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de la province d'Anvers, qui lui accorda un subside de 5,000 francs, elle construisit 1,200 mètres déchaussée, depuis le passage d'eau du Hellegat jusqu'au hameau de Sauvegarde, a l'extrémité de son territoire vers Puers; de 1 845 à 1 845, de concert avec Willebroeck, Puers et lliugene, elle pava le chemin allant, par les hameaux de Sauvegarde, Eycksken- Hamer, Eyckevliet et Winthara, de Willebroeck à l'Escaut, vis-à-vis de Rupelmonde. Sur ce chemin, au hameau de lloogstraete, se trouvent la chapelle Sainte-Catherine et 't hof ter Zielbeek, château moderne qui a été bâti, il y a une vingtaine d'années, par M. Van Velsen, et qui appartient aujourd'hui à M. le baron Duvivier. Sa façade présente un porche saillant décoré de six colonnes d'ordre ionique, supportant un entablement; il est entouré de beaux jardins, qu'arrosent des étangs alimentés par la Zielbeek.
Les seigneurs de Rumpst. — Les deux rives du Rupel, en aval des seigneuries de Malines et de Duffel, échurent en partage, après la mort (l'Ar noiil 1er de Grimberghe, à Gérard Ier de Grimberghe,et, après la mort de celui-ci, elles furent annexées au lot de l'atné de ses enfants, Gérard II. Lorsque l'héritage de ce dernier eut passé des Perwez aux Vianden,on en sépara une fraction qui devint l'apanage de Philippe de Vianden, fils de Gode froid et de Marie de Perwez. C'est ce que l'on appela depuis la terre de Itumpst, parce qu'elle avait pour centre le vieux château de ce nom ; elle comprenait, outre le village de Rumpst, celui de JJoom, situé également au nord du Rupel, et ceux de Ruysbroeck, de Willebroeck et de Heyndonck, qui se trouvent au sud de cette rivière. Par une circonstance inexplicable pour nous, Ruysbroeck et Willebroeck étaient tenus en fief des seigneurs de Grimberghe de la branche cadette, tandis que le restant de la terre de Rumpst relevait des Grimberghe de la branche aînée.
Philippe de Vianden eut quelques différents avec la ville de Gand, à propos d'une insulte qu'il reçut à la maison échevinale de celte ville; à la suite d'un jugement arbitral, il lui fut payé de ce chef une indemnité de 580 grands florins (25 novembre 1308). Ce seigneur ne laissa qu'une fille, Marie, qui épousa Guillaume de Flandre, seigneur de Termonde, puis Enguerrand de Coucy, seigneur de Condé en Brie, secoud fils d'Enguerraud de Guines, vicomte de Meaux, seigneur de Coucy. Ce dernier hérita du vicomtéde Meaux, en l'année 1?57 environ, et, après la mort de sa femme, contracta une autre union avec Allemande de Revel, fille de Guillaume Flotte, seigneur de Revel en Auvergne, chancelier de France. Son fils Philippe s'allia â Jeanne de Canny, dont il eut deux filles : Aliénor ou Éléouore et Jeanne, qui épousèrent, la première, Michel, seigneur de Ligne; la seconde, Jean de Chàtillon. AJiénor hérita de sa sœur, et mourut en 1571, laissant ses biens aux enfants de sa tante, Jeanne de
Coucy, dame d'Autresche, femme de Jean de Béthune dit de Locrcs, seigneur de Vendeuil. L'alné de ces enfants, Robert de Béthune, eut successivement trois femmes : Jeanne de Châtillon, Jeanne de Barbançon et Isabeau de Gliistelles. Celte dernière seule devint mère : son enfant, Jeanne de Béthune, prit pour époux Robert de Bar. Celui-ci aurait du posséder le duché de Bar, mais son aïeul, voulant favoriser Edouard, marquis du Pont, devenu son fils aîné par suite de la mort de Henri et de Philippe de Bar, qui étaient nés avant lui, le déclara son héritier. En vertu d'un accord daté du 8 avril 1409, Robert reçut pour sa part, dans le patrimoine de ses parents, quelques seigneuries en Flandre : Bornehem, Rhode, Warneton, Bourbourg, Dunkerque, Gravelines, etc. Sa mère, Marie de Coucy, lui laissa le comté de Soissons et d'autres terres que le roi de France, Charles VI, érigea en comté de Marie, le 4 août 1413. En l'année 1409, les habitants de Malines se plaignirent énergiquement de ce seigneur, qui prélevait induemenl un toulieu sur les bateaux naviguant vers celte ville ou en revenant ' ; dans la suite, les Malinois furent déclarés exempts de payer ce tonlieu, à la condition de payer tous les ans un marc d'or pur à Jeanne de Béthune et à ses successeurs (4 juillet 1444). Robert fut tué à la bataille d'Azincourt,et ne laissa qu'une fille : Jeanne, femme du comte de Saint-Pol (relief du 17 décembre 4451).
