‹ Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette villeChapitre 36 sur 43 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

BEBGII, CASIPENHOUT, BOORT-MEEBBEEK, WESPELAER.

La chapelle et le château de Lille. — En sortant du bois de Perck, entre ce bois et la chaussée de Bruxelles à H&eghl, on trouve, sous la commune de Bergh \le hameau de Lille {Lille, ilïii, 130G ; Lelle, 1297, 1582; Lella, 1313), dont le nom assez fréquent, dans les pays flamands, signifie, paralt-il, un passage (M, lede, etc.) 8. €e hameau possède une petite chapelle, dont la nef est remarquable par son ancienneté; elle reçoit le jour par des fenêtres cintrées, très-profondes et en abat-jour ; elle n'est recouverte que d'un plafond. Ce petit édifice a été restauré en 1851, avec le produit de la coupe des arbres qui croissaient sur le cimetière environnant; il renferme quatre tableaux, dont trois sont an-

» Bergh (Berga, 1142; Berghe, 1248; Bergen, 1 V90 ; Berghen, 1657, 1634; Bergh, 1469; Berghe, 1542), commune du canton de Vilvorde, à 3 1. au N.-E. de Bruxelles.

Territoire: En 1686, le villagecomprenail706 bouniers, dont 469 de terres. 105 de prairies. 182 de bois. 101 do bruyères, 47 de pâtures communales, 1 d'étangs ; le revenu imposable «élevait à 0,9î7 florins. En 1846. «-ur un; étendue de 888 hectares, on y trouvait: 367 h. cultivés en céréales, 19 h. cultives en plantes industrielles. 146 h. cultivés en racines et fourrages, 14 b. do prairies, 6 h. de jardins potagers, 208 h. do bois, 3 h. de bruyères. La verge linéaire avait 18 1/3 pieds de Bruxelles.

Nombre <T habitation* : En 1435. 184 (avec Neder-Ockerzeel) ; en 1480, 70 (id.) -, en 1525. 39; en 1686, 60 chaumières, des fermes, 2 châteaux, 4 auberges, 5 brasseries, 4 boutiques et ateliers; en 1846. 241 maisons, dont 5 inhabitées.

Population: En 1786 , 797 habitants; en Tan VIII. 774; au 31 décembre 1831. 1,079. au 15 novembre 1846, 1,198. formant 235 ménages ; 133 enfanta recevaient l'instruction, et 211 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie: Le moulin a eau de Lille.

Dépendances : Les hameaux de Ruleom ou Ilultnem, Cutteghem {Cutsenghem, 1303!. FryseUtaie ou Fryisel, de Heyde, Lille, Lemmeken, Volmerstle (1498); la Terme dite t hof ira Bouche. D'anciens actes mentionnent : t Ferrysttll ou champ de Ferry (3 février 1631) et la Valckenbourg ttede (1638), près do Torffbroerk.

Les registres de l'état civil commencent en 1622.

» KnrcLiaceit, p. 237.

cieos, et donlun surtout, fa Flagellation, est d'un style tout à fait barbare. L'oratoire de Lille reconnaissait saint Lambert pour son patron. Dès l'année Il 54, une charte mentionne Arnoul, clerc de Lille. Le 1 b' août i 474, Jeanne Boots y fonda une chapellenie, dont le bénéficier devait dire la messe tous les jonrs.

11 y a une quinzaine d'années, Lille possédait encore un autre reste du moyen-âge; c'était la tour du manoir seigneurial; M. Dellafaille d'Huysse en a ordonné la démolition, et n modernisé l'aspect du château, où il a fait construire des remises, creuser des viviers et percer des avenues. Vhoff te Lille à Bergh, avec le manoir, les terres, les eaux, les vignes, les cens, les redevances en chapons, les rentes, le moulin à eau, qui vêtaient annexés, formait un fief relevant directement du duché de Brabant. A sa cour censale ressortissaient des biens situés à Bergh , Campenhout et Steenockerzeel ; cette cour se servait, en 4728, d'un sceau commun, mais elle n'en possédait pas encore, en 1635, et se servait alors de celui des échevins du village; les tenanciers qui la composaient allaient à chef de sens à Uccle.

En 4506, est mentionné sire Jean de Lille surnommé de Valle ou Vandendale. En 1559, le chevalier Josse de Lille s'engagea, moyennant 24 livres de vieux gros, à servir le duc Jean III dans sa guerre contre la France. Marguerite de Lille, qu'il eut, dit-on, d'une fille de la maison de Bouchout, épousa sire Je*n de Schoonhoven; leur fils, nommé aussi Jean, s'allia à Marguerite de Wavre, héritière de la seigneurie de Pamele. Ces deux époux laissèrent Jean, qui fut aussi chevalier et qui vendit Pamele à sou beau-frère, et Marguerite, femme du chevalier Éverard Boote. Marguerite renonça à ses droits sur le fief de Lille, moyennant une redevance de 20 sacs de seigle; elle conserva toutefois dans ce village des digues ou fortifications (agger) et six bonniers de terres (relief de Tanné 1382-1585), qu'elle transmit à ses descendants *. De Jean III de Schoonhoven et d'Else ou Élise de Diest naquirent Jean IV, le chevalier Henri de Schoonhoven , qui épousa Béatrix T'Serclaes, dame de Woluwe-Saint-Étienne, Bodeghem, etc.; Daniel, drossard de Diest, époux d'Elisabeth, héritière de Wanrode; Else, femme d'Amelric Boote; Marguerite, femme d'Amelric Pinnock, patricien de Louvain, etc. Le 16 octobre 1425, par un acte passé devant les échevins de cette ville, Jean IV déclara avoir racheté, des héritiers de son frère Daniel et de sa sœur Élise, leurs parts dans les biens de Schoonhoven, pour la somme de 200 florins de Hollande. Le

' Sire Éverard Boote. son fils Éverard, ot la (Mo do celui-ci, Jeanne Boots, relevèrent successivement quatre bonniers de terre* et trois bonniers de pâtures situés à Bergh, les premiers, au Kervktrvtli , les seconds, dans los Letlerbtempdrn

HISTOinE

fief de Lille était passé enlre les mains de Thomas, fils de Henri Heenkenshoot, qui le céda, le 11 mars 1429-1430, à une fille du chevalier Éverard Boote le jeune et de Claire de Florenville, Jeanne Boots, femme de sire Antoine de Sombreffe dit Vandenbossche. Celui-ci étant mort sans laisser de postérité, antérieurement à Tannée 4474, Lille devint la propriété des fils de Henri de Schoonhoven : le chevalier Philippe, seigneur de Schoonhoven et de Wanrode, et Henri, et des fils d'Amelric Pinnock et de Marguerite de Schoonhoven : Henri, Amelric et Louis, qui tous ensemble cédèrent leurs droits sur ce bien à Philippe Hinckaert et à sa femme Hélène deBaronaige (relief du 19 août 1485).

La famille de Hinckaert était alors riche et influente. Elle se glorifiait de descendre des ducs de Brabant, par suite du mariage du chevalier Gérélin Hinckaert avec Marguerite, fille de Jannekin de Malines, bâtard v de Jean le Victorieux. Leur écu offrait un champ de sable au lion d'argent, le champ chargé de billettes également d'argent, et ils avaient pour devise ces mots : marche droict, Beyncaert, en mémoire de ce que le chef de leur race était boiteux *. Du fils de Gérélin, Philippe, et de Marguerite, naquirent Jean, lige des seigneurs d'Ohain, et Guillaume, pére de Philippe, maître d'hôtel de Philippe le Beau, qui acheta Lille et qui acquit aussi le chûteau voisin de Ham, à Steenockerzeel, que son fils revendit, en 15 H, au célèbre Charles de Lannoy. Philippe II Hinckaert releva les fiefs de son père, le 10 janvier i 505-1 506. Il siégea fréquemment parmi les magistrats de Bruxelles, où il fut bourgmestre en 1558, 1540, 1545, 1545 et 1548; en 1537, les États de Brabant le nommèrent pour veiller, de concert avec l'abbé de Dilighem etGaspar De Mol, à l'emploi de l'aide de 400,000 livres qu'ils avaient accordée, et des 100,000 florins carolus que l'évéque de Liège lui avait prêtés ;J'abbé reçut, à cette occasion , une indemnité de 300 livres, Hinckaert et De Mol, 800 livres chacun. L'invasion des Gueldrois causa de grandes perles au sire de Lille, qui dut faire remise à ses tenanciers de Herpe des rentes qu'ils lui devaient, et dont les deux moulins furent brûlés; l'empereur Charles-Quint l'en indemnisa par le don d'une somme de 1,500 livres (20 mars 1544-1545). Philippe mourut le 20 janvier 1548-1549. De son mariage avec Hedwige Van Os, il avait eu trois fils, qui furent tous trois chevaliers : François, seigneur de Lille et de Bruggen ( relief du 4 avril 1548-1549); Philippe, seigneur de Moorsel, drossard de Gorcum, mort en 1558, et Jean. L'alné prit en engagère, le 11 avril 1559, et moyennant 569 livres, la haute, moyenne et basse justice du village de Bergh (r. du 24 février 1560-1561), que le domaine racheta eu

1 L"E>rinoï, ]. c., p. 21t. — CaaimiN L i-, p 11°

l'année 4614; il devint également, de la même manière, seigneur de Neder-Ockerzeel. Le 25 mai 1554, Charles-Quint le nomma échevin d'Uccle, en remplacement de Jean Vanderstraelen, et il occupa ces fonctions jusqu'au 16 janvier 4582, qu'il les résigna. En 4580, on le qualifie aussi de conseiller de Brabant. Lui et sa femme Jeanne Schoofs 1 testèrent, le 12 seplembre 4580, en faveur de leurs cinq enfants : messire Philippe, Charles, Jeanne, religieuse à Forêt, Âdrienne et Claudienne. Le premier eut pour sa part le château de Lille et les villages de Bergli et de Neder-Ockerzeel.

Les événements dont la Belgique fut le théâtre pendant la seconde moitié du seizième siècle, eurent du retentissement à Bergh. Les biens d'un des habitants de ce village, mailre Jean Bets, furent confisqués, en 4568, et vendus, moyennant 65 livres d'Arlois. Les Hinckaert d'Ohain adoptèrent avec enthousiasme la cause de la réforme ; ceux de Bergh paraissent avoir suivi de préférence une autre ligne de conduite; nous voyons, en effet, un sire Guillaume Hinckaert, époux de dame lsabeau Lopez, qualifié seigneur de Lille le 9 novembre 1577, probablement par suite d'une confiscation ordonnée par les Étais généraux. Ce Guillaume Hinckaert est sans doute le gentilhomme brabançon du même nom, auquel Florent, comte de Culembourg, confirma, le l«r janvier 4557-1558, une pension viagère de 400 livres de quarante gros. Sous le règne des archiducs Albert et Isabelle, le conseil des finances, profilant de la trêve de douze ans, racheta la plupart des seigneuries engagées par Philippe II. Ce fut un nommé Lambert de Haes qûi, « par pur zèle et affecliou pour « le service de Leurs Altesses, sans en prétendre aucun intérêt, > fournil 5,487 livres d'Artois, pour rembourser les engagères de lièrent, Neder- Ockerzeel, Bergh, Humelghem, Machelen-Sainte-Gerlrude, Nosseghem et Wesembeek. En retour, la chambre des comptes lui céda l'oflice (c'està-dire l'emploi de maire) de ces villages, avec leurs revenus, amendes et autres dépendances, pour le terme de seize années et à la condition de payer une somme annuelle de 200 livres d'Artois, sur laquelle il pouvait retenir le montant de son prêt. Il racheta, de la même manière et aux mêmes conditions, les hautes justices de Leefdael et Vossem, de Meerbeek près d'Eversberg, et de Corbeek (4 juillet 1614). Une douzaine d'années après, de nouveaux embarras pécuniaires étant venu assaillir le gouvernement, on recourut encore à la ressource des engagères. Bergh fut engagée, le 3 août 4626, et moyennant 4,400 florins, à messire Jean Hinckaert, fils ainé de Philippe, qui avait relevé Lille,

1 Ainsi s'exprime l'acte lui-même, tandis que les généalogies, d'accord avec un octroi du 9 juillet 1580, donnent Marguerite Vanderstraelen pour femme a François Hinckaert.

Hergh et Neder-Ockerzeel le 8 février 4592, et de Marie de Spangen.

Jean Hinckaert ne laissa pas d'cnfantsdesafcmmeFrancoisedeLalaing, mais il avait trois frères el une sœur : Philibert, Maximilien, Charles et Isabelle, femme de Jean-Guillaume Vanderschueren, qui se partagèrent son patrimoine, le 5 juin 4643. Le château de Lille fut alors divisé entre Philibert et Maximilien. Ce dernier devint seigneur de Lille (r. du 23 février 4641), mais son frère, probablement a la suite de contestations survenues entre eux, acquit la haute justice de Bergh, en ajoutant 600 florins à l'engagère précédente (20 décembre 4642), et Maximilien, pour en acquérir la propriété incontestée, dut encore surenchérir de 4,600 florins (30 juin 4644, r. du 40 novembre suivant). Messire Maximilien fut tué malheureusement (sans doute, en duel), le 20 juillet 4657; comme il était le dernier mâle de sa famille, ses armes furent enterrées avec lui, le 24 août suivant, dans l'église de Bergh, par Jean de Launay, oflicier d'armes ordinaire du roi; nous avons déjà rappelé une cérémonie de ce genre, en parlant du village deGoyck;nous ne dirons donc rien de celleci, où l'on suivit absolument les mêmes formalités ».

Jeanne Vauderdilfl conserva l'usufruit des seigneuries de son mari (r. du 40 novembre 4657), qui passèrent ensuite, en vertu du testament fait par les deux « poux, le 20 janvier 4646, à Elisabeth ou Isabelle Hinckaert, puis, par suite du testament de celle-ci, qui porte la date du 24 octobre 4660, aux sœurs de son mari : Catherine Vanderschueren, femme de Pierre Saverneel, seigneur de Ten-Brugge, et Anne Vanderschueren, qui les vendirent, moyennant 49,917 florins, à Charles de Dongelberghe, conseiller de Brabant, créé vicomte de Zillebeke le 43 avril 4672 (r. du 27 avril 4673). Le château comprenait alors, outre l'habitation principale, une cour où avait existé une chapelle, deux appartements avec grandes caves, nouvellement construits sur l'emplacement de bâtiments qui avaient brûlé; une vaste galerie s'élevant â l'endroit où avait existé une brasserie; une grange bâtie en 4647, par les soins de Maximilien Hinckaert; des jardins, des étangs, des cours, un enclos appelé le Parc, de Warande; un bonnier portant le nom de la Vigne, den Wyngaert; un autre terrain nommé den Hinckaert, en tout 41 bonniers. Une belle habitation de pierres, avec la moitié de la cour extérieure du château, qui était plantée d'ormes, le moulin â eau, l'étang dit Molenvyver, et d'autres biens, étaient tombés en partage à Philibert Hinckaert, le 2 janvier 4653. Celui-ci les laissa, par testament, â sa femme Françoise de Lalaing, qui, à son tour, les légua, le 34 mai 4666, à Charles de Plaines, seigneur de La Mouillcrip, ancien bourgmestre de Louvain, et à sa femme, Ma rie-Ca-

» Voyei plus haut, tome I", p. 258. et Camsn*. Juritprwlfutia htroira, p IfR

Iherine Eduwaert, nièce de Françoise de Lalaing. Philibert Hinckaert mourut à Bergh, le 47 août 4656, et sa femme le suivit dans la tombe le 8 mai 4 678 ; tous deux reeurent la sépulture dans le chœur de l'église de Campenhout. Lenrs héritiers vendirent leurs biens de Bergh, moyennant 48,815 florins, à Charles de Dongelberghe qui, de la sorte, réunit de nouveau tout le fief. Dongelberghe avait mis d'autant plus d'empressement à effectuer cette acquisition, qu'il plaidait alors par-devant le conseil de Brabant, contre Jeanne Vanderdilft, celle-ci réclamant l'usufruit, et même la propriété de certains biens, mais elle se désista de ses prétentions, le 23 septembre 1676. Sa veuve, Anne-Marie Van Ryswyck (r. du 27 juillet 4678), céda tous ses droits sur Bergh, Lille, etc., par anticipation d'hoirie, à sa fille aînée, Caroline, femme de Frédéric-Joseph- Ignace de Marselacr, baron de Perck (r. du 21 juin 1692); Caroline et le baron cédèrent, a leur tour, Bergh et Lille à leur sœur et belle-sœur respective, Anne-Philippine de Dongelberghe, femme de messire François- Engelbert de Steelant, capitaine de cavalerie au service d'Espagne (r. du 45 avril 1693). Philippine de Dongelberghe se remaria, après la mort de M. de Steelant, décédé en 1702, à Pierre-Antoine Dubois dit Vandenbossche, licencié en droit. Son fils, Louis-Joseph de Steelant (r. du 19 août 4702), devint baron de Perck; quoiqu'il eût des enfants, il laissa Bergh à son frère Charles-Benoît (r. du 22 avril 4757), qui reçut la sépulture dans l'église de Bergh, sous une pierre tumulaire portant pour inscription : hier leyt begraeven — den bdelen en wel geboren

— BEERE CAROLUS BENEDICTU8 — VAN STEELANT, — !N ZYN LEVEN — HELRE

— VAN BERGH, LILLE, — JONGMAN, — STERFT DEN 20«B JULY 4772. Le village appartint ensuite à M',e de Steelant, puis devint la propriété des Dellafaille.

