‹ Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette villeChapitre 31 sur 43 · IS · texte numérisé non relu

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La prise de Bruxelles ne mit pas fin aux brigandages dont souffraient les campagnes voisines. Le 5 septembre 4 601 , des bourgeois de cette ville furent encore envoyés pour garder le fort de Willebroeck, et, le 2 octobre 1603, d'autres bourgeois accompagnèrent un convoi de chariots qui conduisaient, vers Willebroeck et Wavre (sans doute Wavre-Sainte- Catherine), les bagages des archiducs. En 4647, Willebroeck continuait à avoir une garnison, et à peine ce village eut-il cessé d'être menacé par nos voisins du Nord, qu'il eut à se défendre des entreprises de ceux du Sud. En 1668, les Français y enlevèrent les deux maires et exigèrent 4,000 écus pour leur rançon ; en décembre 4683, ils livrèrent le village aux flammes, ainsi que Humbeek, Calfort, Lippeloo, etc. Des maisons furent encore incendiées à Willebroeck, en 4694. Un fort existait toujours à PetitrWillebroeck, à l'ouest de l'écluse, et le souvenir s'en est si bien conservé dans le peuple, que pour dire : « aller à Petit-Willebroeck, » on se sert d'ordinaire de celte expression : c aller au fort » (gaen naer 't schrans). Si l'on en croit la tradition, un bourgmestre de Willebroeck, nommé Verdickt, fut tué par les Français, en l'année 1745 environ ; le souvenir de ce crime, m'a-t-on dit, était conservé par uue croix qui se trouvait entre Willebroeck et le hameau de Aeywegh, près de la chaussée de Mali nés à Termonde; on ajoute qu'en 4832, lors du siège de la citadelle d'Anvers, les troupes françaises voulurent briser cette croix et qu'on fut obligé de la cacher.

La population de la commune s'était considérablement augmentée. En 4 570 et eu 4620, elle ne comprenait que 500, et, en 4599, que 300 communiants, tandis que ce chiffre s'élevait, en 4759, à 1,800, et en 1762, à 2,000, plus 4 ,300 enfants. Le 94 juillet 4 765, les bateaux allant de Willebroeck & Anvers, auxquels il arrivait souvent des accidents, cessèrent leur service, la ville de Bruxelles ayant fait construire la route de Boom à Anvers. Des diligences furent établies sur cette route; elles arrivaient à Anvers avant midi et repartaient pour Boom à deux heures; on y payait une place 44 sous, et on ne donnait que 40 sous pour la barque allant de Bruxelles à Willebroeck et pour le passage du Rupel. Depuis soixantedix ans environ, c'était à Willebroeck que se percevait le tonlieu deRumpst .

Pendant la révolution brabançonne, le village de Willebroeck fut un de ceux qui se prononcèrent le plus éuergiquement contre les actes du gouvernement de Joseph II. Un détachement de la garnison de Bruxelles fut chargé de s'y emparer de la personne du curé, dans la nuit du 4*r au 2 septembre 4789; mais, à celle nouvelle, les paysans des environs se soulevèrent, ce qui détermina le gouvernement à renoncer à son projet Peu de temps après, lorsque les émigrés belges eurent pris

1 Rtrénics de Bebc, t. Il, p. 555.

T. II. M

eu

les armes, le vicomte Charles Vilain X1II1, à la tête d'une troupe de patriotes, enleva à Willebroeck le collecteur des impôts, Jacques De Meyer, qui était aussi drossard de la baronnie, et qui, depuis plus d'un mois, était en bulle à de constants outrages. Non contents de cet acte d'audace, qui s'accomplit le 9 novembre, au moment où les généraux autrichiens se vantaient d'avoir nettoyé d'ennemis la Campine, les patriotes menacèrent de mort la famille du receveur,en la prévenant qu'on l'exterminerait tout entière, si quelqu'un était inquiété à ce sujet. Après le triomphe de la révolution, les habitants de Willebroeck ne montrèrent pas moins de haine pour les projets de réforme des Vonckisles : le 2 juillet 17UO, les trois gildes de la commune se rendirent à Bruxelles, où elles tirent leur entrée, précédées d'une bannière sur laquelle on lisait :

D Httrrn Slarten zyn on» vadtri, Dr Vonrkturn

WiUtl)rotck hreft htt tpel Uyost.

T wilt talhrrdtn kott dat ko*l .

Ce qui signifie : « Los seigneurs États sont nos pères, les Vonckisles « sont des traîtres. Willebroeck a commencé le jeu; il entend le termi- « ner, coûte que coule »

En l'an III, Willebroeck devint le chef-lieu d'un canton du département des Deux-Nèlhes, arrondissement de Malines, canton qui se composait de Willebroeck, de Ruysbroeck, de Thissell, de Blacsveld et des villages, auparavant malinois, de Hcflen, de Leest et de Ilombeek. En l'an VIII, ce canton, qui exisle encore comme circonscription administrative, fui soumis à la justice de paix de Malines-sud. Pendant les troubles qui agitèrent les environs de Bruxelles en l'an VII, les 14, la et 16 brumaire, le village eut considérablement à souffrir; environ vingt maisons, entre autres, la maison éclusièrede Pelit-Willebroeck, fuient brûlées par les Français; un grand nombre de brigands, comme on appelait les paysans soulevés, périrent dans les granges où ils avaient cherché un abri. En l'année 1810, Willebroeck reçut la visite de l'empereur Napoléon et de l'impératrice Marie-Louise, qui s'étaient embarques à Laeken, sur une barque somptueusement décorée, et qui naviguèrent sur le canal jusqu'à Willebroeck, où ils furent complimentés par le bourgmestre Janssens et par les autorités de la ville de Malines; de là, le souverain de la France se rendit à Anvers, en passant par WintliHm,où une flotle était A l'ancre, dans le Rupel.

Le roi des Pays-Bas visila aussi Willebroeck, en 1827; le régent de Belgique, Surlet de Chokier, y vînt dans la première moitié de l'an-

> Vw Benoit», «biinfra, p. 12. - llntoirt it ïiruxtlUu. t. 11.

DES ENVIRONS DE RRl'XELLES.

fil 5

née 1831, et le roi actuel a, deux fois déjà, honoré le village de sa présence. La suppression du service des barques publiques, suite inévitable de l'établissement des chemins de fer, a enlevé à Willebroeck de semblables occasions de féte.

