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un Seplime-Sévère, également d'argent; un Néron, un Adrien et une Lucilla, en bronze de grand module; deux autres Nérons, de moyenbronze, et, parmi les bronzes de petit module, un Tétricus et trois Constantin. Cette dernière circonstance permet de placer la destruction de l'établissement vers le milieu du quatrième siècle de notre ère, alors que les Francs-Saliens se répandirent dans la Gaule Belgique, à la faveur îles querelles qui agitèrent l'empire des Césars après la mort de Constantin le Grand. La quantité d'ossements humains que l'on rencontre confondus avec les débris de construction, ne laisse aucun doute sur le sort que subit l'ancien Elewyt; quelques noms de lieu semblent d'ailleurs en conserver le souvenir : ainsi, le ruisseau qui sépare Elewyt de IVrck et, en partie, de Weerde, se nomme la Baerebeek, le ruisseau des Cercueils ou des Tombeaux; il reçoit les eaux de la Doodtbeek, le ruisseuu de la Mort, qui vient de Campenhout, et celles de la Zwartebeek ou le ruisseau iVoir, qui forme la limite d'Elewyt vers Hever et Muysen. En aval de l'embouchure de la Zwartebeek, une longue bande de terrain qui sépare le Baerebeek de la Senne et qui dépend, en partie d'Elewyt, en partie de Sempst, porte le nom de Vriesenbrœck; une bande de Frisons a-t-elle concouru à la conquête de ce canton par les Francs et contribué a le repeupler? c'est là une hypothèse qui n'a rien d'inadmissible.
Elewyt fut longtemps borné vers l'est par de très-grands bois, dont il existe encore des débris autour du château de Schiplaeken et sous Bergh ; ils se reliaient par ceux de Perck et de Melsbroeck au bois de Loo. Tout ce pays, comme nous devions le répéter encore plus d'une fois, offrit longtemps beaucoup de bruyères, et, en 4686, Elewyt seul comptait encore 71 bonniers non cultivés. Cependant, des travaux de défrichement y ont été commencés de bonne heure. Les Romains y tracèrent une route qui traversait Elewyt en se dirigeant, d'un côté, vers Matines, où l'on o aussi trouvé des monnaies romaines, en dehors de la porte des Vaches, et, de l'autre côté, vers Wavre, par Perck, Steenockerzeel, Sterrebeek, Tervuereu, Duysbourg et Yssche. A Perck, on l'appelait jadis la Chaussée et le seigneur de l'endroit y levait un péage; aujourd'hui on la connaît plus particulièrement sous les noms de chemin de Wavre (à Elewyt, à Perck, etc.), de chemin de Numur (de Naemschebaen, 4669), ou de chemin des Wallons (à Steenockerzeel, Sterrebeek, etc.). Outre cette voie antique, il en existait d'autres moins importantes, qui lui servaient d'embranchements. L'une d'elles, que l'on désigne, à Elewyt, sous le nom de chemin d'Aerschot, à Weerde, sous celui de Steenbergh strate, la reliait à
I .[ru dea tteenwecli, te Ptrke, 141t. — Te BotCt, aen den xleenwerh. HV7. — lu parachia de Perke.juxla nom lupideam. 1415. - Un registre des lWs do Rrauant appelle «•*» chemin dm Quaden tlernirerh \i Maurame chaussée.
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In chaussée dont nous avons retrouvé les (races a Jetle, à Grimhcrghe, a Eppeglicm et à Sempst. Celte dénomination de chemin d'Aerscliot est également appliquée à un chemin allant de Vilvorde à Peulhy, à Perck et à Bergh; A un autre chemin qui passe su milieu du village d'IIumelghem {l'Ancien chemin de Bruxelles à Âcrschot) , h un troisième chemin partant de Duysbourg et se dirigeant vers le nord-est. Son origine remonte sans doute à l'époque où Aerschot formait une position importante, gardant le passage du Demer, alors que Louvain n'existait pas ou, du moins, n'était qu'une bourgade obscure. Un coup d'oeil jeté sur une carte expliquera au lecteur, mieux que ne pourrait le faire In description la plus détaillée, comment s'enchevêtrait ce réseau dé routes. L'ancien chemin de Wavre ou des Wallons est aujourd'hui compris, en partie, dans la route provinciale allant de Malines à Tervucren; ce sont les provinces de Brabant et d'Anvers, aidées par des subsides du gouvernement et par les dons des communes et de quelques particuliers, qui ont fait exécuter ce travail, vers l'année 1848.
Le village d'Elewvt. — Le trésorier du chapitre de Cambrai possédait anciennement le patronat de l'église d'Elewyt, qui fut annexé, en 1603, aux revenus de l'archevêché de Malines. Les abbayes de Grimberghe et de Grammont, la commanderie de Pilzenbourg, l'hôpital Notre- Dame a Malines et le seigneur du village se partageaient les deux tiers des dîmes, dont le dernier tiers (sauf sur huit bonniers de terres), ainsi que les dîmes novales et les dîmes des chairs, appartenait au curé; les dîmes novoles se réduisaient a peu de chose, parce que le territoire qui y était assujetti se composait presque en totalité de prairies souvent inondées, et de pâtures communales. D'anciens inventaires des archives du chapitre d'Anderlecht mentionnent une charte du duc de Brabant et de son fils, approuvant un accord conclu, eu l'année 1218, au sujet de la dlme d'Elewyt, entre ce chapitre et H. Accromoul et ses fils. Eu 1787, le curé avait, à cause de ses infirmités, un coadjuteur, auquel il donnait 230 florins par an. A l'église était annexée une ehapellenie de Saint-Nicolas, dont la collation appartenait à l'archevéqne et dont le possesseur célébrait la messe tous les vendredis. On se rend en pèlerinage à Elewyt, pour y prier le patron du temple, saint Hubert, afin d'être guéri des morsures des chiens enragés ; anciennement, on y conduisait les animaux, entre autres les porcs, qui avaient été mordus de la sorte1. L'église, qui était peu remarquable et peu ancienne, à l'exception du chœur et de la tour, a été entièrement rebâtie, il y a quelques années. Le 25 septembre 1847, le cardinal-archevêque, monseigneur Engelbert Slercx,
• TKIeicyrk met de rerrken* nt\cte%t die ran eenen rnienden hnndl (jehelen n-arren. Compte* de l'abbaye de Grand- Higard , pour / année 1 506 - 1 .307 .
en a solennellement célébré la consécration. On y voit une ancienne toile représentant le Sacre de Saint Hubert, et un Crucifiement, peint il y a soixante-cinq ou soixante-quinze ans, par Guillaume-François Herreyns. Le sacristain, outre ses médailles romaines, possède quelques tableaux, plusieurs petites compositions à la Teniers, deux Combats de cavalerie, etc.
11 y a actuellement une société d'harmonie à Elewyt. Le 28 avril 1629, les possesseurs des prairies et des terres marécageuses, situées dans les pâtures (weydebempden) d'Elewyt et de Weerde, et dans le Schouwenbroeck et le Vriesenbroeck, à Sempst et à Hofstade, furent autorisés à protéger leurs propriétés au moyen de digues d'été et à établir l'écluselte (arcke ofte grantgote) qui avait existé à la jonction de la Bierbeke (la Baerebeek, ou plutôt une de ses dérivations) et de la Senne. Le village d'Elewyt était soumis à l'autorité des échevins de Perck, à l'exception d'une faible partie de son territoire, celle qui entoure le cbâteaude Steen, où la justice était rendue par les échevins d'Eppeghem, au nom des seigneurs de Grimberghe, de la branche de Nassau.
Le cbateao de Stben. — Le château de Steen, auquel se rattache le glorieux souvenir du prince de l'école flamande, est situé à l'extrémité sud-ouest d'Elewyt, à l'endroit où la Baerebeek (qui s'appelle aussi en ccUndroitla Molekembeek) dessine une ellipse, un arc extrêmement concave. Presque tous les terrains voisins étaient anciennement la propriété des de Wilre ou de Wilder, qui ont laissé leur nom à het hoff van Wildere ou het hofften Kerckhoven, manoir voisin de l'église et qui fut successivement relevé de la cour féodale de Grimberghe, avec douze bonniersdclerreset un livre censal, par Jean de Wilre (vers 1474), par Jean de Vaulx, par maître Albert Bouwens (relief du 3 février 1563-1564), par maître Baudouin Bouwens, fils d'Albert, et par Marie, sœur du précédent, femme d'Arnoul Van Heyst.La Baerebeek, à partir d'un moulin jadis situé près de l'église d'Elewyt et jusqu'au Ctapêcbette-niolen ou moulin de Weerde, formait un fief que Rodolphe de Wilre tenait du duc de Brabant, dès l'année 131 2, et que ses descendants possédèrent près de deux siècles, avec le droit exclusif d'y pêcher. C'est à l'un de ses ancêtres, qui portait le même nom que lui, le chevalier Rodolphe de Wilre, que l'on doit, paraît-il, l'ouverture de l'ancienne dérivation allant de la Baerebeek vers la Senne; en l'année 1259, il fit commencer la construction d'un moulin situé entre Elewyl et Eppeghem (l'ancien moulin de Weerde?), mais les religieuses de la Cambre s'étantplainlesdu préjudice que cette usine allait causer à leurs biens, le sénéchal de Brabant, Gérard d'Yssclie, ordonna une enquête, :\ la suite de laquelle lemoulin reçut une pila ou un signum, c'est-à-dire une marque, un clou de jauge (acte d.u
ÎIISTOIIIE
mois de juillet 1259). Ce chevalier eut plusieurs (ils, entre autres: Adam, que l'on appelait tantôt Adam de Wilre, tantôt Adam d'Elewile, père d'Arnoul de Wilre; elGenekin, qui est cité, en 1265, parmi les vassaux du seigneur de Perck. En 1265 vivait le chevalier Walter d'Elewile, et, en 1291, le chevalier Henri de Wilre, qui donna à l'abbaye de la Cambre tous ses biens de Weerde; un gentilhomme de ce nom reçut les éperons dorés à la bataille de Woeringen, et mourut a Courtrai, en 1502.