Le village db Bergh. — Bergh, dont le nom provient de sa situation sur un terrain un peu plus élevé que les plaines environnantes, était jadis peu important, et comme perdu au milieu des bois et des bruyères. Aussi n'y trouve-t-on rien qui rappelle les temps anciens, si ce n'est, dans la partie méridionale, les dénominations de Wapendries ou triât des Arme* et de Ouden huysen ou Vieilles maisons (1638), données à des localités adjacentes à la voie dite le Chemin d'Aerschot, qui passe à Lille et au sud du village même de Bergh. Plus au nord, les défrichements n'ont été considérables que dans les temps modernes. Au Volmersommendries, à Bullesom, il y avait aussi une bruyère; quelques soldats hollandais vinrent piller les maisons voisines, le 42 août 4676; ils arrivaient de Campenhout, où les habitants, provoqués, sans doute, par leurs violences, avaient sonné le tocsin, pris les armes, et tiré des coups de feu contre eux. H n'est pas étonnant que dans ce pays plein de bois et peu T II •»

habité, il y ait eu longtemps des loups : le 29 juillet 1640, on paya, à Bergh, 10 sous à un paysan qui en avait apporté un.

Ce fut évidemment dans le but de venir en aide aux populations de ces lieux retirés que, en 1248, le duc Henri III donna aux habitants de Bergh et de Neder-Ockerzeel, « pours'en servir comme pâturage et en ulic liser les produits comme combustibles, > la pâture dite Laer, située entre les deux villages et dépendante de l'alleu du duc. Il déclara en outre ces mêmes habitants exempts de toute exaction, de toute taille, de tout service, sauf qu'ils devaient, comme ses autres sujets, le suivre à la guerre, et lui payer un subside lorsqu'il conférait l'ordre de la chevalerie A l'un de ses fils ou qu'il mariait l'un de ses enfants. Par contre, ils étaient tenus de donner, tous les ans, outre deux poulets par feu, un cens de 40 livres de Louvain, qu'ils étaient autorisés & répartir entre eux de commun accord; le maire du duc devait forcer à la soumission ceux des habitants des deux villages qui refuseraient de payer leur quote-part dans cette taxe *.

Cette concession fut confirmée parles souverains du Brabant, n plusieurs reprises et, entre autres, par Jean Ier, le mardi avant la Saint-Gilles, en 1290; par Jean III, le lundi après l'Assomption, en 1337 ; par Philippe le Bon, le 27 avril 1431 , et par Philippe II. Dans sa charte, Jean III reconnaît que si les deux villages ont contribué dans l'aide que le Brabant lui a accordée, c'est par pure grâce et non par obligation. Vers l'an 1400, les habitants de Bergh et de Neder-Ockerreel remirent le diplôme du duc Henri à sire Éverard Boote le Vieux, afin qu'il en obtint une con-

1 Henricusdux Lotharingie et Brebanliœ, présentes litteras inspecturi? salutem et cognoscere veritatem. Noverint univorsi qui>d nos. ob dilectionero qnam gerimus, circa dilertos hommes nosiros parochianosde Bergheet delloc-hensele, indulsimus et concessimus cisuYm parochianis, ad usum pascualcm et ad eorutn communem combusiionem, paludem illam que vulgaliter Lare nuncupalur , in nostro allodio, inler dictas villas jacentem, ita videlicet quod dicti parochiani solvent oobts annuatim. in festo Omnium Sanctorum, XL libres Lo\anienscs, et de quolibet igne duos pullos, inter Pascbam et Penthocosten, et per hanc solutionem denariorum et pullorum abotnni exactions tallia et servitio libcri enint et absoluli, hoc Lime n excluso quod nostram, cum aliis hominibus nostris. proflciscuntur expeditiotiem, et quod suivent cum aliis.dum fllios nostros milites facimus.ipsos etiam Ulios et (ilias nuptui tradimus. Dictos etiam denarios inter so communiter et de commune consilio persolvcut et si qui eorum malevoli et rebelles inrenientur. por noslrum ibidem villicum ad solutionem compellantur. Et ut hec concessio jure hereditano dictis hominibus a nobis nostrisquo heredibus sive successonbus imperpetuum inviolabihter observatur, sigillum uostrum in testimonium et tlrmituditicm presentibus duximus apponendum, adhibitis suscriptis testibus, scilicet dilectis nostris et fldelibus Godefrido. domino do Paruwpys, consanguiueo nostro. Leone, castellano Bruxellensi, Arnoldo dapifero , domino de Rocbelair, Waltero Clutingo, Symone de Geldonia, Gosuino do Saventincs, magistro Ilartholomeo phisico nostro. Wilhelmo Nocutb et aliis. Actum et datum apud Lovanium. arino Domini millesimo ducen tesimo quadregesimo octavo. — Registres aux charltt de la chambre des comptes, n- XII, f- 75 v». — Livres noirs, n« IV. f« 1 18.

firmalion du doc Antoine. Boote était alors seigneur des deux villages, parengagère; il garda la charte, et ses descendants en restèrent longtemps délenteurs au grand préjudice de leurs sujets, qui durent plusieurs fois supporter leur part dans les aides, entre autres dans l'aide accordée au duc Philippe de Saint-Pol; Philippe le Bon étant monté sur le trône, ils lui offrirent de lui remettre la pâture, qui était alors, disaient-ils, en meilleur état que lorsqu'on la leur avait cédée, et de payer les impôts comme les autres Brabançons, mais à la condition d'être exemptés du payement des cens et redevances mentionnés dans la charte de 1248. Philippe le Bon fit examiner celle-ci par son conseil en Brabant, puis la ratifia complètement. Le cens de 40 livres, dont il est ici question, fut longtemps donné en fief à la famille patricienne des De Monte ou Vandenberghe, de Bruxelles.

La partie du terrain communal situé sous Neder-Ockerzeel a été, para H-il, entièrement défrichée, et est devenue le hameau de Laer; mais la commune de Bergh possède encore, un peu plus au nord, ce que Ton appelle le Torffbroeck, aonaie qui contient environ 32 hectares. Il y eut, au sujet du don de Henri III, de longues contestations entre les deux villages; enfin, le 31 août 1634, un accord fut conclu dans l'habitation du maire de Bergh, entre les notabilités de celle localité : le seigneur de Lille, messire Jean Hinckaerl; le maire, Roland Vandereycken ; les échevins, Henri Schuermons, Jean Van Vollesom, Etienne De Ceustere, Servais Peelers, Pierre Van Espen et Jacques Vanslcenwegen, et les principaux habitants de Neder-Ockerzeel : les échevins, François Macs, Hubert Crabbeels, Antoine T'Scrvrancx, Arnaud De Pauw et Pierre Haesaerts, et le maire Winand Poels, le tout sous réserve de l'approbation de Frédéric de Marselaer, seigneur de Neder-Ockerzeel, et de l'assemblée générale {gemeyute) des habitants des deux villages. Après que le bien aura été mesure par un arpenteur juré, est-il dit dans l'acte, chacun des deux villages en conservera la moitié, en suivant le fossé existant depuis 33 ans, et chaque village prendra à sa charge la moitié du cens que l'on paie au souverain, le jour du Lundi perdu. Les vannes (valveketts, pour l'écoulement des eaux), qui seront placées de commun accord, seront entretenues par le village duquel elles dépendent; Bergh et Neder-Ockerzeel contribueront chacun pour une moitié dans l'entretien du chemin qui va de l'un à l'autre, en passant à travers le Broeck ou Torfjbroeck^ et ils payeront, de même, les frais de justice auxquels leurs contestations ont donné lieu. R. Van Velthem, greffier des deux villages, rédigea cet accord, qui fut signé par les contractants, enregistré à Bergh et à Neder- Ockerzeel, copié eu double sur parchemin, muni du sceau des deux seigneurs, et approuvé, le 50 décembre IG54, par le conseil de Brabant.

716 HISTOinB

Du 3 octobre 1720 au 9 janvier 1751, le Torfjfbroeck de Bergh produisit 1 53 florins, provenante ventes de bois ou de tourbe, et l'on paya, sur ce revenu, 157 florins, dont 85 florins pour le cens dû au domaine. Un ofticier particulier, appelé torffmeyer ou maire de la tourbe, veillait à la gestion du bien communal.

Bergh et Neder-Ockerzeel formaient encore, en 1469, une seule cote, dans le cahier des aides de Brabant; en 1500, ils étaient séparés. Les répartiteurs du premierde ces villages furent autorisés, le 29 avril 1627, à continuerà imposer tous les propriétaires ou fermiers de terrains situés dans cette localité aussi bien ceux qui étaient étrangers à Bergh que ceux qui y habitaient. Suivant une minute de réponse à un placard du 2 janvier 1681, le village ne comprenait alors qu'environ 500 bonniers, dont 70 de prairies et de mauvaises pâtures, et 100 debasses futaies; la plupart des propriétés y appartenaient à des habitants de Malines, qui étaient exempts d'impôts, ou à des cloîtres et hôpitaux. En outre, une partie du territoire de la commune lui était contestée; à Elewyt, on soutenait que, depuis 60 ou 70 ans, Bergh avait usurpé la juridiction sur environ 150 bonniers qui ne lui appartenaient pas. Les maisons n'étaient jamais imposées qu'à raison de remplacement qu'elles occupaient, parce que leurs propriétaires en recevaient plus de tort que de profit \ On aurait, d'ailleurs, difficilement trouvé à Bergh un homme de métier «. A cette époque, ainsi que le prouva une enquête, il n'existait que fort peu de baux; les locations se traitaient verbalement. D'après un dénombrement fait à la suite du placard du 7 novembre 1693, Bergh comptait alors 446 habitants; au 19 novembre 1698, ce chiffre s'élevait à 459, dont 210 enfants et 249 adultes.

En 1570, le receveur de Vilvorde et de Vueren avait à Bergh un délégué chargé d'y percevoir les cens dus au souverain. Ce village dépendit de l'échevin8ge de Campenhout jusqu'à l'époque de l'engagère de la juridiction domaniale aux seigneurs de Lille; il s'y constitua alors un échevinage particulier. Les archives du greffe de Bergh sont considérables et complètes : elles consistent eu une suite de registres et de fardes d'adhéritances, depuis 1617 jusqu'en 1795, suite qui ne présente que quelques lacunes; d'autres registres avec procurations pour adhéritances, un annotatie boeck van de goederen der arresten endemanissen, de 1772 à 1795 ; un grand nombre de rôles, de registres aux actes de loi, de comptes de tutelle, de fardes processales,.'des comptes de la commune et de l'église, etc.

En 1142, l'évéque deCambrai donna l'autel de Bergh (altaredeBerga),

» Ortrmidn de tttve »yn tan teer cltync comideratie, d ryyenatrs mter te nhadt ait Un prouffyle geltghen tynde.

* Ten tcylenl datr nauictlyrx ttn ambachtsman If tindtn tn i*.

sans charge de personnat, a l'abbaye de Saint-Adrien à Grammont '. Ce monastère acquit aussi, à Bergh, Lille, etc., un cens de 36 vieux gros et de 3 chapons, que l'abbé Simon de Warluzel vendit, ainsi que la dlme du lieu et 13 bonniers des biens du personnat, à Martin de Knibbere, le 9 juillet 1568. En vertu d'un jugement du conseil de Brabant, daté du 31 mai 1634, un autre abbé obtint la résiliation de cette vente. Le monastère comptait aussi à Bergh quelque hommes de (ief, qui relevaient de sa cour féodale de Ten-Broeckc, à Lierde-Sainl-Martin, dans le pays d'Alost; lorsque ces fiefs étaient cédés ou hypothéqués, on payait un droit de dixième à l'abbé de Saint-Adrien.

En 1610, on annexa à la cure les chapellenies de Saint-Lambert et de Saint-Antoine, qui devaient tous les ans, la première 130, et la seconde, 78 messes; le curé recevait en outre de l'abbaye une compétence de 218 florins, que l'on portait à 400 florins, en temps de guerre. LachapelleiiiedeNolre-Dame,àlaquelleprésentaientlecuré et les maîtres de la fabrique, et celle des Ames, dont la collation appartenait à l'abbaye de Saint- Adrien, étaientgrevéeschacunede 5 messes par quinzaine. La matriculaire oul'oflice de sacristain constituait également un b< m fit < . L< I r mars 1710, par un acte conclu entre le curé, d'une pari, les anciens et les nouveaux maîtres de la fabrique, d'autre part, il fut convenu qu'une messe matinale se célébrerait tous les dimanches et jours de féte, et que le curé, de ce chef, recevrait, par an, 75" florins, dont 25 à prendre sur les offrandes faites à cette messe, 25 provenant du revenu de Torffbroeck, et 25 donnés parla Table du Saint-Esprit, en partie en remplacement des quatre repas que cette institution offrait, tous les ans, aux maîtres de la fabrique, et que Ton réduisit à un.

L'église de Bergh fut brûlée, vers 1620 ou 1640; on la reconstruisit alors, et, comme elle souffrit beaucoup d'un orage, en 1769, on la rebâtit de nouveau, vers 1794. Le 1er décembre de cette année, l'avocat Durieux, délégué des religieux de Saint-Adrien, constata que la grande porte n'avait pas été élevée conformément au plan adopté; tous les habitants demandaient que l'édiflce fut couvert, sans quoi il courait risque de crouler. Le 4 mai 1795, les paroissiens ayant été convoqués pour prendre des mesures au sujet de l'achèvement de l'église, vingt personnes comparurent et résolurent de s'adresser à cet effet à l'administration centrale du département de la Dyle. Nous ignorons le résultat de leurs démarches; nous savons seulement que le temple paroissial de Bergh ne fut terminé qu'en l'année 1830 environ.

D'après d'anciens inventaires, on conservait à Bergh, au siècle dernier, les comptes de l'église depuis l'an 1518, et les comptes de la table

• Optra dipl.,\ l«,[>. 530.

des pauvres, depuis Tan 4529. Les étrangers n'étaient pas aisément admis à fixer leur domicile dans cetlecommune. Il y a une centaine d'années, un certain Jean Winlerbeeck, de Grimberghe, étant venu s'y établir et s'y marier, les échevins et les maîtres des pauvres s'en plaignirent, en se fondant sur ce que ses enfants pourraient être plus tard, à charge a la commune. Il fallut que le curé, le maire, les échevins et les maîtres des pauvres de Grimberghe s'engageassent à supporter les frais de leur entretien, le cas échéant, jusqu'à concurrence de 450 florins du Rhin.

