‹ Histoire des environs de Dieppe comprenant les cantons de Longueville, deChapitre 4 sur 10 · Xecorbtev. S · texte numérisé non relu

Xecorbtev. S

Cottloette. %, ISar be. Ciit^rett. ^ tiev. S. follet, ^entiflyn 9e]i ebaratpd. ^. J'ouv nel. Carbon.

Kottt^ier et 3. ISoit ttUei;'.

1 Cette inscription doit être lue de la manière suiyjuite : En l'an mille cinq cens et dix , Fut cette tour cy oonmencée £t en ce dit an achevée Par la pluspart des citoyens De Tostes , les parrojssiens ; Parquoy je rens grâces à Dieu , Moy, qui suis vicaire du lieu , Apcld GuiUaume Fournel ; Maitre Pierre* Jacques Roussel Et les tresoriés : Jean Fournel , Jean Déschamps , Guillebert Jobart , Et Jean Gossette d'autre part.; etc.

BOl^AG D£ TOTES. It

A l'époque des guerres de la Ligue, le b«ipg dé Tôtes» comme tonte la contrée voisine, fut mis dans un état complet de dévastation. Le 7 mars 1587 , le brave commandeur Aymar de Châles , gouverneur de Dieppe, se rendit à Tôtes, muni d'un sauf-conduit de la Ligue» à Teffet d'y avoir une conférence avec le fameux de Villars, que les Ligueurs avaient nommé gouverneur de Rouen. « L'objet de cette entrevue, dit l'auteur des Mémoires chronologique» êur Dieppe, etoîl de la part duroi, de gagner ce dernier parle moyen de M. de Chates; comme laLigue, de son côté, vouloit s'acquérir celai-ciparlasollicitation de M. de Villars. » La conversation fut longue et animée ; mais ni l'un ni l'autre des deux plénipotentiaires ne voulant être infidèle à son parti , on quitta Tôtes sans avoir rien résolu, et la guerre civile continua plus aiïreuse, plus acharnée que jamais.

Aujourd'hui , l'heureuse situation du bourg de Tôtes au croisé de deux grandes routes , l'activité de ses habitants , la richesse des campagnes qui l'avoisinent , tout promet à ce lieu , pour l'avenir , accroissement et prospérité.

Déjà on y a réuni l'ancienne paroisse de Bonnetot. Cette paroisse avait des seigneurs particuliers dès le commencement du XI^ siècle. £n. 1^6, le sire de Bonnetot aciH>mpagna Guillaume-^le-Bàtard à la conquête de l'Angleterre, et combattit à la journée

m BOiH€ 0È TOTES

d'HasUngs. L'église de Bonnetot , aujourd'hui supprimée, était dédiée à saint Paër* C'était aux sires de Bonnetot qu'appartenait le droit de nommer les euré5 de cette église.

n se tient à Tôtes un marché le lundi de chaque semaine, et des foires le lundi de Pâques, le premier lundi de juillet et le 8 novembre. Le principal eomoMTce de ce marché et de ces foires consiste en merceries, graiifs et bestiaux, notamment en moutons.

Tdtes possède un bureau de poste aux lettres et un relais de poste aux chevaux.

La population de ce bourg est de 81 1 habitants.

Canton îre îotea.

Ce canton se compose de 26 communes , et renferme 14,928 habitants.

SAnrT-VicTOR-L*x\BBATE , à 7 lieues 1/2 ( sud ) de Dieppe, et 1 lieue (est-sud-est) de Tôtes, se trouve sur une hauteur, au milieu d'une vaste et fertile plaine, et est traversé par la route de Neufchâtel k Yvetol. Ce bourg n'était encore qu'un simple village , lors* qu'un clerc , mommé Tormor , à qui cette terre appartenait , le donna , en 1051 , avec l'église , les dîmes , le patronage et tout son patrimoine , k

CANTON DE TOTES. r;

Tahbaye de IMnt-OueA de Rouen. Nicolas, aUié de ce monaslère , envoya aussitôt à Saint- Victw quelques religieux sous la eonduife d'un prieur. Dans un concile tenu en 1074, Jean de Bayeux, archevêque de Rouen, cédant aux prières de Roger deMortemer, érigea, du consentement des religieux de Smnt-Ouen et avec Tapprobation de GttiUaume, duc de Normandie et roi d'Angleterre ^ le prieoré de Saint-Victor en abbaye. Cette érection eut lieu à la condition quaprès la mort de chaque abbé , ce serait celui de Saint-Ouen qui choisirait le nouveau titulaire, et ainai de suite à perpétuité^. On ajouta que , s'il arrivait un jour qu*on voulût troubler Tabbé de Saint-Ouen dans l'exercice de ses droits et de sa prérogative , le monastère de Saint-Victor , par ce seul fait, rentrerait aussitôt dans son premier état de prieuré , sous la dépendance perpétuelle et irrévocable de l'abbaye de Saint-Ouea de Rouen. Ces mesures paraissaient bien prttes ; Gaillaume-le- Gonquèrant d'abord , puis le pape Alexandre IV , vers le milieu duXIlP siècle, avaient successivement ratifié toiUes les conditions du traité. Cepen* dant l'abbaye de Saint*Ouen, àla suite de nombreux et violents débats, finit InentAt par perdre tous ses

* Parmi les àhhés de Samt-Viclor-en-CiMix on ronarque le moine Achai-cl , mort cvéque d'Avranchcs le 29 mars 1171. Il a com|>oié en latin {Jnsienrs e'crîls ascétiques, qm sonl restés manuscrits.

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M CANTON DE lOTES.

droits sur e^àe de Saint-Victor. Cette dernière eut lieaucoop à soaiïrir des guerres du Protestantisme et de la Ligne. Au mois de juillet 1589 , le sieur de Saint* Vincent, à la tète plusieurs compagnie» de Li* guevrs, s'était fortiSé dms cette abbaye. Delà, deux cents ari[fi^U8iers allaient , sons ses ordres , parcourir el rançonner tout le pays environnant. Le gteéreux de Cfaates, gonveroeur de Dieppe, résolut de venir forcer cette espèce de place de guerre , à la tête de Quatre compagnies de soldot^et de deux compagnies de bùurgems. Il s'avança avec4»a cavalerie et quelques pièces de canon. Les ennenns voient de cafHtul^, lorsque tout-à-coup apparurent le duc d'Aumale etlessMiurs de BrÎFsac et de la Lande» à la tMe de trais mille hommes d'infanterie et de cinq cents chevaux. Ils fondirent sur les royalistes, qui perdir^rt aept officiers; cep^idant, malgré cet avantage , les Ligueurs crurent prudent d'opérer leur retraite^ ettfuelqves jours après ils quittèrent définitivement Fabbaye ^e Saint-Victor. Bpuisée ainsi à la sœte des guerres , des divisions intestines et de la dissoluâon de ses habitants , cette abbaye avait, pcmr ainsi dire, cessé d'exister près deux cents ans avant révolulion de 89. Toutefois, elle n'avait pas été sécularisée ; les abbés s'y étaient môme succédé l'nri à l'autre avec assez de régularité ; mais ^ pour jouir seuls de tous les revenus de

Util tMMm

cette maison, ces abbés avaient eu soin délaisser mourir les religieux sans leur en substituer d'autres. Qaant au service de la paroisse, il se faisait, comme à Eu, à Montivilliers et ailleurs, dans Tégise abbatiale. Cette église , qui existe encore aujourd'hui en partie« avait deux autels et deux nefs ; le premier autel, dédié à saint Victor, était pour les moines, et le second, dédié à saint Jfour, pour les hdntants ^. Actuellement , il ne reste plus , de tous les bâtiments de cet ancien établissement religieux , qu'un grand corps de logis à usage de maison. Cette construction est moderne, excepté néanmoins un magnifique cellier ou cave, qui devait être autrefois la salle du ebapitre ,et qui appartient aux XIH* et XVI* siècles. Les piliers, les arcades , les nervures t sont dignes de l'attention des amis des arts. A peu de distance de ce cellier, derrière le chœur de l'église, et aa haut de la muraille , à l'extérieur , on aper*

1 Le patronage de la paroisae était attaché au fief teigoeirial de Saint-Victor, et comme ce fief, partie intégrante de la baronnie do même nom , appartenait au coûtent , c'étaient encore les abbés qui se trouvaient avoir le droit de choisir et de nommer les curés chargés de la direction spirituelle des habitants.