Le célèbre Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, est une des plus odieuses figures que nous présente ce quinzième siècle souillé de tant de crimes et de tant de perfidies. Il reçut son éducation militaire de son oncle, le comte de Ligny, qui, pour former sou caractère, lui faisait égorger de sang-froid des prisonniers. Lorsqu'il devint comte de Ligny, il arrêta, en pleine paix, un convoi d'artillerie appartenant au roi de France; mais ce pays n'était plus livré à l'anarchie et au désordre; le roi Charles VII fit attaquer les forteresses du comte et le força à se soumettre. Bientôt il sul gagner la confiance du roi et devint suspect au duc de Bourgogne, qui l'obligea à fiancer sa fille Jacqueline avec Philippe, fils du sire de Croy, son favori; celte querelle s'envenima insensiblement : le duc, sous des prétextes assez futiles, mit sous séquestre la terre d'Knghien; le comte, de son côté, excitait le roi à guerroyer contic le duc et animait contre les Croy le comte de Charolois, fils du duc. Après la disgrâce de cette puissante famille, il soutint le comte contre le roi Louis XI, fils de Charles VII, combattit à Montlhcry,et obtint, à la paix, la dignité de connétable de France. Alais il ne tarda pas à se brouiller avec le comte de Charolois, devenu duc de Bourgogne. Envoyé comme ambassadeur de France aux féles du mariage du duc, en 14G8, il fil son
< GïStUto ToTS. Addition* tl corrrrlion», I If, p. 2C.
COi HISTOIRE
entrée dans Bruges avec tant de pompe et de luxe, que Charles le Téméraire s'en offensa et refusa de le recevoir. Il s'en vengea en excitant de nouvelles guerres et en livrant à Louis XI Amiens et Saint-Quentin ; toutefois, toujours défiant et cauteleux, il continua à négocier avec les deux princes, en leur offrant tour à tour son alliance. Tous deux se réunirent enfin contre lui et décidèrent sa perle. Averti de ce qui se préparait, il s'enfuit dans les états du duc; mais il fut arrêté à Mous, livré au roi, et enfin décapité à Paris, le 19 décembre 1475 '.
De Jeanne de Bar, qui mourut en 1 462, naquirent Jean de Luxembourg, comte de Marie et de Soissons, tué par les Suisses à la bataille de Morat, et qui était seigneur de Rumpst, en H74; Pierre, comte de Saint- Pol ; Antoine, comte de Brienne et de Roussi; Charles, évêque de Laon; Jacqueline, femme de Philippe de Croy, et Hélène, qui épousa Janus de Savoie, comte de Genève *. Pierre de Luxembourg releva la terre de Rumpst le 29 juillet 147G, après la mort de son frère aîné. L'évèque de Laon en devint ensuite possesseur, puis la laissa à ses nièces Marie, et Françoise, qui s'allia au célèbre Philippe de Clôvcs, seigneur de Ravcstein (relief du 9 février 1497-1498). Marie prit pour époux François de Bourbon, comte de Vendôme, de qui descendent, en ligne directe, lé comte de Chambord et les princes de la famille d'Orléans. Cette dame, afin de se procurer les moyens de faire face à ses grandes dépenses et de rembourser les hypothèques qui grevaient quelques-unes de ses possessions en France, leva plusieurs fortes rentes sur la terre de Rumpst; elle en constitua, entre autres, deux : l'une, de 4,000 livres de 40 grosde Flandre, paran, au profild'AntoinedeLalaing, comte de Hooghstraclen (relief du 18 février 152G); l'autre, de 1,200 livres, au profit de messirc Jean de Marnix, seigneur de Toulouse, trésorier général de Marguerite d'Autriche (r. du 17 octobre 1528). Ces opérations, qui se faisaient en vertu d'octrois de l'empereur, avaient évidemment pour but de neutraliser l'effet des confiscations auxquelles étaient soumises les possessions de la comtesse, par suile des guerres continuelles entre les Pays-Bas et la France. Pressée par de nouveaux besoins d'argent, Marie de Luxembourg, de concert avec Charles, duc de Vendôme, tuteur de sa propre fille, Marguerite de Bourbon, vendit Rumpst, Boom, Willebroeck, Ruysbroeck, Hingenc, Haesdonck et Hoboken a Henri, comte de Nassau, premier chambellan de l'empereur (23 février I!j55-1!)5G, relief, pour Willcbroeck et Ruysbroeck, en date du 7 mars suivant).