Autour de l'église de Bergh sont groupées un assez grand nombre de maisons, parmi lesquelles il en est plusieurs qui offrent une rare apparence d'antiquité et de solidité. Ce siècle en a vu abattre ou modifier cinq ou six, qui étaient entourées de fossés et ornées de tours . La Clippcrsteyn, entre autres, passait pour un édifice très-ancien; selon la tradition, ce donjon avait été bâti par les Sarrasins. Il ne datait cependant que de Tannée 1631; les Hollandais l'ayant incendié , quelques années après, il fut agrandi, en 1650, parles soins du curé de Bergh. Il appartenait h l'église du village en vertu d'un don que lui en fil le curé Martin Grielens. H se trouvait un peu à l'ouest du Torffbroeck et louchait ou Ronden hoff ou Cauwerschueren, jardin entouré de murs et de fossés, et où se trouvait autrefois une habitation. Tous deux furent vendus, en 1673, h messire André Vandervekcn, capitaine de cavalerie. Celui-ci et sa femme, Josine Vanderheyden, les cédèrent à Marie-Philippine Van Berckel (9 septembre 1C94). Messire Théodore-François de Berckel, seigneur d'Erembodeghem, maïeur de Louvain, après avoir eu quelques diirérends avec sa femme Rose-Madeleine Vandergracht, baronne de Rnmerswael, les termina en cédant à celle-ci tous ses biens, dont il ne se réserva que l'usufruit, et, de son côté, elle s'engagea à lui payer 2,000 florins, et, s'il mourait avant elle, a faire célébrer 2,000 messes. Les deux époux vendirent ensuite la Clippersteyn à messire Philippe-Joseph Van Grave, seigneur de La Croix, et à son frère Charles-Edouard, seigneur de Bajenrieux (15 mars 1758). Leur demeure a été abattue, il y a neuf ou dix ans.

A la demande du chevalier Adrien de Belle, seigneur de Fontaines, le conseil de Brabanl fit vendre des biens appartenant à sire Florent de Mérode, seigneur de Rummen, et, entre autres, la S'Winters hoff, à Bergh, qui était tenue à cens de l'abbaye de La Cambre. Paul Vandenberghc en fit l'acquisition, le 23 juin 1604, au nom de messire Bernard de Mérode, seigneur d'Aslen, qui les céda, en échange, à maître René Van Ryswyck. Lors du partage des biens de celui-ci et de sa femme, Jacqueline de Facuwez, la ferme passa à leurs enfants: Jean, Guillaume, ri Marie-Justine, qui épousa messire Nicolas Harlius (5 juillet 1627).

En 4663, les (ils de ce dernier vendirent leurs biens à Bergh, qui consistaient en 45 ou 46 bonniers de terres et 5 ou 4 bouniers de prés.

La terme de Camdrie88che onde l' Agnelet (hetLammeken), qui se trouve du côté de Neder-Ockerzeel , reconnaissait pour maîtres, au seizième siècle, la famille de Herloghe. Messire Alexandre Vandenbossclie le Vieux en hérita le 45 août 455a, et la laissa à son fils, messire Alexandre dit De Herloghe, qui, en testant, le 48 décembre 4646, demanda à être enterré près de sa mère, dans l'église paroissiale. Les tenanciers jurés de ce bien allaient en appel à Uccle.

Un grand nombre de communautés religieuses, et, surtout, de coin* munautés de femmes, possédaient des biens à Bergh. L'abbaye de la Cambre y avait une cour censale, dont les tenanciers allaient eu appel à Uccle. Elle y acquit de bonne heure des dîmes, dont l'évéque Gérard lui confirma la possession, en 4220. Le chevalier Walter de Rimenam, avec l'approbation de son suzerain Arnoul, seigneur de Wesemael, lui céda ce que l'on appelait l'alleu de Wesemale (mars 4233). Les Riches-Claires de Bruxelles avaient à Bergh la seigneurie de Coûtent, que possédait, en 4347, Henri de Coelhem,et où le maire de Wilder pouvait visiter les chemins et les eaux, mais seulement en compagnie du maire et des tenanciers des religieuses. La cour censale et féodale du couvent de Béthanie à Malines fut achetée, au dix-seplième siècle, par Philippe Lambrechts, qui la laissa à sa veuve, Françoise Maurissens. Une ferme, dite Ter-Munck (der Moenke, 4390), appartenait aux lépreux de Bruxelles (1270), etc. La cour censale et la cour féodale de l'abbaye de Cortenberg et du couvent des Chartreux de Scheul devinrent la propriété de Henri Stercx, maître de la chambre des comptes, puis de sa veuve, Marie Janssens (1615). Messire Jean-André de Roovere, adjudant du sergent-major du régiment du colonel, sire de Gulzin, en devint ensuite possesseur (1627, 4629), puis elle passa à Jean De Sadelere.

Un petit manoir, une cour censale et une cour féodale formaient la seigneurie de Ruttert. Après avoir appartenu à Walter Magnus (au quinzième siècle) , puis à Roland De Mol, seigneur de Loupoigne (1570), elle reconnut pour maître Henri de Bronchorst, châtelain de Vilvorde, qui la légua, le 20 juin 1629, n l'église paroissiale, & la condition de faire célébrer tous les ans trois messes, et de faire apprendre publiquement le cathéchisme, dans l'église, aux enfants du village. Le 26 juin 4753, le curé, le chapelain Henri Broyninckx, le maire, les échevins et d'autres habitants la vendirent, moyennant 4,000 florins, à Charles- Benoit de Steelant. Le greffe de Bruxelles possède un rôle de cette seigneurie, commençant le 28 août 4787.

On cite encore à Bergh la tour dite rfe/i Sfec/i, qui appartenait, en 1644,

ù Servais Vanderhoeven ; une cour censale qui appartenait aux De Borch- «rave, en 1632 et années suivantes; la ferme 't Ctaerhoven, etc. Elisabeth, fil le naturelle de Charles Nicolaï, conseiller au grand conseil de Malines, légua cette dernière aux Carmes de Louvain; mais Gilles Calle en revendiqua la propriété au nom de sa femme, Geneviève Deyn, en qualité d'héritière paternelle de maître Jean, fils de Charles Nicolaï, et les Carmes durent se contenter d'une rente annuelle de 30 florins du Rhin, hypothéquée sur ce bien (25 novembre 1658).

La partie septentrionale de la commune ne se composa longtemps que de bois et de bruyères, qui sont aujourd'hui presque entièrement défrichés; on y trouve une chapelle dédiée à saint Servais, évêque de Tongres. Le chemin dit Fryselstraet la sépare de Campenhout.

Campe.nuoit. — La grande commune de Campenhout présente encore quelques bois assez étendus. Le Weysetter ou Dirisetter bosch , qui s'étendait d'Elewyl h Hoort-Meerbeek a, pour ainsi dire, complètement disparu; mais, plus h l'est, on trouve encore le Roo-Klooster bosch (bois de Rouge-Cloitrc) et le Verbrand bosch, près de l'écluse du C8nal de Louvain; vers le sud, d'autres bois entourent le château de Wilder et se prolongent vers Velthem et Erps. Dans l'espace intermédiaire coule la Wesembeek ou Ruysbeek, à l'est de laquelle, au milieu d'une belle plaine, s'est formé Campenhout, village très-ancien, puisqu'il est cité dans le récit des miracles de saint Trond, rédigé par le moine Stephelin, au onzième siècle Le nomade Campenhout parait dériver

« Mulirr quatdam Mesuendit nomiru, de Campenholt Bracbaletui$ pagi villa. Gucsqoikiu. Acta sanctorum Hel'jii, t. V. p 67.

Campenhout {Campenholt. X* siècle, 1 146, 1 17.1, 1209 ; Campenhout, p.usim), commune du canton deVilvorde. chof-lieu d un canton administratif, à 3 !.. au N E de Rruvelles.

Territoire: En I6H6. le village comprenait 1.210 bonniers, dont 621 do tenes, 1 1ode prairies, 3il de bois. 60 do bois taillis [heyschommen) . 91 do vergers et do jardins potapers; I* revenu imposable selevait * 16.211 florins En 181*». sur une étendue totale de 15i9 hectare-, on y trouvait : 81 i hect. cultives en céréales. 58 h. cultives en plantes industrielles. 305 h. cultives en racines et fourrages, 36 h. de prairies, 35 h. de jardins potagers. 160 b. de bois, 13 h. de jachères. La verge linéaire avait 18 lf& pieds de Bruxelles.

Nombre d habitation»-. En IV35. 128 : en USO. 95; en 1525. 165. dont I a 2 foyers; en 1686, 1 12 chaumières, des Termes. 2 châteaux, 10 brasseries, 8 boutiques et ateliers; en 18*6, 567 maisons

Population ■. En 1786. 1,97V habitants; eu l'an VIII, 2.066; au 31 décembre 1831, 2.637 ; au 15 novembre 18V6. 2.K85. formant 570 ménages; 198 enfants recevaient l'instruction, et 337 personnes les secours do la bienfaisance.

In luttrie : 1 moulin a vent au centre du village, 1 aRuysbeek, 1 moulin h eau à Wilder, 1 Lu incjue de chandelles, 1 brasserie, 1 distillerie.

Dépendances: Les hameauv do Camptlatr.de Heyde, Langatratt, Relit Ruytbeek, Yier-

du lalin catnpi, champs (d'où Kempm, Otinpinc. etc.), et, par extension, plaine, et du flamand hout, bois, ce qui coïucide parfaitement avec l'aspect du sol. Les ducs de Brabanl donnèrent à re village de l'importance, en y établissant successivement un èchevinage et une chefmairie.

L'cchevinage est déjà mentionné en l'an 4251, et se servait, dans ses actes, de la langue flamande, dès l'année 1517 ; en i50G, il n'avait pas encore cessé d'employer le latin. Son sceau primitif offrait la représentation d'un lion rampant, couronné, et la légende : S. SCABINOR. DE CAMfBNHOUT. Ce tribunal étendait sa juridiction sur les villages de Campenhout, de Wespelacr, de Neder-Ockerzeel , de Bergh , de Corlenberg, de Humelghem, de Melsbrocck, de Haeren et de Peuthy; dans toutes ces localités, la justice appartint aux ducs de Brabant, jusqu'à l'époque des grandes engagères du domaine, sous les princes de la maison d'Autriche. Les échevins de Campenhout suivaient la coutume d'Uccle, el reconnaissaient les échevins de ce village pour chefs de sens; eux-mêmes jugeaient en appel des sentences rendues par différentes cours censales ou autres tribunaux établis à Campenhout, à Eversberg, à Meerbeek, etc.

La chef-mairie de Campenhout comprenait, outre les villages ressortissant àl'échevinage de son chef-lieu, les seigneuries à clocher d'Evere, dePerck et Eb'wyl, de Sleenockerzeel, de Sterrcbeek, et d'Eversbcrg et Meerbeek, el le village de Boort-Meerbeek, qui avait ses échevins particuliers. D'anciens cahiers des aides de Brabant, ceux de l'année 1427, entre autres, y comprennent aussi Werchler, qui dépendait du quartier de Louvain. Les Archives du royaume possèdent la série des comptes des chefs-maïeurs, à partir de l'année 1420 ainsi que quelques comptes plus anciens, en rouleaux, notamment ceux de Jean Kempeneren (4 juillet 1389 — 26 février 139 M 392), d'Arnoul Van Wilre (29 mars 1591- 1592 — 29 mars 1392), de Philippe Van Meltbroec ( 5 août 1592 — 2b janvier 1392-1595), de Thierri Grymaert («août 1592— 12jan-

Simelen, Wilder Srhtlthottn, Gelretde, Meerbeeksche-hoeck, Sieutceqen. Ovtr den Vaert, Vhof te tlerghe, qui échut en partage, le 12 janvier 1 » 1 7- 1418. a Marguerite Vnndeneviule dit» Van Orthen, et a son mari. Gilles de Zut ; la maison dite de Trit* (l«»3S), etc. En 1787, on mentionne, à Si hilthoVen. t Slorerrelt el de Slarerbempd. Les registres de Tetat civil commencent en 1.VJ8.

• Archive* de la chambre de* comptes, n°* lî.71>.< et suivants de [ inventaire imprimé 1. Il

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7t* HISTOIRE

vier 1593-1596), de Gilles Clievers (14 mai 1590-25 mars 159C-I397). Le premier compte de Grymaert atleste dans quels embarras financiers était alors plongée la duchesse Jeanne. Pour payer le poisson que Jean Fabiaens avait livré à ses cuisiniers, et afin que ce marchand consentit à lui en fournir encore, elle dut lui assigner une somme d'argent sur les revenus de l'ammannie et d'autres offices judiciaires, et, notamment, 15 couronnes à prélever sur les produits de la mairie de Campenhout et payables dans les quatre jours (6 octobre 1592) Jean Kempeneren fut remplacé, pendant seize semaines, par Gérard Van Haren. L'ancien greffe éehevinal, qui est actuellement à Bruxelles, comprend les registres aux adhéritances, pour les années 1565 à 1584 et 1587 à 1751 ; les registres de la cour féodale et de la cour censale de Wilder, à partir de 1626; un grand nombre de pièces processales, des rôles, commençant en l'année 1626; un vierschaerrolle, un rôle van officie^ etc.

Campenhout, ainsi que Bergh, Boort-Meerbeek et Wespelaer, contribuaient dans le nobel-gelt. En 1448, leur cote fut fixée à 40 nobles, représentant l'entretien ou la réparation de dix verges de maçonnerie; plus lard, ils cessèrent de supporter cette charge, qui ne frappait pas les localités situées au sud ou à l'est de ces villages.

Le village souffrit quelque peu des guerres du règne de Maximilien; des remises de cens furent accordées à plusieurs habitants de ce village, de Neder-Ockerzeel, de Boort-Meerbeek, de Wespelaer, de Steenockerzeel, de Humclghem, de Querbs, en 1488 et années suivantes. Une circonstance rendait a Campenhout la charge des aides plus lourde pour les habitants; les Malinois y avaient beaucoup de biens, qui, de temps immémorial, furent toujours exempts de payer l'impôt; celle franchise ayant été méconnue, comme elle l'avait éié également i Perck et à Merchten, la chambre des comptes, à la demande de la ville de Malines, la rappela aux répartiteurs de l'impôt dans ces (rois localités, le 7 février 1446-1447, en les prévenant que, s'ils avaient quelque objection à faire valoir, ils devaient comparaîlre devant elle, à Bruxelles, le 14 du même mois *.

• De hertognino van Lurcmb . van Rrarant on do van Lymb. — Meyer. \vi syn sculdich Janne Fabiaons, van visschen in onse rot kenen gelcvcrt, die «M niet langer levercn en wil sonder gelt, also dat wi ovordragen syn mil onsen amman van Uruessel, van der pourvancien van visschen. aen Jannc vous.. dat hi synaengedeelt dragon sal,ende ghi enonseandere onder ambochteren hoir aengedeolt. d us te weten dat glu Janne voirsetde belalen selt van onsen wegen op une ambarht XIII cronen, die vvelc ghi hier den solven Janne brengt op sendl, of olsulc vanerh (?) dair of doet dat hys gopayt si lussrhen dit ende dynsdach naistcomende. ende des niet en laet. also lief nls ghi ons hebl ende uwe ambarht. ende dit gelt selen wi u doen afrorten in nwer iersten rck< ningen. Gegeven te Rruessel, desen vrkUtth VI dagetn octobr.— Onsen meyer van Campenhout. Philips Van Melthroec.