Outre ce patronage , les abbés de Saint-Victor avaient celui du prieuré de Saint-Tijoraas-sur-Scie , et ceux des paroisses de Betteacombre, Dancourt, Saint-Hellier, Saint-Maclou de Folleville, Saint- Ouen-sous-Bellencombre , Preuseville , Saint-Bemy-en-Riviére , Saint-Bioquier-sur-Yéres, Sévis et VassoBville (em partie). Presque tout« s les dîmes de ces paroisses , immenses alors , appartenaient à ces abbcs fainéants.

4a CANTON DE TOTES.

çjit une niche dans laquelle se trouve une assez belle statue de Guîllaume4e-Conquérant. Cette stalue» en pierre, est du XV^ siècle. Elle est accompa^ée de ces deux inscriptions latines :

IKGUA TICTOBEM, DOMINVM QUElf KKUST&IA SRKSIT, LIMI5A YICTORIS SE&TAT AMICV SVt.

an ttiOCXL HiHC imMicA ukvvs : vigil excubat ueeos^

X6T DEUS IPSB IHTUS : C&EIIB , PAYESCE , €OLE.

GVtLLElMOa COHQUBSlOm

ANGLO&VM BfcX, KORMANNO&UM HVX ,

4BB.4TIA 8ANCTI VICTO&IS Fr50ATI0NEM COVFIEMAYIT

AHNO SALUTIS 1074.

£n face de cette statue , tout derrière le chœur de Téglise , et dans le jardin appartenant au pro- « priétaire actuel de l'abbaye » ou remarque une énorme motte ronde , faite de main d*homme » et destinée très-probablement à découvrir au loin la campagne. Si cette motte n*a pas été élevée durant les guerres de la Ligue, son origine doit remonter à Tépoque gallo-romaine, puisque tous les TumuKf Castella ou Turres, élevés à cette dernière époque, ont précisément la même forme et la même dimension. — Le principal commerce du bourg de Saint- Victor , consiste en bestiaux et notamment en chevaux. Il se tient en ce bourg un marché le jeudi de chaque semaine , et des foires le 21 juillet et le 28

octobre. La population de Saint-Victor est de 591 habitants. — Cest dans ce bourg que naquit le ligueur Delaplace, soldat renommé par sa bravoure, Deiaplacefut un de ceux qui contribuèrent le plus à forcer Henri IV i en 1591 f à lever le siège de la Tille de Bonen.

ÂNGLESQusYiLLE-sum-SAANB , à 7 lieues ( sudsud-ouest ) de Dieppe* et 1 lieue 1/2 ( nord-ouest) de TÔtes , se trouve dans une étroite vallée entourée de tous côtés par des bois touffus» et sur la la rivé droite de la rivière de Saâne. Quoique ion traduise souvent son nom par ^ngltca Villa on Anglici Villa, ce bourg est appelé , dans nos plus anciens titres» Anshc Villa ou Terra filiorum Anslech. Il est donc certain qu'il doit son nom à Ânslecb de Briquebec, l'un des personnages les plus illustres de la cour de Guillaume-Longue-Épée. C'est probablement aussi de ce même seigneur que les paroisses d'Anglesquevîlle-l'Esneval , Anglesqueville-les-Murs , Anglesqueville-la-Brâlon , etc., ont recula dénoilfiination qu'elles portent encore aujourd'hui. Quelques titres appell<rnt aussi Anglesqueville-sur- Saâne» Anglcsqueville-la-Mal-Conduit. En 1059» Itaoul de Varenne et Emma sa femme cédèrent à l'abbaye de Sainte-Catherine de Bouen , l'église » le patronage et les dime» de l'église d'Anglesqueville-

^ CAÎSTON DK TOTES, '

sar^Saâne : la charte de donation appelle cette paroisse Angliea Vitta. Ce monastère ayant été détruit, ce fut aux chartreux de GaiUon-1' Archevêque qu'appartinrmt désormais les dîmes de Téglise d'An* glesqneville. L*architeeture de cette église est tout entière du style de transition du XII® au XlII^siècle. Il y a environ cent ans, le bourg d'AnglesquevilIe fut presque entièrement eonsmué par les flaunnes. Anglesqueville possède des blanchisseries de toiles eC des tanneries. Toutefois, le principal eCommerce <te cet endroit consiste en grains «volailles, œufs et beurre pour l'approvisionnement de Paris» Il se tient à Anglesqueville-sur-Saftné unefdire toosl^ ans, le 5 juillet et un marché, autrefois irès-fréquenté, le samedi de chaque semaine. La population de ce bourg * est de 44)6 habitants ^ .

. 1 ImbleviUe, dans la fralic^ de la Saâne, à 6 lieues 1/4 (sud-sudouest) de Dieppe , et 2 lieues (nord-ouest) de Xôtes , possédait , dés fllO , une ëglise paroissiale dëdiëe à êennt JeanSaptùte. Cette <!glise appartenait en 1141 à Tabbaje de Saint-Wandrille. Biétruite pendant Poccupation anglaise , entre les années 1419 et 1448 , cette c^glise ne fut reconstruite que soixante-dix ans après, par les seigneurs dlmbleville et les religieux de Saint- WandriUe. Elle fut dédiée le 18 mai 1522. En 1563 , les Protestants s'éUient fortifiés dans la tour du clocher, qui^ solidement construite en grès, pouvait opposer aax assaillants une résistxmce certaine. On prétend que Pon aperçoit encore sur cette tour de nombreuses traces de balles et« âfi biscayens. A Pintérieur de l'église, en face de Pautel, on trouve, dans le chœur, deux andennes pierres s^>ulcrale8 ibrt curieuses. La première représente un chevalier, à la tête noble et belle et

ax)x cheveux longs , vêtu de la cotte de tnaiÛe , uyant a ses côtés

CÂiNTOW m TOTKS. 43

AuFFAT, dans la Tallée et sur les bords de la Scie, se trouve à 6 lieues ( sud ) de Dieppe , et 1 lieue 1/4 ( nord-nord-est ) de Tôtes. H est appelé daus les anciens titres latins, AUifagus, AUafagus, etc. Son origine, à en juger par les objets antiques qui ont été trouvés dans le sol où ^'élève aujourd'hui ce bourg, ainsi que par les rest^ de retranclieinents qui se remarquent encore sur les hauteurs voisines, doit appartenir k une époque assez reculée. Les vieiltes archives de la paroisse de Toussaints faisai^t men-

