‹ Histoire des environs de Bruxelles, ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette villeChapitre 5 sur 43 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

BICGENIIOUT. — LE PETIT , BRADANT : STEENIIUFFEL . MALDEREN,

L1PPELOO, LIEZELE.

Le bois de BvGGENHOi'T. — Un grand bois, d'une étendue de plus de ;>00 hectares, borne, vers le nord-ouest, la commune de Merchlen, qu'il sépare des environs de Tcrmonde. Bien que le chêne et le t'rène y croissent aussi en abondance, l'essence qu'on y rencontre surtout est le hêtre. De là son nom de Bugyenhout ou Bois des llêtres(Huelien-Hout). Jadis la forêt était plus considérable et s'étendait jusqu'aux bords de l'Escaut (où le nom de Baesrode rappelle le souvenir d'anciens défrichements), de manière à couvrir la belle plaine au milieu de laquelle s'élève le village auquel elle a donné sou nom

Plusieurs magniliques allées traversent le bois, qui forme en été une

1 Ruggenhout \Buckenholt, 1125; Bugqenholl, 1 102 ; Bughenhout, 1 207 ; Bug/jenhout. 1531, 1256; Bttghenot, 1340), commune du canton de Tcrmonde. dans l'arrondissement du même nom, province de la Flandre orientale, à 5 I. au N.-O. de Bruxelles, et a 1 1/2 I. à l est de Termonde.

Territoire .En 1686, on y trouvait 1,350 bonniers, dont 696 de terres, 12 de prairies et 640 de bois; le revenu imposable s élevait à 19.939 florins. En 1846, sur une étendue totale de 9,022 hectares, il y avait 7à8 b. cultives en céréales. 108 h. cultivés en plantes industrielles. 322 h. cultivés en racines et fourrages, 14 h. de prairies, 18 de vergers. 27 de jardins légumiers, 562 de bois. 10 do jachères. La verge linéaire avait 20 1/3 pieds de Bruxelles.

Sombre d'habitation* : En 1435, 130; en 1480. 96; en 1525. 214, dont I à 2 foyers; en 1686, 118 chaumières, 2 châteaux, 1 brasserie, 3 cabarets , 7 maisons d'artisans, des Termes; en 1840, 791 maisons, dont 6 inhabitées.

Population: En 1786 habitants ; en l'an TOI. 1.7%; au 31 décembre 1831, 3,463; au

15 novembre 1846, 4,030. formant 833 ménages; 288 enfants recevaient l'instruction et 417 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie: 3 moulins à vent. 3 brasseries, I distillerie, 1 teinturerie, 1 fonderie de fer, I fabrique d'allumettes chimiques, 2 fabriques de dentelles.

Dépendances : Op*lal , Krapttraete , Hoogelinde, Buggenstrate , Yyfelt , den Hrueel , Brand- Urate, Achterdencken, Oudenbriei; les maisons de campagne dites Gendhof, den Battu: llueshoef. etc.; la ferme de Wiesheek

Les registres de l'état civil commencent en 1624. — On trouve aux archives du lieu un plan do la commune, levé en 1 an 1690 par le peometre Mevsman

promenade enchanteresse. Presque en son milieu, h proximité do l'allée principale, s'élève une grande eliapolle(rfc rappelle in tien bosckvan Bnggenhout, geuoentpt den Noodt Godts), où l'on célébrait autrefois les offices, le samedi, et où il se faisait une neu\ aine solennelle le troisième dimanche après Prtqucs. Elle fut IiAtîe en 1«">64, au moyen de dons faits par les habitants «les alentours, et grâce à la libéralité d'Alexandre II de Bournonville. Elle remplaça un édifice plus ancien, qui perpétuait la mémoire de JûSSe de Hycke, tué en cet endroit par un sanglier, en 1 Ii(>4.

Pnr.MiF.ns seignei as de Buggenuoit. — Si l'on remonte à l'époque la plus ancienne qui fournisse quelques détails sur les contrées voisines de l'embouchure de la Dcndre et de celle du Kupcl dans l'Escaut, on y trouve établis, comme grands propriétaires, les seigneurs de Termonde, les châtelains de Garni et les comtes d'Acrsehot. Toutes les terres cultivées et incultes que ceux-ci possédaient à Ruggcuhoul , la moitié de la forêt de ce nom, et du bois dit Emelo, un manse de terre rontigu si ce dernier, et le bois de Sehrieek, furent abandonnés h l'abbaye d'Afllighcm par le comte Arnoul et ses fils Godefroid et Arnoul, lorsque Jean, troisième lils d'Arnoul, embrassa lu vie monastique dans ce monastère. Leur donation, qui ne comprit pas les fiefs tenus d'Arnoul et les biens des possesseurs de ces liefs , fut approuvée par le duc Godefroid Pr, mais avec quelques restrictions: seule, la forêt deSchrieck, «pic les d'Acrsehot tenaient en alleu, passa entièrement aux moines, à qui l'on reconnut alors le droit «l'exiger de leurs vassaux à Buggcnhout la vechtind ou taxe pour la paisson des porcs, et de leurs censitaires habitant au même endroit la redevance appelée sach (I

La fainilledes anciens comtes d'Aerschols'étaut éteinte, le duc Henri I", qui recueilli! leur succession, reprit à l'abbaye le bois de Schricck, sauf la partie que l'on appelait Anchon (ailleurs Avehuu ou Anehou), et qui était située près du château. Les religieux consentirent à se contenter d'y lever la dlme; cependant ils devaient avoir le droit d'y prendre librement tout le bois qui leur serait nécessaire, cl le duc promit que les habitants pourraient entretenir leurs haies et alimenter leurs foyers, aux dépens de la foret, pourvu qu'ils n'y coupassent ni chênes, ni hêtres. Eu outre, on leur laissa la faculté d'y aller chercher de quoi se construire des habitations, à la seule condition de demander préalablement l'autorisation des forestiers du duc et celle des religieux. Cette usurpation de Henri Ier, dont on a une confirmation datée de l'an 1202, fut faite du vivant de Godefroid III, qui, au contraire, avait approuvé l'acte de i I2;j el ordonné aux Berthoul de le respecter '. Il semble que le bois de Bug-

' Optra dipl., t. 1», p. 375; t. 11. pp. 817 et 8VJ. - CaKuhirt dAfflujhem, pa»s»,n.

genhout soit alors devenu In propriété de In branche des Bcrlhout qui posséduit Grimberghe. Au seizième siècle, les ducs de Brabant n'avaient, dans ce village, de juridiction que sur 21 héritages , qui reconnaissaient, au civil et an criminel, l'autorité des échevins de Stccnhuffel. La haute, moyenne et basse justice, en cet endroit, fut engagée, le 25 juin ItiGI, et moyennant 100 livres, a sire Ferry de Glymes, baron de Grimberghe («Uefdu 9 avril! 564-1 505).

Les seigneurs de Grimberghe possédaient a Buggcnhout tous les droits seigneuriaux, même le son delà cloche; mais leur domaine, comme la terre de Grimberghe elle-même, y était divisé en deux fractions : l'une, qui Tut successivement aux Aa et aux de Bcrgues ou de Glymes, et qui s'étendait surtout dans le voisinage de l'Escaut; l'autre, plus voisine de la forêt et plus importante, appartint d'abord aux Pervvez, dont les héritiers, les Vianden, l'érigé n ni en un Gel dépendant de leur cour féodale de Grimberghe. Dix-sept bonniers de bois, au lieu dit liedrinvelt, 10 autres bonniers, et entin G bonniers de terre, tenus en (ief par Arnoul de Spell, furent détachés, en 1231, de la seigneurie des Aa, au prolil des religieuses de Zwcvicque. Au mois de février 1204-1265, Léon d'Aa, seigneur de Polluer, céda à la fille qu'il avait eue de son premier mariage, la dîme qu'il levait à Buggcnhout; sa fille, avec le consentement de Gérard, seigneur de Marbais, qui lui servit de tuteur dans cette circonstance, transporta à son tour la dime au duc, qui en lit abandon aux religieux d'AHlighcm, à la condition qu'ils lui payeraient tous les ans un cens de 2 deniers de Louvain, et qu'ils compteraient à Léon 540 livres de Louvain. Depuis le mois de juillet I2;»2, la dîme de Buggcnhout, ainsi que la cinquième gerbe qui se levait dans le district de celte dime, étaient engagées au monastère '. La seigneurie des Aa avait un échevinage particulier.

Engelram de Pervvez cl sa femme Agnès, dame de Grimberghe, rachetèrent à Alllighem tous les droits que cette abbaye prétendait avoir sur la forèl, dontils lui abandonnèrent, d'une manière absolue,25 bonniers (mars 1237);29ans plustard, en juin 1200, Marie de Pervvez cl Philippedc Vianden cédèrent à Henri dcGrimbcrghe, lils de Guillaume II, seigneur d'Assche, pour le tenir en fief, leurvtffo ou village de Buggenhout,avec tous les revenus, feudataires et tenanciers qu'ils y avaient; ils ajoutèrent ensuite à ce don celui de 20 bonniers de bois situés devant le manoir de Henri, près de sa forêt (avril 1271) *. De Henri et de sa femme Malhilde naquirent un second Henri, et Isa beau d'Asschc, dame de Buggcnhout, qui eut

1 Opéra dipl., t. Il, p. 7VG. — Carlulaire cité.

» Ante domkilium Utnrici, jusla ulcam xuam. Bt.Ttk.ns, l. I", p. ùii. — Vo)ct le nu tue, t.l«, p. GlU.etl. Il, p. 15*1.

MS ii i> rouir:

trois fils d'Hugues, seigneur d'Antoing. L'aîné, Hugues, hérita du titre de son père; le puîné, Henri, eut pour sa part les terres de Buggcnhont et d'Obies; à Isaac, le plus jeune, échurent quelques biens à Scmpst et à Eppeghem. En récompense des bons et loyaux services du chevalier Henri, et afin de s'assurer son appui dans la lutte qui se préparait entre l'Angleterre et la France, le roi Philippe de Valois lui donna, pour lui et ses héritiers, et à charge de le tenir en fief de la couronne de France, une rente de 200 livres parisis. En garantie du payement de cette somme, il lui céda le vivier de Rodegnies et 100 arpents du bois de Glanchon, où s'était retiré, un siècle auparavant , l'ermite ménestrel qui se présenta aux populations flamandes comme leur souverain, l'infortuné Baudouin de Constantinoplc (diplôme daté de Poissy, au mois de mars 1339); il lui abandonna ensuite la basse justice de ces lieux, pour tous les méfaits emportant au plus une amende de CO sous (Lay, avril 1339). Mais, tandis que le vicomte de Melun, mari d'Isabelle, dame d'Antoing, renonçait à ce dernier fief, qu'il tenait du Hainaut, afin de mieux remplir ses engagements envers le roi Philippe, le seigneur de Buggenhout adopta une ligne de conduite opposée, ce qui lui fit perdre ses possessions en France, qui valaient environ 1,21)0 livres. Le comte de Hainaut l'en dédommagea par l'abandon de plusieurs terres Des deux filles de Henri, l'aînée, Isabelle, s'allia à Gérard, seigneur de Werchin, chevalier renommé qui péril ùMons, dans un tournoi, en 1340; c'est à ses regrets et à sa générosité que la capitale du Hainaut dut In fondation de l'église Sainte-Elisabeth. Ce temple fut construit dans l'hôtel de Werchin, en 1347, six ans avant la mort d'Isabelle*. Son fils Jean de Werchin resta fidèle à Weneeslas et à Jeanne, pendant la guerre de 1350; aussi ses biens furent-ils saisis en vertu d'un ordre de Louis de Maie, daté du 4 octobre 1350.

Les Halewyn.— Un demi-siècle plus tard, en 1420, Buggenhout appartenait à Guillaume de Halewyn, bailli d'Alost, gentilhomme issu d'une noble famille flamande, dont l'écusson portait trois lions rampants de sable, armés, couronnés et lampassés d'or. Le 25 septembre 1449, un octroi du souverain autorisa Gilles de Halewyn, le même sans doute que le Guillaume que nous venons de nommer, à transporter sa forteresse, son pays et sa seigneurie de Buggenhout à Josse de Halewyn, seigneur de Piennes, à l'occasion de son mariage avec sa seconde femme, Jeanne de la Trémouille. La première, Bonne de Mclun, fille de Jean, seigneur d'Antoing, était morte en 1440, sans laisser d'enfants. Josse avait la

1 Dr S\m-Genois. les Pairies du Hainaut, pp. ccxivi et cccxlii.

« BOTMM, t. I". pp. 613 et 619. — Do RcilTenborg . Monuments pour servir à l histoire du Hainaut, t. I". p. 795.

réputation d'un chev alier très-vertueux et très-instruit. Philippe le Bon le nomma son conseiller et chambellan, l'envoya en Angleterre en ambassade, lui confia, le 8 mai 1453, les importantes fonctions de haut bailli de Flandre, et lui vendit, moyennant 5,250 livres parisis, la terre de Baesrodc, qui était alors confisquée sur le conseiller Jean Vandendriessche, accusé de concussion.

Josse de Ilalewyn mourut en 1472; l'un de ses fils, nommé Pierre, avait été appelé au siège épiscopal d'Aleth; un second, Louis, entra au service de Louis XI, roi de France, qui le créa son chambellan; Charles VIII l'employa souvent dans ses négociations, et Louis XII le nomma, à la fin de sa vie, lieutenant général en Picardie. Il Tut fait prisonnier, au mois d'août 1515, devant Térouanc, et mourut en 1518. Jeanne de Ghisteiles, dame d'KscIcbccque, lui donna, entre autres enfants, Philippe, chevalier de l'ordre de Saint-Michel en France, el l'évèque d'Amiens, François de Ilalewyn. La défection de celle famille, que les ducs de Bourgogne avaient comblée de titres el d'honneurs, fut punie par la confiscation des biens qu'elle possédait aux Pays-Bas. Buggcrihoul fui donné, en l'année 1484, à Charles de Ilalewyn, seigneur de Maldcgheiii et d'Uylkercke. Toutefois, celte cession, qui donna naissance à long procès, n'était que temporaire, car, le 17 mars 1508-1509, alors que Ja paix était rétablie entre les maisons de France el de Bourgogne, l'empereur Maximilien autorisa le sire de Picnncs à se déshériter de la seigneurie de Buggcnhoul en faveur de son fils ainé Philippe, par-devant, la cour féodale du comte de Xassau, seigneur de Grimhcrghc.

A la reprise des hoslililés, après le couronnement de Charles-Quint comme empereur, celui-ci dota sa tanle Marguerite des revenus de Buggcnliout, qu'elle perçut, à l'exception de 219 livres qui avaient déjà été touchées par le receveur des biens français échus à l'empereur. Les deux branches rivales de la famille de Ilalewyn n'en continuèrent pas moins à se disputer la possession du village. Un accord fut enfin ménagé, entre Françoise de Bourgogne, dame de Boussy, veuve dePhilippe de Ilalewyn, et sa belle-fille Louise, dame de Crèvecœur, femme d'Antoine de Ilalewyn, d'une part, et Jacques de Ilalewyn, seigneur de Maldeghcm, fils de Charles, en faveur de qui sire Antoine Suckel, chevalier, conseiller de l'empereur dans les pays de par deçà, avait relevé fiuggenhout le 5 mars 1522-1525. La contestation recommença au sujet de la vente de quelques chênes, mais le chancelier de Brabant, le seigneur dcDaigny, président du conseil privé, et l'audiencier Laurent Du Blioul, s'interposèrent comme médiateurs; Jacques renonça à ses prétentions, moyennant une rente annuelle de G25 florins carolus, rachelable au denier 10, et qui fut remboursée le 23 octobre 1534. Bien que la guerre continuât

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encore, Charles-Quint permit à Antoine de Halcwyn de donner Buggenliont en garantie du payement de celte rente (•"> octobre 1527), et, comme il ne pouvait venir en personne réaliser l'hypothèque, il l'autorisa, le lendemain, à se faire remplacer par sa femme et sa belle-mère; le consentement de Marguerite d'Autriche, dame du lieu en vertu de la confiscation, fut aussi demandé et obtenu.

Louise, héritière de Crèvccœur, autre nom honoré par des exploits, mais souillé par la défection, était veuve de Guillaume de Goufticr, seigneur de Honnivet, amiral de France, l'un des favoris du roi François 1er, et qui ne se rendit célèbre que par ses revers. Antoine, grand louvetier de France, se signala à la défense de Metz, et périt glorieusement, en 1555, en soutenant l'assaut donné h la ville de Térouane par les soldats de l'empereur; son lils aîné, Charles, créé duc de Halewyu en 4588, chevalier des deux ordres du roi, lieutenant du roi en Picardie et gouverneur de Metz, pouvait, je crois, dit un ingénieux écrivain », se vanter d'être le gentilhomme du royaume qui avait le plus verse de son sang au service de ses rois; il s'était trouvé à quinze sièges, à onze batailles ou combats, et y avait toujours été blessé. Sa destinée, par rapport à ses « niants, n'est pas moins remarquable. 11 avait épousé Anne Chabot, el il en avait eu cinq lils et une lille; deux furent assassinés; les trois autres el le mari de celle lille furent tués. Charles de Halcwyn obtint du roi d'Kspagnc, Philippe II, le 10 novembre 1575, l'autorisation de vendre Huggenhout el Hacsrode à Jean, palatin du Khin, duc de Bavière, comte de Weldcns et de Spanheim. Celui-ci les céda à son tour au comte Charles de Mansfeld, à la condition de lui rembourser les 130,000 florins, prix de son acquisition (octroi du souverain, en dale du 0 juillet 1588). Mansfeld étant mort sans avoir satisfait à celle obligation, le palatin reprit possession de Huggenhout , qu'il céda alors aux Bournonvillc, avec le château appelé la Mu i. s on déchusse.