Description de Willebroeck. — Le village est construit, en grande partie, à l'ouest du canal ; a l'est, il nese trouve guérequ'une suite de maisons formant une rue, depuis l'écluseduGrand-Willebroeck jusqu'à Blaesveld. Parmi d'autres habitations bien bâties, on remarque la maison communale, dont le terrain a été acheté en 1835. On compte à Willebroeck trois moulins à vent, dont un sert de pressoir à l'huile, huit brasseries, deux distilleries, quatre blanchisseries de toiles, une fabrique de voiles pour bateaux, deux fabriques de chandelles, etc. L'un des moulins à vent, qui se trouvait dans le champ appelé 't Heyken, relevait, en Gef, du duché de Brabant; le seigneur de Grimberghe l'abandonna à un particulier, en 1485; un autre s'éleva en vertu d'un octroi accordé à Melchior Vandenbroeck, le 27 septembre 1783. Le 12 décembre 1725, Dominique Verhelst, de Boom, fut autorisé à construire un moulin à eau sur le Stelsenkil, ruisseau coulant à Willebroeck, à la condition de payer tous les ans 21 florins, mais il ne profita pas de la permission, paralt-il. Le principal commerce du village consiste en pierres, chaux, houille, fruits, beurre, bière, lin et poissons; on y exploite beaucoup de tourbières. De temps immémorial, il s'y tient, le mercredi, un marché au beurre et aux œufs. On a formé dans cette localité une soeiété d'harmonie, et une société dite de Médecine pratique de la province d'Anvers, qui a publié plusieurs volumes û'Annaks et a fait imprimer son règlement, en 1842. L'un de ses membres les plus actifs, M. le docteur Van Berchem, est l'auteur d'une topographie médicale du canton de Willebroeck ; le 30 novembre 1848, un mois après son installation comme bourgmestre, il a lu au conseil communal une notice historique fort intéressante, sur la commune

Deux routes traversent la commune : celle de Malines à Termonde, et celle qui relie entre eux le Grand et le Petit- Willebroeck, et qui fut rendue praticable, en septembre 1827. Cette dernière vient d'être prolongée jusqu'au pont de Boom, magnifique construction jetée sur le Rupel et qui assure aux habitants des deux rives de cette belle rivière, des communications aussi rapides que sûres. En l'année 1834, le sieur

1 Hedevoering van den heer Van Berchem, borgemee*ler der gemeenle Willebroeck, uitgesprocken ter geltgenheid van de inttallatie tan den gemetnte raed, o\> dm 30 ocloler 18V8. gevolgd van htt ttrhael voorkomende in het vertlag dm 30 nowm&fr 1848 arn den grmemitraed gedaen en handelende over de oortprong der genulle gemeenle, hare oude gebouxoen. hare taerl en over tmige merkweerdige gebeurtminen dit tr gtpleegd zyn. Boum, J. Vi!» GAiBr.nghe, 1848, m-li Uc 10 pages.

IIISTOIIIE

Sano demanda l'autorisation de construire un pont, en aval de l'embouchure du canal de Bruxelles, entre le Petit-Willebroeck et Boom; il offrait de fournir les fonds nécessaires pour cette dépense, à la condition de pouvoir percevoir un péage pendant dix-sept années. Sa proposition ayant soulevé de nombreuses réclamations , et l'établissement du chemin de fer de Bruxelles à Anvers ayant presque réduit h néant la circulation entre ces deux villes, par Boom, M. Sano renonça à son projet. L'inspecteur général des ponts et chaussées conçut alors l'idée de placer sur le Rupel un pont suspendu, de fil de fer. Après bien des tâtonnements, le gouvernement octroya la concession des travaux à une société anonyme, qui se constitua au capital de 500,000 fr., sous la direction nominale de M. le baron Osy, membre de la chambre des représentants, mais, en réalité, sous celle de M. le comte de l'Orgerie de Guélry, qui fut nommé directeur. La construction du pont commença le 18 mars 1850, et fut dirigée par M. l'ingénieur Tossyn; les matériaux qui y entrèrent, provenaient des ateliers de M. Pauwels, h Molenbeek-Saint- Jcan. Le pont a été construit d'aprè le système Neville. Il repose sur huit piles de pierres, distantes l'une de l'autre de 25 a 26 mètres; la plus rapprochée de Petit-Willebroeck constitue un passage dont la largeur est d'environ 18 mètres et qui s'ouvre du côté de la rivière. Le tablier du pont se compose d'un nombre indéfini de triangles isocèles, raitichés les uns aux autres par des plates-bandes supérieures et inférieures ; entre ces bandes viennent se fixer des pièces de fonte, de manière que la pression exercée sur la plate-bande supérieure imprime à la plate-bande inférieure une tension qui détruit complètement la pression exercée sur la première. Le pont tournant, qui forme la partie par laquelle passent les bateaux, consiste en un tablier mobile de 45 mètres de longueur et qui pèse 141,000 kilogrammes; il se meut sur un chariot à l'aide de manivelles. Cette élégante construction fut bénite et inaugurée le 25 janvier 1855, après vingt-trois mois de travaux. Le duc de Brabantet le comte de Flandre assistèrent aux Tètes que les administrations de Boom et de Willebroeck donnèrent à cette occasion. Le taux du péage levé sur ce pont s'élève è 2 centimes pour les habitants des deux communes riveraines et à 4 centimes pour les étrangers ; il est concédé pour «JO ans '.

Le hameau de Petit-Willebroeck doit son origine et ses développements au canal de Bruxelles, dont il occupe l'embouchure dans le Rupel. En y creusant une nouvelle écluse, en 1830, on y a trouvé, en grande quantité, des sabres, des épées et d'autres armes, qui ont été déposée* au musée d'antiquités de Bruxelles. On l'appelait autrefois Kleyne Turkym, à

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cause des mœurs grossières de ses habitants, qui, du reste, ne se sont guère modifiées. En 4754, ils demandèrent à avoir une chapelle et un chapelain, mais inutilement. Ce ne fut qu'en 1842, qu'ils eurent une chapelle, bâtie à leurs frais, à l'est de l'écluse, sur un terrain dont la ville de Bruxelles leur permit de disposer, jusqu'à révocation ; depuis la construction du pont de Boom, cette chapelle a été détruite, parce qu'elle gênait la circulation, et on l'a réédifiée à l'ouest du canal. Sur les côtés du hameau s'étendent deux vastes polders, l'un vers Ruysbroeck, l'autre, vers Heyndonck. Le premier, qui comprend 321 bonniers, a été inondé en 1682 et le 2 mars 1820; le second, dont l'étendue est de 640 bonniers, a été inondé les 14-15 janvier 1808, le 2 mars 1820, le 4 février 1825, le 8 mars 1827, et en juin 1839 1 ; un fort se trouvait dans ce dernier polder, sur la limite de Wiilebroeck et de Heyndonck, & l'endroit que d'anciennes cartes appellent Stendre ou Dorle.

Les échevins de Wiilebroeck se servaient déjà de la langue flamande en 1328; ils allaient à chef de cens à Grimbergiie, et suivaient la coutume d'Uccle. D'après une de leurs sentences, un' chapon était de grandeur convenable, lorsqu'il pouvait sauter hors d'un setier *. Le greffe de Malines possède une série de leurs registres d'adhèritances, commençant en 1714, et la commune en conserve, dans ses archives, une autre, qui va de 1588 a 1796, ainsi que quatorze registres de procédures, depuis 1593 jusqu'en 1784, des comptes de l'église, des comptes de la Table des pauvres, etc. Un arrêté royal en date du 30 juiu 1853 a donné à la commune pour armoiries : d'argent, à la bande de sable, chargée de trois tètes de lion, arrachées d'or et lampassées de gueules.

Le château seigneurial avait été bâti par Jean llelman; il fut détruit pendant la révolution brabançonne, les descendants de ce gentilhomme ayant embrassé les principes de gouvernement de Joseph 11. On en admirait autrefois la belle porte d'entrée, qui a été transportée au château de Coloma, près de Malines, aujourd nui transformé en couvent 5. Sur son emplacement, on a percé une rue qui conduit de l'église au canal.