le glaive des ^erriers et un écusson mutile par les yaudales de 93. Sous ses pieds est un lëvrier. Autour est gravée cette inscription , en belles lettres gothiques : Ci gist monsegneur lohan de Lind^oef, cheualier, qui trespassa Van de grâce M. CCC. IIII, le iottr de la (este sanct ff glaire. Des ait merci de same. Amen, Sur chacune dci bandes latérales sont treize ëcussons, entièrement efi^cés. L^autre tombeau repre'sente une femme, vêtue de la mantifle , élégamment drapée. Autour est cette inscription , également en lettres gothiques : Ichi giet madame Phelippe Mag, famé monsegnour lohan de Idndehoefqi trespassa lan,., M. CC. LXXXX, le tour de la Magdalene. Des ait same. Amen. Les bandes latérales de cette tombe présentent douze écussons : malheureusement , les signes héraldiques ont été entièrement effacés. Dans le cimetière , à peu de distance du portail septentrional de Téglise , on remarque une fort jolie croix , en pierre et en grès , sur le pied de laquelle est écrit : noble home Phi es de Dampierre a donne ceste f M. F^^ X. On remarque aussi sur cette croix , et sur le cintre de la porte qui se trouve au pied de la tour du clocher, plusieurs écussons représentant un échiquier, trois carreaux ou losanges , etc. Ces dernières armes sont incontestablement celles de la famille de Dampierre , qui \iOTia\t d* argent à trois carreaus de sable. Cette famille possédait ïmbleville à l'époque de l'occupation anglaise. Lé manoir seigneurial , parfaitement conservé, appartient aujourd'hui à M Pierre-

Googk

44 CiNtON DE TOTES,

tion d'un Guilbert d'Auffay ( Gulberlui d' Al fait ). L'église d'Auffay fat 8uccesslvemeat paroissiale, collégiale et prioriale* Il y existait des chanoines dans le XF siècle. Cette collégiale ayant été domiée à Tabbaye dç Saint-Evroult > avec tons les biens et revenus qui s'y trouvaient attachés * ce monastère, comme c'était alors!' usage, suf^rimalea chanoines et les remplaça par des cénoUtes. Vers Faa 1060 , du temps de l'abbé Robert de Grente-mesûil, Richard d'Auffay confirma aux moiMs de Saintr-Evronlt la possession de toutes les dîmes et

François Le Hayer de Bimorel, lieutenant-colonel en retraite, chc valier des ordres royaux et militaires de St -Louis , de St-Ferdinand d*£spagne et de la Lcgion-d' Honneur. Ce manoir, quoique en briqoes, est d*une construction fort remarquable. Les tourelles, dont ses quatre angles sont flanquées , produisent de loin un bon effet dans le paysage. Avant la révolution, ]e froiitispice de ce mano'r portait, sur une table de pierre , brisée par les amis de la Kberté en 93, l'inscription suivante : L*an de yrace l49i , noble homme messire lanon de Dampierre , chevalier, sieur de biville-la-Baignard et autres seigneuries , fit édifier celte maison. Et etoit pour lors sa femme noble dame Marie de Gonnga. Leurs hoirs feront leur devoir de prier pour eus. Au-dessus de cette inscription , un large écusson représentait les armes de la famille de Bampierre et celles de la maison de Gonnis. Ces dernières étaient vairé . d'argent et d'azur. On trouvait aussi , dans la cour de ce château , une cbapclle dite de la Sainte- Fier ge, laquelle fut érigée en titre par décret du 21 août 1686. La terre d'Imbleville a long-temps appartenu à Mlle de Civille , fille du fameux chevalier de Civille , qui trois fois dut périr, et que dans sa vieillesse d'amour on vit mourir. En 4738, c^'était aux seigneurs d'Imbleville qu'appartenait le droit de nommer les ciu'és de cette paroisse. La population d'Imbleville ist de 655 habitants.

prébendes de l'église d'Âuflay , et c'est surtout de^ puis cette époque que celte église porta le titre de prieuré , tout en demeurant paroissiale , comme elle l'avait toujours été jusqu'alors. Les religienx-de Saint-Evroull devinrent en méme-temps propriétaires des dîmes» biens et revenus des églises de Beaunay, Cent-Acres, Saînt-Denis-sur-AuflTay , Notre-Damedu Parc, etc., etc ,qui appartenaient alorsau prieuré d'Aulîay. Avant la révolution , l'abbaye de Saint- Evrottlt possédait encore les grosses dimes de la plupart de ces^ paroisses et de plusieurs autres des environs â. — Outre le prieuré , il y avait encore à AuflTay : 1<>, Une chapelle proprement dite ; 2®» une maladrerie ou hospice pour les lépreux ; et 3<>, un hôpital civil. — La chapelle» dédiée à la sainte Trinité, se trouvait sur le fief de BosniesU ou Bosc-*- Merlêlf et c'étaient les propriétaires de ce fief qui en nommaient les desservants. Hugues Merlet , dont elle portait le nom , l'avait donnée, vers Tan 1 060 « et aussi sous l'abbaliat de Robert de Grentemesnil , h l'abbaye de Saint-Evroult. Cette chapelle , qui , plusieurs fois détruite par les guerres, s'est toujours relevée de ses ruines et existe encore aujourd'hui, était alors fort riche. Outre ses propres revenus ,

1 An commencement du dix^huHiéme siècle , le seul titre de prieur il'Auffay vaïait encore deux mille livres de rente.

M ' càmow de totes.

elle jouissait Micore de plusieurs dîmes ^^ —-Quant à la léproserie d'AuQay» elle existait dés 1159^ dans un emplacement connu sous le nom de Clos^ Jaquel. Cette léproserie ayant été supprimée , ses biens et revenus détournés, suivant la coutume du temps, de Temptoi qu'on eût toujours dû en faire» avaient été partagés en deux portions , et , sous le titre de bénéfices « comme nous le voyons par différents actes des années 1530 et 1564 , avaient été complaisamment donnés à des gens qui , déjà trop riches par eux-mêmes, ne rendaient aucune espèce de serviee à la société. C'est a partir de l'époque de cet(e suppr^ion, que l'enclos de ta léproserie était devenu^ et fut toujours depuis» 2e plus grand et le plus ancien cimetière 4e la paroisse. La chapelle de cet établissement, si utile dans son origine » était placée sous la triple iovocatiim de saint Claude, saint Mor' dou et saint Quentin. — Comme les lépreux seuls pouvaient être reçus dans cette maison , on avait été obligé d'étahUr un antre hdpital pour les pau** vres malades, gens infirmes ou âgéSi^ originaires da

* CVst à tort que lei registres de l'archer^cfaé de Rouen , de Tan 4621 , donnent à la chapelle de Bosmeslet le nom à^EpreviUe, Toutefois , comme on y avait réuni les biens et revenus d*une ancienne léproserie appelée Saini-Nivoloê de Beuville , et située en la paroisse de Saint-Denis-sur-Auffay, il est probable que le mot EpropilU aura été employé par erreur à k pbKre de celui de Beuville.