En 1504 apparaît Arnoul de Z,apù/e (Vandensleen, De La Pierre) d'Elewyt, qui n'était autre, sans doute, que le fils d'Adam de Wilre cité plus haut; il dut probablement son surnom dcSteen au château qu'il fil bâtir et que nous voyons, peu de temps après, entre les mains de la branche aînée de la famille bruxelloise des Taye. Le chevalier Gisclbert Tnyc releva du duc de Brabant douze bonniers de terres à Perck et onze à Weerde. L'un de ses fils, nommé Rodolphe, fut, en outre, possesseur de Yhoff ten Steene. Après qu'il fut mort sans postérité, le tiers de ce bien échut à sa sœur Élisabelb, veuve du chevalier Jean de Bouchout et femme du chevalier Arnoul de Hellebeke; en 1370, Elisabeth et son fils, Daniel de Bouchout, renoncèrent à leurs droits sur ce tiers du manoir, en faveur de leur neveu Giselbert III, fils de Giselbert II, et petit-fils de Giselbert I Taye. Ce gentilhomme eut, entre autres enfants, un quatrième Giselbert Taye, et Rodolphe Taye Giselbert IV, qui devint seigneur de Wemmel par son mariage avec Marguerite de Helezies, laissa trois fils, tous trois surnommés d'Elewyt, pour les distinguer de leurs parents du même nom : Jean Taye, échevin de Bruxelles en 1409 et en 1421, amman de la môme ville en 1419, mort sans laisser d'enfants légitimes; Henri, qui fut la tige des seigneurs de Wemmel et de Goyck du nom de Taye, et Giselbert, seigneur de Libersarl, qui n'eut pas non plus de postérité. Lors de son mariage avec Marguerite de Bouchout, en 1454, Henri était possesseur de Yhoff ten Steene.
Hubert, fils de Nicolas Oudart, tint en fief des seigneurs de Grimberghe de la branche de Nassau, Vhoff ten Steene, avec sa tour, des eaux, etc., et un autre fief composé de douze arrière-fiefs comprenant dix bonniers de pâtures, de prairies (eusselen) et de terres; il les laissa à sa fille Elisabeth (reliefs du 3 novembre et du 4 décembre 1578), femme de Jean De Borchgrave. Un fils de ceux-ci, Thierri, qui fut sergent-major de la ville de Louvain, et capitaine d'infanterie au service du roi d'Espagne, releva les deux fiefs pour lui et ses frères, le 15 juillet 1586. L'année précédente, après la soumission de Bruxelles au prince de Parme, le château de Steen avait été occupé par le seigneur de
» Une fille de Rodolphe, Marguerite Taye. laissa u si tille, Jeanne Happaert le? lieTs de ses oiinMres a Weerde et b Perck.
Maulde, Paul de Carondelel, un des plus vaillants capitaines de l'armée royale. 11 y tint garnison jusqu'à la reddition de Malines, avec la moitié de sa compagnie de cavalerie et la moitié de celle du seigneur de Goegnies. Une nuit, pendant qu'il était absent, le seigneur de Beniastre, capitaine d'une cavalerie de lanciers au service des Étals, vint attaquer le château, vers les douze heures; Michel Defaux, caporal de la compagnie de de Maulde, monta aussitôt en selle et, à la téte de ses soldats, chargea les assaillants et s'empara de Beniastre, mais celui-ci avait placé son infanterie en embuscade dans un chemin bordé d'arbres; elle le délivra et s'empara de Defaux, qui fut tué, parce qu'on le prit pour son commandant. A quelque temps de la, celui-ci s'avisa d'un expédient qui ne témoigne guère eu faveur de son humanité : les Malinois, pressés par la famine, coupaient dans les campagnes voisines de leur ville les blés encore verts, et en faisaient du p<iin, aprôs les avoir séchés dans des fours. De Maulde, pour leur enlever cette ressource, fit emmener de Bruxelles les grandes échelles dont on se servait en cas d'incendie; on les plaça côte à côte et des chevaux les traînèrent à travers les campagnes, de manière à briser tous les grains qui s'y trouvaient ».
Messire Thierri De Borchgrave, messire Engelberl, son frère, et Cécile et Françoise, leurs sœurs, de concert avec leur père, vendirent Stecn a Marie-Christine d'Egmont, veuve d'Oudart de Bournonville, premier comte de Hennin (10 juillet 1586). Cette noble dame épousa ensuite, en secondes noces, le comte de Mansfeld, guerrier redoutable, fils de ce Mansfeld qui servit si longtemps Charles-Quint et Philippe II, et qui fut deux fois gouverneur intérimaire des Pays-Bas. Son fils Alexandre, premier duc de Bournonville, cédaà messire Jean deCools, seigneur de Corbais, la seigneurie de Steen (22 décembre 1622), qui consistait alors en un château avec pont-levis, tour, fossés, etc., des terres, des pâtures, des eaux, d'une contenance totale de soixante bonniers environ, des cens, des rentes, des hommages. Cools la greva d'énormes hypothèques et fut enfin menacé de prise de corps; entre autres charges qui grevaient alors l'ancien patrimoine des Taye, nous citerons une rente féodale de 125 florins du Rhin, par an, que le chevalier Antoine Van Dyck acquit, le 29 mars 1634, de François Van Gameren. L'illustre maître de Van Dyck, le célèbre Pierre-Paul Rubens, et sa seconde femme, Hélène Forment, devinrent possesseurs de Steen, moyennant 95,000 florins carolus de 20 sous, et à la suite de lettres de décret datées du 12 mai 1635, obtenues parle seigneur de Limelette, Etienne Huleth (1 2 novembre 1 635) .
Le chef de l'école flamande aimait à se retirer dans sa charmante dc-
1 Mimoirti gf'ntalflgirfw% pour tenir à I hiêtotrê drs /\jy-/?a«. !. I". f> 302
raéurc de Steeo, au milieu d'un pays dont la verdoyante végétation, les belles prairies, les vastes horizons, ont souvent inspiré son pinceau, t C'est là, a dit un spirituel écrivain, que se tenaient ces glorieuses « cours pléniéres d'artistes, dont les grands vassaux étaient Vnn Dyck, t Jordaens, Teniers, Théodore Van Thulden, Rom hauts, les deux « Zeghers, Jean Wildens et tant d'autres! Réunions charmantes et plei- « nés d'intérêt, où des princes briguaient la faveur d'élre admis. Le « château de Steen était un lieu toujours ouvert aux pauvres diables ■ d'arlistes, que la munificence du prince de l'école flamande ne ren- « voyait jamais les mains vides '•. » Rubens et sa femme annexèrent h la seigneurie de Steen un fief voisin dit het hoff te Attevoorde, qu'ils achetèrent, le 25 septembre 1658, à maître Jacques De Gouy, greffier de la baronnie de Grimberghe, et à sa femme Marie Le Begge. Il se composait d'un petit livre censal et d'une cour féodale de vingt-sept petits fiefs, et avait appartenu a Catherine d'Attenvoirde (1474). Attenvoordc relevait de la cour féodale des deux seigneurs de Grimberghe.
Après la mort de son premier mari, qui expira à Anvers le 50 mai 1640, Hélène Forment se remaria a Jean-Baptiste de Broeckhoven, chevalier de Saint-Jacques, seigneur, puis, par création du 9 décembre 1676, comte de Bergeyck, commis des finances, et ensuite, depuis l'année 1663, conseiller du conseil suprême des Pays-Bas h Madrid, envoyé extraordinaire en Angleterre, ambassadeur au congrès d'Aix-la-Chapelle en 1668, mort en 1681. Le 2i décembre 1659, en allant rendre visite, à Malines, à la princesse de Condé, qui se proposait de rentrer bientôt en France, le gouverneur général, marquis de Caracena, accompagné de sa femme et d'une suite nombreuse, passa à Steen et y dina ; le lendemain, il y revint à cinq heures, et y resta toute la journée suivante, jusqu'après le dîner *.
Le comte de Bergeyck perdit sa femme en 1673 ; il se remaria à Marie- Françoise Dennetières, et mourut en 1681. Il fallut alors vendre Steen, pour sortir d'indivision. Ce bien appartenait à Claire-Jeanne Rubens, femme de Philippe Van Parys, chevalier, seigneur de Mercxem, Dambrugge, trésorier général des Étals de Brabant, pour cinq seizièmes et demi ; à François Rubens, avocat au conseil deBrabanl; à Pierre-Paul Rubens, prêtre ; à Alexandre et Catherine, enfants mineurs de François Rubens, conseiller de Brabant et de Suzanne-Gratienne Charles, également pour cinq seizièmes et demi;tousenfantset petits-enfants de Rubensetdesa seconde femme; à Jean de Broeckhoven , com te de Bergeyck , baron de Leefdael, aux enfants mineurs de Catherine, sœur du précédent, et de Gilles-Dominique de Pape, chevalier, garde-chartres du Brabant, à Louise-Denise, fille mineure d'isa-
' Vrior Jniv. riutis la Drl'ji'/uc monumentale, t. I", p. 217 a filiations vèntat>le$
DES ENVIRONS DE RRl'XELLES .
belle-Hélène de Broeckhoven cl de don Emmanuel-Joseph Cortizo, chevalier de l'ordre de Calatrava, marquis de Flores, contador major des domaine» du roi, grand prolonotaîre el conseiller de ceux de la Cruzade et contador major des trois ordres militaires de l'Espagne; à Hyacinthe-Marie de Broeckhoven, maître des requêtes au grand conseil de Malines, et A son frère Nicolas, greffier des finances, tous enfants ou petits-enfants issus du second mariage d'Hélène Forment. Hyacinlhe-Marie et Nicolas de Broeckhoven achetèrent Sleen à leurs cohéritiers, moyennant 42,555 florins du Rhin de 20 sous (relief du il janvier 1683). De même que 3on frère aîné, le comte de Bergeyck, Hyacinthe-Marie de Broeckhoven hérita de l'influence dont son père avait joui. Après avoir été successivement membre de plusieurs des conseils du gouvernement, il devint président du grand conseil de Malines, en 1699. Les seigneurs de Poederlé et de Celles, ayant vendu la maison seigneuriale de Steen à Lancclot de Gottignics, au nom de leur pupille Nicolas de Broeckhoven (1 1 novembre 1688), celui-ci, plus tard, en sollicita et en obtint le retrait (12 novembre 1689). Mais, bientôt après, Steen cessa de nouveau de lui appartenir.
