SI
raient dans le village : 3 florins, sur chaque aime de vin; 12 sous, sur chaque aime de bière. En 1749, ils obtinrent de leur seigneur la permission d'abattre et de vendre les haies bordant les chemins du village; ils se procurèrent ainsi une somme de 2,000 florins, dont ils avaient besoin pour voûter la chapelle, construire une sacristie, élever un nouvel autel. Enfin, en 1781, un jugement du conseil deBrabant condamna les décimateurs à agrandir et à restaurer le temple de Heyndonck : c'étaient alors le seigneur, à qui appartenait la grande dlme, consistant en un onzième de la récolte, et le chapitre de Cambrai, propriétaire de la petite dlme ou d'un vingt-troisième; le curé de Rumpsl percevait la dime dans un district particulier. Un grand concours de fidèles vient honorer à Heyndonck les reliques de sainte Lucie, que l'archiprétre Coriache donna à l'église; en 1652, les offrandes furent si nombreuses, qu'elles produisirent 362 florins.
Ce qui précède est tout ce que l'on sait de l'histoire de Heyndonck. Les commencements de cette localité datent, comme on le voit, de la dernière moitié du quinzième siècle. En 1744, on n'y comptait que 180 communiants, chiffre qui s'élevait, en 1737, à 230, et, en 1769, à 300 environ. Il y a quatre-vingts ans, un mattre d'école j donnait l'instruction aux enfants, pendant l'hiver , aujourd'hui encore, il ne s'y trouve pas d'école, fixe. Aucune chaussée ne conduit au village, qui est presque inabordable dans la saison des pluies. Dans sa partie orientale, sur les bords du Rupel, se trouve un antique cabaret dit de Koeysteert, d'où part un batelet qui conduit les passagers à Rumpst.
Le Waverwald. — Au treizième siècle, la ville de Malines, où, quatre cents ans auparavant, un prêtre chrétien avait payé de son sang ses efforts pour répandre la connaissance de l'Évangile, était depuis longtemps florissante et peuplée ; elle s'enorgueillissait déjà de sa belle église collégiale, elle était fière de la puissance de ses avoués, les Berthout, qui y exerçaient, en réalité, le pouvoir suprême, tandis que les évéques de Liège, ses légitimes possesseurs, n'y avaient qu'une autorité nominale; enfin, ses habitants, enrichis par le commerce, obtenaient quelquesunes de leurs libertés, qui reçurent plus tard une si grande extensiou; et cependant, l'agriculture nese développait, aux environs de la ville, qu'avec lenteur. Vers l'ouest, comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent,
Heyndonck, Blaesveld, Thisselt n'acquirent de l'importance que tardivement ; à Test, on vit longtemps une immense forêt, qui servait, en quelque sorte, de défense aux domaines de l'église de Liège, et qui dut peutêtre, à cette circonstance, le nom de Wavervcald ou forêt de Wavre 1 : Wavre, dans l'ancien flamand, signifiant entourage *.
Par un diplôme donné à Trêves, le 13 septembre 1008, le roi Henri II d'Allemagne, à la demande de l'archevêque de Cologne Héribert, donna h l'évéque de Liège Balderic et à un comte appelé aussi Balderic et que l'on suppose être le même que le comte Lambert de Louvain, pour en disposer à leur gré, la juridiction sur la chasse (bannum bestiarum) dans le Waverwald. Celte forêt, qui appartenait à l'évéque et au comte, s'étendait alors de la Dyle à la Nèlhe, et dépendait des localités appelées Malines, Badfride (que l'on croit avoir existé dans le territoire de Pulte et dont le souvenir s'est conservé dans le tribunal dit 't hoff van Befferen) et Heyst (c'est-à-dire Heyst-op-den-Bergh). Elle était comprise dans le comté d'Anvers, d'où l'on peut conclure, qu'à cette époque, l'ancien Brabanl,dont l'ammannie de Bruxelles ne fut qu'un démembrement, s'arrêtait au Rupel et à la Dyle *.
Dans la suite, les belliqueux Berthout usurpèrent la propriété de la forêt de Wavre; enfin, dans un traité conclu, en 1238, entre le duc de Brabant Henri II et Walter Berthout, on reconnut à ce dernier et à ceux de ses vassaux qui tenaient de lui, en fief, des parties de la forêt, le droit de disposer à leur gré de ce domaine, tant des arbres et du gibier que du fonds, de la manière la plus absolue. Le duc ne conserva que la faculté d'y chasser1. Vers cette époque, le Waverwald fut morcelé. La partie occidentale, avec les rives de la Nèlhe, depuis Duffel jusqu'au Battenbroeck, forma l'apanage d'un des oncles de Walter Berthout ; quant à la partie orientale, elle échut, pour une part, à l'autre oncle de Walter, Égide ou Gilles, qui, en l'année 4235, donna aux chevaliers de l'ordre Teutonique toute la dlmequ'il y possédait ; l'autre part resta aux aînés des avoués de Malines. Ceux-ci avaient abandonné à leurs vassaux la jouissance d'une partie de la forêt. Dans une lettre datée de Damiette en Egypte, en l'année 1219, Walter Berthout assigne à l'ordre Teutonique le droit d'y abattre des arbres et d'y faire paître du bétail, « dans la même proportion, dit-il, que trois de mes chevaliers 5. »
» Wartrtcald, 1008; liant o, HV7, I23X; Wauyr, I2J6; Il orr, 12G4; Warria, 12%
* Rmicukciir, I. c.. p. 267.
» ÛMMAVmu, Ur*la episc. Ltudtttu.. I 1", |j. 22o -■ Opéra dtpl., t. I", p, 33.— Bi Tàtîis. t. I«, p. 71, et preuves, p. 22.
« Opéra dipl., t. I", p. 311— BoTHM, t. 1". p 928
* Su-ut tret mililrs intidere tvlent, ut très milite* bentfi tatt a nobi$ ibidem uluntur.
Opéra d,pl.. t. IV, p.S».-U date de 1226, que I on donne a laete cite ici, est évidemment
DES ENVIRONS DE BRUXELLES. r.33
Bientôt, de nombreux défrichements vinrent réduire l'étenducde la for êt de Wavre. Henri Berlhout, seigneur de Du fiel, Walter Berlhout, seigneur de Matines, et Louis Berthout, seigneur de Grammes, eurent de longues discussions avec l'évéque de Cambrai, Nicolas, au sujet de leurs droits respectifs sur la dîme novale des terrains ayant fait partie de cette forêt. Trois conventions, toutes semblables dans leur teneur, mirent fin à ces contestations. Chacun des trois seigneurs cités plus haut consentit à prendre en lief de l'évéque les dîmes novales (ou dimes des terres défrichées) qu'il possédait dans ses domaines, dans le diocèse de Malmes, et en céda l'autre moitié au prélat; si I érection de nouvelles paroisses devenait nécessaire, c'était ce dernier qui devait conserver le droit de patronat, et si les petites dimes et les offrandes ne constituaient pas, en faveur des curés, une dotation su (lisante, les possesseurs de dimes novales étaient tenus de contribuer à l'augmenter. Dans le cas où l'on établirait un village sur l'emplacement de la forêt, Henri, Walter ou Louis, et leurs descendants y auraient la haute justice, sauf que l'évéque serait seul juge de ce qui se passerait dans les habitations qui lui appartenaient et de ce qui serait fait par ses serviteurs. Pour compenser les torts qu'on lui avait causés, le prélat reçut (Je chacun des trois seigneurs cent bonniers de wastincs ou terrains nouvellement défrichés et vingt honniers de prés; il se soumit par coulre à leur payer, à chacun, un cens annuel très-modique, puisqu'il ne s'élevait qu'à six deniers de Louvain. Les grandes dimes furent aussi partagées par tiers, et l'évéque promit que s'il donnait les biens mentionnés plus haut, ce ne serait qu'à son egliseou à des églises faisant partie de son diocèse (vendredi avant Lrclare 1204). Le mardi de Pâques 1205, il disposa des immenses propriétés que cet accord lui avait assurées : il réserva à ses successeurs un tiers des dimes, en légua un deuxième tiers à l'hôpital des prêtres émèrites de Cambrai, et en abandonna le troisième tiers à son chapitre diocésain, à la condition de doter les curés des villages que I on pourrait créer par la suite dans la forêt de Wavre, et de distribuer un tiers de ce tiers aux chapelains et aux enfants de chœur de la cathédrale de Cambrai, et un second tiers aux pauvres. Quant aux biens-fonds, qui ne comprenaient pas moins de GOO bonniers de terres et de 140 honniers de prés, ce fut encore le chapitre qui en hérita ».
A en juger par certaines expressions de ces diplômes, on peut supposer que ce fut peu de temps après, que l'on créa les paroisses de Wavre- Sainte-Catherine, de Wavre-Notre-Dame (Sanctœ âtariœ in Wavria) et
fausse; en i-lTel, Da miette fut assiégée, prise, occupée cl évacuée par les Croises, de 1 2 18 a
» Optra dipl t. III. |.P U:.ci Hfi.
de Wavre-Saint-Nicolas [Haïti Nicolaï in Wavria) ou, comme on l'appela depuis, de Pulte, qui, ensemble, comprennent aujourd'hui 6,21 6 hectares et nourrissent près de 10,000 habitants. La première mention connue de ces localités ne remonte, en effet, pour la première, qu'à l'année 1286; pour la deuxième et la troisième, qu'à l'année 1296.
Le pays de Duffel. — L'aîné des deux Berthout qui guerroyèrent, pendant près de vingt années, contre les ducs de Brabant, Walter II Berthout, eut un (ils du môme nom qui parait être mort en Egypte, pendant le siège de Damiette par les Croisés, en 1219 1 . Dans une lettre qu'il écrivit alors de cette ville, il mentionne deux de ses frères : Henri dit de Duffel, et Égide. Ce dernier fut la tige des seigneurs de Berlaer et de Gramines; quant au premier, il reçut en apanage le bourg de Gheel en Campine, avec quelques villages voisins, et une partie du Waverwald, avec le village de Waelhem et une fraction de celui de Duffel. Il adopta pour qualification le nom de cette dernière localité, où il avait sans doute un château. On le retrouve, sous le nom de Henri, chevalier de Duffel, dans une charte de l'an 1231.
Le fils aîné de Henri, qui portait le même prénom que son père, vendit, en 1255, avec l'assentiment de sa mère Béatrix, les dimes de Gheel au monastère de Saint-Bernard, et fut l'un des barons du Brabant qui assistèrent à la cession du duché, faite, en 1268, par le prince Henri à son frère Jean, depuis surnommé le Victorieux. Dans un acte daté de la féte des saints Servais et Protais, en 1252, et par lequel il donne aux reli-
1 M. VtxnEMBRAXDCX de Rf.kih, dans scs Recherche» tur la famille de$ Berthout, p. 77. dédouble, avec raison, selon mol, ce personnage; il Tait mourir son Walter III en 1200 (Walter Il étant mort en 1180) et son Walter IV en 1319.
L'autour que uous venons de citer s'égare parfois dans la filiation des Berthout. Comme celle-ci ne se trouve bien exactement nulle part, nous croyons que l'on nous saura gré d'en rétablir ici le fragment le plus contesté :
Walter III épousa Guda (citée en 1300), dont il eut :
Walter, mentionné eu 1219, avec ses deux frères et ses quatre fils;
Égido (cité en 1200 avec ses parents et son frère), fondateur du couvent de Roosendael, père d'Égide, le principal bienfaiteur de l'abbaye de Saint-Bernard (qualifié cousin de Walter V, en 1335). et de Louis, tige des Berthout de Berlaer et de Gramiues ;
Henri, dit de Duffel (1319).
De Walter IV et de Sophie (avec laquelle il est cité en l'an 1300) naquirent : Walter V, mort le 10 avril 124:1, Égide. Arnoul, et
Henri, cité dans la lettre de1319, où il est distinguéde son oncle Heori de Doffel (M. Vudkabiandcn, p.73. le confond avec celui-ci, et lui donne pour frère le fondateur de Roosendael).
Walter V s'allia à Adcline d'Engbien, de qui naquirent : Walter VI, surnommé le Grand; Henri, son frère, mentionné et distingué de son parent Henri de Duffel, dans une charte de l'an 1267; Gilles, seigneur de Humbeek, etc. Les généalogistes qui assignent à Walter V. pour seconde femme, et a Henri, seigneur de Duffel, pour mère, Marguerite de Bretagne, se trompent grossièrement. {V»KDtaBontii, Généalogie Je» Berthout. — Chronique de Brabant tt île Grtmberghe, ms de la Bibliothèque royale, f» 160.)
gieux d'Éverbodcn le patronat de la chapelle d'Yndhout ou Eyndhoul, près de Gheel, il se qualifie Henri Berthout, dit d'Oesterloe. Sa femme Imaine fonda au couvent de Saint-Victor à Malines une chapellenie dont elle céda la collation aux religieuses de ce couvent, au mois de janvierl27I-1272. Leur fils, Henri III, s'allia à Mahaut ou Marguerite, dame de Zeelhem. A l'époque où cette dame vivait, il vendit à l'abbaye de Grimberghe les rentes et les cens que lui devaient ses tenanciers de Putle-Sainl-Nicolas, de Rymenant et de Keerberghen, et ses dîmes de Sellaer et de Wadenese, à Rymenant et Neckerspoele ; comme ces revenus étaient de nature féodale, il les convertit en biens héréditaires, après avoir consulté ses vassaux et après avoir provoqué une sentence à ce sujet, de leur part et de la part de ses échevins. L'abbé de Grimberghe fut mis en possession, après avoir promis de payer, tous les ans, à Henri et à ses successeurs, un petit denier de Louvain, à la Chandeleur, au lieu nommé Bermortere, dans la paroisse de Wavre-Sainle-Catherine (vendredi après la Mi-Caréme 1 280).
Des deux (ils de Henri III, l'ainé, Arnoul, que les généalogies qualifient de seigneur de Waelhem, péril à la bataille des Éperons d'or, dans les rangs de l'aristocratie française; le plus jeune, Henri signa la charte de Cortenbergde l'année 151 2, et parait avoir épousé Béatrix, fille de Gérard, seigneur de Rolselaer; il laissa : Henri, Gérard, Jean, Rase, Guillaume, Florent, Arnoul et Waller, qui, presque tous, eurent des enfants. Par leur testament, qui est daté du vendredi après la Saint-Martin, en l'année 1520, Henri et Béatrix donnèrent à leur fils Gérard le village de Rélhy, qu'il devait tenir en fief de son aîné; à Jean, une rente annuelle de 60 livres, rachelable au dernier dix, et que Jean devait relever de Gérard, et à chacun de leurs autres fils, une rente de 50 livres, formant un fief tenu de la cour féodale de Duflel. Henri fut un guerrier actif et redoutable. On le vil, en 4327, à la demande de Jean de Hainaut, seigneur de Beaumout, partir pour l'Angleterre afin d'accompagner le roi Edouard III dans son invasion en Écosse. Lorsque le même prince se prépara à attaquer la France, Henri se reconnut son vassal pour une rente viagère de 24 livres sterlings (28 décembre 1359), et il promit également à Jean III de Brabant de le servir dans cette guerre. Il se trouva à la plupart des sièges et des batailles de ce temps, et, entre autres, à Buironfosse. Il figura dans les conseils avec non moins de distinction que dans les armées. Il signa la promesse du duc Jean d'observer le traité conclu, par la médiation du roi de France, entre lui et l'archevêque de Cologne (51 août 1554), les traités entre le duché et la Flandre, des années 1336 et 1339, la Joyeuse entrée de Jeanne et de
1 Les généalogistes le confondent, a torl. suivant nous, avec son pire.
Wenceslas, et l'acle par lequel ces princes acceptèrent, en 1357, l'arbitrage du comte de Hainaul. Lorsque Jean III ordonna d'ouvrir une enquête sur la gestion de ses ofliciers de justice, le seigneur de Duffel fut un des membres du tribunal institué pour prononcer la condamnalion de cenx qui seraient reconnus coupables (4 mai 1534). Ses sujets deWavre- Sainte-Callieriue et de Duffel lui durent des privilèges, et les habitants de Waelhem la confirmation de leurs franchises.