C4NT0N DE TQTES. 4t

pays. Ce dernier hôpital était encore sur pied en 14T2. — Ces diverses circonstances, ainsi que celles qui ¥^nt suivre , prouyettt qu' Auflay devait avoir ancienn^iiiesrt beaueoiip plas d'importance qu*U n'en a aojoiid'hoi. En eSfet , diffiérmts ae4e& de0 XIII^, XIV® et XV« siècles , nous apfprennent qu'il s*y tenait alors , toutes les semaines de Tannée , un marcbé» dont la durée était de trois jours» le jeudi , le vendredi et le samedi ^ . Lorsque les États de la province de Normandie se raisemblèrent à Pont- Audeoier, au mois de mars 1351» on trouve parmi les députés Johan Goubert et Golart Lefevre, pour la ville d'Auffay. Auffay portait alors» et porta eaeore long^temps après, te titre de barounie^. Malheureux ment, les guerres dea Anglw, du Protestantisme et de la Ligue vinrent bièntât apporter t&, comme ailleurs, le pillage t la dévastation et la mort. Après l'occupation an^aise , la midilié de k ' ba^naie d'Auffîiy, qui, suivant une intormationde Tan 14dâi, rdevait alors du comté do Tancarvillet était toînbée

< Ce marché de trois jours existait encore dans le siècle dernier. « On y débite , dit Vahhé d^xpilly dans son Dicttmtni^e Geogrehphiqtte , une grande quantité de cuirs et de crains. » AujourcVhiii on a supprime la journée du jeudi. Quant aux cuirs , il y a encore à Auflay un assez grand nombre de tanaeries, mats ce genre de commerce eat loin d'y être aussi considérable qu'autrefois*

* Avant la révolution , la scrgentcrie d'Auffay s'étendait encore sur cinq paroisses du voisinage.

'initi^nri hv.

de 887 livres de rente , somme assez considérable poorTépoqne, à 150 livres. — Au mois de mai 1589, un parti de Ligueurs s'était retranché à Auffay. Les royalistes de Dieppe, commandés par leur intrépide gouvemeur Aymar de Ghâtes et par un capitaine anglais du nom deWildausen, se réunirent au nombre de quatre compagnies, et, soutenus par de la cavalerie et deux pièces de canon , vinrent attaquer le bourg d'AulTay. Les Ligueurs, après quelques décharges, proposèrent de se soumettre ; mais le capitaine Wildausen et un autre chef royaliste nommé Fournier, lesquels attaquaient rennemi par le côté opposé, continuèrent à seliattre, ignorant les négociations entamées , et , durant que Ton discutait , forcèrent le retranchement. Les Ligueurs se rendirent à discrétion. Les Dieppois ne perdirent que cinq hommes dans cette affaire, et le brave Montpelé, un de leurs capitaines, fut de ce nombre. Au mois de Février 1591 , Henri IV était à Auffay. Plusieurs fob , avec ses troupes , il vint ^ dans ce bourg et à Saint- Aubin-sur- Arques , chercher, coiitre ses ennemis, un refuge , des munitions et des vivres. — Aujourd'hui, Auffay, par son heureuse situation, parait destiné à reprendre bientôt son ancien mouvement de vigueur et de vie. L'aisance y renaît de toutes parts : de jolies maisons s'y élèvent , de nouve^es routes doivent s'y

rendre. Toutefois , ce bourgs est principalement remarquable par sa belle église paroissiale , dédrée à la sainte Vierge. Le chœur decette église est admirable ; il date du XVP siècle. La nef est de la fin du XIV® ou du commencement du XV'. On remarquot de côté du raidi, deux fenêtres romanes dti XV siècle. La tour du clocher rappelle le style de transition du XII® siècle au XIIP . Le grand portail est du XVIP siècle. Ce temple est orné de magnifiques vitraux ; les nervures, les sculptures et les pendentifs de ses voûtes méritent aussi de fixer Tattention de Tami des arts. Une inscription» en lettres gothiques, placée au-dessus de la corniche du côté du midi , nous apprend que ce fut en Van mil CCCC LX et XIIII que la carpenterie de la nef fut faicle. — Près de l'église d'AulTay, se trouvaient les restes d'un antique château ; on y remarque des débris de murailles et une motte en terre fort considérable. Cette ruine est généralement connue dans le pays sous le nom de Vieux-ChasteL — Le principal commerce d'Auflay consiste en bestiaux, fils de lin et toiles de coton II se tient en ce bourg un marché le vendredi et le samedi de chaque semaine. Ses foires ont lieu le vendredi d'après le 24 janvier, le jour du Vendredi-Saint, le vendredi d' après la Pentecôte, le vendredi après le 27 septembre, et enfin tous les premiers vendredis de chaque mois. La popu-

1iih-r-fr ' I I M

SO CANTON Dfi TOTES.

ktion aciaelle de ce bourgesl de 1 ^2 habitants.- Auffay est la patrie de M* Nicolas Bignott* professear de rhétorique aa lycée deRouea » et aitidur de plasieurs ouvrages parmi lesquels nous remarqoom : 1«, Essai au Caun abrégé de Grammaire générale; 2®, Notice nécrohgiqM sur M. Fùmmge ; 3^, Parm^ phrase du Dies Ira en vers latins, etc. » etc.

0outg Tft IBacqumllt.

Situé en partie sur une haatear qu'environne une vasle campagne , et en partie dans une charmante vallée qu'arrose la rivière que l*on appelle la Vienne» le bourg de BacquevilLe se trouve , au milieu d'une contrée fertile , à 4 lieues il% (sud-est) de Dieppe, et 10 lieues 1/2 (nord) de Rouen.

Son ancien nom était Bœqueville-la-'Martel ; quelques chartes latines des XP et XIP siècles portent Baconis Villa ; dès Tépoque Carlovingienne , on disait Bascherythvilla. Ge dernier nom « qui est le plus vieux ^ paratt être le vérilable. ]1 doit venir de Basquer ou Baucher, que l'on retrouve également dans celui de Boscherville (BcUcherivilla).

Les Martels de Bacqueville formaient l'une des plus illustres familles normandes. Cette famille » suivant Orderic Vital • tirait son origine de Baldric ou Baudry, qui avait été surnommé le Teuton k cause de so^i pays natal. Venu en Normandie y vei^ l'an 1033 , pour y servir le duc Robert P^ Baldric

reçut de ce prince « à titre de récompense , le 6ef de Bocquencey (aurondmement d'Argentan). Le comte Gislebert de Brionne » tuteur de Guillaume-le-Conquérant» donna à ce fidèle et généreux chevalier sa nièce en mariage. De cette union sortirent six fils et plusieurs filles. Nicolas, l'atné des fils» fut sire de Bacqueville. Comme il avait épousé une petite-fille de la duchesse Gonnor, il est probable que cette terre lui avait été apportée en dot par sa femme. Ce qu'il y a de certain, c'est que Guillaume son fils, surnommé Martel, fut également sire de Bacqueville, et que c'est de lui que sortirent cette longue suite de seigneurs et nobles chevaliers que Ton voit briller avec tant d* éclat à la conquête de rAngleterre en 1 066 , à l'expédition de Jérusalem en 1 096 , et enfin dans toutes les grandes circonstances où il y avait du courage à donner et de la gloire à recueillir. Les sires de Bacqueville étaient alliés à presque toutes les grandes maisons féodales de l'Angleterre et de la France. Ils portaient pour armes un écu d'or à trois marteaux de gueide$^.

Dès le commencement du XI® siècle » il y avai! à Bacqueville une église paroissiale , dédiée à sahit Pierre, prince des Apôtres. C'était aux archevêques

1 Ces armies , que Ton voit encore aujourd'hui au-dessus de rime des portes et à Pintërieur de la sacristie de Tëglise de Bacqueville , étaient nussi celles des Goiistiraesnil , branche puinc'e des Martels.

j II

KomQ DE iiCQUEVILLE. SS

Ae Batien qa*apparienaieiit le patroaage ei la majeure partie des dîmes, fort importantes lAors, de cette église. L'autre partie de ses revenus appartenait à Tabbaye de Saint-Wandrille.