» Rtgistrttdm trnttncr* <U ta rhnmbrr de* rompttsde lirabant. <tr l année 1 VW a lf>W, f« 15 V

Les guerres du seizième siècle et de la première moitié du dix-septième furent funestes au village de Campenhout, que les armées belligérantes traversèreul à plusieurs reprises, la torche et Pèpée à la main. En 1578, quelques troupes des États, qui avaient conduit à Anvers le prince d'Orange, passèrent par Campenhout et s'y emparèrent du château de Wilder 1 ; peu de temps après, les Espagnols, qui s'efforçaient de gagner à leur cause la ville de Malines, et qui parvinrent à réaliser ce projet, occupèrent militairement Campenhout *. Dans un acte du

10 mars 4627, on y cite une maison située vis-à-vis du cimetière, comme venant d'être brûlée dans une incursion des ennemis du roi. Mais, d'un autre côté, une grande étendue de bruyères fut, vers la même époque, livrée à la culture. Le 41 mai 4617, le domaine céda aux habitants du trieu de Bullesom un terrain vague, à la condition de payer tous les ans 27 deniers de Louvain et 4 chapons; le 48 novembre 4642, on arrenta de même la brut/ère de Campelaer, moyennant 5 florins par bonnier, à Jean Coop et à Pierre Walravens, bourgeois de Malines. Celte dernière opération mécontenta Philippe Lambrechts, alors seigneur engagiste du village, et les habitants, qui intentèrent un procès aux acquéreurs, pardevant le conseil de Brabant, et qui en obtinrent la confirmation de leurs droits de propriété, moyennant 4,000 florins du Rhin, et en vertu d'une convention signée le 6 mars 1651. Le champ contesté contenait environ douze bonniers de terres et de prairies. Àquelque temps de là, un nommé Jean Diertyns demanda l'autorisation de bâtir à Campenhout un moulin à vent; à l'instigation de M. Fourneau de Cruykenbourg, seigneur haut justicier du village, les échevins déclarèrent qu'une nouvelle usine de ce genre n'était pas nécessaire, parce qu'il en existait quatre aux environs : les moulins à eau de Wilder, de Lille et de Boort-Meerbeek, et le moulin à vent de Wespelaer. Ces arguments n'ayant pas paru péremptoires à la chambre de tonlieu de Vilvorde, M. de Fourneau offrit de se charger lui-même de la construction d'un moulin à vent; sa demande fut favorablement accueillie, mais il dut payer 25 livres d'Artois et promettre de bâtir promptemeni, sous peine de déchéance, et afin qu'il n'y eût plus de plaintes contre l'insuflisance des moulins (12 novembre 1665). La réclamation du seigneur n'avait pour but que d'imposer à Diertyns les conditions qu'il jugerait convenables; en effet, le 15 février 1666,

11 lui céda la concession qu'il avait obtenue.

En 1750, lorsque la ville de Louvain fit creuser le canal qui va se joindre à la Dy le, près de l'embouchure de la Senne dans celle rivière, de

» Aitsikceh, De leone Btlfico. p. 359.

grandes écluses furent construites à Campenhout, à l'endroit où le canal traverse la chaussée de Malines à Lou vain, construite en 4750; mais, par suite de l'action de la gelée sur la maçonnerie, ces écluses s'écroulèrent en parlie le 25 janvier 4753; la navigation sur le canal n'en fut pas moins ouverle, le 23 juillet suivant; on l'interrompit ensuite, et ce ne fut qu'en 17G3 qu'on acheva la restauration de l'écluse ». Celle-ci devint bientôt le centre des premiers achats d'écorces de chône pour la tannerie, des grains du canton, des bois et des pierres, dont il abonde; ainsi s'exprime un rapport fait au gouvernement en 177(>, et dans lequel on émettait le vœu de voir construire une chaussée allant deVilvorde k Campenhout, et, au delà de ce dernier endroit, un canal vers la Campine. De nos jours, on a, en partie, donné suite à ce projet, par l'achèvement de la route de Bruxelles à Ilaeght (avec embranchement de Melsbroeck à Vilvorde), qui coupe, à l'écluse de Campr nhout, celle de Malines à Louvain; quant au canal de la Campine, dont il a été de nouveau question en 1830, et qui devait alors partir de Diest pour aboutir, par Campenhout, à Vilvorde, son exécution est devenue d'une utilité plus que problématique depuis qu'il existe une ligne de chemin de fer et une station, à une demi-lieue de l'écluse de Campenhout. Le blé, le lin, le colza, que les environs de Campenhout produisent, et les pierres de leurs carrières, trouvent, de ce côté, un débouché facile.

La république française créa, en Tan III, le canton de Campenhout, qui comprenait les communes de Bergh, de Bueken, de Neder-Ockerzeel, d'Humelghem, de Steenockcrzeel, de Ham, de Wambeek et de Nosseghem, et qui fut démembré, en l'an VIII, au profil des cantons de Vilvorde et de Woluwe-Sainl-Élienne. Ham n'étant qu'un château, son existence, comme commuue, avait cessé, dès le mois de frimaire an 111.

Bien que Campenhout ait été, de tout temps, plus important que les localités qui l'entourent, son église n'avait que le rang d'église secondaire, de demi-église (dimidia ecc/esw), lorsque les évéques Burchard et Roger (Roger, en 1180) la donnèrent à l'abbaye de Cortenberg Ce monastéie y levait la grande et la petite dlme : en parlie, par achats faits à Égide, chevalier de Norderwyck, en 1241, et à Simon de Warenbeke dit de Fine ou Vandeneynde, en 1266; en parlie, en verlu de donations émanant du seigneur de Perwez (1244) el de Léon de Antwrrpia (12G0); en parlie aussi, à la suile d'une cession faite à son profil par le curé du village, à la suite d'un jugement rendu par le conseil de Brabanl, eu 1557, et enfin, comme conséquence d'un échange consenti par le comte de Grocsbeek, en 1749. Les religieuses allouaient au curé,

• PlOf, Hittottt dr Louvnin, t. I", p 332.

* Optra Jip!., t. Il, p. «C6.

par on, onze muids cinq seliers de froment, II:' florins de Brabant et toutes les offrandes faites à l'autel; plus tard, la compétence pastorale fut fixée à 507 llorins, et, le 50 juillet 1778, l'abbaye accorda au curé 400 florins de plus, aOn qu'il pût se donner un coadjuteur. Le bénéfice de Notre-Dame, qui était à la collation de l'abbcsse de Cortenberg, fut uni à la cure, vers Tannée 1674, et celui de Saint-Nicolas reçut la même destination, mais à la condition qu'avec les revenus on entretiendrait un vicaire, qui recevrait en outre 100 florins par an, de l'abbaye. Soixante florins étaient payés tous les ans, par la paroisse, au possesseur de ce bénéfice, pour l'indemniser de ce qu'il célébrait une messe matinale. Des messes hebdomadaires fuient fondées à Campenhout : par Nicolas, frère du curé Henri Alexandri, en l'honneur du Saint-Sacrement; par Marie Clacs Vandenhoven, en 1475, pour le samedi; p9r Walter Magnus, par le chapelain Pierre de Bruxelles et par messire Henri Vandereycken et sa seconde femme. Les biens d'une confrérie de Notre-Dame furent également unis à la cure, vers l'année 1750, a charge de payer annuellement : à l'organiste de l'église, 55 florins; au serpent, 9 florins 12 sous.

L'église, qui possédait un petit livre censal, est un édifice bâti dans le style ogival de la dernière époque. Les voûtes sont soutenues par des nervures croisées, ses fenêtres sont à ogives élargies. Sous une petite niche de style renaissance, on lit la date 1C50, époque de la construction de l'église; sur la façade, qui appartient à l'architecture dite rococo, est marquée l'année 1752. Au maître-autel, on remarque une Assomption, et, contre les murs latéraux du chœur, deux grands paysages dont l'un représente la Fuite en Egypte; la chaire mérite d'attirer l'attention des visiteurs par ses statuettes et autres sculptures, de style renaissance. Sur une pierre sépulcrale, on lit : cr gist messire

FRANÇOIS PHILIPPE DE FOURNEAU, CHANOINE DE MAESTRICIIT, LIBRE — BARON DU SAINT EMPIRE, ET HLS DE PHILIPPE — FRANÇOIS DE FOURNEAU, COMTE DE CRUQUENBOURG , — ET DE DAME ISABELLE DE BERCHEM , LEQUEL — MOURUT LE 24 MAY 16'J7.

Entre autres biens que les pauvres de Campenhout possédaient, nous citerons cinq bonniers de terres situés près de Vilvorde, à Gheylbroeke, et que Jean d'Audenhove releva pour eux, en 1 376-1 577. Il existe aujourd'hui, dans la commune, une communauté de religieuses, de la congrégation dite de Vor&selaer; elle a ouvert une classe d'externes pour les jeunes filles. Campenhout a vu naître Nicolas Neels, religieux dominicain, qui mourut â Gand en 1601 et qui a laissé des Commentaires sur la Bible. 11 enseigna la théologie à Douai et fut provincial de son ordre.

De même qu'à Bergh, le territoire de Campenhout était morcelé en une multitude de petites seigneuries, dont aucune, si ce n'est celle de

Wilder, n'offrait de l'importance. Dans l'origine, il y existait une famille qui portait le nom du village; elle appartenait à une souche illustre, comme le prouve la qualification d'homme noble, que ses membres prennent quelquefois. Des diplômes mentionnent : Walter et son frère Gislebert Splentre, en 4445; Walter, en 4470, 4475; un autre Walter, en 1209, 4210, et qui est cité, en 4245, avec le surnom de Walter le Vieux et de concert avec son (ils Gislebert ; Walter, nommé avec son frère Gislebert, en 4225, et avec ses (ils Walter et Guillaume, en 4225. Un fils de ce dernier Walter de Campenhout, nommé Égide, vendit A l'abbaye d'Afllighem, en 4 247, son alleu de Schilde, avec les champs, les bois, les prés, les terres incultes, les eaux, les cens et les hommages qui en dépendaient et un (ils de Gislebert, le noble homme Gilbert, épousa Sophie de Gageldonck, qui dota, eu avril 4253, les religieux de Tongerloo, de la dlme de Wesl-Tilbourg *, En(in, en 4282, on mentionne encore Franc, fils de Walter de Campenhout, et sa femme Ide.

Dans la première moitié du quatorzième siècle, un Gilles de Holaer tenait de la cour féodale de Brabaut un fief consistant en un cens annuel de 5 livres 2 escalins de bon argent, 8 escalins payement, 20 chapons, 8 seliers de seigle, à Campenhout. Son fils Godefroid releva ce fief après lui, et le vendit à Henri Vrancx, dont les arrière-petits-enfants, Pierre et Gertrude Vrancx, le cédèrent à Henri De Keysere, qui l'acheta pour son fils Conrad (relief du 24 novembre 448G). Les biens de Henri furent confisqués par ordre du roi Maximilien, et donnés à Jean de Helt (27 septembre 4488); mais, à la paix, il en recouvra la possession. Son (ils Conrad épousa Marguerite Van Heylwegen et eut un fils du même nom, père de Guillaume de Keysere, seigneur de Nosseghem, (r. du 48 mars 4 555-4556), qui épousa Agnès Vandermeeren, et aïeul du capitaine Guillaume de Keysere (r. du 2 juin 4608). La courcensale des De Keysere fut ensuite achetée par Philippe Lambrechts, qui l'annexa au château de Ruysbeke. Les De Keysere possédaient encore d'autres fiefs, à Neder-Ockerzeel et à Sterrebeek.

Une demoiselle Marie Vrancx épousa Jean de Raveschot, et eu eut Charles de Raveschot, échevin de la ville de Louvain en 4580, puis trésorier de Bruxelles; Charles s'allia à Marguerite Vandernoot, et fut le chef d'une famille qui donna encore, au siècle dernier, un chef-maïeur à Campenhout : Jean-Baptiste-Engelbert de Raveschot, mort en 4764. Une sœur utérine de Charles de Raveschot, Marguerite, était devenue la femme de Guillaume Vandernoot, vice-chancelier de Brabant, lieutenant

1 Cartulaire d'Afllighem.

« Opéra dipl., t. l«, p. <yjv.

delà cour féodale, mort en 4591. Leur fille Adrienne épousa, en 1384, Charles de Bourgeois, seigneur de Bourgeois, conseiller de Brabant, mort en 1G36; elle en eut plusieurs enfants et, entre autres, Christine, dame de Bourgeois, femme de Ferdinand Vanderlinden, seigneur deMarneffe, créé chevalier le 7 décembre 1G27. De Christine naquit Charlotte ou Cn. roline Vanderlinden, qui apporta en dot à son mari , Jean-Philiberl de Locquenghien, baron de Melsbroeck, une cour censalc à Bergh, Campenhout, etc.

La famille des Vandereycken possédait, de temps immémorial, un manoir et une cour censnle, à Campenhout. En 1294, Rodolphe, frère de Henri de Quercu ou Vandereycken de Campenhout, céda à Franc Svaef cinq bonniers et demi, qu'il reprit ensuite de lui à cens, moyennant dix muids de seigle, par an, mesure de Louvain. En 4523, vivaient Jean, Rodolphe et Pierre, fils d'Arnoul de Quercu de Campenhout, et Guillaume Vandereycken, qui posséda dans ce village une cour censale. En 1388, Waller, fils de Henri Vandereycken de Campenhout, fut mis en possession des biens meubles de Marguerite de Wilre, femme du chevalier Colard deSpinoil, et, en 1448, le 31 décembre, Henri, fils de Henri Vandereycken, s'allia à Elisabeth Van Cotlhem; il épousa ensuite Julienne Beversluys, qui fonda à Campenhout une messe par semaine et la dota de dîmes en Zélande, de même, qu'il en avait fondé deux, à l'autel Saint-Antoine, dans l'église paroissiale. Jean Vandereycken fut gratifié, le 14 novembre 1488, par le roi Maximilien, de la mairie de lièrent, que ce prince venait de confisquer; mais, dix jours après, soit que Vandereycken fût mort, soit qu'il eût pris le parti des ennemis du roi, la mairie de lièrent fut donnée à Henri Vanderbeken, que l'on gratifia aussi de tous les biens confisqués, situés dans la mairie de Campenhout, et qui avaient été donnés à Vandereycken (11 avril 1489).

Un rejeton de l'illustre famille de Hinckaert, Henri, qui prit l'habit de Chartreux à Scheut, en 1492, abandonna à ce couvent un cens allodial ayant droit d'adhéritance et de déshérence. Son parent, François Hinckaert, possédait une autre petite seigneurie, dont ses héritiers abandonnèrent la possession à Philippe Lambrechts, qui la céda à messire Laurent Verhulst (vers 1C3I). Marguerite Hinckaert, fille de Jean, seigneur d'Ohain, épousa le chevalier Antoine Vandernool, dont elle eut une fille : Jeanne, femme du chevalier Denis d'Eve, seigneur de Walsin, et, en secondes noces, de maître Jean Bourgeois. De concert avec Jeanne et pour éteindre une dette de plus de 1 ,600 florins du Rhin, contractée par son mari lorsqu'il bâtissait son château à Campenhout, Marguerite vendit quelques terres situées à Wemmel, à son cousin, messire Antoine, fils d'Antoine Vandernool, moyennant 750 florins (24 avril 1557). Plus

lard, Jeanne Vandernoot céda son patrimoine au comte de Furstemberg, membre du conseil de guerre, colonel d'un régiment de piétons hautsallemands, gentilhomme de la chambre des archiducs et capitaine d'une des bandes d'ordonnance, el si sa femme Marguerite de Croy, fille de Philippe, duc d'Aerschot, prinre de Chimai, elc. (22 décembre 1610). Le comte, tant en son nom que comme héritier testamentaire de Marguerite de Croy, vendit à Philippe Lambrechts, marchand de soii-ries à Bruxelles, et à sa femme Françoise Maurissens : « Vhuys te Ruyxbeke, belle maison « seigneuriale entourée d'eau, construite en pierres de taille blanches, c que le comte avait fait rebâtir avec somptuosité, et ses étangs, jardins ■ de plaisance, vergers, prairies, plantations, enclos, pâtures, prairies, « bois, etc., contenant en tout 88 bonniers, deux cours censales, une « dime dite la dlme de la Reine, de Coninginne thiende, s'étendant sur « environ cinq bonniers; une grande tour carrée, bâtie de pierres blan- « ches, avec une grange, des vergers, des étangs, etc., prés du château ; « les bois de charpente, le fer ouvré, les ardoises, les briques, les écha- € faudagcs, les colonnes, les garnitures de fenêtres et de portes, pré- « parés pour le château et se trouvant tant à Huysbeke qu'à Bruxelles « (16 octobre 4614). » Lambrechts acquit, en outre, la cour censale des Vrancx, celle du couvent de Bélhanie, celle d'Engelbert de Baveschot, une quatrième, dite de Bergen, Stal et Payhuyse, etc. Il prit en cngagère, le 3 août 1626, moyennant 7,000 florins, la haute, moyenne et basse justice de Campenhoul (r. du 8 février 1 G5 1 ), et, en 1644, celle de Neder- Ockerzeel ; mais des surenchères tirent, dans la suite, passer le premier de ces villages aux Fourneau, qui y avaient un manoir appelé Wilder. De Lambrechts naquirent plusieurs enfants (r. du 22 mars 1667): Jean Lambrechts, secrétaire du conseil privé, auteur d'un poème publié en 4 Ciit> sous le litre de Vlaemsche vredevreucht 1 ; Françoise, femme de Nicolas Van Berckel, seigneur dErembodeghem, créé chevalier le 9 novembre 1667, secrétaire de la ville de Louvain, et Catherine-Aune, qui épousa, le 14 novembre 1651, André Del Marmol, intendant général du Brabant, membre du conseil suprême des Pays-Bas à Madrid, puis, par nomination en date du 24 septembre 1686, président du grand conseil, à Malines.

