, par les chanoines de Zellaer, au chevalier Henri de Wilre, qui les tenait en fief des Aa de Grimberghe; l'autre tiers se partageait entre le curé et les chanoines de Cambrai. Plus tard, ces derniers levèrent toute la dime et payèrent au curé une compétence de 250 florins, portée ensuite à 454 florins. Le nombre des communiants n'était, en 1744, que de 180; en 1751, que de 250, et en 1769, que de 260.

Les anciens chevaliers de Weerde portaient le surnom de flamiger ou porte-étendard, probablement parce que c'était a eux que les seigneurs de Grimberghe confiaient leur noble bannière. G. de Werda signa, en 1227, un diplôme du^duc en faveur de l'abbaye de Parcq ; Gheloy de Werda est citéen 1253, et Adam, lilsdu flamiger de Weerde, et sa mère, Clémence de Brolio ou de Breuil, en 121U *. Le seul fief considérable qui ait existé, à notre connaissance, à Weerde, est un plein fief de 20 1/2 bonniers,

' Eenen tcerd met etnen berghuyie etule tiernule. Acte du mois d'oclobro 1VV.1. * Carlutntre de la Cnmhre. - Eu 1163, vivait Godofroid le Hrulin, sénéchal de la duchesse Sophie de Rrabant.

avec cour censale, que les commandeurs de Pitzenbourg, de l'ordre Teutonique, relevaient des de Bergues. En 1516, Jean Van Axelcy possédait le fief d'Espelgem

Le 15 mars 1411-1412, naquit, a VVeerde *, Adrien Dullaert, qui, après avoir étudié à Louvain le droit et la théologie, devint, en 1438, secrétaire de la ville de Bruxelles. C'est à lui que l'on dut, en partie, la fondation de la chartreuse de Scheul, dont il raconta les commencements dans un ouvrage qui ne nous est pas resté; plus tard, je ne sais pour quel motif, il encourut la disgrâce de ses chefs, contre lesquels il plaida. En 1464, lui et son frère, Jean Dullaerde, furent condamnés à aller en pèlerinage à Saint-Jacques en Galice et à payer, au profil de l'épargne du duc, une amende de 100 moutons; il se retira ensuite à Malines, où il mourut.

Nous n'aurions rien de plus à ajouter sur le village de Weerde, s'il ne nous restait à parler de sa grande usine, double moulin à eau, où s'arrêtent le tlux et le reflux; en cet endroit il existe, de temps immémorial, une écluse, et il y a eu autrefois un pont. Le 26 décembre 1506, le duc Jean II acheta à Baudouin, fils de Gérard Vandeneechove, la moitié du moulin de\Veerde,avecledroitde crufe ou de banalité pour la fabrication de la i! réche, et d'autres prérogatives. Après la mort de Jean Wylvliet, seigneur de Blaesvell, fils naturel de Jean II, le moulin retourna, en vertu du droit de bâtardise, aux ducs Wenceslas et Jeanne, qui le vendirent à l'abbaye de Grimberghe (1560), avec l'assentiment du seigneur de Bouchout, de qui il était tenu en fief et qui consentit à ce qu'il devint un alleu. Sous le règne du duc Antoine, Pierre de Colret, receveur d'Overzenne, le confisqua, par ordre de la chambre des comptes; mais, à la demande des moines, on le leur rendit en s'excusant sur ce qu'on ne connaissait pas la vente de l'année 1360 (1410) 3.

Quelques années après, l'abbé de Grimberghe se plaignit au receveur général deBrahant, Jean Van Winghe, de ce quelesbateliersdeBruxelles, au préjudice du meunier de Weerde, se refusaient à lui payer le droit qu'ils devaient pour le passage à l'écluse. Une enquête fut ouverte par le receveur, assisté de six tenanciers voisins (erfgenoten) et de deux charpentiers de moulins (molenslegers), et on entendit successivement vingt et un témoins. L'abbé soutenait qu'il pouvait exiger un pain de chaque bateau chargé; les bateliers, d'autre part, réclamaient l'ouverture de l'écluse pendant trois jours de la semaine : le lundi, le mercredi et le samedi.

1 Jean dEspelghem assista, en 1Î83. il une donation faite par Gérard d Aa. « in Vmmrdavico, dit la MffefAwa Btlgica.— Noua avons parlé plus haut [p, 190). do l'endroit appelé dtn Dullaert.

* tbgittrtê notr$. n* II. f" W. aux Arrhives du rp>aume

Une sentence, qui fui prononcée à la Maison au Pain, à Bruxelles, le 25 juillet 1424, à 11 heures du matin, fit également droit aux deux demandes et mil fin à la contestation

Sous le règne de Philippe le Bon, lorsque la cherté des grains eut amené une défense d'exporter le grain du Brabant, les magistrats de Bruxelles, tant au nom du duc qu'en leur propre nom, enjoignirent, de vive voix d'abord, puis par écrit, au maire de Sempsl, Daniel Hoebosch, et à René Lauwers et Jean De Drossate, échevins de ce village, de faire conduire en lieu de sûreté les grains et la farine déposés au moulin de Weerde, afin qu'on pût les vendre, en temps utile et par petites parties, aux pauvres de la localité. Ces précautions ayant été négligées, les Malinois, qui souffraient cruellement du manque de vivres, vinrent, pendant la nuit, eulever ces grains. Pour punir la négligence du maire et des échevins cités plus haut, les magistrats de Bruxelles les condamnèrent à acheter à leurs frais quinze sacs de seigle, provenant du dehors de l'ammannie et qui remplaceraient les grains enlevés. En outre, on leur imposa l'obligation d'aller en pèlerinage, le maire, à Rome, les échevins, a Milan, ou de payer, ceux-ci, 10, celui-là, 20 florins. Pour avoir consenti à livrer les grains entreposés chez lui, le meunier dut en acheter dix sacs et faire un pèlerinage à Saint-Jacques en Galice, rachelable moyennant 20 florins (i) mai 1458) *.

Vers l'année 1500, la ville de Bruxelles acquit de l'abbaye de Griraberghe le moulin de Weerde, qui se louait alors moyennant 96 muids de grain et % livres de cire. Les répartiteurs des impôts à Weerde ayant voulu imposer cette propriété, les receveurs communaux de Bruxelles repoussèrent cette prétention, en alléguant qu'ils ne payaient pas d'impôt et qu'ils avaient acheté le moulin à une corporation jouissant également de cette immunité. Le magistrat de Bruxelles, qui jugeait les causes de celte nature dans toute l'étendue du quartier, déclara aux répartiteurs que s'ils pouvaient prouver que l'abbaye avait payé l'impôt pour le moulin, les receveurs le payeraient aussi (2.*> octobre 1521).

Le moulin de Weerde souffrit beaucoup des guerres de religion, pendant lesquelles il fut fortifié; en 15U1, Jérôme Baers se chargea de le reconstruire. A cette époque, on le convertit en foulerie; la fabrication des draps ayant repris de la vie à Bruxelles, et les deux seuls moulins à foulon qui fussent voisins de cette ville, celui de Paepsem à Anderlecht et celui de la porte de Hal, ne suffisant plus, les drapiers bruxellois devaient recourir aux usines de Louvain. A Malines, la même insuffisance

• Perktmtnl boeck nulle tatttrn, f- U1 v\ aux Archives communales de Bruxelles. « H'u correctif botek des mômes Archives, f" 63.

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se faisait senlir, et les fabricants malmois auraient grandement désiré prendre en location et utiliser le moulin de Weerde. C'est ce qui détermina le magistrat de Bruxelles à autoriser le meunier à annexer à son moulin à grains une foulerie (28 février 1659). Après avoir été quelque temps en activité, la foulerie fut remplacée par une usine du même genre, que la ville établit au Dieghemsthe ham, près du moulin de Saint-Michel, mais celle-ci ne marchant qu'imparfaitement, a cause du manque d'eau, on la détruisit et on en transféra les ouvrages à Weerde, où un foulon malinois, Sébastien Vandenbrande, se chargea de l'installer, et la prit u bail, ainsi que le moulin à grain, pour le terme de douze années (20 avril 1679). Depuis, on imposa toujours au locataire l'obligation de servir, avant tous les autres, les drapiers bruxellois. Les deux moulins ont été vendus, en 4818, pour la somme de 19,500 florins; ils appartiennent aujourd'hui à M. l'architecte Stielemans, qui a été pendant quelque temps sénateur *.

Sempst *.— Selon l'ancienne chronique mnlinoise qui porte le nom de Chronique de Tongres, la grande paroisse de Sempst, à l'époque de la bataille de Louvoin, livrée eux Normands par le roi Arnoul, s'étendait jusqu'à la Dyle, de manière a comprendre dans sa circonscription la chapelle de Notre-Dame qui devint plus tard l'église collégiale de Notre- Dame au delà de la Dyle, à Malines; d'autres écrivains ajoutent que le pays de Grimberghe avait primitivement la même étendue de ce côté, d'où vint le proverbe : « Si quelqu'un se trouvant sur le grand pont, à « Malines, prend une vache par la queue, il peut la jeter de Grimberghe t jusqu'en Campine {Soc une op de Grootbrugge een koeve vatte met

' Archives de la ville de Druxtllei, pauim.

« Sempst [Semse. 1231; Sempso, 1289; Symsa. 1326 ; Zemse, 1319; Zemp$e, 1127; Sempse, 1469; Sempze, 1477: Zempst, 1435, 1*80), commune du ranton de Vilvorde, h 3 1.2 I. au V de Bruxelles. . .

Territoire : En 1680. le village comprenait 1,463 bonniers, dont 775 de terres, 130 de»praineset557de bois; le revenu imposable s'élevait à 21,.'i88 florins. En 18k6, sur une étendue «le 1 .83 ^ hectares, on y trouvait 780 h. cultivés en céréales, 121 h. cultivés en plantes industrielles. 312 h. cultivés en racines et fourrages. 114 h. do prairies, * h. do vergers. 17 h. de jardins potagers. 2 h. de jardins d'agrement.C8 h. de bois, 3 h. de jachères, 93 h. de cultures diverses. La verge linéaire avait 18 1,3 pieds de Bruxelles.

Nombre d habitations : En 1435, I "0; en 1480, 81 ; en 1525. 118; en 1686, 32 chaumières, 1 brasserie. 4 auberges, 1 chftteau. des fermes ; en 1846. 484 maisons, dont 5 Inhabitée*.

Populatù En 1786. 1,80» habitants ; en l'an Vlll, 1,863; au 31 décembre 1831. 2,465; au 15 novembre 1846. 2.814. formant 493 ménages; 290 enfants recevaient l'instruction, et 192 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie : 2 moulins a vent, dont un, celui du hameau de Laer. bâti en vertu d'un octroi daté du 28 septembre 1774; 1 distillerie. y

Dépendances : Voir le texte.

Les registres de l'état civil commencent, pour les naissances, en 1665; pour les mariages et les deces, en 1614.

• den steirt , dat hy die conde werpen van Grimbergen tôt in den « Kenipen) ■. > Ces traditions ont peut-être un fond vrai, car, pendant longtemps, à ce qu'il semble, Mali nés n'occupa que la rive droite de la Dyle, et jamais elle ne prît sur la rive gauche des accroissements considérables. Une circonstance hors de doute, c'est que l'église-mère de Sempst comptait jadis parmi ses annexes, non-seulement deux oratoires voisins, ceux d'Eppeghem et de Weerde, mais encore ceux de Capclleau-Bois et de Heyndonck.

Sempst, avec Weerde, Op-Uombeek et Capelle, formait, en quelque sorte, un domaine ducal perdu au milieu des vastes possessions des Berthout, qui les entouraient de tous côtés; bien que les souverains du Brabant eussent beaucoup de tenanciers dans les trois premiers de ces villages, il s'y trouvait deux autres seigneuries aussi considérables que la leur. L'échevinage ducal de Sempst existait déjà en l'année 4326; son sceau offrait, avec la légende : s. scabinorum di cis in semse, l'écusson aux quatre lions, ce qui témoigne qu'il datait d'une époque postérieure au règne de Jean Ier; on y voyait, en outre, couchée sous cet écusson, une clef, emblème rappelant le patron de l'église paroissiale, le prince des Apôtres. La charte de l'ammannie servait de code criminel a ce tribunal , qui allait à chef de sens à Uccle. Dès l'aunée 1427, Sempst était annexé à la mairie de Capelle-au-Bois. En 4496-1497, deux individus coupables de meurtres et de vols, ayant été arrêtés à Sempst, sur un grand chemin, une contestation s'éleva entre l'amman de Bruxelles, le drossard de (irimberghe et le maire de Vilvorde, qui prétendaient tous avoir le droit de présider à leur jugement et à leur exécution ; par ordre du conseil de Brabant, cette mission fut confiée au procureur général Henri de Wilte, sans préjudice des droits des tiers. L'exécution eut lieu dans la juridiction ducale et coûta 29 sous 18 deniers de gros, savoir : pour le bourreau, ses gants, ses cordes, 12 sons de gros; pour le procureur général, 6 sous 6 deniers; pour le sergent de l'amman qui l'accompagna, 5 sous 6 deniers; pour le confesseur, 6 sous 6 deniers ou un florin d'or. Le 5 mai 1559, la haute, moyenne et basse justice à Sempst et à Weerde, avec ses dépendances, fut vendue, moyennant 782 livres, à sire Ferry de Glymes, seigneur de Crimberghe (relief du 9 avril 1564-1565); le domaine la racheta, le 50 mai 1615,

» Remheri • Vaiemis, Chronyke ran Mechelcn. — Aztvt.oo. Oudheden ran Mtchrlen. t II. bl. MO.