Cent ans après , la famille des Martels avait construit à Bacqueville un riche et puissant prieuré , dont l'église fut consacrée sous Tinvocation de la 9ainte Vierge^.

Les sires de BacqueviHe donnèrent ce prieuré aux moines de l'abbaye du Pin , diocèse de Poitiers ; mais, vers Tan 1131 , ces religieux le cédèrent à Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen, et, peu de temps après, celui^-cl le donna à son tour aux chanoines de sa cathédrale, avec tous les droits, biens et revenus qui appartenaient ou pouvaient appartenir à l'église paroissiale de Bacqueville.

Toutefois, l'abbaye de Saint-Wandrille, ainsi que nous venons de le voir plus haut , avait aussi quelques droUs sur l'église de Bacqueville. Ce monastère n ayant pas été consulté par le prélat au sujet de la donation que celui-ci venait de faire, les moines , d'accord avec Guillaume Martel , sire de Bacqueville , protestèrent contre les a^tes de l'archevêque , et la cession de Hugues d'Amiens fut déclarée nulle par le souverain pontife.

1 La y«^ritable origine du prieure de Bacqueville , suivant M. Ludovic Vîtct , remontait à l'ëpoque Carlovingicnnc.

Goegte

n\ BOUBG D£ BACQUEVTLLE.

Guillaume Martel, coinme héritier des fondateurs» . rentra aussitôt dans tous les droits dont ceux-ci aratent joui originairement» et, en 1133» donna à Tabbaye de Tirom et le prieuré de Bacqueville avec tous ses revenus et la moitié de l'église Saint-Pierre avec la chantrerie du anime Ii€u, etc . , etc . C'est ainsi cfue le prieuré de Bacqueville passa sous la dépendance des moines de Tirom. Dans la suite, ce prieuré prtt successiTemeut le nom de Smti^Mù^lin , puis celui de Saint^Blaise » sous lequel il était encore connu à Fépoque de laréTohition. Cet établissement s'étant trouvé ruiné dans les guerres affreuses du Calvinisme et de la Ligue » le pape Paul V» en 1607» le déclara éteint» et en donna les biens et revenus au collège de Jésuites de la ville de Rouen : Louis XIV confirma cette réunion en 1649.

Quant à Véglise paroissiale de Bacqueville » elle fut réunie» rers Fan 1238» à Téglise prioriale; mais » nonobstant cette réunion » suivant le Pouillé d'Eudes Rigault» il y eut toujours à Vacqueville deux curés.' En 1269» c'était l'abbaye de Tirom qui nommait l'un de ces deux curés : Fautre était à la présentation - des ^res de Bacqueville. Dans la suite des temps, lorsque le prieuré de 'Bacqueville fut détruit » ce furent lès moines de Crâville-la- Roquefort qui exercèrent momentanément ce patronage» mats, en 1637» les seigneurs de Bacque-

BOURG DIS llA€QtT£VILLS. <

vtlle recommencèrent k iMinmer ]m cnréd de len paroisse , et conservèrent toujours ce droit jusqu* Tépoque de la révolatton.

Le prieuré de Notre-Dame et Tégli^ paroissiail de Saint-Pierre ne sont pas les seuls édifices religieu qu'ait possédés Bacqueville darant le moyen-ftg( Un acte » conservé dans les archives de rarchevécfa de RoBen, nous prouve que » vers l'an liKSO » u seigneur, nommé Jelian deBosc-Robard, y foni aussi une chapelle dite de saint Léonard. Plusieu fois détruite par les guerres , cette chapelle s'éta toujours relevée de ses ruines; elle était encore se pied en 1476 ; mais, ayant été rasée de nouveau e 1562 par les Protestants, «lie a été définitivemei remplacée par ime croix de pierre, qui existe encoi aujourd'hui , et qui est toujours Tobjet de la \éni ration ides habitants de la eotttrée^.

En 1233 , il y avait aussi , sur Bacqueiville, ui maladrerie ou hospice pour les lépreux, connue soi le nom de Saint^Gilles. Cet hôpital, que quelqu anciens titres nomment à tort Saint^Leu , existait < 1458. Il était situé à pra de ^Ustance du chem iq^lé le senlier de la Maladie.

Guillaume Martel , dont nous avoM parlé pii

i DiffërenU actes, de» années 4627 et 1544, nous apprennent q c'était aux sires de Bacqueville qu'appartenait le droit de nomn le« desserrants de cette chapelle.

^ BOURG M. &4CQ|}£VJLtE.

haut» avail épousé une noble dame Aomniée Alberée (ouiluftrée) qui , es 1133 « approuva la charte par laquelle son mari donnait aux moines de Tirôm le prieuré de Baequéviile. Guillaume Martel avait alors un frère nommé Eudes* qui» ainsi que Geoffrot et Roger Martel* ses eofai^ts» approuva également cette donation*

C'est do l'nn de ees seigneurs que descendaient Guillaume Bia^et, II® du nom , dont l'artide soit* et Léonard Martel, sire de Saint-Vigor^:

Guillaume II Martel , sire de Bacqùerille et gouverneur du château de Pont-Audemer en 1346 r épousa Péronne de Rayneval. Il en eut deux fil» et une fille, savoir : 1% Raoul Martel; 2<>, Jean ou Jdian Martel, P' du nom ; et 3^, Agnès Martel , dont nous parlons dnaprès.

Raoul Martel, siredeBacqueville, étant mort vers la fin de Tannée 1369, sanslaisser de postérité, Jehan Martel , son frère , lui succéda dans la possession de toutes ses terres et seigneuries. Malbeureiisement , ce dermer mourut à son tour, le 2? avril 1370^ sans avoir eu d'enfants^ de lehanno d'Hoïkletot sa femme^, et la terre de. Baeque ville retourna à Agnès Mairtelf.sa sœur« ■., ^ . .

1 Cette partie de la généalogie des Martels a été complètement bouleversée par le père Anselme , dans son Histoire des Grands Officiers de lu Couronne (tome VIII* , page 209 ).

8 Jehanne d'Houdetot ne mourut que le 5 aôât iS96. -

90UR6 DB fi\CQUEVILLE. S7

Dernière hériliëre de^là branche atnée'des Martels, Agnès prit d'abord le titre de dame de BaequevtUe; mais, privée, comme ses frères, depostérkë^, elle ne voulut pas qu'après sa mort, cette t^rre , )a plus noble portion du patrimoine de ses aïeux , sortit de sa famille ; c*est pourquoi • dès le mois de novembre dé la même année 1370, elle en Gt don à Guillaume Martel , son cousin , fils de Léonard Martel , sire de Saint-Vigor.

Ce Guillaume Martel fut , par sa valeur^ 1 nn des hommes les plus illustres de son siècle. Seigneur de Bacqueville et de SainV-Vigor, chevalier, conseiller et chambellan du roi , illiit aussi porte-oriflamme de Francç; Son nom se trouve cité dans presque toutes les chroniques et légendes de Tépoque, et les habitants de Bacqueville en ont presque fait un saint. Les faits que lui prête la tradition populaire sont trop curieux , pour que nou& puissions nous dkpenser de rapporter ici le passage 4*un de nos vieux' écrivains :

c( Enuinm Tan 1386^, régnant Charles stxiesme en Frâce , dit le révérend père Louis Richeome, de

1 II paraît que cette dame n'avait contracte aucune alliance.

i Dans un extrait de son ouvrage i^titulii : Jbreyé^u tome III* du Trésor Chronologique et Historique (édition de 1656), le révérend père Roix de Saint-cRomuald , religieux feuillant , prétend que ce ne fut pas enuiron l'an 1386 , comme l*a avancé le père Richeome , mais bien en 1409, à la bataille de Nicosie , que le sire de Bacqueville fut fait prisonnier par les Turcs.