Pierre de Provyns, gouverneur de l'académie de Bruxelles, el sa femme, Marie-Isabelle Stevens, laissèrent Steen à leur fils George- Théodore, seigneur d'Epsvoort, qui fui créé baron de son nom le 4 mai 1726. Après celui-ci, le manoir passa a Alberline-Françoise de Wynants,quifut enterrée à Elewyt, sous une tombe portanteette inscription : CY GIST — NOBLE DEMOISELLE ALBERT. FRANC. — DE WYNANTS, DAME DE STEEN, — ATTEVOORDE ET 0VERBEKE, FILLE DE— MESSIRE PIERRE MELCHI., COMTE — DE WYNANTS, EN SON VIVANT — CONSEILLER DU CONSEIL S0UVER. — DE BRADANT, ET DE DAME CATH. — CONGAERT, DÉCÉDÉE LE 30 N0VEMB. —
1771. Cette dame légua Steen, par testament en date du 26 novembre 1771, à ses deux frères. Jean-Baptisle-Gosuin, comte de Wynanls, seigneur de Houtain-le-Val el de Sart-Dame-Aveline, conseiller et directeur des archives du gouvernement, en devint l'unique propriétaire le 3 mars 1772. el le céda, moyennant 21,402 florins de change, a Laurent- Benoit Dewez, architecte du prince Charles, et à sa femme Marie-Françoise Merlens (5 novembre 1773.) Le nouveau propriétaire de Sleen, qui se retira ensuite à Grand-Bigard et y mourut dans l'obscurité, après avoir doté la Belgique de plusieurs beaux édifices, dirigeait alors la construction de la maison de force de Vilvoide. Après l'achèvement de ce travail, pendant lequel il eut bien des contrariétés à essuyer, il s'occupa d'agriculture, et voulut ériger, près de son château, à Elewyt, un moulin à eau, qui an rail clé activé par des eaux venant de la Senne, et se jetant dans la Wullebeke, affluent de la Dyle(|»ar la Baerebeek). Ce projet
rencontra beaucoup d'opposition de la part des villes de Bruxelles et de Màlines et du seigneur de Perck, soit parce qu'ils possédaient des usines aux environs, soit de crainte que le nouveau moulin ne nuisit à l'écoulement des eaux. Il obtint cependant l'objet de sa requête, à charge de payer au domaine une redevance annuelle de 12 rasières de seigle (29 mars 1781). C'est de ce temps que date le Steenvaert, petit canal allant en ligne directe de la Senne à la Baerebeek.
Le château de Steen appartient aujourd'hui à M.Charles Coppens, de Gand. Il est bâti en briques, et entouré de fossés formant un quadrilatère allongé et qui enceignent aussi le jardin. Le corps de logis principal forme un donjon, dont les pignons latéraux sont à angles rentrants et sortants; le toit des façades antérieure et postérieure offre une petite lucarne surmontée de clochetons carrés, imitation des légers clochetons de l'art gothique. A l'un des angles du donjon se dessine une tourelle exagonale. Les bâtiments latéraux sont moins élevés et d'inégale grandeur ; des pignons crénelés, des fenêtres à gros meneaux de pierre, et des cordons de pierre, qui séparent les différents étages du château, en forment toute l'ornementation. Seulement, la porte d'entrée est en ogive, et, au-dessus de cette porte, on remarque une niche gothique à nervure trilobée. C'est dans une haute salle située au-dessus de la porte d'entrée, que peignait Huhens, si l'on en croit la tradition. Il s'y trouve une grande cheminée, dont la construction date au moins de celle époque*. Lorsque Dewez. acquit celte demeure illustrée par tant de grands souvenirs, elle comptait encore plus de dépendances qu'au temps de Rubens. Il acheta, en même lempsque cette propriété, le cens seigneurial deSteen, relevanlde la cour féodale de Perck ; un cens à Eppegliem, la ferme d'Overbeke, située sur le chemin d'Elewyt â Eppeghem, et relev'ant des deux seigneurs de Grimberghe* ; un livre féodal d'un plein (ief et de sept petils fiefs, tenus des mêmes seigneurs; un livre censal relevant de la seigneurie de Ter- Borght, et enOn, un autre cens tenu en alleu du souverain, â Bergh.
Autres fiefs et châteaux, a Elf.wyt. — Outre les fiefs que nous avons eu occasion de citer, il en existait quelques autres, à Elewyt. En 1474, Jean de Schoonhoven,et, en 1506, Jacques T'Sermentens, relevaient du seigneur de Perck la seigneurie de Steentrinckele, qui comprenait une cour féodale de 50 hommages, un livre censal ayant un maire et des tenanciers jurés; un manoir, sept bonniers et demi de terres, elc.Mar-
1 HtsRT Mogfort. dans la Hervé de Belgique, U'sone, tome III. p. iua. Le château doStecn a souvent été reproduit en gravure, entre autres dans la Dchjtque monumentale et dans la Hnut <le fiflyique. I. c.
» fiterMe fut relire, vers 147V. par Jean d'Overbeke, et, le î! novembre 1570, par Josse,
(Ils lie lasse d'Overbrkt
guérite, fille de Jacques, la donna à l'abbaye deRoosendael, qui la vendit, le 29 juin 1570, eu échange d'une habitation située à Matines, dans la ttleekstrate, prés de la Berthouts-ltoff, et ayant appartenu aux héritiers de Jean Colin. Les religieuses avaient résolu de se retirer dans celle ville, à cause des dangers auxquels le monastère était exposé, mais leur ancien refuge, dans la Zeebstrate, n'était pas assez spacieux. Ce ne fut toutefois qu'en 1591 que cet échange put s'opérer.
Les fiefs tenus du duché de Brabant par les de Wilre, échurent, dans la suite, aux Van Waelhem, dont le dernier descendant mâle, Jean Van Waelhem, fut enseveli à Elewyt, sous une pierre sépulcrale portant ces
roots : HIER LIGT BEGRAVEN JONGLER — JAN VAN WAELHEM, HEER VAN — TER- BORGT, LESTE MANS HOIRS — VAN DE EDELE EN OUDT GESLAGT — VAN WAELHEM, EN OVERLEUEN — DEN 12 NOVEMBRIS 1666, GETROL'WEN — HEBBENDE ANNA MARIA — VAN REVSWICH, OVERLBDEN DEN — 8 MEY 1705.
Sa fille, Marie-Aune (r. du 9 janvier 1669), épousa, en 1664, Jacques- François Godin, seigneur de Beaumetz et Merlicourt, créé baron de son. nom, en 1704; elle en eut François-Hyacinthe, baron de Godin (r. du 4 janvier 1707 et du 4 février 1734), père de François-Hyacinthe, baron de Godin, capitaine d'infanterie, mort à Bruxelles, en 1780; et de Jean- François-Louis (r. du 21 juin 1780), père de François-Joseph-Louis de Godin, qui releva les fiefs d'Elewyt pour lui.
Eu 1547, Jean de Wilre relevait de la seigneurie de Kestcrbeek, à Tourneppe, la court et censé Ter-llorcht, à Elewyt, avec 17 bonniers de terres, de prés, de bois et de pâtures, une cour féodale de 24 hommages, dont quatre pleins-fiefs, 72 tenanciers, le droit d'adhéritanceetde déshéritance; les Van Waelhem elles Godin se transmirent aussi ce domaine. L'ouvrage de DeCantillon 1 nous offre une représentation du château de Ter-Borcht, tel qu'il existait il y a plus d'un siècle. C'était un manoir bâti dans le style renaissance et entouré d'eau; il fut reconstruit au siècle dernier et a été démoli presque en entier, il y a dix ans environ; c'est actuellement une propriété de la famille de Liedekerke, située dans la partie septentrionale de la commune, à Neder- Elewyt. Entre ce manoir et la Zilvcrbempd, on trouve un autre pelit château, nommé Diependael.
La seigneurie de Perce ». — Perck qui , très-probablement, n'était, dans le principe, qu'un grand bois servant de parc {parais, perck), nous
1 T. II. p. 154. — Le Ro». Cattella et pra-ioria
» Perck (Perkt, 1192, 1243. 130*, 1338; Partir, 1393; Percke, H35; Porc. I6S3). commune du canton do Vilvorde. a S 1/4 I. au N. E. rie Bruxelles. Ttrriiotre En 1686, le village comprenait 659 bonniers, dont 459 de terres, 82 de prai- T H.
apparaît dans la charte de liberté de Vilvorde, comme un alleu de la famille de Schoten (allodium domini Godefridi de Scoten in Perke). Celte noble lignée, dont le nom révèle l'origine écossais»*, possédait de grands biens dans le Brabant,et, entre autres, la terre de Brèda. Vers les années 1118 et 4450 vivaient Amelric Scotto, son Ois Amelric Scot et le fils d»> celui-ci, le chevalier Godefroid, qui, en l'an 1 158 environ, abandonna à l'église de la Chapelle, à Bruxelles, cinq bonniers et demi de prés, formant un fief relevant du châtelain de Bruxelles, Franco. En 4160, Engelbert de Schoten abandonna h l'abbaye de Villers son alleu de Scholen, dans la Campine, et Henri de Scholen fut un des témoins du contrat de mariage du duc Henri 1er, en 1170. Vers l'année 119*5, le fils d'Engelbert, Godefroid de Schoten, le premier seigneur de Porelt qui soit connu, déclara tenir en fief du duc de Brabant son château deBréda; en 1205,
11 signa le traité conclu entre ce due et le comte de Hollande, et par lequel ce dernier renonçait à ses prétentions sur Bréda; en 1212, il s'accorda avec le duc Henri I'rau sujet de la perception des tonlieux sur l'Escaut et au sujet de la condition de leurs vassaux respectifs. Il figure dans presque toutes les transactions de son suzerain avec les princes voisins, et s'y qualifie, tantôt de Godefroid Scoten, tantôt de Godefroid de Bréda. Sa veuve Lntgarde, que Henri Ier appelait sa cousine et honorait du titre de noble dame, avait hérité des biens de Godefroid de Bheenen, évéque d'Utrecht, et de son frère Gérard; en 1219, elle et son fils aîné Godefroid, de l'aveu de ses autres enfants : Gilles, Henri, Sophie et Béatrix, fondèrent pour les âmes de Godefroid de Schoten, de l'évéque dTtrecht et de son frère, et des parents de Lutgarde, une messe quotidienne dans l'abbaye de Saint-Michel, à Anvers, et la dotèrent d'une rente de
12 livres de Flandre, hypothéquée sur les biens de Lutgarde, a Perck, et
ries, 109 de bois. 8 d étangs ; le revenu imposable « élevait à 1 1.159 florins. En 1846. sur une étendue lotalede 780 hectares, on y trouvait : 425 h. cultives en céréales. 17 h. cultives en plantes industrielles. 113 h. cultives en racines et fourrages. 36 h. de prairies. * h. de vergers, 16 h. de jardins potagers, 136 h. de bois, v h. de jachères. La verge linéaire avait 18 1)3 pieds de Bruxelles.