En vertu d'un diplôme de l'évéque de Cambrai, Roger de Wavrin, daté de l'année 1180, l'église de Wiilebroeck était à la collation de l'abbaye de Saint-Aubert, â Cambrai. Cependant, vers la fin du dix-septième siècle, les supérieurs du monastère ayant voulu exercer leurs droits, l'archevêque Precipiauo y mit opposition, et une sentence du conseil de Brabant lui donna gain de cause. Le seigneur du lieu percevait les deux

• KnmiEn, pauim. — Vasih im»ir.in et Meisser, Dictionnaire géographique de la province dAniere, pp. Uet 15.

• Mydt dten dal de ecepene can Wtldettroec vœr een tonnùte uyden, aile capœn te nemene, altoe terre aie sy edel $yn ende uten zister tat getpriiujeti contien.

• V*d Blhuiem, u6i *upro p. 10. — Voyez Le Roï, CuUella el prteloria, etc.

liers de la dîme; le dernier tiers appartenait aux religieux de Saint-Aubert, qui payaient au curé une compétence de 400 florins par an ; les pentes dîmes étaient la propriété des Bénédictins d'AMighem.

L'église de Willebroeck, qui reconnaît saint Nicolas pour premier patron, et sainte Anne pour seconde patronne, a été agrandie ou restaurée à diverses reprises. Sur la porte d'entrée on lit la date de 4744; la voûte des collatéraux de la nef ne datait que de 1 755, et coûta 1 ,050 florins ; la sacristie ne remonte pas au delà de l'année 4737, et fut alors édifiée en remplacement de l'ancienne, qui était insufltsante et humide, à l'endroit où se trouvait une école. Quant au chœur, qui se termine par un mur plat, il a été restauré au temps de la renaissance. A cette époque, le conseil de Bradant autorisa le curé, les échevins et les maîtres d'église à lever, pendant quatre ans, pour la réparation du temple paroissial, 42 sous sur chaque aime de bière et 30 sous sur chaque aime de vin, consommée dans le village (8 février 4648); le 7 septembre 1642, on avait sanctionné la levée d'une taxe semblable, mais pour des motifs qui nous sont restés inconnus. On reconstruit en ce moment, en style ogival, et en lui donnant la largeur des transsepts,la nef, qui avait quatre travées et qui était divisée en trois parties par deux rangées de colonnes à chapiteaux ornés de feuilles à crochet; les voûtes étaient à nervures croisées et leurs retombées reposaient sur des colonneltes dont les chapiteaux étaient aussi à feuilles à crochet, maisdontlefût et la basen'existaieut plus. Les voûtes terminales du chalcidique reposent sur quatre arcades cintrées dont l'archivolte forme en quelque sorte un arc doubleau se terminant latéralement par un tore ou boudin; à chaque angle se trouve une colonnelte divisée dans sa hauteur par deux anneaux et ayant un chapiteau pseudo-corinthien. Audessus de ce chalcidique du douzième siècle, s'élève une tour carrée, qui reçoit le jour de chaque côté par (jeux fenêtres ogivales inscrivant chacune un trilobé. Sa flèche devient ensuite octogonale, et, en cet endroit, aux huit angles d'une moulure qui règne tout autour de la flèche, on remarque huit tètes d'hommes saillantes, que le temps a détruites en partie. La tour est construite, dans sa partie inférieure, de pierres de grande dimension ; dans sa partie centrale, de pierres plus petites, et, à son sommet, de bois recouvert d'ardoises. Sa forme peu ordinaire lui a fait attribuer une haute antiquité; le peuple la considère comme une construction romaine. Au transsepl gauche, on remarque encore quatre raodillons historiés.

En 4757, on plaça dans l'église un nouveau pavement, un peu plus élevé que l'ancien; les échevins de Thissell refusèrent d'abord leur consentement à cette dépense, en se plaignant de ce qu'on enlevait les pierres sépulcrales, sous prétexte qu'elles étaient endommagées; leur

(il!)

opposition fut levée, grâce à l'autorité du duc de Croy, seigneur de Grimberghe et de Thisselt, et du baron de Wiliebroeck, dont l'approbation mil fin au mécontentement des villageois. Le baptistère date de 1759. Sur le maître-autel on remarque une Cène, par Siger-Jacqucs Van Helmont, qui fut payée 100 palaeons, et aux aulels latéraux, un Crucifiement et une Assomption de M. Van Huflfel. Autrefois l'église possédait deux toiles du plus grand prix, l'une de Schut, qui ornait l'autel de Saint- Nicolas, l'autre de Coxie, à l'autel Sainte-Anne. Nous y avons recueilli cette inscription : sépulture — van joncker — joannes robertus renette, — HEERE VAN BERENT, — S0NE J0' LAMBERTI, — ENDE VAN VROUWB — FRANC1SCA MAGDALENA — D0R0THSA VANDERVEKENE, — D0CHTER JOr LU- DOVICUS,— HEERE VAN BERENT, — DIB 8TERFT DEN 4 JULII — 1754; et, à

l'extérieur, au milieu de petites pierres sépulcrales consacrées à la mémoire de religieuses Carmélites, celle-ci : d. o. m. — nie jacet pRjEnobilis —

DOMINA HELENA MARIA — TERESIA VANDENCRUYCE, — VI DU A D0MINI HICHAELIS DE — MABIEU, 0BIIT GANDAV1 — 24 MARTII 1740, — ET PR£NOBILES DOMI-

CELL£ — ISABELLA MARIA CORNELIA — M Mil Kl , OBIIT ; — HELENA SERA-

PHINA, — ELEONORA EU G EN I A MAH1EU, — OBIIT GANDAVI, 6 7brU — 1759; — SOROR TERESIA FRANCISCA A — SANCTO SPIRITU, ALIAS FREDERICA — CHRIS- TINA M A II I i l , OBIIT — R. I. P.

Après la prise de Bois-le- Duc par les Hollandais, les Carmélites de cette ville se dispersèrent; quelques religieuses se réfugièrent à Alost, d'autres à Aix-la-Chapelle, les dernières à Oirschot,où, après avoir habité chez des particuliers, elles se réunirent de nouveau, le 22 mai 1644, grâce aux soins du prêtre Silvestre Lintermans. La paix de Munster ayant placé Oirschol sous l'autorité des Provinces-Unies, qui proscrivirent leur institut, elles allèrent habiter Moll, en Campine, le 8 août 1GG3. Elles abandonnèrent encore ce dernier endroit, à cause des ravages causés par les guerres, et de la diflicullé qu'elles éprouvaient à se procurer du poisson; on les reçut alors au château de Cleydael, près d'Anvers, le 4 mai 1704. Enfin, le 15 novembre 1 71 2, après quatre-vingts années de pérégrinations, elles se fixèrent à Wiliebroeck, où Isabelle Verbist, fille dévole d'Anvers, leur avait acheté, moyennant 1 5,000 florins de change, le château d'Anne-Maiie Dellafaille, dame d'Estaimpuis. On ne les y laissa pas tranquilles; leurs supérieurs ecclésiastiques, et, en particulier, le vicaire général de l'évèché de Bois le-Duc, refusant de consentir à leur nouvel établissement, il fut décidé que la communauté se partagerait, et qu'une partie retournerait â Moll. Elle eut aussi un procès à soutenir au sujet de sa subordination aux chefs de l'ordre et au chef du diocèse; la cause fut plaidée à Rome et décidée en faveur de ce dernier '. Les car-

« Vis BUCBM, p. 9.

mélites avaient à cette époque pour protecteur Paschase-Ignace Vandencruyce, bourgmestre d'Anvers, frère de la prieure des Carmélites, sœur Séraphine-Thérèse de la Sainte-Trinité «.