W BOURG DE lACQUEVatE.

la cMiiMigQie de Jews^» lor^pe toate la noblesse fraoçoke alla en Hogiie pour défendre ce royaume chrestien » contre les innasîoos des Tar^ ,,Tn grand sei^^ur de Normandie* aagé d'enuiron rîmiuante an9, mais néanlmoins entior yigoareux et valUant de son corps « et brave capîtaipie» eut grwd de^r d'aller à ceste guérie » s'estimant heureux s'il pouuQît contribuer ou ska Tie» on son tranatt ti. moyens, à la défense de sa relîgjovt. Sat feimne, très-konneste et {lieuse ikme^ jealant jn^fieis îeune encor, et l'aymiant imtquemeirt, troounit ^ande difficulté à oràsentir à œ /voyage.; mais il l'^impertuna tant, qu'à la 6n dHe fùtrcontrainte de luy laimer faire sa irolonté^ S' estant « luy* mis en efmpage de.cheualier» luy diet-adiea,-fllty pour kiy laisser et prendre d'elle quelle marque ée réciproque amitié , il diuisa en deul parts \n ann^u d'or qull auoit, et luy en domui une moitié;^ et Mtint l'antre pour soy> «et s'en va« Il fit a^ec la noblesse Im»^ çoise plusieurs heaatix exploicte «t pnotteiaes isn -ceste guerre-^. Mais les peckz des mauuais cfarestiens auoient armé l'ennemy et le firent vainqueur, si bien que presque toute l'armée chrestienne fat taillée en pièces , et plusieurs seigneurs faiets prisonniers et menez en Turquie , entre lesquels fut

< Dans ion ouvrage intitule : le Pêlêrim de Lmf^tê ( pages Sd6 et

et suivantes).

Gogs le

BOURG ]>£ BACWEVII4.E. 9$

eestui-cj. Si escriuit plusieurs lettres par diverses voies à sa femme pour auoîr sa raaçon» mais il D'en peut iamais auoir responses ny nouvelles f non plus que sa femme de lui ; et endura mille maux l'espace de sept ans. D fut vendu et reuendu plusieurs fois à divers maistres, s'ennuyant tons d'auoir vn homme jà vieux et cassé » et perdans Tesperanee de iamais en tirer profit. Sur la fin de la sepUesme année il tôba ez mains d'vn homme fort inhumain t lequel irrité de se voir frustré de la rançon que soâ prisonnier luy promeltoit, conclnd vn jour de le faire mourir, et donua chargea vn de ses seruitenrs d'exécuter sa résolulioA ceiourlà: ce qu'ayant entendu ce pauvre seigi^ur,| et voyant que toutes ses espérances esloient réduites à néant» prtêt'COtt* rage de desespoir, et d'vnecaur vraymenttn^e et chrestien, se résolut de prendre la mort en patience; et, néantmoin&t recourant^aiyt iupyens diuins au défaut des humains, se recommanda de tout son cœur à Dieu et à saint. Iqlien , auquel il auoit esté tousiours deuot, et .fit vœu de luy hastir une chapelle ^ , si , par son intercession et prière ,

< Belleforest ( Voyages d^ Hongrie ) ^ Duperron , etc» , diaeilt loqs Saint-Julien ; toutefois , la tradition du jjays » d'accord en cela avec le père Koix de Saint^Romuald , prétend que c'était Suin^ Léonard. Nous avons cependant yu plus haut que la chapelle Saint-Léonard existait à Bacqueville dés l'an 1230 : il est donc certain que Guillaume Martel n'en fut pas le fondateur. Peut-être la fit-il reocmstruire.

m BOUKG ra BACQDEVlLLf*

Dieu le reltroit de ce destroH; et là dessus s^endort. Cônie il eut sommeillé quelque temps, il s'esueille, et, pensant être encore en la cabtiette où il attendoit ha mort , il se trouua au milieu d'une forest auec ses habits, sans sa cadene d'esclaue^* De prime face , il pensa que c*esfoit un songe et que Teritablement il estoit en prison , ce qui aduient souuent ez cas admirables et hors de nostre foy et espérance, comme il appert en saint Pierre, qui, tiré vrayement d'vne estroité prison par l'Ange , pensoit que c' estoit vision* Mais , ayant bien secoué tons ses sens, aduisé le ciel et la terre, et touché les arbres, il se persuada iqu'il estoit en quelque forest de Turquie • où miraculeusement , par la prière èa aainct, il auroit esté mis hors , pour auoir moyen de gaigner terre et se santier. Regardant çà et là, il Tit quelques petites bergères, ausquelles il demandii en lengage tare qu'elle forest c' estoit ; ces bonnes filles estoient en Normandie, et, le regardant par admiration , pensoient qu'il parlôit latin ou anglois; et luy dirent en françois qu'elles n'en*

t On voit encore , dans une des chapelles de l'ëglise de Bacqiic- ▼llle, on assez vaste tableau peint sur boîs, rej)rd8entaiit le sire Martel et deux autres chevaliers , d'abord en prison , et visités par une jeune fille vêtue de blanc ; puis , délivres de leurs fers , libres dans la plaine , et se jetant à genoux pour remercier le ciel de sa protection ; puis enfin , le seigneur Bacquevillais seul , s'adressant à de jeunes pastourelles , qui lui apprennent qu'en ce momenl même il ne se trouve plus en Turquie , mais dans son pays natal.

BOlîRG DE BA<:QI'EV1LL«. «f

fendoirât pas ce qu'il demaQdoit; lay* les oyant parler franeois, commença à doubler d'auantage s'il songeoit, et, comme songeant, lear dict en françois, qu'elle forest c'estoit; elles repondirent que c'estoit la forest de Baqueuille. C'estoit une sienne forest, où il aueît esté à la chasse mille fois : icj il fut encores plu& e^nné, et, iettant les yeux de tous costez pour faire preuye de ses sentimens , recogneut à la fin qu'il ne songeoît point, et qu'il estoit yéritablement en Normandie près de son chasteau^... Il s'enva droict au chasteau , où il voit tu grand nombre de noblesse qui abondoit cejour-là ; s'adresse au porder, et lui dict qu'il desirmt fort de parler à Madame. Le portier lui demanda ce qu'il Youloit ; ie désire, dict-il, lui dire en personne une chose importante : il sera fort difiieile, répliqua le portier, de luy parler, parcequ*elle s'enva taUtost à la messe recevoir la bénédiction de son mariage. Le bon seigneur fut icy bien estonné , et insista eneor plus à demander de parler à elle. Le portier, demy fasché, luy dict : c'est temps perdu dedemandercela; néantmoins, il s'en alla à madame , et luy diet qu'il

1 Snivaut la tradition du pays , Guillaume Murtel était en proie à une faim cruelle. Les jeunes bergères auxquelles il s'était adresse lui ayant généreusement donné quelques bribes , que le vénérable chevalier dévora sur le champ , sa jGemme et lui firent élever dans la suite , en cet endroit , une croix qui est encore connue do noë jours sous le nom de Gma;-m(tmjca-îà.