Les Bournonvillf. *. — Le duc Alexandre Ier de Bournonvillc était fils d'Oudart, seigneur de Câpres, et de Marie-Christine d'Egmont.Sesancélres élaienl d'Artois et prétendaient descendre par les femmes des anciens comtes de Boulogne. Les exploits et les talents d'Oudart jetèrent un nouveau lustre sur le nom de sa famille. 11 suivit Charles-Quint dans sa

» SmT-Fnu. OEurret complète», t. VI, p. 117.

* Consultez, pour l'histoire île lu famille de llournou\ ille : Esti \ as C»»tLi.is, Arbol yenealoijico hintorico de la nohtli**ima rata y famtlia de (M rj-celtenttMimo* %enorrx duquel de lUmrnonrille , Barcelone. ItiSt). petit in f«. — Defence apologétique ou déduction de fait pour M<jr. Alcjcaiulre, prim e de ilournoneille , contre Mgr. Ambroise de liournonville, ion frrre xrcotul, sur le différend qui peut eslre entre eux pour le duché de Hournnnvtlleen France, par F I. C. docteur en droit; in K — D liozitn, Dewenle gtnêalogiqut de l illustre maison de liournonttllt, Paris, 10o7, in-plano.

campagne contre les luthériens d'Allemagne, et, en 1567, il assista au siège de Valcnciennes, avec sa compagnie de fantassins wallons. Les guerres de religion le trouvèrent, catholique ardent et intrépide, au premier rang des soldats de Philippe II, qui le nomma meslre de camp d'un terec de 5,000 Wallons; il signala son courage lors de la défaite du baron de Genlis, aux portes de Mons, cl pendant l'expédition du ducd'Albe eu Hollande. Le soulèvement des Pays-Bas en t576 et l'expulsion presque complète des Espagnols le retinrent un instant dans le parli national, mais il l'abandonna bientôt, par haine pour le calvinisme. Il y avait à Arras une faction considérable dévouée au prince d'Orange; elle était soutenue par le capitaine Ambroise, qui commandait dans la ville une compagnie appelée les Casaques vertes, et elle comprenait presque tous les doyens des corps de métiers. Pour l'écraser d'un seul coup, le sire de Câpres se ménagea des intelligences dans Arras, y lit entrera l'improvislc de ses soldats, s'empara d'Anibroise et des jurés, et, après une procédure sommaire, envoya a l'échafaud les chefs de la bourgeoisie. Grâce à ses efforts et à ceux de quelques autres nobles, l'Artois et la Flandre française se rallièrent a l'Espagne. Sa défection avait été trop utile au roi pour qu'elle ne fût pas largement récompensée. Elle lui valut le litre decomlcde Hennin (7 septembre t?>70), et plusieurs charges importantes, comme celles de conseiller d'état, de premier et unique chef des linances, de commandant d'une compagnie des bandes d'ordonnances, cl enfin, de gouverneur d'Artois; parvenu à l'apogée de la puissance, il mourut à Bruxelles, en décembre tl>85, au palais d'Orange, où il s'était logé.

Des mémoires publiés il y a quelques années attribuent à la grandeur des Bournonville une origine toute différente, mais évidemment conlrouvée. Nous ne la rapportons que pour montrer qu'on ne doit accueillir qu'avec la plus grande défiance les anecdotes de ce genre : « Après la mort de Lamoral d'Egmonl, dit l'auteur de ces mémoires, sa « femme se retira avec ses enfants dans l'hôtel de Mérode, en attendant « qu'on eût obtenu d'Espagne la restitution de ses biens conlisqués. « Avec la comtesse et sa famille s'y retirèrent aussi les principaux ser- « viteurs de la maison d'Egmonl ; et, comme dans ce temps-la, toutes « les grandes et illustres maisons étoicnl encore riches et scsoulenoient « en grands seigneurs véritablement, el non pas comme aujourd'hui, « ces grandes maisons n'étoient servies que par de très-bons el illustres « gentilshommes de très-ancienne noblesse, qui étoient en grand nom- « bre alors dans les dix-scpl provinces, quelquefois même elles étoient « servies par leurs propres parents el alliés. Le maître d'hôtel du comte « Lamoral d'Egmonl éloit pour lors le sire de Câpres, et se relira

ne

« chez nous avec celle famille infortunée. Pendant qu'ils y éloient, le • malheur voulut qu'une des (illes du comte, son maître, se familiari- « sât un peu trop avec ledit maître d'hôtel. Dans celte seconde désola- « tion, la parenté s'assembla, et après bien des délibérations, où plu- « sieurs opinèrent à la mort des coupables, ccuxde ma maison opinèrent « pour les voies de douceur, et leur avis prévalut enfin. Comme les « biens de la maison d'Egmont lui furent rendus alors, et rapportoient « près de 000,000 florins de rente, on maria le sire de Câpres à made- « moiselle d'Egmont, et on leur donna en parlage plus de 20,000 llo- « rins de rente '. » Cette belle histoire est purement et simplement du roman. M. de Câpres ne pouvait pas être a la fois le maître d'hùtri de d'Egmont et un des principaux officiers de l'armée royale; il ne se maria d'ailleurs avec Marie-Christine d'Egmont que le 17 juin 1581, et son fils unique ne naquit que le 4 septembre 1585. Or, à cette époque, la famille d'Egmont était plongée dans l'affliction, tandis que la fortune d'Oudart allait toujours en grandissant. Il était riche et considéré, et Marie-Christine ne lui apporta en dot que 1,000 ducats de rente.

Cependant, lorsque cette dame fut veuve, son illustre origine et ses grandes qualités firent bientôt rechercher son alliance. Elle se remaria au comte de Hooghslraeteu , puis au comte Charles de Mansfeld , général d'artillerie au service d'Espagne, et capitaine général de la mer de Flandre, et que l'empereur mit à la tète de l'armée qu'il opposa aux Ottomans. Dans son contrat de mariage, en date du 12 décembre 1 591 , le comte Charles déclara apporter dans la communauté les terres et seigneuries de Tamise, Sleenbrugge, Roycrs, Buggenhout, Saint-Amand , Baesrode,etc.,ct son père promit de lui laisser, comme à son unique héritier, tout son patrimoine, et prit à sa charge les dettesqu'il pouvait avoir ; quant à Marie-Christine d'Egmont, sa fortune s'élevait h 2C8,953 livres d'Artois, et comprenait entre autres la seigneurie de Steen à Elevvyt, et les biens qu'elle avait hérités de sa sœur Jeanne. Son douaire fut fixé, en cas de prédécès de l'époux, à 8,000 florins de rente, ou à 6,000 seulement, pour le cas où il y aurait des enfants; elle devait en outre avoir le droit d'habiter dans une des maisons appartenant au comte, cl y conserver une chambre dont l'ameublement vaudrait 9,000 écus. Ce contrat fut conclu à l'hôtel d'Hooghslraelen, à Bruxelles, et signé par les deux fiancés, par Pierre, romlc de Mansfeld , Charles d'Arenberghe, Jean de Perstain, François de Granvelle-Perrenot, Antoine de Goegnics, Marie dellornes, Philippe de Croy, marquis d'Ilavré, Charles de Gavre el don Gaston Spinola. Charles de Mansfeld mourut le 14 août! 595. Marie-

> Mémoire* du frld-marechal comte de Merode-U eUerloo. t. I". p. 53.

Christine lui survécut jusqu'en 1622; elle avait été créée princesse du Saint-Empire par l'empereur, grande d'Espagne par Philippe II, et duchesse de Bournonville par le roi de France Henri IV.

Alexandre de Bournonville fut d'abord menin de l'infante Isabelle; puis il alla achever son éducation dans les cours de Florence et de Vienne. A son retour, il fut nommé gentilhomme de la chambre des archiducs Albert et Isabelle, et capitaine d'une compagnie de 300 Wallons, l'une des cinq organisées par Charles-Quint. Après la conclusion de la trêve de 1609, il conduisit en Bohême , au secours de l'empereur, 6,000 fantassins et 1,000 chevaux. Ayant perdu un œil d'un coup de mousquet, au siège de Piska, il revint en Belgique et y prit le commandement du plus ancien terce wallon. Il assista à la bataille de Flcurus, en 1622, au siège de Bréda et à l'expédition dans le Betuwe. Il rempli! trois fois les fonctions d'ambassadeur, fut nommé chevalier de la Toison d'or, en 1624, et devint gouverneur de Lille, Douai et Orchies, en 1631 .

Vers l'année 1610, le duc de Bournonville et sa femme Anne de Melun d'Epinoy, marquise de Roubaix, achetèrent à Maurice de Nassau, prince d'Orange, les droits qu'il possédait, à titre d'héritier de son père, Guillaume le Taciturne, sur les terres de Buggenhout, Baesrodc et Saint-Amand, avec la faculté de prendre à leur charge, en diminution du prix d'achat, les rentes hypothéquées sur ces biens 4 . Tous deux testèrent, le 8 juin 1621, et déclarèrent alors que la seigneurie de Buggenhout constituerait dorénavant un majorât, qu'elle appartiendrait à leur fils aîné Ferdinand (qui mourut jeune), à l'exclusion de ses frères ; à son défaut, au plus âgé de ceux-ei; à défaut de fils, a l'aînée des filles, et ainsi de suite.

L'état déplorable dan* lequel se trouvait le pays détermina le duc à travailler à son affranchissement. Dans les dernières années de l'infante Isabelle, il forma, avec quelques autres seigneurs, une conspiration ayant pour but d'unir les provinces belges aux Provinces-Unies. Mais, trahis et dénoncés, lui et ses amis n'eurent que le temps de fuir. Averti par un exprès que lui dépécha la reine douairière de France, Marie de Médicis, qui logeait dans son hôtel, rue aux Laines, à Bruxelles, e! qui crut devoir cet avis à son hôte, le duc partit pour Bournonville afin d'éviter les gens de guerre qu'on avait envoyés pour le saisir, à son château de Bondues, près de Lille *. Il se rendit ensuite à Liège, puis chez son cousin le marquis de Lullin, à Thonon , en Savoie. Après un long

< On releva, le 10 mars 1618, au nom de Maurice de Nassau, et, le 1 1 mars 1651, au nom de la douairière du stadhouder Guillaume II, les droit» que les seigneurs de (irimberghe possédaient sur Buggenhout.

1 Dtfense apolitique, pp. 14 à 19.

T. II

exil, il mourut à Lyon, on 1 (»;>;». Une sentence du grand conseil de Malincs, rendue le 1(5 avril 163G, l'avait condamné et avait prononcé la confiscation de ses biens.

Alexandre II de Bournonvillc, que l'on appelait d'ordinaire le comte de Hennin et quelquefois aussi le baron de Caumont, sollicita longtemps de son pore la permission d'aller servir la maison d'Autriche; ses prières étant restées sans résultat, il prit le parti de se soustraire au pouvoir paternel. En 1GÔ8, il quitta furtivement Thonon <•! se rendit en Angleterre, d'où il écrivit au cardinal-infant, gouverneur des Pays-Bas, pour obtenir la faculté de combattre dans les rangs de l'armée du roi. Ses sollicitations n'aboutirent qu'à un refus. 11 entra alors au service de l'empereur, et se distingua bientôt par des actions d'éclat. A la téte de 100 cuirassiers d'élite, il contribua puissamment à la défaite du général Rose et du baron d'Ossonville, qui furent vaincus, en 1 G 40, prés deStrasbourg par 2,000 Impériaux, bien qu'ils fussent trois contre deux. Nommé colonel d'infanterie, il défendit Hanimc en Westphalio contre les Suédois et les llessois; il alla ensuite, à la tète de 2,000 homme.s, rejoindre l'armée de la ligue catholique, et, en qualité de plus ancien colonel, il prit le commandement de toute l'infanterie impériale; à sa téte, il commença, sous la direction des généraux DeGeleen et Mercy, la seconde journée de Nordlingon ou llalleren. Après un engagement qui dura quatre heures, il mil en déroute l'infanterie française, hessoise et v\eymaroise, cinq fois plus nombreuse que la sienne, et il prit plusieurs canons et étendards (I64G). Ce succès lui valut, de la part de l'empereur, des lettres de remerciaient. Depuis, sous les ordres du général La m boy, il poursuivit avec avantage la guerre dans l'Oost-Frise, secourut son général près delà ville de Hhenen, et repoussa avec ses fantassins, en pleine campagne, les charges de la cavalerie hessoise. Après avoir reconquis plusieurs des forts de cette contrée, il défendit Meppen contre le général Konigsmarck, qui dut lever le siège de celle place (4648).

Lors de la conclusion de la paix de Munster, la cour d'Espagne oublia ses griefs contre les Bournonvillc La mainlevée des biens de celle famille fut ordonnée (24 février 1649), et on gratifia le comte du titre de général de bataille. Peu de temps auparavant, l'empereur l'avait nommé gentilhomme de sa chambre et général de bataille de ses armées. Les troupes espagnoles eurent bientôt a se féliciter de compter parmi leurs chefs un guerrier aussi habile que vaillant. Bournonvillc commanda l'infanterie du corps que le duc de Wurtemberg conduisit vers Paris au secours du prince de Condé; il enleva d'assaut les dehors de la ville de Héthel, et s'empara de la même manière de la contrescarpe de Rocroi. Quand le maréchal de Turenne fit, sur les lignes des Espagnols devant

IN

Ai ras, l'attaque impétueuse qui conserva à la Pranrc Fa capitale de l'Artois, il commandait l'artillerie du corps du prince de Coudé, et se retira en conservant son ordre de bataille, tandis que la plus grande partie de l'armée fuyait en désordre (25 aoùl 1054). Un an plus tard, il soutint plusieurs assauts dans la petite ville de Condé, qui n'était pas en état de défense, et il défendit ensuite la cité plus importante de Valcnciennes, qui était alors une des barrières des Pays-Bas du côté du midi, le 12 septembre 1050, le roi Philippe IV lui écrivit pour le remercier de la valeur et de la vigilance dont il avait fait preuve dans cette occasion, et, après lui avoir témoigné sa vive satisfaction, il déclara lui accorder le titre de prince de Bournonville, que ses ancêtres avaient demandé en d'autres temps. Par les lettres patentes qui furent dépêchées à Madrid, le 12 juillet 4058 ' , son nouveau titre fut aiïecté sur la terre et seigneurie de Buggenhout, à laquelle on lui permit d'annexer la terre franche de Saint-Arnaud sur l'Escaut, ce qu'il possédait à Baesrode et enfin tout ce qu'il voudrait y joindre par la suite. La faculté de changer le chef-lieu de sa principauté lui fut aussi laissée, pour le cas où il viendrait à acquérir en Brabant une terre plus importante ou relevant directement du souverain (relief du 27 décembre 1058).

Celte récompense, qui lui donna l'entrée des États de Brabant, ne fit qu'augmenter le courage du vaillant Bournonville; mais la conclusion de la paix le retint quelques années dans l'inaction. En 1000, il se rendit à Paris pour réclamer le duché de Bournonville, que son père avait donné à son second (ils Ambroise (8 juillet 1051). Celui-ci avait pris du service en France et s'était élevé au grade de maréchal de camp. La cour de France, enchantée de récompenser un serviteur fidèle, tout en nuisant à un ennemi redoutable, avait confirmé en sa faveur le titre de duchépairie, que Henri IV avait accordé à Marie-Christine d'Egmont. Nommé gouverneur de Paris et chevalier d'honneur de la reine, Ambroise figura parmi les douze pairs de France, comme représentant le comte de Champagne, au couronnement du roi Louis XIV. L'amitié que lui témoignait le cardinal Mazarin ne laissait au prince aucun espoir dc^ voir accueillir ses réclamations; mais, comme elles étaient trop fondées pour être absolument repoussées, la cour de France se décida à lui accorder une satisfaction illusoire, en lui permettant de jouir des mêmes honneurs et des mêmes prérogatives que son frère.

Alexandre de Bournonville venait d'être nommé grand bailli de Waes, lorsque l'évêque de Munster, Bernard Van Galcn, demanda au gouverne-

' RtgiitTti sur charte» de la Chambrt des comptes, n* XVI, f» îo8. — Conf. CammH, Jurù pnukntia kenUcts, p. 170.

liO HISTOIRE

mont l'autorisation de le mettre à la téte de l'armée qu'il voulait envoyer contre la Hollande; les étals-généraux des Provinces-Unies combattirent vivement ce projet auprès de l'ambassadeur d'Espagne, don Estcvan do Gamarra, et prolestèrent qu'ils verraient avec le plus grand déplaisir un sujet du roi, aussi distingué, prendre du service chez leurs ennemis. Pour le dédommager en quelque sorte de celte contrariété, le marquis de Caslcl-Rodrigo appela Bournonville au gouvernement de l'Artois. En 1672, pendant qu'on augmentait les fortifications de Bruxelles, il fut chargé de surveiller ce grand travail. L'empereur le demanda alors au roi d'Espagne pour commander sous le célèbre général Montecuculli ; ses patentes de maréchal général furent signées à Vienne, le 6 août. Pendant quelques mois, et de concert avec l'électeur de Brandebourg, il s'efforça d'arrêter les progrès de Turenne; mais, après avoir vainement proposé d'attaquer ce terrible adversaire, il vit l'électeur temporiser, puis conclure la paix avec Louis XIV, et il fut forcé de se retirer en Bohême. Il en repartit bientôt pour la Franconie, avec Montecuculli, qui dut à ses conseils la prise de Bonn, succès important qui, en menaçant la retraite des ennemis, les força d'abandonner leurs conquêtes en Hollande. Il voulut tenter une entreprise sur les Pays-Bas, mais on ne seconda pas ses projets, et on l'envoya dans le Palatinat, que menaçait Turenne, sou eonstant adversaire. Là, jalousé par les princes de l'Empire et par les généraux, ses collègues , il fut constamment traversé dans ses desseins. Cependant il se distingua encore par quelques actions d'éclat : le combal d'Ensisheim (4 octobre 1674), dont les Français s'attribuèrent le gain, fut au moins douteux, car Turenne, après avoir perdu plus de monde que les alliés, dut quitter le champ de bataille, et ne put empêcher les Impériaux d'opérer leur jonction. Cependant, les ennemis de Bournonville avaient agi à Vienne et le firent enfin disgracier; il obtint la faculté de se retirer de l'armée; mais Montecuculli, qui vint en personne prendre le commandement, le retint encore près de lui pendant toute la campagne. Depuis longtemps on le berçait de l'espoir d'obtenir un emploi honorable, lorsque la cour de Madrid, qui lui avait envoyé la Toison d'or, l'appela au commandement de l'armée de Catalogne. Bournonville quitta l'Allemagne sans recevoir d'autre récompense qu'une place dans le conseil de guerre de l'empereur. Dès son arrivée en Espagne, il se signala par une invasion heureuse dans le Roussillon; la Sicile venait de se révolter contre l'autorité royale; on l'envoya dans cette Ile, comme gouverneur ou commandant des armées (28 juin 1677), et il y avait déjà obtenu d'éclatants succès, lorsque l'abandon de Messine par les Français amena la fin de la rébellion. Nommé, en 1678, vice-roi de Catalogne, il se prépara i\ une nouvelle campagne; mais la paix vint terminer les

hostilités. Après avoir remplacé un autre Belge, le prince de Chimai, en qualité de vice-roi de Navarre, il termina sa glorieuse carrière, à Pampelune, le 20 août 161)0.