Nombre d habitation* : En 1435,81; en 1480. 24; en 1525. 67; en ItiKtî. 60 maisons, des fermes, 2 châteaux. 1 huys tan commorftttyt . 6 auberges. 1 brasserie, 4 boutiques et ateliers; en 1tf4b. 199 maisons.
Populatwn : En I78ti, 833 habitants; en l'an VIII, KM ; au 31 décembre 1831. 1.021 ; au 15 novembre 1846. 1.103, fomiant SOI ménages; 158 enfants recevaient l'instruction, et 248 perïonncs les secours delà bienfaisance.
Indu* trie 1 moulin a vent. 2 brasseries, 1 distillerie.
Dépendance » : L»>s hameaux de liouckt (ttukt. 1*219 ; Hoketh, 1243; Ter-Itecht, 1525; TY- Boeck, 16t>5), Huynhovtn (l52o;. LanUacktr (1525), etc. ; différents châteaux et fermes cites dans le texte.
Les registres de 1 état civil commencent en 1640.
spécialement, sur sept bonniers de terres et sur une dlrae qui se levait sur soixante bonniers au hameau de Bocht.
Godefroid II de Scoten étant mort jeune, son frère Égide, seigneur d'Alphen, se brouilla avec le duc, puis se réconcilia avec lui, en 1232. Égide s'obligea alors à restituer ce que les siens avaient enlevé aux sujets de Henri; en outre, il promit de livrer à ce prince le château de Bréda, et de prélever une taxe, pour son entretien, sur sa terre de Bréda. De son mariage avec Oliviére, Égide eut deux enfants: Guillaume, seigneur de Bréda, et Isentrude, dame d'Alphen. Iseritrude, à qui l'on donne, en 1 246, la qualification de nièce du duc ( c'était alors Henri 11 ), épousa d'abord Gilles d'Audenarde, puis le chevalier Godefroid de Wesemale, frère d'Arnoul, seigneur deWesemael, maréchal héréditaire de Brabant. Au mois de mai 1265, Godefroid et Isentrude approuvèrent la donation faite à l'abbaye de Saint-Michel par leur aïeule Lutgarde, et firent intervenir, commetémoinsdecelacle, Arnoul.seigneurde Wesemael, le maire et les échevins de Perck, quelques chevaliers, des échevins et des bourgeois de Bruxelles et des bourgeois de Malines ' . A celle époque, la duchesse Aleyde, veuve du duc Henri III, voulut donner le Brabanl à son second fils, Jean, au préjudice de Talné, Henri; le seigneur deWesemael, qui était mécontent de n'avoir pas été appelé aux fonctions de régent du duché, se prononça énergiquemenl conlrece projet cl aida un des partis qui se disputaient alors l'influence à Louvain,les Colners,à chasser de celle ville ses adversaires, les Blankaerts; puis, à la tête de ses parents et adhérents, il s'avença vers Malines. Bencontré par les habitants de cette ville et par leur seigneur, Walter Berlhout, l'un des principaux conseillers de la duchesse, à l'endroit dit Leeps, à Wespelaer *, il fui vaincu, et, peu de temps après, il fit sa soumission, ainsi que la ville de Louvain. Deux de ses frères: Godefroid, seigneur de Perck, et Gérard, seigneur de Quabeke, furent pris dans le combat de Leeps, qui se livra, selon Butkens, en 126* 3. On les conduisit h Malines, où on les enferma dans une prison.
Henri, seigneur de Bautersem, le collègue de Waller Berlhout, devint possesseur de Perck par son mariage avec la nièce de Godefroid de Wesemale*, Marguerite, fille d'Arnoul de Wesemale, dame de Perck et d'Oplinler. Il fut le père de Léon, seigneur de Bautersem, mort pendant une invasion des Français en Aragon, en 1285, et de Henri, qui succéda a
» Rctiers, Trophée* d« Brabant, t. 1". preuves, p. 100. — V»« VciiHtM, Spiegtl hitloriati.
» Voyez plus loin, p. 74».
« BlJTKC'S. t. II, p. «11.
T. II
son frère et fut tué par les Flamands à la journée des Éperons d'or. Henri laissa, entre autres enfants: Henri, qui vendit la terre de Baulersem ; Guillaume, prévôt de Saint-Barthélemy, à Liège, et Marie, femme de Renaud, seigneur de Fauquemont. Henri de Lintere, dit de Bautersem, avait hérité de son père, Henri, une moitié du village de Perck, dont l'autre moitié appartenait alors & Pierre, seigneur de la Leck, peut-être comme héritierde la familledeBréda. Lapremièrede ces fractions devint ensuite la propriété de Roger de Leefdale, châtelain de Bruxelles; la seconde parait avoir été acquise, en 1344, par son fils Jean *.
Roger fut longtemps le premier conseiller des ducs Jean II et Jean 111. En 1524, le roi de Bohême, Jean de Luxembourg, étant venu réclamer une pnrlie des États de sou aïeul, Jean Ier, comme héritier de sa mère Marguerite, Roger lui démontra que les princesses de Brabant ne recevaient d'apanage qu'en argent •. Roger était un des fils du seigneur de Leefdael, mais non l'aîné; aussi est-ce à tort que certains auteurs le traitent de seigneur de ce village. Outre Perck, que lui céda, diton, Gosuin Utenhove, il acheta d'Adam d'Oirschot le village d'Oirschot ; de Gérard, seigneur de Homes, ceux d'Hilvarenbeek et de Diessen; de Florent Berlhout, le château de Ham, à Steenockerzeel, et, enfin, de Gérard de Marbais, la châlellenie de Bruxelles. Le nom de sa femme indique suffisamment à quel degré de considération il était parvenu: il épousa Agnès de Cléves, fille de Thierri Loef, comte de Hulkerade, nièce du comte de Clèves Thierri VII, et fondatrice de l'hôpital d'Oirschot. Il mourut le 29 janvier 1335-1534, et elle, le 17 mai 1338; tous deux reçurent la sépulture dans l'église Sainle-Gudule à Bruxelles, dans une chapelle qui exista jusqu'en 1336, à gauche du grand chœur : In chapelle de Saint-Pierre ou du Châtelain, que depuis l'on appela aussi le chœur de Leefdael.
Les deux fils de Roger, Jean et Louis, moururent sans postérité. Jean combattit à Ten-Helleken, en 1535-1554; fut ensuite envoyé par le duc pour ouvrir l'entrée du Brabant â ses alliés , le roi de Navarre et le comte d Étampes; signa, en 1559, l'acte d'alliance du Brabant et de la Flandre , et prit ensuite du service à la cour du roi d'Angleterre , Kdouard III. Le 20 octobre 1345, ce prince le chargea, avec d'autres personnes notables, de revendiquer les droits qui pouvaient lui être échus, en Zélande et dans les pays adjacents, par la mort de sa femme Philippine de Hainaul ; le 27 décembre 1 545, celle mission lui fut confiée une seconde fois; mais, en avril 1346, deux Anglais, un chevalier et un
1 Livre det fiefi d« Brabant, dt fanné* 131 1.
« Voyez Botkkrs, 1. 1«, p. 398. - A celte époque, il n'y avait pas encore de chancelier d* Brabant.
clerc, furent seuls investis du même mandat Jean de Leefdalc était sans doute mort dans l'intervalle. Le 48 mars 4347-1548, sa veuve, Marguerite de Liedekerke, lit un accord avec ses quatre belles-sœurs : Elisabeth, qui s'allia d'abord à Guillaume, seigneur de Petersbem, puis à Gérard d'Aa, seigneur de Grimbergbe; Marguerite, femme d'Arnoul de Randerode; Catherine, qui épousa le chevalier Giselbert, seigneur de Bronchorst, et Agnès, qui prit pour mari Jean, seigneur d'Assche. Elisabeth de Leefdale, qui mourut en 1353 et fut enterrée à Hocht, prés de son premier mari, entra en possession des principales seigneuries de son père, qui, bientôt après, furent presque toutes aliénées. Elle vendit Ham à Jean Van Hamme, et son (ils Jean céda, en 1362, la châtellenie de Bruxelles à Jean de Boucbout, dont il a été question ailleurs. Perck devint la propriété de sire Jean de Wavre, seigneur de Pamele.
Catherine de Wavre, fille de Jean, apporta en mariage cette seigneurie à une famille flamande, les Baronaige, Baronage ou Bernage. Selon d'anciennes traditions, les Baronage, antérieurement à la première croisade, s'appelaient De La Weede ou Vanderweede. Ils portaient, fascé d'or et de gueules, de six pièces, à cinq sautoirs d'argent sur les fasces de gueules; leur devise était : Bevere, Bevere, joyeux baronage. Ils possédèrent en Flandre de grands biens, entre autres le château de Herzeaux, dont les murailles et les tours, bâties par Siger de Cortroisin, s'élevaient au sommet d'un immense tumulus antique. Leur établissement dans le Brabant fut, dans la suite, entouré de fables par les généalogistes. Selon les uns, Arnoul de Baronage acquit Perck par son mariage avec Charlotte de Wesemale, nièce de Godefroid de Wesemale, seigneur de ce village; ce fut lui qui prit les armes contre la duchesse Aleyde, et Perck appartint ensuite aux Berlhout, avant de passer aux Wavre *. Jean de Bernage, disent d'autres chroniqueurs en accumulant erreur sur erreur s, fut, vers l'an 1352, envoyé en ambassade par le comte de Flandre, Guy, â Jean !«', duc de Brabant, qui lui donna en mariage sa nièce Catherine de Wavre ellui assigna pour dotlesvillagesdePerck,d'ElewytetdePamele.