La femme de Henri V de Duffel, Catherine de Wesemael, ne lui donna qu'une fille, Catherine, femme de Thierri de Hornes, seigneur de Perwez, l'un des capitaines de l'armée qui combattit les Gneldrois à Bashveiler. En 1372, ce Thierri octroya, comme seigneur de Duffel, une charle en faveur de ses vassaux. Son fils, nommé Guillaume, mourut en 141 f», ne laissant de sa femme, Marie, dame de Randerode, qu'une fille : Marie, épouse de Jean Stuart, comte de Marr et de Yerniac, gentilhomme écossais de race illustre, et, en second lit, suivant quelques auteurs, de Thierri, sire de Linden En 1409, quelques serviteurs de Marie, qui, armés de massues, accompagnaient le bAtard de Duffel , attaquèrent a l'improviste deux bourgeois de Malines; celle ville, qui alors avait encore d'autres sujets de plainte contre les Brabançons, ne manqua pas d'élever des réclamations à ce sujet. L'année suivante, au mois d'août, la comtesse, se trouvant assaillie sans cesse par ses créanciers, et surlout par les Lombards qui lui avaient prélé de l'argent, se décida à vendre au duc Antoine la haute et basse justice de Duffel et Waelhem, moyennant 20,000 couronnes de France, dont la valeur fut fixée a 41 placques la pièce, parce que le prix de l'argent variait constamment*. Leduc eugagea la terre de Duffel à Quentin Claerensone, moyennant 8,000 florins d'or. Lorsque le fils ainé d'Antoine, le duc Jean IV, assigna un apanage à son frère Philippe de Saint-Pol, il le composa des terres de Gaesbeek, de Duffel et Waelhem, d'Assche, etc.; seulement, quant à la donation de Duffel et Waelhem, il déclara que : « si la comtesse de Marr avoit baillé c aucune chose au duc et qu'il fût trouvé véritable, » on lui restituerait ses domaines (12 octobre 1421). C'est ce qui eut lieu, en effet, à quelque temps de là. Le 5 avril 1432 1455, la comtesse, se trouvant A son lit de mort, dans la maison de son frère utérin, Guillaume de Duffel, dicta son testament au prêtre Jean Qualeyde; elle légua, entre autres : à la fabrique de la cathédrale de Cambrai, en expiation de ses injustices (pro suis hagis et minus juste acquisitis), 20 florins de 40 gros paiement; à la mense du Saint-Esprit et à l'église paroissiale de Gheel, à chacune, une
* Uiitotrede I ancienne manon d Aertchot, citée par M Goitiulv Dulumn. génealvg., art. lionnes.
« Complu de* aidm de Brabani.
redevance annuelle de 2 muids de seigle, plus, une robe noire de drap de Damas (de panno île Damasco) pour l'église; à la chapelle Sa in te - Dympne, à Glieel, où la comlesse voulut être enterrée, une rente annuelle de 10 florins, et un vêtement rouge de drap de Damas, appelé vulgairement eyn vliegher; aux Dominicains de Louvain, 70 couronnes de France; aux Récollets de Diest, aux Carmes de Louvain, aux Augustins de Malines, 50 couroones, pour chacun de ces couvents ; à l'office de la pitance, au couvent de Roosendael, 10 couronnes ; à Jeanne de Geldorpet Agnès de Zeyne, à chacune, une rente viagère de 10 florins du Rhin; à Marguerite de Cranenborch, une semblable rente de 12 livres, monnaie de Bois-le-Duc (monete opidi Busciducis) ; à Catherine , fille naturelle du seigneur de Kanderode, chautre de l'église Saint-Paul à Liège, une redevance de 5 muids de seigle, sa vie durant; à Aleyde Beenis, de Diest, une redevance semblable d'un muid ; à Guillaume Stessens, eu récompense de ses services, 20 couronnes; à Laureut, à Gérard et à Henri de liaient alias Heynsbergh, cuisiniers de la comtesse, 20 couronnes chacun ; à Arnoul, son serviteur de cuisine, 10 couronnes. Ces legs étaient obligatoires, sous peine d'une amende de 5,000 couronnes d'or, payable, moitié à l'évéque de Cambrai, moitié au duc de Bourgogne et de Brabant. Marie de Uornes choisit pour exécuteurs testamentaires sire Jean de Homes, seigneur de Hondscote, sénéchal de Brabant; Jean de Ranst le vieux, seigneur de Canticrode, ou, s'il venait à mourir, son fils Jean; et enfin, le bâtard Guillaume de Duffel ».
La comtesse n'ayant pas laissé d'héritiers directs, ses seigneuries passèrent a une branche de la famille de Hornes, que de grands malheurs avaient frappée, peu de temps auparavant. L'oncle de la comtesse, Henri, seigneur de Perwez, longtemps sénéchal de révéchè de Liège, avait été élevé par le peuple de ce pays à la dignité éminenle de mambour ou gouverneur, et son fils Thierri avait été proclamé évéque; tous deux périrent à la bataille d'Othée, gagnée sur les Liégeois par leur évéque Jean de Bavière, surnommé Sans-Pitié, et par Jean Sans-Peur, duc de Bourgogne, en 1408. Le second fils de Henri, Jean de Hornes, se trouvait à Tongres pendant celte funeste journée; il accourut au secours de l'armée liégeoise, mais, chemin faisant, ayant appris sa défaite, il se retira prudemment. Ilmourutle 18 juin 1447, et fut enterré à Roosendael. On voit, dans le contrat de mariage de son fils aîné, Henri, qu'en qualité de seigneur de Duffel, il possédait, dans ce monastère, une maison avec chambres, cuisine, cave, bouteillerie, lits et autres meubles, où il pouvait loger, lui et ses gens, sans que les religieuses eussent le droit de l'eu
1 Original aux Archicts de Rootendatl (Archives du Rojaume). 1. II.
IN
DISTOinE
empêcher; il poavRil y placer un gardien, auquel le couvent devait fournir une prébende ou dotation. Les religieuses étaient en outre tenues de meubler le bâtiment du seigneur, de loger celui ci, avec sa suite, quelque grande qu'elle fût, aussi souvent et aussi longtemps qu'il l'exigeait, et de lui fournir du pain, de la bière, du sel, de l'huile, du feu, des chandelles, de la lumière, plus, du foin et de la paille pour ses chevaux , et un chariot, dont le conducteur recevait tous les ans, du seigneur, un habit de livrée. Les valets envoyés par le seigneur, ainsi que ses chasseurs et ses fauconniers, avaient également le droit de se faire héberger et nourrir par les religieuses. Celles-ci, en indemnité de tant de charges, ne payaient rien dans les aides, ne devaient aucun autre service au possesseur de la seigneurie, et ne pouvaient être obligées, par qui que ce fût, à donner la valeur d'un pain
En 4477, pendant les troubles qui agitèrent la ville de Bruxelles, Henri de Hornes, qui était alors sénéchal de Brabant, essaya, à plusieurs reprises, d'apaiser la fureur du peuple, et ses efforts ne furent pas toujours infructueux. Fait prisonnier, lors du siège de la ville d'Avesnes, par le roi Louis XI, puis relâché, moyennant une rançon de 3,000 couronnes d'or, il reprit les armes en 1478, et combattit vaillamment à Térouane. Il mourut en 4483. 11 avait épousé Elisabeth de Diesl, dame de Rivieren, de Stalle, etc., veuve de Jacques de Wassenaer, morte en 4466, et, en secondes noces, Antoinette de Gavre. L'alnée de ses sœurs, Isabelle,épousa Jean de Rolselaer, dont elle eut Jean, seigneur de Perwez et de DuiTel (1496) ; Clémence de Bouchout donna à ce dernier deux enfants : Henri de Rolselaer, mort en 1500, et Isabelle (relief du 12 juillet 1504), qui vendit la baronnie de Rolselaer, en l'année 4516, et mourut en 1529, après avoir épousé successivement Michel de Croy, seigneur de Sempy, chevalier de la Toison d'Or, et Thomas Scotelman, son maître d'hôtel.
Par suite du mariage d'Aleyde de Hornes, sœur d'Isabelle de Homes citée plus haut, avec Jean de Mérode, seigneur de Petershem,de Westerloo, de Leefdael, le patrimoine des barons de Perwez et de Duffel échut, après la mort d'Isabelle de Rolselaer, à l'un des parents de cette dame, le chevalier Jean de Mérode (r. du 19 octobre 1550), dont la poslérilé l'a depuis conservé. Sire Jean de Mérode, seigneur de Pelershem, releva la seigneurie de Duffel, après la mort de son père Henri, le 4 9 mai 4565 ; il n'eut de son premier mariage avecMencie de Berghes, marquise de Rerghes ou Berg-op-Zoom , comlesse de Walhain, qu'une fille, Marie, qui épousa Jean de Wilthem , seigneur de Beersel, et en eut trois filles. L'alnée de celles-ci, Marie-Mencie, fit le relief de la terre de Duffel
• M. Gortiui s, I. c.
au mois de décembre 1602; mais, quelque temps après, cette terre passa à son parent Florent de Mérode, premier marquis de Deynze, par suite d'un accord conclu entre ce dernier et le comte Herman de S'Heerenberg, époux de Marie-Mencie (r. du 18 septembre 1606).
Richard, frère de Henri de Mérode cité plus haut, avait hérité d'une moitié de la terre de Duffel, qu'il laissa à sa fille Marie. En 4394, celleci s'allia & Florent, fils d'Isebrant de Mérode, seigneur de Brouchoven , et de Marie de Culembourg, dame de Soeterwoude, et petit-fils de Jean de Mérode, seigneur de Muggenberg, avoué de Duffel. Marie testa, le 12 novembre 1605, en faveur de son mari, à qui elle laissa, entre autres, la seigneurie d'Oirschot et sa part dans la terre de Duffel. Quant & lui, il reçut, en outre, l'avouerie de DufTel, de son oncle Guillaume (relief du 5 septembre 4597). Après la mort de sa première femme, il se remaria avec Barbe, baronne de Ketheller, morte le 40 novembre 1635. Se voyant sans enfants , il institua pour son héritier son neveu Guillaume de Mérode, fils de son frère aîné Isebrant, seigneur de Soeterwoude, à la condition que si Guillaume mourait sans enfants, ses biens appartiendraient à Maximilien-Antoine , fils de Philippe, baron de Mérode et de Petershem, né d'un second mariage de Jean de Mérode cité plus haut; dans ce cas, Maximilien-Antoine payerait 42 à 14,000 florins à Marie et a Agnès, sœurs de Guillaume, et, en outre, une rente de 200 florins à chacune d'elles.
Florent étant mort le 44 avril 4652, et Guillaume, qui releva Duffel le 2 octobre de la même année, étant décédé le 4 , octobre 4653, sans laisser de postérité de Marie-Albertine de Gand dite Vilain, Duffel reconnut pour maîtres les marquis de Deynze : Maximilien-Antoine (r. du 29 novembre 4653), époux d'Anne de Carondelet, dame de Solre, mort en 4670; Ferdinand (r. du 4 juillet 4674), mort en 4679, époux de Marie-Célestine de Longueval-Bucquoy ; Maximilien-Albert , gouverneur de Bruxelles, mort en 4746, qui s'allia successivement n Claire de Salra et à Marie-Madelaine d'Ongnyes de Coupigny ; Joachim-Maximilien, mort en 4740, après avoir eu successivement deux femmes, Thérèse-Jeanne de Mérode de Houffalize et Marie-Félicité de Jauche de Mastaing; Jean- Charles-Joseph, chevalier de la Toison d'Or par lettres patentes du 30 novembre 1765, chambellan de l'impératrice Marie-Thérèse, lieutenantgénéral de ses armées, capitaine de la noble garde des archers , colonel propriétaire d'un régiment d'infanterie de son nom, mort sans postérité en 1774. Ce dernier s'allia à Josèphe-Anne d'Arenberg, et vendit Duffel, le 23 juillet 1773, à Julicn-Guislain de Pestre, comte de Seneffe et de Turnhout (r. du 7 août 4773), qui mourut le 21 janvier 1774, et dont la veuve, Isabelle-Claire Cogels, épouse en secondes noces d'Albert-
Louis-Amand Le Fournier, comte de Wégimont, brigadier des armées de France, releva Duffel au nom de son fils Joseph-François-Xavier, le 5 mars 1774.
La famille de Mérode avait vu, avec déplaisir, l'aliénation d'un domaine dont certaines parties étaient dans sa famille depuis près de trois aiècles; Marie-Catherine-Josèphe de Mérode, princesse de Rubempré et d'Eversberg, marquise de Trélon, veuve de Philippe-Maximilien de Mérode, marquis de Westerloo, le retraita, le 8 juin 4774, et, par un arrière-retrait, opéré le 4 mars de Tannée suivante, Duiïel revint au frère du marquis Jean-Cha ries-Joseph : Balthasar-Philippe ou Ballhasar- Félix, seigneur de Marnez en Artois, qui fut reçu aux États de Brabant le 7 novembre 1775, en qualité de baron de Duiïel Ce dernier mourut sans postérité, laissant son patrimoine à la branche de Mérode-Westerloo, qui occupe aujourd'hui un rang si important dans l'aristocratie belge. La famille de Mérode possède encore de grands biens à Duffel, et, notamment, la ferme de Muggenberg, située un peu au sud-ouest de Duiïel, près de la Nèthe ; elle eu a obtenu la possession par le mariage de Guillaume de Mérode, avoué de Duffel, avec Catherine, fille de Jacques Bauw, seigneur de Muggenberg '.
Ce que l'on appelait autrefois la terre de Duffel relevait du pays de Malines; au quinzième siècle, on en estimait le revenu annuel à 600 florins, et, en 1474, il devait le service féodal avec un homme d'armes à trois chevaux, qualre combattants à cheval et deux a pied. Il se composait de la franchise de Waelhem (non compris le polder de Batte nbroeck, qui formait une seigneurie particulière), du village de Wavre- Sainte-Catherine et d'une partie du bourg de Duffel. Duffel, en effet, se divisait anciennement en trois juridictions différentes : Duffel- Perwez, Duffel pays de MoUnes, et Duffd-Santhoven ou l'Avouerie. Cette dernière {de Vooghdye), qui se trouvait au nord de la Nèlbe,dans la mairie de Santhoven, une des subdivisions du quartier d'Anvers, était jadis possédée par l'abbaye de Nivelles (1059) ; à une époque inconnue, ce bien fut usurpé par des chevaliers qui y exerçaient les fonctions d'avoués du monastère; elle constitua alors une juridiction qui avait moyenne et basse justice» un maire, septéchevins, une cour féodale de treize hommages, etc.3. Après avoir appartenu aux Wesemacl, elle passa par alliance, d'abord aux Stalle, puis, vers 1450, aux Mérode; Florent de Mérode en
» Gttxalngie d* lu famille Coloma, p. 490.
» Voyoi pour l'histoire de la seigneurie de Duffel. Bitkers, U II — Curistïs, Jurhprudenlia htrotca, p. — Le Hoy, Man-htonalui Sacri Itomani Imprrii, etc.
• Gérard de Duffle. qui donna h l'ordre du Temple un alleu situe à Turnhout, en l'année 1 18». appartenait sans doute a la famille des premiers avo-ies de DvlM.
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hérita de son oncle Guillaume (relief du 5 septembre 1597) et l'annexa à la baronnie de Duffel, dont elle ne fut plus séparée. Jean, seigneur de Wesemael, avait conservé quelques droits sur l'avouerie de Duffel; par son testament, qui est daté du 6 septembre 1462 il les légua au duc Charles le Téméraire, dont les descendants engagèrent plusieurs fois les cens qu'ils possédaient dans Pavouerie de Duflel, entre autres, le 3 mars 1560-1561, à Nicolas Vanderlaen. Ils y avaient également la haute justice, qui fut, à diverses reprises, donnée en engagère aux avoués de Duffel et, en premier lieu, le 25 octobre 1505, à Guillaume deMérode, seigneur de Duffel.
Duffel pays de Matines (Duffel slandts van Mechelen) ou, suivant une autre désignation assez généralement adoptée, Duffel- Arckel, faisait partie de la mairie ou du territoire connu sous le nom de pays de Malines, qui se composait de villages situés en Brabant, et apparlenant à différentes branches de la famille des Berthoul. Cette section se trouvait vers l'est et au sud delà Ncthe. Le 21 février 4558-1559, le domaine y céda la haute, moyenne et basse justice, avec le droit de chasse, de pèche, de garenne ou chasse gardée, les amendes, les confiscations, etc., à Henri de Mérode, seigneur de Petershem, et plus tard, le 24 décembre 1645, la même administration vendit définitivement la juridiction de ce territoire au comte de Falais, maudataire du marquis de Deynze, seigneur et avoué de Duffel.