Les héritiers de Lambrechts vendirent les biens de Campcnhout, le 4 janvier 1678, en chambre d'Uccle; mais M1"» Del Marmol en lit lr retrait, le 17 août 1680, au profit de don André Del Marmol el de sa femme. Don André mourut le 28 décembre 1689, et fut enterré au couvent des Grands-Carmes, à Bruxelles. Ses enfants : André François, clie-

« Itelyitrh 3/uvum, 1. Ht. p. 1-27.

valier de Tordre de Saint-Jacques, chanoine de Saint-Rombaud à Matines, administrateur général des hôpitaux du roi ; Laurent-Hyacinthe, chevalier de Saint-Jacques, forestier de Brabant; Marie-Franroise et Philippine-Barbe, cédèrent, moyennant 56,218 florins, la maison seigneuriale de Ruysbeke, avec sa chapelle, le droit de planter des arbres le long des chemins, cinq livres censaux, un livre féodal de soixantetrois hommages, etc., à Constance Des Grousellier (7 janvier 1713), mère des comtes de Groesheke. Ceux-ci relevèrent ce que, dans ce bien, ils tenaient en fief du duché, le 20 février 1725; puis Albert-François, comte de Groesbekeou Grossberg (relief du lo mars 1776), en fit abandon à Henri-Joseph de Villers, maître des requêtes au grand conseil (14 septembre 1782). Le comte de Cruquenbourg, comme descendant direct de Charles de Cruquenbourg et de Marie de Ghyn, dont les comtes de Groesbeke provenaient aussi, parles femmes, prétendit en opérer le retrait. Nous ignorons si ses prétentions furent favorablement accueillies; quoi qu'il en soit, Ruysbeke a appartenu depuis aux Cruquenbourg. C'est actuellement une vieille ferme, dont l'entrée est ornée d'une tourelle.

Une belle avenue, formée de quatre rangées d'arbres, conduit de Ruysbeke au château de Wilder {Wildert, en vieux flamand, signifie bruyère), dont les bâtiments, qui sont de construction moderne et fort simples, s'élèvent au milieu d'un vaste parc, planté surtout de peupliers 1 . L'antique manoir de Wilder ressortissait à la cour féodale d'Héverlé, "près de Louvain, et jouissait de grands privilèges. Celui qui en était seigneur avait le droit de conférer l'office de sacristain de l'église paroissiale, d'assermenter les maîtres de la fabrique et les maîtres des pauvres, et d'assister à la reddition de leurs comptes; il nommait deux preters ou messiers, dont l'un gardait les champs situés entre Bergh et la Ruysbeke, et le second, ceux qui s'étendaient entre ce dernier cours d'eau et les chemins dits de Vierstraten d'Assent. Le seigneur principal du village ne pouvait exercer aucun acte d'autorité dans la seigneurie de Wilder, sauf en présence du maire de cette seigneurie. Celui-ci et les tenanciers jurés de la seigneurie pouvaient y beleyden, c'est-à-dire faire la police des chemins et des cours d'eau. Le seigneur de Wilder avait droit de garenne ou de chasse gardée, dans toute la paroisse de Campenhout, et personne d'autre ne pouvait y chasser aux perdrix, sauf les partryserders du duc de Brabant; les moulins de Wilder et de Bergh étaient banaux pour les hameaux de Wilder, Ter-EUt, Ruysbeke et te Nieuweghe. Enfin, le manoir lui-môme constituait, pour les meurtriers, un asile aussi

• Une vue de lancieri châleau se trouvedons Le Rot, Caslelta ei prœtorin.ei dansCA stillo* . T. II. »t

assuré qu'une église4, et ceux qui habitaient la seigneurie ne devaient au seigneur principal que la comparution lorsqu'on sonnait la cloche d'alarme. A la chapelle du manoir était annexé un bénéfice dédié à saiule Barbe, et dont le possesseur célébrait la messe le dimanche et trois autres fois, pendant la semaine.

Les De Wilre d'Elewyt et de Neder-Ockerzeet étaient, très-probablement, originaires de Campenhout; toutefois, à cet égard, nous ne pouvons qu'émettre des conjectures. En 4457, Jean, seigneur d'Assche, et sa femme, Cornélie de Berghes, donnèrent à leur fille Jeanne, en la mariant à Gilles, seigueur de Jauche, « la court de Wilre, à Campenhout, c avec moyenne et basse justice, et valant, annuellement, 80 muids < de seigle et 300 philippus, outre les reliefs, les redevances en cha- « pons, poules, etc. *. » Le chevalier de Brabant, Engelbert Vandendaele, seigneur de Leefdael, posséda la cour censale de Wilder et Coelhem, pour laquelle il obtint, le 37 septembre 1544, l'autorisation de faire graver un sceau. Vandendaele mourut en 1555, à l'âge de soixante ans, ne laissant qu'une fille, Marie, qui s'allia à Philippe de Lierre, vicomte d'Alost, seigneur d'Immersele. De ceux-ci naquirent Engelbert de Lierre, qui continua la lignée, et Marie de Lierre, qui eut successivement trois maris : Othon d'Arckel, seigneur deUeuckelom, François de Lu <\ nés, seigneur de Cressonnières, et Adrien de Noyelles, seigneur de Maries, baron de Rossignol. Un fils de ce dernier, François-Florent de Noyelles, comte de Maries, vendit Wilder h messire Sasbout de Varick, sur lequel messire Henri , seigneur de Berchem , en fil le retrait. Le 20 avril 1629, la veuve de Henri, Isabelle de Rovelasca, le donna en mariage à sa fille Isabelle de Berchem et à son mari, sire Philippe-François de Fourneau de Cruyquenbourg, seigneur de Cappelle-Saint-Ulric. Le domaine se composait alors d'un château seigneurial, nouvellement rebâti; d'un moulin â eau, dit le Cammolen, dont les bâtiments venaient aussi d'être réédifiés; d'une ferme, qui avait été récemment incendiée; de la cour censale de Wildere, Colcm et Hanswyck ; d'une cour féodale de huit arrière-fiefs, de quarante bonniers de terres, de vingt-six bonniers degroese ou prairies, de quatre bois possédés en alleu : die Weysettert, die Heyde, die Wilderhaghe elhel Tyckendal, qui comprenaient, le premier, quatre-vingt-dix-sept bonniers, le deuxième, neuf bonniers, les deux derniers, un boonier chacun ; et enfin des différents droits que nous avons détaillés plus haut s. Suivant un état postérieur de quelques an-

1 Âhoe vry gthetten dat die van doeltlaghe zyn plagen datr te ligghen altoe vry ail op etn kerke. Manuscrit intitulé Valualtc van ouden gtldt et varia, 1° ' BoTKens. t. Il, p. 130.

* Lettre échetinaledc Campenhout, en date du H octobre 1631.

DES ENVIRONS DE DRL'XELLES.

nées, la terre de Wilder produisait un revenu de 2,355 florins, dans lequel le moulin figurait à lui seul pour 405 florins, et les cens seigneuriaux pour 450 florins.

Les Cruquenbourg prirent en engagère, le 9 avril !C38, la haute, moyenne et basse, justice de Campenhout, moyennant 7,000 florins en sus de l'engagère de Lambrechls (relief du 21 juillet 1685). Ils conservèrent la juridiction de ce village jusqu'à l'abolition des droits féodaux. J'ai eu momentanément en ma possession un sceau aux armes de celle famille; il portait pour légende : sigillcm scabinorum domini de campenhout, 22 8brU 4731 . C'est évidemment le dernier sceau dont la commune se soit servie, avant la conquête du pays par les armées françaises.

Le château de Wilder, où mourut, en 1697, le chanoine François- Philippe de Fourneau, a appartenu, dans ces dernières années, au baron Charles-François Vanderlinden d'Hooghvorst, frère utérin du baron Emmanuel, mort sans enfants. Il appartient aujourd'hui à M. le comte d'Alcaatara, qui, après en avoir fait l'acquisition de la veuve deM. Hooghvorit,a aliéné une grande partie des dépendances de cet antique manoir. Le greffe de Bruxelles possède une partie des archives de l'ancienne cour censale de Wilder.

Parmi les cours censales qui appelaient à Uccle, se trouvait autrefois celle de Jean T'Serclaes, à Campenhout; en 1539, elle avait pour maître messire Éverard T'Serclaes, et, le 28 août 1598, elle échut en partagea sire Philippe deT'Serclaes, chevalier, seigneur de Rhode-Sainte-Agathe, qui la laissa à sa fille Marie et à Henri de Fourneau, seigneur de Salmslacli, Bagenrieux, etc. On l'appela alors la seigneurie d'Obstalle et elle comprenait 't hoff ten Opstal, située au hameau de Ter-Elst, de laquelle dépendaient soixante-trois bonniers. En 1785, les livres censaux d'Opstal, de Wynegem et de Pretz étaient tous trois annexés à ce domaine. Citons, en terminant, le château de Schoonhoven, près de la chaussée de Louvain, et la ferme de Ter-Lonst (d'ieen van der Loenst), ancien fief de la seigneurie de Stalle, dont Herman ln de Schale était possesseur, en 1474.

Le village de Boort-Mberbeek. — Dans le territoire de Campenhout, dont l'aspect ancien doit avoir été complètement modifié par les défrichements continuels que l'on y a entrepris, les voies antiques qui rayonnaient d'Elewyt vers l'est n'ont laissé que de faibles vestiges. L'une d'elles doit avoir sillonné la commune de Boort-Meerbeek, où l'on cite, en 1404, une Oude strate ou Vieux chemin, un Oude Voerde ou Vieux

pussage, un Oude molen ou Vieux moulin, et enfin un manoir dit Oudenhoven. On signale encore, en cet endroit, un Conincslake ou ruisseau du Roi, ce qui nous reporterait seulement à l'époque mérovingienne ou carlovingienne; mais, un peu au delà du village, de l'autre côté de la Dyle, il y a eu évidemment uu établissement romain ; il y a environ deux siècles, la démolition du château de Rymenant a amené la découverte d'un grand nombre de médailles de Constantin le Grand et de son fils Constant *,

On peut, avec quelque fondement, supposer que Boort-Meerbeek doit son origine à sa situation sur le chemin qui conduisait à la villa de Rymenant. Ce village et celui deVVespelaer sont tous deux voisins de la rive méridionale d'un affluent de la Dyle, la Leybeke, qui formait jadis la limite de l'ammannie,du côté du nord-est. De là le nom deMeerbeek,le ruisseau de la Limite. Le mot 6oor<, qui signifie parfois rade, abordage, n'apparaît annexé au nom du village, qu'à la fin du treizième siècle; peut-être se faisait-il autrefois, à Meerbcek, quelque commerce par eau, par la Dyle*. Il est certain qu'autrefois les ducs de Brabant y levaient un tonlieu; lorsqu'ils guerroyèrent contre Malines, ils y envoyèrent parfois des soldats, afin de gêner les communications de cette ville. C'est ce qui eut lieu, entre autres, en 4302 3.

Les ducs constituaient jadis, à Boort-Meerbeek, un échevinage dont le magnifique sceau, aux dimensions si remarquables, offre un écusson chargé d'un lion rampant, et, au second canton, d'une étoile ; près de l'écu on voit une espèce de cornet renversé et un bonnet. La légende

> V*» G est el.

» Boort-Meerbeek (Mttrbeke 1290; lîorde-lleerbeker 1290 ; Rorl-ilerbeUe , 1295; Hoerl-Mer- Mr<, 1297: ttoert-Meerbeke, 1404, 1432), commune du canton de Hcrent, arrondissement de Louvain. a 4 1. au N.-E. do Bruxelles

Territoire : En 1686, le village comprenait 618 bonniers, dont 420 do terres, 155 de prairies, 73 do bois, 3 journaux d'étangs ; lo revenu imposable s'élevait à 8,608 florins. Eu ISViî . sur une étendue totale de 963 hectares, la commune comprenait 397 h. cultivés-en céréales. ,51 b. cultivés en plantes industrielles. 160 h. cultivés en racines et fourrages, 99 h. de prairies. 9 h. de jardins potagers. 1 h. de pépinières, 34 h. de bois. 2 h. de terrains essartés. La verge linéaire avait 18 1,3 pieds do Bruxelles.

Nombre d habitations : En 1435,82; en 1480. 33; en 1525.78 ; eu 1686. 54 chaumières, des fermes, 2 châteaux, 3 brasseries, 8 auberges. 6 boutiques et atoliera ; en 1846, 251 maisons, dont 1 inhabitée.

Population: En 1786.786 habitants; en l'an VIII, 8G6; au 31 décembre 1831, 1.392; au 15 novembre 1846. 1,353, formant 251 méuages; 242 enfants recevaient l'instruction et 266 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie : 1 moulin à vont, 1 moulin à eau. 2 brasseries.

Dépendances : les hameaux denBerch, de Laer, les fermes dites de Saint- Joseph, de Hotf, et de Slomposhonck.

Les registres do l'état civil commencent on

» Va» Velthem, hrt Spiegel hittorkul, I. IV. P. 293-

porte : sigilim scabinorum de merbeca. Par exception, le tribunal reconnaissait, pour chef de sens ; les magistrats de Bruxelles, quand il s'agissait d'affaires personnelles, de délits contre les personnes, et ceux de Malines, en cas de contestation au sujet d'un bien ou d'une somme d'argent. L'accord de fo33, dont il a été question à l'article Humbeek, régla ses relations avec la ville de iMalines et le conseil de Brabant.

Pendant les troubles du seizième siècle, plusieurs habitations de Meerbeek et, entre autres, une maison que l'on tenait en fief du Brabant, furent saccagées et brûlées par des malfaiteurs (reliefdui7mai 1586). La commune se trouvant, à cette époque, surchargée de dettes, le maire et les échevins obtinrent la permission de lever, à son profit, 12 sous par tonne de bière (21 août 1591, 23 août 1592, etc.). Les pâtures communes, que le village fut autorisé à donner en location, le 25 juin 1G32, pour un terme de six années, étaient anciennement d'une étendue considérable; mais elles ont toujours diminué, plusieurs propriétaires ayant entouré de haies celles qui leur appartenaient. L'abbaye de Roosendael avait acheté, au mois de septembre 1297, neuf bonniers de terres et de prés, qui étaienttenus en fief du chevalier Henri de Houthem, par Gérard de Cordonck; le 20 février 1427-1428, les bonnes gens de Boort-Meerbeek déclarèrent, devant les échevins, consentir à ce que les religieuses

fissent enclore leurs prairies, où elles auraient dorénavant toutes les coupes de foin (de voerweyde en dienaweyde). Le 27 du même mois, le duc de Brabant, Philippe de Saint-Pol, accorda au monastère l'autorisation nécessaire pour effectuer ce travail. En 1404, Roosendael levait dans le village un cens consistant en 5 livres 10 sous 6 deniers de Louvain, aux lieux nommés : de Brnel, aen de Oude strate, aen de Conincslake, in de Rosbeemd, te Weedue, in 't /feecsel, op den Beverdyc, op Nonne velt, op de Nuheyde, bi den Ouden voerde, etc.