.Cooalje.

^ iOUAG DE BAGQUEVILLI.

y âQoit à la porte vu pao'vire hearmtte» qui 4esin>U luy dire vn moi^i G'ftsUMi iMft dame TertoeQse et grande auûiosBiiire ,i ei qpil amnti pleuré son mari durant toutt le tampi de. son. absenoei de sept ans , et par le conseil dé toaa s^. parons.» qpotpoor certain le croyoientino^t, anoit^esfai contrainte de consentir k ces 8ee<mdes tic^eft, O0, ctndaiitt die , que cest hermite ne loy Voaloit parler qne pour demander lanmosne» commanda au maisti» d'bottel de luy en donner uod bonne» Taduertiflsant queis*il auoit rien a dire qu'il I^ luj dici,. Il luy porté un escu; le vieillard luy dîM: eë n^ësf pas l'aumosneque ie demande; ie vouh supplié de rechef dire à Madame qu'il est nécessaire cpie ie luy^ £e tu mot douant qu'elle aille è la^ messe » et^ si vous luy persuadez de m'ouyr, vous^ ferez; im office de fidèle sennleur. Le maistre d'hostei la^pirehenda \m chose a œs paroles, et remonte et àicki Madaiiief il ne veut que vous dire vn mot, et dict qu'il est nécessaire que vous le preniez de sa bouche douant la messe. le suis d'aduis, madame , que le'faciez, et entriez à la salle basse pour l'ouyr; qm sçavez-yous? Possible tous donnera-t-il quelque bon aduis pour vos affaires, ou vous portera nouuelle certaine de la qualité de la mort de feu Mbsieur, ou de sa dernière volonté. Elle le creut , et descend à la sale , et se met auprès A\ne fenestre à part. Le b(m vieillard vient au petit

B0UK6 0£ BAOQUBVIL». §3

pas « passe au m3iea de la coort , chaoïiii le regarde par mervdlle« On Toit un yieiHatd maigre et desfaict e( tout Uaiic , la cheaelare et la barbe longue et mal pdgvée, ? e^estu d'me meschante robbe longue de bureau » fdcte à la turquesfoe. Il se présente à madame parée de ses habits nuptiaux, et ayasDt foict vne profonde reuerence lu j dfct : Bfadome » ie Tiens de Turquie f oâ i'ay mtrefMs ¥eit vn ^ se nommoit le sieur de Baquevtlle , à ce que' î^entends seigneur de* €9' Kai, e^ iadis tosCre maft-, qui fut prins prisemnier il y si sept ans an Rongriey lorsque les Fraim (ois furent desfeicts; ie 8ç«f qu'il a long tttnps amenda sa tmïçmk et qu'il 9 enduré beanconp de mes^aises : n'en auez vour fomî en de nouoelles depuis TU an? Elk req^né, béias! mm bon amy, ^cbe2 que nous n'aMus eu ny adyis ny lettre de luy depuis sept mis qu'il partit d'icy * qm nous a faict croire qu'il est mort» et n'eut tenu n'y à or ny a argent ponr le recKmer de perine , si nous eussions seeu oti il eétoit. Et ptêul à Dieu qu'il eut voulu croire IS' conseil de ceHe quMl aymoît tant, et de laquelle il e^H aimé phts que îamms espoux de son espouse : le bon seigneur seroit maintenant en vie , et n*auroit pas enduré les peines que ie crois qu'il a enduré et que i'ay lamentées, et ma condition n*eut pas été si déplorable par ses afflictions et toiennes. Et, se prenant à pleurer : mais mon père..

nir,itrn1hy<^flflg|e

«4 BOURG DE HAGQUEVILLE.

diet-elle^iie mesçaumi voasHen dire de Iny; je ne crois p^ ({ue Toas m'ayez youlii parier sans cause? Le bon seigneur, Toyant par les paroles et contenance de sa femme qu^il estdit eneof itt»>gtteu , il lui respopd : si je vous le fay Toir, Madame , le rec6g;n<»slrez'Vous?. Comme elle diangeoit de couleur (cjlr éeste parole lui auoit donné en Tame ) , il vsa de son langage familier et luy dict : ma mie , ne cognoissez vous pas Baqueville voslre mari , et ce demi cercle d'anneau? et^ ce disant, luy présenta la moitié de Vanneau iadis mi-parti ^ . La dame, voyant ce gage » et fichant les yetix attéHUfs sur l'homme et l'advisant de près » reprit aussitost la mémoire des traicts de son visage et le son de sa voix» et, se jettant à si>n col aNiMc làrines : 6 mon bon seigneur et mari , dict-ellé ; et, êe diswt» ne pasm^. Luy, quoy que bien débile, la tint. Le maidtre d'hogtel et les seruiteurs, qui les auotet regardez du bout de la sale parlans ensemble sans les ouyr, voyans ces caresses, accourait incontinent et recognoissentleitt vieux maistre ; et i mesme instant , tout le chasteau fui rempli du bruit de la noûudl^et ineiSperée vende. <. Ce sei-

1 Végjiïse paroissiale de Bacqueville conserve encore également un tableau , qui, beaucoup plas petit que l'autre, et peint sur toile, représente le moment où le sire Mârtél > prétente à safeniine 1a moitié de son anneau , que celle-ci reconnaît. A peu de distance, op voit rentrée du château de Bacqueville « avec pont^levis , hcrsc de frr, etCi .

hOVM DE JACQUEVILLE. 0;;

gœur fit bastir la chapelle qu'il auoit vouée à sainct lulîen^, et mournl aussilost en bonne paix. Et sa barbe et perruque ont demouré longtemps appendftessoubs la voûte d'icelle chapelle'^, comme hono« rable trophée , et ont esté veûes de plusieurs # voire il n'y a pas quarante ans; ie ne s$ay si elles y sont encore. »

Nous ignorons jusqu'à quel point il peut être permis de croire à la longue captivité de Guillaume Martel en Turquie ; mais , ce que nous savons positivement, c'est qu'en 1581 » ce brave et loyal chevalier avait été chargé» par le roi Charles VI» de défendre, contre les Anglais, le Château-Gaillard près Ândelys, Tune des plus importantes forteresses de la France. Quand le danger fut passé, le vieux sire de Bacqueville céda son poste à Jehan Martel , sou fils afné ; mais , lorsque les Anglais revinrent de nouveau envahir le sol de la pairie , l'intrépide chevalier, lequel estait lors si aagi qu'il ne luy restait plus en teste un seul cheveu, reçut encore, le 7 octobre 1415, Tordre, au nom du roi, de dé-

1 Suivant ce que dit le père Roix , il s'agirait ici , non pas de la chapelle Saiot-Lconard prof^ement dite , mais bien d'une ancienne chapelle du même nom , située dans l'église même de Bacqueville , et où se trouvaient autrefois les tombeaux de la famille des Martels.