T. II

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et l'engagea de nouveau, le 6 août 1620, au comte de Grimberghe, moyennant 3,400 florins.

Avant celte époque, l'autorité des Grimberghe d'An on de Berghes, comme hauts justiciers, était reconnue, non-seulement dans leur seigneurie et dans le bois d'Aa, où ils prélevaient les amendes en entier, mais dans la seigneurie des Vilain, où le quart des amendes leur était alloué. Cependant, ceux qui siégeaient comme juges, en leur nom, ne portaient que le nom de tenanciers. Les seigneurs de Grimberghe-Aa levaient à Sempst une taille et des dîmes. Au mois de décembre 1255, Ode de Grimberghe, femme de sire Walter d'Aa, donna à l'abbaye de la Cambre une rente annuelle de 10 sous, à prendre sur l'impôt qui se levait à son profil, à Sempst, sous le nom d'exaction', t'n petit-fils d'Ode, Gérard d'Aa, malgré les instances du chapitre de Cambrai, céda à l'abbaye de la Cambre, au mois de décembre 1283, sa dlme de Sempst, moyennant 204 livres, par un acle passé dans le cimetière de l'église de Sainle-Gudule à Bruxelles (in atrio béate Gudite) , en présence de Henri, doyen, cl d'Amelric, chantre du chapitre de celte église, et de quelques vassaux de Gérard : Siger de Maie, Walter Flammiger ou le porte-étendard, Gosuin Pullc, Jean d'Axpole, Walter de Pulude, Henri, fils d'Kvan, Jean de Laken, Jean Bloc, etc. La veille des Apôtres Philippe et Jacques, en 1296, se trouvant dans un autre cimetière de Bruxelles, celui de l'église de Saint-Nicolas, il gratifia encore les religieuses de la Cambre de sa dîme novale à Sempst.

Un troisième tribunal conserva le nom d'èchevinage d'HenriiCAssche; un acte de l'an 1283 nous offre son sceau, orné d'un écusson à la fasceet au sautoir, et portant la légende : s. scabinorum enr. de asca in sempse. Cet Henri est celui qui commença la série des seigneurs de Buggenhout.Plus tard, les Anloing héritèrent de ses biens: Isaac, lits de Gérard d'Anloing, releva du duc de Brabant une dîme, des terres, des revenus à Sempst, et les laissa à son frère Thierri (relief de l'année 1376-1577); onze ans après, celui-ci les céda à Colard d'Enghien, qui les vendit presque aussitôt à Jean de Ueyenbeke ; ce dernier eut pour successeur son fils du môme nom.DuteinpsdeGodefroidRaeset de sa fille Gudule, femme de Jeau Vileyn ou Vilain, le fief comprenait des dîmes, une cour féodale de

1 Oda deGrimhergls, uxor domini Wallori de Aa, omnibus presens scriplucn inspectuns. Notum facimus universitati vostre quod de certa institutions terre noslreque dicitur exactio opud Zemsa decem solidos Lovaniensis monete domui de Caméra in elemosmam tulinwis. siugubs mu pereipiandOS, douée prediete domui alios redditus equipolleotes conferimus. Memorata autem pensio in festo tieati IW-migii ad preux (.un villam erit persolvend* domui prediete. Ne super hoc orialur ambiguïtés, présente m paginant siyilli nos:n appeusione du\imm roboraudam Datum anno Uomtni tuillesinio ducemesimo trigesimu quiuto, nunsedecembn Cartulatrr dt ta Cambre, i 300.

18 hommages, un cens produisant 24 livres 5 escalins 2 1/2 gros de Brabant; il était alors taxé pour le service féodal à un homme d'armes à trois chevaux, et à deux mm ballants à pied. Le chevalier Godefroid Vilain, fils de Jean, le releva le 5 septembre 4450, et obtint l'autorisation d'y établir un maire et sept tenanciers jurés (7 novembre 1456), puis, 12 jours après, celle de confier la garde de ses bois & un sergent juré. Par leur testament, qui fut passé devant le notaire Pierre de Mamo, le 15 juillet 1481, Godefroidel sa femme, Élisabelh d'Immerseel, fondèrent à Malines l'hospice (VOliveten ou de l'Olivier; ils dotèrent encore le couvent des Pauvres-Claires, a Maline8,et moururent : Godefroid, le 28 février 1482- 1483, Élisabelh, en 1519 l. Après les troubles de religion, les proviseurs de l'hospice cédèrent à Anne Sterck, douairière de Grimberghe, les trois quarts de leur seigneurie h Sempst, avec le droit d'en nommer le maire et les échevins, une cour féodale, et un terrage nommé prologum («te), produisant annuellement 5 livres 12 sous de gros et 0 mites de Brabant (relief du 7 août 1593) ; ils ne conservèrent qu'une dime, quelques terres

et bois, un droit de quatrième gerbe, etc.; mais, plus tard, la fondation rentra en possession de toute sa dotation, qu'un décret du 17 mars 1756 érigea de nouveau en un seul fief (r. du 2 septembre 1756). Au nombre des tenures relevant des ducs de Brabant, s'en trouvait encore une comprenant 3 bonniers de bois, 1 bonnicr de terres, 1-04 hommages, plusieurs tenanciers à Sempst et à Lierre, et 24 bonniers de terres à Ockeghem. Après Jean de Vriessele, Jean, fils de sire Guillaume de Brake,

• Voyez De Mcsti, Provincie, siad en Je district tan MecheUn, t. Il, i». 2oO.

chevalier, la posséda et la vendit à Rodolphe Pipenpoy, seigneur de Blaesvell; Henri de Boutersem l'acquit par son mariage avec Amalberge, fille du seigneur d'Oosterhout, et elle parvint de cette manière aux de Bergues. Ce que l'on appelait den ouden Raeehwyn, étendue de terrain de 5 bonniers, formait un fiefavecS l;S journaux nommés teSpillebosch, deux arriére-liefs, et une cour censale de 20 tenanciers. Jean, fils de Gosuin Hoet, de Matines, en lit le relief en 1387-1588. Barbe de Coudenberg dite Rollibuc, femme de sire Henri Vandermeeren, le laissa h son fils Henri (r. du 21 juin 1545), et Claudine Vandermeeren, veuve de Jean de Bernaigc, le transmit à ses enfants (r. du 21 août 1568). Dans les prairies appelées Scovdenbroec ou Schoutbroeck (beneden Scoudenbroke, beneden den Vondeny aen 'tCruysy bi der Zenné), Marguerite, fille d'ArnoulVandenbosschedeGheerdlingen, relevait du duché sept arrièrefiefs, deux censives et le droit d'adhériler et de déshériter, que Jean Van Wilrc lui acheta, vers l'an 1400.

Parmi les tenures de second ordre qui ressortissaient à la cour féodale des de Berglies, on comptait le château de Releghem, dont nous parlerons plus loin, et un plein fief, avec 55 tenanciers habilant à Sempst, Weerdc, Eppeghem, Hombeek, etc.; ce dernier eut pour maîtres Jean de Rycke et sa sœur Barbe, qui le vendirent à Matthias Vanderborght, fils deCharles, seigneur de Moersicke (relief du 1er avril! G2fi). En 1283, un Walter de Braempt, avec l'approbation de son suzerain Gérard d'Aa, donna à l'abbaye de la Cambre, pour les posséder conformément au droit d'Uecle et à la condition de lui payer un cens annuel de 6 sous de Bruxelles, tous ses biens, sauf un hommage et deux demi-hommages, qui devaient dorénavant ressortir à la cour féodale de Gérard; Ide, sa femme, et Gérard de Bist, qui, en celte occasion, fut donné à Ide pour mambonr, approuvèrent cette cession, que le suzerain ne ratifia qu'en imposant à l'acquéreur l'obligation de lui payer un cens de 50 sous.

Le village de Sempst était autrefois considéré comme un point stratégique, comme une position défendant les environs de Grimberghc et de Vilvorde contre les attaques des Malinois. Protégé par la Senne, il formait, en quelque sorte, un poste avancé dont il fallait se rendre maître avant de pénétrer davantagedans le pays. Aussi son église fut-elle maintes fois fortifiée et attaquée. Eu 1502 ou 1505, lorsque Jean II, renonçant à assiéger Malines révoltée, résolut de se borner à bloquer cette ville, il plaça de fortes garnisons à Vilvorde et à Boort-Meerbeek. Dans une des .^orties que les Malinois firent pour se procurer des vivres, ils vinrent assaillir la lourde Sempst; mais, à l'approche de la garnison de Vilvorde, ils se retirèrent l. En 1557, un combat se livra à Sempst, entre

1 V*a Venue*, Spicjel hittoriotl. L. IV, c. CO cl 61.

les Brabançons, commandés par le comte de Nassau, et les Malinois, conduits par Pierre Dondelaer. Si l'on en croit quelques chroniqueurs, ce dernier refoula les ennemis dans le cimetière; puis, désespérant de les forcer dans cette position, il défia en combat singulier le chevalier Henri de Quaderebi)e et le blessa. Cet exploit fut un des derniers épisodes de la guerre entre Wenceslas de Luxembourg et Louis de Maie, la paix s'étant conclue le mois suivant *.

Au mois d'août 4420, à l'époque où les dissentiments entre Jean IV et les États dcBrabant étaient les plus vifs, Pierre deSteyn, prévôt de l'église Saint-Sauveur & Ulrecht, et le chevalier Florent Vandenabeele, que Jean de Bavière envoyait au duc, furent arrêtés entre Eppeghem et Sempst, par des serviteurs des seigneurs de Wesemael et de Montjoye; on les conduisit au château de. Falais, et on ne les relâcha qu'après avoir exigé d'eux une forte rançon *. En 4566, Sempst fut l'un des endroits où se tinrent les prêches protestants; de la, les réformés agitaient à la fois Mnlines et Bruxelles, et menaçaient Vilvorde. Pendant les guerres qui suivirent ces troubles, on éleva à Sempst des redoutes (blockhuysen) et des retranchements; tandis que les États Généraux essayaient de retenir dans leur parti la ville de Malines, où d'activés intrigues préparaient le retour des Espagnols, les magistrats de cette ville envoyèrent des bourgeois pour occuper ces postes (3 juillet 4579). Le fort de Sempst fut construit dans le Vriesbroeck ou Vricsenbroeck {marais des Frisons), au nord-est de la Senne, vers Malines ; le communemestre Marotelle et Péchevin Jean Vandeneynde y allèrent plus d'une fois visiter les travaux 5. Parmi les biens que le prince de Parme ordonna de conlisquer, en 4585, on mentionne la ferme den Hulst Hoeght, à Sempst, qui appartenait à Charles de Bomberghe ; les 4 1 bonniers de terres et les 4 bonniers de pâtures qui dépendaient de ce bien se louaient, les premiers 2 muids de seigle valant 5G livres, et en argent 45 livres 10 sous, et les seconds, 59 livres 42 sous.

Au temps où la Senne était navigable, une partie des habitants de Sempst faisaient le rude métier de haleur, et nous voyons que, le 24 décembre iiiiO, ils perdirent un procès contre leurs confrères de Vilvorde. Du temps de Philippe le Bon, la chambre des comptes de Brabant lit rectifier le lit de la rivière, entre Vilvorde et le château de Releghcm, et, en 4447, elle mit en vente l'ancien lit, dont l'aliénation produisit 28 livres 4 sous 5 deniers payement *. La propriété de la Senne à

1 Mechelsche Chronyke, p. 1 4V.

1 De Drnrcn, L. VI, c. I7y.

* AzevEDO, Chronyke van Mechelen. t. V. pp. 39 et 60. « Trésorerie de la chambre de* comptes, laye BruxelUt, III.

Scmpst appartenait & la rois aux ducs et aux Berthoul : en 4254, Henri 1er et Walter Berthoul y cédèrent la pèche aux religieuses de Leliendael, le premier, dans la partie de la rivière allant du pont de Sempst à celui de Heûen; le second, dans celle qui s'étend depuis le pont de Wecrde jusqu'à l'église de JLeest Leliendael possédait aussi la pêcherie dans la Senne, depuis le pont d'Eppcghem jusqu'à l'écluse de Weerde; ce monastère la céda à Gilles, (ils naturel de Daniel, seigneur de Bouchon ( (relief de 4405-4404).