L'église paroissiale reconnaltpour patron saint Antoine. C'est unlieude pèlerinage très-fréquenté. Le patronat et les dîmes y appartenaient, jadis, à la personne même du lieu, mais une sentence de l'official, en date du 23 juin 4629, en dépouilla celle-ci; en 1643, l'archevêque Boonen déclara le personnat éteint et en affecta les revenus à la dotation de l'archiprétré de Malines, sauf une rente de 100 florins en faveur de l'archiprétrc de Louvain. Parmi les personnes du lieu figure René de Breedteycken, qui fonda, vers l'année 121)0, le Béguinage de Bruxelles, dont il fut le premier proviseur Le curé prélevait les dîmes novales; les chanoines deZellaer à Malines, le couvent de Muysen, dans la même ville, la fabrique de l'église, et une chapellenie que l'on y avait érigée, sous le titre de la Sainte-Croix, avaient aussi leur part de dîmes. Corlerberg en acquit une, en aumône, du duc de Brabant Henri Ier (4218). Il y a quatre-vingts ans environ, la population s'étant considérablement augmentée, et le nombre des paroissiens s'étant élevé à 1 ,02b, dont 730 communiants, le curé fut obligé de prendre un coadjuteur; on annexa alors à la cure le bénéfice de la Sainte-Croix, dont l'archevêque de Malines était le collateur. La nef de l'église a été agrandie en 1844, et cet édiûce n'a conservé d'autres parties anciennes que le chœur et la tour. Le chœur a été construit, vers l'an 1610, grâce aux libéralités d'Anne Suys, dame de Boort-Meerbeek, et de son beau-frère, Adam Vanderduyn. Quant à la tour, elle est remarquable en ce que son clocher est entièrement construit en pierres de taille. A l'intérieur, outre une Adoration des rots, on voit une Tentation de saint Antoine, qui est signée : David Teniers junior fecit 1666*. Outre les épitaphes que Le Roy a fait connaître, nous y avons retrouvé la suivante : hier leyt begraeven — den edelen joncker —

JAN VAN WEEZE, IN ZYN — LEVEN, HEBRE VAN DRYEN — IN BOMMBLREWBERDT, — AMPTMAN VAN SYN — CON. MAJ. TUSSCHEN MAES — ENDE WAEL, DIE STERP — OUT WBSENDE 72 — JAEREN, DEN 19 AUGUSTI — ANN0 XVIe XXXI, WIENS — HUYSVROUWE, VR0UWE — CATHARINA DE I1EYDAT,— HY XV KINDB-

1 Opéra dipl t. IV, p. 7i0.

» Voyez Demimps, I. i\, p. 166.

nEN AF — HEEFT GEHADT, BEGRAVEN — IS TE REYNSBERGli, IN DE — KEHCKB VAN H ET CLOOS — TER VAN S. BARBARA. Quartiers : WBEZE, BARCE, PIECE, BEE3DE, BOMMEL, DEKLT, LANTHRON, ODENWEER, — DE HEYt DRUELEN, VAN- DERZANDE, DRIEL, RYNSDYCK, MF. k Eli EN, URSTENBUL, HOM. Derrière le chœur,

on en lit une autre, conçue en ces termes : sépulture — db monsieur —

CORNEILLE-JOSEPH — POULLET, EN SON — VIVANT ÉCHEVIN — ET TRÉSORIER DE LA— VILLE ET PROVINCE — DE MALINES, DÉCÉDÉ — LB 5 OCTOBRE 1806, — ET DB DAME — CATHBRINE-JOSÉPHB — FRANÇOISE ESTRIX, SON — ÉPOUSE, DÉCÉDÉE LE — 9 OCTOBRE 1788, BT DB — LEURS DESCENDANTS.

Seigneuries diversbs, a MBERBEEk. — Il y avait autrefois, à Meerbeek, un grand nombre de petites seigneuries que l'on tenait en alleu ; les actes qui les concernaient se passaient devant des alleuliers (ullodiales). Cet état de choses ayant provoqué un grand nombre de procès, on remarqua que, dans les dépendances de ces biens, étaient compris des fiefs, que les biens eux-mêmes devaient, par conséquent, avoir un suzerain. L'un des plaideurs, dans une cause de cette espèce, Arnoul Van Cauwendriessche, s'empressa de relever, de la cour féqdale de Brabant, la propriété qu'il réclamait*. Cette démarche lut généralement imitée et, bientôt, tous les anciens alleux de Meerbeek changèrent de nature. Le bien disputé consistait en prairies situées au lieu dit llelrode, et provenait de Jean Vanderheyden; le compétiteur d'Arnoul , Guillaume Radewaert, le releva à son tour, le 8 mai 4407; plus tard, il passa à Bernard Vanderspout, dont le flls, nommé également Bernard, le vendit à Jean Van Muysen (relief du 13 mars 1401-1462). Un autre alleu devint fief en passant de Godefroid Alsteens à Géry Alsteens (r. du 4 juillet 1406). Un troisième comprenait quiuze bonniers de terres et un cens produisant par au 32 sous 5 deniers de Louvain, 16 chapons et 2 oies, et avait un maire, des échevins et quarante-huit tenanciers; sire Guillaume de Dulfel le laissa à son frère Walter dit Berthoul (r. du 3 janvier 1414-1415), père de Walter(r. du 15 juin suivant), dont le fils, encore appelé Walter (r. du 17 mai 1461), en fit abandon à Jean Van Muysen (r. du 5 mai 1475).

C'est à Meerbeek, parait-il, qu'habitèrent les anciens chevaliers de llelrode. Deux d'entre eux, Deyso, Dietse ou Didier, et Jean, furent pré-

1 ls te wcten dat vele herscepen gelegon syn lot Meerbeke bi M helen. die hoir goede aldair, als achynt, menich jaer voer eygen gehouden hebben daer wat dedingeu opstont tusseben enige partien en enige goeden aldaer gelegeu wilen toebehoi rende enen Janne Vanderhciden. welke partien aen Petro quamen.oui ract le hebben, op hoir dedînge. Pelrus vaut dat sy mannen hadden toten goede bahoirende, en meynde dat dat quahc staen mochte. sy en moesten selve enen overheere hebben, so dat een van der partien mit namen Arnt Van Cauwendriesscbe dese goede van mine genedigen heere ontlhic, gelic men in de boken vinden sal mogen wesen verrleert. Complet det fiefs de Brabant, de t année U06.

iiiSTOitu:

sents,Ie 5 novembre 121 4, au contrat de mariage de Mathildede Brabanl et du comte Florent de Hollande; le premier ûgure aussi dans quelques diplômes émanés des châtelains de Bruxelles, et possédait des biens à Vilvorde.En 1265, le seigneur dePerck comptait parmi ses vassaux Jean de Helrode et le chevalier Lidekin de Helrodc.

Vers Tan 4300, cette ancienne lignée disparaît, et fait place à une nouvelle, les Meerbeek, qui durent leurs richesses à leur dévouement à Jean I*r. Lorsque ce valeureux duc alla à Paris pour défendre sa sœur, la reine de France, contre les accusations du chambellan Pierre Desbrosses, il était accompagné « d'un valet originaire de Meerbeek, dans » la mairie de Campenhout1,» et, à la bataille de Woeringen, ce fut un sergent brabançon, valet du duc, et nommé Meerbeke, qui blessa mortellement le cheval du comte de Luxembourg, et sauva ainsi le duc, qui était sur le point d'être accablé par les ennemis ; son dévouement lui coûta la vie : Guillaume Lardenois et d'autres chevaliers luxembourgeois se jetèrent sur lui et le percèrent de coups *. Ce dernier Meerbeek était probablement Goly de Meerbeke, dont le fils, nommé Jean, reçut en don, du duc Jean, le tonlieu qui se levait à Meerbeek; quant au valet qui accompagna ce prince ù Paris, Van Velthem le nomme Godekin de Stalle.

A l'entrée du village, du côté de Malines, on rencontre une belle maison de campagne, dont les vastes jardins sont entourés de fossés. C'est l'ancien manoir û'Oudenhoven, que l'on tenait en fief du duc de Brabant, avec dix bonniers de terres, trois bonniers de pâtures, un droit de quatrième gerbe, quinze arrière-fiefs, des redevances, et VOudemolen.La munificence du duc Jean y joignit le tonlieu dont nous venons de parler, et dont la perception fut confirmée, pour le terme de neuf années : une première fois, en faveur du chevalier Nicolas Schooff, en 4852; une seconde fois, en faveur de ses enfants, le 4 mai 4544; et, plus tard, pour le terme de six ans, en faveur de Louis de Lannoy (27 mars 1654). Guillaumel Den Gorler augmenta son domaine en y annexant un troisième fief, ayant droit d'adhéritance et de déshéritance, une cour féodale de dix à douze arrière-fiefs, et un grand nombre de tenanciers, à Boort- Meerbeek, à Humelghem et à Heverlé s.

» Hrabanlirhe Yrtnten.

* Va» Velthem. I. c. I, III, p. 161. — Va* Hei tr. édit. de Wilinfc p. Sl7.-Wlu.IU appelle re serviteur Adèl€ Henri de Meerbeke dit Valge. d'après un passage do RcTieas, t. 1er, p. 3 V*. Henri de Meerbeke dit Balge et sa femme Adelise figurent dans un acte de Tan \1%

s Antérieurement a Den Gortcr. ce dernier fier avait cté possédé par • Rodolphe Bote, de Bruxelles; Nicolas de Beringen (relief de Tannée 1377-1378). Guillaume, fils de Nicolas (r. du 11 décembre 1409) Pierre VBn Aerssel dit Van Ghent. par achat (r. du 12 octobre tlfS), et Olhon Vandendurpe.

Voici la liste des seigneurs d'Oudenhoven :

Ide, femme de Herman Vandervueren ou de Tenrueren ;

Jean, (ils de Ruelen ou Rodolphe Leckaert;

Gérard Leckaert,

Gérard, son fils (relief de Tannée 4378-1379); Henri Van Meerbeke dit Leckaert, fils de Gérard II (r. de l'année 1383-1384) ;

René, fils du précédent (r. de l'année 1403-1404 et du 11 avril 1416); Guillaume Den Gorter ou DeGorttere, de Malines; Guillaume, fils du précédent;

Guillaume, fils du précédent (r. du 50 octobre 1475);

Jean, frère de ce dernier (r. du 44 septembre 1478);

Catherine T'Sgortters, fille de Jean, femme de Nicolas, fils du chevalier Jean Schoofs (r. du 26 juillet 1521);

Jean et Anne, ses enfants (r. du 14 février 1535-4536);

Messire Matthias Schooffs, capitaine d'une compagnie de piétons au service du roi (r. du 24 novembre 4587) ;

Isabeau DeMoy, veuve et héritière du précédent (r. du2janvier 4389);

Pierre de Grimberghe, premier leenvinder ou « trouveur de fiefs, » à défaut de propriétaire;

Messire Louis de Lannoy, maître des postes à Malines, par achat du précédent, en conseil de Brabant (r. du 26 septembre 4602), mort le 28 avril 1 645, après avoir épousé Catherine Heyleweghen ;

Messire Philippe de Lannoy, fils de messire Louis (r. du 9 octobre 1646), qui s'allia deux fois à des demoiselles de Mesemacre : Anne-Catherine et Isabelle; cette dernière épousa, en secondes noces, François-Joseph d'Ongnyes, baron de Robecq, mort sans postérité;

Isabelle, mentionnée ci-dessus (r. du 15 janvier 1697) ;

Isabelle-Françoise, fille de don Joseph d'Espinosa, nièce d'Isabelle (r. du 25 août 1722); elle épousa Charles-Henri de Mesemacre, écoutéted'Hérentals, mort au château d'Oudenhoven, le 15 février 4759, à l'âge de quatre-vingt-onze ans;

François, drossard d'Aerschot, Charles, Philippe, et Marie-Françoise, femme de Joseph-Henri Franckenbergh, enfants des précédents (r. du 7 novembre 1765). ,

Audenhoven appartient aujourd'hui à M. Gaspar-Marie-Eugène deWargny, fils de M. le chevalier Viclorin-André-Marie-Joseph de Wargny d'Audenhoven, bourgmestre de la commune, mort le 10 juin 1849, et de Marie-Charlotte Vandenbranden , petit-fils de François-Louis-Joseph, chevalier de Wargny, membre de la seconde chambre des Étals généraux, mort le 3 novembre 1816, et de Catherine Lapostole. Cette dert. II. »

788 1IIST0IRB

nière acheta le chàtrau, le 2 juillet 4817, de MM. deZangré et Persoons, qui avaient épousé des demoiselles de Mesemacre ; elle mourut le 49 décembre 4819, et fut ensevelie à Boort-Meerbeek , près de son époux. Celui-ci avait fourni une brillante carrière administrative: sous la domination française, il fut successivement maire de Malines et sous-préfet de l'arrondissement de cette ville; puis, pendant que le général Carnot défendait Anvers pour l'empereur Napoléon, les généraux alliés le nommèrent intendant du département des Deux-Nèlhes.

Le principal domaine de Meerbeek, celui qui comprit, presque sans interruption, pendant trois siècles, la haute, moyenne et basse justice du village, ne consistait d'abord qu'en un cens, cinq et demi bonniers de terre, et un manoir, dit 't hoff te Ghoye. Guillaume de Goy, Guillaume, (ils de Jean Vandeneynde, Gabriel Triapan, surnommé m den Aer, qui fut plusieurs fois échevin et communemeslre de Malines (relief du 15 mai 1406), et la fille de Gabriel, Barbe, se le transmirent successivement. Barbe épousa d'abord Henri De Hertoge, puis le chevalier Guillaume de Sleeuhout, et fut la mère de Jacqueline De Herloge, femme de Jean Vanderbruggen, seigneur de Blaesvcld. T hoff te Ghoye passa alors, par achat, à Elisabeth de Merendré, femme de Gabriel, fils de Christophe Triapan; leurs enfants : Christophe, qui fut aussi communemeslre de Malines, Claire, et Elisabeth, femme de Guillaume Colysoens dit Cleverskerke (r. du 5 février 1 495-1496), la vendirent aux Van Muysen.

Le nom de Jean Van Muysen se rattache à l'histoire de la magnifique tour de l'église de Saint-Rombaud, dont il posa la première pierre, en 1451, en qualité decommunemestrede Malines; ilavaitsuccessivement acquis un grand nombre de fiefs situés à Boort-Meerbeek, et, entre autres, f* hoff te Boort-Meerbeek, et un fief de quinze bonniers, adjacent à la Loebeke, et que les Beringhen possédaient depuis plus d'un siècle {relief de 1476). L'Aorte Boort-Meerbeek, à laquelle étaient annexées des terres, des pâtures, une cour féodale, descensives, appartenait primitivement à Guillaume Kerremans, dont la petite-fille, Elisabeth, fille de Rombaud Kerremans, épousa Gabriel, frère de Barbe Tryapan, qui la vendit à Jean Van Muysen, en 1451. Le fils de celui-ci acheta Vhof te Ghoye (r. du 22 janvier 1506-1507) et prit en engagère, en 1505, la haate, moyenne et basse justice du village, moyennant 655 livres, que le domaine lui remboursa, en 1528. Comme il ne laissa pas d'enfants de sa femme, Catherine Van Nethen dite Vandenreele, sa succession devint l'origine de contestations interminables. Ses fiefs furent successivement relevés par: Gérard Vanderaa (r. du 15 janvier 1510-4511); par Antoine, Florent, Jean et Philippe, fils du chevalier Jean Vanderaa (r. du 22 juin

1522); après la mort d'Antoine, par ses frères, et par ses sœurs Walburge et Catherine (r. du 26 octobre 4 541); après la mort de sire Florent précité, par son frère Jean, par Catherine, sa sœur, par leur neveu Adolphe, fils de Philippe également mentionné ci-dessus (r. du 7 janvier 1547-1548); et enfin, par les filles de (iérard Vanderaa cité plus bout : Marguerite, femme de Laurent Bentinck, chevalier, seigneur de Bousval, et Catherine, femme de mess ire Jean de Gros, seigneur de Nieu* lande (r. du 31 janvier 1554). En 4547, Gérard, fils de Jean Vanderaa, • qui n'était âgé que de sept ans , avait été déclaré l'I nmme-mourant des fiefs, mais ceux-ci ne restèrent pas à sa famille ; ils furent eédés à l'autre branche des héritiers des Muysen (r. du 34 octobre 4556).