Les trois parties de la commune se trouvèrent, de la sorte, soumises à l'autorité d'un seul seigneur; on n'y constitua plus qu'un seul cchevinage, de même qu'il n'y avait qu'un seul curé et une seule table des pauvres. Cependant, les trois seigneuries continuèrent à exister, mais elles avaient les mômes juges. Ceux-ci étaient présidés, à Duffel-Perwez, par un drossard; à Duffel-Arckel, par un écoutèle. Dans l'une et l'autre de ces juridictions, on reconnaissait, pour tribunal d'appel, la chef-chambre ou cour féodale de Beffereu, à Malines, que l'on doit considérer comme ayant été instituée pour former le tribunal suprême des anciens domaines desBerthoutde Malines. Le greffe decetle ville possède une collection assez nombreuse de registres d'adhérilances des échevins de Duffel, et notamment ceux de Duffel-Perwez, à partir de l'année H99 «. N'oublions pas de rappeler ici que les habitants de la terre de Duffel étaient, de droit, admis à l'hôpital de Gheel, leurs premiers seigneurs ayant été les fonda-
« Optra dipl.. t. 1«, p. 458.
» Un inventaire détaille dos archives communales de Duffel et des anciens greffes des seigneuries existant dons ce liourg a été rédigé par M. le docteur Croquet, ancien secrétaire «t actuellement ocnevin de Waelhem, h qui la commune de Duffel a alloue, pour ce travail, un subside de 500 francs.
leurs de eette institution *. On n'a aucune donnée certaine sur la situation du château des Berthout de Duffel; seulement, à en juger par quelques indices assez vagues, il devait se trouver à Wavre-Sainte-Catherine, au lieu dit Bertnortere. D'après un acte que nous avons cité plus haut (p. 635), c'était là que se payaient autrefois les cens que l'on devait à ces seigneurs, et, plus tard, les échevins de Duffel prirent souvent des résolutions en cet endroit. Vers l'an 1560, une grande tour très-ancienne, que l'on voyait dans ces lieux, s'écroula; beaucoup de paysans vinrent en visiter les ruines, mais personne, dit une relation contemporaine, ne savait qui l'avait jadis habitée, ni à qui elle appartenait*. Ces expressions sont une preuve certaine que la tour remontait à une époque très-reculée.
Nous ne dirons que peu de mots du village de Duffel, qui doit être considéré comme une dépendance de l'ancien marquisat d'Anvers on du Saint-Empire. En effet, en 1686, la fraction de son territoire qui ressortissait à l'ammannie de Bruxelles ne comprenait que 212 bonniers el l'on n'y trouvait que 42 chaumières, une brasserie, cinq auberges, six boutiques, etc. *; or, à l'époque actuelle, la commune de Duffel n*a pas moins de 2,273 hectares d'étendue et compte 835 maisons.
Après avoir été ruiné, en 1512, par un iucendie qui consuma près de cent habitations, et pillé, en 1542, par le général gueldrois Van Rossem, Duffel se vit exposé, pendant les guerres de religion, à la fureur des troupes espagnoles el des troupes des Étals, qui le ravagèrent à plusieurs reprises, notamment en 1576, en 1584 et en 1606. Alors s'ouvrit une période plus tranquille, mais pendant laquelle l'industrie du pays, laissée sans protection, ne fit que décroître. Les tisserands, les foulons, les fileuses,étaienl autrefois nombreux à Duffel ; sa draperie et surtout les serges et les gros draps qui ont conservé le nom de Duffels, furent longtemps célèbres. La première moitié du dix-septième siècle vit le déclin de celte splendeur ; cependant, on rétablit alors le pont sur la Nèthe, qu» avait déjà été reconstruit, en 1544 et en 1578.
Duffel s'honore d'avoir vu naître le célèbre philologue Kilian et le graveur Henri De Hondt. Elle possède une société de fanfares , une congrégation de Sœurs hospitalières béguines , une église paroissiale, dédiée à saint Martin, et dont le patronat fut donné aux religieux de Tongerloo par le cardinal Pierre d'Ailly, évéque de Cambrai, le 25 mars 1405 ; une
» Opéra dipl., t. IV. p. 418.
1 Je tiens cos détaris de If. Croquet, qui a bien voulu me communiquer le résultat de ses recherches sur Waelhem et sur DufTel.
* Dont 131 de terres cultivées, 5i de prairies el t9 de bois ; le revenu impose s'y il » ail a 1,8*9 florins, et la vergo linéaire avait 18 1/3 pieds do Bruxelles.
* On complaît à Duffel Perwci : en U35, 13k, cl, en U80, 100 maisons.
chapelle dédiée à Noire-Dame de Bon-Vouloir, où, en 1638, des miracles commencèrent à attirer les populations*; un vieux château, orné de tourelles et nommé Ter-Elst, que Godefroid d'immersele vendit, en l'année 1357, à l'abbaye de Tongerloo», etc. Il se tient à Duffel, depuis une époque très-reculée, un marché et des foires, dont l'existence fut confirmée par des lettres patentes du souverain, en date du 12 septembre 1657 ; enfin, on y a construit, il y a une quinzaine d'années, un hôtel de ville, dont l'architecture pseudo-gothique ne manque pas d'élégance. A quelque dislance du château de Ter-Elst cl un peu au delà d'un beau pont jeté sur la Nèthe pour le passage du chemin de fer de Bruxelles à Anvers, se trouve une station, d'où part un chemin pavé, qui rejoint h Duffel même la route de Malines à Lierre.
Le polder de Battbnbroece, a Waelhem».— La partie occidentale de la commune de Waelhem est entièrement entourée de digues et forme en quelque sorte une Ile, baignée vers le nord par la Nèthe, à l'ouest par la Dyle accrue des eaux de la Senne et du canal de Louvain , et à l'est par la dérivation appelée le ifolenvliet ou courant du Moulin. Cette localité porte le nom de battenbroeck ou, comme on disait autrefois, de Dertenbroeck; elle comprend 291 bonniers. On en a formé un polder, qui est très-exposé du côté de la Nèthe, à cause des vents d'ouest, qui sont très-fréquents et très-impétueux dans notre pays.
Battenbroeck, dit-on, était déjà endigué en l'an 1230, et, à cette époque, les chanuines de Saint-Rombaud à Malines y percevaient la dlme. La veille de la Saint-Sébastien, en 1328, Florent Berthoul, seigneur de
1 Ptuiisins, 1. c , p. 320.
» Ce chAtcau, dont la vue ao trouve dans Le Rot, appartient à M. Hcrmans.
» Waelhem (Waelhem. 1500, 1*86. 1435, 1518; Walcm, 1227, IMS, 1491 j Walhem. 15Î5, commune du canton de Duffel, è 5 1/4 1. au N. de Bruxelles.
Territairt: En 1686, le village comprenait 08 bonniers, dont 44 de terres et 94 de prairies; le revenu imposable s'élevait a 1.729 norias. En 1846, sur une étendue de 434 hectares, ou y trouvait : 104 h. cultivés en racines et fourrages. 12 h. cultivés en plantes industrielles, 47 h. cultivés en racines et fourrages,144 h. do prairies, 10 h. de jardins potagers, 27 h. de bois. La verge linéaire avait 18 1/3 pieds de Bruxelles.
Nombre d habitations : En 1435, 366; en 1480, 121;en 1525, 234,dont 3i> 2foyers;en1G86, 12 maisons, 2 brasseries, 7 auberges, 4 boutiques, 1 maison de campagne, etc.; en 1846,
Population : En 1786, 704 habitants; en l'an VIII. .... ; au 31 décembre 1831, 1,102; au 15 novembre 1848, 1.035. formant 224 ménages; 137 enfants recevaient rinslruction, et 72 personnes les secours de la bienfaisance.
Induttrie : 2 moulins à vent, 1 moulin à huile, 2 brasseries, 1 fabriquo do chaises.
Dèptndanct : Le hameau de Battenbroerk.
Les registres de l'état civil commencent: pour les naissances, en 1610, pour les mariages et les décès, en 1636.
Une Histoire , h Waelhem a été écrite, par M. Croquet, actuellement éctievio de la commune ; elle est malheureusement restée en manuscrit.
GU UtSTOIRK
Malines, « par amitié pour sa chère nièce, Sophie de Berlaer, abbesse t de Roosendael, et pour Mathilde Vandermarcken ou de La Marck, sa « compagne bien aimée, > donna au monastère de Roosendael toutes les alluvions se trouvant en dehors de la digue, le long de la Nèlhe, près de son bien de Dertenbroeck, depuis la Kayenbeke jusqu'au Rolofsbrugge ou pont de Rodolphe, avec tout ce qui pouvait par la suite venir les agrandir et les améliorer, sauf le droit ou la coutume du broek ou polder, et a la condition , pour les religieuses, de concourir à l'entretien de la digue
Pendant les troubles de religion, le polder fut inondé et l'on y éleva un fort, à l'extrémité occidentale, la où l'on a vu, jusque dans ces derniers temps, un château appelé 't Tongske, la petite Langue, au confluent de la Néthe et de la Dyle. Dans la nuit du 10 au 11 brumaire an X, une forte marée, accompagnée d'un vent impétueux, emporta une grande partie des défenses du polder. Les marées du 2 mars 1820 et du 4 février 1825, rompirent de nouveau les digues deBaltenbroeck, qui étaient alors entretenues avec négligence. Celle du 5 mars 1828 y produisit encore une rupture, de 60 à 70 mètres de longueur; toute la surface du polder fut submergée et onze familles furent obligées de quitter leurs habitations; heureusement, les digues d'été résistèrent, et on put assécher le polder, au moyen des écluses *.
Nous avons vu plus haut que le polder avait déjà son droit ou, pour mieux dire, sa coutume, en 1328; son administration fut réglée par un édit publié au nom du roi Philippe II, le 24 octobre 1577, à la demande du seigneur, du maire et des cchevins du lieu.
Batlenbroeck était jadis une terre franche, probablement en considération des dépenses que ses premiers habitants ou ses premiers possesseurs s'imposèrent pour conquérir son territoire sur les eaux réunies de la Nèlhe, de la Dyle et de la Senne, ou peut-être aussi parce que, très-anciennement, les évéques de Liège, seigneurs de Malines, et les ducs de Brabanl s'y contestèrent la souveraineté. D'après la répartition de la taxe sur les terres franches, répartition qui fut faite par le gouverneur général comte de Montercy, le 10 mai 1673, le polder devait tous les ans deux places ou rations, évaluées à 540 florins.
< Erehande goct dat men hoct utescore liggrndc buten dycs, ueven de Neto, aoe onscgoet van Bertenbrooc, wolkc utescoer beghint ano Kayenbeker weert en slreck hem tolo Rotors bruggen. met aile dien dat tneemen code beteren mach, buten dycs, ghelye dat daer gheleghen es, beboudenteke alleu den bruk van Bertenbrooc harcn rcchtc.slyt ende resche. of de haie (?) hare dyke mode te houdenc. ghelye dat harc comen es. Original aux Archiva dt
•Komuml c.,pp. 13, il, 61.65.66.
Les Berlhout de la branche aînée se réservèrent toujours cette fraction de leurs domaines. Nous avons eu ailleurs occasion de suivre la filiation des sept premiers d'entre eux : Waller Ier, seigneur deGrimberghe; Arnoul, son fils ; Wallerll, Walter III, Waller IV, Walter Vel Waller VI, dit le Grand, qui fut régent du Brabant pendant la minorité des enfants du duc Henri III. A ces barons succédèrent: Walter VII, un des combattants de Woeringen, où il périt glorieusement; Jean, mort en 4304, à qui Malines dut d'importants privilèges; Gilles, frère du précédent, mort le 21 octobre 1310; Florent, frère de Walter VII, qui décéda en 1331. Ce dernier ne laissait pour héritières que les quatre filles nées du mariage de sa fille Sophie avec Renaud, comte de Gueldre : Marguerite, morte sans enfants le 4 octobre 1346, Mathilde, Marie, et Isabelle, religieuse àGrevendael. Mathilde épousa successivement Godefroid, seigneur de Heynsberg, mort en 1 342 ; Jean, comte de Clèves, mort en 1 371 , et Jean deChâtillon, comte de Blois; elle n'eut pas de postérité. Quant à sa sœur Marie, elle s'allia à Guillaume de Juliers, dont elle eut deux fils, morts sans laisser de postérité légitime, et une fille, Jeanne, femme de Jean d'Arckel, seigneur de Hagensteyn, en Hollande, mère de Marie d'Arckel, morte en 1415, qui épousa Jean d'Egmont.
Tandis que Guillaume d'Egmont, depuis duc de Gueldre, obtenait, par une sentence de la cour féodale de Brabant, le pays de Malines, Henri, fils naturel de Gérard, seigneur de Zevenbergen, relevait comme un fief séparé de ce pays, le polder de Bertenbroeck, avec la haute, moyenne et basse justice, tant en dehors qu'au dedans de la digue, et un cens valant 7 livres de gros de Brabant et 17 escalins, 8 gros 7 miles, 33 quartaux et 10 quartelets d'avoine, un manoir, des terres, un terrage. Cette seigneurie devait le service féodal avec un homme d'armes à trois chevaux. Henri l'acheta, en 1408, à Jean d'Arckel.
Elle fut ensuite relevée par :
Gérard et Franc de Zevenbergen, fils de Henri ;
Volcwyffou Volcwige, leur sœur (relief du 27 mars 1452) ;
Marguerite d'Egmont, fille de la précédente, et femme de Jean de Rummerswale (r. du 19 mars 1475-1476);
Jacques, leur fils (r. du 4 juillet 1498);
Jacques, fils du précédent (r. du 17 mars 1533-1534);
Messire Jacques, fils de Jacques II;
Jacques, fils de Jacques III (r. du 1er mars 1595);
Messire Antoine Vandergracbt, seigneur de Schardau, mort en 1619, en vertu du testament du précédent et par suite de son mariage avec
' Butmss, 1. 11, p. 300.
T II. «i
Gertrude de Berlo, fille de Richard de Berlo et de Barbe de Rommerswael (r. du 24 mars 1604); Gertrude mourut le 7 décembre 1691, et Antoine, en 1619,
Jean Vandergracht, qui mourut le 20 août 1647;
Messire Jean-François, fils d'Antoine de Rommerswael et d'Anne-Claudiue de Wachtendonck, petit-fils du précédent, et baron de Vremde et Otmen (r. du 16 février 1657);
Messire Joseph-Adrien de Reymerswael, fils du précédent (relief du 30 août 1685), mort sans laisser d'enfants de Dorothée-Françoise de llinnisdael;
Messire Roger-Philippe Vandergracht, son frère (relief du 24 avril 1743);
Messire François-Henri-Roger Vandergracht, baron de Rommerswael , fils atné du précédent et de Marie de Varick , dame de Thielen (r. du 11 avril 1759), élu député de l'État noble de Brabant en
Léopold, baron Vandergracht de Rommerswael, fils du précédent et de Marie-Florence, comtesse de Berlo, époux deSophie-PétronilleHagens, est le chef actuel de la famille. Les domaines de celle-ci ayant été vendus au commencement du siècle, Battenbroeck est devenu la propriété de M. De Vriese, et appartient actuellement à M»* veuve Van Ravensteyn, de Malines.
Les échevins de Battenbroek n'eurent longtemps pas de sceaux communs ; autrefois, ils apposaient d'ordinaire leurs propres sceaux aux actes passés devant leur juridiction (1389, 1467), ou ils priaient deux d'entre eux de le faire (1418). 11 y a dans ce hameau un petit manoir et un moulin à vent. Ce dernier ayant été brûlé, lors du sac de Waelhem, par les Espagnols, le jour de Saint-Luc, en 1576, l'abbaye de Roosendael en acheta l'emplacement, le 15 octobre 1577. Au spirituel, Battenbroeck, avant la conclusion du concordat, dépendait de l'église Sainte-Catherine à Malines; mais, à cause de l'extrême distance qui les séparait de cette ville, ses habitants recouraient au curé de Waelhem, lorsque son ministère leur était nécessaire la nuit; à ce titre, ils lui payaient, par an, 75 florins.