La nouvelle résidence des Carmélites existe encore en partie près et à l'ouest du canal, un peu au delà de l'écluse de Willebroeck. Les religieuses obtinrent, le 20 janvier 1728, l'amortissement de cette propriété; leur église fut achevée et consacrée en 1731, et, le 19 novembre 1735, l'archiprélre Foppens bénit deux côtés de leur cloître et un petit jardin destiné à servir de cimetière. Elles Turent supprimées en 1785, et leur habitation vendue, en 1786. Elles possédaient un Christ d'ivoire, travaillé dans la manière du célèbre Van Beveren.

De nos jours, il s'est formé à Willebroeck, par les soins de Jeanne- Catherine Verdickt, qui mourut le 19 décembre 1850, une nouvelle corporation religieuse. Douze Soeurs de charité y instruisent les jeunes filles et se livrent à des travaux manuels.

Thisselt*. — Entre la seigneurie de Rumpst, au nord ; le domaine de Puers, à l'ouest; la franchise de Cappelle-au-Bois, au sud, et les seigneuries de Malines et de Blaesveld, à l'est, les barons de Grimberghe, de la maison de Berghes, possédaient une seigneurie ayant haute, moyenne et basse j uslice, le droit de sonner la cloche en cas de guerre, un échevinage, un cens qui produisit, en l'année 1429-1450, 26 livres 6 sous 9 1/2 deniers de Louvain, 2 sous 5 deniers de Flandre, ô sous 2 deniers tournois,

> Va» Gcstel, 1. 1", p. 138. — Goyekb.

'Thisseit (Testelt, 1298, U91 ; Tyuelt, 1360; Op de Tiesselt, 1435, 1474; Tytstelt, 1526. 1451), commune du canton de Malines-sud, a 4 1/2 I. au N. de Bruxelles.

Territoire En 1686, le village comprenait 446 bonniers, dont 329 de terres, 110 de bois, 4 de bruyères; le revenu imposable s élevait à 8.8ii florins. En 1846. sur une étendue de 824 hectares, on y trouvait : 358 h. cultives en céréales, 77 h. cultivés en plantes industrielles, 115 h. cultivés en racines et fourrages. 14 b. de prairies, 1 h. de jardins d'agrément. La verge linéaire avait 20 1/3 pieds de Bruxelles.

Nombre d habitation* : En 1435, 45; en 1480.36; en 1525. 54, dont 2 a 3 foyers ; en 1686, 73 chaumières, 3 brasseries, 9 auberges, 4 boutiques : en 1846, 339 maisons.

Population -. En 1786, voyez Willebroeck; en l'an VIII ; au 31 décembre 1831.

1.659 habitants; au 15 novembre 1846, 1,702, formant 340 ménages; 155 enfante recevaient l'instruction, et 246 personnes les secours de la bienfaisance.

Indutirir ■. î moulins a vent, dont un appelé Ouden tnolen, 2 moulins mus par manège, 4 brasseries, dont 2 sont aussi des distilleries ; 1 fabrique do chandelles. 2 teintureries, 2 corderics, 2 fabriques de métiers à tisser.

Dépendances i Les hameaux de llromttraet. de Molettraet , de Hoog$traete , les habitations dites t Kalandert haf, t Spatntu he kaiteel , t Schathuyt etc.

Li-s registres de letat civil commencent eu 1789.

DES ENVIRONS DE BRUXELLES. f,4l

3 poulets, 17 1/2 chapons, etc. On appelait cet endroit op te Tiesselt, au Thisselt, ou, comme on le dit aujourd'hui, Thisselt. Ainsi que le remarque M. Kreglinger l'étymologie qui fait dériver ce nom de distel, thistel, chardon, épine, est la plus admissible, malgré la fertilité du territoire. Celui-ci, en effet, resta longtemps, en grande partie, inculte et inhabité; c'est encore la construction du canal qui y a multiplié le nombre des habitations et étendu les cultures.

Le village de Thisselt resta toujours uni à la terre de Grimberghe; seulement, au siècle dernier, il fut vendu, par-devant les échevins de Grimberghe et à la condition de le tenir en fief de cette seigneurie, à Melchior Van Susteren, frère de l'évéque d'Anvers de ce nom (28 mai 1727); mais, plus tard, les DeBerghesen revendiquèrent la possession. On trouve au greffe de Malines les registres aux ndhérilances des échevins de Thisselt, à partir de l'année 1658.

Dès l'année 1469, le village avait sa cote particulière dans le cahier des aides levées en Brabant; cependant, on n'y voyait qu'un oratoire dédié à saint Jean-Baptiste, dépendant de l'église de Willebroeck et desservi par un chapelain *. En 1408, le curé de Willebroeck, Arnould Verschueren, Ot reconstruire la chapelle, et y institua une chapellenie, dont le possesseur devait célébrer l'office divin le dimanche et les jours de fêtes. L'évéque Jacques de Croy approuva cette fondation, le 30 juillet 1504, en considération surtout de ce que la chapelle était située à une lieue de l'église paroissiale, celle de Willebroeck. En 1717, l'abbé de Saint-Aubert à Cambrai en céda le patronat à l'archevêque de Malines; peu de temps après, l'édifice, qui était devenu trop petit, fut agrandi d'un côté, aux frais des habitants du village et de ceux dePuers; parmi ces derniers, il s'en trouvait un grand nombre qui fréquentaient cet oratoire, dont ils étaient beaucoup plus voisins que de leur propre église. L'autel de la Sainte-Croix fut alors bâli (1731), et on édifia la sacristie l'année suivante. Bientôt, la chapellenie de Saint-Jean-Baptiste devint une vicairie (1737). Dans la suite, les habitants réclamèrent encore l'érection de leur village eu paroisse ; on ne leur accorda cependant, pour leur chef spirituel, que le droit d'administrer le baptême (30 novembre 1788). Plus heureux dans un procès contre les décimateurs, ils obtinrent du conseil de Brabant un jugement qui condamna ceux-ci à reconstruire la chapelle sur de plus grandes proportions (10 avril 1781), ce qui s'exécuta en 1784. Ils étaient alors environ 800, non compris quelques autres qui habitaient dans la circonscription des paroisses de Cappelle-

» Lu Compte de» item de la dame de Grimherjhe, pour l'année II?'.' H:U>, nu nttnnne la chapelle ei la chapellerie ran der Tymtit,

T. Il »

au -Bois et de Puers. L'église forme aujourd'hui une succursale du doyenné de Puers. Le 22 avril 1694, sa chapellenie fut conférée par le souverain, les biens et les prérogatives des sujets de la France étant alors confisqués.

La dlme de Tliisselt appartenait, pour un tiers, à l'abbaye de Saint-Aubert, comme possédant le patronat de Willebroeck, et, pour les deux autres tiers, à des laïques. Pierre Proli, directeur de la compagnie des Indes, 5 Oslende,morten 1753, en fut propriétaire. Le comte de Fonseca, membre du conseil d'étal, ambassadeur de l'empereur à la cour de France, les acquit par éviction, en 1736, avec les autres biens de la veuve de Proli. Ces dîmes, ainsi que deux fermes situées à Willebroeck, l'une près de la petite chapelle de Notre- Dame-au-Bois; la seconde, A proximité de l'écluse de (irand-Willebroeck, furent ensuite vendues aux seigneurs de ce dernier village.