Sa femme, Ernestinc d'Arenberg, était morte en 1663. Par son testament, en date du 6 février 1666, il institua son (ils pour son héritier universel, à la charge ée payer des rentes à ses sœurs. On lit dans cette pièce la clause suivante, où se révèle le goût du prince pour les médailles et antiquités romaines : < voulant aussi que ma bibliothèque, qui « est à présent dans la maison du jardin nommé Beau regard, augmente « de temps en temps par mes héritiers, que j'institue et substitue de « même, sans la pouvoir vendre, donner, ni transporter, sans une « grande nécessité ou raison inexcusable. Voulant que ceux de mes enfans « ou ceux de mes héritiers qui seront capables, ayent accès et liberté de « se servir des livres, médailles, instruments de mathématiques et « semblables choses, sans les pouvoir transporter ou les laisser sortir < de la bibliothèque. >

Alexandre-Albert de Bournonville (relief du 5 octobre 1697) s'était fixé en France, du vivant même de son père, afin sans doulc de terminer le différend qui séparait les deux branches de la famille. Il y devint enseigne, puis sous-lieutenant des gendarmes de la garde du roi, et enfin maréchal de camp, et fut grièvement blessé à la bataille de Landen. « C'était, dit Saint-Simon «, un homme d'honneur, fort brave, qui avait « beaucoup de savoir et qui ne manquait pas d'esprit, mais d'un esprit « tout à fait désagréable. Avec tous ses proches, il ne parvint à rien et « servit toute sa vie. » Il épousa, en 1682, Marie-Charlotte-Victoire d'Albert, fille du duc de Luynes, grand fauconnier de France.

Philippe-Alexandre, fils du précédent (r. du 12 août 1703), mestre de camp lieutenant du régiment de Condé, mourut sans laisser d'enfants; sa femme, Catherine dcGrnmmont, se remaria h Jacques-Louis de Rouvroy Saint-Simon, duc de RufTec, fils atné du célèbre duc de Saint-Simon. De ses deux sœurs, la plus jeune, Victoire-Delphine, épousa, en 1720, Victor-Alexandre, marquis de Mailly, brigadier des années de France, cl vécut avec lui dans l'obscurité; l'alnéc, Angélique- Victoire (r.du 18 avril 1727), était la personnification vivante de la déesse de la jeunesse; elle en avait, dit Saint-Simon , tous les agréments et toute la gaieté. Elle devint dame d'honneur de Mesdames de France, et mourut le 30 septembre 1764, laissant plusieurs enfants de Jean de Durfort, maréchal de France, à qui elle avait été unie, le 5 janvier 1700.

Le 23 mai 1776, Emmanuel-Félicité de Durfort, comte de Duras, pair

' Mimoirtt du duc de Saint-Simon, t. X, p. 19V.

IW HISTOIRE

et maréchal de France, chevalier des ordres dit roi el de la Toison d'or, premier gentilhomme de la chambre, gouverneur dn comté de Bourgogne, de la ville et citadelle de Besançon, et l'un des quarante de l'Académie française (seigneur de Buggenhout par relief du 7 janvier 176?>), vendit, avec le consentement «le sa femme, Louise-Françoise de Coetquen, et moyennant 080,000 florins de change, la seigneurie de Buggcnhout- Bournonville à Isnbellc-Clairc Cogels, veuve de Julien-Ghislain de Pcstre, comte de Seneffe el de Tunihout , seigneur du marquisat de la Tournetlc et de la seigneurie de Florivillc, Hazerville, rte, en Normandie, baron de la Ferlé de Pestre, ci-devant Saint-Aignan, en Sologne, seigneur de la chàtellenie de Saint-Riquier, la Ferté, Cramond, Agentvillc, etc., femme d'Albert-Louis-Aimar Le Fournier, comte de Wargemont, brigadier des armées du roi de France, chevalier de Saint-Louis, commandeur de l'ordre de Saint-Lazare, commandant pour le roi dans le pays de Bray el de Caux en Haute Normandie, seigneur de Wargemont, Grincourt, Cornillon, Floques, etc., en Normandie, de Ribaucourt, Berletlc-les- Nusmées, Réveillon, Fontaine-Jcaucourf , de la baronnie de Domarl, Lanchc, Bernevie, de la chàtellenie de Bernaville, vicomte de Bcaumetz et Serest de Goyaval,ct,à son (ils nlné, Joseph-François-Xavier de Pestre, comte de Seneffe et de Turnhoul (relief, par-devant la cour féodale de Grimberghe, du 24 mai 1770). Dans le contrat de vente, il est dit que les acquéreurs devaient prendre à leur charge le procès existant, au sujet de certains droits honorifiques, entre les vendeurs et le prince de Grimberghe. Celui-ci, usant de la faculté que lui laissaient les lois féodales, ayant déclaré vouloir retraite la seigneurie, elle lui fut cédée, le 7 mars 1777, à la seule condition d'en payer le prix d'achat, plus 4,681 florins pour les frais(r. du 8 mars 1777). C'est ainsi que la famille de Mérodc a hérité du patrimoine des Bournonville.

Le château et la seigneurie de Blgue.ihoct. — En sortant de la forrt, on aperçoit, vers la droite, un groupe formé par deux ou trois métairies. Il nous indique l'emplacement de l'ancien château. Celui-ci fut réparé par ordre de sire Charles de Halewyn, en 1351 ; ou paya alors aux ouvriers qui y travaillèrent 742 livres, el entre aulres, au maçon Jossc Vermoscn, 188 livres, au charpentier Josse Sarens, 158 livres, à Henri Van Esteren, verrier à Termonde, pour onze verrières ornées des armoiries du seigneur, 22 livres Au dix-septième siècle, on y remarquait encore quelques parties anciennes, soutenues par des contre-forts el

' Compte île Jehan de Cuypere, rererfur de la seigneurie de llwpjenhault. pour Intime commentant à la Soel laoO et finissant le 2^-20 septembre 1551, - que fors la yuf rrt a/mmen- > ha v {Archives du royaume^

par des fenêtres ogivales, mais entouréesde bâtiments de eonslmclion plus récente 1 . C'est très-probablement leehàleau du paysan i fut le moins habité par ses maîtres* Presque toujours â la guerre ou au service d'une puissance étrangère, les Halewyn cl les Bournonvillc n'ont visité Biiggenhoul qu'à de longs intervalles, et leur domaine a été presque aussi longtemps possédé par les souverains, comme bien confisqué, qu'administré par ses véritables maîtres. Ceux-ci en laissèrent plus d'une fois la jouissance à des châtelains, qu'ils investissaient en même temps de L'office de drossa ni du village et de bailli de Sainl-Amand; Hubert Vandcrclusen, seigneur de Waclder, succéda à Antoine Bertrams dans ce bénéfice, qu'il releva du seigneur de Grimberghe, le 28 septembre 133G. Il y avait une chapellenie an château de Buggenhoul.

Bn 130G, le revenu de la seigneurie s'élevait à 493 livres. Outre le droit de haute, moyenne et basse justice, le seigneur avait la nomination des maîtres d'église et des maîtres des pauvres; c'était lui qui, en cas de guerre nationale (hervairt), faisait sonner le tocsin et prenait le commandement des habitants; il désignait un d rossa n! qui à son tour nommait un maire, sept échevins, des sergents ou messiers, et un maire des bois (boscluneycr). Quand un habitant de la seigneurie laissait en mourant un héritage, chacun des héritiers payait un pot-de-vin au maire et à chacun des échevins; 82 propriétés, dont 53 dans la seigneurie de Buggenhout et 21) dans les domaines communs nu seigneur et aux de Glymes, étaient assujettis tous les ans à deux jours de corvée (diensduge); on les appelait coergoede, et, à la mort de leurs possesseurs, on devait livrer au seigneur le meilleur meuble. Eu 1331, le cens seigneurial rapporta 21) livres G sous G deniers payement, 11 1/2 chapons, 201) 1/2 poules, D muids 2 quartelels de froment, iO inuids 3 quartauts de seigle; les habitants payèrent, en outre, pour des animaux qui avaient pâturé dans le bois : 2G livres pour 40 chevaux, 20 livres pour 33 vaches, cl 10 livres pour des veaux. La recette totale, y compris 838 livres, produit de coupes de bois, s'éleva à 1 ,033 livres, dont GO furent allouées au receveur Jean de Cuyperc, en vertu d'un ordre de Charles de Halewyn, daté du 1) mai 1331.

Les Halewyn et les Glymes ayant chacun une juridiction séparée, où ils percevaient les amendes et où ils levaient le droit de mainmorte, chacune de ces familles constituait un écheviiiage particulier. Outre les registres delà seigneurie dite SchalieiUutyzc ou Moorsrolle, les archives communales possèdent encore les registres aux adhéri tances des échevins de Buggenhoul-Grimbcrghe, pour les années 16G2à 17%, et ceux des échevins de

» Voyoz De ClUftlLO*, t U. p. 10X.

m HISTOIRE

Buggenhout-Dournonvillc , pour la période allant de l'année ICI 4 à Tannée 1784. Ceux-ci, dont il est déjà parlé en 1240, portaient dans leur sceau les anciennes armoiries de Grimberghe : l'écu traversé par une fasce et chargé d'un sautoir. Ils allaient en appel à Grimberghe.

On ne mentionne à Buggcnhout aucun fief important; la seigneurie de Mussni, dont le siège principal était à Baesrodc, et que Walter Van Stracsborgh, puis Jean Coppens de Bruxelles, relevèrent de la cour féodale de Pltzenbourg, au seizième siècle, y avait quelques arrière-fiefs. Le 25 février 1445-1444, Philippe le Bon autorisa les religieux d'Afllighcm à nommer un clerc juré et a faire graver un sceau commun pour leur cour censale de Buggenhout, qui fut plus tard confondue, parait-il, avec celle que le monastère nommait à Merchlen.

Le village de Buggenhout contient un grand nombre de fermes et de métairies bien bâties; jadis iln'élait que médiocrement peuplé. Le nombre des communiants ne s'y élevait, en 1634, qu'à 196; en 1637, qu'à 512; en 1658, qu'à 500, et, en 1647, qu'à 550; il atteignit 1,300 en 1757, et 1400 en 1759. En écartant le premier chiffre, que l'on peut regarder comme trop faible, on voit que la population s'y est triplée, dans le cours d'un siècle; de 1759 à 1846, elle a doublé ; si ce développement continue, Buggenhout, qui compte aujourd'hui 4,000 habitants, en comptera au moins 8,000 dans 100 ans. Une décision du conseil provincial de la Flandre orientale, du 10 juillet 1857, et un arrêté royal du 15 août suivant, ont autorisé l'établissement d'un marché hebdomadaire, qui se tient le jeudi; depuis, la commune, à l'aide de subsides, a entrepris le pavage du chemin qui conduit de l'église à la route provinciale de Ma Unes, à Terinonde;mais ce travail n'a été terminé qu'en 1849, grâce à un emprunt de 12,000 francs contracté en vertu d'un arrêté en date du 6 avril de celte année. Entre-temps, une maison d'école a été achetée, et des particuliers ont ouvert un atelier de travail ou atelier de charité, où, au 31 décembre 1846, 102 individus s'occupaient de la fabrication de la dentelle, effort généreux, mais palliatif insuflisant, pour arrêter les ravages toujours croissants du paupérisme. Il y a, à Buggenhout, à quelques pas de l'église, une station du chemin de fer, sur la ligne de Malines à Gand.

L'église. — L'église paroissiale reconnaît pour patron Saint-Nicolas. C'est un édifice presque en entier d'ordre toscan ; il a été agrandi et

restauré en 1782. Sur le mattre-aulel, on voit un tableau représentant sainl Nicolas, el vers la droite l'inscription funéraire de madame Marie- Amélie Hucns, femme de messire Pierre-Joseph Waepenaert d'Krpe, dernière héritière du nom et des armoiries de sa famille, morte à Rumpst, le 20 décembre 18 19. Le patronat et les dîmes de Buggenhout appartenaient à l'abbaye d'Afllighem ; le curé avait le tiers des dîmes, sauf qu'il n'en levait pas sur les biens du monastère, sur ceux dépendant de la seigneurie, et sur quelques terres appelées opgesele tonde n. On a remarqué que le village n'eut, pendant 103 années, que deux pasteurs : Jean Van Oostcnryck et Jean-1'rancois de Grève, ce dernier mort en 1750. Le chevalier Henri de Grimberghc et sa femme Mathildc y fondèrent une chapellenie; les religieux les autorisèrent à la conférer, leur vie durant, mais d'année en année seulement (juin 1279); ce bénéfice, dit de Saint-Nicolas, et qui était largement doté, fut uni en 1680, à la cure, et ses revenus destinés à l'entretien d'un vicaire. En 1770, lorsqu'on nomma un nouveau curé, on lui imposa l'obligation d'entretenir un coadjuteur, qui dirait une troisième messe les dimanches et jours de fête, et qui recevrait 90 florins par an, outre sa nourriture, son logement, etc., évalués 210 florins.

Il y eut, en 1673, quelques contestations au sujet de la collation de la charge de sacristain, devenue vacante par suite de la maladie du titulaire. Cinquante-sept habitants et, en premier lieu, le maire el les échevins, proposèrent pour ces fonctions Christophe Willocx (23 février) ; mais on les conféra a un étranger, nommé Josse Niquese. Celte nomination, qui futpeut-étre faite par le prince de Boumonville, fut considérée par Eugène de Bergues, comte de Grimbcrghe, comme un empiétement sur ses droits ; il l'annula, enjoignit à Niquese de remettre les clefs de l'église au curé, et ordonna a son maire de le poursuivre en justice, en cas de refus (29 avril).

Par un acte passé à Termonde, le 15 octobre 1657, le curé de Buggenhout, Nicolas de Clercq, laissa à l'hôpital Saint-Biaise de cette ville cinq rentes de 20 livres de gros de Flandre, à la charge d'eiilrclenir à perpétuité un malade qui lui serait désigné par ses successeurs ou par le curé de Bacsrode. En 1608, le même ecclésiastique, devenu curé de Baesrode, considérant que les orphelins pauvres étaient souvent élevés avec difliculté, légua à ceux de Buggenhout et de Londerzeel 8G livres de gros, dont les revenus seraient appliqués par les maîtres des pauvres du premier de ces endroits, de manière à entretenir le plus grand nombre possible de jeunes enfants, des deux sexes, soit dans la Maison des Petits-Orphelins à Termonde, soit dans celle de Saint-Joseph, à Mnlines, jusqu'au temps où ils pourraient exercer un métier el gagner leur T il. "

vie; à défaut d'orphelins de Ruggcnhout et de Londerzeel , on devait en prendre de Hacsrode; la collation des places était confiée a un parent du testateur jusqu'au troisième degré inclusivement \ Les jeunes gens de Uuggcnlioul participent a une autre fondation, celle de Pétrouille Van Boekstacl, faite le 9 août 1710, pour l'étude de la théologie à l'université de Louvain. Un ancien dénombrement de bénéfices atteste qu'il y a eu dans le village une chapcllenie de l'hôpital, et, par conséquent, un hôpital; celte fondation, dont on ne retrouve pas de traces, aura sans doute disparu à la suite des désastres du seizième siècle.

L'éciievinage dr Steemu ffel2. — Au deh'i de Mer r h km, h partie du Krahant qui reconnaissait l'autoritédcs dues se prolongeait vers le nord en formant une étroite lisière resserrée de toutes parts entre les domaines de la famille Hertlioul. De là le nom de Snutl ftrabant ou Petit-Braltant ', que l'on donnait d'ordinaire à ce canton. Il comprenait cinq villages : Sleenliuiïel , Maldcren, Lippeloo, Liezele et Oppuers. Ce dernier, dont nous nous occuperons quand nous arriverons à la description de l'ancienne paroisse de Puers, avait un échevinage particulier ; dans les quatre autres el, comme nous Pavons vu, dans une partie de Buggcnhout, « tous les habitants, riches ou pauvres, valets ou seigneurs s, » obéissaient à un seul tribunal, le banc de Steenhuffel, à moins qu'il ne fût

' Protincie. ttad en district can Mechelen, t. Il, p. 263.

» SlcenhuBel (Slrnhu/le, 1112; Sleno/le, 1123; Stenlioflle, 1235; Slmefk , 131 4 { Slttu UulJle. 1383), commune du canton tic Wolvcrlhem, a 4 I. au N.-O. de Bruxelles.