De temps immémorial, il existait à Sempst une voie pavée qui formait la continuation de celles de Grimberghe et d'Eppeghcm; elle communiquait avec Malines par une voie située à Hofslade, faubourg de cette ville. Walter Berthoul, fils atné du seigneur de Malines, les céda toutes deux à Daniel du Pont ou Vandenhrugge, à charge de les entretenir et de payer, pour chacune, un cens de 50 sous de Louvain ; il pouvait, par contre, y percevoir à son profit le steenweghe-ghelt *. Au commencement du quinzième siècle,ce péage était tenu à cens des de Bergues, moyennant 40 vieux gros de Flandre, et les possesseurs du château de Releghem avaient renoncé à leurs droits sur la chaussée; quand il s'y élevait une contestation au sujet du poids des chariots, c'était le maire de Capelle-au-Bois qui en était juge 5. Ferry de Glymes obtint, le 54 décembre 4 562, une confirmation de son droit de lever un péage à Sempst, et son petit-fils, Godefroid, fut autorisé, le 51 mai 4G54, à imposer, pendant douze ans, les habitants du village, afin de couvrir les frais de la réparation de la chaussée. Celle-ci subit une transformation complète à

• Opéra dipl., t. III, pp. 91 et 95.

1 Ego W'alterus Berthout. primogenitus domini Mochliniensis, notum facimus universis présentes litteras inspociuns. quod nos daœus Danicli dicto do Ponte et suis suecessoribua jus nostrum \iarum Iapidcarum de Zempse et de Hofstade, scilieet de pecunia exindc vcnientc.quxvulgariterriiinrupatursteenweghe ghelt, tenendumet habendum in perpctuuma nobis et nostns successoribus aingulis annis, jus nostrum viœ lapide* de Zempsa pro triginta solidis Lovanicnsibus boiuo et legalis mouette, et jus nostrum vis lapide* de Horstade pro triginta solidis prœdictas mono!*, semper solvendis integraliter quolibet Natali Domini, salvo jure ad illas Mas lapideas spertanti. ad opus Danielis sou ejus successorum pro dictis vlis lapideis tenendis et regendis. sicut hactenus est observalum ; talietiam condlttone apposita, quod si aliquis esset defectus in prasdirtis \ us lapideis, et diclus Daniel vel ejus suecessor a nobis vel noslns successoribus super dicln defectu monitus fucrit, débet idem Da-" niel vel ejus successor, posl monitinnem vel ejus successori nostram a nobis Tactam, ineonlinenti operatorcs ponere ad dictum defectum regendum et emendandum ; ai \ero idem Daniel vel ejus successor negligens scu in defectu m fuerit, esset nobis vol successoribus condemnatua ad emendam C solidorum Lovaniensium parve monets. et promittimus dicto Danicli et suis successoribus contra quoscumque ipsi Danieli seu ejus successori impedire volontés seu injuriaro do praîdiotis viis lapideis warandiam faccre debilam et consuelam. In cujus rei testimonîum prasentibus littcris sigillum nostrum duximus apponendum. Datum anuo Domini M° C<> LXXX* soptimo, feria tertia post misericordiam Domini.

5 Compta du rtetttur d Ovtrztnnc.

la fin du dix-septième siècle. Après des discussions qui commencèrent en 1680, et qui furent longtemps entravées par les prétentions de la ville de Vilvorde, un octroi du 17 mars 1698 permit aux Malinois de construire une route depuis Sempst jusqu'au hameau de Trois -Fontaines, par Eppeghem et par Vilvorde, et leur accorda l'autorisation d'y lever un péage sur les chariots et une taxe d'un liard à chaque pont ou barrière sur les passants. Les énergiques réclamations des Nations de Bruxelles arrachèrent à l'électeur de Bavière un décret qui annula cette dernière et onéreuse stipulation (1er décembre 1699). En guise de compensation et pour indemniser Malines de ce que la plupart de ceux qui passaient en voiture à Sempst empruntaient le nom de personnes exemptes d'impôts, le droit sur les chariots fut porté à 3 sous par chariot de 3 chevaux, et à 2 sous par charrette (29 août 1700). Déjà, au moyen Age, un péage de Sempst avait soulevé des réclamations; l'art. 17 de la grande charte accordée au Brabant par Marie de Bourgogne abolit h jamais les tonlieux et les gardes récemment établis à Hellegalte, à Sterrebeke, à Stalle, à Sempst, etc. Il est à supposer que c'étaient des tonlieux nouvellement établis par les ducs Philippe et Charles de Bourgogne.

Le village de Sempst, grâce au passage de la route de Bruxelles à Anvers, était autrefois très-animé; cependant, il y a cent ans, il ne comptait que 800 communiants; ce chiiïre (y compris les habitants de Weerde) s'éleva, en 1762, à 1,1 99, et, en 1769, à 1,300. En 1762, le nombre des enfants non-communiants s'élevait à 650 , de sorte que le nombre total des habitants des deux villages était alors de 1,849. En l'an III, Sempst devint le chef-lieu d'un canton dans lequel on fit entrer les communes d'Eppeghem, de Weerde, de Muysen, d'Elewyt et de Perck ; il fut réuni, en l'an VIII, à la justice de paix de Vilvorde. Le village de Sempst avait autrefois des pâtures communales, qu'il fut autorisé à louer, pour le terme de six ans, le 6 avril 1617.

Si l'on en croyait les compilateurs du dix-septième siècle, l'église de Sempst aurait été bâtie sur les ruines d'un temple dédié à Sémélé, la mère de Bacchus,et ce serait saint Lambert, évèque de Liège qui l'aurait consacrée. Sa construction, d'apparence antique, ses fenêtres dont les dimensions étaient minimes, et des inscriptions encastrées dans les murs de la nef, mais dont on ne nous a pas conservé le texte, venaient à l'appui de celle opinion que nous ne pouvons plus apprécier aujourd'hui. Le curé François Yandcnbossche, de Bruxelles, fut l'un des principaux bienfaiteurs de ce temple, qu'il orna, de 1626 à 1628, de statues représentant saint Pierre, saint Paul, saint Jean-Baptiste, saint François et le Sauveur; il paya, pour les deux premières, 16 llorins au sculpteur Martin

Van Calster Le chœur fut rebâti en l'année 1700, aux frais du chapitre de Cambrai. Comme la nef menaçait ruine, on la fit examiner, en 1750, par plusieurs experts, et, entre autres, par N. Scheltjens; deux ans après on la reconstruisit, et, en même temps, on bâtit une chapelle adjacente à Pautel de Saint-Pierre; en 1706, on éleva une sacristie et on restaura la tour, que Ton orna d'un clocher. L'édifice entier fut consacre en l'honneur de saint Pierre, le 23 septembre 1779. 11 ne s'y trouve rien de remarquable, sauf, dans le chœur, un revêtement de marbre, orné de médaillons, et, à l'extérieur, une pierre sépulcrale portant : d. o. m. —

ET Pl-E MEMORISE — FRANCISCO J0SEPH/E, FI LIA PERILLIISTRIS MRI ANTONII JOSEPHI, — BARONIS DE WEVELINCIIOVEN, — CELSISSIMO PRINCIPl DE LA TOl'R ET TASSIS SECRETIORI CONSILIO ET — TAUELLARl'M AC VEREDORCM PER 0M- NEM BELGICAM PB.EFECTI, — INC QCOQUE DEPOSITI, — HOC CONJICALIS AMO- RIS MONUMENTIM — IN SEPILTIRAM UTRIt'SQllB FAMILLE — EREXIT — VIR PERILLL'STRIS DOMINICUS CAROLL'S J0SEPHCS HIACINTHHS D'ilANNOSSET, — CONSILlARIt'S ET PROPRIORL'M PROVENTt l M SACR.E CESARE.E MAJBSTATIS — PER TRACTUM BRl'XELLENSE QU.EST0R, — OCTAVO KALF.XDAS DECEMBRES

MDCCLXXXVIII1. Le 5 février 1737, l'horloge de l'église fut détruite par le tonnerre.

Le 28 août 1561, l'évéque de Cambrai, Pierre Andréa, donna le personnat de Sempst, qui était à sa collation, à In fabrique de sa cathédrale, pour suppléer à l'insuffisance de ses revenus. Le chapitre de Cambrai ayant refusé son assentiment à cette cession, elle ne sortit son effet que 10 ans plus lard, en vertu d'une bulle du pape Grégoire XI, qui avait été chanoine à Cambrai ». Dans la suite, et en vertu d'un accord, l'église de Sempst et ses dépendances : Eppcghem, Weerde et Capelle, retournèrent à l'évêché; puis, lors de l'érection des nouveaux diocèses, elles enrichirent la dotation de l'archevêché de Malines. Un tiers des dimes appartenait au chapitre de Cambrai, un autre tiers au seigneur, et le troisième tiers se partageait cuire l'abbaye de la Cambre, pour un quart, et l'hospice A'Oliveten h Malines, pour les trois autres quarts. Le tiers appartenant au seigneur faisait partie, en l'année 1512, du fief que Daniel de Houchout relevait du duché de Brabant; en 1538, il ne fut pas vendu en même temps que la châtcllenie de Bruxelles, dont il était alors considéré comme une dépendance, et Robert de la Marck le releva, le 18 octobre 1541, après la mort de son aïeul du même nom. Dans la suite, sire Christophe d'Assonleville l'acheta et l'annexa à sa seigneurie de Bouchout. En 1474, Jean, fils

1 Regiitrum bonorum rur/r de Stmpt aux Archives du royaume. « Optra dipl., t. IV. pp. Ixi et 4i3.

DES ENVinONS DE BRUXELLES.

d'Antoine Thoenys, la tenait en fief de la châtellenie,et, le2i mai 1610, Gasparine de Spangen, veuve de maître Antoine Moons, licencié endroit, échevin de Malines, la céda à sire Jacques de Berghes; en cette occasion, à défaut de vassaux de Bouchout, le relief fut fait par-devant des hommes de fief du Brabant et de Grimberghe. Les petites dimes de Sempst, à Wormelaer, au delà de la Senne, étaient prélevées, par portions égales, par les chanoines de Zellaer, le chapitre de Cambrai et l'abbaye de la Cambre. L'archevêque de Malines conférait aussi la chapellcnie de Notre-Dame ou des Ames; au siècle dernier, celle de Sainte- Catherine était unie à la cure. En 4468, une messe quotidienne fut fondée à Sempst, et, en 1 510, Jean de Borch assigna sa dotation sur sa ferme d'Eggelghem ou de Bovekerke

L'ancien chemin de halage, le long de la Senne, conduit à une chapelle trés-fréquentée, appelée Notre-Dame à la petite Digue (Onze-Lieve- Vrouw in 't Hammeken) ou de Saint-Laurent. A une époque assez reculée, lorsque la navigation sur la rivière était trés-activc, un bateau échoua en cet endroit; les matelots essayèrent vainement de le faire avancer, ils s'épuisaient en efforts, sans découvrir ce qui les arrêtait. Dans la persuasion que toute tentative serait désormais inutile, ils commencèrent à décharger la cargaison. En ce moment, l'un d'eux aperçut, au milieu des saules et attachée à un arbrisseau, une statuette de la Vierge. Dans leur foi naïve, ils crurent faire un acte méritoire en plaçant cette statuette contre un arbre et en la couvrant d'un petit toit. Animés par cette découverte inattendue et espérant que leur dévotion serait récompensée, ils remirent la main à l'œuvre avec une nouvelle ardeur. Cette fois, leur zèle fut récompensé par le succès, et bientôt, après avoir terminé leur voyage, ils témoignèrent leur reconnaissance en faisant construire, au lieu dit 7 Hammeken, une chapelle de pierre. Un marchand d'Anvers, qui attribuait à la mère du Sauveur sa guérison d'une maladie, agrandit l'édifice et le décora d'un vitrail, où il était représenté, lui et sa femme, agenouillés devant le Christ en croix*. La chapelle a été rebâtie en 1778, date inscrite au-dessus du maitre-autel.

A l'ouest des prairies qui bordent la Senne, on voit le petit château de Releyhem, qui a été élevé tel que nous le voyons, vers l'année 1760. Ses modestes bâtiments reçoivent quelque beauté de son joli parc, de ses étangs et des allées qui l'environnent. Ses dépendances sont baignées, à l'est, par la Baervoetsbeek ou Leybeke, qui se sépare de la Senne au sud de Weerde et rejoint cette rivière à Hombeek, et, au nord, par son

' La seigneurie de Bovekercke appartint longtemps aux De Clcrck, qui donneront a la ville de Malines un grand nombre de magistrats communaux » Wicbhass. Ilrabantia Martana, L. Il, p. 556.

T. II. >o

affluent, la Kesterbeke, qui arrose une grande partie du territoire de Sempst. Jadis son donjon carré s'appuyait à un corps de logis à peine éclairé par d'étroites embrasures; accessible seulement par un pont-levis et par une grande porte, dont le cintre était inscrit dans une ogive, il présentait l'aspect d'une forteresse redoutable; à côté du donjon s'élevait une haute tourelle ronde, dont le toit était percé d'une lucarne, d'où une vigie pouvait découvrir les campagnes jusqu'aux portes de Malines 1 .