Le 14 mars 1554, la construction de la troisième écluse du canal de Willebroeck, qui se trouve à Tliisselt, à l'endroit où le chemin de Breendonck à Rlacsveld traverse le canal, fut adjugée à onze charpentiers de Bruxelles moyennant 17,000 florins, y compris la fourniture des matériaux; elle fut achevée la même année; mais, après l'ouverture de la digue du Bupcl, elle ne put supporter le poids des hautes eaux, qui la lézardèrent et la déformèrent entièrement, ce qui donna lieu à un procès qui durait encore en 1574. Le 11 août 1555, un délégué du conseil privé se rendit à Thisselt et ordonna la démolition complète de l'écluse. Des ouvriers experts d'Anvers, de Gand, de Mons, dont Loequcnghien demanda les conseils, furent d'avis qu'au lieu d'établir les fondements sur pilotis et sur plancher, il fallait les descendre jusqu'au terrain solide, où l'on placerait un grillage sur lequel on maçonnerait. On adopta leur opinion, et les travaux, commencés en mars 1556, furent terminés en 1557 *. Les portes busquées de cette écluse ont été faites par Thierri Oaneels, à qui on les paya 350 florins. En 1582, un fort protégeait l'écluse de Thisselt, près de laquelle se voient aujourd'hui quelques jolies maisons de campagne, entre autres, celle de M. l'ingénieur Maurice Philippe, et celle de M. Benoit, qui a appartenu au célèbre carrossier Simons, de Bruxelles. Un emplacement pour une maison communale a été acheté, le 5 mai 1824, et, en IStO, on a pavé, sur une longueur de 2,255 mètres, le chemin conduisant de l'écluse à la roule de Malines vers Terraonde.

On appelle vulgairement les habitants de Thisselt les Corbeaux, de Krac>/cn; à l'imitation de ces oiseaux qui cherchent jusque dans le sol

1 CYtatI : mailrc Jean Bools, Waltor De Cw k. Pierre Do Teppere, Adrien Snoeok. Conrad De Berkero. Jean Do Moldere. Charles Vandenhoneko. VVinand Heynians. mailrc Gérant BornaerU, Jeun Vanderplast et mallre Michel Bools.

* Kdfctis. I. «• . t» i:J9. - Hiiimr* Ururrllr* t. UJ,

DES ENVIRONS DE BRUXELLES. nSS

les corps morls, ils allèrent un jour à Willebroeck déterrer un cadavre, qu'ils voulaient voir inhumer dans leur propre chapelle.

Blaesveld. — Au nord-ouest de Thisselt s'étend un territoire qui est en partie couvert de bois, en partie occupé par de vastes prairies marécageuses, entrecoupées de nombreux étangs et surnommées le Groot Broeck, le Grand Marais. Son nom de Blaersvelt ou Blaesvelt dérive sans doute des mots veld, champ, et blaere, feuille; l'aspect qu'il devait présenter autrefois, légitime cette supposition 1 . Il formait une tenure féodale de premier ordre, relevant des deux seigneurs de Grimberghe, et, suivant la taxation de l'année 1474, il devait le service avec trois combattants à cheval et trois à pied. Les possesseurs du fief de Blaesveld avaient la haute, moyenne et basse justice, le droit de chasser à l'oiseau, d'avoir une garenne, de pécher, de percevoir la dlme, de lever les amendes; un droit de quatrième gerbe, des terrages, 19 arrière-fiefs étaient annexés à leur châleau , duquel dépendaient 42 bonniers de terre, 20 bonniers de pâtures, 3 bonniers de bois, etc.

Par un acte sans date, mais qui doit remonter à la seconde moitié du douzième siècle, Siger de Blaersvelt, lorsqu'il plaça à Éverbodcn sa fille Enghelberne, donna à ce monastère, du consentement de ses fils Siger et Baudouin, les biens qu'il tenait en fief de Walter Berthout à Rendelbech (sans doute Rendelbeke, dans la paroisse de Lecst) ; Berthout l'appelle un chevalier aussi illustre par sa noblesse que renommé par sa bravoure (miles tant génère quam probitate clarus) *.

Ses descendants nous sont restés inconnus; au quatorzième siècle, nous voyons Blaesveld possédé par Rodolphe Pipenpoy, qui fut plusieurs fois échevin et amman de Bruxelles, et qui remplit aussi les fonctions

1 Blaesveld (Dlaenvelt, Ml* siècle, 1333. 1328, 1435, 1532; Iilaemlt, 1355. 1491, 1494), commune du canton de Malines sud, à 4 3, 4 1. au N. de Bruxelles.

Territoire : En lt>8B. le village comprenait 298 bonniers, dont 183 de terres, 91 de prairies, 4 do bois, 20 de bruyères; le revenu imposable s'élevait a 4,406 florins. En 1846, sur une étendue de 45o hectares, on y trouvait : 206 h. cultives en céréales. 37 h. cultivés en plantes industrielles, 67 h. cultivés ci» racines et fourrages, 60 h. de prairies, S h. de jardins potagers. 1 b. do pépinières, 5 h. de jardins d'agrément, 67 h. de bois La verge linéaire avait 20 1/3 pieds de Bruxelles.

Nombre d habitations : En 1435, 34; en 1480, 25; en 1525, 40; en 1686, 18 chaumières, I brasserie, 6 auberges, 2 boutiques. 1 château, etc ; en I8i(>, 180 maison*.

Population : En 1786. 689 habitants -, en Tan VIII ; au 31 décembre 1831. 966; au

15 novembre 1846. 1.000, formant 180 ménages; 127 enfants recevaient l'instruction, et 7 1 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie ■. 2 brasseries, I moulina vent et distillerie, quelques métiers de tisserands.

Dépendancet Les hameaux dits Krekelenberg , Kleyn Heyde, et la ferme de Srhoandnnrk.

Les registres de I ctat civil commencent : pour les naissances, en 1636; pour les mariag s et les décès, en 1635.

* VASDcnoonciir, Généalogie de lu famille de Perthout f- 14. ms de la bibliothèque communale de Matines.

de d rossa rd ou sénéchal de Brabant. Son intervention dans un grand nombre d'actes, entre les années 4520 et 1529, atteste l'influence dont il jouissait alors a la cour de nos ducs. C'est à lut, paraît-il, que le village dut d'acquérir quelque importance. Le 4 décembre 1525, il acheta à Marie de Vianden, dame de Rumpst, une pièce de terre nommée de Watcringe et située à Willebroeck, prés de la Gaesdyk, et en dota le chapelain de l'oratoire qu'il voulait édifier dans sa seigneurie, en l'honneur de Notre- Dame et de la Sainte-Croix. Ses vassaux et ceux de Pévèquc de Liège, Adolphe de La Marck, seigneur de Malines, ne s'accordant pas au sujet des limites respectives des villages de Lcest et de Hcflene , qui appartenaient à l'évèque, et de celui de Blaesveld, une enquête solennelle fut ouverte à ce sujet. Adolphe de La Marck envoya, pour y prendre part, Henri Mennen, chanoine deTirlemont, et Franc Radewaert, écoutètede Malines ; le duc de Brabant, Jean III, confia une mission semblable à ses meysHeniers : (Insu in dit Gholoy Utenhove de Vilvorde, Jean Vandermoertere, Jean et Guillaume Van Hoberghen. Florent Berthout, seigneur de Malines ; son fils Florentin, son avoué Jean Vanderheyden, son drossant Guillaume de Berlaere, un communemeslre, cinq échevins et plusieurs jurés de Malines, et le receveur de l'église de Liège dans cette ville, se joignirent à eux, et tous ensemble se rendirent sur la limite des deux juridictions. Là, ils trouvèrent les anciens et les bonnes gens des trois villages qui, après avoir prêté serment sur les choses saintes, déclarèrent quelles étaient véritablement ces limites (51 mai 1528)