Jacquemine de Hellène, fille de Jean de Heflene, seigneur deCouwenborg, et de Catherine de Muysen, avait obtenu une part dans le patrimoine de Gilles de Muysen (r. du 25 juin 4519). Cette dame s'allia h sire Jean De Rycke (r. du 22 janvier 1529-1530), qu'elle et son mari fiancèrent, le 25 janvier 1494-1495, à Jeanne, fille de Gilles de Marsclaer. De ces deux époux naquirent Gilles (r. du 42 mai 4545) et Madeleine De Rycke. Cette dernière choisit pour époux Philippe Sweerts, secrétaire de l'évéque de Liège, George d'Autriche, qui prit en engagère la haute, moyenne et basse justice de Meerbeek, moyennant 880 livres (12 avril 4559), et mourut le 47 mars 4568; on l'ensevelit dans le chœur de l'église de Boort-Meerbeek, sous une grande pierre tumulaire, qui a été cachée sous le pavement, en 4761. Son fils George (r. du 5 juillet 4569) fut nommé communemestre de Malines, en 4580, et, en 4581, il fut appelé aux fonctions d'échevin, à Bruxelles; mais il dut refuser, parce qu'il était alors trésorier de la ville de Malines. George Sweerls ayant été pris par les Espagnols, sa mère consentit, le 28 avril 4582, à payer 436 florins carolusà Gilles Wyts, cavalier de la troupe du gouverneur Vandentympel, afin qu'il délivrât de captivité messire Etienne de Cotereau, seigneur de Herderssem, qui avait été fait prisonnier au siège d'Alost, et qui fut échangé contre Sweerts.

Messire George Sweerts étant mort sans laisser de postérité, Boort- Meerbeek fut relevé, à la fois, au nom de sa sœur, Anne Sweerts, et au nom de sa veuve, Anne Suys. George et sa femme s'étaient naturellement légué leurs biens, qui, après leur décès, devaient passer à leurs héritiers naturels. Par un traité conclu avec le trésorier général des archiducs, Anne Suys et Anne Sweerts conservèrent la possession de la haute, moyenne et basse justice, à la condition que lorsqu'elles viendraient à mourir, le domaine recouvrerait celle juridiction, saus devoir rembourser les sommes pour lesquelles elle était donnée en engagère (47 septembre 461 7). Lorsque AnneSuys fut décédée, l'époux des» sœur

Marguerite, messire Adam Vanderduyn, seigneur de S* Gravenmoer et de Yhoff te JUuijsene à Boort-Meerbeek, obtint des lettres patentes qui lui garantissaient la jouissance de la haute, moyenne et basse justice de ce village, pendant vingt-cinq années, à partir du décès d'Aune Sweerls, moyennant le payement de 500 livres de 40 gros et d'une rente de 20 livres (10 novembre 1620, r. du 28 septembre 1629).

Lorsque Anne Suys, qui avait relevé la seigneurie, en 1607, vint à • mourir, elle eut pour héritiers les enfants d'Adam et de Marguerite (r. du 21 juin 1619). L'un d'eux, Hedwige Vanderduyn, épousa Piene Suys, seigneur de Laere (r. du 22 janvier 1651), qui acheta eusuite les droits de sa belle-sœur, Marguerite Suys (r. du 28 novembre 1637). Quant à Anne Sweerts, elle épousa messire Jean Vanderborclit, seigneur de Moeseycke; par son testament, elle fonda, à l'université de Louvain, des bourses pour l'élude de la philosophie, en faveur de ses parents, et principalement des moins fortunés (28 mai 1625) ; elle mourut le 21 octobre de la même année. L'un de ses parents, messire Jacques Tourlants, capitaine au service d'Espagne et chef-écoutète d'Hérentals, avait relevé Boort-Meerbeek en son nom, le 13 avril 1616; elle lui laissa son héritage, a lui et à ses filles, Anne-Brigitte et Marie-Marguerite, qu'il avait eues de Marie De Wees (r. du 26 septembre 1624). Tous trois, de commun accord, vendirent leurs droits sur le village à Antoine de Molenare ou Meulenaere (r. du 1er juillet 1641). L'hoffte Ghoy eut ensuite pour seigneurs :

Susanne, fille d'Antoine cité plus haut, qui épousa sire Charles de Santa-Cruz, bourgmestre d'Anvers (r. du 31 décembre 1642), puis Jean- François Vanderl8en, qui fut communemestre de Malines, eu 1654, 1659, 1662 et 1663; cette dame acheta, le 17 mars 1644 et moyennant 4,500 florins, la haute, moyenne et basse justice de Meerbeek, qui resta depuis annexée a la même seigneurie (r. du 27 septembre 1645);

Jean-François de Santa-Cruz, fils de Susanne de Molenare (r. du 12 juin 1670), mort en 1707;

Marie- Autonie-Baltine Tucher, sa veuve (r. du 17 juin 1710);

Ferdinand-Charles de Santa-Cruz, chevalier;

Louis-Antoine de Claris, comte de Clairmont, en vertu du testament du dernier Santa-Cruz;

Anne-Marie, fille du comte (r. At s 23 février 1 725 et du 2 juin 1 736) ;

Louis- Ferdinand -Joseph de Claris, marquis de Laverne, comte de Clairmont ;

Jacques- Jean-Benoit, vicomte de Surmont, seigneur de Schoonenberge, Laer, Muyshage, et sa femme, Barbe Van Laelhem , par achat (r. du 9 mars 1757);

Marguerite-Isabelle de Surmont-Vloeswyck , sœur du vicomte (r. du 22 mai 1733);

Jean-Hyacinthe Van Cannaert d'Hamale, par achat, moyennant 43,000 florins, le 27 mai 4754';*

Florence-Caroline Vandermeeren, sa veuve (r. du 28 juillet 1774);

Jeanne-Louise Vanderstegen et Isidore-Marie de La Deuse, comte de Beaulaincourt (r. du 16 juillet 1776).

En 1696, lorsque Whitebrand dessina la vue de t'hoff ter Haye qui se trouve dans les Castella et Prœtoria du baron Le Roy, ce château était protégé par deux lignes de fossés remplis d'eau. La première, autour de laquelle circulaient des allées d'arbres, entourait les jardins; la seconde baignait des lours à base légèrement renflée, à étroites embrasures, à mâchicoulis, et surmontées de clochers à toit aigu; des courtines crénelées et des corps de logis. Parmi ceux-ci, il y en avait un dont la corniche était ornée de créneaux, et dont le toit était garni, a ses angles, de poivrières crénelées, et sans loît ; au milieu de la course trouvait une tour carrée, la plus haute de toutes celles qui ornait le manoir. De toules ces constructions, rien n'est resté debout. M01* la princesse de Ligne, comtesse d'Oultremonl, en a ordonné la démolition, il y a quelques années; seulement, les avenues, les fossés de l'ancien château, existent encore en partie, ainsi que les bâtiments de In ferme seigneuriale (de Metrbeek hof), entre le chemin de fer et les prairies qu'arrosent la Leybeke.,

C'est vainement aussi qu'on chercherait des traces d'une forteresse, 8U nord du village, à l'endroit dit de Bergh (la Montagne), je ne sais pourquoi, car le terrain y est complètement uni et même peu élevé. Gilles, fils de Jean Vandersteen, comptait parmi ses domaines une berge ou monticule, située à Boort-Meerbeek. Marie, fille de sire Henri de Stalle, femme de Jean, seigneur de Witlhem, posséda cette berge qui fut vendue par les Witthem à Jean Vandersteen, dont les fils, Arnoul et sire Jean, se la partagèrent par moitié, vers l'an 1404-1405. Le 24 avril 1437, Élisabeth Van Wesele la releva, avec quatre bonniers de terres, sept journaux de pâtures, aux lieux dits den Dootbroeck, 't Hofblocky de Yontbempt, la pâture de Zuerct et cinq hommages; après elle, Jean, fils de Jean Sleype, son parent, eut un quart de ce bien (r. du 7 mars 1443-1446), qui primitivement avait été considéré comme étant de nature allodiale. Quelques cens seigneuriaux à Boort- Meerbeek, que les Vandentympel acquirent, par alliance, des Mois, furent vendus par Marie Vandentympel, sœur du célèbre gouverneur de

• Gotcbs, !. c.

Bruxelles, et par son mari, messire Charles de Busleyden, chevalier, soigneur de Rhode-Sainte-Agalhe, à Jacques Vereckt et Laurent Luytel (r. du 5 mars 1578-1579). Les De Caestre en firent ensuite l'acquisition, rt y joignirent L'hoff ter Weduu en et sa cour censale; depuis, ces biens ont appartenu successivement k différentes familles et, entre autres, aux Cattaneo, aux Joostens et aux Poullet.

Wespelaer. — Le village de Wespelaer, dont le nom s'est formé des mots wesp, guêpe, et /aer, prairie abandonnée, bruyère, continue en quelque sorte celui de Boort-Meerbeek On connaît fort peu de chose de ses commencements. Selon Van Geste], il appartint, dans le principe, aux Berthout, puis, aux ducs de Brabant; l'un de ceux-ci, Jean II, transféra k Lierre le grand marché au bétail, qui s'y tenait autrefois (diplôme dalé du vendredi après la Nativité de la Vierge, en 1509) ■.

En 1469 et 168f>, le himeau de Neder-Assent formait une cote séparée de celle de Wespelaer, dans le cahier des aides pour la mairie de Campenhout, bien qu'il obéit a l'échevinage de ce village; depuis, ces deux localités n'ont formé qu'une seule commune. Au mois de juillet 1542, l'une et l'autre furent entièrement dévastées par les troupes de Martin Van Rossem; c'e^t pourquoi, le 17 novembre 1542, on leur accorda la remise complète de leur part dans l'aide de 1 ,200,000 livres, pour les lermes échéants ù la Saint-Jean et à la Noël, en 1542 et 1543, et la moitié de leur part dans l'aide de 300,000 livres. Wespelaer possède deux stations de chemin de fer, celle de Haeght, qui se trouve à l'endroit où. le railway traverse la chaussée conduisant de Bruxelles à

« Wespelaer {Wispelar. 1286; Wisplar, 1288; Wtspelair, H35), commune du canton do lièrent, ë 4 1/1 I. au N E de Bruxelles.

Territoire \ En 1686, le village do Wespelaer comprenait 292 bonniers, dont 199 de terres, 41 da prairies, 18 de bois. 33 de bruyères, 1/2 bonnier d'étangs : a la mômo époque, Neder- Assent se composait de 107 bonniers. dont 94 de terres et 1-2 de bots. Le revenu imposable s élevait, b Wespelaer. à 3,973 florins; à Neder-Assent, a 1,247 florins. EnISW.sur une étendue totale de 542 hectares, on y trouvait 277 h. cultivés en céréales. 26 h cultivés en plantes industrielles. 93 h. cultivés en racines et fourrages. 46 h de prairies, 2 h. de vergers, 9 h. de jardins potager? . 23 b. de jardins d'agrément, 26 h. do bois, 3 b. de jachères. La verge linéaire avait autrefois 18 1/3 pieds de Bruxelles.

Sombre d'habitations : En 1435, 96, dont 25 à Neder-Assent; en 1480. 33; en 1525, 42 ; en 1686, 18 chaumières, des fermes, 1 château, 2 brasseries, 1 boutique, 1 forge, 1 atelier de charron, etc.; plus 5 maisons a Neder-Assent; en 1846, 150 maisons, dont 2 inhabitées.

Population : Eu 1786, 407 habitants; en l'an VIII, 349 ; au 31 décembre 1831, 64G; au 15 uovembre 1846,786, formant 1 18 ménages ; 83 enfants recevaient I instruction, et 164 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie : Le moulin k vent dit Ruyghmolen.

Dépendances: Les hameaux de Seder-Assent. de Neerstraet, de Woltenbeek, les fermes de Halvesleen, de beekhof, t hof ter Hutst, 't hof ter HeyJen, le château de Herckenrodt. Les registres de l'état civil commencent en 1621. * Placards de Brabant, t. IV, p. 65. .

Dieghem et à Hacght, et celle de Wespelaer, qui sert principalement aux nombreux voyageurs qui viennent visiter les beaux jardins du château.

Le chevet de l'église de Saint-Hubert à Wespelaer est adossé, pour ainsi dire, à la station du chemin de fer. Cette église est bâtie en forme de croix, dans le style ogival; elle ne présente rien de particulière!, si l'on en excepte la tour , elle ne date probablement pas d'une époque très-reculée. On y travaillait sans doute, lorsque, le II mai 1616, la dame, le curé, les échevins et les maîtres d'église du village furent autorisés à percevoir sur la bière, pendant une année, une taxe s'élevant â 12 1/2 sous par aime. Un plafond recouvre la nef; un tableau de quelque valeur, représentant le Crucifiement, orne le maître-autel. Le patronat de Wespelaer appartint longtemps au personnat, qui fut ensuite réuni à l'archevêché de Malines; les deux tiers des dîmes se prélevaient au profit de l'abbaye de Saint-Bernard, en vertu d'un don fait par les Berthout, avoués de Malines; le troisième tiers était perçu par le curé, qui levait aussi ce tiers sur un canton où la dtme appartenait aux religieuses de Corlenberg, et la dlme entière sur cent bonniers, à Wacker- «eel. On vénère, dans le village, sainte Lucie, et il s'y trouvait jadis une f liapellenie de la Vierge, à la collation du seigneur, et une fondation du Vénérable ou messe du Jeudi.

Quelques anciens actes révèlent l'existence d'une famille dite de Wespelaer. Vers l'année 1230 vivait noble homme Jean de Wisplar, qui, de concert avec un autre noble, Giselbert de Campenhout, s'attribua injustement quelques dîmes' novales, à Leefdael ; l'abbaye d'Afllighem réclama ces dîmes, mais ses démarches restèrent infructueuses. Gérard de Genappe et sa femme Ermenlrude les achetèrent alors, moyennant 50 livres de Louvain, avec l'autorisation des religieux, à qui ils promirent de les laisser, après leur mort (janvier 1250-1231). On cite, en 1288, Gérard de Wispelar; Jean de Wispelar lesta, en 1286, et fit, entre autres, des legs à sa sœur Agnès, au curé, au sacristain, et à la Table du Saint-Esprit de Wespelaer; ce personnage n'avait probablement pas vécu d'une manière exemplaire, car, dans son testament, il reconnaît devoir des pèlerinages à Saint-Jacques en Galice, à Ardenbonrg, à Aix, à Gheel, â Sterrebeek, à Malines ».

11 semble que, dans le principe, les propriétés comprises dans le village étaient de nature allodiale : vers 1150, une douzième partie de l'alleu de Wespelaer appartenait à Eppon d'Ockenzele, qui en fit alors don à l'abbaye de Saint-Michel à Anvers. Le 10 juillet 1385, le chevalier Jean de Houlhem, fils naturel de sire Henri de Flandre, chevalier, et sa

« Cartulairt de l'abbaye Je Saint -Michel à Anvers, p. aux Archives du royaume.

HISTOIRR

femme, Catherine, fille de Jean de Wyneghem, cédèrent à Jean T'Serclaes, évéque de Cambrai, le quart de la seigneurie et alleu de Wespelaer, par-devant les échevins de Louvain et en présence de Pierre de Nethen, de Walter de Hers, de Walter Rolant, de Henri De Rycke, de Jean Cornekeu et de Walter Keyenoghe, qui possédaient tous une part de l'alleu {ejuxdem dominii cotworles); ce transport s'opéra avec l'antique formalité du dou du rameau et du gazon (cum ramo et cespite). En 1474, un Jacques de Wyneghem était encore seigneur à Wespelaer ; l'alleu devait alors le service féodal avec un combattant à pied.