Là demeurait, au quatorzième siècle, l'amman de Bruxelles, sire Jean, (ils de Gérard deRedelghcmouReleghem, qui, à la bataille de Bastweiler, s'élança le premier dans les rangs des ennemis, et y perdit la vie'. Le chevalier Henri d'Ophem laissa le château à sa fille Marguerite, qui épousa Engelbert d'Iltre; de leur mariage naquit Jacqueline d'illre, femme d'Antoine de Namur, seigneur de Timières.Releghem fui alors acheté par Jean de Carondelet, seigneur de Champuans, chancelier de Bourgogne sous l'archiduc Maximilien, dont il partagea la captivité à Bruges, en 1488; il fut ensuite disgracié et mourut à Malines, le 21 mars 1501, à l'âge de 73 ans. Son septième fils, Ferry, épousa, en 1510, Digne Bauw, dame de Glenro; peu de temps après, sa femme étant morte, il embrassa l'étal ecclésiastique; il devint archidiacre de Besançon et mourut en 1528, au retour d'une ambassade à Rome. Son fils unique, Paul de Carondelet, capitaine de cent cuirassiers au service d'Espagne, mourut au château de Mousty,le21 février 1581. Il ne posséda pas Releghem,où il était né en 1510, et qui passa à son oncle Philippe, vicomte de Harlebeek, écuyer tranchant de l'empereur Charles-Quint J. Messire Charles, fils de Philippe, possédait, en lG19,Releghem,qui reconnut ensuite pour maîtres Nivio-Mario Invrea , gentilhomme génois, puis sa fille Marie- Constance (relief du 20 juillet 1648), qui mourut en 1080 et fut enterrée dans l'abbaye de Cortenberg, avec son mari, Thierri comte Vandernalh et de Saint-Rcmi, baron de Cortessem, colonel d'infanterie et capitaine de cavalerie au service de l'empereur, mort en 1695. De cette dernière union naquit Gérard-Constantin Vandernalh (r. du 23 août 1681), chambellan de l'empereur, père de Gothard-Joseph-Casimir (r. du 26 septembre 1738), membre du conseil impérial aulique. chambellan de l'empereur, mort en 1742, le même, parait-il, que le baron Vandernalh qui fui impliqué dans les intrigues du baron de Goërtz, et, à la mort du roi de Suède Charles XII, arrêté et condamné à une prison perpétuelle *. Émeric-François , l'alné des fils qu'il avait eus de Thérèse,

' DE CtNTILLOH, 1. c, p. 161.

» Brabanttche Yeetten, L. VI, c. 53 et 54.

* Mémoire* généalogiques pour tenir a l histoire de» Payt-Bat, p. 100. « Mémoire» du duc de Saint-Simon, t. XXXlt, p. i35.

comtesse de Zichy de Ramona, hérita Seneffe, Releghem et Wolpulte (r. du 24 avril 4742), qui furent vendus, en vertu d'un octroi du conseil privé, du 29 avril 17a7. Releghem appartint ensuite aux barons de Wevelinckhoven, dont l'héritière, Françoise-Joséphine de Wevelinckhoven, épousa Dominique d'Hannosset; leur fille, Marie d'Hannosset, s'est alliée à M. Henri-Jean-Baptiste, comte de Baillet, administrateur de la banque nationale.

La seigneurie de Releghem comprenait une ferme avec 42 bonniers, une franche-garenne, une cour féodale, une cour censale ; en 1 462, comme cette dernière n'avait pas de sceau, elle se servait de celui des tenanciers jurés de Philippe de Glymes. Lorsque les seigneurs habitaient à Sempst, on disait tous les jours la messe dans la chapelle castrale.

Le vaste territoire de la commune comprend plusieurs hameaux, dont aucun n'a une grande importance. Tels sont : Klein Linde, entre Sempst etReleghem ; Linterpoort(PoortevanLint, 1 593), où se trouve une maison de campagne qui a été construite, vers l'année 1778, par le baron Jean- Joseph Van Volden de Sandberg; Bosch, Spilt, Laer {Laeret 1616), Laercam, Al restée a ou Halvensteen, Oxdonck ou Haecxdonck, de Brug ou le Pont, au delà de la Senne, vers Matines. On y cite, en outre, les fermes dites de Biest (liist, 1283), Ter-Hcyden, Aasteen, Da&thof, de Verbrande hoeve, het hoff Tilbùrght, het Spreeuicen huys, het hoff te Loxem, etc. Elisabeth Taye, veuve de sire Arnoul de Hellebeke, y posséda *< hof ten Asche, qu'elle donna en location, en 1349, à Guillaume Vandenasche.

Nous avons vu que le territoire de Grimberghe, vers le nord-est, était anciennement couvert de bois et de bruyères, que les Vianden abandonnèrent aux religieux de Grimberghe; ces solitudes se prolongeaient jadis sous Sempst, où elles occupaient un espace immense, et sousCappelle-au- Bois, puisse reliaientà celles deBlaesveld. Le nom de plusieurs hameaux de Sempst dit assez que le sol cultivé y a été jadis conquis sur les bruyères 1 ; 400 autres bonniers y formaient le bois dit d"Aa(debosch van Aa), d'après ceux qui le possédèrent au quatorzième siècle. En 1474, ce bois rapportait environ 52 livres de gros. Il existait encore en entier lors de la construction du canal de Willebroeck; mais, dans la suite, on l'attaqua de différents cotés, et, de nos jours, il a complètement disparu, à l'exception de quelques bosquets qui ombragent les bords de VAabeek et d'un de ses affluents, qui vient de Meyssc, et qui passe sous le canal de Willebroeck, au moyen d'un aqueduc. La famille de Mérode possède en cet endroit les fermes d'Aa et de Haexdonck.

1 C'est ainsi qu'en 1683, on défricha huit bonniers de bois appelés de Hrydt tt Latr. et qui appartenaient a H. de Grobbendonik et aux héritiers de Henri Van Hore.

Op-Hombeek. — Le villaged'Hombeek faisait autrefois partie de la province de Matines, à l'exception de sa partie occidentale qui, sous le nom iVOp-Hombeek ou Haut-Uombeck, ou quelquefois âeSmal-Brabant, le petit Drabant, dépendait du duché de Brabant et de l'échevinage de Sempst. Op Hombeek comprenait, en 1686, 545 bonnicrs, dont 123 de terres, 6 de prairies, 194 de bois et 20 de bois taillis ». Dans cette étendue, il n'y avait, en 1480 et en 1325, que 6 maisons; en 1686, on n'y trouvait que 19 chaumières, 1 brasserie, 5 auberges et 1 maison de campagne. En 1469, les comptes des aides comprennent encore Op-Hombeek dans la chef-mairie de Vilvorde, mais, par erreur; il ressortissait certainement à celle de Cappelle-au-Bois. Le 21 avril 1561, nos souverains y engagèrent la juridiction, moyennant 691 livres 11 escalins, à Laurent Ityck, fermier du tonlieu de Zélande, et à sa femme Anne de Lauretten (relief du 23 janvier 1561-1562). Ces personnes étant mortes insolvables, leurs héritiers vendirent Hombeek à Daniel Pellekens ( r. du 25 octobre 1605); le domaine racheta le village, le 3 octobre 1614, puis le vendit, une seconde fois, le 29 juillet 1626 et moyennant2,000 florins, à Robert de La Tour, seigneur de Moriencourl et de Stcenwerve, dont la femme Anne, fllle de Philippe Kerremans et d'Anne Vanderhert, avait hérité de ses parents une maison de plaisance, avec jardin, vergers, terres, pâtures, petit bois, et étangs, appelée die Carmosteyn ou Karmoesteyn, et située dans la seigneurie de Malines, contre la Senne, prés de l'ancienne abbaye de Leliendael, à Hombeek. M. de La Tour fit cette acquisition pour le mari de sa fille Marie-Marguerite, Jules de Boccabella, qui augmenta l'engagère de 300 florins, le 9 avril 1638, et de 2,500 florins, le 18 février 1649. Charles de Boccabella, fils aîné de Jules, lieutenant de la cour féodale de Malines (r. du 9 juillet 1661), n'eut qu'une fille, Marie-Félicie, qui s'allia à Antoine-Charles Colins, capitaine de cavalerie.

Par une convention conclue avec Jean Arazola de Onate, chevalier, conseiller des finances, Colins céda à ses enfants Op-Hombeek (r. du 7 août 1670), qui fut presque aussitôt vendu à Jean-Antoine Locquet, seigneur d'Impel, Vandenbroeck, etc. (r. du 19 septembre 1671), créé vicomte d'Op-Hombeek le 20 septembre 1081 (r. du 19 janvier 1682), et qui fut d'abord conseiller de Brabant, ensuite, eu 1663, membre du conseil d'état et suprême de Flandre, puis, président du grand conseil (1669), et enfin chancelier de Brabant (1687). Le chancelier Locquet mourut le 22 mars 1688; son fils Jean-Michel Locquet (vicomte par relief du 1er décembre 1687) embrassa la carrière des armes. Leroi Charles 11 le nomma,

« A l'exception de quelques Itouqucts d'arbres, il ne reste plus aujourd'hui de bois à Hombeek.

en 1691, mestre de camp d'un terce d'infanterie wallonne, et l'empereur Charles VI lui confia, en 171 1, les fonctions d'écoutète de la ville de Malines. Dans ces dernières fonctions, il se distingua par son zèle à maintenir l'ordre; aussi le peuple le considérait-il comme un de ses ennemis. Pendant les troubles de l'année 1718, son hôtel fut pillé et sa vie courut de grands dangers ; en récompense de son dévouement, le gouvernement Féleva au grade de colonel (21 juin 1720) et le créa comte, lui et ses descendants (diplôme daté de Vienne, le 22 septembre 1722). Il épousa Antoinette-Françoise Vanderlinden et mourut en 1726. Son fils Jean- François, comte de Locquet, étant mort sans postérité, en 1751, son patrimoine échut, en vertu d'un testament qu'il avait fait le 13 décembre 1725, au neveu de sa mère, Jean-Joseph Vanderlinden d'Hooghvorst, chevalier de Malte, qui adopta le nom de Locquet (reliefs du 15 juillet et du 10 novembre 1751), et ensuite au frère de ce dernier, Ignace-François Vanderlinden, baron d'Hooghvorst (r. du 5 avril 1775). Aujourd'hui, le château d'IIombeek est devenu une ferme Le greffe du tribunal de première instance de Malines possède les registres aux adhéritauces des échevins d'Op-IIombeek, à partir de l'année 1626.

Quelques petits manoirs épars dans la campagne composaient, avec leurs dépendances, le territoire du comté d'Hombeek. La ferme d'Expoele était tenue en fief des De Berghes, avec 16 4/2 bonniers de terres, de pâtures et de bois. Jean Van Voesdoncq et sa femme Catherine Van Heffene l'achetèrent, en Tannée 1414, à Daniel Van Lathem. Vers 1596, messire Edouard Belvailleen hérita d'Anne Delvaille ; Guillaume Éverloy, cordonnierde Malines, la reçut de son beau-père, Jean De Caele (relief du 19 juillet 1618), et, le 21 mai 1692, Alexandre Vanderlaen, seigneur de Liaucama, Érard-Théodore , son frère, et Sophie, sa sœur, la vendirent au premier baron de Leeuw Saint-Pierre *. Aujourd'hui, c'est une petite maison de campagne, au nord de laquelle passe le chemin de fer. La ferme de Ter-Most a remplacé un manoir qui était tenu en fief du Brabant, avec 18 ou 19 bonniers de terre, 19 fiefs et 45 tenures censales. La famille de Vandermost brilla quelque temps en Flandre, où elle donna un échevin à la ville de Gand, Hugues, qui siégea au banc des Parchons en 1315, et un écoutète à Bruges, Guillaume, qui occupa ces fonctions

' Deux vues du château d'Hombeek se trouvent dans De CarTIUM.— Voyei aussi Le Rot, Caeulla et prœtoria nobilium llrahantttr.

* Le iG janvier 1608, Jean Vanderlaen. chevalier, seigneur de S< hriock et de Grootloo, avait acheté une. rente hypothéquée sur le bien dit Yhaff van Sieyrumolen (actuellement le Château de Spangtn, sous Leest) et sur les 49 bonniors qui en dépendaient, situes en partie sous la juridiction de Malines et en partie en Brabant; le fief d Ex poêle était compris dans cette propriété.

en 1568 Le fief de ce nom appartint successivent à Gilles Vandermost, à Jean, son fils; à Giselbert, fils du précédent (1384-1585); à Marguerite, sœur du précédent; à JeanVanderlinden, par achat; à Jean, son fils; à la sœur de ce dernier, Catherine (2 mars 1445-1444); à Henri Van Berghen, fils de Calherine (1479), et enfin aux religieuses de Leliendael (2j octobre 1480). Nous avons vu que les derniers possesseurs du château de Releghem se qualifiaient aussi de seigneurs de Wolputte : on désignait ainsi un fief du Brabant, qui comprenait la ferme de ce nom, nommée aussi la Croesers hoff (1766) ou Vhoeve den Sommer, et 14 bonniers de terre, et qui comptait parmi ses dépendances la cour censale dite de âfuyselwyck. Nivio-Mario Invrea avait acheté une partie de ces biens à messire Robert d'Oist relie, seigneur de Carabligneul (relief du "21 juillet 1644); après le morcellement de la fortune des Vandernath, Jean-François De Grauw, avocat au grand conseil de Malines, les acquit, et les céda ensuite à son confrère, maître Lambert Burlet, et à sa femme, Isabelle Morlgat (1760).