La fille de Rodolphe, Marguerite Pipenpny, porta Blaesveld à Jean de Wytfliet, (ils naturel du duc Jean II. En 1559, Wylfliel promit de servir son frère utérin, le duc Jean III, contre la France, à la condition qu'on lui payerait la somme de 87 livres de vieux gros; en 1541, il était chapelain de la ville de Heusden. Il fut du nombre des conseillers de Jean III qui scellèrent, le 1 1 août 1545, la décision de ce prince au sujet des différends qui s'étaient élevés entre les trois membres de Flandre et la ville de Termonde *. Vers l'année 1555, il acheta la ville de Grave à Jean de Cuyck, mais il ne se trouva pas en état d'en payer le prix; le vendeur rassembla ses parents, ses amis et ses vassaux, entra à l'improviste dans Grave et assaillit ensuite le château, qui fut pris et où Jean fut tué. Cet événement, qui excita au plus haut point la colère de la duchesse de Brabant, Jeanne, et de son mari, Wenceslas de Luxembourg, eut les conséquences les plus funestes. Le seigneur de Cuyck fut obligé d'implorer son pardon et de prendre en fief du duché son pays de Cuyck, qu'il possédait autrefois en alleu; plus lard, voulant se venger de cette humiliation, il

' Jnts ut S*ist-Gkho s, Intentatre <i?s rharie* Je Flandre, |>p KM>. U6, 41? et il9

1 l>a-jljtxl. fier GfnJscht roUnlw, p. 35(5.

prit parti pour les Gueldrois, qui guerroyaient alors contre les Brabançons, et leur livra la ville de Grave, devant laquelle vinrent échouer les efforts de plusieurs armées très-nombreuses *.

Les biens de Jean Wylfliet ayant été saisis pour payer ses dettes, Blaesveld fut vendu, en 15G4, moyennant 1,400 livres, à sire Jean de Bouchout, qui le recéda, peu de temps après, à Jean Tenke alto* Coucx, dit MaerschalcM qui il promit, le Ier août 1371, de le garantir de toutes les charges qu'il avait imposées à ce bien en en faisant l'acquisition. Tenke portait d'azur à trois tanches d'or ». Le comte de Flandre, dont il était le maître d'hôtel, fiança sa fille naturelle, Béatrix, au fils de Jean, Robert Maerschalck,eldonnaen dot, aux jeunes époux, une rente annuelle de 200 livres parisis, à tenir en fief du comté (24 juillet 1379). Robert se montra le vassal zélé de son suzerain et de son beau-père. De concert avec Robert d'Assche, il sauva, en 1586, le château de l'Écluse, qui était menacé par les Anglais. Dans le partage de ses biens, fait, le 1er avril 1404, par-devant les èchevins des Parchons de la vil le de Gand, entre ses filles Marguerite, Béatrix et Philippine, femmes de Walrave, seigneur de Masmines, de Philippe de Masmines, seigneur de Somerghem,et de Jean De Schoevere dit Vandcrhruggen, Blaesveld échut à la cadette. Celle-ci eut un fils, nommé Jean comme son père, et qui épousa Jacqueline S'IIertoghen. De concert avec sa sœur Béatrix Vanderbruggen, il partagea, en 1434, les biens de sa grand'mère, Elisabeth Sersanders, et, entre autres, het hoff te Huysseghem, à Assche. En 1441, Philippe le Bon le chargea de négocier, avec les serviteursd'Élisabelh de Gorlitz, l'abandon des droits de celte princesse sur le duché de Luxembourg; il fut écoutète d'Anvers, depuis 14Ii0 jusqu'en 1473. Il mourut après avoir ordonné la fondalion, à Blaesveld, d'une chapellcnie caslrale, dont le possesseur était tenu de dire au château trois messes par semaine; sa seigneurie passa à Josse de Prant, premier écuyer et chambellan de Maximilien d'Autriche.

Josse de Prant fut fait chevalier à la bataille de Guinegate, des mains de Maximilien lui-même, et mourut en 1500. Lorsque son fils Adolphe, qui fut échanson de Philippe le Beau et de Charles-Quint, chevalier de l'ordre de Saint-Jacques et gouverneur d'Aire, épousa Marguerite de Sainle-Aldegonde, fille de Nicolas de Pîoircarmes et d'Honorine de Montmorency, il fut décidé, qu'en cas de prédécès de son époux, Marguerite garderait les seigneuries et antres biens qui auraient été achetés avec la somme de 10,000 francs de 52 gros de Flandre, formant sa dot ; en outre, on devait lui laisser ses habillements, ses bagues, ses joyaux, une chambre étoffée (ou meublée), de la valeur de SO livres de Flandre, et, pour

• Voyez lirabanltcht Yeesien t. II. p. 200, et lit tsln«-, t l". p. 370.

* LJbnaoVi Htchtrchtt <h* antiquité; de Ftandm, p 07

son douaire, l'usufruit de la moitié des biens d'Adolphe; plus, si elle voulait prendre à sa charge la moitié des dettes de la communauté, la propriété de la moitié des biens meubles, des créances et des acquêts de celle-ci. Son frère, messire Jean de Sainte-Aldegonde, seigneur de Noircarmes, fut reconnu son héritier, pour le cas où elle décéderait sans laisser de postérité (15 juin 1326). Charles, fils d'Adolphe de Prant, lui succéda, et laissa Blaesveld à son frère Hugues (r. du 29 avril 1558), qui épousa Claire d'Affaytadi de Ghistelles (r. du 2 septembre 1580). De Hugues et de Claire naquit Côme de Prant, qui fut plusieurs fois échevin, trésorier et communemestre de la ville de Malines, de 1602 à 1638. Le roi Philippe IV, en récompense de ses services et de ceux de ses aïeux, érigea Blaesveld en baronnie relevant du Brabant, par lettres patentes datées du l«r avril 1647 (r. du 14 août suivant, réversales du 27) Cômc mourut le 16 mai 1650, sans laisser de postérité.