Territoire : En 1686, sur une Contenance totale de 003 honniers, il s'y trouvait 390 b. de terres, 100 b. de prairies, 03 b. de bois. I b. d étangs. 16 b. do bruyères, 33 b. de terrains communaux; le revenu total s élevait a 8,745 florins. En 1846. la commune comprenait 1 ,002 hectares, dont 442 cultives en céréales, 83 cultives en plantes industrielles, 138 cultives en racines et fourrages, 103 h. de prairies, M h. de vergers, 12 h. de jardins |iot.igers. 30 h. de bois, 4 h. do terrains essartes. I h. de terrains vagues. La verge linéaire avait 20 1/3 pieds de Bruxelles.

Nombre d habitations En 1433. 137; en 1480, 04; en 1523.99; en 1080. 40 chaumières, des fermes. 1 château, 3 brasseries. 2 auberges. 2 boutiques; en 1846, 331 maisons, dont 2 inhabitées.

Population En 1786, 1.105 habitants; en l'an VIII, 1.078; au 31 décembre 1831, 1.598; au 15 novembre IS46, 1,685. formant 329 ménages; 214 enfants recevaient l'instruction et 165 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie : 2 moulins à eau, dont I un dit deMarselatr; I moulin h vent. 1 brasserie, 3 distilleries.

Dépendances Les hameaux dits de Heydr, Bosrhkant, de Meer. i Robbroek; les fermes dites Raeshoeve. Rrandewyn-hoete , Truppen-hoete. Les registres de l'état civil commencent en 1614. > Antiquiieyten tan Merchten, g 13.

DES ENVIRONS DE BMJXELLES. m

question d'un objet ne valant pas 3 hiatus. L'cchevinagc d'Uccle était leur cour d'appel , la coutume de ce village leur guide dans les affaires réelles, et la lantcharte de l'ammannie, leur code criminel. Ce tribunal, qui est déjà mentionné en 1502, se servit de la langue flamande dès 1514. Un acte scellé en celte année, le lundi après la Trinité, par les échevins de Stecnliuiïcl, à la demande des tenanciers de la commanderic de Pitzenbourg, nous offre un sceau chargé de deux losanges, et portant pour légende: s. scabinorumdbsten- La similitude de ces insignes avec ceux des Hobosch nous porte à croire qu'ils appartenaient primitivement à une branche de celte dernière famille, établie à Steenhuffel , et que les armoiries de la commune ne sont autres que celles des anciens chevaliers de Steenhuffel. Un Guillaume de Steenhuffel figure dans un acte de l'an 1252 comme vassal d'Arnoul de Grimberghc, et, en 1235, il céda à l'abbaye d'Afflighem, en échange d'un demibonnier voisin de l'église de Steenhuffel , un demi-bonnier de pré et deux héritages qu'il tenait en fief, à Merchlen, d'Ode de Grimberghe, dame d'Aa.

Lorsque l'aliénation des hautes juslices eut rompu le plus fort des liens qui unissaient les quatre villages cités plus haut, ils restèrent encore unis sous le rapport administratif : ils formaient avec Blacsvelt une sulxlivision de la mairie de Merchlen et, sur l'avertissement du chefmaïeur, lorsqu'il arrivait quelque affaire concernant particulièrement ce quartier, c'était à Steenhuffel que leurs délégués se rassemblaient. Le village, paraît-il, obtint autrefois des franchises, et, en même temps, le droit de lever des accises; mais, lorsque la chambre des comptes instituée par le duc Antoine réclama leurs chartes, les habitants ne purent en montrer, el les accises furent déclarées appartenir au duc. Celui-ci y nommait un vorster ou sergent.

Les comptes des officiers de justice nous ont conservé la mémoire de plusieurs épisodes curieux qui se passèrent à Steenhuffel. En 142fi, des individus condamnés au bannissement pour avoir tiré vengeance d'un tort fait à leur père, se réfugièrent dans l'église; un grand nombre de leurs amis se réunirent cl les aidèrent à s'enfuir. Menacés d'être poursuivis de ee chef, Jean Gringnaert, Ilenneken ou le petit Henri Van Kocde, Heiinen ou Henri De Quackclere, Heyne Sle\cns, Heyne Steenberghen, son frère Macs ou Thomas, Adrien Van Wouwe el Hennen Vandcrplasl sollicitèrent leur pardon, et l'obtinrent du drossard de Bra-

haut, en se soumettant ù payer 50 couronnes ou 8 livres C sous 8 deniers Quelques années après, les éche\ins de Steenhuiïel, ayant condamné Jean, fils d'Ingclram Meerte, à recueillir chez lui un orphelin dont il était le plus proche parent, ce chrétien peu charitable s'emporta contre eux et les accusa d'injustice; déplus, lorsque trois personnes vinrent solennellement lui remettre l'enfant, lui et sa femme se jetèrent sur elles et les accablèrent de coups. Les échevins de Bruxelles, indignés de tant d'inhumanité, citèrent Meerte devant eux, et lui ordonnèrent de se soumettre préalablement à la sentence prononcée contre lui, de se rendre, lui et sa femme, à la Pentecôte prochaine (jour de la fétc locale), à Steen- I m 11 cl . d'y demander grâce au maire et aux échevins siégeant en dinybank, d'indemniser les trois personnes pour les coups qu'il leur avait portés, de payer à l'amman, au profit du duc, une amende de 10 florins, et enfin, de partir dans les six semaines, « pour l'honneur du souverain et de la « ville, > pour un pèlerinage à Rome, rachetable moyennant 20 florins (7 mai 1450) *. Vers le même temps, Jean de Maerslaer ou Marselacr, avec six ou sept Flamands, enleva un prisonnier de laVrunleet l'emmena avec lui; pendant longtemps, il n'osa plus rentrer en Brabant; enfin, à la demande de plusieurs personnes notables, il obtint l'oubli de son méfait, moyennant 6 clinckaerts *.

Les officiers du souverain a Steenhuffel encoururent à plusieurs reprises des punitions sévères : en 1424, le sous-maire Guillaume Dcn Rave exigea des corvées, contrairement aux défenses publiées par la ville de Bruxelles; en 1420, le maire Pierre Boeninc, en affermant son office au receveur d'Ovcrzenne, effaça un chiffre dans l'acte; et, en 1471, Jeau Van Elsl, maire, laissa échapper un condamné à mort. Ou leur accorda leur grâce en leur faisant payer : au premier, 9 sous de gros; au deuxième, 20 couronnes, et au troisième, JiO ridders.

La seigneurie de Diepensteyn. — Le nom de Steenhuffel, qui signifie littéralement la Colline de la pierre, de steen, pierre, et quelquefois château, et heuvel, colline, semble dériver d'un ancien monument druidique, car le nom du principal manoir que l'on trouvait dans la commune peut se traduire par la Pierre profonde ou la Haute pierre, Diepesteen. Au commencement du douzième siècle, un châtelain de Gand, nommé Wcncmar, donna au prieuré de Bornhem le tiers de l'alleu dit Mulnemerholt (le Hoiii de riiabitation du moulin), situé dans la paroisse de Steenhuffel, et il déclara que celte propriété serait libre d'exaction, et

' Comptes du drossard de Brabant. de la Saint Jean a la Sort I i->6.

* WUeorreclie boek, f" 7. — Comptes de lammannie, de ta \<-l 1 V30 i la Saint-Jean

liai.

* Comptes de l ammannie, de la Saint-Jean a la Noël W.iS

DES ENVIRONS DE BRUXELLES. iî9

que lui el ses descendants n'y conserveraient aucune autorité, sauf que s'il y arrivait quelque événement grave, il pourrait en connaître, de concert avec les religieux. Le prieuré ayant été réuni à l'abbaye d'Alllighem, cet alleu fut annexé aux autres domaines que ce monastère possédait à Stecnhuiïel et à Maldereo, en vertu d'une donation du comte Ai noul d'Aerschot. Les religieux y joignirent encore 54 bonniers de terres, situés à Merchten et à Steenhuffel, qu'ils achetèrent, moyennant 380 livres de Louvain, à sire Égide de Boucbout et a sa femme Catherine, ce qui fut approuvé, en 1278, par le lils de ceux-ci, nommé Daniel. L'histoire de Diepensteyn ne commence qu'après cette dernière époque. Le ehétean appartint d'abord à Arnoul de liellebcke, chevalier, el à sa femme Elisabeth Taye, veuve du chevalier Jean de Bouchout ; leur tille Agnès les porta en mariage au chevalier Philippe d'Axel, seigneur de Polluer, dont elle n'eut pas d'enfants, et qui, après sa mort, renonça a son droit d'usufruit sur les biens de Steenhuiïel, en faveur de sa bellesœur Marie de IIcllebeke,dame de Conincxloo,cl de son mari sire Gérard de Vorselaer, châtelain de Jodoignc (3 mars 1 349-1330). Leur fils, qui porta le même nom que son père, fut un guerrier célèbre et redouté. En 1300, il essaya vainement d'engager les patriciens louvanisles à attaquer les métiers de cette ville, dont il connaissait les dispositions a l'insurrection; déçu dans ses tentatives, il partit pour Bruxelles, où il coopéra puissamment a la journée du 23 juillet 1360, qui raiïermit le pouvoir des lignages et qui anéantit pour quelque temps les espérances des plébéiens. Ce champion de l'aristocratie bourgeoise mourut en 1580. Comme il ne laissa pas d'enfants, ce fut Daniel, fils de Daniel de Bouchout et petil-lils d'Elisabeth Taye, qui recueillit sa succession.

Jean de Cotcreau acheta à Marguerite, héritière de Bouchout, le château de Diepensteyn Çt huys van Diepensteyn), les deux tiers de la dime de la paroisse, el d'autres dépendances, qui formaient un fief relevant de la cour féodale du duché (relief du 21 mars 1480-1481); mais il en fit, peu de temps après, abandon à Daniel de Bouchout, parent de Marguerite, qui n'en devint possesseur qu'après de longs débats. Un procès lui fut intenté, au sujet des biens de Diepensteyn, par les enfants naturels de Daniel, père de Marguerite, en faveur de qui le conseil de Brabant décida la contestation (2 octobre 1484) et, après la mort de Jean, l'un d'eux, son frère Gilles, fut maintenu dans cette partie de l'héritage paternel (21 février 1 486-1487). Cependant, l'autre Daniel conserva Diepensteyn (r. du 5 mars 1486-1487), que sa fille Jeanne de Bouchout, dite de Boulers, porta en mariage à un chevalier espagnol, Alvarro, fils de Gomez d'Almaras, à la condition que le dernier vivant des deux conjoints aurait l'usufruit du fief, et leursenfants la propriété, dès (pie leur père ou

leur mère sérail déeédé (jugement du conseil de Brabnnt, du 14 janvier 1 516-1517). Ces deux époux firent & Anvers un testament qui fixa le mode de transmission de la seigneurie. Dès Tannée précédente, leur fils Alvarro, qui n'avait alors que 15 ou 16 ans, l'avait relevée. Ce gentilhomme épousa Marie Scliyf, et prit en engagère, le 50 mai 1559, moyennant 1,031 livres, la haute, moyenne et basse justice i Stecnhuffel et ses dépendances (r. du 30 mai 1559); comme il mourut avant d'avoir payé en totalité le montant de l'engagère, et sans avoir obtenu de lettres patentes, ses héritiers refusèrent de compléter le prix d'achat, et la justice fut annexée au domaine d'Ovcrzenne (9 novembre 1563). Un maire particulier administra le village jusqu'en 1615, qu'on le réunit de nouveau à la mairie de Merchten.

A Alvarro Van Almaras succéda son frère Philippe, chanoine de Notre- Dame d'Anvers (r. du 4 avril 1559), puis leurs sœurs, Claire, qui épousa Domingo Symoen, et Marie (r. du 51 août 1571). Celles-ci vendirent Diepensleyn à Anne Symoen , veuve de messire Philippe Vanderlindcn (r. du 22 août 1575). La seigneurie appartint ensuite h messire Jean Vanderlaen, seigneur de Schrieck, qui la céda a messire François de Valinghien, seigneur de Madurre (r. du 11 décembre 1595). Ce dernier n'était, parail-il, que le mandataire de Pierre Micaull, fils de Nicolas, seigneur d'OislersIeyn et d'Indevelde, capitaine d'une compagnie libre de 400 fantassins allemands, créé chevalier en 1613, drossard de la ville et comté de Lingcn en Frise, mort en 1622. Ce gentilhomme fut marié deux fois : d'abord à Gouwer Van Frilema,puis à Aldegondc Van Achcleii; par son testament, daté de Lingcn, le 2 septembre 1622, il céda à sou second fils, Frédéric, € les seigneuries de Diepensleyn, Som- ■ beke, Ophem, etc., les terres cl cens de Macs, avec les prairies de « Chindcrtaelen, qui sont à Sleenuffle et Merchten, avec des dimes, le « droit de lever une quatrième et une cinquième gerbe, » et cela, à la condition de payer la pension de sa sœur Marie, religieuse à Forêt. En vertu des dernières dispositions de Pierre Micaull , ses biens, si ses trois enfants mouraient sans laisser de postérité, devaient passer, par moitié, aux descendants de son frère Léonard, seigneur de Huysinghen, et de sa su'iir Louise, femme de Louis Verreycken; seulement, ses biens de Frise appartiendraient au fils de son beau-frère Folcard Frilema,el aux enfants de sa sœur, la veuve de Thomas (ïramaye, chaque branche pour une moitié. Frédéric (r. du 19 juin 1626) fut capitaine d'une compagnie de cuirassiers et drossnrd de Lingcn, après que son père eut donné sa démission de cet office. Il prit en engagère, en 1626, la haute justice de SleenhufTel, moyennant 6,500 florins, et mourut sans alliance.

Les biens de Frédéric Micaull passèrent d'abord à son frère aîné,

DES' ENVinOMS DE BUIXELLES.

Nicolas Micnult, haut prévôt du chapitre de Saint-Servais, à Macslrirhl, à qui son père avait laissé Xederhcm et Indevelde, à la condition de payer une rente h Louise Micault , religieuse à Ghislenghien ; puis à leur sœur Madeleine-Livine, qui avait eu en partage les biens de Frédéric, en Frise, et dans le pays de Groningue, la ferme Ten-Darame, a Lippcloo, celle de Tusschenbcke ou ïer-IIelle, et plusieurs rentes, à charge de payer une peusion à Catherine, sa sœur, également religieuse à Ghislenghicn. Madeleine-Livine Micault, morte le 17 septembre 1672, épousa Jean Des Champs dit de Kcsseler, seigneur de Marquette, Peteghem, Haybes, etc.. qui fut successivement conseiller et commis des domaines et finances, conseiller do l'amirauté suprême, et enfin surintendant général des havres cl fortifications de Flandre et d'Artois; elle s'unit ensuite, en secondes noces, à Claude-Gabriel Mouchet, dit de Bateforl, baron de Tramelay et de l'Aubépin, commandeur de l'ordre de Saint-Jacques, colonel d'un régiment d'infanterie vallonné au service d'Espagne, membre du conseil de guerre, chevalier d'honneur du parlement de Dole, et grand maître des eaux et forêts de la Franche-Comté. La dame de Marquette acquit définitivement la haute justice de Steenhuffel, en ajoutant 2,600 livres à la somme dont elle était déjà grevée (1 1 mars 1638).

Isabelle-Claire-Eugénic Des Champs dite Kcsseler (r. du 17 septembre 1072), épousa, le ;> février 1654, Eugénc-Ambroisc de Maldeghem qui, depuis sa plus grande jeunesse, servit dans les armées espagnoles, en Catalogne cl dans l'Estramadure, cl qui, à peine âgé de 18 ans, reçut du roi Philippe IV le brevet de lieutenant de la noble garde des archers aux Pays-Bas; créé chevalier de Saint-Jacques et baron de Lcyschol, eu 1648, il devint ensuilemcstredecamp de la cavalerie, cl, le 2Ii avril 1685, le roi érigea la seigneurie de StccnhufTel en comté sous le nom de Muldegliem (r. du 18 avril 1690). Ce domaine comprenait la haute, moyenne et basse justice du village, avec ses dépendances,^, entre autres, avec le droil d'établir des plantations le long des chemins, de faire visiter ceux-ci par le maire, le droil de chasse, le droil de pèche; la seigneurie de Diepcnsleyn, avec une cour féodale, un beau livre ccnsal, un château, une chapellenie castra le, dont le bénéficier devait dire la messe sept fois tous les quinze jours, un moulin à eau, une grande dime, rapportant par an 746 florins, etc.; la seigneurie foncière dite de Douchout et Zellaer, possédée par indivis avec les chanoines de Zellaer à Malines, Xederhcm à Eppeghcm, etc., le tout produisant un revenu de 11,462 florins, comme l'attestent les lettres révcrsales données au souverain par le comte1. Celui-ci se fit recevoir dans l'Étal noble de Brabant, en 1690; il mourut le 15 octobre 1693, et sa femme, le 31 décembre 1713.