La franchise de Cappelle-au-Bois. — Ce que nous avons dit plus haut de l'aspect que présentaient anciennement les villages de Meysse, d'il uni beek, de Sempsl, nous exempte de donner l'élymologie du nom de la commune de Cappclle-au-Bois,qui elle-même était autrefois-en majeure partie couverte d'arbres, surtout vers le sud, où se trouvait le Uombosch, le Steenbo8ch,el, vers l'est, où la dénomination de Donckereu Ham,Ui Digue obscure, sous laquelle on désigne les champs voisins du canal de Willebroeck, a du son origine aux ombrages du bois d'Aa

Une chapelle fondée par saint Lievin, au milieu des immenses forêts de l'ancienne Belgique, fut, dit-on, l'origine du village de Cappelle-au- Bois 3 ; celui-ci obtint de grands privilèges des ducs de Brabant, à une

' L'EsrmoT. Rrcherche de» antiquité» de Flandre, p. 393.

« Dan» un acte du 10 janvier 1042. on mentionne, entre Cappelle et Humbeek. deux bois roiilenaiil ensemble 10 bonniers : le Veulen hoich et le Donckeren Ham, un troisième de S l>onniers. le l.rliendnel '^*<-A,et le boit de Voort, qui contenait 3 bon mers

» Giuhaye. Hruj-elta. p. $i,

Cappelleau-Bois (Capétien, IV. ri. I3tî; Capella, 1307; Capellen-op-den- Rotch, 1355.1435 ; Capetltn-op ien Hou h, 1*91), commune du canton de Wolverthero, a 4 l.au N. de Bruxelles.

Territoire : En IWW, sur 330 bonuir rs, on y trouvait 208 b. de terres et ISS b. de bois. Le revenu imposable s'élevait à 5,;>9i florins. En 184o. sur une étendue de 4iiî hectares, la commune comprenait 301 h. cultives en céréales, f>3 h. cultives en plantes industrielles, 105 h. cultives en racines et fourrages, 8 b. de prairies, 1. h. d« vergers. 10 b. de jardins potagers, 1 h. de bois Selon un exemplaire annoté des Coutume» de Bruxelles, la verge

époque inconnue, mais qui, sans doute, n'est pas antérieure à la seconde moitié du treizième siècle. La franchise de Cappelle nous apparaît existante dans l'accord conclu, en {"29% entre Jean Ier et les seigneurs de Grimberghe; bientôt, elle devient florissante et redoutée. Son sceau, qui oiïrait la représentation de saint Nicolas, le patron de l'église paroissiale, ayant devant lui un écusson chargé d'un lion rampant et flanqué de deux coqs, et la légende : s. libertatis de capella juxta ramsdonc (sceau de la franchise de la chapelle près de Ramsdonck), fut apposé à

plusieurs des actes qui constatèrent, au quatorzième siècle, l'existence des droits politiques des Brabançons : la charte de Cortenberg, en 1512; l'union des villes du Brabant et du Limbourg en 1555, et, en 4422, le nouveau règlement promulgué par les États.

Il est fâcheux qu'on n'ait conservé aucun document sur l'organisation de cette franchise, que les ducs de Brabant avaient évidemment instituée dans le but de rallier à eux ceux de leurs vassaux et les propriétaires al-

lincaire avait a Cappelle 50 1/3. et non, comme le dit cet ouvrage, 18 1/3 pieds de Bruxelles.

S'omhrt dhahitatinn* : En 1135, 24; en 1*80. 16: en 1oi5, Si; en 1686, 24 chaumière», 3 brasseries, etc.: en 1846. 305 maisons, dont 6 inhabitées

Population : En 1786, 957 habitant»: en Tan VIII. 925 ; au 31 décembre 1831. 1.407: au 15 novembre 1846. 1,61 1 . formant 299 ménages; 195 enfant» recevaient I instruction, «I 2V6 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie : 1 moulin a vent, 1 moulin à huile mu par chevaux. 2 brasseries En 1307, on mentionne déjà l'existence d'une brasserie apttd Capeltam.

Dtptndancts : Les hameaux dits Oxdonck ou Axdonck JlaecxJonck, 1639). Uosrhkant, dm Valck; le château de Konitxcktlttn.

Les registres de l'état civil commencent en 1660.

lodiaux qui habitaient au nord de Vilvorde, au milieu des domaines des Berlhout. Son existence fut très-orageuse, et peu de communes privilégiées virent aussi souvent leurs droits méconnus ou mis en question. Ces droits firent, en 1318, l'objet d'un accord conclu entre le duc de firabant et le seigneur de Termonde, et dont nous avons parlé à l'article Merclilcn (voyez p. (>!>). Quelque temps après, ils parurent importuns au comte de Flandre, alors seigneurdeMaIines,sans doute parce qu'un grand nombre d'habitants de celte ville et des environs se faisaient affilier à la bourgeoisie deCappelle, comme bourgeois forains ou bourgeois du dehors, afin de se mettre sous la protection des ducs. En 1334, Philippe de Valois, roi de France, choisi pour médiateur entre le duc Jean III et les princes coalisés contre lui, déclara que « la bourgeoisie de la Chapelle est, « sera et demeurera héritablement annullée en tant comme il touche au « duc et au comte, à sa fille et à leurs hoirs '. » En vertu d'une décision du roi, datée du 1 1» juin de cette année, quatre arbitres furent chargés de s'enquérir «comment on a usé anciennement de bourgeoisies» et de modifier ce qui avait été innové en cette matière. Le duc de Brabant choisit pour le représenter le chevalier Léon de Crainhem, et Arnoul, prévôt de Maestricht; l'évêque de Liège qui, peu de temps auparavant, avait vendu Matines au comte de Flandre, désigna, de son côté, Jean Gilar, chanoine de Saint-Lambert, et le chevalier Thierri de Haneffe. Dans sa sentence arbitrale, le roi déclara : « que li dis duck, ses bonnes villes et ses gens ne « garandiront et ne waranderont par le verlut de la borgoisie de la Ca- « pelle ne des autres lieux, le couchant et levant sus li dis evesque, et ou « cas où illes scroient couchans et levans en la cité dudit duck, illes joy- « ront de la borgoisie du lieu où illes seront couchans et levans, ex- « cepteit le lieu de la Capelle desseur dite (50 août 4334) *.» Ainsi donc, les sujets des seigneurs de Malines, habitant en Brabant, pouvaient acquérir droit de bourgeoisie dans le duché, sauf à Cappelle. Ce n'était pas seulement à l'étranger qu'il régnait un mauvais vouloir évident pour les immunités de çe village. Suivant un article de la Joyeuse entrée de Wenceslas et Jeanne, celui qui devenait bourgeois de Cappelle-au-Bois, de Merchleri ou de La Hulpe, devait recevoir une déclaration attestant l'année et le jour de son admission, et, à partir de cette époque, il devait supporter les charges de la commune, quand bien même il cesserait d'y faire partie de la bourgeoisie 5.

A cette époque, Cappelle-au-Bois devint le chef-lieu d'une mairie formée de villages où la haute justice appartenait aux ducs de Brabant, en

' Bitsess. t. I". p. 167.

* Loivuex. Rrruetl de» éditt et règlement* failt pour te payt de liège, t. I", pp. 169 et 177. ' Luytter ran Brabant, !• dccl, bt. 135.

lout ou en parlie (Cappelle, Ramsdonck, Sempst, Weerde et Op-Hombeek), de localités qui avaient été séparées des domaines des seigneurs de Grimberghe (Humbeek, Willebroeck, Ruysbroeck, Hcyndonck), et enfin d'un territoire appartenant à une communauté religieuse (Puers). Un relevé des aides de l'année 4427 ne place dans la mairie de Cappelle, que Cappelle, Ramsdonck, Op-Hombeek, Sempst, Weerde et Humbeek; en 14G9, cette liste s'augmente des noms de Puers, et, ce qui est une erreur, de Nosseghem. Par une décision de la chambre des comptes, en date du 3 octobre 1 iiOG, la mairie de Cappelle, dans laquelle la plupart des villages étaient alors engagés , fut réunie, jusqu'à décision contraire, à celle de Vilvorde, après la mort du maire Anloine de Werstcn.

Toute la mairie contribuait dans le nobelgelt ou taxe pour l'entretien des fortifications du château d'Anvers. A la fin du quatorzième siècle, Cappelle et Merchten étaient taxées ù 40 nobles, représentant l'entretien ou la réparation de 1 1 verges de murailles ; Ramsdonck, avec Liczele et Wolverthem, à 40 nobles; Weerde, à 4 1/2 nobles; Sempst, avec les hameaux de Heydenbeke ou Heyenbeke, à Grimberghe, et de Roode ou Rhode, à Meysse, à 8 nobles; Puers, à 20 nobles, et la terre de Rumpst, dont Willebroeck, Ruysbroeck et Heyndonck faisaient parlie, à 136 nobles.

Leséchevins de Cappelle-au-Bois étendaient leur juridiction, non-seulement sur la franchise, mais sur les hameaux de Haexdonck et sur Ramsdonck, où les amendes étaient fixées par la charte de l'ammannie. A Haexdonck, les amendes appartenaient en entier au duc, qui, à Ramsdonck, les partageait avec le seigneur de Grimberghe. Dans la franchise, on suivait les mêmes coutumes qu'à Vilvorde, où les échevins allaient à chef de sens. Les coups y étaient punis d'une amende de 40 sous payement, si c'était le jour; de 4 livres, si c'était la nuit; pour avoir tiré son couteau, on ne payait que la moitié de cette somme. Les bourgeois forains de Cappelle pouvaient revendiquer le droit d'y être jugés, en quelque lieu du Brabant qu'ils fussent domiciliés L'ancien greffe de Cappelle, outre une quantité de pièces de diverse nature, comprend un registre aux actes d'adhérilances, allant du 14 octobre 1549 au 17 mai 1593; un second registre semblable, qui est écrit avec beaucoup de soin, pour les années 1598 à 1612; des liasses faisant suite à ce dernier, et allant de 1 6 1 2 à 1 04 1 , et, enfin, une suite de registres, à partir de 1 6b7 jusqu'en i 795. Remarquons ici, qu'à Cappelle et aux environs, on ne se servait pas

» Voyez, dans les registres de l'ancienne chambre des comptes, les Compte» de la mairie de Cappelle; lo plus ancien remonte à Tannée 1428. Le morne dépôt possède aussi des comptes en rouleaux, do cette mairie, allait; du 6 décembro 1394 au 22 septembre 1395 et du 26 juillet 1 V02 au 14 octobre suivant. T. II.

des mots bonnier, journnl,mais de l'expression flamande gemeth, mesure, qui désigne un terrain d'une contenance d'un journal et demi. Entre autres cours censalcs, on trouvait à Cappelle: celle dcl'abbaye de Cortenberg et de l'bospice Saint-Pierre et Saint-Paul, à Malincs (26 mai 1551 , C décembre 160O); celle (ÏOverburre ou Éverboden (5 décembre 1557, 20 septembre 1601); celle des seigneurs de Pitzenbourg (14 mai 1658).

L'accroissement de la populalion et de l'importance des chefs-villes qui absorbaient alors, en quelque sorte, la vie politique, devint funeste aux petites franchises, qui ne purent suivre leurs développements, andis que, d'autre part, elles avaient à lutter contre les mêmes ennemis, sans posséder des moyens de résistance analogues. Ainsi Cappelle, à cause de sa situation à proximité de Malines, eut beaucoup à souffrir des contestalions continuelles des habitants de cette ville et des Bruxellois. An commencement du règne de Jean IV, un nommé Jean de Groelst dit de Meyere, « ayant plusieurs fois méfait contre les droits et les privic léges du pays et des villes de Brabant, en (orlurant les bonnes gens < du duché, en leur exlorquantde l'argent, en dévastant leurs demeures,* la ville de Louvain le condamna au bannissement; il n'en persista pas moins à se montrer en public, ce qui détermina la ville de Bruxelles à le chasser du Brabant pour un terme de cinquante années et à comminer la même peine contre le simple particulier ou le seigneur qui lui donnerait asile; celte dernière condamnation fut publiée, le 7 octobre 141 7, à l'hôtel de ville de Bruxelles, en présence des députés de Louvain, d'Anvers, de Bois-le-duc, de Tirlemont, de Léau, de Nivelles, dcDiest, de Lierre et de Vilvorde '. De Groelst se retira à Malincs, où il acquit droit de bourgeoisie. Un jour qu'il se trouvait sur le territoire de l'ammannie de Bruxelles, il tua dans une rixe un bourgeois de cette ville, nommé David de Ratlemaker, puis il parvint à s'échapper et se réfugia dans sa patrie d'adoption. Le magistrat de Bruxelles ayant envoyé le lieutenant am man, avec une troupe nombreuse d'hommes armés, pour brûler et détruire le château (fortern mansionem) du meurtrier, h Cappelle, les Malinois firent saisir un grand nombre de Bruxellois qui se rendaient à la foire d'Anvers, et il s'ensuivit entre les deux cités une longue querelle2.