Marguerite de Homes survécut dix-huit ans à son mari, et employa les années de son veuvage à soulager les malheureux. Elle donna, entre autres, 6,000 florins à la Maison de Saint-Joseph dite het Btauw-Huys, à Malines, afin qu'on augmentât le nombre des pauvres enfants qui y étaient élevés. Elle mourut le 22 septembre 1668. Quatre jours avant sa mort, Côme de Prant avait donné Blaesveld à sa nièce a la mode de Bretagne, Agnès-Bernordine de Montmorency-Cressi, à l'occasion de son mariage avec Balthazar-Guillaume d'Ongnyes, comte de Coupygny(r. du 12 mai 1650 et du 7 septembre 1657). Agnès-Bernardine était fille de Jean de Montmorency et de Laure, fille de Côme, baron d'Affaytadi, nièce de Claire d'Affaytadi citée plus haut. Nous avons parlé de son époux dans la monographie du village de Pamele, qui lui appartenait. Le petit-fils du comte de Coupigny et de la baronne de Blaesveld, le comte Ferdinand-Balihazar, releva cette dernière terre après eux, le 7 septembre 1689. Blaesveld suivit quelque temps les destinées de la terre de Pamele; puis, après la mort de Maximilienne Thérèse d'Ongnyes, comtesse de Coupigny, dame de Grimberghe, et de son mari, le duc Ferdinand de Croy, elle échut à Marie-Madeleine-Josèphe-Henriette d'Ongnyes, seconde fille du comte Antoine-Henri d'Ongnyes et de Marie- Pauline de Jauche, comtesse de Mastaing; celte dame épousa, en 1756, Louis-Octave, comte d'Argenleau, et sa fille, Marie-Anne, s'allia à Joseph- Alexandre-François, comte de Maldeghem, dont l'héritage appartient aujourd'hui aux Lalaing f .

1 Registre auw chartes de la chambre de* comptes de Brabant, n» XVI, f- 7. — Trésorerie de la chambre des comptes, laye Malines. n" 87.

* Voyez, pour l'histoire du ehàleau de Blaesveld, l'ouvrage de Mmi 1 1 coinssr. de Lu hm. >éc (omisse m Maldlculm , intitule Maldfjhetn la Loyale, |>. 296.

L'ancieu château baron niai a été détruit ; il n'en reste plus qu'un pavillon, autour duquel rayonnent plusieurs grandes drèves. Le cardinal archevêque de Maliues concéda au duc de Croy et à sa femme, le 27 mai 1745, le droit d'y faire dire la messe, dans la chapelle; un autre oratoire, élevé en l'honneur de saint François-Xavier, se trouvait près du manoir, mais d'ordinaire on n'y célébrait pas l'oflice divin.

Les échevius de Blaesveld suivaient la coutume d'Uccle, et allaient à chef de sens à Grimberghe. Le 5 février 1626, ils furent autorisés, eux, le maire du village et les regeerders ou administrateurs, à répartir les contributions levées sur les terres cultivées, les prairies cl les bois, aussi bien sur les biens dont les propriétaires demeuraient en dehors de In commune, que sur les biens de ceux qui y étaient domiciliés. Il se trouvait jadis, à Blaesveld, un hospice pour les pauvres voyageurs. Autrefois, dit-on, des religieuses en avaient la direction ; dans la suite, on donna ses biens à l'église et à la Table des pauvres. Le 11) décembre 1652, la chambre de tonlieu de Vilvorde permit à la baronne du lieu de faire bâtir un moulin à vent, « sur la bruyère, près de la potence, » à la condition de payer au domaine 24 livres d'Artois par an, et, s'il s'élevait à ce sujet un procès, d'en supporter les frais. Les seigneurs de Grimberghe revendiquaient alors le droit de concéder, dans les lieux soumis à leur juridiction, l'autorisation d'élever des moulins. Les champs situés à l'est de celui de Blaesveld furent, en 1571), le théâtre du combat dont nous avons parlé dans l'histoire du village de Willebroeck; c'est peut-être en mémoire de cette journée ou du campement des Espagnols dans le voisinage, que l'on appela du nom de Heirbroeck, te marais de {"Armée, une propriété consistant en 22 bonniers de pâtures, qui se trouvait derrière le château de Blaesveld, et qui, en 1072, fut partagée, par moitié, entre Louise de Varick, veuve de Jean-Baptiste Yandcrgoes, et Cyprien de Varick, ancêtre maternel des Roose de Leeuw-Sainl-Pierre. En 17G2, Blaesveld comptait 5C5 habitants, parmi lesquels, 200 enfants, et, en 176!), 590 communiants. Depuis un quart de siècle, il a été doté d'une communication pavée vers Willebroeck et Malines et d'une maison communale. N'oublions pas de rappeler que, jadis, il dépendait de la mairie de Merchten, dont il était cependant complètement isolé.

L'église de Sainl-Amand à Blaesveld fut longtemps à la collation de la personne ou curé de Heften, dans la juridiction duquel elle était sans doute comprise, et dont les biens furent annexés à ceux du chapitre de Malines, le 22 janvier 1601. Cet édifice ayant été dévasté pendant les troubles de religion, on confia au curé de Willebroeck le soin de desservir la paroisse. Celle-ci, par suite des inondations et des guerres, ne comptait plus, en 1570, que 118 communiants. Vers 1618, on lui donna,

de nouveau, un curé particulier, et, à la même époque, on reconstruisit l'église, en partie, à l'aide de dons faits par Corne de Prant; en partie, avec le produit d'une taxe de 12 sous par tonne de bière, taxe dont le conseil de Brabant autorisa la levée, le 25 février 1631, « pour la construction de la tour » (tôt opniaecken van den torré). Cette dernière et le chœur offrent encore le cachet, altéré, il est vrai, de l'art ogival; le reste du temple a été reconstruit ; la nef n'est que plafonnée. La date 1 781 , qui se lit sur le mauclcrc de la porte d'entrée, indique l'époque de quelques travaux de restauration Le chœur présente une dislribuliou singulière et assez bien entendue : l'abside est beaucoup plus élevée que la partie antérieure; on y arrive par un escalier de plusieurs marches, aux côtés duquel on remarque deux belles pierres sépulcrales de la famille Prant. Le mailre-autel est orné d'une toile de quelque valeur : Notre Seigneur chez le pharisien, et les murs latéraux, de quatre grands tableaux : un Ecce homo, la Flagellation, le Couronnement d'épines cl l'Adoration des bergers. Nous y avons relevé, à l'extérieur, l'inscription suivante : bid

VOOR DE ZIELE — DES WELGEBOnEN IIEER III KO nom S GASPAR VAN MOORSEL, — OUD ALMOESENIER DER STAD ANTWERPEN, OVERLEDEN OP HET — KASTEEL VAN BLAESVELT, DEN 24 MEY 1816, IN DEN OUDBRDOM — VAN 65 JAEREN 6 HAENDEN, EN VAN VROUWB MARIA CORNBLIA — ANNA ANTONIA FERDINANDA BLOXIIAERT, SYNB EDELE EGT — GENOOTE, DIE STORF DEN 20 JANUARII 1824.

Les dîmes de la paroisse se partageaient entre la grande sacristie de l'église Saint-Hombaud, laquelle en percevait un tiers, et le seigneur du lieu, à qui appartenaient les deux autres tiers ; en 1738, le chapitre de Malines céda la première de ces fractions au curé, pour lui servir de compétence. Les exécuteurs testamentaires de sire Jean Vandcrbruggen : Adrien Poitiers, prévôt de Lille, et Waller Van Sedonck, fondèrent à Blaesveltune chapelleuie qu'ils dotèrent de 18 livres de rente annuelle, hypothéquées sur l'hoff te ffuysseghem à Àssche (lettre d'amortissement, du mois d'octobre 1478); Marguerite de Homes y institua une messe du Vénérable. Il y exista aussi un bénéfice dédié à la Sainte-Croix, dont quelques parcelles y étaient honorées.