Jean de Bernage et Catherine de Wavre eurent pour successeurs : d'abord Arooul Bernage, qui est mentionné, en 1401-1402, avec le titre de seigneur de Perck; puis son frère Jean, époux de Marguerite Belle, qui signa la confédération des trois États du Brabant, en 1415, et le nouveau règlement du Brabant, en 1422. Un troisième Jean Bernage, qui est supprimé dans quelques généalogies, s'allia, dit-on, à Clémence
' Rtmer, Acta publica Angliœ, t. V, pp. 480, 487 et 509. » Ciiristyr, Juritprudentia htroica, p. 3il. — V»n Gejtei.
• Frédéric de Mirseuer. Legatus, p. 66 — L Bspihot, Recherche* de$ antiquité: de Flandre*, p. Î37. — Sardkrc», Flandria iîlmlrata, t. III, pp. 31 et 3S.
«Si UISTOIAB
de Hemricourt; et un quatrième Jean, héritier de la fortune et du nom du précédent «, eut deux femmes: Hélène, fille de l'amman Jean d'Enghien dit de Kestergat, et Catherine de Ligne. Il eut, de la première, six enfants, nommés Jean, André, Pierre, Engelbert, Hélène, femme de Philippe Hinckaert, et Marguerite, et, de la seconde, trois autres, Philippe, Françoise et Catherine. Son premier mariage l'attira nécessairement dans le parti des d'Ënghien, l'un de ceux qui divisaient la ville de Bruxelles, pendant le règne du duc Charles le Téméraire; il lui valut sa nomination aux fonctions d'amman, en 1475, en remplacement de son beau-frère, Louis d'Ënghien; cependant, en 1477, il ne fut pas compris dans la proscription de ses parents par le parti populaire. Il avait été créé chevalier après la bataille de Gavre, à l'endroit même où les Gantois vinrent implorer leur pardon du duc Philippe le Bon.
En 1488 et 1489, du temps du roi Maximilien, Perck et Elewyt furent ravagés et incendiés, et la famine les désola ensuite. C'est ce qui valut à ces villages, ainsi qu'à Machelen, Melsbroeck, Haeren, Evere, Woluwe, Savenlhem, Nosseghem, Erps, Eversberg et Meerbeek la remise d'un quart de leur cote dans l'aide de 4491. Le 37 juin 1504, sire Jean de Bernaige fut nommé, au nom du souverain, pour remplacer Pierre Vandernoot, en qualité de receveur de la ville de Bruxelles; en 1513, il se fit recevoir bourgeois de cette ville. Le i" juin 1505, il prit en engagère, moyennant 200 livres, le droit d'exécuter les condamnés à mort, à Perck et à Elewyt, avec une clause portant que s'il mourait avant que le domaine eût remboursé le montant de celte engagère, celle-ci appartiendrait à sa seconde femme, Catherine de Ligne, et, après elle, à l'atné des enfants qu'il avait eus ou aurait de cette dame; en effet, après sa mort, tandis que son fils Pierre de Bernaige relevait la seigneurie de Perck (9 juin 1517), ce fui Philippe de Bernaige qui releva l'exécution des condamnés à mort et quelques autres droits engagés par le domaine (3 août 1517). Philippe ayant tué, à Bruxelles, Roland Vandenassche, et s'étant enfui, on confisqua, au profit de l'empereur, toutes ses propriétés situées dans le Brabant en dehors de l'a m ma unie de Bruxelles, et sauf celles que l'amman avait déjà saisies (13 juillet 1520); l'exécution des condamnés à mort aurait dû être séquestrée; mais, en vertu du testament deson père, daté du 17 mai 1517,Pierrede Bernaiges'en mit en possession, en s'eugageanl à payera son frèreune rente de 11 livres d'Artois1
De Pierre et de Jacqueline de Berchem naquit Jean de Baronaige, chevalier, qui releva Perck en son nom et en celui de sou frère Guillaume,
« Il releva Perck le 1« décembre 1439, par l'intermédiaire de son tuteur, Jean d'Ënghien, seigneur de Kestergat.
• Htgitfm aux chartee de la chambre dei comptée, a» VII, f» 178. - Complet de ïammannir.
seigneur de Mouwe, le 8 juillet 4527, et en son nom seul, le 24 mars 1530-1534. Ses nombreux enfants se partagèrent su riche succession : le premier, Jean, eut Herzeaux; le second, Guillaume, eut Perck (r. du 21 juin 4 567) ; le troisième, Philippe, devint seigneur d'Oycke ; le plus jeune, Maximi lien, fut aussi seigneur d'Oycke. Guillaumeétantmorlsans postérùe, ce fut son frère Jean qui hérita de ses fiefs (r. du 30 juin 1580). Jean s'allia à Calherine De Clerck de Bouvekerke, dame de Loxum. Leur fils Guillaume (r. du 44 août 4615) se distingua en l'année 4622, lorsqu'un détachement hollandais pénétra dans le Brabant jusqu'en deçà de la Dyie; aidé par sou brau-frère, Frédéric de Marselaer, il assembla à la hâte des garde-chasse et des paysans, et, à leur téte, il repoussa l'ennemi des environs de Perck et de Vilvorde. Dans la suite, et en souvenir de ce fait d'armes, les magistrats de Vilvorde exemptèrent du droit de chaussée et de toute contribution personnelle, Frédéric de Marselaer et sa femme, pour toute la durée de leur vie (47 janvier 4636), et, le 4 juillet 4637, ils étendirent cette franchise à celui qui succéderait à Frédéric dans la seigneurie de Perck, et à sa femme.
Guillaume de Baronaige mourut le 8 juin 4626, sans avoir été marié. Sa sœur Marguerite hérita de ses domaines de Perck, Elewyt, Herzeaux, Oycke, etc.. (r. du 9 juillet 4626). Son époux, Frédéiicde Marselaer, seigneur d'Opdorp, était issu d'une famille originaire de Malderen, où l'on voit encore les ruines du château de Marselaer. Il était né en 4584, a Anvers, où son père fut magistrat. Après avoir pris le grade de licencié en droit à Louvain, en 4644, il voyagea en Italie et s'y fit recevoir chevalier de Notre-Dame de Lorette. De retour dans les Pays-Bas, il futcréé chevalier (5 juin 4647), et se fixa à Bruxelles, où il fut quinze fois échevin, plusieurs fois trésorier, et six fois bourgmestre, de 4644 à 1659. Ses occupations comme administrateur ne lui firent pas oublier les lettres, et il écrivit, en latin, un gros in-folio, peu remarquable d'ailleurs, sur les fonctions d'ambassadeur. La réputation que lui valut cet ouvrage, l'influence dont il jouissait, l'accroissement de richesses que lui valut son mariage, lui attirèrent, parait-il, de nombreux ennemis. Les Locquenghien, qui étaient très-considérés à cette époque, eurent avec lui des démêlés dont on ne connaît pas l'origine. Ils existaient déjà en 4634, et, dix ans plus tard, ils se manifestèrent par un acte singulier d'hostilité. Frédéric de Marselaer avait successivement payé au domaine, afin de conserver l'exécution des criminels à Perck et à Elewyt, qui n'avait plus été séparée de la seigneurie depuis 4 505: en 4630, 600 florins; en 4638, 500 florins, et, le 8 août 4642, 2,400 florins. En 4643, tandis que les Locquenghien achetaient définitivement, moyennant 1,480 florins payés au domaine et 4 ,850 florins remboursés aux Marselaer, la haute justice et
tes dépendances, le droit de planter le long des grands chemins, le droit de suivre les essaims d'abeilles, etc., à Perck (8 décembre 1643; relief du 24 décembre 1644), les Marselaer acquirent, outre la haute justice d'Elewyt, qu'ils payèrent 1,850 florins (11 décembre), celle de Mebbroeck, où leurs rivaux avaient leur château; ils la payèrent la somme énorme de 8,750 florins, ou 7,900 en sus des engagères antérieures des Locquenghien (-25 novembre 1643; lettres patentes du 5 décembre suivant, et relief du 3 septembre 1644). Cet état de choses, qui élaii également préjudiciable aux uns et aux autres, cessa quelque temps après. Le conseil de Brabant,pris pour médiateur, ordonna aux deux seigneurs d'échanger leurs nouvelles acquisitions, ce qui s'effectua vers l'année 1650. Des lettres patentes datées de Madrid, le 5 mai 1659, érigèrent les villages de Perck et d'Elewyten baronnie (r. du 23 septembre) ; Frédéric de Marselaer donna alors sa démission d'échevin de Bruxelles, fonctions dans lesquelles il fut remplacé par son fils Gilles-Frédéric, et il renonça totalement aux affaires. Sa femme était morte le 20 juillet 1646; il la suivit dans la tombe, le 7 novembre 4670. Vers 1660, il s'était fait élever aux Pauvres-Claires, à Bruxelles, un monument funéraire, qu'il lit ensuite transporter dans l'église de Perck, où il reçut la sépulture. Suivant Paquot c'était un gentilhomme instruit, généreux et bienfaisant, surtout à l'égard des gens de lettres; il avait aussi, ajoute le même écrivain, la réputation d'homme pieux, mais il parait n'avoir pas connu l'humilité. • Les éditions superbes et répétées de son Légat us. l'épitre fis- < tueuse qu'il fil placer en tête de la troisième de ces éditions, les éloges « accumulés, en son honneur, dans ce livre et dans son Légat io mentis c ad Deum, qui parut a Bruxelles, en 1664, dans un temps où la mode c de ces éloges commençait à passer; son portrait qu'on voit partout, « le soin qu'il a pris de parler de lui-môme, de rappeler la noblesse et • les exploits de ses ancêtres, tout cela a servi moins a immortaliser son t mérite que sa vanité. »
Son fils aîné, messire Charles-Philippe de Marselaer, avait relevé la seigneurie de Perck après la monde sa mère, le 9 janvier 1647, mais il mourut avant son père, au couvent de Saint-Frauçois, à Toulouse. Son frère Gilles-Frédéric, lieutenant-colonel au service d Espagne, releva successivement la haute justice de Melsbroeck (24 décembre 1650), qu'il recéda immédiatement à Locquenghien ; celle de Perck, à laquelle ce dernier avait renoncé(23 avril 1655), et, enfin, le titredebarondePerck (10 juillet 1673). Il hérita, à Bruxelles, de l'influence dont jouissait son père; les vers suivants, que l'on répandit dans cette ville, en 4662, lors de la création du nouveau bourgmestre, nous apprennent qu'on le regardait
comme le plus capable de remplir convenablement ces fonctions difficiles :
Awjlia *t patctt, cmcet de *epe cupreuw; Si Caracenn ju!>ei, de Moule exuryet Olymput; Si plebù volo tiandum, pawltnda mrerra tel; Si forluna fatet, vertenlur tn arta paiudts; Sed il,ir* e lire ne cedat, polilia imurral.