Les de Groelst se vengèrent cruellement vers la fin du quinzième siècle. En 1481, Bruxelles ayant défendu d'exporter des denrées de l'ammannie, le sous-maire de Cappelle, Gilles Vandermost, quiavait montré beaucoup de zèle dans l'exécution des ordonnances publiées à cet effet, fut arrêté, à la Forge, à Londerzeel,le 18 septembre, par les deux officiers du comte de Nassau, dans ce village, Jean de Groelst, maire, et Antoine Storm,

» A. Trtho, partie VI, titre 2, c. 7. - Histoire Je Bruxelles, t. ï", i>. 19V. » De Df htcb. — Histoire de Bruxelles. I. c, p. 218.

drossa ni. Le lendemain, l'écoutète, les communemeslres, les échevins et d'autres magistrats de Malines vinrent réclamer le prisonnier; les échevins de Londerzeel se trouvant en trop petit nombre pour décider une affaire aussi grave, demandèrent un délai de trois jours pour livrer le captif, qu'on réclama de nouveau le lendemain, et qui, après avoir été livré, après le coucher du soleil, sur la bruyère située à la limite de Londerzeel, fut exécuté, le 20, à Malines. A cette nouvelle, Bruxelles envoya immédiatement le lieutenant amman, avec un détachement de tireurs, pour s'emparer des ofliciers de Londerzeel. Le maire de Groelst et son fils Christophe, qui avait coopéré à l'arrestation de Vandermost, furent pris et enfermés à la Steenporte. Sur les plaintes du comte de Nassau, Maximilien ordonna leur mise en liberté, mais le magistrat refusa d'obtempérer à cet ordre, et il fallut, pour qu'ils sortissent de prison, que les prisonniers implorassent leur pardon, et missent hypothèque sur leurs biens, comme garantie qu'ils comparaîtraient en justice, si les parents de Vandermost les attaquaient (22 décembre 1481). Un accord conclu, le 1er juin 1484, entre la ville et le comte de Nassau, confirma, comme fondées sur les privilèges, toutes les mesures prises contre les deux de Groelst ainsi que la sentence prononcée contre Storm, qui s'était refusé à exécuter les ordonnances sur la sortie des céréales *.

L'existence indépendante de la franchise cessa lorsque le domaine y aliéna la juridiction. Le limai 1559, elle fulcédée,avec la haute, moyenne et basse justice de Ramsdonck, moyennant 1,108 livres, à Sibert de Berlicum, qui déclara être le mandataire de Marie Moyt. Cependant, il avait en réalité agi au nom de la ville de Bruxelles, dont les magistrats décidèrent, le 28 juin suivant, qu'on lui payerait les avances qu'il avait faites, afin que ces villages restassent à la ville; mais quelques obstacles surgirent sans doute, car ce fut le seigneur de Bummen, Bernard deMérode, et sa femme Marie de Transilvain, dame de Bouchout, qui relevèrent la possession des deux villages, le 25 décembre 1559. Après avoir été désengagés vers l'an 1600, Cappelle et Ramsdonck furent cédés, le 42aoûtl626 et moyennant 22,000 florins, à François Bertholt dit Vanderdoncq, après lequel ils passèrent à son père Hans ou Jean (relief du 7 février 1634). Celui-ci alla habiter en Silésie, où il mourut. Le gouvernement espagnol confisqua 25 bonniers de bois situés à Irapde et qui appartenaient à sa veuve Jeanne de Gelsema. Le plus proche parent de cette dame, Jean Bunga, obtint des lettres de réhabilitation pour le fait qui avait provoqué celle mesure; mais, ayant continué h résider à Amsterdam, parmi les

1 l.uyttfrtan Itrabant. III* deel. bl. 13. — Botck met drn linirt — Ilhtoirr de Hruxrllr*, l K p. 391

ennemis du roi, le bois mentionné ci-dessus fut de nouveau mis sous séquestre. Le seigneur d'Impde, Verreyekcn, leréclama, en qualité deseigneur du lieu, et le procureur général le revendiqua en même temps, au nom du roi. Cette contestation se termina par une transaction : un tiers du bois fut cédé à Pierre Le Roy, le 4avril 1640, sans doute pour payer les frais du procès et rembourser les hypothèques qui grevaient la propriété; un second tiers fut abandonné à Verreycken, et le restant devint une annexe du domaine ; on le céda, le 10 juillet 1646 et pour la somme de 12,019 florins, à Catherine Vanderdifl, veuve deGilles de Busleyden. Les héritiers de Jean Berlholt vendirent les seigneuries de Cappelle et de Kamsdonck à Nicolas de Groote (r. du 24 juillet 1646) ; Jacques Bouton en devint ensuite acquéreur, en vertu de lettres de décret du conseil deBrabant(r. du 20 janvier 1667). Les enfants de Bouton et de Marie- Christine Vandeneede lui succédèrent (r. du 5 février 1687), et renoncèrent ensuite aux deux villages en faveur de messire Hyacinthe-Joseph- Albert deBeughem, seigneur d'Oltignies, qui possédait à Ramsdonck le château de Houthem, où avaient aussi habité les Mérode, comme nous le dirons plus loin.

Invités a fournir un certain nombre de pionniers a Parméc royale, les échevins de Cappelle firent l'exposé suivant de la situation du village et de Ramsdonck. Ces deux petites localités (dorpketis) ne comptaient pas un seul vagabond qu'on pût enrôler; les habitants étaient tous d'honnêtes pères de famille, gagnant leur pain en travaillant jour et nuit à la sueur de leur front (mcht ende dach in 't sweet haers aenschyns haer broot winnende). Us demandèrent en conséquence qu'on réduisit leur cote au taux fixé par l'amman lui-même, en présence des députés de tous les villages de l'ammannie, taux qui consistait en un pionnier et quart (11 juillet 1558). La construction du canal de Willebrocck influa heureusement sur la situation du village de Cappelle. Un pont y fut construit dans l'axe du grand chemin de Merchten à Malines; les Bruxellois ayant voulu substituer aux ponts du canal des pontons, en vue, sans doute, d'interdire le passage du canal aux bandes de malfaiteurs qui parcouraient le pays, la ville de Malines réclama énergiquement. Son pensionnaire, Pierre Wasleels, alla prier le prince d'Orange, seigneur de Grimberghe, le seigneur de Merchten Pierre Pipenpoy, les villes d'Alostet de ïermonde, de s'opposer à ce projet, qui fut abandonné 4 .

Pendant les guerres de religion, une grande partie du village fut incendiée. L'hoff den Amcreoudie \\rcehaghe,(\iii comprenait 8 bonniers et qui se trouvait prés du canal, tombait en ruine lorsque les héritiers de Jé-

1 A21.Yt.D0, a I'uihicc 1b6V.

rôme Letlin la cédèrent a Mathieu Melyn et à sa femme Catherine Van Candries, le 17 octobre 1589. On bâtit en cet endroit une maison de pierre que l'on entoura d'eau et que l'on nomma le Belvédère, de Bellevidere. Guillaume Maes la vendit à don Diégo de Piralta, alors pagador général, demeurant à Dunkerque,et à sa femme Françoise de Villegas. qui la transportèrent ensuite à Ferdinand de Salinas, membre du conseil privéet du conseil de l'amirauté (20 mars 1599), après avoir fait bâtir l'auberge dite Saint-Jacques en Galice, en face du pont sur le canal, qui était alors détruit.

Sous le règne des archiducs Albert et Isabelle, lorsque les villages de la banlieue et de l'ammannie de Bruxelles se plaignirent au conseil de Brabant de ce qu'on avait levé l'impôt sur la farine, au plat-pays, sans que les États de Brabanl eussent donné leur consentement, les bedezetters ou répartiteurs des localités dépendant de la mairie de Cappelle intervinrent aussi dans ce procès, et nommèrent pour leur délégué maître Antoine Broersma, avocat postulant au conseil de Brabant (19 février 1615).

Au commencement du siècle suivant, le seigneur du village ayant fait placer un pilori sur la digue du canal, les receveurs du canal, blessés de celte atteinte aux droits de propriété de la ville de Bruxelles, ordonnèrent immédiatement de le faire disparaître (27 août 1701). L'insurrection qui éclata en Belgique en l'an VU eut des résultats désastreux pour Cappelle; les brigands, comme on appelait les paysans soulevés contre la république et surtout contre la conscription, ayant fait feu sur l'avantgarde des troupes qui marchaient vers Cappelle, celles-ci ripostèrent par un feu de peloton qui mit les paysans en fuite ; puis, s'élançant à la baïonnette, elles massacrèrent tout ce qui résista et livrèrent le village aux flammes; le même sort frappa Thisselt et Willebroeck, tandis que Humbeek n'eut rien à souffrir.

Les chiffres suivants nous retracent, d'une manière frappante, les rapides accroissements du village de Cappelle. Le nombre des communiants, qui n'était que de 80, en 1 570, et qui était tombé à 60, en 1 598, s'élevait à 470, en 1742; à plus de 530, en 1757; à 495, en 1762; à 540, en 1769. En 1762, la population était de 635 habitants, y compris 140 enfants; depuis cette époque, elle a presque triplé.

Les guerres et le temps n'ont laissé h Cappelle aucun vieux monument. Les anciennes institutions y ont également disparu, notamment la gilde de l'arc, qui se rendit, le 29 août 1593, au concours de Malines. Cappelle n'a jamais connu d'autre industrie que la fabrication de la bière brune; les produits de ses quatre brasseries étaient très-renommés, il y a un demi-siècle. Jadis, il s'y trouvait, près de l'église, sur une hau-

teur dite den AîotUnbtrch, un moulin à vent qui servait à la fois aux habitants de Cappelle, deKamsdonck et d'Oxdonck, mais qui, au commencement du seizième siècle, avait cessé d'exister; un meunier du hameau de Borrem, Jean Jacops, demanda l'autorisation de le rebâtir, ce qui lui fut accordé par les habitants de Cappelle, à qui appartenait le terrain, et par la chambre des comptes, à la condition de payer : aux premiers

I carolus,et au souverain 4 earolus, par an (7 mars 1538-1559). Un décret du 5 mai 1775, continué depuis à différentes reprises, a autorisé la commune à prélever un péage sur la chaussée aboutissant au canal; celte chaussée, qui n'était d'abord longue que de 2,500 mètres, a été reliée, d'une part, avec Londerzeel, et, de l'autre, en 1847-1848, avec le pavé allant d'Hombeek à Malincs. Une station du chemin de fer est établie à Cappelle, et un arrêté royal, en date du 16 août 1850, a autorisé rétablissement d'une foire dans celte commune, qui, grâce à sa situation avantageuse, ne peut manquer de croître encore.

L'église de Saint-Nicolas à Cappelle dépendait autrefois de Sempst; seulement, une partie du territoire ressortissait à la paroisse de Leest *. L'abbesse de Cortenberg, à qui appartenait le patronat de l'église de ce dernier endroit, possédait aussi des dîmes dans les deux villages, en parité par don d'Arnoul de Grimberghe, en 1231, et de Jean de Rendelbeke, en 1263; en partie, par suite d'un achat fuit à Béatrix de Houthem et d'un échange conclu avec les religieuses de l'ordre de Saint-Victor à Paris, en 1421 ; en partie, enfin, par achat du souverain. Les dimes ordinaires deCappelle se percevaient, moitié au protilde la fabrique de la cathédrale de Cambrai, moitié au profit du curé. Suivant une déclaration faite devant les échevins du village, le 20 décembre 1 559, on y levait la dime du froment, du seigle, de l'orge, de l'avoine, des pois, des fèves, du lin, des raves, du foin, du bois, et celle de la chair, savoir : ledixième agneau, le dixième porcelet et la dixième oie. Faute de revenus suffisants, Cappelle lut confié, vers l'année 1600 et jusqu'en 1682, aux desservants de Hamsdonck. Déjà, le 14 mai 1564, les maîtres d'église et les maîtres des pauvres avaient donné procuration pour réclamer du conseil de Brabant

I I de l'oflîcial de Cambrai la déterminaliou d'un traitement convenable, en faveur du curé. Parmi les curés de Cappelle nous citerons Jean De Coninck, qui légua tous ses livres aux héritiers de maître Philippe de l'Espinoy : Joosken ou Josse Veranneman et Philippe De Riddere (18 octobre 1 557). Un deses successeurs, Jean Heus, fut tué (miserabiliter ibidem interemptus) le 10 juin 1567, probablement à l'occasion des querelles religieuses.

1 Dans un acte do l*an 1141, on lit : in parrochin de Le fil. $ub scampno *eu jurisdiclionc de Caprlla supra lituchum. Archives de léglitede Samle-Uudule.