La franchise dp. Waelhem. — A l'est du Molenvliet, le sol s'exhausse quelque peu et, à proximité de la Nèlhe, il est très-accidenté, sans doute par suite de l'action des eaux, des marées et des tempêtes, alors que des digues ne contenaient pas la rivière dans son lit. Le nom de Waelhem est dû probablement aux travaux qui, anciennement, furent faits pour arrêter ces dévastations : en effet, uW, waUen (dérivé du latin val- Um), signifie retranchement, rempart, et, par extension, digues. Le mot
Waelhem devrait donc se traduire par habitation des digues *. La paroisse et la commune de Waelhem n'ont jamais eu les mêmes limites : la première, qui ressortissait sans doute à Malines, dans le principe, est beaucoup plus étendue que la seconde; quant à celle-ci, elle ne comprenait, avanl l'annexion du polder de Battenbroeck, que 68 bonniers. En lui donnant des privilèges, les Berthout eurent certainement pour but de provoquer des travaux de défrichement dans le Waverwald, qui formait aux portes de Malines, une vasle solitude.
Ce fut seulement dans les dernières années du douzième siècle que l'on songea à bâtir une église à Waelhem ; elle fut consacrée et érigée en paroisse par l'évéque Jean de Bèlhune (4200-1219). Ce prélat, de concert avec Walter Berthout et son frère Gilles, détermina les limites du lerritoirequi serait à l'avenir soumis à l'autorité du curé de Waelhem ; suivant les termes un peu vagues d'un diplôme postérieur de cinquante annéesenviron, la paroisse reçut pour limites le chemin de Duffel, le ruisseau appelé de Hekeel les haies du monastère de Roosendael. Outre les dîmes comprises dans cette circonscription, les Berthout assignèrent à la nouvelle église quelques dîmes situées dans les paroisses de Duffel et de Malines, ainsi que toutes celles du Papenbroeclc, plus, des terres au Langbroeck et une redevance annuelle de 27 sous de Louvain. En 1254, l'évéque de Cambrai, Nicolas, ayant chargé le chantre de la collégiale d'Anvers, et Simon, doyen de la chrétienté dans la même ville, de vérifier la délimitation des différentes paroisses du doyenné d'Anvers (diplôme daté de la veille de la Sainl-Remi, 1254), ces deux ecclésiastiques se rendirent à Waelhem et là, de concert avec Walter, drossard du seigneur de Duffel, ils firent comparaître devant eux les notables du village et particulièrement les échevins et d'anciens échevins; ceux-ci attestèrent, a l'unanimité, la réalité et l'exactitude de la démarcation établie depuis l'évéque Jean de Bélhune (déclaration en date du dimanche après les octaves de l'Épiphanie, en 4254-125») ».
» Selon quelques auteurs, Waelhem équivaut a Wallonum habitats la demrvrt du Gaulait, de* Hautain*
* Ces faits sont rapportés en partie dans un diplôme de Henri II, .-.rigueur de Duffel, qui no porte pas de date, mais quia évidemment ete rédigé en 1354 ou 1356. En voici la teneur :
Univers:* présentes litteras visuris, Hcnneus diclus Berthout, miles, dominus de Gheele, salutem tn Domino. Nos volontés super limitatione parrochie de Waelhem certifican, ne in aliquosuo jure, inquantum limiteset lerminidicte parruchie se extendunt, alienctur ecclesie de Waelhem vel molestetur, fldoli nostro Waltero droswato terre noslre eommisimus, ut ex parte nostra iaqtiirat quutnodo eccleaia do Waellum. m prima fundatione a predocessonbus nostris, videlieet donnais Waltero et Egid-o frambus. dietis Herlhout. coram episropo qui lune dtclanieiTte2>iumcon.secra\it,fuerit limitais, quaui l<mi!ationem nosratiflcarc volumus, ul dicta ecclesia lam a n«bis quam BMtrii successoribus iioperpeluum jure «uo frui libero
On voit, par ce qui précède, que Waelhem avait déjà des échevins particuliers, dès la première moitié du treizième siècle; des franchises lui furent alors accordées par les seigneurs de Duffel, mais aucun document ne nous en a conservé le texte. Seulement, au moment où la seigneurie allait passer à une autre famille, Henri Berthout V confirma solennellement les droits et les privilèges, dont ses prédécesseurs avaient gratifié « les bonnes gens de Waelhem »
Après avoir promis défaire juger toutes les contestations qui pourraient s'élever dans la franchise, à Waelhem, et tous les méfaits qui s'y commet-
valeal et gaudere. Unde dirtus Walterus drossotus noster. una oum domino Simone. Christianitalis Antwerpiensie decano. vocatis coram se antiquinribus scabmis parrocbie de Waelhem. videlicet Goeswino de Vernamere. Terino de IMdcmcre, Jolianne de Aelst, Waitero Wile et Geringo fllio Gennekini ; «cabinis de Waelhem. Amoldo dicto Raet, Ennekino dictoPuch.Rabbodonede Hildemere, Henrico dicto Herchose. Hildegardode Stadeyke. Wallero de Vcnne. Gennekino, Laurenlio, Paridano. intellexit ab eisdem, et pnus jurati sub juramento jam prestito, dixenint quod limitatio dicte parroehie usque ad puhlicam viam que de parrochia de DufTele dirigetur, et se protendit versus ad mansionem Ilenrici dirti Goethey ne versus Mochliniam, ex una parte, que ad dictam ecclesiam parrochialem do Waelhem pertinere dinoscitur, et a via Stadiken superitirt tendente ad vadum rivi alias de bcke et usque ad sepem claustri de Roosendaele, ex altéra, se attendît, una cum uuiversis decimis ae novalibus parrocbie de Waelhem.
Itom predieti predecessores nostri videliret Walterus et Egidius dicti Rerthout assignaverunt dicte ecclesie de Waelhem, io parrochia de Dufl'le. duas partes décime mansus llenrici villici Lamberti in Diiflle, Goeswini dieu Albl et Balduiui de Stadeyken, et in parrochia Hechliniensi duas partes décime, similiteret ibidem un-versasdcrimus in Papenbrneck. item très bonarii partes terre in Langbroeck. item XXVII sohdos Lovamensea annuatim recipiendos de censu nostro in Waclhpm.
Et nos. ad honorem et laudeœ Deiet Béate Virginia, premissa omnia a noslris antecrssoribus lacta ctecclesiedo Waelhem seucuratis assignats, conccwa sou dotataet collata. nostro . munimine sigilli approbamus et certiflcamus. — Abrégé de l'ouvrage de Vtnntiieoata. Gttlachtt afkomm m» hti huyi Berthout. I- 108, nu. de la bibliothèque communale de Malines. Un fragment de ce diplôme a cto imprime duns les Optra dipl., U IV, p. 387.
' Voici le proemo do cette charte, dont le texte est trop considérable pour que nous la donnions ici en entier : Wy Henric Berthout, here van Duflle ende van Ghele, maken cont ende kenlic allen den ghenen dio dese lettercn selen sien ochte horen lesen. Want der menschen ghedenkenisse verganckeleke es met den tide, soe muet men die dinghen die men eewelike veste houden wille. met ieghenwordicbeiden van scrifte vesten, waer bi dat wypuerleke, omme Gode en ommoonsor zielen wille.ende ommedie zielen dairwy afeomen syu, ende omme'dio zielen die na ons comen selen, met voleomender voirsieoicbeit, met rade van onsen vrienden. manne ende maghen, met rade van andere goeden wysen lieden. ende omme ghemeinen orbore. ende omme die sondertmghe vnenseap ende mmne. die \vy hebben toet onsen goeden Iiede van Walem ghemeinkke. hetiben lien alderhandc pointe van breuken, die hen te awair waren, verlicht ende verandert, eude willen dat si alselke vriheiden, als voirtyts. bi ons ende bi onse vorouders gbehadt hebben. ghebruyeken. houden ende hebben toet eeweliken daghen. hebben ghelocft ende gheloven. in goeden trouwen, vore ons, voreonse oir ende voro onse nacomeltngho. endo selen vaste houden ende gnestadich eewelike dese pointe, ele sonderlinghe ende aile te samen. also alsi ghevallen moghon ende selen. ende ghelyc dat si hier na bescriven staeo.
In den lersten, enz.
Extrait de l'ouvrage de VâRDiniioRcu précité, f° 115.
traient, Henri Berthout déclare qu'aux échevins seuls, il appartiendra de prononcer des sentences et que les échevins ne pourront être obligés à juger hors de la franchise. Nul ne peut être échevin à Waelhem, s'il n'est bourgeois, aucun habitant de la franchise ne peut être assermenté au dehors, et personne n'est reçu bourgeois, s'il ne prête lui-même serment. Une femme est bourgeoise par le fait seul de son mariage avec un bourgeois ; mais, si elle devient veuve, elle perd cette qualité, à moins qu'elle ne se fasse recevoir à son tour; quant à l'étranger qui épouse une bourgeoise, il reste en dehors de la franchise. Les enfants d'un bourgeois conservent la condition de leur père, aussi longtemps que leurs parents vivent tous les deux. Celui qui ne possède pas en terres la valeur de 5 livres payement, ne donne, pour entrer dans la bourgeoisie, que 21 escalins delà même monnaie : 10 à l'officier du seigneur, 7 aux échevins et 4 à Notre- Dame. Quand ce sont des notables {vrome lieden), ils doivent demander l'autorisation du drossa rd, et donner aux échevins 20 escalins, à Notre- Dame, 10; en outre, ils doivent promettre d'acquérir, dans l'année, des biens situés dans la franchise et valant 5 livres, remplir les promesses qu'ils auraient faites devant d'autres bancs de justice de la terre de Grimberghe, et être purs de trois mauvaises actions : le meurtre, le vol et le viol. On ne perd sa bourgeoisie que par la fuite, en se faisant recevoir dans une autre ville franche, ou en allant habiter au dehors, avec la majeure partie de sa famille.
Les bourgeois et la commune de Waelhem ne sont astreints au service militaire qu'avec la restriction suivante : on ne peut les emmener en guerre assez loin, pour qu'ils ne puissent pas êtrede retour dans la soirée, et payer, avec un denier (eenen penninc broode)t leur dépense de nourriture. Les bourgeois et la commune ne payaient d'aide ou de taxe, à leur seigneur, que dans les trois cas ordinaires : lorsqu'il se marie, lorsqu'il devient chevalier, et s'il est pris dans une guerre nationale (inghemeyne oorloghë); leur cote est alors fixée à 20 livres de Louvain.
Lorsqu'un bourgeois peut présenter une caution ou possède une certaine fortune, on ne peut l'emprisonner, à moins qu'il n'ait encouru la peine de mort ou la mutilation. Tout accusé doit être immédiatement jugé ; seulement, si le cas a une certaine gravité, la décision des échevins peut être renvoyée à leur troisième séance (ghenechte), et même, si l'amende è infliger est considérable et que les échevins ne l'aient pas fixée, l'affaire peut rester en suspens. Lebourgeois accusé ne peut être ni torturé, ni traduit en jugement hors de la franchise. Pour tout ce que l'on appelait le divisien-recht, c'est-à-dire les relations mutuelles entre les habitants des différentes parties des domaines des Berthout, la franchise de Waelhem est placée vis-à-vis des autres domaines des seigneurs de Duffel,
dans la même position que le pays de Duffel Test par rapport anx autres fractions de la terre de Grimberghe. Les biens situés dans la franchise se vendent sans annonce faite à l'église (sonder kerken ghebod), et le retrait lignagier n'est pas admis. On ne peut séquestrer la propriété d'un bourgeois, que lorsqu'il est fugitif ou latilanl. Lorsqu'on a à élever une réclamation sur un bien, on doit se présenter devant le juge ou officier du seigneur et devant deux éehevins, leur exposer ses droits , et payer 3 escalins; le dimanche suivant, à l'église, le maire donne connaissance au public de cette réclamation, et, s'il n'y a pas d'opposition, il répète cette formalité trois fois, de quinze en quinze jours. Lorsque la troisième publication a eu lieu, le plaignant est admis à faire valoir ses prétentions, et, si les éehevins les trouvent fondées, on le met en possession du bien « met russche ende met ryse, ochte met clepele ende met t clincken. » Observons à ce propos, que, dans les successions, une sœur n'avait que la moitié de la part d'un frère.
Pour tous les délits contre les personnes, la coutume prononce la peinedu talion : léle pour tète, membre pour membre. En outre, les biens du coupable sont confisqués; seulement, s'il a femme ou eufants, le seigneur ne prend que la moitié de son bien, et, s'il est veuf, le seigneur ne vend que ce que le coupable a le droit de vendre. On punit également de la peine de mort l'incendiaire, le voleur d'objets valant plus de iO escalins, le brigand, le violateur de trêves, l'individu convaincu de rapt et son complice, l'individu qui emmène hors de la franchise un enfant, même avec le consentement des parents et des amis de l'enfant, l'individu qui lance un trait, pendant la nuit, après une autre personne, celui qui appelle un bourgeois en champ-clos, qui enlève ou délivre un prisonnier du seigneur ou qui le fait évader, le geôlier qui se rend complice de l'évasion d'un condamné à mort; comme on le voit, nos aïeux aimaient à faire au bourreau sa bonne part. Celui qui fait violence à une femme, subit un supplice affreux; on lui scie la tète avec une planche. Si plus tard, la femme ou la jeune fille qui a été enlevée, revient à Waelhem, et avoue que, bien qu'elle eût crié au secours, elle était d'accord avec son ravisseur, celui-ci n'en paye pas moins une amende de 20 livres noires. Pour un coup porté au drossard, à celui qui fait ses fonctions en sou absence, au maire, ou au valet juré qui le remplace, en son absence, on perd la main, et si le coup a entraîné effusion de sang, le coupable est livré au seigneur, pour être traité à discrétion; toutefois, si l'un de ces officiers intervient dans une rixe, par partialité pour l'un ou l'autre des combattants, il n'est plus considéré que comme un simple bourgeois. La plupart des délits sont punis par des amendes. Ainsi, on fait payer 50 livres noires à celui qui lance un trait, pendant le
jour, après une antre personne, et 70 livres, si le coup porte; 60 livres, a celui qui en accuse un autre de faits pouvant entraîner la peine de mort ou la mutilation, qui frappe avec des armes aiguisées, qui coupe a sou ennemi la main, ou le bras, ou le pied, ou la jambe, ou qui lui enlève l'œil. Pour avoir coupé un pouce, une oreille, un nez, on paye 15 livres ; pour avoir coupé un doigt autre que le pouce, 10 livres ; pour avoir brisé une dent, 3 livres; pour avoir tiré le couteau ou d'autres armes aiguisées, 40 escalins; pour avoir frappé son adversaire, 4 livres; pour avoir frappé, sans blesser, 3 livres; pour avoir jeté à terre son adversaire, 5 livres; pour avoir blessé quelqu'un dans l'œil, dans le bras , dans le pied, 30 livres; pour l'avoir blessé au pouce, 7 livres 10 escalins; pour l'avoir blessé au doigt, 40 escalins, etc. Les blessures portées, en cas de légitime défense, n'entraînent aucune pénalité, de même que celles qui sont la suite d'un accident. Mais on paye : 40 escalins pour avoir poursuivi quelqu'un, afin de le combattre; 7 livres 10 escalins, pour avoir assailli une maison, de propos délibéré; 20 livres, quand on a tenté une pareille attaque pendant la nuit; 2 escalins, pour avoir pris un bâton pour frapper; 8 livres, pour avoir frappé; 4 livres, pour avoir jeté à terre son ennemi, sans l'avoir fait saigner; 20 livres, pour l'avoir fait saigner sans le blesser; 5 escalins, pour avoir tiré Pépée; 25 escalins, pour en avoir menacé son ennemi; 40 escalins, pour l'avoir frappé. Dans toutes les affaires de coups et de blessures, celui qui ne peut payer l'amende, a la main coupée ou perd le membre dont il a privé son adversaire; dans quelques cas moindres, lorsqu'il n'y a pas eu mutilation, on lui perce la main avec l'arme dont il s'est servi. Dans tous les cas, on confisque l'arme. Celui qui laisse échapper un individu détenu pour dettes ou pour défaut de payement d'amendes, est responsable, et si le détenu devait subir la peine de mort, le geôlier infidèle est mis à mort et encourt la confiscation de son avoir. Nous avons vu plus haut qu'on ne peut appeler en duel les bourgeois de Waelhem ; cette clause ne concerne pas les étrangers, auxquels le seigneur de DuiTel peut permettre le combat singulier. Désobéir aux échevins, est un délit prévu par la charte; le coupable donne 27 escalins à chaque éclievin, et au seigneur, autant qu'à tous les échevins ensemble.