Comme nous l'avons déjà dit, Guillaume le Taciturne hérita des domaines et des litres du comte Henri de Nassau. Lorsque cet illustre per-
' Voyez De BMMtK, llutairt dn dur* de Bnurgmjnt, JHU$tm. » DucnnSNE, Httloire de in inaiton de liur-le-Huc.
sonnage voulut quitter le pays, dans la prévision du sort que lui réservait le duc d'Albe, le comte d'Egmont, espérant le faire changer d'opinion, lui proposa une entrevue, qui eut lieu à Willebroeck, le 3 avril 1566- 1567; le comte de Mansfeld et le secrétaire Berthy accompagnèrent le comte d'Egmont. Les réformés, dont le sort allait dépendre de l'issue de cette conférence, avaient trouve moyen d'en savoir les détails par un espion, qui se tenait caché dans la cheminée de ia chambre où elle avait lieu. Les trois députés employèrent toute leur éloquence pour ébranler le prince, mais leurs efforts furent inutiles : il déclara catégoriquement qu'il se regardait comme déchargé ou du moins suspendu de tous ses emplois, et qu'il allait se retirer en Allemagne. « Si vous persistez € dans votre projet, vous perdrez vos biens, lui dit le comte d'Egmont en « le tirant à part vers la fenêtre. — Et vous perdrez la vie, si vous ne c changez le vôtre, répliqua le prince d'Orange; moi, du moins, j'aurai t la consolation d'avoir voulu secourir ma patrie et mes amis, par mes c conseils et par mes actions, au moment du danger, mais vous les cn- « traînerez dans votre chute. » Ensuite il l'exhorta, plus fortement qu'il ne l'avait encore fait, à se rendre aux vœux d'une nation que son bras seul pouvait sauver, ou du moins à se soustraire, pour l'amour de luimême, à l'orage qui grondait sur sa téte. Il parla en vain. D'Egmont croyait le roi bon, et avait confiance en ses services. < Eh bien ! s'écria le ■ prince en terminant, confiez-vous donc à la reconnaissance du roi, « mais un pressentiment douloureux me fait prévoir que vous serez le « pont que les Espagnols fouleront aux pieds pour entrer dans le pays. > Après avoir prononcé ces paroles, il s'approcha du comte et l'embrassa étroitement. 11 eut longtemps les yeux sur lui, comme s'il eût senti qu'il le voyait pour la dernière fois ; des larmes lui échappèrent et ils se dirent un éternel adieu
Dès l'année 1559, le prince d'Orange avait vendu la terre de Rumpst
à Melchior Schets (relief du 14 novembre). Ce gentilhomme appartenait à
une famille de Maestricht qui se fixa à Anvers, lorsquecelle ville commença
à devenir la métropole commerciale des Pays-Bas. Lui et ses deux frères
acquirent promptement de grandes richesses et s'élevèrent aux dignités
et aux honneurs. L'aine, nommé Gaspar, fut nommé trésorier général,
1 Schiller. Histoire du soulevé ment des Pays-Bas conlrt la domination espagnole, traduite par De Cloit, p. 387. — Selon quelques auteurs, l'entrevue eut heu au Hellegat, sous Ruysbrocck. qui était alors un lieu d'embarquement tres-fréquento (McTBHiS, p. 34). D'après H on po, d'Egmont aurait dit a Guillaume en le quittant : « Adieu, prince sans biens. » et son ami lui aurait repondu : « Adieu, comte sans téte ; » mais, comme le fait remarquer M. G nor.n Vax I'b IWIHUW, Correspondance de Guillaume le Taciturne, t. III, p. 68, ces paroles ne sont, selon toute apparence, que des embellissements ajoutés après coup. C'est aussi l'opinion de M. Gacuard, dans sa Correspondance de Guillaume le Taciturne, t. Il, p. CLV1I1.