M. Charles-Auguste-Jean Dutricu de Ter-Donck, agronome distingué et l'un des habitants les plus honorables et les plus méritants de l'arrondissement de Malines, habite Blaesveld, ainsi que M. Alexandre- Marie-Joseph Wouters de Jauche. Au siècle dernier, l'avocat Gillis y avait un château, où le pape Benoit XIV permit de faire dire la messe; un privilège semblable, mais limité à un terme de dix années, avait déjà été accordé à cet oratoire par le vicaire général du diocèse de Malines, en l'absence de l'archevêque, le 8 octobre 1740. Un acte de l'année 1685 mentionne Jeanne Kerrcmans, veuve d'Érasme Gillis-Hujoel,

comme possédant In seigneurie de Borchgruwn broecke, qui avait un échevinage particulier et qui étendait sa juridiction sur une partie du village voisin de Heyndonck.

Heyndonck — Au milieu des prairies marécageuses resserrées entre le Grootbroek de Rlaesveld et le Rupel, on trouve le village de Heyndonck (le polder des Bruyères, de heyn, heyden), qui ne fut longtemps qu'un hameau dépendant, au spirituel, de la paroisse de Sempst, et, au civil, de la seigneurie de Rumpst. Lors du morcellement de celle-ci, il fut vendu à sire Herman Van Schuren Van Haghoort, chevalier; puis, il appartint à ses enfants, au nom desquels le chevalier Jean-François, baron Van Schuren Van Haghoort et du Saint-Empire romain, le releva le i*r septembre 1668. Depuis, il passa à la famille de Groesbeek, dont l'unique héritier mourut le 7 septembre 1757, dans un combat livré aux Prussiens, en Lusace a.

Vers le milieu du quinzième siècle, un bourgeois d'Anvers donna des biens situés à Eeckeren, dans la terre de Rumpst, à une congrégation de chanoines réguliers qui s'était établie en Zélande, à Reingerstrict ou Reingerskercke, près deZiericzee. Ces religieux, dont l'habitation était constamment menacée et les biens fréquemment dévastés par la mer, y construisirent un monastère, avec l'autorisation de l'évéque de Liège, Louis de Bourbon. Ils reconnurent bientôt que les revenus de cette fondation pieuse n'étaient pas suffisants, et ils s'en dessaisirent, par ordre du chapitre de la cathédrale de Liège, en faveur d'une communauté de femmes de leur ordre, instituée sous le titre de Maison de la Vallée de Josaphat.

« Heyndonck (Heidonck, 1339: ter Ueyendonck, "t V8C ; Heyendonc, 15*6). commune du canton de M ..hues-sud. à 5 I. uu N. de Bruxelles.

Territoire: En 1686. le village comprenait 219 bonmers, dont 1 17 de terres, 7Vde prairies, 5 de bois. 23 Aebuyten trhorren ou alluvions; le revenu imposable s élevait à 5.163 florins. En 1846, sur une étendue de ;>67 hectares, ou y trouvait : 103 b. cultives en céréales. 1 1 b. cultives en plantes industrielles. 35 h. cultivés en racines et fourrages. 136 b. de prairies, 3 h. de jardins potagers, 13b. de bois, IV h. de brujeres. La verge linéaire avait .. 13 pieds de Bruxelles.

Nombre d habitations -. Voir Sempst. — En 1686. 30 chaumières, 1 brasserie, 8 auberges et boutiques, etc.; en 1846. 113 maisons, dont 6 inhabitées.

Population En 1786. . .. habitants; en I an VIII ; au 31 décembre '831.492; au

15 novembre 1846 , 546. formant 107 ménages. 60 enfants recevaient l'instruction, et 57 personnes les secours de la bienfaisance

Industrie: I moulin a vent; le 10 avril 1630, le comte d'Empden. seigneur de Rumpst, fut autorise a élever une usine de ce genre, a la condition do payer tous les ans 10 florins, au domaine.

Dtpendanrei : Les hameaux dits Groote Bergen, Kleyne Bergen, den H a mer; les fermes Ktevit, Ketel hof, Vouekot, etc.

Les registres de l'état civil commencent en l'an IX.

* Voyez, sur Heyndonck, l'ouvrage de Dehisck. Pmrimie, sladt ende district tan MecMM, t. Il, p. 49*. '

T. II

Au bout de trois années, celle ci se plaignit, à son toor, de la stérilité de ses domaines et de l'étal de pénurie dans lequel elle végétait. Maître Jean Vandenbroecke lui ayant cédé la chapelle qu'il avait fondée, au lieu dit Ter-Heyendonck, et le cimetière adjacent, où Ton enterrait les corps des habitants du hameau, à cause de l'éloignemcnt de l'église paroissiale, elle demanda à Tévéque de Cambrai et obtint de lui, en l'année 1486, la permission de s'y fixer.

Le nouveau couvent ;>rit le nom de Vallée de paix (Vallis pacis), et adopta pour patrons saint Adrien et sainte Catherine; le nombre des sœurs fut limité à cinquante, et le soin de les diriger confié à une maltresse et à un confesseur. La même année 1486, Jean Vandenpoele, curé de Sempst, renonça, en faveur des religieuses, à sa juridiction sur le lieu qu'elles occupaient. La situation du monastère, à proximité de la Dyle, qui avait d'abord paru avantageuse aux habitantes de la Vallée de Paix, ne tarda pas à être funeste à leurs intérêts. Les inondations de l'année 4547 et des mois de janvier, février et mars 1551 leur causèrent d'immenses dommages; dans le même temps, les frais que nécessita la reconstruction des digues, la cherté des grains, en 1545 et 1540, et la disette de 4551 les obligèrent à contracter des dettes qu'elles se virent dans l'impossibilité de rembourser. C'est ce qui détermina leur translation à Calfort, près de Puers, translation dont nous avons déjà parlé (1552). Elles étaient alors au nombre de vingt 4.

La chapelle de Heyndonck avait pour patron saint Jean-Baptiste. Le 24 mars 1603, l'official de Malines la sépara de la paroisse de Sempst et l'annexa à celle de Heffen, dont le vicaire y célébrait la messe les dimanches et jours de fêle, et jouissait des revenus d'une fondation de deux messes par semaine, faite par le capitaine Josse De Smeth et par sa femme, qui se nommait, suivant les uns, Barbe De Prelere; suivant d'autres, Régine Rousseau, et qui mourut le 5 novembre 1625. Heyndonck forme aujourd'hui une succursale du doyenné de Malines, sous le vocable de Saint-Jean et Saint-Amand. Déjà, en 1726, le seigneur avait demandé, mais sans succès, l'érection de l'église en paroissiale. Son premier curé fut Ferdinand Joseph Verheyden, de Corbeek-over-Dyle, mort le 2 juin 1824, et dont l'épitaphe se lit vis-à-vis du maître-autel.

L'église, que l'on reconstruit en ce moment, était peu ancienne. Eu 1606, les habitants en restaurèrent le chœur, à leurs frais, et, le 13 octobre 1653, un octroi leur permit d'imposer, pendant six ans, au profit de la réparation de l'église*, une taxe sur les boissons qui se eonsomme-

• Voyez plus haut, p.589. — Optra Jipl., t. lit, pp 628et6iV.

* Une autorisation précédente, de lever 12 sous sur chaque tonne de bière, accordée aux maire, jurés et habitants, le 2V janvier 1G56. également pour six années, avait sans doute etc octroyée dans le mémfl but.

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