Voici le sens de ces vers, dont il est presque impossible de donner une traduction littérale : t Si l'Angleterre le demande, c'est le cyprès qui « sortira de la haie (allusion à Henri Van Eesbeke dit Vanderhaeghen); « si Caracena (le gouverneur général) l'ordonne, le mont (Charles-Fran- « çois de Spoelberg, seigneur de Lovenjoul) égalera l'Olympe; si l'on « écoute les désirs du peuple, on ouvrira la bergerie (le chevalier « Jean Vandenhecke); si c'est la fortune qui en décide, les pâturages
< (Antoine-Ferdinand de Broeckhoven, seigneur de Rithoven) deviendront
< des champs fertiles; mais la politique demande que Mars (M. De Mar- « selaer) ne quitte pas nos foyers ' . » Ce dernier fut, en effet, continué dans les fonctions de bourgmestre. Il devint ensuite conseiller de Brabant et député ordinaire de la noblesse aux États du duché; il mourut le 26 février 1683, universellement regretté. Sa femme, Marie-Pétronille de Caldenbourg, lui donna plusieurs enfants : l'alné, le colonel Frédéric- Ignace de Marselaer (seigneur de Perck par relief du 13 mars 1683) épousa Caroline de Dongelberghe, vicomtesse de Zillebcke, qui se remaria plus tard à Pierre Reynbouts, créé vicomte de Reynbouts, le 20 juin 1694. Son fils, Philippe-Joseph de Marselaer (r. du 26 octobre 1603), mourut en 1718 sans avoir eu d'enfants de Marie-Louise Ilelman.
L'oncle et la tante de ce dernier : Michel-François, seigneur d'Opdorp, et Angélique-Thérèse, femme de Henri de Kerrebroeck, vicomte de Grimberghe (dame de Perck par relief du 51 juillet 1722), étant morts sans laisser de postérité, les anciens domaines des Baronaige devinrent la propriété des descendants de Marguerite, fille du premier baron de Perck, et d'Engelbert Dellafaille, baron d'Estaimpuis. Une fille de ces deux époux, Thérèse Dellafaille, épousa Gérard-Conrad Vandevelde, seigneur de Chapelle-Saint-Lambert, capitaine de cuirassiers; d'elle naquit Marie- Philippine-Josèphe Vandevelde, à qui la vicomtesse de Grimberghe fit don de son patrimoine (r. du 20 décembre 1727). Marie épousa, le 6 octobre 1720, Louis-Joseph de Steelant, seigneur de Bergh, Lille, etc., a qui l'empereur reconnut le droit de porter le titre de baron de Perck (22 mai 1728). M. de Steelant fut échevin et bourgmestre de la ville de Bruxelles, et mourut le 19 décembre 1756, laissant de sa femme, qui était morte le 15 mars 1751, trois enfants : Frédéric-Pierre-Joseph, ba-
■ T»x, volume intitulé Abrège tn index, f* 5i, ans arrimes «ommunales de Uruxplles. T. Il »
ron de Perck, mort à Turin sans avoir été marié, en 4752; et deux filles. L'alnécdecelles-cijMarie-Calherine-Gliislaine (r. de 17GU), épousa Charles- Henri-Dominique de Nay, comte de Richccourt et du Saint-Empire, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Élienne, chambellan de l'empereur, colonel du régiment du roi, dragons, puis général majoret colonel propriétaire d'un régiment de dragons au service de France; la plus jeune, Anne-Marie-Catherine, dame de Chapelle-Sainl-Larabert, s'allia, le 49 avril 1775, à Louis-Henri-Joseph dePreud'homme d'Ailly, dit le marquis de Verquîgneul. Ce dernier fut, pendant quelque temps, incarcéré par ordre du gouvernement autrichien, en 1789, ainsi que plusieurs de ses collègues de l'État noble de Brabant. Il mourut le 7 juin 1818, après avoir épousé, en secondes noces, Isabelle-Marie Van Oulheusden de Sevenhuyzen, dont il eut trois enfants : le marquis Alfred-Spiritus-Constantius, Idalie-Annc-Philippine et Flore-Marie-Tranquille dePreud'hommed'Ailly.
Pendant la domination française, Perck fut acheté par Pierre-Antoine Bounder, surnommé de Melsbroeck, chef d'escadron du sixième régiment de hussards et aide-de-camp du général de division Guénaud, commandant des déparlemenls de la Dyle et de Jemmapes. Cet officier épousa Marie Van Hcurck, fille de Péchevin d'Anvers de ce nom, el'vint habiter Perck, où il exerça les fonctions de maire; par décret impérial du 27 juin 1815, il fut désigné pour présider jusqu'en 1818 l'assemblée électorale du canton de Vilvorde, et, le 1er mars 1820, le roi Guillaume l'admit dans la noblesse des Pays-Bas. Il avait été naturalisé le 11 novembre 1815, et mourut le 8 juillet 1854. Son château de Perck est devenu la propriété de M. Prosper-Jean-Joseph Christyn, comte de Ribaucourt, qui y a fixé sa résidence. M. le comte de Ribaucourl a siégé aux États provinciaux du Brabant, de 1822 à 1850, et s'y est fait remarquer par son opposition aux vues du gouvernementhollandais; après la révolution, il devint membre du conseil provincial du Brabant; élu membre du Sénat, il figure dans cette assemblée parmi les membres les plus ardents de la droite. Il a épousé, en 1827, Marie-Ghislaine- Thérèse, comtesse de Thiennes de Lombise.
Le château, la seigneurib et l'éciievinage de Perck. — Le château de Perck et ses dépendances formeut actuellement une des plus belles propriétés des environs de Bruxelles. On y arrive par une large allée partant de l'église et aboutissant à une pelouse, bordée d'arbres. A droite de cette pelouse se trouve la ferme (het hoff te Veaux, d'un document de l'an 1787?); à gauche, on remarque une pépiuière, qui entoure un jardin légumier, dont le mur d'enceinte est garni d'arbres en espaliers. Le château date, à ce qu'il semble, de la fin du siècle dernier; il est bâti dans un style très-simple. Sur les côtés de la porte d'entrée, sont
DES ENVIRONS DE BRl'XELLF.S. M»
quelques restes de l'ancien manoir : d'une pari, une lour carrée, en briques; d'aulre pari, un corps de logis se terminant à une grosse lour, entièrement construite en pierres, percée seulement de rares meurtrières, et qui, évidemment, servait jadis de donjon. Un bm-rcliof très-curieux se remarque de ce côté. Il représente un quadrupède, fort difficile à distinguer, mais que je suppose être un lion ; il a sur le dos un objet figurant, parait-il, un écusson; un arc en ogive, inscrivant un trilobé, encadre celte sculpture, qui date probablement du quatorzième siècle, aucun seigneur de Perck, sauf les Wavre, n'ayant porté de lion dans ses armoiries. Une seconde sculpture du même genre a disparu ; on y voyait un guerrier monté sur un cheval au galop. Les parties unciennes du château, encore existantes, étaient autrefois reliées l'une à l'autre par des bâtiments percés seulement d'embrasures et, plus haut, de petite*
fenêtres; sur l'emplacement de la grille d'entrée actuelle, on avait adossé aux murs un portail somptueux, de style renaissance. Le manoir proprement dit était plus en arrière, isolé au milieu de larges fossés. Chacune de ses faces offrait, en son milieu, une tour carrée, sur l'une desquelles on lisait la date 1G27 Ses jardins, coupés par de larges pièces d'eau , traversés en tous sens par de grands chemins entretenus avec soin, parsemés de pelouses, de corbeilles de fleurs, de bosquets, composent une promenade enchanteresse; les grands bois bordant un affluent de Baerebeek, appelé la Beverslttys-beek , et qui séparent la
■ Los Prtrtona ri C astrlla de Lt Rot renferment deux belles vues de ce château
commune de Perck de celle de Bergb, en forment, en quelque sorte, la continuation. Il y avait autrefois dans le château un oratoire dédié à Notre-Dame; Wichraans en attribue la fondation aux Bernaige.
En 1G96, l'armée alliée s'étanl séparée, le prince de Nassau-Saar*bruck, maréchal de camp, général des armées des Provioces-Unies, prit son quartier à Perck, en attendant que les troupes cantonnées dans les environs eussent regagné leurs quartiers. Le 9 mai 1740, le roi de France, qui élait arrivé à Bruxelles quelques jours auparavant, vint loger au château, dont le possesseur fut, peu de temps après, nommé par lui bourgmestre de Bruxelles.
Les barons possédaient autrefois des prérogatives qui rappelaient les plus tristes jours de la féodalité. Lorsqu'ils habitaient leur manoir, leurs sujets étaient obligés d'en battre les fossés, afin d'empêcher les grenouilles de troubler leur repos; on pouvait leur imposer cette obligation tous les ans, pendant six semaines. Ils devaient en outre, au besoin, abandonner leurs lits pour les valets et les hôtes de leurs seigneurs ». Perck et Elevvyl, bien que fort éloignés du château d'Anvers, étaient tenus de contribuer à l'entretien de cette forteresse; selon un acte de Philippe le Hardi, en date du 22 mai 1595, leur taxe consistait en vingt nobles, valeur de cinq verges de murailles. Plus tard, ils furent exemptés de cette charge.