T II. w
acheta la seigneurie de Wescmael, en Brabant, joua un rôle très-actif dans les événements dont la Belgique fut le théâtre après la mort du gouverneur général Rcquesens, et laissa une nombreuse postérité; le troisième, Balthasar, devint seigneur de Hoboken La possession de Rumpst fut contestée a Melchior par les descendants des anciens seigneurs de celte terre : Jacques de Clèves, comte de Réthel, la revendiqua comme héritier de Marguerite de Bourbon, et sa sœur Henriette, duchesse do Nivernais, en fil également le relief, le 6 juillet 1503. Mais c'étaient là de simples formalités de droit féodal, ayant pour but de prévenir la prescription des prétentions que l'on aurait pu élever. La veuve de Melchior, Anne de Straclen (r. du 5 avril 1583), accepta sa succession sous bénéfice d'inventaire et la laissa à sa fille Constance, femme de Corneille d'Eckeren, de qui elle eut Anne d'Eckeren, femme de messirc André d'Alluna, seigneur de Schooten, gentilhomme originaire de Biscaye (r. du 25 mars 161 9). Sire Philippe-Guillaume, prince d'Orange, comte de Buren, (ils du Taciturne, réclama, à son tour, la seigneurie de Rumpst du chef de sa mère, Anne d'Egmont, à qui une partie de la propriété aurait dû être dévolue, selon la coutume de la cour féodale de Brabanl (r. du 30 juin 1604); ses prétentions furent sans doute achetées par Constance Schets.
André d'Alluna fit un accord, le 2 avril 1606, avec Isaac de Wavre, administrateur général des biens du jeune comte d'Hoogstraeten, sire Antoine de Lolaing, au sujet des arrérages de la rente annuelle de 1,000 livres que ce dernier possédait sur la terre de Rumpst (relief du 4 janvier 1606). Puis, de concert avec sa femme, et pour sortir de ses embarras pécuniaires, il vendit ce domaine à messirc Christophe, comte et seigneur d'Oosl frise, d'Empden, etc., chevalier de la Toison d'or, à charge des rentes annuelles suivantes : 1,700 florins au comte d'Hoogstraeten, 1 ,31 6 florins au seigneur de Stabroeck, 153 florins à Henri de Hnlmale, 600 florins aux héritiers de Catherine Cocx, à Bois-lc-Duc, et 5,000 florins à la dame venderesse, et sauf les droits de messire Perez de Baron, seigneur de Loenhout, qui avait pris en engagère le village de Rumpst (23 mars 1619, r. pour Willebroeck et pour Ruysbroeck, en date du 9 décembre 1621). Christophe d'Oostfrise était conseiller de guerre, capitaine de la garde des archers et gouverneur de Luxembourg. Après sa mort, sa femme, Lambertine de Ligne, dame de Spontin, releva du Brabant la terre de Rumpst (26 mars 1657). Elle avait épousé en premières noces Philibert de La Baume, marquis de Saint-Martin, et s'allia, en troisièmes noces, en 1640, à Jean-Baptiste, marquis de La Baumc-Saint-Marlin. Elle mou-
1 Vo>P7 V*s Loo*. lli$loire mttalltqut drs Provinces- !" me*, t. H
rut en 1651, après avoir lesté, le 4 février de celte année, en faveur de la tille qu'elle avait eue de Philibert, Marie-Alberle de La Baume (relief du 4 mnrs 1634). Celle-ci mourut en 1662; elle avait successivement épousé Ernest-Christophe, comte d'Oostfrise et de Rielberg, neveu du comte cité plus haut, et Charles de La Baume, marquis de Saint-Martin, baron de Vaudrey et de Pesme en Bourgogne, seigneur de Montmartin, neveu du marquis Jean Baptiste. Charles de La Baume donna une nouvelle force à ses droits, en achetant ces seigneuries, le 10 février 1652. Il fut meslre de camp d'un terce d'infanterie bourguignonne, premier chevalier de la cour souveraine de Dôle, et gouverneur de cette ville. II hérita de tous les biens de sa femme, et épousa ensuite, en 4663, Anne- Françoise de Trazegnies, chanoinesse de Mous.