1 Rrgiitrrs aur chartes de ta Chambre des comptes n" XVIII. f" 1.18.

m histoire

De leur union étaient nés trois fils, qui, tous trois, choisirent le noble métier des urines; les deux ainés, Léopold et Joseph de Maldeghem, moururent en Hongrie, au siège de Hude, en IG8G. Le troisième, Jean- Dominique (r. du 24 décembre 1G95), naquit a Bruxelles, le 5 novembre IGG2. De 1088 à 1G98, il ne cessa de guerroyer contre les armées de Louis XIV, cl il se distingua, en plus d'une circonstance, a latèted'unc compagnie de cavaliers qu'il avait levée à ses frais. A la mort de son père, il lui succéda dans la charge de lieutenantdela garde noble. Après l'avènement de Philippe V à la couronne d'Espagne, il se rendit de nouveau à l'armée; mais, plus attaché à la maison d'Autriche qu'à celle de France, il vil sans déplaisir les succès de la première; le duc d'Anjou l'avait nommé colonel d'infanterie, le 27 juillet 1704; le nouveau gouvernement lui confia la garde de la ville et du château deVilvorde, et les Étals de Brabanl lui permirent de lever un régiment d'infanterie. Plus tard, il accepta une place dans le conseil d'état que les puissances alliées chargèrent du soin de gouverner la Belgique (31 mars 1714), cl, le 21 février 171 G, il fut chargé par l'empereur d'aller prendre en son nom possession de la Gueldre. Il lit partie de la junte provisionnelle d'état, installée à Bruxelles le 17 janvier! 71 7, et entra, dès sa réorganisation, au conseil d'état, où il lit preuve d'un esprit sensé et d'un caractère indépendant. Dans sa correspondance, il s'éleva souvent contre le déplorable système suivi par le marquis de Prié. Son crédit n'en resta pas moins très-grand, comme le témoignent son élévation au grade de lieutenantfeld-maréchal (!) novembre 1755), et sa nomination comme commissaire plénipotentiaire pour les conférences d'Anvers avec les puissances alliées.

Le second comte de Maldeghem, après la mort de sa première femme, Marie-Thérèse de Garni, s'allia à Anne-Amour de Haudion, qui lui donna, entre autres enfants, Charles-Florent-Joseph (r. du 20 janvier 1 750), colonel d'infanterie, chambellan, et, en 1774, capitaine des archers de la garde, fonctions dans lesquelles il eut pour successeur son lils Joseph-AIcxandre-François, qui se distingua par ses faits d'armes en 1771) : étant capitaine de grenadiers au régiment de Ligne, il monta le premier ù l'assaut de la forteresse de Sehwedeldorf. Créé grand veneur de Brabanl, après le décès du prince de Grimberghe, le 18 avril 1792, puis grand maître de la maison de l'archiduc Charles, le quatrième comte de Maldeghem s'expatria à l'approche des armées françaises, et revint ensuite ù Bruxelles, où il mourut en 1809; sa femme, Marie- Anne, comtesse d'Argenleau, et sa mère, Marie-Philippine, baronne de Slain, l'avaient précédé au tombeau. Son (ils aîné, Charles-Léopold-Louis, s'est établi en Allemagne; sa fille aînée, Marie-Louise, a

épousé George-Philippe, marquis de Trazegnies; la plus jeune, Marie- Henriette, s'est alliée, en 1807, au comte Charles- Joseph de Lalaîng, dont elle n'a eu qu'un fils, qui a occupé les fonctions d'ambassadeur du roi Léopold en Espagne. Au milieu d'une époque funeste à la grandeur de l'arislocratie, l'héritière des Maldeghcm a su jeter un nouvel éclat sur le nom de ses ancêtres, sur ce souvenir éternel de loyauté et de dévouement. Douée des qualités du cœur et des dons de l'esprit, elle s'est montrée la protectrice des arts et de la littérature, qu'elle cultive avec succès 1 .

Il ne reste du château de Dicpensteyn qu'un seul corps de logis; les autres ont été démolis en 1825; ils formaient un ensemble très-considérable et bâti sur un plan assez singulier. Un immense étang, entouré de tous côtés par d'autres pièces d'eau et des allées, enceignail le manoir, qui se partageait en trois parties, isolées l'une de l'autre, et ne communiquant entre elles que par des ponts. La première était l'avant cour, la voorhoff des premières résidences féodales ; autour d'elle s'étendaient les remises, les écuries, etc. ; on entrait ensuite dans le château proprement dit, puis dans un jardin, orné de charmilles. D'après les lettres reversales que nous avons citées, on dépensa 05,000 florins, nu dix-septième siècle, pour la construction de Diepcnstcyn. A une époque inconnue, on fonda dans le château une chapellenie dont le possesseur disait la messe quatre fois par semaine. La cour ceusalede la seigneurie n'avait pas de sceau commun.

L'église et le village de Steenhuffel. — L'église paroissiale, dédié à saint Nicolas et à sainte Géneviève, était à la collation de l'abbé d'Afllighem. Le chœur actuel remonte à l'époque ogivale; la nef n'a que 26 années d'existence, comme nous l'apprend l'inscription suivante, qui est encastrée dans le mur : desen eersten steen — is geleyd door

0EN ZEER EDELEN — HBER — MAXIMILIANUS — JOANNES GISLENl'S, — GRAVE

van lalaîng — ende van — TiLDONCK. — 1826. La tour s'élève entre la nef et le chœur, et repose sur une voûte à nervures prismatiques. Une toile attribuée à Crayer, la Vierge, saint Nicolas et d'autres saints personnages, orne le maitre-autel , près duquel on remarque deux vitraux peints : le premier, exécuté en 1517, représente Notre-Dame des Sept Douleurs; l'autre, qui date de l'année 1535, nous offre des saints devant qui s'agenouillent un seigneur et sa femme. Au nombre des autres toiles qui décorent le temple, nous en citerons une que l'on attri-

» Nous avons emprunté la plupart des détails qui précèdent !t l'ouvrage intitulé : Maideohem la Loyale, mémoire* et archive* publie* par Mmt la comtesse de Lalainy, née comtesse de ifaldeghem. Bruxelles, V» Woutcrs, I8V9, in-8«.

T. II. '1

bue à un peintre nommé Waliers, et qui porte ce chronogramme : nICoLao DeVotVM (1661). Les deux premiers comtes de Maldeghem ont été enterrés à Steenhuiïel , mais on ne voit plus de traces de leur sépulture ; une pierre tumulairc, placée derrière le chœur, porte ces

mots : A LA MEMOIRE — DE MESS1RE — FRANÇOIS-JOSEPH-ALEXANDRE — COMTE DE MALDEGHEM.— DÉCÉDÉ A BRUXELLES , — LE 47 OCTOBRE 4809, — HEN- RIETTE, comtesse DE maldeghem, — sa fille. La majeure partie des dîmes de la paroisse restèrent toujours entre les mains de laïques, les comtes de Maldeghem et de Salm ; le surplus appartenait au curé cl à une chapellenic qui lut unie a la cure, en 4706, et dont les revenus servirent à la dotation d'une vicairic.

Les seigneuries secondaires de Steenhuiïel n'avaient aucune importance. En récompense des services qu'il avait rendus à Philippotc et Jeanne d'Ophcm , messire Pierre Micault reçut de Philippe-René d'Oyenbrugge un tief du Brabant, consistant en un héritage, un droit de cinquième gerbe, cinq hommages, etc. (relief du 48 janvier 4607). Les demoiselles d'Ophem l'avaient hérité de leurs parents, sire Philippe d'Ophem, chevalier, et Marie, fille de Charles Vandernoot; il fut ensuite morcelé : on en sépara 6 bonniers qu'Isabelle de Kesscler porta dans la famille de Maldeghem (r.du 9 août 4677); les autres parties du fief échurent h Marie-Thérèse de Kesselcr, et à son mari, le baron du Fay, seigneur de Malderen, Lippeloo, Liezcle (r. du 50 septembre 4672), et passèrent ensuite aux Salm.

Josse d'Oyenbrugge, seigneur de Cobbeghem, acquit à Steenhuiïel la possession d'une cour censale dite d'Ophem, par son mariage avec Anne, fille de maître Léonard Cotcrcau, conseiller de Brabant. Cette seigneurie était comprise dans les biens dont Érard, fils de Josse et d'Anne, et sa femme Marguerite Taye, disposèrent par leur testament en 4582. Sire Gérard d'Oyenbrugge et sa femme Philippine Vandernoot nommaient a Steenhuiïel, à Merchten, etc., des tenanciers jurés, qui n'avaient pas de sceau commun en 4634. Un registre d'adhéritance de la cour censale A'Oyenbrugge, pour les années 4620 à 4796, existe au greffe de Bruxelles.

En 4505, les échevins de Steenhuiïel scellèrent une donation faite pardevant les censitaires de Baudouin de Houlhem; en 1474, on mentionne, dans le même village, comme relevant de Philippe de Glymes, seigneur de Grimberghe, une seigneurie censale, ayant le droit d'adhériler, cl appartenant à Giselbert De Luw; plus tard, Charles, fils de maître René de Gouy, et sa femme, Jeanne Hujoel, relevèrent du prince d'Orange, et en arrière-fief de la maison de Tcrmonde, la ferme dite de Ilectshoeve, ayant également une cour censale, un maire et des tenanciers (1605).

Van Oisbrocck mentionne, comme possédant de petites juridictions à Steenhuffcl : les Spyskens, messire Thierri Buyele, Josse Der Weduweu, dont nous avons parlé à l'occasion du château de Tcr-Spelt, et maître Noyensoen, secrétaire de la ville de Bruxelles. Ce dernier reçut la sienne de maître Henri De Moor, qui l'avait achetée aux Pipenpoy ; elle s'appelait la seigneurie Van den Trappen ou des Escaliers. Le moulin de Mnrselaer, avec 7 bonniers de terre, des cens, une cour féodale présidée par un bailli, etc., formait un fief tenu de la cominanderie de Pitzenbourg. Sire Jean de Marsclaef, chevalier, possédait, vers l'an 1384, la curtis de Marselaer, à Stcenhuflel.

Parmi les localités remarquables de la commune, nous citerons le Ghiselberch ou Montagne des Otages. Ce nom, qui apparaît déjà en l'an 1314, rappelle le souvenir des anciennes guerres féodales et de la manière dont elles se terminaient d'ordinaire.

Maldrrrn. — La Bollcbcek, après avoir parcouru le territoire de Stecnhufiel, entre dans celui de Malderen, où elle s'appelle la MaUierbeek, et où elle se partage en trois branches : la principale, sous le nom de Lippeloosche beek, arrose le village qui lui a donné son nom, et lui sert ensuite de limite vers Liczcle; la seconde, la Coevoetbcek, grossie par le ruisseau de Londerzecl, traverse en son milieu Liezele, qui est séparé des communes de Breendonck et de Puers par la troisième dérivation, dont le cours nous indique probablement l'ancienne direction de la Bol le beek. Celle-ci devicut VEyckevliet, après sa jonction avec la Klaverbeek, qui prend sa source dans le bois de Buggcnhout, ù l'extrémité septentrionale de Merchleii, cl qui forme la limite occidentale du pays que nous allons parcourir. Tous ces cours d'eau coulent paresseusement vers le Rupel , à travers un pays plat et où l'on trouve peu de bois, mais beaucoup de chênes plantés le long des chemins. Les champs voisins des ruisseaux y ont été les premiers cultivés ; ce qui le prouve, c'est que les châteaux, et ils sont nombreux à Malderen, à Liezele et à Lippcloo, s'élèvent presque tous sur les bords de In Bollebeek et de la Cocvoelbeek. Au contraire, les champs intermédiaires sont longtemps restés en friche; de là le nom de hcyde qu'ils portent encore presque tous : ainsi, on trouve: entre StecnhulTel et Malderen, la lîockxheyde et la Mulderheyde; au nord de Malderen, la Kruys heyde ; à l'ouest de Lippcloo, la Kasteel heyde, la Preut heyde et la Wip hcyde; à l'ouest de Liezele, la Heyde, VAchter heyde, et plus au sud le Ruytersdricsch. Lorsque, au mois d'avril 1232, le prince Henri de Bra-

l)atit,(|iti régna depuis sous le nom de Henri II,convint avec Arnoul,seigncurdcGrimberghc,qu'ilsdonneraientàcensles terrains incultes qui leur appartenaient en commun, il avait surtout pour butd'activer le défrichement des campagnes presque désertes qui s'étendaient entre LonderzccI et la frontière de Flandre 1 ; dans la suite, les ducs et les héritiers d'Arnoul se partagèrent, par moitié, les cens et les amendes, à Malderen, à Lippeloo et à Liczelc. L'isolement de ces contrées, leur proximité d'un pays ennemi, le grand nombre de manoirs qui s'y trouvaient, et dont les possesseurs guerroyaient souvent les uns contre les autres, retardèrent longtemps l'accomplissement de ce projet. Au commencement de ce siècle, la Malderheyde, où il s'est formé depuis tout un hameau, het Soutvatja Salière, et où l'on a placé une station du chemin de fer, était encore une localité dangereuse à parcourir. Aujourd'hui on a pavé à Malderen un grand chemin vicinal, et la route de Termonde à Malines traverse Lippeloo, ainsi que Liezele, où elle rencontre la chaussée de Bruxelles vers Tamise.

Malderen, autrefois Maire *, s'élève au milieu d'une vaste plaine, à l'un des points extrêmes du Brabant. De là, son nom, qui signifie la borne, le poteau (mon/), et non pas le plaid ou le lieu du plaid, mallum, «me/, ce qui se concilierait peu avec l'histoire. Sous le rapport spirituel, elle comprenait autrefois une partie du territoire du comté de Flandre, qui s'avançait entre le Brabant et Buggcnhout, et où l'on a bali le village d'Opdorp (le Haut-Village), que les comtes dotèrent de grandes franchises. Comme les habitants d'Opdorp recevaient le baptême à Malderen et y étaient ensevelis, on disait d'eux qu'ils vivaient Flamands et qu'ils mouraient Brabançons. Longtemps ils refusèrent de contribuer,

» Bitkers. Trophée» de Brabant, t. 1«, p. 226, et preuve*, p. 78.

« Malderen (Maire, 1 1 55, 1 238, 1 435 ; Maldere, 1565 ; Malderen, 1673), commune du canton de Wolvcrthcm. à 4 1/3 1. au N.-O. de Bruxelles.

Territoire : En 1086. on y trouvait 442 bonniers. dont 375 de terres. 40 de prairies. 25 de bois, 2 d'étangs ; le revenu imposable s élevait a 5,316 florins. En 1846, la commune comprenait 800 hectares, dont 387 cultives en céréales, 49 cultivés en plantes industrielles, 151 cultives en racines et fourrages, 53 h. de prairies, 5 de vergers , 9 do jardins potagers, 8 de bois. La verge linéaire avait 20 1/3 pieds do Bruxelles.

Xombre d habitation* : En 1435, 63; en 1480, 42; en 1525,58; en 1686. 45 chaumières, des fermes, 2 maisons de campagne, 3 brasseries, 3 auberges, 5 boutiques; en 1846, 340 maisons, dont 15 inhabitées.

Population: En 1786. 1,174 habitants : on l'an VIII. 914; au 31 décembre 1831, 1,626; au 15 novembre 1846, 1,646, formant 335 ménages; 201 enfants recevaient I instruction et 240 personnes les secoure de la bienfaisance.

Industrie : t moulin a vent. 1 moulin à eau, 2 brasseries, 1 tannerie, 1 teinturerie.

Dépendance» : Voir dans le texte.

Les registres de l'état civil commencent en 1599; les archives communales contiennent deux Kaertbœcken, l'un de l'année 1717, l'autre de 1784.

dans les aides et les taxes levées à Malderen, à proportion des biens qu'ils y possédaient; leurs prétentions furent enfin condamnées par une sentence du conseil ducal (13 mars 1450-1451) *.

En 1429, un nommé Gilles Mu si. qui était accusé d'avoir voulu faire violence à une étrangère sur la voie publique, fut arrêté à Puers, puis remis, par le drossard de ce village, au maire de Liezele, Jean Joes, parce qu'il était meyssemedeman du duc. L'autorité du souverain élail alors si peu respectée, que des parents du coupable, Waller Mast, bourgeois de Bruxelles, et ses fils Henri, Walter et Pierre, eurent l'audace de délivrer le coupable de force. Cependant, grâce à l'inlervcnlion de sire Daniel de Boucbout, de Gilles et Henri de Marsclaer et de plusieurs autres personnes influentes, leur attentat ne fut puni que d'une amende de 40 couronnes. Une violence d'un autre genre fut exercée, en 1445- 1444, par Pierre Den Pau qui, prétendant que des terres situées à Liezele lui appartenaient, y enleva la récolte, avec l'aide de ses parents et amis; arrêtés et emprisonnés, on leur imposa, à lui et à ses complices, une amende de 10 livres de gros.

Les villages de Malderen, de Lippeloo et de Liezele reconnaissaient tous trois l'autorité indivise des ducs de Brabnnt et des seigneurs de Grimberghe, de la maison de Bergues; si un particulier avait à se plaindre d'un débiteur, il devait s'adresser simultanément aux représentants des deux seigneurs ». Le duc y nommait, comme subordonné au sous-maire de Sleenhuffel, un vorster ou sergent, appelé den vorster van den Nederlande, le sergent du Pays-Bas; le seigneur de Grimberghe y avait un maire dit le maire de Liezele.

En 151 G, un nommé Antoine Marguut fut arrêté à Malderen par le maire de Merchlen et les serviteurs du seigneur de Berglies, comme coupable d'un crime commis à Mccrbcek près de Ninove; on le décapita sur la bruyère de Malderen, le 8 septembre. Comme il avait été pris dans un endroit soumis à la fois à la juridiction du duc et à celle du seigneur de Grimberghe, on le fit comparaître devant un double tribunal, présidé à la fois par l'amman de Bruxelles, par le drossard de Grimberghe et par deux maires, et composé de 14 échevins : ceux de Stecnhuffelet ceux de Buggenhout-Grimberghe. Il y eut 14 séances ou genechtenyoù les juges et le greffier dépensèrent en frais de bouche {monteosten), qui constituaient leur seul salaire, 22 florins du Rhin, dont le souverain paya la moitié et le seigneur de Grimberghe l'autre moitié; l'entretien d'Antoine, pendant les seize semaines qu'il passa en prison, coûta 13 florins du Rhin 8 sous.

* Livre» noirs, n» I, f" 1 07 v.

* I ».!.,•!<(. 'jlen mit Merchlen, I. c.