Les bourgeois de Waelhem peuvent, avec l'assentiment du drossard, modifier le taux des amendes. Les échevins, après avoir consulté l'officier du prince et de Inssenliment de la majorité de la bourgeoisie, ont le droit d'établir des amendes pour les cas non prévus , de faire des ordonnances, de prescrire la perception de taxes. Le seigneur se réserve expressément le droit d'accorder leur grâce aux délinquants, de bannir toutes les personnes inutiles, de les punir de mort ou de mutilation,
avec le consenlement des échevins ; de disposer des eaux, do gibier, des garennes ou chasses gardées, etc. La charte qui contient toutes ces dispositions, est datée de l'année 1505. A la demande de Henri Berthout, sa fille Catherine et son gendre Thierri de Homes la scellèrent, ainsi que Henri, sire de Diest ; Jean , sire de Rotselaer; Gérard Vanderheyden, seigneur de Bausersem; Waller de Duffel, Guillaume de Wilre ou Wilder et Florent de Duffel, chevaliers.
La franchise de Waelhem était placée sous l'autorité du drossard du pays de Duffel, officier qui remplissait aussi, d'ordinaire, les fonctions de receveur et de lieutenant des fiefs de la seigneurie ; il y avait en outre un msire. Quant à l'administration locale proprement dite, elle se composait d'échevins et de receveurs; dans un acte de Tannée 1559, le drossard Liberl Dufraisne, l'échevin Adrien De Cock, et maître Adrien De Nyvell, receveur de la franchise, interviennent en qualité de gouverneurs de cette franchise. Les registres auxadhéritances de Waelhem se conservent au greffe de Matines et remontent à l'année 1550 environ. Selon Bulkens, les armoiries de Waelhem étaient : d'or aux trois pals de gueules, au franc-quartier d'or à la fasce d'azur; tel est aussi l'écusson qu'un arrêté royal a concédé à la commune, en 4849. Cependant, cela n'est pas conforme à l'ancien sceau dont la reproduction est ci-jointe, et où le francquartier est semé d'hermines.
Waelhem et Duffel contribuaient jadis dans le nobel-gelt; en 1636, chacune de ces localités était taxée à 20 nobles. Waelhem eut souvent à souffrir de sa proximité de Matines, qui était constamment en querelles avec les villes brabançonnes, et de sa situation sur une grande voie de communication et prés d'une rivière navigable, lesquelles, d'autre part, étaient pour elle des éléments de prospérité. Au mois de février 1380, Jean dit le Flamand y fut tué, à l'instigation de quelques patri-
DES ENVinO.NS DE BRUXELLES.
riens louvanistes : Godefroid du Limininghe, les Pinnock et Gérard Van Rcdinghen '. Versée temps, le pont de Waelhem ayant été détruit et n'ayant pas été reconstruit {hermaeckt), les seigneurs de Duffel et de Kumpst placèrent une barque, à l'endroit où il avait existé, et exigèrent un péage des passagers, ce qui causa à Malines un vif mécontentement ». Au commencement de l'année 1422, les États de Brabant se réunirent à Waelhem, afin de rechercher les moyens d'apaiser la colère de Tempe reur Sigismond, qu'avait exaspéré l'arrestation, par le peuple de Bruxelles, d'un grand nombre de chevaliers allemands '. De nouvelles difficultés s'ètant élevées entre les Malinois et les Brabançons, les premiers, au nombre de 500, vinrent à Waelhem; le 15 juillet 1424, à trois heures du matin, arrêtèrent le maire, les échevins et d'autres bourgeois, pillèrent la caisse de la commune, et emmenèrent avec eux le chevalier Henri deColam et Jean Alaerts, qui avaient promis de ne pas quitter le bourg sans autorisation. Le frère du duc de Brabant, le comte Philippe de Saint-Pol, ayant sommé les Malinois de restituer les personnes et l'argent dont ils s'étaient emparés, ils s'empressèreut de déférer à ses ordres, afin de ne pas en venir à une guerre ouverte *.
Sous le règne du duc Philippe le Bon, pendant Tété de l'année 1458, un violent incendie, allumé par le tonnerre, consuma à Waelhem 200 maisons, « et des meilleures > (van tien alrebesten)i une grande partie des habitants émigrèrenl alors, et les autres, qui se trouvaient tout a la fois dans l'impuissance de réparer leurs perles et de payer la cote du village dans la grande aide accordée au duc, cote qui s'élevait à 70 philippus, se décidèrent à quitter ensemble le pays. Heureusement, leur seigneur, sire Henri de Homes, intervint en leur faveur, et, de l'avis du conseil de Brabant et de la chambre des comptes, on les exempta du payement de l'aide, pendant une année (24 octobre 1458), puis, pendant trois ans, à partir de la Noël 1459 (18 mars 1459-1 460) 5 . Lors des guerres du règne du roi Maximilien, les habitants de Waelhem obtinrent une sauvegarde (17 octobre 1488), et se ressentirent peu, ce semble, des fâcheux événements de cette époque.
Sous le règne de Charles-Quint, de nouveaux malheurs vinrent accabler le bourg, qui commençait seulement à refleurir. Deux cornettes d'infanterie, en revenant de Copenhague, où elles avaient guerroyé pour le roi Christiern, beau-frère de l'empereur, y séjournèrent pendant trois jours,
» Divises. Annale» oppidt Lovan., I. IV, p. 3». 1 GTSELtCR-TlTS. t. II., p. îtf.
» Compte* de» aide» ât Urabant.
* Gtseleer-Tiiys, 1. Ci p. 4i.
* Comptes de» aide». — Voyez D'Bœck der tyden in t rorte, p. Î08. — V** Gesiel place cel incendie h la veille de Ne-Ol, en 1463.
en 1537, et y causèrent tant de dégâts que l'on dut accorder aux habitants une remise de cent carolus, sur leur cote dans l'aide de 400,000 carolus (12 novembre 1537). Peu de temps après, l'invasion du général gueldrois Martin Van Rossem leur fut encore plus funeste. Lorsque cet audacieux guerrier arriva sur les bords du Rupel, le ponton de Waelhem avait été enlevé, mais un détachement de ses troupes le trouva et le conduisit sur la rive septentrionale de la rivière 1 ; Waelhem et Duffel furent pillés et brûlés Quillet 1542). La première de ces localités obtint, pendant quelques années, une exemption complète d'impôts (18 juillet 1544); le 7 mars 1549-1550, on lui accorda encore remise de 180 florins sur le montant de sa cote. A la demande des États de Brabant et aOn d'éviter les accidents qui résultaient du passage en ponton, on se décida alors à établir A Waelhem un pont fixe, construit en bois; il fut commencé au mois de juin 1551 «. Le domaine racheta les droits de péage des seigneurs de Rumpst et de Duflel, et un octroi de l'empereur, daté du 20 septembre 1554, ordonna la levée, sur le pont, pendant trois ans, d'un veergelt ou droit de passage, double de celui qui existait auparavant. Il consistai! en neuf mites pour chaque piéton; un demi-sou par cheval attelé, par bœuf, vache, fine, chargé ou non; deux gros de Brabant par couple de chevaux, allant ensemble ; 8 miles de Brabant par brebis, porc, etc. On déclara exempts de ce droit : les reines douairières de France et de Bohème (Marie de Hongrie) et leurs serviteurs; le prince d'Orange, comme seigneur de Rumpst, le seigneur du pays de DufTel, et leurs serviteurs, mais seulement lorsque ceux-ci accompagnaient leurs maîtres; les habitants de Rumpst, de Boom, de Ter- Hage, de Waelhem, de Contich, d'Aertselaer, de Waerloos, de Niel, de Reeth, de Schelle, de Battenbroeck, pour eux et leurs chevaux ou chariots, quand la charge de ceux-ci se composait d'objets à eux appartenant; les religieux de l'ordre de Saint-François et les pauvres \
Lorsque la Belgique se souleva contre la domination espagnole, après la mort de Requesens, les États de Brabant chargèrent le seigneur de Frésin d'occuper Waelhem avec quatre cornettes du régiment d'infanterie wallonne de Mondragon, et de s'y fortifier, afin d'entraver les communications de la garnison d'Anvers avec celle de Lierre. Julien Romero, qui se trouvait dans cette dernière ville, comprit l'importance de cette démonstration, et partit aussitôt pour Waelhem, à la tète de quatre
« Selon le» Annecdnia Brurrllentia, les soldats de Van Rossom passèrent la rivière dans des cuves et furent en grand danger de périr ; mais, heureusement pour eu», personne ne leur opposa de la résistance.
« Annecdola Bruxelleruia.
•Original aux An-hit** dt RoMendatl
ou cinq cents arquebusiers et de la compagnie de cavalerie espagnole de don Bernardin de Mendoca. Afin de mieux surprendre ses ennemis, il simula une fausse attaque, et, pendant que toute l'attention des Wallons se portaitd'un côté de la place, il assaillitet emporta le bourg sans difficulté. Les soldats de Frésin, qui connaissaient la cruauté des Espagnols, s'empressèrent de fuir et de se disperser; quant à leur chef, il se retira dans l'église, où il se défendit quelque temps. Les assaillants ayant forcé ce dernier asile, il se réfugia dans la tour; mais il fut bientôt contraint de se rendre, et comme les Espagnols avaient mis le feu à l'escalier, il dut descendre par l'extérieur, au moyen de cordes. Waelhem fut ce jour-là, complètement saccagé et détruit, à l'exception de cinq ou six petites maisons (18 octobre 1570). Komero y laissa une garnison et retourna ensuite à Lierre En 1579, des bourgeois de Malines et des soldats à la solde des États généraux occupaient, près du bourg, un blockhuys ou fortin, et, à partir du 17 septembre 1580, on exigea un demi-sou de chaque personne qui passait en cet endroit. A la demande des États, la ville de Malines chargea l'architecte Jean Gerritse, d'AIcmaer, de construire des retranchements (een 6o//etrerÀ),à Waelhem Vers la fin du mois de novembre 1584, le baron de Hemert, qui voulait ravitailler Bruxelles, fut battu près de là par les Espagnols 3 ; enfin, en 4585, la prise du fort de Waelhem et de celui que se trouvait au Tongsken abattit le courage de la garnison de Malines et la décida à remettre cetle ville au prince de Parme *.
En 1647, Waelhem, DufTel, Wavre-Sainte-Catherine payaient encore une contribution aux Provinces-Unies. En 1648, des soldats occupaient qualreforlsdansles deux premières de ces localités. Le 18aoûl, legouvernement ordonna à leur commandant, l'écoutète de Lierre, de livrer huit ou neuf d'entre eux au magistrat de Bruxelles, sans doute parce qu'ils avaient maltraité des bourgeois de cette ville. Une carte intitulée le Théâtre de la Guerre et qui parut vers l'an 1700, nous montre un fort existant au Tonysken, et deux autres, aux deux côtés de Waelhem. En 1747, les Français construisirent, au grand détriment des habitants, un fort près du pont; ils le détruisirent entièrement, au mois de novembre de l'année suivante, la paix devenant imminente. A eelte époque, le bourg avait repris quelque splendeur. Vers l'an 1650,on y comptait encore un certain nombre de drapiers 8. En vertu d'un octroi daté de l'année 1689, 2,000 livres
* Dihotbcs, 1. III, p. 303. — Meadoc*, I. XVI, p. 345 — CUnutao. p. 94.
* Azi'.vldo, Vervolg dtrcronyke twn Mtchrlen. » Hiiloirtdt firuxrllet, 1. 1", p. 571.
* D.hothus. I. VI, p. 436.
* Guiccuiidik, «lit. de 1G39. p. 281
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furent dépensées pour réparer la chaussée qui traversait Waeiliem et où on levait un péage, dont les habitants du bourg et l'abbaye de Roosendael furent déclarés exempts, le 17 mai 170 V. A peu près dans le même temps, les Étals de Brabant firent construire la route de Malines à Anvers, où la circulation fut longtemps très-active. Cependant, malgré la paix et la tranquillité qui régnèrent en Belgique pendant presque toute la durée du dix-huitième siècle, VVaelhem ne vit plus renaître son ancienne splendeur. Au quinzième siècle, la franchise se composait de 566 maisons, soit d'environ 2,200 habitants; en 1570, la paroisse, qui était plus étendue que la franchise, ne comptait que 500 communiants. CechifTrediminua encore pendant les troubles de religion et ne se releva qu'avec une extrême lenteur; le nombre des communiants de la paroisse ne s'élevait : en 1742, qu'à 260; en 1762, qu'à 350, et, en 1769, qu'à 400.
Au mois d'octobre 1850, Waclhem fut le théâtre de quelques engagements entre les volontaires belges, commandés par le général Mellinel, et les troupes hollandaises. Les premiers, sortis de Malines, refoulèrent d'abord celles-ri dans le bourg, puis les en délogèrent; les Hollandais se retirèrent de l'autre côté de la Nèlhe, après avoir eu soin de couper le pont; leur chef, le prince de Saxe-Weimar, plaça une forte batterie pour défendre cette position, et se porta ensuite vers Lierre, où il attaqua le général belge Niellon. Forcé de se retirer avec perte, il rappela à lui les troupes qui se trouvaient au pont de Waelhem ; les volontaires de Mellinel rétablirent aussitôt le pont et coururent rejoindre le corps de Niellon, avec lequel ils combattirent vaillamment à Berchem et devant les murs d'Anvers 4.
Depuis celle époque, aucun événement important n'est venu troubler la vie paisible des habitants de Waelhem. L'aticienne animation du bourg a disparu, par suite de l'ouverture du chemin de fer de l'état. Ses maisons, qui sont généralement belles, forment une rue très-longue, mais offrant malheureusement uu aspect morne et désert. A son extrémité se trouve un beau pont sur la Nèthe; c'est un pont tournant, construit en bois, et long de 60 mètres. Il s'y lève un péage, sur la navigation, au profit de l'état. Au mois d'août 1814, on y a fait des travaux de réparation, évalués à 11,000 francs. Depuis l'année 1840,1e nombre des pauvres a considérablement augmenté, à Waelhem, dans le but de procurer de nouvelles ressources au bureau de bienfaisance, on y a ouvert, en 1845 , une exposition qui a produil 10,000 francs. Disons ici que le bourg possédait autrefois une léproserie5. Il s'y lient, de temps immérao-
1 Regittrei aux i hurtts de la chambre Jet complet.
« Dt LlOfftKi Uittoîre Je la révolution belgt, t. Il, p. 95.
« Domut leprourum, Hi6, 1439. Archives de Mahnet.
n'ai, ane foire qui dure huit jours, et dont la tenue fut fixée en l'an VII, par l'administration municipale du canton de Duiïel,au premier fructidor de chaque année. Un arrêté royal du 7 août 4818 a permis d'ouvrir, tous les ans, une foire aux bestiaux, chevaux, etc. La commune levait autrefois des accises; un octroi daté du 18 mars 1651 l'autorisa à répartir la cote du bourg dans les aides et les charges ordinaires, selon l'étendue territoriale des propriétés (op de hemelsche breyde).
Il y eut, à Waelhem, en 1432, en 1464 et en 1510, des lantjuweel de Parc; le dernier commença le 28 avril et dura six semaines. Des lettres de sauvegarde furent dépêchées, le 19 février de cette année, en faveur de ceux qui se rendraient a cette féle,el, le 26 février 1517-1518, à ceux qui viendraient à un tir du même genre, annoncé pour le printemps suivant. La gilde de l'arc de Waelhem assista, en 1551, au concours de Louvain, où les statuts du lantjuweel furent solennellement approuvés. Il y avait aussi des arbalétriers, à Waelhem. Ils parurent, en 1466, au tir de Lierre; en 1534, ils figurèrent dans le concours de l'arbalète, à Malines, tous entièrement vêtus de teneyten, avec des chapeaux blancs et des bas bleus, et accompagnés d'un grand nombre de chariots. Le prix de la plus belle entrée, pour les gildes des franchises, leur fut décerné, et ils obtinrent, en outre, le troisième prix du tir et le deuxième prix du jeu • . Il existe actuellement, dans leDourg, une société d'harmonie.