Le curé, les maîtres d'église et les maîtres des pauvres, avec le consentement du maire et des échevins, et en vertu d'octrois de l'évêque, en datedu 51 mai 1557 et du 20 mai 1560, vendirent, moyennant 31 1 florins du Rhin, plusieurs terrains, et, entre autres, une petite pâture, de la contenance d'un demi-bonnier, que la commune avait cédée aux maîtres delà fabrique de l'église, avec l'autorisation d'y extraire des pierres, pour quelques travaux de réparation. Une partie du produit de cette vente fut employée à reparer la cure; une autre partie, dont on s'engagea à payer les intérêts aux pauvres, à raison de dix pour cent, servit à élever une tour ou beffroi, afin que les habitants entendissent mieux le son des cloches et pussent se rendre, avec plus d'assiduité, au service divin (acte du 5 novembre 1556). L'église fut rebâtie en 1628, et le seigneur du village posa alors la première pierre du nouveau temple, qui devint bientôt insuflisant. Une sentence du conseil de Brabant, du .10 mai 1789, condamna l'abbesse de Corteuberg à agrandir l'église; l'abbesse se soumit, et consentit même à ce que l'édifice fût reconstruit sur des proportions plus considérables qu'un ne l'avait d'abord projeté; elle s'engagea à bâtir trois nouvelles nefs, suivant le pian présenté par l'architecte C.-J. Everaert, et elle promit de supporter toute la dépense, à condition que le curé ferait les frais de la restauration du presbytère ( acte signé à la cure, le 22 mars 1790). Le 25 du mois suivant, l'archevêque autorisa la destruction des autels, et consentit à ce que la messe fût célébrée provisoirement, sur un aulel portatif placé sous la tour. Cette date est rappelée par l'inscription suivante, qu'on lit derrière le chœur, sur une belle pierre ornée d'armoiries : decimatorum ac HABIT ACTION voto,—

P RI Ml M HUNC LAPIDBM P0SUERB — ANTIQUA STEMMATE CLARI, — HjEREDITARIA PIETATE CLARIORES, — PERILLUSTR1S DOMINUS, — DOMINUS ANTONIUS JOANNBS HYACINTHES — DE BEUGHEM, HUJUS MUNICIPII — DE CAPELLB OP DEN BOSCH, RAMSDONCK ET — NEDERHBEMREECK TOPARCHA SLPREUl'S, — BRABANTI.K SYL- YARUM MACISTER, ET — NOBILIS DOMINA THEODORIA TIIERESIA — DIERT, PR£-

dicti domini conjux perdilecta, — iiac xxu JUNii MDCCLXXXX. L'édifice fut rapidement achevé, comme l'attestent les inscriptions qui suivent, et qui sont placées près de la porte d'entrée : 1° hunc lapidem posuit —

JOES CAR. LEMMENS, — HUJUS MUNICIPII PRETOn, — HAC 24 AUGUSTI 1790. — 2° LAPIDEM HUNC P0SUERE — REYERENOl'S DOMINUS — ANTONIUS VAN CRAEN, — HUJUS PAROCHI/E PASTOR, — AC — REVER ENDUS DOMINUS — ENGEI.BERTUS VERHEYEN, — EJUSDEM LOCI COADJUTOR,— HAC 24 AUGCSTI 1790.-3° DESEN STEEN STELT— DEN EERSAMEN PETRUS — YERBRUGGHEN, BORGEMEESTER,—

dbn 24 augustus 1790. L'église est bâtie en briques, sauf la tour, dont le sommet reçoit le jour, sur chaque face, par deux petites baies cintrées. L'inscription suivante rappelle le souvenir des parents du vicomte

de Beughem qui posa la première pierre de l'église actuelle : monumentum

— PER1LLUSTRIS DOMINI VICBCOMITIS DE BEUGEM, — DE MEUS, ("APPELLE ET — RAEMSDONCK, BEGIjE — SYLV/E Cl BERNATOR1S, — OBIIT 24 APRILIS 1787, — BT— DOMINA MABliE JOANNjE — DU BOIS DE WALHEM, — CONJUGIS, — OBIIT

30 noyembris 1780, — et — famili/E. Il yavait à Cappelle une léproserie, dont les modiques revenus furent réunis à la Table du Saint-Esprit, puis vendus en 1742.

La petite maison de campagne de Mœe Tondeur, veuve d'un ancien greffier du tribuual de première instance de Malines, qui est située non loin de l'Àabeek, du côté d'Horabeek, s'appelle S'Coninxsteen, le château du Jioi; elle était tenue en fief du Brabant avec deux hommages, une cour censale ayant droit d'adhériler et de déshériter, un cens valant annuellement 5 livres 7 escalins 2 deniers de Louvain, 69 chapons, etc. Sa cour censale n'avait pas de sceau (2 mai 1644). Son plus ancien possesseur connu est Bouden Van Houtliem ou Baudouin d'Houlhem, à qui succéda Àdam Vandenholpe ou de La Hulpe, lils naturel du duc Jean llf, père de Marguerite, qui épousa Walter de Melin, et ensuite, vers 1594, Guillaume de Beersele. Giselbert Pipenpoy acheta ce fief et le transmit à son lils Giselbert, après qui vint Jean Pipenpoy. Jean Hammans l'acquit de ce dernier, en 1459, et obtint le droit d'y assermenter sept tenanciers, qu'il pouvait nommer et révoquer à son gré (24 décembre 1445). Son lils Jean vendit son patrimoine à Gabriel Ofhuys(1455), qui lelaissa à sa fille Catherine (1478). Gabriel Ofbuys et Denis de Heelvelde, au nom de celle-ci, cédèrent le fief de Cappelle à Jean de Groelst, à qui succédèrent successivement son fils Chrétien (14b6); Jean, fils de Chrétien (1490); Henri, son frère (4499); Chrétien, frère des deux précédents (1515); Antoine Hools, par achat (relief du 5 mars 1515-1514); Jean, son fils (1525); Antoine, fils de Jean (1548), et messire Bernard de Mérode, par achat (r. du 17 juin 1559). Après avoir appartenu pendant près d'un siècle aux mêmes maîtres que le château de Houthem à Ramsdonck, le fief fut cédé par messire Guillaume de Lammcrzeelc et par sa femme Marie de Homes à messire Guillaume Spies Vau Bullesheym, seigneur deSwynhem (r. du 9 septembre 1641). François, fils de Guillaume, le releva le 9 octobre 1604, et le vendit à Robert Heyraans, receveur de la commandtrie de Pilzenbourg (r. du 25 octobre 1664), père d'Engelbert Heyraans (r. du 29 mars 1684). Guillaume De Bruyn, qui fut nommé mailre-maçon ou architecte de la cour, le 5 septembre 1669, et qui fut aussi contrôleur des travaux de la ville de Bruxelles, Tacheta à Anne-Marie de Cellier (r. du 19 septembre 1689), et le laissa à ses enfants (r. du 15 janvier 1721). En vertu du testament de Dorothée De Bruyn, fille de Guillaume, et veuve de George Van Dalem, Coninxsleen échut à la nièce

de celle-ci, Marie-Françoise, fille de François Lemmensetde Caroline De Bruyn, et à son mari, Joseph Legris de Saint-Ronan (r. du 23 mars 1756), dont les enfants le vendirent à François Van Cutshem (r. du 44 août 1778). Depuis, le château a appartenu à M. Panzius.

Ramsdonck. — A l'époque où le Rupel et la Senne n'étaient pas encore contenus dans un lit endigué, les eaux de ces rivières, refoulées par le reflux, inondaient chaque jour une grande étendue de terrain, que son état marécageux rendait inhabitable. L'emploi, dans la formation des noms de lieux, du mot donck (lieu endigué ou polder), nous rappelle les travaux entrepris, à une époque trés-reculée, pour arrêter l'action de la marée. Haexdonck à Cappelle, Ramsdonck, le Heyndonck, qui se trouve dans celte commune, et le village voisin de Rreendonck, furent anciennement, à en juger par leur nom, des localités que Ton mit à l'abri du reflux. Ramsdonck (le polder du Bélier) était jadis entouré de bruyères, dans presque toutes les directions, et longtemps une fraction de son territoire resta stérile (de Heyde, au nord de Heyndonck, de Bouchout Heyde, au sud-est du village), ou couvert de marécages (le hameau du Broeclc, au nord-est; Berenbroeck, au nord-ouest) *.

L'église de Saint-Martin à Ramsdonck fut donnée, vers l'an 1110, aux religieux de Grimberghe; c'était, à cette époque, d'après l'acte de confirmation de cette donation, 'par l'évôque Lièthard, une annexe de l'église, pourtant bien éloignée, de Wemmel. Peut-être n'y disait-on alors la messe qu'à certains jours de l'année. Plus tard, elle devintune paroisse qui comprenait une partie de la commune de Londerzeel et à qui, lorsque Cappelle lui était annexée, on joignit, en 1661, le hameau de Haexdonck sous Sempst, qui est éloigné de près d'une lieue. Le seigneur de

* Ramsdonck {Hamesdunc. 1211, 1323; Raemdonrk, 1427; Roemiionk, 1435,1460, 1491), commune du rnuton de Wolverthem, a 4 1/4 l.au N. de Bruxelles.

Territoire : En 1ti86,lc village comprenait 28.1 bonniers. dont 251 de lorre9, un demi-journal de prairies et 31 bonniers de bois. Le re\enu imposable s'élevait à 5.3*0 llonns. En 1840. sur une étendue do 431 hectares, on y trouvait ■ 178 h. cultives en céréales. 40 h. culli\es en plantes industrielles, 73 li. cultives en racines et fourrages, 24 h. de prairies, 3 h. do vergers, 5 h. de jardins potagers, 2 h. de bois. La verge linéaire avait 20 1/8 pieds de Bruxelles.

Nombre d habitations : En 143."», 30: on 1480. 13; en loîo. 26; en 1686, 24 chaumières. 1 château, 2 brasseries, 3 auberges. 3 boutiques; en 1846, 132 maisons, dont 1 inhabitée.

Population : En 1786, 424 habitants; en l'an VIII, 417 ; au 31 décembre 1831, 682; au 1o novembre 1840, 7u8, formant 131 ménages; 62 enfants recevaient 1/instruction, et 46 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie : 1 moulin a vent dont la construction fut autorisée le 31 janvier 1667 , 1 saunerie, 1 brasserie, 1 fabrique de chandelles, 1 moulin a peler le sarrasin.

Dépendances : Les hameaux dits Venwken, fui Itroek, Molenhotk; les châteaux et fermes mentionnés dans le texte; Vho/Tt' Asbroeck (1644).

Les registres de l étal civil commencent en 1628.

T. II

Houlhem levail à Ramsdonck les deux tiers de la grande dimc el la moitié des novalcs; le curé, l'autre moitié de celles-ci, le tiers de la grande dîme et, en plus, toute la dîme des lieux où l'abbaye de Grimberghc percevait deseensseigneuriaux, el celledu hameau d'Hongereyen. Lacure recevait tous lesansdudomaineseigneurialdeGrimbergheU sous, pour l'anniversaire de Gérard IVde Grimberghe. L'égliseavait des tenanciers jurés, qui, faute de sceau, se servaient de celui des échevius de Cappellc (10 février 1598). Il s'y trouvait une chapellenie de Saint-Martin, qui était à la collation de l'abbé de Grimberghe, et l'évéque d'Anvers De Bcughem y fondu une messe hebdomadaire. En 1805, l'église fut conservée comme succursale de Cappelle; en 1808, la commune s'engagea à payer un traitement au desservant; en 1855, un conseil de fabrique fut institué, et, l'année suivante, on agrandit le temple paroissial. Celui-ci n'a conservé d'autre partie ancienne que sa tour, qui était d'abord en bois et qui fut rebâtie en pierres, en 1558, grâce à la munificence de Maximilien Transilvain, seigneur de Bouchout, comme l'apprend l'inscription suivante :

ANNO POST NATt'M CHiUSTUM 1558, PAULO 111 SEDENTB, CABOLO V MAGNO REGB REGUM 1MPERANTE, BENEFICBNTIA MAXIMILIANI EQLITIS, D. DE BOUCHOUT ET IN RAMSDONCK, EX LU. NT. A TURBIS LAPIOEA FACTA SIM . Un ébéniste,

nommé Nicolas Pauwels, ayant fait pour l'église de Ramsdonck une chaire à prêcher el ne pouvant être payé de 92 florins qu'il réclamait pour son travail, l'archevêque Boonen ordonna, le 11 mai 1620, qu'on fil immédiatement droit à sa demande. Jadis les gildes de Cappelle et de Londerzeel accompagnaien t d'ordinaire la procession de Ramsdonck, le jour de la dédicace de l'église.