La seigneurie devait le service féodal, avec deux combattants à cheval et trois à pied. Elle avait une cour féodale, un échevinage, la haute, moyenne et basse justice, un cens de 18 livres de gros de Brabant, des redevances produisant, par an, 27 sacs d'orge, des chapons, des oies, des poules, des pains; le droit de lever le vingtième denier des biens dépendant de la seigneurie, non-seulement à Perck et à Elewyt, mais à Melsbroeck, Bergh, etc.; un moulin à vent, une franche brasserie, un droit de chaussée, la collation de plusieurs offices et bénéfices, etc. Les anciens seigneurs possédaient en outre les deux tiers des dimes; Àrnoul de Bernage les greva d'une redevance de GO muids de seigle au proGt de Marguerite de Schoonhoven et de son fils, Éverard Boote. Jacques Vauderborch acquit ensuite celte redevance, puis la dime même, ainsi qu'une grange voisine du château, par cession de Jean, frère d' Arnoul (relief du 5 août 1409). Gilles, (ils de Rombaud Van Muysen, de Malines, Jean, son fils, et Gilles, fils de Jean, relevèrent successivement cette dime, le 25 juillet 1420, le 27 octobre 1470 et le 27 octobre 1478. Le dernier la vendit à Henri Ryelanlsdit Buys et à sa femme, Marguerite Vanderbeken(r.du 9 septembre 1491); la fille de celle-ci, Marguerite, épousa Gilles Vrancx, et légua la moitié de sa dime de Perck à sa fille Claire,
» Jnri>iirut!rntia hernha, I. C, p. 32).
épouse de Jacques Lebrun (r. du 19 janvier 1526-1527), tandis que l'autre moitié devenait la propriété de Jeanne Mois, lille de J*ian Mois et de Marie de Wesemale, et de son mari Pierre Ruwiers ; Jeanne épousa ensuite le chevalier Jean Vandentympel, dont elle eut Olivier Yandeolympel, le célèbre gouverneur de Bruxelles pendant les troubles de religion; Denys Vandentympel, guerrier également renommé; Jean et Marie Vandentympel (r. du 12 mars 1565-1566). Après la reddition de Bruxelles aux Espagnols, les Vandentympel s'étant fixés en Hollande, la dîme de Perck resta sans maîtres. On la vendit, au profit du domaine, en vertu d'un décret du conseil de Brabant, du 16 mai 1590, moitié à messire Charles de Fourneau, seigneur de Cruykenbourg (r. du 2 avril 1594), moitié au chancelier Damant (r. du 8 juin 1607). Une Damant porta cette seconde moitié à messire Emmanuel-Philibert de Spangen, seigneur de Melin (r. du 13 avril 1650), qui la céda à son frère, messire Nicolas-Antoine, et celui-ci la vendit au fils aîné du baron de Perck. Le lot de M. de Fourneau fut acquis par maître Charles de Bourgeois, seigneur de Bourgeois, et sa femme Adrienne Vandernoot (r. du 4 mai 1596), dont la fille, Christine (r. du 11 avril 1054), le laissa à son eufanl, Caroline Vanderlinden, femme du premier baron de Melsbroeck; depuis, celte partie de la dlme de Perck resta annexée à la terre de Melsbroeck.
Au nombre des fiefs relevant de la cour féodale de Perck se trouvaient, en 1474 : la ferme de Ranst, dont uous parlerons plus loin; une ferme, au lieu dit Hoochêtinne. appartenant à Otlion De Bock et à sa femme Marguerite T'Seraerts; dix-huit bonniers de terres et de prés, tenus par Jean de Bock, lesquels , en 1506, étaient devenus la propriété de Jean St.ii > ; la ferme Ten-Assche, à Melsbroeck; douze bonniers de terres el de prés, à Elewyl, etc. La seigneurie de Ranst devait au duc de Brabant le service féodal avec deux combattants à pied ; les cinq fiefs suivants devaient chacun le même service avec un fantassin.
Le sceau des échevins de Perck changea chaque fois que la seigneurie eut de nouveaux maîtres. Ainsi, il offrit d'abord (1304, 1514) l'armoirie des Bautersemel la légende: s. scabinorum de PARCAjplus lard,on y vit les insignes des Leefdael : deux quinte-feuilles, au premier canton, un aigle aux ailes éployées, el la légende:sici. scabinorcm deparca ; puis apparut le bel écusson des Bernage, a vec la légende primitive (1412, 1460, etc.). Suivant une déclaration envoyée au conseil de Brabant, en 1570, les échevins de Perck el
d'Elewyt allaient en appel à Uccle pour les affaires réelles , et , anciennement , ils le faisaient aussi pour les affaires personnelles ' . Le duc de Brabant n'avait dans ces deux villages que quelques droits, dont la conservation était confiée par le maire de Campenhout à un sous-maire.
Le tonlien que le seigneur levait à Perck, consistait en 18 mites par chariot, 9 mites par charrette, 8 placques par troupeau, etc. ; le taux en fut augmenté, en faveur de Frédéric de Marselaer, le 20 mai 1627 et le M mai 1629, afin de lui permettre de rembourser les frais que lui occasionnait l'entretien de la chaussée de Perck. On dut alors payer : par cheval attelé ou chargé, un demi-6rasspenninck; par bœuf ou vache, un demi-blanc ; par troupeau de moulons ou de porcs ne comptant pas cinquante tôles, 6 sous; par troupeau excédant ce nombre, 8 sous. L'ancien moulin à vent de Perck ayant été détruit, Jean de Bernaige obtint, le 3 octobre 1557, la faculté de le faire reconstruire sur le môme emplacement, à l'endroit dit deMolcnbergh, à la charge de payer au domaine, tous les ans, neuf setiers de seigle, mesure de Louvain, et un cens de 2 sous.
L'église de Perck. — L'église de Notre-Dame à Perck, qui, avant son récent agrandissement, ne constituait qu'un oratoire d'apparence fort modeste, est un lieu de pèlerinage pour les artistes et les amis des arts: tandis que le souvenir des orgueilleux et puissants Marselapr s'est perdu, celuideTéniers vitencore dans les lieux que son séjour a ennoblis, que son pinceau a immortalisés. Le dernier asile du peintre populaire n'est pas absolument dénué d'intérêt, sous le rapport archéologique: les bas côtés de la nef viennent seulement d'être achevés ; la nef principale, dont le plafond estorné de sculptures représentant les Évangélistes, saint Pierre et saint Nicolas, ne date probablement que du dix-septième siècle; mais sa tour est évidemment antérieure de près de 400 ans. Elle s'élève en tête du chœur et est éclairée, dans sa partie inférieure, par de petites fenêtres cintrées en abat-jour; vers son sommet, elle est percée de baies cintrées inscrivant chacune deux lancettes ogivales. Un haut clo-
• Coutumes de Brabant, t. I"> p. 31 i.
cher, que Ton retrouve souvent dans les toiles de Téniers, lui sert de couronnement; le chœur de l'église date de l'époque ogivale, sans présenter de caractère saillant. La sacristie a été bâtie eu 1786. Près du maitre-autel, on voit les monuments de Guillaume de Baronage et de Frédéric de Marselaer, que Le Roy a fait connaître; sur l'autel de droite est placé un tableau représentant Saint Dominique agenouillé devant la Vierge et l'enfant Jésus, et signé : David Téniers junior fecit 166G; de l'autre côté du transsept, dans le pavement, on lit l'épitaphe de la seconde femme de Téniers, Isabelle De Fren. Derrière le chevet du chœur sont placées deux pierres sépulcrales portant: 1°. ici repose antoinettb
THÉRÈSE — DOROTHÉE JOSÈPHE — CHRIST Vit, COMTESSE DOUAIRIÈRE — DE RIBAUCOURT, NÉE COMTESSE — DE QUARRÉ, — DÉCÉDÉB AU CHATEAU DE PERCE, — LE 17 JUIN 1836, A L'AGE DE 74 ANS, — ÉPOUSE DE PHILIPPE — ALEXAN- DRE GHISLAIN — CHR1STYN, — COMTE DE RIBAUCOURT, — DÉCÉDÉ A BRUXELLES, LE 1 I JUIN 4823. — 2°. ICI — REPOSE EUGÉNIE ISABELLB, — COMTESSE DE QUARRÉ, — DÉCÉDÉE A BRUXELLES , — LE 17 JANVIER 1836, A L'AGE DE 73 ANS.
Devant le portail, qui est de style renaissance et orné de l'écusson des Marselaer, on voit un beau tilleul, et l'ancienne brasserie banale, sur la façade de laquelle ou lit la date 1612.
L'église de Perck , que nous supposons avoir été, dans le principe, une quarte -chapelle dépendant, ainsi que les temples de Peuthy et d'Elewyt, de la vieille église de Sempst, était à la collation du trésorier de la cathédrale de Cambrai; à partir de l'année 1603, ce fut l'archevêque de Malines qui en eut le patronat; les biens du personnat furent alors donnés à la fabrique de l'église cathédrale de Cambrai. La dime y appartenait, pour les deux tiers, aux seigneurs, qui la vendirent, comme nous l'avons dit plus haut, et pour le troisième tiers, au curé. Au treizième siècle, la dime novale de quelques biens situés à Bocht donna lieu à des contestations entre le trésorier de Cambrai, et Théodoric, prêtre de Perck, d'une part, et l'abbaye de Saint-Michel à Anvers, d'autre part ; un accord conclu par la médiation de maître Pierre, dit le Vieux, oflicial de l'évéché, déclara que l'abbaye ne percevrait que la dime novale des terrains défrichés depuis vingt-six ans et plus (acte daté de la veille du jour des Cendres 1245). Le curé, outre sa part des dîmes, recevait, par an, 80 florins. En 1 266, on mentionne, en qualité de curé de Perck, Guillaume, lils de René le maçon '. En 1729, mourut à Perck un ermite, dont on vit longtemps la pierre sépulcrale, dans l'église. Le curé n'ayant
» Wtllelmut preibiter filitu Feinrri ctmentarii , pntbUtr dt Ptrkr. Cartulairt dt la Cambrt, f» î7i v.
pas d'habitation convenable, Frédéric de Marselaer et sa femme lui en vendirent une, moyennant 700 florins; on se procura une partie de cotte somme en vendant quelques biens de la fabrique de l'église et des pauvres, à la condition que, dans les six ans, il serait constitué, au profit de ces deux administrations, une rente de f8 florins par an (décret de l'archevêque, du 24 janvier 1fi51).