Le patronat de l'église de Notre-Dame, à Waelhem, appartenait au chapitre de Saint-Rombaud, à Malines. Conformément au diplôme de l'année 1254, le curé prélevait toute la dîme du bourg, qui rapportait, année moyenne, 449 florins; les deux tiers de celles du Papenbroeck, même dans les lieux plantés d'arbres ou d'arbrisseaux; les deux tiers de la Afwsche-lhiende, à Duffel-Perwez ; deux sections de dîmes à Wavre- Sainte-Catherine, et une troisième, où le curé ne prélevait que le tiers du produit, tandis que les deux autres tiers se percevaient au profit du seigneur. Une section de ce dernier village, particulièrement Roosendael, dépend encore de la paroisse de Waelhem. Un des curés, François-Joseph Praet, embrassa avec ardeur les doctrines jansénistes; le 1er mai 1729, il s'enfuit en Hollande, afin de ne pas signer le formulaire exigé des ecclésiastiques. Les trois chapellenies de l'église, celles de Notre-Dame, des Saints-Pierre et Paul cl de la Sainte-Croix, étaient toutes trois à la collation du prieur de Bethléem près de Louvain; on les réunit ensuite en un seul bénéfice, que l'on annexa à la cure. La dernière fut fondée le 12 octobre 1441, par Lambert Sanders, et sa fondation confirmée par l'évéque de Cambrai, le 4 juin 1457.
1 Dmuhci,1.c.i j> 3t>8
Du vieil édifice qui a vu se ruer contre ses murs les bandes de Van Rossera et celles de Romero, il ne reste plus qu'une tour massive datant, à ce qu'il semble, du treizième siècle. La porte d'entrée est du même style que celles des églises d'Ilterbeek et de Wolverthem; l'archivolte de sa belle ogive est ornée de plusieurs tores, reposant sur des colonnes à chapiteaux pseudo-corinthiens. Au sommet de la tour on remarque, sur trois de ses faces, un pignon triangulaire dans lequel se dessinent trois baies ou ouvertures simulées, affectant, vers le haut, la forme d'un trilobé; les niches qui occupent le milieu des pignons sont plus élevées que celles placées sur les côtés. Vers la façade, le pignon se transforme en un quadrilatère, dont les angles supérieurs rompent seuls la régularité, par la courbe qu'ils décrivent; ce quadrilatère se partage en deux parties occupées, celle du haut, par deux baies ouvertes, celle du bas, par cinq baies simulées; entre les trilobés qui couronnent celles-ci et le cordon séparant les deux étages du quadrilatère, se trouvent des moulures en forme de rosaces. La nef de l'église est séparée de ses collatéraux par deux rangées de colonnes supportant des arcades ogivales; elle est peu élevée et recouverte par un plafond. Après l'incendie de 157G, on se contenta découvrir de paille un des collatéraux, et l'on en fil une chapelle que l'évéque de Salubrie, De Vroede, bénit en 1577. Ce ne fui qu'en 161* que l'on s'occupa de la restauration de l'édifice : on adjugea alors, moyennant 4,250 florins carolus, les travaux de maçonnerie et de menuiserie jugés nécessaires. Mais le chœur continua à rester en ruines et, en 1855 seulement, on le reconstruisit, ce qui coula 15,000 fraucs. Comme on peut encore s'en assurer, il n'en subsistait que les fondements, qui sont construits en pierres, tandis que, pour la partie moderne, on a employé la brique.
Vers l'an 1700, le conseiller Coxie donna 1,000 florins pour entretenir une lampe qui brûlerait constamment devant le Saint-Sacrement. En 17G9, le jubé fut reconstruit, et, eu 178G, on fit de nouvelles feuétres à l'église. Celle-ci ne renferme rien de remarquable, à part deux beaux confessionnaux. Près de la porte d'entrée, on lit i'épitaphe de Marie- Anne de Norman , douairière de Jean-Philippe-Augustin d'Ooslerlinck de Boesdaele, morte le 2 septembre 1829, & l'âge de quatre-vingt-dixsept ans, et celle de François Vanderveken , colonel, commandant d'armes de Malines, officier de l'ordre Léopold, qui naquit à Waelhem, le 20 mai 1784, et mourut à Malines, le 15 juillet 1849, après avoir été marié deux fois : d'abord, à Thérèse-Laurence De Meester de Corswarem, puis à Jeanne-IIenriclle de Ravenne. Un beau mausolée de marbre noir, orné de médaillons de marbre blanc cl que protège une balustrade de style gothique, est placé derrière le chœur; il rappelle la mémoire de
C.-J. Scheppers, membre des États provinciaux, puis de la députalion permanente du conseil provincial de la province d'Anvers, échevin de la ville de Malines, mort le 28 septembre 1841, âgé de soixante-treize ans, de sa femme J.-M.-T. Estrix , morte le 7 octobre 1815 , à l'âge de cinquante et un ans, et de plusieurs de leurs enfants.
Waelhem a vu naître, en 1747, Pierre-François De Noter, architecte de la ville de Malines, mort âgé de quatre-vingt-trois ans, et, le 23 février 1779, son fils, qui reçut le même nom que lui, et qui mourut à Gand au mois de novembre 1842. Ce dernier avait fréquenté l'académie de Malines cl l'atelier du sculpteur Van Geel, lorsque les événements politiques vinrent suspendre complètement les travaux artistiques ; à vingthuit ans seulement, il se remit à l'étude. Il peignit d'abord de préférence, puis exclusivement, des hivers, des paysages, des vues d'intérieur, des églises. Il a aussi exécuté un recueil de gravures à Peau-forte, dont plusieurs d'après Hobbema. Sa femme, Marie De Keyser, lui donna un fils : Herman-Auguste, peintre et graveur, mort en 1837, à l'âge de vingt et un ans, et deux filles : Annette et Joséphine, qui peignent toutes deux les fleurs et les fruits. Son frère, Jean-Baptiste De Noter, cultive également les arts; il peint des intérieurs de ville
L'abbayb de Roosekdael. — Dans la première moitié du treizième siècle, un riche chevalier conçut le projet de fonder un monastère de femmes de l'ordre de Clteaux; après avoir longtemps nourri ce projet, il y renonça, parce qu'il n'espérait pas pouvoir le réaliser d'une manière convenable. Un jour cependant, il se rendit à Villers, dans l'intention de consulter à ce sujet l'abbé Guillaume. Il trouva dans la grange de l'abbaye ce saint personnage, qui ne le connaissait pas, et qui, cependant, le salua en ces termes : < Vous êtes sire Égide, qui venez m'entretenir de « la fondation d'une nouvelle abbaye; pourquoi n'accomplissez-vous < pas votre dessein? > Le chevalier, entraîné par les discours de l'abbé, n'hésita plus; de retour dans ses domaines, il fit venir quelques religieuses du couvent de Nazareth, près de Lierre, et les établit dans une localité située un peu à l'est de Waelhem, et à laquelle on donna le nom de Val des Roses, en flamand Roosendael *.
1 Voyez ces détails dans 1h«erzeel, Lerensen tctrken der Hollandsche en vlaemtche kuntt- BchiUm, enz , p. 3d8.
1 Consultez, pour les annales do Roosendael, Wicmass. Brabantia Mariana, p. 6M; — SiftDEftDS. Chorographta tacra Brabanfœ, t.\n; — Va!» Gestel. t. pp. 13* et 133. — Les archives du royaume possèdent un cartulaire et le chartrier de l'abbaye. Le cartulaire, que je u'ai pu consulter, date, dit-on, du treizième siècle; quant au chartrier, que j'ai exploré pièce par pie^e, il se compose d'environ un millier de chartes, bullea. etc., dont la plus ancienne remonte à l'année li*7 — La bibliothèque royale possède un maousent rédigé, en 1734. par le père récollct François vas Citsseii, et intitule: Korie hittorie vnn de rrt>mrlyrl,f ahdye tan Hootfn lart; on y trouve quelques données intéressantes.
Le récit qui précède est emprunté à une légende presque contemporaine Ce chevalier Égide devait son origine à la noble famille des Berllioul; c'est à lui que Rooseiidacl dut sa première dotation. Il y plaça ses deux filles, Ode et Elisabeth. Ode devint ensuite abbesse, et toutes deux furent enterrées devant le maltre-autel de l'église conventuelle, où l'on voyait autrefois, sur une plaque de cuivre qui était incrustée dans une pierre bleue, leurs effigies , avec cette inscription : hic jacet
VENERABILIS DOMINA ODA PRIMA ABBATISSA ET ELISABETH SOROR EJCS, FUNDATR1CES HUIS MONASTERII, FILLE QCONDAM NOBILIS V1RI DOMINI MGWU BERTHOUT DICTI SENIOR, DOMINI DE BERLAR, GEEL, Dl'FFEL, ETC., OBIIT 4247,
duodecima maii. En 1582, pendant les troubles de religion, ce monument fut transporté à Flcssingue avec d'autres matériaux provenant du couvent *.
En 1227, Gilles Berthout se présenta à Roosendael, devant l'autel de la Vierge, et là, avec l'assentiment de ses héritiers, en présence d'un grand nombre de nobles et de ministériels ou vassaux, il donna à la communauté les dîmes de Berlaer et de Gheel ». En 1235-1236, de l'aveu de son suzerain, Walter Berthout, il lui abandonna aussi toutes les dîmes qu'il possédait dans le Brabant, sauf la dtme de Beersel (charte datée du dimanche après la conversion de Saint-Paul); il lui fil encore abandon des dlmesdeLeflinghe,deLichtcrvelde et d'Ardoye,en Flandre*. D'autres Berthout comblèrent aussi les religieuses de leurs dons. Le jeudi après l'Assomption de l'année 1301, Henri Berthout, seigneur de Duflel et de Zeelhem, les gratifia d'une colline pour moulin à vent, qui se trouvait entre le monastère et Waelhem, probablement à l'endroit appelé, depuis plus de quatre siècles, de Bergen, les Hauteurs, et où l'on voit en effet un monticule \ Gérard de Duflel, seigneur de Rélhy, leur céda les dîmes de ce dernier village, en 1324 tt. Les ducs de Brabant exemptèrent le couvent de l'obligation de payer les tonlieux : Henri II, en 1246, et Jean II, eu 1312. Le roi Guillaume le prit sous sa protection et lui accorda le droit de conserver tous les biens qui lui seraient légués, justis modis, d'une manière honnête (diplôme daté du camp devant Aix-la-Chapelle, le 18 août 1248).
« Vila btali Arnulp YtUarien$is apuJ Âcta SS., t. V junii, p. 628. — L 'assertion de Brama y e ( Anhq. Mtchlin., I. III. § 10). que Roosendael date de l'an 1138, est donc inexacte. En 1789. lorsqu'on rédigea un état des biens du monastère, lachartede fondation n'existait déjà plus.
» C'est ce que rapportait un inventaire des documents do l'abbaye, rédige en 1718. et qui est cité dans l'état des biens, que nous avons mentionné plus haut.
* Optra dipl., t. II. p. 74V.
* lb,J, t. III. p. 99.
* Opdeberghtn atdatr, gemtynlycken gthctlen hel ttldeken op Je Berghen. 1568. « Optra tiipt , t IV, p. &92.
Mais ce furent surtout les souverains pontifes qui prodiguèrent » Ilo<>sendael les bulles et les privilèges. Grégoire IX prit les religieuses sous sa protection (Assise, le 13 de juin 4228), et comme elles se plaignaient d'être fréquemment insultées et de ne pouvoir obtenir justice, il déclara que ceux qui leur causeraient quelque tort, encourraient la peine de l'excommunication (Pérouse, le 7 mars et le 23 mai 4229). Quelques papes confirmèrent leurs privilèges (Innocent IV, le 44 février 4244; Urbain IV, le 4" décembre 4264 ; Honorius IV, le 5 avril 4286; Boniface VIII, le 5 avril 4299; Jean XXII, le 7 mars 4349, etc.), ou leur reconnurent le droit de jouirdeloutes les immunités accordées à l'ordre de Cileaux (Innocent IV, le 24 octobre 4253). Le 20 décembre 4254, Grégoire IX déclara qu'elles pourraient lever les dîmes novales là où elles percevaient les vieilles dîmes, et dans la même proportion , ce que lit aussi Innocent IV, le 9 février 4 244. Comme on les obligeait quelquefois à recevoir parmi elles des personnes dont elles ne se souciaient pas, défense fut faite d'user à cet effet de contrainte à leur égard, même par le moyen de brefs apostoliques, à moins que ceux-ci ne continssent une mention spéciale de la bulle à laquelle ils dérogeaient (25 juillet 4247). Autorisation leur fut accordée de retenir la succession de celles d'entre elles qui venaient à mourir, à l'exception seulement des biens féodaux (bulles d'Innocent IV, du 13 février 4 245 et du 4 4 juin 4246, et d'Alexandre IV, en date du 45 juin 4256). Quelques prélats ayant fréquemment sommé l'abbesse et les religieuses de comparaître dans des synodes ou d'autres assemblées, et les ayant excommuniées parce qu'elles ne s'y étaient pas rendues, le pape Innocent IV annula ces sentences, et interdit de convoquer la communauté pour des réunions semblables, à moins d'un ordre »xprès (28 mars 4252). En vertu d'une concession de son successeur, on pouvait ensevelir à Roosendael les corps de ceux qui désiraient y recevoir la sépulture, les usuriers reconnus et les excommuniés seuls exceptés (7 janvier 4256). A cette époque, le couvent confiait parfois ses animaux domestiques au gardien banal du village, dont on payait les services en lui abandonnant une partie des troupeaux ; cette partie n'était pas assujettie au droit de dime (bref d'Alexandre IV, du 25 novembre 4255).
L'abbaye s'enrichit rapidement, mais elle perdit bientôt un grand nombre de biens, qui ne lui payaient plus qu'un cens modique, ou qui étaient donnés à loyer à long terme, ou qui furent usurpés par des personnes influentes. Très-souvent, les chefs de l'Église autorisèrent le couvent à se remettre en possession de ces biens, ou à en faire excommunier les délenteurs. C'est ce que décrétèrent entre autres : Urbain IV, le 3 avril 4264 ; Nicolas IV, le 43 juin 4289; Boniface VIII, le 48 décembre 129G, le 27 avril 4297, le 31 octobre 4298, le 25 mars 1299 et le t il. »
4«r janvier 4302; Clément V, le 7 mars 4508 ; Jean XXII, le même jour > de l'année 1319; Benoit XII, le 18 janvier et le 7 mars 4337; Clément VI , le 23 février 1 344 et le 4« juillet 4 546, elc.
Une sainte fille jeta quelque éclat sur les premières années de l'abbaye de Roosendael. Elle s'appelait Ide, et vécut longtemps à Louvain, avant de prendre l'habit monastique. Les cinq stigmates de la passion du Christ lui furent, dit-on, miraculeusement appliqués, et elle reçut aussi le don de prophétie. On ne sait pas précisément à quelle époque elle mourut; mais ce doit être postérieurement à l'année 4220, car sa légende fait mention de l'ordre des Dominicains. Sa féle se célébrait le 45 avril
Au quatorzième siècle, on travaillait la laine à Roosendael ; du moins il s'y trouvait un atelier de tissage ( een werchuse van der teeverien, 4564), qui a\ait ses revenus particuliers. Au seizième siècle, les relations des religieuses avec l'autorité civile devinrent difficiles. Les magistrats de la franchise de Waelbem prétendirent les faire contribuer dans les aides ordinaires et extraordinaires, le ruytersgeldt et d'autres charges analogues; après avoir procédé en conseil de Brabant, les parties en vinrent à un accord qui fut conclu, en 1559, et par lequel l'abbaye obtint une exemption totale d'impôts, à la condition de payer par an 9 florins du Rhin.
En 1 567, le cloître de Roosendael fut saccagé par c une grande multitude de peuple, > venue de Malines et des endroits voisins *. Les dégâts furent réparés en 1570; le 27 octobre de cette année, Chislain, évéque de Salubrie, suffragant de Cambrai, bénit les quatre autels de l'église : ceux de la Vierge, du Nom de Jésus, de Sainte-Anne et de Saint-Jacques. En l'année 4576, l'abbaye fut pillée une seconde fois, par des troupes espagnoles sorties du château d'Anvers, et ses fermiers, accablés de vexations, se virent dans l'impossibilité de payer le prix de leurs fermages. Deux ans après, l'armée des États, qui, à deux reprises, campa aux environs de Malines, acheva leur ruine. Le monastère lui-même fut envahi, le 25 août 1578, par des soldats allemands, du prince Casimir, et complètement dévasté. L'abbé de Villers, en qualité d'inspecteur du couvent, autorisa l'abbesse à vendre ses biens ou à les hypothéquer, jusqu'à concurrence de 5,000 florins (Anvers, le 26 août 1578), et plus tard, on lui permit encore d'emprunter 42,000 (17 octobre 4580) et 5,000 florins (10 décembre 4584).