A cette époque, la terre de Rumpst fut morcelée : Willebroeck el Ruysbroeck, avec tous les droits annexés d'ordinaire à la haute justice, le droit de planter le long des chemins, un cens rapportant : à Willebroeck, 41 florins 7 sous 6 deniers, 240 chapons, 31 poules, 28 quartautsde seigle, mesure de Malines, 348 quartauls d'avoine, et à Ruysbroeck, 40 florins 12 sous 30 deniers, 30 chapons, 2 poules, 270 quartauls d'avoine; des dîmes, la moitié du produit du droit de passage entre Willebroeck et Boom, moitié qui valait 120 florins par an; le droit de passage du Ilellegat, le droit de revendiquer les seorren ou alluvions du Uupel cl les moeren ou marais, furent vendus à Jean Helman, le 13 août 1661. Heyndonck devint aussi une seigneurie distincte. Boom, avec 25 bonniers de bois, un cens de 40 florins, 20 chapons, 70poulcs, 40 mesures d'avoine, une taxe de 16 sous sur chaque four de chaux ou de briques, la moitié du droit de passage entre le village et Willebroeck, la ferme dite den Sfffecrenhof[,à Rumpst, et ses dépendances, passa, moyennant 54,000 florins, au maître général de la monnaie, George Bosschacrt (31 aoûl 1663, relief du 4 septembre suivant). Quant à Rumpst, ce ne fut que le 10 octobre 1698 que la seigneurie, son château, qui était alors ruiné, la moitié des droits de passage à Waelhem et à Rumpst, un droit de tonlieu, etc., furent vendus par Charles-Antoine de La Baume, marquis de Saint-Marlin, au prince de Ligne, afin d'éteindre entre eux toute espèce de procès.
Jean Helmau, seigneur de Muylkercke, avait été ma in tenu en noblesse, anobli autant que besoin serait, et créé chevalier en 4660; le 24 septembre 1661, le roi érigea en baronnic sa terre de Willebroeck. De ses deux fils, le plus âgé, Jean-François, fut seigneur de Willebroeck; le second, Jean-Pierre, eut Ruysbroeck en partage. Le premier laissa ses biens à son (ils, Jcan-Baptiste-Louis-Bonavenlurc, qui, â la suite d'une sentence rendue contre lui par la cour féodale de Brabant, se soumit à payer
irois reliefs pour Willebroeck (relief du 17 décembre 1768); ce village ayant été, originairement, séparé, avecRumpst, de la terre de Grimberghe, formait, dans l'opinion des légistes, un ttef distinct et mouvant du duché, comme le fief dominant. Jean-Baptiste- Louis-Bonaventure Helman épousa Adrienne de Kerrebroeck, vicomtesse de Grimberghe, dont il eut le baron Pliilippe-Louis-Joseph (r. du 21 décembre 1781). Celui-ci s'allia à Marie-Caroline-Josèphe de Partz de Viane, et mourut sans enfants, le 1er octobre 1807. L'un de ses frères, Alexandre-Joseph-Grégoire, devint auditeur de la chambre des comptes sous le régime autrichien, fut créé baron Helman de Willebroeck par lettres patentes du roi Guillaume, et mourut en célibat à Bruxelles, le 51 janvier 1856; un deuxième, Henri-Marie-Gérard-Joseph Helman, devint baron de Longueville, en vertu de lettres patentes de l'empereur Joseph II, du 18 juillet 1782, et reçut du roi Guillaume le titre de vicomte Helman de Grimberghe. C'est de ce dernier qu'est né M. Louis-Marie-Joseph-Hubert, vicomte actuel de Grimberghe.
Histoire du village de Willebroeck. — Le territoire compris entre la Zielbeek, à l'ouest, et la Zwartebeek ou Bosbeek, à l'est, forme la commune de Willebroeck, dont le nom, qui s'écrivait anciennement Wildebroec, semble emprunté à l'aspect sauvage (wilde) que le sol y offrait autrefois C'est vers sa partie centrale, à peu prés à l'endroit où les terres cultivées confinent à des prairies marécageuses, que se forma un village dont l'histoire s'est souvent occupée depuis la construction du canal de Bruxelles vers le Rupel.
Le canal traverse la commune en son milieu, et du sud au nord, et atteint le Rupel une demi-lieue au delà du village, en face de Boom, lo-
« Willehroeck (Wildebroc, 1180; Wildebroec, 1S0V; Wiltbrouc, 1323; WiUebroeck, 1435. 1491 ; WilUhroeck, 1526). commune du canton do Malines-Sud, chef-lieu d'un canton administratif, a 5 I. au N. de Bruxelles et à 2 1/3 I. a 10. de Matines.