L'histoire de Ramsdonck est intimement liée à celle de Cappelle, comme le lecteur aura pu le voir dans les pages qui précèdent. On y comptait : en 1570, 80; en 1599, 70; en 1742, 290; en 1748, 500; en 1762, 570, et, en 1769, 582 communiants. Eu 1762, la population s'y élevait à 442 habitants; le nombre des non-communiants étant de 70. Ramsdonck obéissait à trois maîtres différents : le souverain, le seigneur de Grimberghe-Nassau el le seigneur de Grimberghe-Berghes,qui percevaient chacun un tiers des amendes. Entre autres fiefs on y Irouvait Yhoff Ten-Bossche, qui relevait de la cour féodale de Brabant,av ec une cour féodale, une courcensale, 12 ou 13 bonniers, etc., cl Houthem, qui relevait de Grimberghe-Nassau; ainsi qu'un livre féodal, une cour censale de 22 tenanciers ayant droit d'adhériter et de déshériter, un cens rapportant 55 escalins, 6 1/2 chapons, 29 jours de corvées, et les deux tiers de la dime du village, sauf sur les biens de Vhof te Liere et de l'abbaye de Grimberghe. La cour censale de II ont h cm n'avait pas de sceau commun, le 12 janvier 1645, ni le 7 janvier 1663.

Le chevalier Jean de Bouchout possédait, en 1561 ,'tgoet in Bosche, qu'il laissa à son (ils naturel Gérard ; trois enfants de celui-ci, Jean, Marie, femme de Walter de Quaderebbe, et Elisabeth, femme de Jean Van Latbem, possédèrent successivement ce bien ; puis iléchut à leur neveu, Walter Van Lalhem, en vertu d'une donation de Marie (relief du 9 mai 1451). Jean, fils de Jean, neveu du précédent, le releva le 24 novembre 1454, et le laissa à son Gis Gispar (r. du 20 décembre 1493). A celui-ci succéda son fils Pierre Van Lathem, docteur en médecine (r. du 10 octobre 1556), qui vendit Ten-Bosch a Gilles, fils de Gilles Vanderbaengnierien, marchand d'Anvers (r. du 24 octobre 1555); les biens de ce dernier furent confisqués en 1570; mais, après sa mortel après l'expulsion des Espagnols, ses enfants, Daniel, Catherine et Susanne Vanderbaenderyen rentrèrent en possession du fief (r. du 31 août 1577). Plus lard, Ten-Bosch fut mis en venle, en verlu de lettres de décret du conseil de Brabant, et Jean Y an Roo, d'Utrechl, en devint possesseur (r. du 16 février 1593). Maître Jean de Gijverelles, secrétaire de la ville d'Anvers, en hérita d'Antoine Roelands, veuve de Van Roo, sa tante (r. du 0 février 1617), et le vendit à sire Ambroise Van Oncle, receveur général des finances, cl à sa femme Cécile Van Zeverdonck(r. du 10 septembre 1626). Ten-Bosch fut ensuite relevé par sire Ambroise, chevalier, fils des précédents, également receveur général des finances (9 novembre 1646); par messire Ambroise, qui prit l'habit religieux au prieuré de Sept-Fontaines, Louis et Nicolas, enfants du second sire Ambroise (r. du 28 janvier 1651 J ; par messire ISicolas- Gervais Van Oncle, seigneur de Rollin, de Bonnin et deRorenbach (r. du 20 septembre 1685); par le fils dece dernier, Christophe Van Oncle de Venelle, chevalier (r. du 12 janvier 1722), et par le fils de Christophe, le chevalier Louis, seigneur de Schwegen (r. du 21 juillet 1761), qui le céda au chevalier Jacques-Benoit de Pauwens, seigneur de Westmalle, Zoersel, Ten-Houle (r. du 24 décembre 1761), père de Benott- Jacques- Antoine de Powis dit de Ten-Bosch (r. du 2 juin 1764). De ce dernier est né Louis-Benolt-Ghislain de Powis, conseiller à la cour supérieure de justice de Bruxelles, mort en 1847, et qui a laissé de Mar ie- Françoise Van Halewyck, un fils, M. Adolphe-Charles-Ghislain de Powis, qui s'est allié à M"° Rose-Jeanne, comtesse Cornet de Peissant.

Les possesseurs de la seigneurie de Ten-Bosch furent aulorisés : le 28 juin 1471, à nommer un garde-forestier; le 14 octobre 1486, à constituer une cour censale formée de sept tenanciers assermentés, et, le 6 septembre 1546, à faire graver un sceau pour celle cour. Le greffe de Cappelle comprend les registres aux adhèritances de la cour féodale deTen- Bosch, à Cappelle, Ramsdonck, Sempst, Londerzeel,clc, pour les années

1698 à 1792; quelques registres de la cour censale de la seigneurie, des rôles, elc. L'ancien manoir n'existe plus; quant a la ferme, elle a été rebâtie en 4637. .

De la cour féodale de Ten-Bosch relevait 'f hofvan Berenbroeck, située dans la partie septentrionale de la commune, et que Jean, fils de Thierri Hammans, vendit, en 1447, a Henri, fils de Gérard de Cuyck. Richard Scheuvyt la possédait en 1 526, et elle passa ensuite au chevalier Pierre de Chanu, seigneur de Ry et de Worckendam, père de messire Hector de Chanu, d'Anne, femme de sire Gaspar de Rolle, et de Cornélie, femme de sire Pierre Kanilz. Elle appartient aujourd'hui a M"« la comtesse Cornet de Grez La cour censale de Berenbroeck n'avait pss de sceau (17 juillet 1565, 17 novembre 1664).

Le fief de Houlhem était plus important; il paraît avoir eu pour premiers maîtres les chevaliers de Ramsdonck. Baudouin de Ram*donck et son frère Jean signèrent, en 1180, une charte d'Adelise, veuve du sire deTermonde; Jean deRamesdunc, en 1211, 1225, elle chevalier Gérard de Ramesdonc, en 1223, reconnaissaient pour suzerain Gérard de Grimberghe. En 1253, on cite encore Jean deRamesdonck. Longtemps après, les livres féodaux nous montrent Houthem possédé pur Elisabeth Radewaerts (1474), par Gilles Vanderpoirten (1506), et enfin par maître Thomas, fils de maître Richard Barradot, qui le vendilà mallreMaximilien Transilvain et à sa femme Françoise de H:iro (relief du 14 octobre 1532). Ceux-ci le laissèrent h leurs filles Marie et Jeanne. L'époux de Marie, Bernard de Mérode , seigneur de Rummen , frère de Guillaume , seigneur de Waroux, déploya pendant les troubles religieux une activité incroyable. Partisan d«*s idées de réforme, il se prononça énergiqueraent contre les édita du roi Philippe II. 11 figura parmi les clwfs des nobles et fut l'un des douze députés de leur ligue. Aussi le voit-ou, en 1568, proscrit par le duc d'Albe. On confisqua ses biens, cl les meubles que l'on trouva * dans la maison de madame de Bouchout, en la pac roisse de Capelle op den Bosch, » furent vendus pour la somme de 331 livres 17 sous 10 deniers d'Artois; quelques ornements d'autel, un tableau et deux chandeliers furent dounés au châtelain de Vilvorde, pour le service de la chapelle du château de celte ville Lorsque le prince d'Orange entra en Belgique, en 1572, dans l'espoir de délivrer la ville de Mons, où son frère était assiégé par le duc d'Albe, Bernard de Mérode, à la faveur de quelques intelligences qu'il s'était ménagées dans Malines, surprit celte ville le 30 août, et y entra à la télede 1,000 ca-

» Cumpte de Jean Hument, receveur det domaine* au quartier de La Vueren et de Vilntrde.

valiers, et de quatre enseignes de fantassins, fortes chacune de 300 hommes; il fit aussitôt travailler aux fortifications et brûler les faubourgs; mais, à rapproche du duc d'Albe, ne se voyant pas appuyé par les habitants et désespérant de recevoir des secours,' il quitta Malioes le l«r octobre. Plus lard, il fut l'un des députés nommés pour aller, au nom des Étals généraux, négocier à Cologne avec les envoyés du roi (9 avril 1579); comme la grande majorité des membres laïques de celte députât ion , il refusa d'adhérer aux propositions du prince de Panne. H devint ensuite lieutenant gouverneur de la Frise, et, en 1583, il obtint sa démission, qu'il avait demandée en alléguant son grand âge. Bernard de Mérode s était remarié à Marie de Sedesbourch, et tous deux obtinrent, le 30 mai 1580, l'autorisation de tester. Il mourut en 1589. Maître André De Craesbeke releva Houthem, le 18 août 1586, au nom du fils de Bernard de Mérode, messire Werner, qui afin, sans doute, de ne pas être inquiété par l'autorité souveraine, reconnut devoir au chancelier Nicolas Damant deux rentes, de 300 florins du Rhin chacune (reliefs du 6 avril 1601, du 7 janvier 1602). Il vendit à Philibert de Mol, chanoine de l'église de Saint-Gudule, le château de Conincksteen à Cappelle, la haute, moyenne et basse justice de ce village et de Ramsdonck, un bois de 6 bonniersa Meysse(r.du 28 mai 1605), et, enfin, son fief d'Houlhem, oû l'acheteur s'empressa de faire reconslruirelechâteau,qui avaitété dévasté pendant les guerres civiles (r. du 23 mars 1607). Le chanoine céda bientôt ses acquisitions à Anne de Limon et à son mari, le chevalier Maximilien de Hornes (relief, pour les fiefs tenus du duché, du 9 avril 1609; pour Houthem, du 28 du même mois). L« fille de ceux-ci, Marie, épousa Guillaume La Morselie, de La Margelle ou de Lammerzeele, seigneur de S'Coninxmachcren (r. du 27 octobre 1628 et du 11 avril 1634), et vendit son patrimoine, le 17 octobre 1654, à Albert-Henri, prince de Ligne, capitaine de 50 hommes des bandes d'ordonnance et de 100 cuirassiers (r. du 16 décembre 1634). Le prince, à son tour, céda la seigneurie foncière de Houthem, avec le château, la ferme, la brasserie, la dlme, les 42 bonniers de terres et de prés qui en dépendaient (mais sans les 35 bonniers de bois qui faisaient aussi partie de la propriété), à Jean VnnBeugem, marchand d'étoffes de soie, et à sa femme, Marie Geerdts, moyennant 50,000 florins du Rhin en argent et 2,000 florins de marchandises (r. du 8 septembre 1640).

La famille de Beughem, qui doit son origine â l'un des plus grands artistes que la Belgique a produits, Louis Van Boghem ou Van Bodeghem, l'architecte de la magnifique église de Brou, en Bresse, a continué depuis lors à posséder le château de Houthem. Jean de Beughem devint seigneur d'Ottignies, commissaire ordinaire des montres des gens de

guerre, fut réhabilité et anobli de nouveau, c pour autant que besoin c seroit, > le 14 décembre 1654, et créé chevalier en 1661. Il fut père de Mathieu, membre de la chambre des comptes, et de l'évéque d'Anvers, Jean-Ferdinand de Beughem, mort en 1699. Celui-ci fit de nouveau reconstruire le château et y consacra une chapelle domestique. Son neveu Hyacinthe-Joseph-Albert fut également membre de la chambre des comptes, acheta la haute justice de Cappelle et de Ramsdonck (r. du 11 juillet 1698), et mourut en 1735; Jean-Joseph-Hyacinthe, fils du précédent, fut créé grand forestier de Brabant, charge qu'il laissa & son second fils, Antoine-Jean-Hyacinthe, et reçut le titre de vicomte de son nom, le 4 septembre 1756. Le plus jeune des frères du premier vicomte de Beughem, Melchior-Chnrles, fut amman de Bruxelles et hérita du château de Houthem. Son seul enfant, Jeanne-Marie-Josèphe, se maria, par dispense, à son cousin germain, Ferdinand-Joseph-Hyacinthe, second vicomte de Beughem, seigneur de Cappelle et de Ramsdonck. Leur fils aîné, Antoine- Charles, eut de Catherine Vanderfosse deux fils, M. Ferdinand-Charles, vicomte de Beughem et de Houthem, qui a épousé M»« Juliette Cornet de Grez, et M. Antoine-Alphonse de Beughem de Neder-Heembeek, qui s'est allié successivement A deux sœurs, M 11 Marie et Louise de Geradon. Le vicomte habite d'ordinaire le château de Mélis à Lippeloo, et a actuellement loué celui de Houthem à M. De Meester.

L'hoff van l i e, qui est aujourd'hui convertie en tannerie, formait autrefois une grande exploitation, de laquelle dépendaient des étangs, des vergers, des pavillons (prieelen), des terres, des bois et des pâtures ; elle s'étendait jusqu'au ruisseau séparant Ramsdonck de Londerzeel et jusqu'au Walemsvelt eusstle (la prairie du Champ de WaUm). Marguerite Vanderberckt, béguine à Malines, en hérita de son père Guillaume et de sa mère Marguerite Metlengelde (13 août 1572). Anne Van Cats, dame de Lassus, acquit, le 1er décembre 1626, le livre censal qui lui était annexé et qui rapportait annuellement 87 1/2 chapons, 77 l/2escalins de Louvain, 500 deniers de Louvain; les tenanciers de ce manoir devaient 13 corvées pour le transport du fumier, 10 jours de fenaison et 4 jours de moisson. Sa cour censale, n'ayant pas de sceau, se servait de celui des échevins de Cappelle (5 janvier 1665).

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