Au commencement du quinzième siècle, Marguerite Tollinghs releva du duc de Brabaut, à Wespelaer, un cens de 196 vieux gros, 21 chapons, 62 poules, 18 escalins noirs et 8 livres payement. Son fils, Nicolas De Gheytere (relief du 24 mai 1454), hérita de ce fief, et le laissa ensuite à son frère Jacques (r. du 25 août 1457). Maître Jean Van Erpe dit Ostonis l'acheta (r. du 28 septembre de la même année), et sa sœur, Jeanne Van Erpe, qui mourut le 20 mars 1485-1484, le porta en mariage a Jacques Uuterlimmingen (r. du 8 mai 1474), seigneur de Wanghe, patricien de Louvain, qui fut souvent appelé aux fonctions d'écbevin, de conseiller ou de bourgmestre de cette ville, pendant les années 1451 à 1478; Jacques Uuterlimmingen fut créé chevalier par le roi de France Louis XI, lors de son couronnement, en 1461, et mourut le 12 janvier 1482. Comme il n'avait pas de prison convenable à Berchem ou Beerlhem, à Bueken et à Assent, on l'autorisa, le 26 août 1481, à enfermer à Wespelaer des personnes qui s'étaient rendues coupables de quelques excès, dans ces (rois localités. Son fils Jean lui succéda (r. du 16 février 1481-1482), et eut lui-même pour successeur son oncle, Jean Uuterlimmingen, qui avait été également armé chevalier, en 1461, et qui ne survécut que d'un an à sou neveu. Son lils Jacques (r. du 26 novembre 1485) figura, comme ses ancêtres, dans la magistrature de la ville de Louvain, et mourut le 26 juillet 1511.

Catherine, sœur de Jacques, épousa Roland De Mol, qui devint seigneur de Wespelaer (r. du 1 5 novembre 1505), et y prit eu engagère, du souverain, moyennant 775 livres, qui furent remboursées en 1519, la hante, moyenne et basse justice et toutes ses dépendances (sauf les régales, les droits pour reliefs de fief, la confiscation des biens des bâtards, etc.), les cens appartenant au domaine, le droit de nommer un vorster ou sergent, et un cens sur le moulin dit Ter-f/adocht. En outre, Philippe le Beau lui donna une cour féodale de onze hommages, que le domaine avait confisquée, parce que les héritiers d'Adrien de Grimberghe dit d'Assche avaient négligé d'en faire le relief (1503). Roland fut nommé amman de Bruxelles, le 15 juin 1506, en récompense des ser-

vices militaires qu'il avait rendus; vers 1511, il assista encore an siège de Venloo, et reçut alors 56 livres pour ses gages et sa solde (quittance du 5 avril 1513). Lorsque le roi d'Angleterre, Henri VIII, envahit la France, il s'engagea dans son armée, et, à sa demande, son frère Gaspar fut nommé pour le remplacer en qualilé d'amman, pendant son absence (18 mai 1515). Il mourut le 25 septembre 1516.

Le second Jacques Uuterlimmingen avait eu un fils, nommé Jean, sénateur de Louvniu en 1535, en 1537 et en 1559, et une fille, appelée Catherine, qui s'allia a Jean de Harchies, seigneur de Bellignies ». Celleci fut dame.de Wespelaer, où elle nommait un maire et des échevins, qui allaient en appel à Uecle*. Jeanne de Harchies porta cette seigneurie en mariage à Charles de Carondelet, seigneur de Champuans, avec lequel elle prit de nouveau Wespelaer en engagére, le 8 avril 1559. La fille de Charles, Annede Carondelet, épousa sire Jean Vanderstraten, chevalier, seigneur de Gageldonck (r. du 4 août 1612), qui mourut, au plus tard, au commencement de l'année 1616, et, le 11 août 1626, Anne, qui se qualifiait alors de vicomtesse de Harlebeek, devint, derechef, moyennant 4,000 florins, dame engagiste de Wespelaer, que le domaine avait racheté une seconde fois (r. du 27 juin 1634). Enfin, le 11 août 1644, Pierre-Philippe du Chasleler, vicomte de Bavai, fils de Jean et de Françoise de Carondelet, et arrière-petit-fils de Jean de Chastelcr et de Gillette de Harchies, acquit définitivement la possession de la haute justice de Wespelaer et de ses annexes, en ajoutanl 4,500 florins à l'engagère précédente.

Pierre-Philippe épousa successivement Hélène de Haynin et Anne-Marie d'Estourmel; il mourut le 5 octobre 1669, et fut enterré à Wespelaer. Par son testament, qui est daté du 50 mars 1666, il avait laissé ce village à son fils Gabriel-Florent, mais celui-ci ne lui survécut que deux mois, et Wespelaer passa alors à sa sœur Anne-Caroline, vicomtesse de Bavai, dame de Soutestede, Tongrencllc, etc., qui, de concert avec son mari, Alexandre-Othon, comte de Vclliem et Meghem, baron de Raesvelt, le céda au marquis Jean-Baptiste Spinola (r. du 15 avril 1685) 3. Après ce dernier, le village passa à la veuve Proli (r. du 15 juillet 1735); H ili h / i -Florent- Joseph, comte de Proli, époux de Marie-Jeanne-Thérèse deClotz, était, en 1785, seigneur de Wespelaer, qui, en 1787, reconnaissait pour maître M. de Walekiers.

Il y a un siècle et demi, le château, dont les bâtiments tombaient alors

» Voyez la généalogie do* Uulerhmmingen dans Di\ rts. Rtrum L»wn. I. 11. p. 20. 1 Costuymrn van liraient, t. l«, p. 311.

* Voyez, sur les Chasleler, l'ouvrage publié par le marquis Du Cm usti-lkh : Gméalogt* le la miiwn du Chatleter, mire le» preuve», seconde édition. 1777. T. Il

en ruines, était déjà remarquable par la beauté de ses jardins '. Mais ce fut M. Plasschacrt qui l'orna de ses belles promenades, si célèbres eu Europe. M. Jean-Baptisle-Ghislain-Joscph Plasschacrt naquit à Bruxelles, le 21 mai 4709, et fut d'abord auditeur auprès du gouvernement des Pays-Bas; il rentra dans la vie privée lors de la révolution brabançonne; au retour des Autrichiens, son emploi lui fut rendu, et, en 1795, on le nomma membre de la jointe chargée de l'organisation des conquêtes faites en France, parles armées de l'Autriche. Il n'occupa aucune fonction pendant la domination de la république française; sous le consulat et l'empire, il devint successivement chef de burçau à l'administration du département de la Dyle, conseiller de préfecture, représentant au corps législatif, et enfin, maire de Louvain. A l'entrée des troupes alliées, sa vie fut menacée par le peuple de cette ville, qui, ne voyait plus en lui qu'un agent du despotisme impérial. Pendant sa retraite des affaires, il publia deux ouvrages remarquables, intitulés : De l'influence dei Utnyttes sur la civilisation, et De la noblesse, des titres et de la féodalité. Appelé par ses concitoyens, eu 1818, à siéger dans la seconde chambre des Étals généraux, Plasschaert s'y distingua par la justesse de ses vues, la franchise de ses opinions, la sagesse de ses principes. Malheureusement, la faiblesse de sa santé ne lui permit pas de conserver son mandat; il donna sa démission, en 1819, et mourut subitement, le 49 mai 1820. Plasschaert écrivait en prose, avec facilité et avec talent ; il est aussi l'auteur de quelques poésies qui ne manquent pas de grâce. Il avait épousé une demoiselle Artois, fille d'un riche brasseur de Louvain, qui mourut le 21 juin 1840, à l'âge de 78 ans. Elle a fait élever un beau monument funéraire, placé derrière le chœur de l'église du village, et sous lequel sont également ensevelis Léonard, Catherine et Marie Artois, et l'ami de Plasschacrt, Mathieu Verlat, professeur de philosophie à l'ancienne université de Louvain, mort le 20 février 1821. Sur ce monument, on lit : d. o. m. — et pi.c memori*: — j. n. j. g. plasschaert,

C0NJUG19, — SIBIQUE, J. M. ARTOIS, VIVENS P0SUIT,— ET FRATRI LEONARDO, — CATHARINyR ET MARIvE SORORIBUS,— AC MATTHjKO VERLAT, — PATRIS INSTAR

caro,— amno m.d.ccc.xx. Le riche patrimoine de la famille Artois a passé, par alliance, aux Marncf; il est aujourd'hui la propriété de l'unique cnfantde Jeannc-Josèphe-Ghislaine Marnef, morte à Nice le 11 avril 1848, à l'âge de 21 ans, et de M. Amédéc Vilain X111I, troisième fils de M. le comte Vilain XUII, ancien membre du sénat.

Une avenue, plantée de hêtres vigoureux, conduit de l'église de Wespelaer au château seigneurial, dont les bâtiments sont à la fois simples et

' Vi» GrsTti .

imposants. Un vaste étang l'entoure, et se prolonge au travers des pelouses du parc, en décrivant maintes sinuosités : ses eaux se partagent, plus loin elles se réunissent, puis elles se divisent, pour se rejoindre encore; tantôt elles coulent dans des canaux qui forment la seule clôture du jardin, dont les beautés se confondent ainsi avec le riant spectacle qu'offrent les campagnes d'alentour; tantôt elles baignent des bosquets d'arbres indigènes ou exotiques ou des monticules factices, réunis par des ponts. Obligé de recourir à l'art pour embellir une nature monotone, l'architecte Henry, de Louvain, qui a dessiné le plan de ces lieux enchanteurs, y a semé les décorations artificielles : des pavillons, des temples, une grotte d'une structure curieuse. Rien de plus ravissant que le temple de Flore, construction d'une légèreté aérienne, formé d'un dôme que soutiennent huit colonnes doriques cannelées. De nombreuses statues peuplent et animent les solitudes de Wespelaer. On y rencontre successivement l'Apollon du Belvédère, Bèlisaire, Mercure, lu nymphe Syrinx poursuivie par le dieu Pan, l'Amour, Vuleain, Diane chasseresse, Renaud et Armide, Hercule vainqueur du lion de Némêe, Saturne, la Vénus à la coquille, Bacchus et Ariane, Psyché et l'Amour, œuvres de Godecharles, qui les exécuta de 1793 à 1822.

Un pont auquel on a donné la forme d'un navire, conduit dans l'île des Champs-Élysées, ingénieuse réalisation d'un des rêves de Delille. Là, on remarque trente-sept bustes d'hommes célèbres, pour la plupart sculptés en 1816 et 1817 : Bossuet, Cicéron, Pythagore, Marc- Aurèle, Platon, Rousseau, Plutarque, Montaigne, Sénèque, Frédéric le Grand, Voltaire, Montesquieu, Buffon, Linnée, La Fontaine, Le Tasse, BoUeau, La Bruyère, Molière, Corneille, Milton, Horace, Homère, Henri IV, Guillaume le Taciturne, Washington, Fénelon, Socrate, Bayle, Wieland, Schiller, le comte d'Egmont, Barneveld, Virgile, Racine, Napoléon, Dêmosthène. On regrette de ne voir, dans ce gracieux Panthéon, ni Moïse, ni César, ni Dante, ni Shakespare, qui l'auraient si dignement complété. Goethe et Byron, ces titans de la littérature moderne, vivaient encore lorsque Plasschacrl mourut; c'est ce qui explique l'absence de leurs bustes. Dans le temple de Flore, on admire une statue de la déesse des fleurs, ravissante création de Godecharles. Cette statue date de 1798 ; elle est en marbre blanc de Carrare, ainsi que les bustes de Verlat et de Plasschaert, par le même artiste, qui se trouvent dans le château.

Le talent de Henry a su admirablement tirer parti des faibles ressources que lui offrait un sol peu accidenté. Le parc de Wespelaer forme une promenade remarquable par la variété des aspects, par le choix et

le nombre des ornements, par la beauté de la végétation. A l'exception deBclœil, il n'existe pas, en Belgique, de jardin qui puisse lui être comparé. De nombreuses troupes d'oiseaux aquatique» s'ébattent dans ses eaux; mais on y chercherait vainement le cygne domestique, le roi de nos étangs; une variété nouvelle du même genre d'oiseaux, le cygne noir de l'Australie, a été naturalisé à Wespelaer, et les combats continuels de ces étrangers contre leurs frères d'Europe, ont provoqué l'exil de ces derniers. Le parc de Wespelaer est constamment ouvert aux étrangers; il suffit, pour y pénétrer, de se munir d'une carte que délivre Phéle d'une auberge voisine de la station *.

La seigneurie de Wespelaer comptait un grand nombre d errière- fiefs, entre autres : à Wespelaer, l'hof de Valke, qui appartenait, en 1474, à Guillaume Vandeneertbruggen ; un manoir à Humclgbem, dont était propriétaire^ la même époque,Guillaume, fils dejean Van Hamme; un fief de dix bonniers de terres, à Sterrebeke ; des biens à Cortenberg, à Nosseghem, etc. Il existait autrefois à Wespelaer un château portant le nom de Horst. En 1488, lorsque le Brabanl se souleva contre le roi Maximilien, il appartenait au maire de Louvain, Louis Pinnock; ce patricien ayant pris les armes pour le roi, ainsi que Jean de Scboouvorst, Jean de Ransem et Grégoire Vrancx, la ville de Louvain envoya une garnison occuper son château. Albert de Saxe chargea Jean de Schoonvorst du soin d'assiéger Horst, qui fut pris et détruit; à la paix, la ville de Louvain fut condamnée à payer 3,000 pièces d'or à Pinnock, pour l'indemniser du tort fait à sa fortune. Mais, toujours prodigue, Pinnock eut bientôt dépensé cette somme : en 1493, pour l'empêcher de gaspiller les finances communales de Louvain comme les siennes propres, on lui défendit de s'ingérer dans leur administration ; lorsqu'il mourut, en 1504, il laissa à peine de quoi subvenir aux frais de ses funérailles. Ce gentilhomme avait été, pendant quarante-quatre ans, maire de Louvain, cl avait pris part, avec éclat, à presque toutes les guerres des ducs Philippe le Bon et Charles le Téméraire, mais son goût pour le luxe dévora tout son patrimoine *. Il vendit le château de Horst à lwain de Cortenbach, à sa femme Philippine Hinckacrt et à leurs enfants, Louis, Jacques et Maximilien de Cortenbach (relief du 13 mars 1499). Horst appartenait, en 1570, à Charles de Busleyden. Peut-être est-ce ce manoir qui a pris le nom de Herclcenrath ou fferckenroile, lorsque la famille de ce nom, qui est originaire de l'ancien pays de Los, vint s'y éta.

' Le château tic Wespelaer a clé décrit on détail par M. SciMTES, dans 11*41 IntiluW Promenade au part Je Wespelaer ou description historique, lopoqraphique 'I pittoresque de et jardin célèbre. Louvain. Cuclens (1S3I).

* DlfAMi I. c, p. 70.

l>lir, vers 1700. Herckenrode forme aujourd'hui une belle villa, faisant face au canal de Louvain, et ornée d'étangs, d'avenues, de plantations, qui .1 voisinent le parc de Wespelaer. Il appartenait, il y a quelques années, à M. d'Onyn de C h astre, ancien bourgmestre de Louvain.

La commune est bornée vers Test par un ruisseau qui se jette dans la Leybeek, la Leeps, qui vient des campagnes de Velthem. Les rives de ce paisible rivelel oui plus d'une fois retenti du bruit des combats : c'est là que luttèrent , pendant la minorité de Jean Ier, les milices de Louvain et les soldats de Walter lterlhout; c'est dans les prairies voisines, si l'on en croit les lirabantsche Yeesten, que se passa l'épisode qui provoqua la longue série de révoltes dont Louvain fut le théâtre, pendant le règne du faible Wenceslas de Luxembourg.

PIM nr SECOND VOI.I ME.

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