' Herrumih:. Quiuqur prudentes rirqines, OtC., pp. 298 a 439. — Mm.fcs. Chronirnn Ci*tereiense. — Rosh etok, Hntnria Errles. — RjusBirs, Auclar. ad Salâtes Molani . ad \Zaprit.
« Déduction et narration de lestai et conduirte de la ville d* Malines, durant les derniers troubles de if pays, publiée par M. GtciuftD. dons les Bulletins de la Commission royale d'histoire, t. XIII.
Les religieuses s'étaient d'abord réfugiées à Anvers; mais, au bout de trois mois, elles furent forcées de quitter cette ville et partirent pour Berg-op-Zoom, d'où elles se rendirent dans le pays de Clèves. Biles demeurèrent ensuite, pendant six ans, à Liège, dans l'habitation d'un gentilhomme, de la famille de Chénée. L'abbesse Anne Turcx, qui avait été nommée par le roi, le 1er juin 1575, revint, en 1586, à Malines, où elle se fixa, ainsi que sa communauté. Dans le but de rétablir quelque peu la fortune territoriale de l'abbaye, elle obtint du gouvernement l'autorisation d'acheter, tous les ans, pour 4 ,000 florins de propriétés (18 avril 1594). Catherine Defraisne, qui lui succéda (1598-1618), reçut de l'abbé de Villers l'ordre de rebâtir le monastère, qui avait été démoli, en 1582. Elle fit construire un dortoir, un réfectoire, une maison chapilrale, le grand bâtiment abbatial, deux ailes du cloître, la demeure du confesseur et du chapelain, deux portes d'entrée, des murs d'enceinte et les murs de l'église, jusqu'à la hauteur des fenêtres. Ce dernier édifice fut achevé en 1658 et orné, en 1684, d'un magnifique autel de marbre, que sculpta le célèbre Quellin d'Anvers, et pour lequel on dépensa 4,000 florins. Ce fut un architecte nommé De Neve qui reconstruisit l'abbaye, et probablement l'église.
L'abbaye reconquît, à la même époque, quelques-unes de ses prérogatives. Un édit du 21 juillet 1600 interdit d'enlever les grains des champs, à l'insu des religieuses, et avant le lever ou après le coucher du soleil; d'autre part, un jugement du conseil de Brabant défendit au maire, aux échevins et aux administrateurs de Waelhem d'envoyer des soldats prendre leur logement dans le monastère (27 juin 1629). Plus tard, une contestation assez grave troubla le couvent pendant plusieurs années. Après la mort de l'abbesse Marie Van Eywerven, les religieuses s'assemblèrent pour la remplacer, mais le gouverneur général, duc de Villa-Hermosa, n'eut aucun égard à leurs vœux, et nomma Benoîte Rfanriquez, bien qu'elle n'eût pas été proposée par elles, et qu'elle n'eût eu que cinq suffrages sur quatre-vingt-treize (20 mars 1680). Les réclamations de la communauté restèrent d'abord sans résultat : le prince de Parme, successeur de Villa-Hermosa, chargea le baron d'Oudenhoven et don Gabriel de La Torre, doyeu de l'église Sainte-Gudule, à Bruxelles,, de prendre des informations sur cette affaire (4 août 1681), et, sur leur rapport, il ordonna à l'abbé de Saint-Bernard de procéder à l'installation de la nouvelle abbesse, et aux religieuses de la reconnaître
« Un© lettre de l'abbesse. du 18 novembre 1779. insérée dans le manuscrit de la Bibliothèque royale, n- 17.6V9. dit que l'abbaye fut construite en 1661 et I église en 16^8; ce soot la, évidemment, les date* de l'achèvement des travaux. Voyez, à ce sujet. I opuscule du père v*» Cunua
pour leur supérieure (24 décembre 1081). L'abbé, mécontent de ce que l'autorité supérieure prétendait nommer aux abbayes sans avoir égard aux listes de candidats formées par les communautés, prétexta des affaires urgentes pour s'absenter et se rendre en Hollande; le gouvernement, ne voulant pas reculer, confia alors au primai de Belgique, l'archevêque de Malines, la mission difficile d'introniser sa protégée (6 avril 1682). L'opposition contre l'abbesse ne faisant que s'accroître, celle-ci comprit que c'était a elle à céder. Elle exigea d'abord qu'on lui fit une pension viagère de 800 florins, tandis que le couvent ne voulait lui donner que 300 florins par an; enfin, par un décret en date du 25 août 1682, le roi assigna à l'abbesse une pension de 700 florins (qui fut plus tard réduite à 500 florins), lui ordonna de se retirer dans un autre couvent de l'ordre de Clteaux, et déclara que ses parents seraient indemnisés des dépenses qu'ils avaient faites pour le payement de ses lettres-patentes. Cette décision fut accueillie à Roosendael comme un triomphe. L'abbé de Saint-Bernard, chargé de la faire exécuter, fit preuve, dans cette circonstance, de peu de charité chrétienne. Suivant une réclamation de la soeur Manriquez, ■ il la chassa comme une cri- < minelle et d'une façon si étrange., qu'une religieuse en gagna une c attaque d'apoplexie, dont elle mourut peu après. > Il fil ensuite sonner les cloches < comme pour une morte, > voulut qu'on allumât des feux de joie, « en forme de victoire, » et provoqua la nomination d'une nouvelle prieure. Puis, non content d'avoir donné à la majorité des religieuses ces preuves de sympathie, il causa mille désagréments à l'abbesse déposée: il interdit aux religieuses du couvent deMuysen, près de Matines, où elle s'était retirée par ses ordres, de communiquer avec elle, soit par écrit, soit de vive voix, et, dans cette défense, il comprit la propre nièce de la sœur Manriquez. Celle-ci se plaignit amèrement de sa situation au gouverneur général, et, tout en sollicitant l'autorisation de se retirer dans un couvent qui ne fût pas soumis à la juridiction de son persécuteur, elle demanda qu'on défendit à la prieure, Anne Rethan, de se qualifier de Madame. L'abbé reçut l'ordre de la faire traiter d'une manière convenable (4 mars 1685); elle resta à Muysen, et y mourut quelques années après. La sœurRethan avait, en 1680, obtenu la majorité des suffrages, et, en 1682, elle avait élé nommée prieure. Le conseil d'étal, ayant été d'nvis qu'avant de procéder au remplacement de Benoîte Manriquez, il était nécessaire de consulter une seconde fois les religieuses (3 décembre 1685), celles-ci se prononcèrent de nouveau en faveur de la sœur Rethan , que l'on se décida enfin & placer a la tète de la communauté (1684)
• Consulter pour ces événements, les .IrcAire* duconuil prit*, carton n« 13 W ; et Govt «s,
En l'année 1787, Roosendael était habité par trente religieuses, treize sœurs converses, et trois prêtres : un confesseur, un chapelain et un receveur. Parmi les dépenses, quis'élevaient, année moyenne, à 20,070 florins, figuraient la distribution de pains , tous les vendredis, à environ mille pauvres, et celle d'une certaine quantité de bière et de soupe à tous les malades de Waelhem et des hameaux voisins. Les receltes atteignaient 53,257 florins. La communauté exploitait elle-même, c'est-à-dire par ses serviteurs: à Wavre-Sainle-Calherine, l'enclos du monastère, comprenant 4 bonniers ; 20 bonniers de terres, 1 bonnier de prairies, 43 bonniers de bois, plantés de hêtres et de chênes, 7 bonniers de bruyères, que l'on mit en culture d»ns le dernier quart du dix-huitième siècle; à Waelhem, 4 bonniers de terres et un bonnier de prés ; à Batlenbroeck, le Aleerboscli,^ bois contenant 15 bonniers,et celui que l'on appelait den Swertendonck. Outre de grands biens dans la première de ces trois communes, et ses dîmes, elle possédait un refuge à Malines, un livre censal et des terres, à Melsbr oeck et aux environs ; des biens à Boort-Meerbeek, Berlaer, lieghem ; la Meehelnhof, à Leflinghe, que les religieuses avaient achetée, en 1244, au couvent de Spci maille; la ferme de Dyck, située à Duflel, dans l'enclos appelé den Stormachraiw, et qui lui avait été donnée en partie par Ode Berthout, en 1244; en partie, le 4 décembre 1C25, par la sœur converge Madelaine Verhaegm; un moulin à vent, à Batlenbroeck, etc. En 1783, les religieuses ouvrirent un pensionnat gratuit pour douze demoiselles nobles et autres, dont les parents auraient perdu leur fortune; mais, faute de postulantes, ce nombre de douze se réduisit a sept, et le couvent obtint alors l'autorisation d'instruire les jeunes lilles des villages voisins. En 1789, le gouvernement de Joseph 11, tout eu maintenant ce dernier établissement, exigea de l'abbaye qu'elle donnerait gratuilement l'instruction à douze demoiselles pauvres, choisies par lui. La révolution brabançonne amena, sans doute, l'annulalion de cette décision1.
Il ne resle plus aujourd'hui des bâtiments du monastère de Roosendael que la porte d'entrée, belle construction de pierres bleues, ornée de quatre colonnes doriques, qui supportent un fronton triangulaire, surmonté d'un grand vase. On y lit le chronogramme suivant : CVstoDIt sepes et aiiCet. — Porta MVnIt Vt plVs serVet (1777). Après la suppression de la communauté qui habitait le couvent, il passa à M. de Meuleuaere, dont le gendre, M. de Knyff, le possède aujourd'hui. Les
Van Gtttel annoté. Les dernières <ibb«sse9 du couvent furent : Norberte Vao Dtepcndael (1698). Luduino Vand.math (1719). Norberte Vandcnbergcn (1742), Agnès Uacghens (17o4) et Thérèse De Coninck (1789)
» Voyei, dans le carton précité, une longue déclaration, dotée des 17 et 18 avril 1789.
bâtiments, qui dataient presque tous du dernier tiers du dix-huitième siècle, ayant été démolis, cette propriété n'a plus d'importance comme habitation, mais elle comprend de beaux jardins, qui sont entourés et traversés par de grands fossés remplis d'eau. Il y a longtemps qu'on vante la beauté de sa situation, près d'une rivière continuellement sillonnée par des bateaux, et qui, jadis, permettait aux religieuses de gagner rapidement une ville voisine, lorsqu'elles étaient menacées dans leur retraite. A quelque distance à l'est de Roosendael,sur la limite de Wavre- Sainte-Catherine et de Duffel, dans une petite plaine entourée par des bois et par la Goorbeek, se livra, en 1747, un combat assez sanglant, entre un détachement français et une troupe d'Autrichiens.
Wavre-Sainte-Catherine. — Les habitations du village de Wavre- Sainte-Calherine 1 sont disperséesau milieu d'un immense entrelacement de chemins, de champs, de petits bois et de prairies, qui s'étend depuis les portes de Malines jusque près du bourg de Duffel. Par une circonstance assez bizarre et qui ne se présente nulle part ailleurs, croyonsnous, sa maison communaleest située à son extrémité occidentale, tandis que son église s'élève bien loin de là, à trois quarts de lieue vers l'est. Une partie de son territoire, où habitent environ 600 âmes, est soumise, sous le rapport spirituel, aux églises Saint-Jean et Sainte-Catherine, de Malines, et au templ« paroissial de Waelhem. Dans la fraction restante, on ne comptait : en 1570, que 400; en 4762, que 1,000, et, en 1769,que 1,030 commuuiauts; le nombre des non-communiants, c'est-à-dire des
• Wavre-Sainte-Catherine (S. Cathnrina de W'ae were, 1286; S. Kalelynen in Wavere. 130*; S" Katerinen prochie tan Waveren, 1319; \\" avéra Sanclœ Katarime, 133V; Wavre Sr" Katherine, H18), commune du canton de Duffel. a 5 I. 1/2 au N.-N.-E. de Bruxelles
Territoire : Eu 1686, le village comprenait 1.549 bonniers, dont 1 .245 de terre», U de prairies, 348 de bois, 30 de bruyères et 4 bonniers faisant partie du couvent de Rooseodael ; le revenu imposable s'élevait .. 29.855 florins. En 18V6. sur une étendue de 2.439 hectares, on y trouvait : 1.055 h. cultivés en céréales. 153 h. cultivés en plantes industrielles. 369 h. cultives en racities et fourrages, 164 h. de prairies. 9 h. de jardins potagers, f90 h. do bois, 37 h. de terrains vagues. 2 h. de jachères La verge linéaire avait 20 1/3 pieds de Bruxelles.
Nnm'ire d'habitation* : Voir Duffel- Perwez (plus haut. p. 642, note 4). —En 1C86, 18 chaumières. 3 brasseries. 26 auberges, 6 boutiques, 3 petites maisons de campagne ; en 1846, 685 maisons, dont 9 inhabitées.
Population : En 1786. 1.532 habitants ; en l'an VIII ; au 31 décembre 1831. 2.954 ;
au '.5 novembre 1848. 3.213. formant 576 ménages; 415 enfants recevaient l'instruction et • 364 personnes les secours de la bienfaisance.
Industrie -. 2 moulins à vent, dont 1 a été autorisé en 1844, 2 fabriques d'huile, 3 brasseries. 1 distillerie, 1 fabrique de chandelles, quelques métiers de tisserands montes sur de grandes proportions.
Dépendance» : Outre les localités citées dans le toxte, nous mentionnerons : les hameaux de Xieuicendyrk, Kretenberg, UolenJioeck ; les fermes dites i Uaenhof, dt Richterich, Linden hof, Ketnpeneer hof, Prêt» hof, Gatthuyt hof, Crancken hof; les châteaux de Dytk- »teyn, Lombaer hof, Hageltttyn etc.
Les registres de l'état civil commencent un 1606.
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enfants, étant, en 4762, de 400, la population totale s'élevait alors à 1,400 âmes seulement. Bien que, depuis une quinzaine d'années, on s'y plaigne de l'accroissement du nombre des pauvres et de l'insuffisance des revenus du bureau de bienfaisance, le paupérisme n'y a pas fait de grands progrès, la population n'étant pas trop considérable pour l'étendue du territoire.
Lorsque la forêt de Wavre eut été en grande partie mise en culture, on y éleva plusieurs églises, une, entre autres, dédiée à Sainte-Catherine; elle était déjà érigée en paroisse, en 4286, et elle avait un recteur ou curé, auquel Henri Berthout, après avoir reconnu qu'il tenait en Gef, del'évéque de Cambrai, ses dîmes novales de Wavre-Sainte Catherine, assigna, pour sa dotation, une rente annuelle de 5 livres 10 sous de Louvain sur le produit de cette dime (mercredi après la Toussaint, en 4293). Le dernier des Berthout qui posséda la terre de Duflei autorisa tous ses sujets de Duffel et de Wavre-Sainte-Catherine, eux et leurs successeurs, à planter des arbres le long des chemins, à front de leurs propriétés , et confirma aux habitants de ce dernier village la propriété d'un terrain vague ou bruyère, où ils avaient coutume de jouter (40 août 4362) «.
Dans les temps postérieurs, l'histoire proprement dite de la localité se réduit à peu de chose. L'arméedes États y campa au mois d'avril 1578; elle souffrit beaucoup de la pénurie d'argent, et une grande mutinerie ayant éclaté parce qu'on voulait faire justice de quelques malfaiteurs, le camp fut levé le 25 ».