158 HISTOinB

A celte occasion, il s'éleva un incident assez remarquable : ordre étant venu de la part de l'empereur, de tenir les procédures en surséauce, jusqu'à ce qu'il eût pris connaissance de l'affaire, et de fournir une information ou instruction par écrit, l'amman envoya cette pièce à Bruges, par le maire de Steenhuiïcl. qui apporta une injonction verbale de continuer. Les éclievins refusèrent, en réclamant un ordre signé, qui leur fut enfin dépêché par le conseil de Brabanl. Le même mode de procéder fut suivi en 1534, lorsque quatre malfaiteurs, qui avaient menacé d'incendier une habitation à Basele, si on ne leur remettait pas de l'argent, et blessé une femme qui ouvrait sa fenêtre pour les voir, se réfugièrent sur le cimetière de Lippcloo. Le maire de Merchlen et le drossard du sire de Berghes les firent garder à vue, dans le parvis de l'église, jusqu'à ce qu'on eût obtenu, de la cour de Cambrai, la permission de les arrêter. Maître Alexandre Madoets, délégué par l'autorité diocésaine pour s'assurer s'ils étaient coupables, s'étant prononcé pour l'affirmative, ils furent saisis, torturés, puis conduits à Maldercn devant les quatorze échevins, qui les condamnèrent à être exécutes par la corde, à Lippeloo, le 5 septembre.

Le 6 mai 1559, le domaine ducal à Maldcren et Lippeloo fut vendu, moyennant 618 livres, à Ferry de Glymes, seigneur de Grimberghe (relief du 9 avril 1564-1565). On le racheta en 1607, et on le céda de nouveau le 1er août 1626, moyennant 4,600 florins, au comte de Grimberghe, puis, le 10 avril 4658, pour 5,500 florins en sus de celte seconde engagère, h Jean Gurncz, secrétaire et mandataire de la douairière de Grimberghe. Eugène de Grimberghe fit abandon de ce qu'il possédait à Maldercn, Lippeloo et Liezcle, à Jacques-Ferdinand de la Pierre, baron duFay par lettres patentes de l'an 1662, colonel d'un régiment d'infanterie wallonne, et à Marie-Thérèse de Kesselcr, sœur de In première comtesse de Maldeghem, héritière du château de Tcn-Damme à Lippeloo (r. du 23 janvier 1663). Ces deux époux achetèrent définitivement la haute justice des trois villages, le 6 novembre 1664, et moyennant 18,500 florins, en sus des 10,100 florins déjà payés par leurs prédécesseurs. Ils laissèrent trois filles : Édouardc-Madelcine ou Madclcine-Livinc, Claudine-Françoise et Marie-Isabelle (r. du 10 novembre 1678); l'alnée mourut à Vienne, le 29 mars 1694, sans avoir eu d'enfants de ses deux maris : Landelin de Longueval, comte de Bucquoy, colonel de cavalerie au service d'Autriche, mort les armes à la main, le 19 août 1691, à la bataille de Salankemen contre les Turcs; et Gothard-IIcnri, comte de Salburgel Falkcnsleiu. De Claudine-Françoise et de Philippe- François-Albert de Croy, marquis de Warnccq, naquirent Marie-Thérèse de Croy, morte le 18 juin 1715, et Philippine-Charlollc de Croy, dame de la Croix-Éloiléc, morte en 1734. La première releva, le 26 janvier

1697, les fiefs de son aïeule, et épousa Hcnri-Joscph-Gabricl Wild und Rheingravc, comte de Salm-Kyrbourg, qui releva la haute justice <les trois villages, le 31 juillet 1716, après la mort de sa femme, et qui suivit celle-ci au tombeau, le 14 octobre de la même année. Il avait eu trois enfants : Jean-Dominique-Albert (r. du 23 novembre 1720), crée, ainsi que son frère, prince du Saint-Empire, en 1738 ; Philippe-Joseph, chevalier de l'Aigle blanc, héritier du précédent (r. du 8 août 1778), ainsi que de la principauté de Hornes-Yssche ; et Henriette- Thérèsc-Norbcrtine, qui devint la femme du père de sa belle-sœur, Maximilien-Emmanucl de Hornes. Les Salm-Kyrbourg avaient droit de siéger et de voter à la diète de l'empire, mais en alternant avec la branche aînée de leur famille. Le greffe du tribunal de première instance à Malines possède les registres auxadhéritancesdcséchcvins de Maldercn, Lippcloo et LiezcIc,pour les années 1623 à 1796, et leurs rôles depuis l'année 1623.

Par deux octrois, en date des 18 mars 1626 et 20 février 1627, le conseil de Brabant approuva des répartitions de l'impôt, faites, par les échevins de Liezele et de Lippcloo, tant sur les possesseurs de biens étrangers au village que sur ceux qui y avaient leur domicile. Plus lard, les échevins de Maldercn , de Lippeloo et de Liezele se plaignirent de ce que certains propriétaires se prétendaient exempts d'impôts, sous prétexte qu'ils faisaient partie des bandes d'ordonnances ou que leurs biens constituaient des lîéfs; de ce nombre étaient : a Maldercn, le seigneur de Homes, écoutète de la ville de Malines, à Lippeloo, André Hoiïmans d'Alvarado, à Liezele, François Dumont. Cependant la coutume contraire avait toujours prévalu, et d'autres grands propriétaires, tels que le seigneur du Fay, l'abbé de Boneffe, etc., s'y conformaient encore. Comme Lippeloo ne comprenait, disaient les échevins, que 200 bonniers de terres, et dans ce nombre, seulement 52 bonniers déterres censaies; que, dans les deux autres villages, les deux tiers des biens formaient des fiefs ; comme, en outre, les propriélaires récalcitrants, voyant qu'on tolérait leur manière d'agir, renvoyaient successivement leurs fermiers, afin d'agrandir de plus en plus les terrains qu'ils cultivaient eux-mêmes, les contributions devenaient de jour en jour plus onéreuses pour la majorité des habitants, et leur ruine était imminente, sans une prompte répression de ces abus. Le gouverneur général donna raison aux plaignants, mais seulement par provision , et en attendant que le conseil de Brabant eût statué (8 novembre 1673) * .

La création des départements et des cantons, en l'an III de la République française, amena le morcellement de l'ancien échevinage de Mal-

1 Recueil de placards aux Archive» de la ville de Bruxelles.

deren.Ce village continua ù dépendre du Brabant, devenu le département de la Dyle, tandis que Lippeloo et Liezelc furent attribués au département des Deux-Nèthes, aujourd'hui la province d'Anvers. La limite entre les deux provinces, a l'endroit où Maldcrcn avoisine Lippeloo, n'étant pas bien lixée, un arrêté royal l'a déterminée d'une manière précise (12 juillet 1821). Il y a à Malderen un marché le samedi.

Maldcren reconnaissait autrefois, comme possesseur de son patronal, l'abbé d'Atïlighem, cl parait avoir dépendu, dans le principe, ainsi que Lippeloo, de l'église de Liezele. Sa petite église de Saint-Amand ne présente aucun intérêt ; l'on n'y retrouve plus les pierres tumulaires qui recouvraient jadis les dépouilles mortelles des Marselacr d'Opdorp et des Lecocq de Groenhoven. L'ancien chœur avait été élevé aux frais des habitants, et surtout de la famille de Marselacr; Godefroid, évêque de Diana, le consacra en l'année Hf>5. L'abbaye d'Aulighem prélevait la dime de la paroisse, sauf deuxsixiémes appartenant, l'un à l'église, l'autre au curé. Il y avait jadis une chapellenie de la Vierge, qui fut unie a la cure, en I(i92, pour la dotation d'un vicaire. Le ï> mai 1730, Jeanne de Smeclit légua de l'argent pour fournir des habits et du linge aux pauvres enfants de Malderen , lorsqu'ils entreraient pour la première fois en service. Elle confia au curé l'administration de cette fondation, dont les revenus s'élevaient à 57 florins environ.

Le couvent de Val-Duchesse à Auderghem avait a Malderen, à Buggenhout, a Merchlen et aux environs, quelques biens; sa cour censale, n'ayant pas de sceau, se servait parfois de celui des échevins de Merchlen (Ier décembre Ui\\). La fondation de l'infirmerie du Béguinage de Bruxelles reçut en don d'une béguine nommée Marie Van Wesele, trois fiefs tenus des de Bergues, et dont le principal était un plein fief consistant en une cour censale et une cinquième gerbe, qui se levait à Malderen, entre la Hcelbckc-Slraete et le Malder-Coutere (relief du 6 mars 1018).

Groenhoven. — Les biens les plus importants formaient une masse agglomérée, le long de la Bollebeek, autour des châteaux de Groenhoven et de Marselaer. Le premier, qui existe encore et dont la construction présentait, au dix-septième siècle, les formes massives et disgracieuses de cette époque *, a pris son nom de sa situation près des prairies (Groenho/f, le Château Verdoyant); quelques amateurs d'étymologic ont voulu y voir une ancienne résidence des Grudiens, petit peuple belge cité par César, mais son existence et son nom paraissent n'être pas antérieurs au

« On on voit une grande vue dans Le Rot, Ca%tftla rt pnetoria nobilium Drabanhv. — Voyez lit Castiuo*, t II, p. 1 10.

DES ENVIRONS DE BRUXELLES. Ut

seizième siècle. Ses maîtres possédaient autrefois deux autres châteaux, qui étaient contigus et qui sont aujourd'hui transformés en fermes : t kof te Broke ou 't goet van den Uroecke, le Manoir du Marais, et 'f hof milieu Walle ou le Manoir aux Remparts. Près du premier se trouve le moulin à eau de Ten^Broecke, plus connu sous le nom poétique de Herbodinne ou tlerberdinne-Molen, le Moulin de l' Arc-en-Ciel, de la Messagère delIèraouJunon. Au quinzième siècle, alors qu'elle devint un fief particulier, cette usine servait déjà à la fois à la mouture du grain et à celle de l'huile; l'une de ses roues dépend de Malderen, l'autre de Londerzecl; on la rebâtit vers l'an 1780. Ce moulin, les deux manoirs cités plus haut, le moulin à vent de la Maldcr-IIeyde , 45 bonniers de terres et de prés, une cour féodale de 20 hommages, et 30 censitaires habitant près de Marselaer, constituaient autrefois un lief, tenu de la cour féodale de limitant, et qui fut successivement relevé par : Jean Van Lcembosschc ,

Henri Van Nurse, le même, parait-il, qui, sous le nom de Henri Vandenbroecke, lit, avec Jean et Guillaume Vandenbroeckc, hommage à Louis de Maie, après la bataille de Scheut ;

Jean Van Nurse, surnommé Vandenbroecke, (ils du précédent ;

Bussartou Bouchard Van Munie (relief de 1 43 i) ;

Philippe Vandcnnieuwenhovc, comme créancier de Bouchard (14(>2) ;

Jean Hasebyt, neveu de Bouchard (1477);

Josine, fille de Jean Hasebyt, femme de Guillaume de Mcrendré (r. du 21 août 1502);

Jean, Charles, Guillaume et Guy de Mcrendré, par cession de leur mère Josine (r. du 8 juillet 1514);

Adolphe Herdinck, receveur de la Zélande Beuesterschelt , par achat (r. du même jour) ;

Maître Thibaud Cottreau ou Cotercau, conseiller de Brabanl, par achat (r. du 12 mai 1537);

Maître Baudouin Lccocq, gentilhomme dont le bisaïeul élail venu de Normandie s'établir aux Pays-Bas, conseiller ordinaire du roi et maître des requêtes de sa maison, procureur général au grand conseil de Matines, par achat a Gilles Cool , mandataire de Claire Van Evcrslagc, veuve d'Adolphe Herdinck, et par cession des héritiers «le celui-ci : Léonard Herdinck, secrétaire de l'empereur, et Adrien Waclbcrl (r. du 24 novembre 1550);

Maître Pierre Lccocq, docteur en droit et eu théologie, conseiller de Flandre, lilsainé de Baudouin (r. du 1" juillet 1558); il acheta un droit de cinquième gerbe et un cens, qui appartenaient depuis plusieurs générations aux Vandennicuwenhovc (r. du 10 mars 15G2-15G3), cl obtint, r u. ■>

le 23 février 1;»80, pour ses licutenanl, hommes de fief, maire cl tenanciers de son hove ten Broecke aliùs Groenhoff, l'autorisation de faire graver un sceau à ses armes;

Messirc Baudouin Lccocq, seigneur de Wulvcrghcm , capitaine d'une compagnie d'infanterie, fils aîné de maître Picrre(r. du î) septembre iol)o);

François Lccocq, frère du précédent, mort en 1G02;

Baudouin Lecock ou Lccocq, fils de François (r.du 10 novembre 1007). Depuis celte époque, Grocnhoven eut les mêmes maîtres que le village d'Humbeck, sauf que, vers l'an 1700, il passa au baron de Vieq de Cumptich , fille d'une demoiselle Lccocq. C'est aujourd'hui la famille de Ucughem qui en est propriétaire.

Longtemps les Lecocq restèrent aussi en possession de la ferme de Winterpoel (le Marais d'hiver), qui, en 4474, était tenue en fief des Herbues de Grimberghc par Jean de Marselaer, avec 10 bonniers et un livre censal appelé '/ leen ter lieke. Parmi ses dépendances se trouvait la pâture dite c/m baron d'Yssche ( t 'sbeyers beempt van Yssche).

Marselaer. — Dans la partie nord-ouest de la commune, au centre d'un canton arrosé par plusieurs cours d'eau, dans des lieux primitivement arides, sur un terrain vague (/uer), au milieu de marais [marsch, tncer, moor), on voyait autrefois le château de Marselaer, qui consistait, en 1007, en une tour de pierre cl une ferme, entourées d'eau, bientôt après converties en maison de plaisance. Aujourd'hui ses belles avenues existent encore, ainsi que le réseau d'étangs qui l'environnait, mais il ne reste plus que quelques débris de ses anciens bâtiments.

C'est là qu'a pris naissance une lignée noble, qui, au moyen Age, acquit n Malderen, à Steenhuflcl, à Opdorp, un grand nombre de fiefs, et y exerça une influence considérable. Un Jean de Marselaer vivait en M 33, maison ne sait rien de sa vie, ni de sa descendance. Suivant la généalogie de la famille d'Ophcm, il serait le lils de Paridan, seigneur d'Ophem, et de Fulge de Wanghe, dame de la terre de Marselaer. Il eut, ajoute-t-on, de Gertrudede llouchout, Henri, père de Donatien, qui vivait en 1192, aïeul de David, qui fonda son anniversaire, en 1288, dans l'abbaye de Sainte-Croix à Tournai, elbisaïcul de Gilles, chevalier de Marselaer, à qui Prudence d'Oyenbrugge dite de Coelhem donna six enfants : Idc, femme d'Arnoul de Nurhem; le chevalier Jean, sire d Ueele, mari de Prudence Van Urscn, fille du chevalier Henri; Henri, qui s'allia successivement à (Maire Van Hamme et à Béatrix Vandcnvoorde; Gerlrude et les chevaliers Josse et Nicolas 1 .

• Le chevnlici Jenn de Marselaer. bourgeois «I'' Bruxelles, c*t CiUi en l'an 13f>0 ; Henri et Nicolas, lils do feu Gilles de Marselaer, chevalier, sont mentionnai la même année.

Le premier possesseur connu du château de Marselacr est Henri de Marsh i ', qui le releva en fief du Brabanl, vers Tan 1512, en même temps qu'une ferme, un moulin dit den Quuc(len-Moten,le Mauvais Muni m, qui était démoli en 1714, 30 ou 37 bonniers de terres et de pâtures, une cour féodale de 11 hommages, etc. Cet Henri était sans doute le lils d'un Gilles de Marselacr, que nous voyons cité, en 1310, parmi les amis de la famille Beiere, de Beckerzeel. Il eut pour successeurs : Jean, fils de Henri (relief de Tannée 1377-1578), qui épousa successivement Catherine Vandermcercn et Catherine Van Coudcnborcli ; Gilles, lils du précédent et de sa première femme, qui partagea, avec ses sœurs Marie et Élise, les biens de ses parents, et eut dans sou lot le château de Marselacr (2 septembre 151)0); Adrien, lils de Gilles, époux de Mathildcd'Assche , damcd'Opdorp et de Tcn-Houlc ù Merchten ; Jean, sou frère; Gilles, fils du précédent (r. de Tan 1470), qui fut marié deux fois, d'abord à Anne Vanderlaen, puis à Sigcrinc Van Groesdonck. Le seul fils qu'il eul de la première, Jean, seigneur d'Opdorp, écheviu de Bruxelles en 1517, entra aussi dans la carrière militaire, à l'exemple de son trisaïeul, qui s'était distingué à Uaslvveiler, et de son père, qui se trouva à la terrible journée de Nancy. Ses trois frères, nés de Sigcrinc, suivirent en Italie le pape Adrien VI, qui se plut à lescomblerd'honneurs : l'un, Guillaume, fui châtelain d'Ostie et capitaine des galères envoyées parle souverain |H>nlife au secours de Rhodes; Adrien, à qui il était réservé de perpétuer la lignée masculine de la famille, remplit à la cour de Komelcs fonctions de chambellan ; Antoine fut capitaine des gardes du souverain pontife; et, sans la mort prématurée du pape, ils seraient sans doute parvenus tous (rois à une plus haute fortune. En vertu d'un acte de partage des biens de leurs parents, passé par-devant les écheviiis de Slcenhulïel, le I" avril 1552-1555, Guillaume, Adrien et Antoine renoncèrent à tous leurs droits sur le fief «le Marselacr, en faveur de leur sœur Jeanne et de son mari Josse de Rycke, qui l'avaient relevé, après la mort de Gilles de Marselacr, le 15 octobre 1518. Après ceux-ci vinrent :

Gilles de Rycke, leur fils (r. du 8 juillet 154U);

Hélène Vanderborchl, sa veuve (r. du 17 juillet 1500);

Philippe de Rycke, fils des précédents;

Barbe, Catherine et Jeanne, ses sœurs (r. du 21) juillet 1580) ;

Marie T'Shcrloghcn et son mari Thierri Van Liesvelt, seigneur de Hamme, Opdorp, etc., par cession des précédents, en date du 25 octobre 1580 (r. du 24 janvier 1587);

Messire George Spannenbcrger, en son nom et en celui des enfants qu'il avait eus de Marie T'Sherloghen , veuve du chevalier Liesvelt : Melchior, George, Balthasar, Jean, Christine, qui épousa depuis Gas-

I1IST0IHH

par Schcllincx, Anne, qui devint la femme de Henri Vandcnzy|>e,ct Béalrix(r.du 18 juin 1G04);

Madeleine Butkens, veuve de messire Pierre de Tailly, par achat fait, moyennant 9,*iOO florins, aux enfants de messire George Spanncnbergcr et à ceux de sire Louis Lcuckenoir, chevalier, et de Béatrix Rot, demisœur des précédents (r. du 14 février 1607);

Maître François Marchant, conseiller des princes dcSavoie, de Bavière, dcClèvesctdeLiége,et leur agent à la cour des archiducs Alhertet Isabelle, et sa femme Tita Hoppers, par achat (r. du 19 novembre 1G08);

Pétronille-Livinc Marchant et son mari messire Maximilicn de Mol (r. du 11 mars 1028);

Tila-Jcanne Marchant releva, le 27 octobre 1GG8, une moitié du fief, après la mort de son père Joachim, et retraita, le 50 octobre 1070. l'autre moitié, qui avait été achetée par sire Corneille Reynegom, chevalier, seigneur de Busey, Coensborch, etc., greflier des finances; elle épousa Martin de Hornes, écoutèlc de la ville de Malines.