Il y avait autrefois, à Perck, deux chapellenies, celle de Notre-Dame on des Ames et celle de Saint-Nicolas. Celle-ci, qui était à la collation du clinpitre de Cambrai, possédait un livre censal à Meldert, prés de Tirlemont. Celle de Notre-Dame avait pour collateur le baron de Perck. En 1664, Frédéric de Marselaer bâtit pour le chapelain une maison, sur le champ dit Anna-driesch, près de l'église, à la condition que le bénéficier y tiendrait école; il devait, en outre, célébrer une messe matinale le dimanche et trois autres jours, chaque semaine. De temps immémorial on honore à Perck une statue miraculeuse de la Vierge, que l'on invoque surtout pour les hernies; elle est, dit-on, célèbre par un très-grand nombre de miracles; de là le proverbe flamand : Soekt troost in Perck. On représente Notre-Dame de Perck tenant à la main des muguets que Ton appelle, dans le canton, Perkbloemkens, les petites fleurs de Perck*.
Il existait jadis, à Perck, un hospice où, en 1525, on entretenait quatre vieillards pauvres.
Châteaux et permbs divers; de Dry-Torens. — Au sud du village de Perck, au lieu appelé Dicht, M. Van Volxem-Marischal a établi une pépinière, où l'on compte plusieurs milliers d'arbres et d'arbrisseaux indigènes et exotiques; vers l'ouest, une tourelle, surmontée d'un petit clocher, nous indiquelafermediteaujourd'hui <fe£aetno/*,et, jadis, la ferme de Ranst ou de Nieutcenhove, qui avait un échevinage particulier, une cour féodale, etc. Isabelle de Ranst l'apporta en mariage, vers l'an 1474, h Walter Bau; Henri Bau la possédait en 1506, et Jean de Cortenbach, en 1528. En 1716, elle appartenait au prince de Rubempré, et, vers 1781 , aux princes de Salm-Reifferscheid-Dyck. Le greffe de Bruxelles a conservé quelques archives de la cour censale de Nieuwenhove, entre autres, des registres aux adhéritances, pour les années 1566 à 1792. Les Busleyden ont possédé à Perck Vhoff te Landtsacker (1576, 15i)4), et messire Louis de Lalaing y a eu une ferme que le domaine confisqua, après l'année 1585; messire Charles de Lalaing, seigneur de Sandberg, en réclama la propriété, mais ne put l'obtenir qu'en se soumettant à payer aux archiducs une rente de 100 florins du Rhin (26 septembre 1607).
' Wichuos, Brahanlia Mariana, t. U.C. 66, p. 560.
DES ENVinONS DE DRUXELLES.
t'n peu au sud de In Laelhof est In ferme de Dry-Toren, si connue par le séjour qu'y fît Téniers. Dans une grande gravure de Le Bas, qui représente une fôte flamande, d'après un tableau de ce peintre, tableau qui est aujourd'hui dans la collection impériale de Saint-Pétersbourg, il y a, dans le lointain, une vue exacte du château de Dry-Toren, avec se* trois tours, et avec la grille qui existe encore actuellement. On yoit aussi, dans la gravure, le battant de la porte et l'aigle dont le peintre l'a orné. Téniers lui-même et sa famille y sont représentés en costumes élégants; Téniers sort de sa maison et marche vers des groupes de paysans placés au premierplan. Dry-Toren se voit encore dans deux tableaux représentant des kermesses, et faisant partie, l'un de la fameuse galerie de lord Ellesmere, à Bridgewater; l'autre, du beau cabinet de lord Nortwick, à Tbirlestane, près de Chettenliam. Aujourd'hui, il n'en reste plus que quelques bâtiments de peu d'importance, et la porte, d'entrée, avec son petit pavillon, surmonlé d'un pignon rustique. Sur chaque côté de la porte est peinte en noir une aigle gigantesque, formant, quand on ferme les deux battants, l'emblème impérial à deux lôtes. Cette aigle a élé peinte par Téniers lui-même, et maintenant encore elle est soigneusement conservée parle propriétaire de l'habitation, M. Wyns.Les fermiers qui occupent cette métairie historique ne connaissent plus le nom do celui qui l'a illustrée; ils l'appellent simplement le grand peintre
David Téniers appartenait à une famille originaire d'Ath ; il naquit à Anvers, en 4610, de David Téniers dit le Vieux , qui peignait aussi le genre. Après avoir étudié sous Rubens, il prit pour modèle Adrien Brouwer, mais en évitant soigneusement les excès auxquels s'était adonné ce malheureux artiste. Afin de mieux étudier la nature, il se retira h Perck; toutefois, dans son isolement, il ne fut pas oublié : ses compatriotes, ainsi que les étrangers, venaient continuellement admirer les nombreuses productions de son talent. L'archiduc Léopold le nomma gentilhomme de sa chambre: don Juan d'Autriche voulut être son élève, et la reine Christine de Suède le gratifia de son portrait et d'une chaîne d'or. Le roi Philippe IV goûtait fort se3 ouvrages et fit bâtir une galerie qui ne devait contenir que des Téniers ; sa nomination, en qualité de directeur de l'académie d'Anvers, en 1 664, marque l'époque où sa réputation atteignit son apogée. S'il n'obtint pas la noblesse, qu'il demanda â deux reprises, en 1657 et en 4665, du moins il resta honoré et respecté; en 1670, le magistrat de Bruxelles l'exempta du payement
1 Voycx un article curieux de M. Heiiht Mocford, dans la Revue de Belgique, I. c, p. 102 — Il s y trouve une vue de Dry-Toren , tel qu'il existe actuellement ; l'aspect de l'ancii it manoir & été reproduit dans lu Btlget illustres, t. Il, p. 31. Lo premier auteur qui ait hil connaître Dry-Toren, est De Cioeti qui en a donné une vue dans ses Châteaux, planche 11 T. II. "
70i HISTOIRE
des accises; il était alors domestique, c'est-à-dire attaché à la maison du gouverneur général. Peu de peintres ont rendu la nature avec autant de fidélité que lui, et nul n'a peint, avec autant de verve, le3 joyeux épisodes de nos fêtes de village; toutefois, on doit lui reprocher d'avoir été trop scrupuleux imitateur des scènes, parfois triviales, que lui offraient les kermesses flamandes, et on conçoit le dédain qu'affichait pour ses œuvres l'orgueilleux Louis XIV, cet adorateur de l'étiquette et des grands airs. Téniers a peint aussi des batailles, des marines, des animaux ; ses tableaux sont remarquables surtout par la légèreté de la touche et la beauté du coloris.
Téniers épousa d'abord Anne Breughel, et devint ainsi le gendre d'un autre artiste de renom, Breughel de Velours ; plus tard, il se remaria a Isabelle de Fren, fille d'un secrétaire du conseil de Brabant, et il dut alors abandonner aux enfanls nés de sa première femme la presque totalité de sa fortune, qui provenait de celle-ci *. Il mourut à Bruxelles, le 5 avril 1C94, et reçut la sépulture à Perck, où, a notre honte, Isabelle seule a une inscription commémorative. Il laissa plusieurs enfants : David, Louis, Justin-Léopold, qui naquit a Bruxelles, le 5 février 1655 *, Isabelle, etc. David fut gentilhomme du train d'artillerie de l'année espagnole; il eutd'Anne-Mar-ie Bonnarens cinq enfants : David, Ignace-Melchior, Claire-Eugénie, Isabelle et Alexandre, dont le tuteur et beau-père, Barthélémy Van Goethem, greffier du pays de Termonde, vendit à Libert- Francois Christyn, vicomte de Tervueren,le 17 septembre 4698, une habitation située à Ilouthem. Le manoir de Dry-Toren, avec la ferme, les terres, les prairies, les bois et les étangs qui en dépendaient, furent également vendus par les Téniers. Jean-François Engrand, licencié en droit, époux d'Isabelle Téniers, acquit ce château, par retrait, de messire François Van Alleren ; mais, pressé par des besoins d'argent, il le vendit, de concert avec ses enfanls, à Bernard Ivens, marchand de Bruxelles et à sa femme Barbe Huygens (4 septembre 1697).
Un décret de l'archiduc Leopold, rendu le 4 avril 1651, à la demande des États de Brabant, avait annulé les octrois en vertu desquels certaines communes faisaient contribuer dans les taxes personnelles les personnes qui n'habitaient pas sur leur territoire, mais qui y avaient des propriétés. Cette décision n'ayant pas été exécutée, quelques habitants de Bruxelles s'adressèrent, le 6 juin 1691, au magistral de leur ville, en
* Voyez DcsctHPS, Vie du peintres flamande, t. II, pp. 153 et suivante*.— Il entre autres, à son fils David, le* décembre 1671 , la maison et les deux bonniers do terres situés à Houthem, que lui et Anne avaient acquis le 1 1 août 1660.
* Les parrains de ce (ils furent : Jean de Velasco, comte de Salasar, au nom de l'archiduc Leopold, et Justine- Marie, comtesse de Scbwarlzenberg.
réclamant aussi contre les octrois accordés aux villages par le conseil de Brabant, pour pouvoir taxer des bois et d'autres biens, qui ne Tétaient pas auparavant, et contre la manière dont on répartissait les taxes personnelles levées par ordre des chefs-maïeurs. Le 40 décembre de cette année, le gouvernement déclara annuler l'autorisation concédée, pour ce dernier objet, aux chefs-maïeurs, et un placard, du 25 janvier 1692, fit droit aux réclamations des plaignants. Plus tard, sur d'autres plaintes formulées par le large conseil de Bruxelles, les magistrats de la capitale demandèrent que l'on mit à néant, comme subreptices, les exécutoires généraux annexés aux sethboecken, depuis le 12 décembre 1691, demande que le conseil de Brabant accueillit favorablement (25 octobre 1695). La plainte de 1691 émane d'un grand nombre de propriétaires de biens situés à Perck, Elewyt, Campenhout, Melsbroeck, etc., et notamment de messire Ferdinand Hartius, de Jean-François Engrand, de Jacques-Louis Madoets, maître des garennes de Brabant, de Louis Téniers, de messire Pierre De Backer, de l'avocat François de Werckhoven, etc. *. Parmi ces noms ne figure plus celui du peintre dont nous venons de nous occuper. Après avoir conquis une célébrité justement méritée, il végétait alors dans l'obscurité et dans l'oubli, comme pour expier un demi-siècle de travaux et de gloire.
» Copyt D"fck. aux Archive* communales de Bruxelles, t. 1«, p. 39.