Territoire : En 1686, le village comprenait 663 bonniérs, dont 531 de terres, 195 de prairies, 7 de bois ; le revenu imposable s'olcvail à 12,475 llorius. En 1846, sur une étendue de 1,019 hectares, on y trouvait: 424 h. cultives en céréales. 03 h. cultivés en plantes industrielles, 118 h. cultivés en racines et fourrages. 173 h. de prairies, ï h. de jardins potagers, 1 b. de pépinière*. 17 h. de bois. 5 h. de cultures diverses. La verge linéaire avait «0 1/3 pieds de Bruxelles.
Nombre d habitatiom : En 1435, 110; en 1480, 38; en 1525, 77: en 1686, 36 chaumières, 8 brasseries, 13 auberges, 5 boutiques, 1 château, etc ; en 1846, 597 maison*.
Population : En 1786, 2,947 habitants ; en l'an VIII ; au 31 décembre 1831. 3,066; au
1.) novembre 1846. 3.028. formant 615 ménages; 408 eufanls recevaient l'instruction, et 134 personnes les secours de la bienfaisance.
Industrie •. Voir le texte.
Dépendances : Les hameaux dits Appeldonck, Pultaerl, l'Écluse, Pelit-U'tllebroeck , Yoortpotl; les fermes de Wetndyck, Ylewje. etc.
Les retires de l'état civil commencent : pour les naissances, en 1686; pour les mariages et les décès, en 1779.
calité que ses briqueteries rendent aujourd'hui si importante. Les diflicultés par lesquelles les Malinois essayèrent de faire ajourner indéfiniment l'exécution de cette grande voie de communication ayant été écartées par une sentence de la reine Marie de Hongrie, en date du 50 mai 1 550, les Bruxellois se mirent immédiatement à l'œuvre. On commença les travaux par l'établissement des digues; le 16 juiu, les magistrats de Bruxelles se rendirent à Willebroeck, où le premier coup de pelle fut donné en grande cérémonie, par Jean de Locquenghien, amman de Bruxelles, circonstance que rappellent deux vers flamands faits à cette occasion :
Tôt W'illehrotck hetft Loqutnghitn» macht gtbltken, XVljuni xcas den tersten ttttck gtstecken.
(A Willebroeck s'est manifestée la puissance de Locquenghien; le 4 6 juin, on y a porté le premier coup). Entre le village et le Rupel, le canal traversant les polders qui longent cette rivière, a été soutenu à plus de quatre mètres au-dessus du niveau du sol, et les digues ont dû être construites avec d'autant plus de soin qu'elles étaient destinées à supporter l'eflbrt des marées. En effet, dans le principe, la dernière écluse se trouvait près de l'église de Willebroeck, « là où commencent les terres la- « bourables et où les digues finissent. » Cette écluse a 61 mètres de longueur et est élevée sur grillage; la foumituredes bois nécessaires à sa construction fut adjugée, dès le U septembre 1551 et moyennant la somme de 2,131 florins, à Nicolas Tambuyser, fripier de Bruxelles, qui ne put remplir ses engagements; l'écluse elle-même fut construite d'après le plan arrêté entre Locquenghien, les autres commissaires chargés de la surveillance des travaux, et Gilbert Van Schoonhoven, d'Anvers (résolution du 19 mars 155 1-1552); elle resta longtemps inachevée; les travaux ne reprirent qu'en août 1 557, et nese prolongèrent que pendant quelquesmois. Une grande partie des digues étant terminées, la reine de Hongrie avait autorisé, le 17 janvier 1553-1554, l'ouverture de la digue du Rupel, ce qui eut lieu le 20 du même mois, à midi, d'après l'avis et par les soins de Simon Maertense, bourgmestre de Ziericzée. On put dès lors naviguer jusque près de Thisselt. L'entrée des eaux dans le canal fut funeste à l'écluse située dans ce village, dont les murs ne résistèrent pas à leur pression; on suppose qu'elles rompirent aussi la digue orientale du canal, en aval du village de Willebroeck, et qu'elles y formèrent la crique encore existante et que l'on appelle de Kraeg (le Collier).
Ce fut à la suite de résolutions du magistrat de Bruxelles, en date du 10 juin 1570 et du 12 février 1572-1573, qu'une écluse fut construite ù l'embouchure du canal dans le Rupel, à l'endroit appelé depuis Petit-
GfO
Wiilebroeck. D'après le plan présenté par Locquenghien, elle devait coûter li', oofi florins du Rhin. Afin de remédier à l'ensablement de l'entrée du canal, celle écluse a été reconstruite, en 1850, a l'est de l'ancienne maison éclusière, que l'on voit encore près de la digue du Rupcl. Outre ses deux paires de portes busquées vers l'intérieur, elle est pourvue de deux paires de portes de flot, qui soutiennent l'effort de la marée ; on ne peut y entrer que vers l'heure de la marée haute, qui s'élève ordinairement au niveau du dernier bief du canal '.