Martin Frambach, dernier enchérisseur dans la vente du fief de Mnrselaer, ordonnée à la requête du baron de Mecrbeck, Jean-Baptiste Christyn (r. du 29 janvier Jfi95);

Catherine-Isabelle Frambach, et Jean-Baptiste Coppieters, receveur général des domaines au quartier de Wesl-Flandre, en vertu de la cession à eux faite par le précédent à l'occasion de leur mariage (r. du 24 janvier 1708);

Pétronillcde Pape, douairière de Guillaume Du Marteau, membre du grand conseil de Malines, seigneur de Nuny, Bierlo, etc. (r. du même jour) ;

Françoise Hennekine, veuve de Jean Bosch et d'Alexandre-Mathieu De Burlen, membre du grand conseil de Malines, morte à Bruxelles le 28 mars 1740, par achat aux enfants de la précédente : Léon-Guillaume Du Marteau, et Isabelle, femme de Nicolas-Théodore, baron de Renesse (r. du Itï mai 1735);

Marie-Madeleine Bosch, dame de Chesnoy, fille unique de Françoise Hennekine, morte célibataire le 15 juillet 17îiO;

Arnoul Van Nu (Tel, chantre et chanoine du chapitre exempt de llarlebeke, comme héritier de la précédente, et en vertu d'un partage fait avec ses frères Jacques et Philippe-Josse, le 22 novembre 1731 (r. du 2(î novembre I7'il);

Jacques-Joseph Van Nuffel, son frère François-Joseph, ses sœurs Madeleine-Christine, femme d'Arnoul-IIenri Brummel, Marie-Thérèse, femme de Jean Mosselinan, et Jeanne-Caroline, femme de François de Tcirhman, lieutenant au répiment du prince Charles de Lorraine (r. du 14 février 1758),

TEK-DAINE à Lippeloo. — Los avenues et les prairies qui entourent Marsclaer se confondent avec celles au milieu desquelles s'élève une autre résidence féodale appartenant au môme maître, M. le baron d'Hooghvorst. La ferme de Tcn-Dammc à Lippeloo était autrefois un château relevant des de Bergues de Grimbcrghe, avec 29 bonniers de terres, de bois, de marais et iïettingcn, un livre féodal, un livre censal rapportant par an 12 1/3 sous \\± hallinc de Louvain, 2,100 poules, 1 chapon, Ji quartauts de seigle, et le service d'un foire goed. Le chevalier Wallcr de Damme ou de la Digue vendit à l'abbaye d'Afllighcm, avec le consentement de sa suzeraine, Ode de Grimbcrghe, femme de sire Waltcr d'Aa, la dîme de toutes les terres qu'il possédait dans les paroisses de Lippeloo et de Liczcle (charte d'Ode, datée du vendredi après les octaves de TÉpiphanie, en 1255). Gilles de Marsclaer possédait en 1474 Tcn-Damme, que les enfants de Jacques Vandcrwayen l'ancien et de Catherine Bulliaciis vendirent, le 21 août! 018, avec une petite seigneurie dite 7 cynske in de Beeckstraete, à Pierre Micault, seigneur de Diepcnsteyn,ct â sa femme Aldégondc Van Achelcn (relief du 29 novembre 1623). Déjà alors ce n'était plus qu'une ferme. Dans les prairies qui lui font face, le baron du Fay, Jacques-Ferdinand de la Pierre, seigneur haut justicier de Maldercn, Lippeloo cl Liczelc, éleva l'élégante construction appelée depuis Us Cluiteau des comtes , S'Gruven Kasteel, d'après les comtes de Salm, à qui elle a appartenu. Elle consiste en un bâtiment précédé d'une terrasse, cl orné de deux tours carrées, à trois étages et surmontées de campaniles; un fossé lui sert de ceinture, et est lui-même entouré par un jardin que défend un second fossé; on traverse celui-ci sur un pont de bois, porté par quatre piles, et on va du jardin au château par un pont composé de trois arcades de pierre. Le perron du château, surmonté d'un avant-corps, a été démoli, ainsi que les lourdes cheminées, en forme de dôme, qui s'élevaient aux extrémités du toit, et ces changements n'ont pas nui à la beauté de l'édifice

On attribue à l'un des derniers propriétaires du Château des Comtes une action odieuse, mais où se peint fidèlement le mépris que professaient certains nobles pour la vie de l'homme. Celle d'un paysan ou d'un ouvrier avait-elle quelque valeur, â l'époque où l'on punissait de mort le simple vol, où les délits de chasse entraînaient parfois la même peine, où le faste dont on entourait ce plaisir dangereux, était souvent acheté au prix du sang. Un jour, en revenant de la chasse, à demi enivré, sans doute, par le bruit et le vin, le gentilhomme donl parle la tradition aperçut un couvreur sur le toit de son château. Voulant

» Une vue «lu château se trouve dans Li Roy. I r . et dans De Cumio*, t. II. p 1fi3

iiistoiiu:

montrer son adresse, il cria a ses camarades : t Parions que je le tue. » Et comme on semblait mettre son adresse en doute, probablement parce qu'on supposait qu'il ne persisterait pas dans sa cruelle bravade, il visa le couvreur et le tua. Mais, à cette époque déjà, il y avait des juges en Belgique. Le conseil de Brabant ordonna des poursuites contre le coupable, qui n'aurait pas évité l'échafaud, s'il ne s'était empressé de quitter le pays. Ce récit est très-répandu, et repose vraisemblablement sur un fonds véritable.

LippBLOO \ — Le village de Lippcloo, dont presque toutes les habitations sont groupées au centre de la commune, semble tirer son nom de sa situation entre deux ruisseaux, et de ce que son territoire forme un terrain élevé et sablonneux, entouré de prairies : lippe, lip, signifie lèvre cl peut-être ruisseau; loo, hauteur et quelquefois bois, du latin luciut *. Lippeloo, ainsi que Malderen, cul à souffrir des incursions que iirenl les Flamands en 1553; en 4557, Henri de Flandre, seigneur de Ninove, el Louis de Namur, seigneur de Petcghein, voulurent encore le dévaster; mais, assaillis à ('improviste par le comte de Bcrg, ils essuyèrent une défaite complète. Une foire se lient à Lippcloo, le 2 juillet de chaque année. La décadence de l'industrie linière a été funeste à ce village el aux localités voisines. Vers la lin du mois de juillet 1846, une épidémie dyssentérique se déclara à Lippeloo cl à Saiut-Amand, et se répandit ensuite dans les communes d'Oppucrs, de Liczele, de Bornhem, de Puers et de Mariekerke. Provoquée par les fortes chaleurs et la grande sécheresse, elle lit de grands ravages dans des populations

> Lippcloo (Lippinclo, 1139. 1115, 1ISV; Lippimjlo, 1233; Lippingloo, 124*. 1*45; Lippcl.ja, MGiiLipixlo, 1 380 ; LifptUo, 131?; Liplœ. 1383; Lippekii, 1400. 14%), commune du canton do Puers, a 5 1. au N.-O do Hruxolles et à 3 3/1 1. h PQ. de Mali nos.

Territoire : En 1G8G, sur une contenance totale de 3*7 bonniers, on trouvait h Lip|H?loo 202 b. de terres, 33 b. do prairies, 07 b. de terrains communaux , 23 b. de bois; le revenu impoublfl s'élevait à 9,748 florins. En 1840. Lippeloo comprenait 413 hectares, dont 168 cultivés en céréales. 27 cultivés en plantes industrielles, 03 cultivés en racines ou fourrages, 42 h. do prairie». 2 h. de vergers. 6 h. do jardins potagers. 3 h. de pépinières, 1 h. do jardins d'agrément, 37 h. de Uns. La verge linéaire avait 201/3 pieds de Bruxelles.

.Sombre d habitations : En 1 433. 27 ; en 1480, 18; en 13*3, 21 ; en 1080, 13 chaumières, 4 châteaux, 3brasseries. 3 cabarets. 10 boutiques ou maisons d'artisans; en 18i0, 1 19 maisons.

Population : En 1786, ... ; eu I an VIII, ... ; au 31 décembre 1831. C3S; au 13 novembre I8W. 377. formant 1 19 ménages; 07 enfants recevaient l'instruction et 03 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie : 1 moulin ii vent, 2 brasseries, quelques métiers de tisserands.

Dépendances: Les hameaux dits de Mulenheyde, de Wipheyde; les châteaux S Gravenkasleel, de JTtfix, t Hof ter Moortere ; les fermes Ten Damme, Asbroeek-hœf, et de ttoneffè.

Les registres de l'état civil commencent pour les naissances, en 1398 : pour les mariages, ■ n 1014; pour les d<Vcs, en 1000. ,

1 KREtnm.rn,dans hsButlctin* de h, commiaHo» ventrale dv %tatistique,l II!, p. 202 et 298

que In maladie tirs pommes de terre cl In diminution de ln récolte des céréales avaient obligées du se contenter d'une nourriture mauvaise et insuffisante. L'année suivante, le gouvernement accorda à Lippcloo, à Oppuers, à Pucrs, une part dans l'allocation de 500,000 francs, mise â sa disposition, dans le but de venir en aide aux besoins les plus pressants de la classe nécessiteuse dans les Flandres cl dans les cantons liniers des autres prov inecs.

L'église paroissiale, dédiée à saint Etienne, a été agrandie tout récemment; elle date du siècle dernier. Elle dépendait de l'abbaye d'Afllighem, qui prélevait le tiers des dîmes de la paroisse; le deuxième tiers appartenait au cure, et le troisième à l'église, ainsi que In Sinte-Stevcus-thiende, qui valait, en 1787, 1 10 ilorins par an. Gosuin de Lippinclo ou Lippcloo el ses fils vendirent un manseaux religieux d'Aflligliem, antérieurement à l'an 1139; plus tard, Arnoul de Capellu ou Vandcrcapcllcn, avec le consentement de son frère et suzerain, Henri, leur céda, a prix d'argent, les terres cultivées et incultes, les prés, les cens, les hommages, etc., qu'il tenait à Lippcloo; en mars 1244- 1245, il renouvela celle cession, qui avait été faite devant l'amman et les echevins de Bruxelles, à la condition que le monastère payerait à son frère un cens annuel de 12 deniers de Louvain. La vieille ferme entourée de fossés et fortifiée d'une tour, qui' l'on voit encore près de l'église, appartenait sans doute a AUlighem. Nous avons cilé plus haul Gosuin de Lippcloo; à la même famille nppnrtcnaienl Werner de Lippiuglo el son frère Onulphc, cilés en 1 160 ; Iwain de Lippingloo, qui vivait en 1245, cl Jean de Wcsele, (ils de Wnller de Lippclo, l'un des vassaux du duc Jean II.

Mélis. — Il n'y avait à Mélis qu'une ferme {hoeve), à laquelle était annexée une cour féodale, en 1448, lorsque ce bien était la propriété de Marie, fille mineure de Jean Taye. Les enfants de Jenn VanAxele le relevèrent le 15 avril 1554; le président de Malines, en 1551); cl Henri Vanderstraetcn, époux d'Isabelle d'Axele, le 20 août 1540. Hubert, seigneur d'Opdorp, fils des précédents, institua pour ses héritiers, le 1 I octobre 1508, sa sœur Amie el son mari Nicolas Hoiïinniis. De l'union de ceux-ci naquit Philippe, père de Guillaume, Charlotte et Marguerite Hoffmans, celte dernière, femmede l'ai fère Diego de Heyz. Chariot le épousa Guillaume d'Alvarado y Brnenmonte, gouverneur de Termonde, puis de Nieuport, lieutenant mcslrc-dc-campau ?erviced'Kspngne. Leurfils André, aide de chambre du prince cardinal-infant et de don Juan d'Autriche, étant mort sans postérité, son patrimoine passa à Jean-Guillaume d'Alvarado, receveur général du roi aux Pays-Bas, créé vicomte de son nom, le 9 mars 1701 , avec la faculté d appliquer ce litre sur une de ses terres : Mélis, Uoost,\Volputle,Obbcrghcn, etc. Ce d'Alvarado fonda cinq messes

qui devaient se dire toutes les semaines dans sou château de Métis ou aux Dominicains, ù Bruxelles. Après son fils André-Joseph, qu'il eut de Clairc-Pétronillc Rubens, pctitc-niècc du grand peintre, Mélis reconnut pour maîtres les barons de Boonem, puis, par suite d'un mariage, lu famille de Beughem, qui le possède encore aujourd'hui.

Le mardi 17 août 4745, l'armée française vint campera Lippcloo, vers Merchtcn, et se construisit une ligne de défense qui s'étendait jusque près du fort de Sainte-Marguerite, sur le Rupcl, à Ruysbroeck. Le roi Louis XV prit son quartier général au château de Mélis, où il logea jusqu'au 7 septembre L'architecture de ce manoir rappelle la renaissance tourmentée du dix-septième siècle; sa façade est décorée de frontons et ornée d'une tourelle carrée. Des élangs l'entourent, et sont eux-mêmes entourés par les dépendances du château cl par un beau parc, autour desquels règne un fossé rempli d'eau. Une porte donnant du coté de l'ouest conduit à la ferme de Wolputle, qui est aussi entourée d'eau, cl au sud et au nord de grandes avenues semblent encore continuer le domaine seigneurial des Beughem.

Te Moortere. — Vers l'extrémité septentrionale de la commune on trouve t'hof te Moortere, qui jadis comprenait aussi un second manoir dit 'f Iwf metten WaUen, une cour féodale de 42 hommages, une cour censule, une garenne ou chasse gardée, etc., le tout tenu en lief du duché de Brabant. Sire Florent de Mocrtere fil hommage au comte de Flandic, après la bataille de Schcut, et quelques jours après , sire Jean Vandcnmocrtcre fui cité parle même comte, a comparaître à Coudcnbcrg.

La liste des possesseurs du fief commence ù René Vandenbroeke, qui l'hérita d'une Vandcnmocrtcre et le releva en 1377-1378. Après lui . vinrent Gérard de Loo, Èverard de Lecu dit Coniers, comme héritier de Jeanne Vandcubroecke, sa mère (1415); JlarieTaye et Jean deMedegem, son mari, par donation (1407); Catherine cl Marie de Mcdegem, filles des précédents (1482); Jean Van Eycke ou Vandereyckcn (dont les biens à Lippcloo furent confisqués par le roi Maximilien, et donnés, le 20 octobre 1488, à Henri Vandennuvvenhove), pur achat; Jean Vandeughersmoirtere dit Scholtc, lils d'Arnoul,par achat (1 1 septembre 1481)) ; Henri de Lange dit Papcgay, par donation (1) février 1480-141)0); Jean, son lils (17 février i 524-1 525); Catherine, sœur du précédent, el son mari Noël Caron, garderobe de l'empereur (13 décembre 1525); Anne Caron, fille des précédents (1) juin 1540); Jean Willcmssoun ïackx ou lils de Guillaume Tackx, marchand, par achat du souverain, eu conseil de Brabanl (10 février 15%); Henri, lils de Jean (21 avril 1608); maître François Tax, pensionnaire de la ville de Bruxelles (28 septembre 1074); Charles Tax, chcf-maïeurdeMerchlen (28 janvier 1082); Jean d'Alvarado

y Bracamonte et sa femme, par achat, moyennant 5,450 florins (1C janvier 4688) ; Antoine Diax, par achat h la famille Tax (Ier septembre 4700), et entin ses propres héritiers (9 juillet 4742). Depuis le dix-septième siècle, la forteresse des De Moortere est devenue une maison de plaisance.

Au nombre des fiefs que le gouvernement espagnol confisqua rn 1550, on cite une ferme située à Lippeloo et à Pucrs, et appartenant a Ferdinand de Brcnoille.