« Hctnryck Bertbaut, hcrc van Duffle ende vnn Ghele. saluut met kennessen der waerheyt, doen te wetene allen don ghenen dio dese letieren zelen zien ochle horen lesen. dat ic hebbe gheorlooft. gheconsenteert ende ghegheven. min un lieden gbemeinleken wonende in minen lande , die toebehorende zyn der banc ender ghererhte van Duffel ende van Sente- Katliclinun in Wavcre, dat si onde hure nacomelinghe moghen setten boemen, hoe tenoghe dat si willen en alsoe meneghe alsi willcn, vore hare voerhoet ende voro haro lant. data to verstane. op de ghemeine strate ende op mine heerlicheit. data te wetene. encn boem lanxt gbestrecl vore hare lant, sonder eneghe argbelyst mesdoen jeghen mi ende minen nacomeliDgben, code vort meer de lieden van der proehyen van Sente-Kathehnen in Wavcre vorghenoemt ghemeinleko hebben een vroent ende con heyde liggendc in de vorghrnoemde prochyen van Sente-Katelinen. vore dat goet dat wilen was dergravinnen ende neven Wouter Goetghesels goet gheleghen, gbelyck dat dacr de strate overgeet, ende dat de vorghcnoemde liedc van der vorghenocrode prorhyen dese vorghcnocmde vroent ende heyde selon behouden. ghelyck dat si setoto liera gehouden hebben op te tornonc onde hore wille mede te doene. sonder te vercopeneochte fervote ghevene, ende oec aile arghelyst utogesceden, sonder enech begnpen ende sonder enech mesdopn ieghen mi ende minen nacomelmghen, ende omme dat ic. heer van DuHle ende van Ghele vorgheuoemt, wille onde begare dat dit sekor, vaste eude gestade klive don lande ghemenHik vorghenoomt. soc heb ic dose lettere bezeghelt met minen propren zeghele uuthanghende in konnissen der waerheyl. Ghegheven in '( jacr Ons Heeren die mon screcf M. CGC. tzestich ende twoe. op den tienden dach in augusio. en die mon ooe h cet oexstmaend. Exiroit de VmninBonrH. I. c. p. 114.
» Vas Lo«, Bewhryvmg dtr $lad Lter, p. 61.
L'immense territoire de la commune est aujourd'hui sillonné, au nord, par la route de Malines à Lierre, et, vers le sud , mais sur une étendue peu considérable , par la chaussée construite parla province d'Anvers, entre Malines et Heyst, à la suite d'un arrêté royal daté du
10 avril 1854, et qui depuis a été prolongée jusqu'à Zammel, au cœur de la Campine. Le 5 juin de chaque année, il se tient à Wavre une foire qui dure huit jours. La commune avait autrefois son échevinage particulier et possède encore quelques archives.
Jadis, les seigneurs de Duifel et le chapitre de Cambrai prélevaient, par moitié, les dîmes de la paroisse, sauf quelques-unes qui se levaient au profit de l'abbaye de Roosendael. Les dîmes du canton soumis à la juridiction du curé de Waelhem appartenaient à cet ecclésiastique, et d'autres, voisines de Malines : la Banckendonck thiende, la HuUenhout, la liefferthiende, elc, au chapitre de cette ville. Les dîmes novales se percevaient en entier au profil du seigneur. L'église de Wavre était regardée comme une fille, une annexe, de cellede Dufiel. Après la mort du curé Bosmans,qui vivaiten 1563, elle fut desservie par des prêtres gagés; ce ne fut qu'en 1C50 que l'on y envoya de nouveau un pasteur en titre. Suivant uu manuscrit cité dans la déclaration des biens de la cure, de l'année 1787, le curé André Smets étant mort de la peste en 1654, ses papiers furent livrés aux flammes, dans l'intérêt de la salubrité publique. En 1 757, l'archevêque fixa la compétence du curé à 550 florins par an, taux que le conseil de Brabanl ordonna au chapitre de Cambrai d'augmenter, le 17 mars 1759. Le 31 mars 1752, le même tribunal avait déclaré nécessaire l'établissement d'un vicaire, et fixé son traitement à 240 florins, payables par les décimateurs : 160 florins par le chapitre de Cambrai, 80 florins par celui de Malines. Une autre sentence du conseil de H cubant, du 11 février 1742, obligea le premier de ces corps à rebâtir la cure; elle est entourée d'eau, ainsi que le cimetière et l'église, et est contiguë à l'ancienne cure, que l'on a transformée en jardin.
Le 28 janvier 1610, les administrateurs (rcgeerdern) et habitants furent autorisés à lever, pendant huit ans, huit sous par tonne de bière, pour couvrir les frais de l'entretien de leur église et le payement du traitement de leur curé; cet octroi fut prolongé pour le terme de six ans, le 25 décembre 1615. De l'édifice qui existait alors, il ne reste plus rien.
11 s'y trouvait, dans le chœur, du côté de l'évangile, un tabernacle de pierre, construit en forme de tour; mais la manie de moderniser, qui provoqua, ausiècle dernier, tant d'actes de vandalisme, le fil détruire, en 1754, sous prétexte qu'il ne servait à rien *. La même année, le pavement
« Tnf#rnaitilum lapident», ptr modum turrtcMla. exliltt ante hàc, in chora, ad cornu Evungtlii; dettruclum anno 1754, yuia non tral uiliu$ u»u*.
fut renouvelé et élevé de six pieds. En 1782, les décimaleurs dépensèrent 7,600 florins pour restaurer et agrandir l'église; puis, ayant trouvé que deux travées de plus seraient nécessaires, ils levèrent encore!, 000 flo- • rins pour les construire. Elle fut consacrée le 28 août 1780. Dans ces derniers temps, on en a rebâti les transsepts et le chœur. Le devis des travaux projetés s'élevait à 49,Ii70 francs; on les a commencés, en 1846, et terminés l'année suivante. Le chœur a été tout récemment orné d'un beau pavement, ainsi que nous l'apprend celte inscription : ad piam —
PARENTUM ET SORORUM — HEMORIAH, — HOC PAV1MENTUM p(Ofll) c{umvit)
— JOSEPUUS. S. A. C G. — PANS1US. — MDCCCL.
Plusieurs tableaux de prix décorent les autels et les nefs de l'église. Sur le mailre-aulel on remarque une Elévation de la croix, qui ne manque pas de mérite ; à gauche, on voit la Vierge et l'enfant Jésus honorés par saint Jean, saint Bernard, sainte Catherine et d'autres saints, [oi\c peinte dans le genre de Crayer 1 ; la Descente de Croix, peinture remarquable, traitée dans le genre gothique; quatre grands panueaux, appartenant également à l'ancienne école flamande, et représentant : la Bésurreciion, l'Adoration des Bergers, la Mort de la Vierge, l'Assomption. Près de la porte d'entrée, à l'extérieur, on lit les deux inscriptions suivantes :
4° HIER OVER LIGGEN BEGRAVEN — DEN EDELEN USER, — MHER UENRICUS JOSEPHUS DEN BORGGRAEVE DE VILLERS, — DE SAULX, DE WAROUX, ETC. — REQUESTMEESTER VAN H ET — HUYS VAN HAERE MAJESTEYT DE — kEYSERINNE ENDE kONINGINNB — MARIA THERESIA, ENDE DAERNAER — VAN HUNNB MAJES- TBYTBN DE — kEYSERS RND8 DB kONINGBN — JOSEPHUS DEN II, LEOPOLDUS
— DBN 11 ENDE FRANCISCUS DEN II, — ENUB RAEDSHBER VAN HUNNEN — GROO- TEN RAED TOT MECHELEN, — 8TERF DEN 29 7'*' 4818; — ENDE DE EDELE VROUW ELEONORA — COLETA VAN GOBTHEM, ZYN — WETTIGR IIUYSVROUW, 8TERFT — DEN XI ALOUsTI 1796. 2° HIER LIGGEN BEGHAEVEN — DBN HBERE JOANNES BAPT1STA — FRANCISCUS \ AN DLW.IE L K , — STBRFT DEN 43 APR1L 4801 ; — 8YNB HUYSVROUW,— MEVROUW VANDKWIBLB, — GEBORBN HUYSMAN DE MER BOIS — ENDB HBYSBROECE, — STBRFT DBN 10 MEY 4816,— EN HUNNEN JONGSTEN ZONE, — HYAC1NTHUS JOSEPUUS — VANDENW1BLE, — 8TBBFT DBN 24 MBERT 1801.
En 4739, commença à Wavre, la dévotion à uue statuette de la Vierge, qui était fixée à un arbre, dans l'endroit dit de Drye Jioeyen {les Trois Verges)', on l'invoqua contre les fièvres* avec tant de zèle, qu'en l'année 4745,1e montant des offrandes dépassait 450 florins. En 4749, le fermier JeanJanssens obtint la permission de bâtir, pour cette image delà Vierge, une chapelle de vingt-quatre pieds de long; on demauda aussi, sans pou-
I Les anciens documents citent comme existant a Wavre un tableau de Smeyers, représentant Sainte Catherine, et qui aurait été payé 13 pistoles.
T. II. ,4
IIISTOinE
voir l'obtenir, l'autorisation d'y célébrer l'office divin ; seulement, les novices du couvent des Jésuites de Malines y enseignaient le catéchisme*.
Le territoire de Wavre Sainte-Catherine est arrosé par trois ruisseaux qui prennent tous trois leur source prés du grand chemin formant la limite de la commune vers Wavre-Notre-Dnme : la Maenhof beek, ÏOlterbeek et l'Ossendoncksche beek; ce dernier se jette dans la Nèthe, un peu à l'est de Roosendael ; les deux autres vont se joindre au Vrouwvlietj ou plus correctement Vryvliet, dérivation de la Dyle qui a reçu ce nom, parce qu'on pouvait y pécher librement. Non loin du Vryvliet ei h proximité de la route de Heyst, s'est formé, sous Wavre, un hameau qui continue le faubourg malinois dit le Pasbrugge, célèbre par son marché au bétail. Presque tous les établissements industriels de la commune sont concentrés en cet endroit, où se trouve au<si le château de Horgesteyn, ancien fief du pays de Malines, qui avait droit de pêche, droit de chasse, et droit de franche garenne; ce manoir fut bâti par Jean Vandensteen dit Schoonjans, que le magistrat de Malines, en 1400, condamna au bannissement pour avoir tué Arnoul Bauw, et qui fonda à Saint-Rombaud une chapelle dite de Schoonjans*.
Sur les bords et h proximité de POtlerbeek on remarque plusieurs belles villas, telles que Couwendael, Heysbrœck, Zorgvliet,qm est séparée de la précédente par le chemin de fer de l'état, et la maison de campagne de M. Dartevelle. Au commencement du quatorzième siècle, il existait en cet endroit deux seigneuries appelées V goet van Dusenghem et t goet van Merlebosch. Cette dernière fut acquise, vers l'an 1500, par Walter Bauw, bourgeois de Malines, à qui le seigneur de Du (Tel confirma le droit de percevoir les amendes pour les crimes et les délits qui s'y commettraient, et d'y instituer un tribunal devant lequel se passeraient les actes d'adhérilances et de déshéritances. Dans la suite, l'abbaye de Roosendael ajouta à ses domaines une partie des biens des Bauw et, entre autres, le bois dit 't Quade Midzeele; c'était à elle qu'appartenaient presque toutes les campagnes qui s'étendent des deux côtés du grand chemin dit YElstraet (le chemin des Aunes, Delstrate, 1525; de Hellestraete, Ferrakis, Hel&tstraet, 1789), aussi bien à proximité de la villa de M. Dartevelle et de celle de Fruytenborch, que du côté de la Nèthe. Le 13 mars 1386, Guillaume de Bornes, seigneur de Du (Tel, lui vendit, moyennant 1 ,200 florins pesants d'or, un bois d'environ 29 bonniers, appelé Midzeele ou d'Afydzeel, et situé entre les biens du chevalier Jacques de Duffel et ceux dits lleisbrvtc, d'un côté, et le Strybroec ou Pré du combat, de l'autre
• Architr* de la ntre de Wolvcrthem.
* DtmmcK, l. c, 1. 1", p. 57.
côté; c'est après le défrichement de ce bois que Tut bâtie la ferme dite Mitzeelhof. Trois fermes situées dans le voisinage, à proximité de l'Elstraet, appartenaient également aux religieuses de Roosendacl : YAerthof ou den Aer fut séquestrée, le dernier février 1439-1440, en garantie du payement d'une somme de 2,000 livres de gros tournois due par Costin Coelputte, d'Anvers' ; la Schriekhove fut achetée, vers l'année 1594,et la Goorhof, en face de laquelle on voyait anciennement la potence seigneuriale *, fut plus tard morcelée en deux parties, dont la seconde s'appela la Clooxterhove. En 1294, Jean Berlhout, seigneur de Gramines, et Jean, son fils, seigneur de Neckerspoel, vendirent à leur sœur Sophie, abbesse du monastère, toutes les bruyères s'étendant entre deux chemins, dont l'un était celui conduisant à Bruxelles, vers l'est (l'Elstraet, probablement). Tout près de Waelliem et de Roosendael on voit une ferme qui fut anciennement possédée, parait-il, par messire Jean de Duffele, fils de sire Henri deSchoeten(1597). Catherine d'Eckeren, à qui elle dut le nom de 't goet van Eekeren, la laissa à messire Jean de Stralen, qu'elle eut d'un autre gentilhomme de ce nom, et qui en vendit une partie à messire André d'Altuna, seigneur de Schooten, et à sa femme Anne d'Eckeren (3 septembre 1 Ci 5). C'est sans doute VEchelenpoel ou Echenpoel des temps postérieurs, que le généalogiste Vanderborch a habité. L'abbaye l'acheta égalemenl,eul675, moyennant 22,333 florins; mais le marquis de Deynze, en qualité de seigneur, prétendit faire annuler celle vente; pour conserver leur acquisition, les religieuses durent donner 2,184 florins, établir un lai-vesti pour relever les fiefs annexés k VEchelenpoel, et payer, tous les vingt-cinq ans, une taxe de 150 florins (14 juillet 1705).
L'abbaye avait encore, à elle appartenant, la Spruythove ou Xieuwenhove, qu'elle acquit, en 1436, d'Arnoul Vanderdonck; la ferme de Wickevorst, qui se trouvait sous la juridicliou de Malines, mais dans la paroisse de Wavre, et qui fut achetée par le couvent le 20 avril 1510; et enlin, le Grooten en Cleynileffendonck ou Offendonck. Cette dernière propriété se forma de quinze bonniers de bois et de bruyères, que les religieuses firent défricher, au mois d'août 1618; à celte époque, le collecteur des dîmes du seigneur de Duflel voulut en exiger la d'une, mais l'abbaye refusa, sous prétexte que le bien n'était pas assujetti à la payer, lorsqu'elle l'avait acquis; une sentence en date du 4 juillet 1619 lui donna gain de cause. L'O/fendonck hof est voisine de l'église de Wavre, non loin de laquelle ou voit aussi, près des limites de la commune de Duflel, la Bermontere ou iJertnontel hof, exploitation rurale de peu d'apparence,
» Dans les dépendances de l Atrtkof se trouve une parcelle de terre nommée den Ouden grooUn Sl«W (la Grande rtetllt Pierre).
» Utqut ad galgam $lantem ante dtclam curiam, 1435.
qui appartenait encore, il y a deux siècles, à la famille de Mérode, propriétaire delà terre de Duffel. Comme nous l'avons dit plus haut, le donjon que Ton voyait en cet endroit, s'écroula vers l'année 1S60; l'époque précise est 1 565, et ce fut alors que les échevins de la baronnie, qui y siégeaient, choisirent un autre lieu de réunion.
On n'a pas encore fait suffisamment ressortir l'influence considérable que les Berthout exercèrent dans tout le pays avoisinantMalines ; préoccupés de la guerre que ces seigneurs soutinrent contre les ducs de Brabant, et de leurs contestations avec les évêques de Liège, les historiens n'ont, généralement, vu en eux que des barons turbulents, dont la défaite, près de Grimberghe, fut un gage de sécurité pour le Brabant, et dont les querelles avec l'église de Liège furent nuisibles au développement de la ville de Mulines. Si la première partie de ces assertions parait fondée, la seconde n'offre pas le même degré de probabilité. Les Berthout jouèrent, à Matines, le rôle de protecteurs des intérêts et des libertés de la bourgeoisie; en outre, ce qu'on ne peut leur contester, c'est d'avoir répandu dans les campagnes dépendantes de leurs domaines, de nombreux germes de civilisation. La terre de Duffel nous présente des preuves nombreuses de cette assertion : partout ou y retrouve l'action bienfaisante d'une race seigneuriale éclairée. Tout y émane des Berthout : la délimitation ou la dotation des paroisses, la fondation du monastère de Roosendael, la codification des coutumes deWaelhem, et jusqu'aux travaux pour le défrichement du sol. Grâce à des efforts continuels, dont ils donnèrent le premier signal, l'antique Waverwald a complètement disparu, mais les traces de la domination des Berthout de Duffel sont également perdues, et de leur ancienne forteresse, il ne reste plus qu'une modeste ferme que rien ne distingue des habitations ordinaires, si ce n'est une ceinture de fossés à moitié comblés et remplis de joncs.