C'est à Wiilebroeck que mourut, au mois d'août 1577, maître Adrien Van Bogaerden, arpenteur qui mesura, pour la ville de Bruxelles, toutes les terres dont l'emprise était nécessaire, ainsi que tous les travaux de maçonnerie et de terrassement exécutés de 1550 à 1562 ; il aida aussi à diriger la construction de la citadelle d'Anvers. Immédiatement après l'achèvement du canal, les habitants de Wiilebroeck s'occupèrent de l'écoulement des eaux de leurs prairies, écoulement qui nécessairement avait été arrêté; un octroi en date de l'avant-dernier jour du mois d'avril 1562, leur accorda la faculté de construire une nouvelle écluse de décharge.
Nos souverains, leurs gouverneurs généraux des Pays-Bas, et leurs hôtes se servirent fréquemment de la nouvelle voie navigable, entre Bruxelles et Anvers; Wiilebroeck reçut donc leur visite plus d'une . fois. Lorsque Marguerite de Parme revint d'Anvers, où l'autorité royale venait d'ôlre rétablie, au mois de juin 1567, elle retourna à Bruxelles par le canal. On lui offrit une collalion, à Wiilebroeck. En 1652, la reine mère de France, Marie de Médicis, en se rendant de Bruxelles à Anvers, passa également par ce village; en allant et en revenant, elle y dina au château de M. Dellafaille, seigneur de Nevele; une flotille l'attendait à Petil-Willebroecketlui servit d'escorte. La reineChrisline de Suède visita les mêmes localités en 1654 ; à son arrivée à Petit- Wiilebroeck, elle fut reçue par l'archiduc Léopold, gouverneur général.
Pendant les (roubles de religion, Wiilebroeck fui presque constamment occupé par une garnison. Le 8 septembre 1576, après la mort de RequeltHf| cent cavaliers espagnols vinrent s'y poster, dans le dessein de s'y fortifier el d'empêcher la navigation du canal. Maximiiien Vilain de Gand, seigneur de Uassenghien, et le secrétaire du conseil d'état, François Le Vasseur, allèrent à Wiilebroeck s'aboucher avec D'Avila et quelques-uns des colonels des troupes allemandes; mais, de l'aveu même des historiens royalistes, celte entrevue n'cul aucun résultat; seulement, on y décida qucRboda serait remis en liberté et que Ton permettrait à Julien Romero
1 Vovoï Eacui, I. c, panm. - Uxitoirt >tc lituxtUet, I III.
DES ENVIRONS DE BRUXELLES. Ml
clà Alphonse de Vargas de quitter Bruxelles. Ainsi, le parti national abandonnait sans compensation de précieux otages, qui, le fiel dans l'âme, se vengèrent cruellement de leur arrestation momentanée. Le seigneur de Hassenghien et Le Vasseur partirent ensuite, pour aller informer le roi de l'étal dans lequel ils laissaient les Pays-Bas
En 1579, les États firent fortifier\Villebrocck,qui,en effet, ne tarda pas a être assailli. Le 28 juillet de celte année, le baron de Licques, après avoir reçu la soumission de Matines, marcha vers ce village avec vingt-cinq compagnies d'infanterie et douze de cavalerie, et le fit attaquer par lecapitaine italien Toribius Gatta, qui s'en rendit naître par un coup de main. Quelques compagnies d'Écossais, qui se trouvaient de l'antre côté du canal, abandonnèrent le fort et s'embarquèrent. Dès le lendemain, on commença à démolir les écluses du canal, afin de rendre la navigation impossible, et surtout afin de satisfaire les Maliuois, qui avaient provoqué celte entreprise *. Licques ètanl resté campé à Hlaesveld,les défenseurs de Bruxelles résolurent d'aller le combattre, afin de débloquer celle ville, qui était, en quelque sorte, cernée de tous côtés, cl sans communication avec ses voisines. Le 17 septembre, Olivier Vandenlympel, qui y commandait au nom des États, réunit les garnisons de Bruxelles ut de Vilvorde, fortes d'environ 4,000 fantassins et 800 chevaux, et marcha a leur tôle vers l'ennemi. Licques, averti de son approche, envoya des cavaliers en éclaireurs, mais Vandenlympel arriva par un autre chemin, au lever du jour, et parvint ainsi à surprendre les troupes roynlcs, qui n'eurent pas le temps de se ranger en bataille et prirent la fuite dans différentes di. rections. Malheureusement, les assaillants perdirent leur temps à piller les bagages des Espagnols; l'un de ceux-ci, Garcias Olivera, qui servait comme lieutenant dans la compagnie de son oncle Antoine, rallia à VVillebroeck 200 arquebusiers à cheval et 50 lanciers, et se jeta à leur téte, à graud bruit de trompettes, sur les troupes des États. Celles ci sévirent enfoncées à leur tour et s'enfuirent en abandonnant leur butin, des armes, des drapeaux; les paysans des environs leur tuèrent beaucoup de monde. Craignant toutefois de.se voir attaqués par des forces supérieures, tourmentés par la disette, et voyant la mortalité répandue parmi leurs chevaux, les Espagnols prirent le parti de se retirer 5. Quelques troupes allemandes au service de l'Espagne s'étaient postées à Petit-Willebroeck, et y avaient construit, autour de la mabon eclusière, un fort, garni d'artillerie. Le priuced'Orange ordouua au célèbre La Noue d'aller s'emparer