Liezelb — Aprèa avoir séparé Vhof Ten-Dammc du Château des Comtes, la route de Termonde à Malines passe à proximilé du château de Ter-Ballen et de la ToUens-hoef. Le véritable nom du premier est het huys mette Clootcn, la maison aux Boulets; on l'appelait aussi het hoff te Voirde, ou bien encore Hemelryck, d'après un de ses anciens maîtres, lïenri Hemelrycx, qui le possédait en 4474. C'était déjà, nu dix-septième siècle, une maison de campagne entourée d'eau; elle était tenue en lief du comte de Grimbcrghe, avec une fenne adjacente, 15 bonniers de terres, de bois, de prés, de pâtures, une cour censale ayant droit d'adhériter et de déshériter, le tiers d'une dime dont l'abbaye d'Afflighem et le curé prélevaient les deux autres parties ; trois journaux de pâtures, situés à Lippeloo, appelés den Ytenbacrt, et ayant pour annexe une cour féodale de 17 hommages. Philippe Vandcnnieuwenhovc le releva au quinzième siècle. Le capitaine Ferdinand de Suero en devint possesseur vers l'an 4600, et le laissa à son fils David- Ferdinand, après quoi il passa, en 4678, à Francisco-Jeronimo Dumont et aux autres héritiers d'Aurélie Darchy.

' LUnele(Lietutllaf 1 139 j Liuulla, H48» LiiutU, 1536; Liustle, U64» Lyvle, 1139; Lirulle, 1443-1444; Lietele, 1686), commune du canton de Pucrs. a 5 1/4 I. N.-N.-O. do Bruxelles.

Territoire : Eu 1686, sur une étendue totale de 377 bonniers, on y trouvait 501 h. de terres. 119 b. de prairies. 17 b. de bois, 30 b. de bruyères, 9 b. de terrains communaux; le revenu imposable s'élevait à 4,500 florins. En 1846, la commune comprenait 653 hectares, dont 333 cultivés en céréales, 45 cultivés en plantes industrielles, 93 cultivés en racines et fourrages.71 h. de prairies, 1 h. de vergers, 9 h. de jardins potagers, 17 h. de jardins d agrément, 5 b. de bois. La verge linéaire avait 30 1/3 pieds de Bruxelles.

Nombre d habitation*. En 1435, 54, dont 1 à 3 foyers; en 1480, 36; en 1535, 60; en 168fi. des rennes. 31 chaumières. 3 châteaux, 4 brasseries et cabarets, 5 maisons d'artisans ; en 1846. 183 maisons.

Population : En 1786, ...; en l'an VIII. ...5 au 31 décembre 1831, 977 habitants; au 15 novembre 1S46, 937, formant 183 ménages; 131 enfants recevaient l'mslrucUou et 84 personnes les secours de la bienfaisance.

Industrie : 3 moulins, dontl à eau et 3 à vent, 3 brasseries, 1 fabrique de chandelles; il se trouve à Liezele 14 tisserands.

Dipendancee : Les hameaux dits De Ileyde, Achfer hryde, Driet, den Wolf; les châteaux cités dans te texte.

Les registres de l'état civil commencent en 1596.

T. II. '

iso insToinE

Un peu en aval on trouve Schemelbeert, villa de modeste apparence et dont les étangs et les beaux jardins constituent toute la beauté; c'était autrefois une forteresse appelée 't hofmetten Blockhuytte, le manoir â la Redoute, et qui fut démolie, il y a plus d'un siècle, à l'exception du rez-de-chaussée et des dépendances On y remarque une grille, dont le dessin a été donné, dit-on, par Rubens. Celte résidence féodale et les cens qui y étaient annexés forent successivement relevés de la cour féodale de lira ban t par les personnes dont les noms suivent :

Béatrix Lombacrts et son mari Pierre Vandertommen ;

Gilles, leur fils ;

Béatrix Vandertommen et son mari Henri Vanderpoirtcn (relief de 1494);

Jean Vanderpoirtcn, fils des précédents (r. de 148Ô);

Jean, fils du précédent (r. du 23 janvier 1508-1509);

Gilles, fils de Henri, et cousin de Jean (r. du 25 août 1527);

Guillaume Van Wailwyck, qui fut depuis receveur général de la Wcst- Flandre, et Marie de Locquengbien, par achat (r. du 16 juin 1542);

Maître Lambert de Briaerdc, chevalier, et sa femme Marguerite Mi» cault, par achat (r. du 24 décembre 1549). M. de Briaerde naquit» Dunkcrque vers l'an 1 490 ; il fut nommé par Charles-Quint maître des requêtes au parlement de Malincs, le 1er janvier 1521-1522; appelé, dix ans après, au conseil privé, et élevé, en 1532, h la dignité de président du parlement de Malines, ce jurisconsulte sut mériter la confiance de l'empereur, qui le consultait sur toutes ses affaires, lorsqu'il se trouvait aux Pays-Bas. On publia à Anvers, en 1502, un traité qu'il avait écrit en flamand sur la manière de procéder suivant les dispositions du droit écrit, dans les causes personnelles, criminelles, réelles, mixtes et bénéficiales. Il fut marié deux fois, et mourut à Malines le 10 octobre 1557; on lui donna la sépulture dans Téglise Saint-Jean de cette ville, où il avait grandement contribué à la construction de la chapelle dite du Vénérable ». Sa veuve, Marguerite Micault, qui ne mourut que le 26 octobre 1596, acheta, le 6 février 1558-1559, moyennant 2,150 florins, la part que le souverain possédait dans la haute, moyenne et basse justice de Liczele, et dans les cens payés par les habitants de ce village. Selon le poëtc dcMerchtcn, elle montra aussitôt sa générosité, en instituant à Liczele une loi, c'est-A-dire nu échevinage complet. Elle était sœur de Nicolas Micault, seigneur d'Indeveldc, dont les descendants devinrent depuis seigneurs de Steenhuffel, de Malderen, etc.

i Uncvucdecochàtoau se trouve dans De Cartillon, I. c., p. 16*. * P.tQtlOT, t. Il, p. 311.

Messire Nicolas, fils de maître Lambert et de sa première femme, Mûrie II. m ne mu, releva le château de son père, le 31 décembre 1557 ; il mourut en 1581, laissant quelques enfants d'Adricnne de Deurnagle. Sa sœur Livine, que le président de Matines avait eue de sa seconde femme, et qui épousa Gisbert de Bronchorst, eut aussi sa part dans ce fief et dans la haute, moyenne et basse justice du village. Ses héritiers relevèrent ses droits, le 31 mai 1000.

A Nicolas succèdu son neveu André Sandelin (relief du 2G novembre 1587); puis :

Messin: Adolphe de Ileetvclde, époux de Catherine Sandelin, ses deux enfants et ses cohéritiers ;

Messire Jean de Bourgogne dit Falaix et sa femme Catherine Slrickacrt, par achat (r. du 31 août 1000);

Nicolas, leur fils (r. du 20 septembre 1013);

Antoine ét Jeanne-Marie, eufunts du précédent (r. du 23 mai 1020); Antoine prit de nouveau en engagère lu justice et les cens du v illuge, que le domaine avait rachetés en 1007, et qui furent depuis acquis, moyennant 2,200 florins, par le comte de Grimberghe (6 septembre 1030), qui ajouta ensuite à celle somme 1,400 florins (10 avril 1038) ; plus tard, le lils du comte Eugène de Bergues cédu ses droits sur Liezele au baron du Fay.

Messire Ferdinand Lccocq, seigneur de la Molle, par aebal a Marie de Bourgogne (r. du 28 juillet 1032);

Ferdinand Leeocq, lils de Baudouin et neveu du précédent ( r. du 27 juillet 1644);

Gaspar Lccocq, successeur de son frère, qui uvuil fuit profession ù Guud (r. du 5 avril 1050);

Les enfants de Gaspar (r. du 2 octobre 1083);

Messire Cliarles-FrauçoLs Van Blylevcn, seigneur de SaiubJcan-Gcesl, par achat (r. du 2 octobre 1085);

Isabelle de Potière, veuve du précédent (r. du 20 janvier 17<H);

Messire Alexandre-Joseph Hubeus, receveur général du domaine au quartier de Malincs, puis receveur général des Finis de Brabunl au quartier d'Anvers, seigneur de Vremdyck, lils de François Hubens et pcliflils du célèbre peintre, et su femme Cuthcrine-Philippinc Van Pur) s, mi nièce ù la mode de Brclagne, avec laquelle il fui enterré dans la chapelle de Hubens, à Anvers; par achat (r. du 20 décembre 1712) ;

Alexandrc-Jacqucs-Joscph Von Purys, docteur en droit et en théologie, prêtre, neveu du précédent (r. du 20 mai 1752);

Jean-Baptiste Vun Parys, docteur en droit et en théologie, chanoine de Saint-Jacques à Anvers (r. du 14 mai 1750);

lsabelle-Alexandrinc Van Parys, et son mari, François-Frédéric de Rcspani, noble vénitien, créé comte de son nom le 30 mars 1757, et mort deux années après; Alexandre-Joseph-François, comte de Respani, seigneur de Vrcmdyck. Catherine-Hyacinthe, sœur du précédent, épousa, le 21 juillet 1765, Jean-Baptiste Vanderfosse, fils de Guillaume-François, conseiller pensionnaire de In ville et chatellenic de Furnes. M. Vanderfosse fut successivement, en 1774, pensionnaire de la ville de Malines, eu 177C, membre du grand conseil siégeant dans la même ville, et, en 1791, conseiller du conseil privé. Il laissa deux fils, qui ont tous les deux parcouru une brillante carrière administrative. L'atné, Alexandre-Frnnçois-Ghislain, vicomte Vanderfosse, remplit, pendant plusieurs années, les fonctions de procureur général à la cour supérieure de justice de Bruxelles ; puis, celles de gouverneur des provinces d'Anvers et du Brabant septentrional. Le plus jeune, Hyacinthe-Charles-Guillaume, devint d'abord directeur du domaine, à Bruxelles, ensuite bourgmestre de celte capitale, et enfin gouverneur du Brabant méridional. Lors de la révolution de 1830, ces deux frères, fidèles à la dynastie qu'ils avaient servie pendant quinze années, lui restèrent dévoués ; le dernier mourut à Aix-la-Chapelle en 1855, l'ainé ne rentra en Belgique qu'après le traité de 1859, et y mourut en 1841 . Leur château de Liezele appartient aujourd'hui à M, Demeure.

Alexandre-Joseph Rubens et sa femme ajoutèrent à leur chAteau de Liezele une cour féodale chevaleresque (ridderlyke leenhof) dite 7e«- Steen, qui s'étendait sous Malderen et Sleenhuflel (r, du 17 mars 1719); elle avait appartenu avant eux à la famille Jacobs, Quelques auteurs mentionnent, comme ayant existé à Liezele et appartenu aux Lecocq, un chAteau de Liefkenrode, Baudouin Lecocq, seigneur de Wulvcrghcm, eut en effet pour épouse Françoise Van Laelhem, dame de Liefkenrode, morte en 1652, fille de Philippe Van Laethem, communemestre de Malines, mort en 1625, petite-fille de Jean Van Laethem, écoutète de la même ville, mort en 1618. Ce dernier avait eu pour parents Jean Van- Laethem, échevin de Louvain en 1586, et Catherine d'Udekem, et pour aïeuls maternels Léon d'Udekem dit Cool et Catherine de Liefkenrode.

Une petite habitation, toute gracieuse, et cachée au milieu d'arbres et de prairies, entre le village et Puers, appartint successivement à :

Gilles Vandenbroke ou Vandenvoirde;

Catherine T'Scraerts, fille de GiselbertVandenome, nièce du précédent; Jean Van Coelhem (relief de 1590); Jean Van Mcsscnbroeck ;

Franc Van Halen, en vertu de lettres échcvinales de Louvain (relief de 1458);

Franc, son (Ils (r. de 4485); Franc, lîls du précédent (r. du 25 novembre 1505) ; Jean, Franc et Henri, fils de Franc (r. du 27 août 4524); Franc Van Haelcn et ses frères et sœurs, enfants de Franc (r. du 30 avril 1575);

Frtfnc Van Haelen et ses frères et sœurs, enfants de Franc (r. du 6 mars 4602);

Pierre Mannacrt, chanoine de Zellaer à Malines, par achat (r. du 44 juillet 4 028);

Maître Jean Marecls, pensionnaire de la ville de Malines;

Maître Pierre-François Mareels, son fils, licencié en droit, puis avocat au grand conseil de Malines (r. du 46 décembre 4676);

Messire Philippe-Charles Henriette, seigneur de Jupplu, et sa femme Isabelle Morccls (r. du 16 juin 1688);

Jcan-François-Bcrnard Henriette, leur fils (r. du 2 octobre 4700);

Einmanucl-Théodore-Josepli D'Henriette, fils du précédent (r. du 4 février 1732);

Pierre-Paul-Frans, son frère (r. du 7 janvier 4744);

Marie-Madeleine Dclau, veuve du précédent, et leur fils, Ladislas- Alexandre D'Henriette (r. du 29 décembre 4766).

On appelait ce fief t'hoff Vandenbroecke ou 't goet te Droite; il relevait du Brabant, ainsi que sa cour féodale et sa cour censalc. Le chanoine Mannacrt y annexa un bonnier de terre, une cour féodale de 18 hommages, une seigneurie foncière de 24 censitaires, un droit de cinquième gerbe, le tout tenu en fief des De Bcrgues, et qu'il acheta à Mar.ie Marotelle, veuve de messire Philippe Vuystaert, et à son fils Pierre Vuystaert, seigneur de Waldncr (relief du 18 mai 1630).

Citons encore les deux fiefs que les barons de Leeuw, de la maison de Koosc, relevaient des ducs de Brabant et des seigneurs de Grimberghc : le premier comprenait 5 journaux de terres au tappelle velt, un hommage, 50 tenanciers, une cour censale ayant le droit d'adhériter et de déshériter; le second ne consistait qu'en 6 journaux de terres. Henri, fils de Gilles de Marselacr, en fit le relief le 25 février 4406-1407. Marguerite Vandenbroecke, femme de Paesschcm ou Pâque Van Calonnc, les hérita de son frère Pierre (r. du 4 août 4503), et les laissa à ses filles Aime et Catherine Van Helt ou S'IIelts (r. du 23 février 4542-1543). Anne, après la mort de son mari Philippe Van Ysenborch, les légua a maître Pierre Mairtellc (r. du 24 juillet 1551)), après quoi ils passèrent à Barthélémy de Leeuw (r. du 50 mai 1614), puis à la famille Uwcns, dont le patrimoine échut plus tard aux Roosc.

nrsTomc

Il serait impossible de préciser lequel de tous ces petits fiefs apparie» unit à Henri de Liezcle qui est cité, au mois d'août 124;i, dans une charte concernant la collation de la cure de Merchlen, et, en qualité de tenancier (cenwariw) du duc, en février t2G4-12G5. Nous avons; déjà parlé de la haute justice du village. De temps immémorial, Ic3 seigneurs de Grimberglie possédaient, a* Liczele, comme dans leurs autres domaines, le droit d'autoriser l'établissement de moulins : l'acte par lequel la chambre des comptes accorda à Ferdinand Lecocq le droit d'y ériger un moulin à eau, le 15 février 1655, atteste l'existence de cette prérogative. Liezcle, dont In population s'élève aujourd'hui à 927 âmes, ne comptait, en 1570, que 200 communiants. Les guerres de- religion réduisirent ce nombre a 70; il était au contraire doublé en 1742. En 1 7G2> le village avait CSG habitants, dont 4!)G communiants et 140 cnfanls> cl, en 1769, 559 communiants.

La première mention que l'on rencontre du village de Liezcle date de l'année 1159, lorsque Pévéquc de Cambrai, Nicolas, donna à l'abbaye d'Aillighcm le patronal de son église, qui n'était alors qu'une chapelle. Cet édifice religieux a pour protecteurs spirituels la Vierge et saint Jean- Baptiste. Le chœur fui rebâti de fond en comble, en 1758. Le célèbre architecte Philippe Mculemans, frère dominicain du couvent de Mnlines, donna les plans de ce chœur, qui a îiO pieds de long sur 22 de large; sa construction coûta 5,125 florins, dont 1,200 furent payés par l'abbaye d'Aillighcm; afin de mcllrc la commune à même d'intervenir dans la dépense, le prince de Saint lui céda deux bonniers de bruyères, qu'il permit de défricher. Eu vertu d'un ordre de l'archevêque, l'archidiacre Foppens procéda, le 51 mai 1759, à la consécration de la nouvelle abside de l'église de Liezcle. Le restant de l'église, qui était en fort mauvais état en 1779 et 1780, fui reconstruit vers celte époque, sauf la lour; celle-ci, qui s'élève au-dessus de l'entrée du cho'ur» allait être démolie, puis réédifice en tète de la nef, lorsque survint la révolution française. Les dimes de la paroisse se partageaient par tiers, entre le monastère d'Afilighem, le curé, cl un laïque, le possesseur de Vhoff mette Clooten. 11 y avait à Liezcle une chapelle de Notre-Dame ou des Ames. Suivant quelques élymologistes, Liezcle signifie la demeure de la frontière, la lisière; le village forme en effet une véritable lisière, entre deux ruisseaux, cl il est placé sur la frontière de la Flandre et du Hrabant Gramayo, cet intrépide défenseur d'origines hasardées, fait dériver ce nom des mots FAse selc, El'me domus , la maison de Sainte- Èlisubelh, parce que, dil-il, il se trouvait autrefois en ce lieu un bégui-

1 km (.lim.i i. . dans les tiullelim dt la Commiiston < rulralc tic UatUtiqur, t Hl, j>. ?6î.

&ES ENVIRONS DE MUTXELLES . ni

nage et un hospice Comme rien ne confirme celte assertion, nous préférant traduire Liezele par V Habitation </w lUtisseuu : /iew, ieye, lee, est la dénomination que l'on donne, en flamand, aux cours d'eau et surtout aux dérivations artificielles; or, le ruisseau qui traverse la commune du sud au nord semble devoir son existence h la main d<' l'homme.

• GuaiVE, tWurrlla, p. l'i. 3G, dan* Knici.im.ni. I r

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