1 RtsrivoGLio, Histoire det j/uerres de Flandre, t. H, p. 13.».
* Voyez une lettre du prince de Parme au roi Philippe H. publiée par M. Gt< u»nt>, dans les nuUtttm de la Commmùon d hiUowt, 11' série, t. IV. p. W7
* Sm»Di — CiMElU». — AutlM, etc.
Ht HISTOIRE
de celte position ; les Allemands n'attendirent pas les troupes des États, qui s'emparèrent de Willebroeck le 29 septembre. Peu de temps après, le prince d'Orange, l'archiduc Mathias et La Noue vinrent visiter cette localité et résolurent de la rendre imprenable, afin d'assurer les communications entre Anvers et Bruxelles, et de resserrer, autant que possible, la ville de Malines L'écluse de Willebroeck n'avait plus alors qu'une seule porte, et la maison de l'éclusier était entièrement brûlée, ainsi que le constatèrent Vandentympel, les receveurs du canal, cl Paul De Prince, qui avait été délégué à cet effet par la ville, le 5 octobre. Le bruit s'étant répandu que l'ennemi se disposait à attaquer de nouveau Willebroeck, la ville d'Anvers envoya 300 pionniers pour le fortifier, et le prince d'Orange invita les trois membres de Bruxelles à suivre cet exemple.
Pendant six années, les États restèrent sans contestation maîtres de Willebroeck, dont les abords étaient défendus par de3 inondations; seulement, en mai 1 581 , une sédition éclata parmi les soldats de la garnison, et il fallut amener d'Anvers du canon pour les forcer à se soumettre *. Mais, en 1584, après la conquête de la Flandre, le prince de Parme tourna ses regards de ce côté. Par ses ordres, le comte de Mansfeld y envoya le seigneur de Maulde, Paul de Carondclel. Le 19 août, cet officier attaqua brusquement et emporta le Pelit-Willebroeck ; le Grand-Willebroeck capitula, et les autres postes fortifiés le long du canal ne tardèrent pas à suivre cet exemple. Toutes les portes des écluses furent alors brisées et brûlées s.
La garnison du fort de Willebroeck avait rompu, en cinq endroits différents, les digues s'étendant du canal à la Dyle; une partie du territoire de Willebroeck, de Blaesveld, de Heyndonck et de Hcffen ne formait qu'un immense étang, qui défendait de ce côté les abords du canal. Un octroi du 26 février 1587 en autorisa le réendiguement, et les directions des polders y furent autorisées à exproprier, au profit de la généralité, les terres dont les propriétaires refuseraient de contribuer dans la dépense. Au commencement de l'année 1590, celle-ci s'élevait déjà à 14ô livres d'Artois parbonnier, sans qu'on fût parvenu à fermer la dernière coupure. Ce ne fut que quatre ans plus tard que les polders furent totalement asséchés, et, le 26 mai 1594, on publia le règlement qui en régit depuis l'administration *.
1 EiT7istEn. p. VI.'). — Amiiucit, Vie de La Noue, p. 257. — Disothis. * Meteren.
i Voyez Histoire de Bruxelles, t. i», p. 66t. — Mémoires gtnralogii/ues pour tenir à f histoire de* Pays-Bas, p. 361.
« Krnnf.it, I. c, pp. 2V et 32.