S Le père Roix de Saint-Romaald dit que ce lut <i eMé du grand auUl de l'église du lieu que Ton appendit la longue perruque du sire de Bacqueville , afin de conserver plus long temps /« mémoire d'un événement si merveilleux,

^?iQS^^

M fiOUH^ DE BACQUF.Y1LLE.

fendre ju^'àla dernière extrémité ce même Château- Gaillard, qae Richard-Cœur de Lion, son glorieux fondateur, avait appelé sa fiUe chérie. C'était une périlleuse mission , car le Château-Gaillard , situé au bord de la Seine, sur cette grande voie qui conduit à Paris et au cœur de la France, était, pour ainsi dire, la seule harrière que Ton eût à opposer aux masses innomhrahles de Tennemi. Cependant, le sire de Bacqneyille ne vint visiter ces remparts que pour un instant; il se borna à donner quelques ordres et disparut* En effet, d'autres périls bien plus grands l'appelaient ailleurs, et il ne pouvait récuser ceux-ci pour accepter ceux-là. Nommé, le jour de Pasques- Fleuries, 28 mars 1414, garde-oriflammede France, il avait d* abord refusé cet honneur , alléguant son extrême vieillesse ; mais le roi avait insisté, et deux vaillants chevaliers, Jehan Martel son 61s , et le seigneur de Saint-Clair, lui avaient été adjoints, à titre d'aides, pour porter la bannière royale; il avait donc été forcé d'accepter. Mais, quand eut sonné l'heure des combats, oh! alors le vieux lion retrouva toute la mâle énergie de ses jeunes et vertes années. A d' autres le soin de s' enfermer dans de hau tes et épaisses murailles, mais à lui les vastes plaines couvertes de bataillons; à lui la mêlée avec ses sublimes horreurs, les cris des combattants, le fracas des armes, les ruisseaux de sang» les cadavres roulant épars dans la

poudre; àlui les derniers efforts, les derniers v<Bax> les derniers soupirs de ceux qui meurent pour leur roietpour la France; àlui de planer au-dessus de cet affreux chiaos , bfiUaiit comme un phare protecteur, inébranlable comme un vieux rocber au sein des vagues irritées, brandfesant et élevant d'une main l'étendard sacré autour duquel viennent se réunir tous les enfants d'une même patrie, et de l'autre main frappant du glaive de la mort tout imprudent étranger qui oserait porter sur le palladium français un bras impie et téméraire! .. — Il ne termina donc pas sa carrière , paisiblement , dans ses foyers , comme l'ont avancé quelques chroniqueurs, car il périt en cette même année 1415, le 25 octobre , sur le champ de bataille d'Âzincourt , en y défendant , avec son fils« l'antique et sainte oriflamme , qui hy auoit esté baillée, dit un historien, comme au plus brave et au plus preudhomme qm feust ancques parmi hs cheualliers. Son corps ne put être rapporté à HacqueviDe , puisqu'il fut impossible de le reconnaître au milieu des i^ombrables cadavres qui jonchaient la terre , et dont les corbeaux et les loups, après le départ des Anglais, se hâtèrent de faire leur pâture^ .

1 Sur plasiears actes qui nous sont restës-de ce seigneur, on voit rëcusson des Martels eutoni^ d'une bordure, chargée de lésons , ayant pour cim'er une tête de lion dans un vol , pour supports deux lions assis , et piïur lëgende : ùfiilHalmé Martel,

p.igitizedbit.G

18 lOVRG DE BACQUEYILLE,

Ce héros avait épousé Mahaat d*Estoateyille , dame de Rames, laquelle étail fille unique et héritière de Robert d'Estouteville et de Marie de Villequier. Il avait eu trois fils : 1®, Jehan Martel, IP du nom » dont l'article suit; 2®, Louis Martel /seigneur d'Angerville, chevalier et chambellan du roi, vivant en 1 430; et 3<^, Jehan Martel, seigneur de Lindebeuf .

Jehan II Martel de Bacqueville , seigneur de Glisolles près Ëvreui , chevalier , chambeltan du roi, etc. f fut tué en 1415, dans la malheureuse journée d'Azincourt, en défendant, avec son vieux père , le drapeau de la patrie. Il avait épousé , le 18 juin 1403, Guillemetle de la Rocheguyon, fille de Guy de la Rocheguyon, grand-pannetier de France. Il en avait en : 1<>, Jehan Martel III de Racqueville, dont nous parlerons dans quelques inslants; e( 2^, Jacqueline Martel de Bacqueville, mariée à Jean de la Heuze , seigneur d'Écotigny • morte le 13 novembre 1472.

La valeur que Jehan II Martel et son père avaient déployée contre les Aoglais, fut cause qu'en 14i8, nos éternels ennemis d'outre-mer, 8*étant emparés de Bacqueville , y mirent tout à feu et à sang. Le château des Martels , situé au milieu de la vallée, ceiot d'un double rang de murailles, et défendu de tous côtés par les eaux de la rivière de Vienne , offrait aux envahisseurs un point d'appui d^ai|tant plus prc-

BOtHa DE BACQVEYILLE. m

cieux que » réuni tLut forteresses de LammervUle « de Brachy, de Longueil » de Hautot , d* Arques, de Charles-Mesoii (ManéhouvilU) » de Long;ueville • de Torcy» de Bures, de Bellencombre et d'Auffay, toutes situées dans le voisinage « ce ehiteau formait avec elles une ligne de forts détachés» de formidable défense. Cette ligne pouvait retenir à jamais sous le joug les habitants de Dieppe et de Neufohfttel. Cependant, des lettres-patentes du duc de Bethford, donnée» au nom de Henri VI, roi d'Angleterre, et portant date du 18 décembre 1425, nous prouvent qu'à cette époque les ehaslel, ville, terre et seigneurie de Basquevilk audit Caul^, furent rendus à Jehan III Martel, leur légitime propriétaire.

Rentré ainsi en possession de la seigneurie de Bacqueville , Jehan ill Martel s'en vit de nouveau dépouillé en 1 435, sous prétexte d'avoir favorisé l'insurrection despaysanscanchois contre le roi d'Angleterre* Il ne redevint propriétaire de Bacqueville qu'en 1 449 . Il épousa, vers 1436, Jeanne Martel deLindebeuf, sa cousine , et veuve , en premières noces , de Jean de Vassy. Le sire de Bacqueville vivait encore en 1458. Il avait eu deux enfants: 1<>, Jehan IV Martel, sire de Bacqueville , dont l'article suit; et 2®, Guil* lemette Martel de Bacqueville , morte sans postérité.

Jehan IV Martel, chevalier, seigneur de Bacqueville , épousa Renée Malet de Grftville , sœur de Louis

7,) B01JR6 DE BACQOEVILLE.

Malel de Grftville, amiral de France. Ce seigneur n'existait plus en 1477. Il avait eu cinq fils et deux filles*

François Martdi , Tatné des ffls » seigneur de Bac^ (fuevitle, étant mort, en 1500 f sans laisser de l>08léri(é 9 Antoine Martel , le premier de ses frëresr lui succéda dans tontes ses terres et seigneuries.

Devenu ainsi propriétaire de Bacqueville par la mort de son atné , Antoine Martel Tétait devenu également de la terre d*Anglesqueville par la donation que lui en avait fait sa mère en 1477. En 1490, il avait été chargé par Charles YIII de procéder au recrutement de la marine royale 9 et, en 1496, il commandait un vaisseau sous les ordres de Tamiral de Grâville, son oncle maternel. Le sire de Bacqueville mourut vers 1518, laissant d'Isabeau Massé, sa femme r 1^, Léonard Martel , qui mourut jeune ; et 20, Charles Martel , dont nous parlerons cî-après.

A celte époque il se trouvait trois fiéfs seigneuriaux sur le territoire de Bacqueville, savoir : 1<*, le tief des Martels proprement dit; 2<^, le fief de Pîerreville ; et 3<», le fief du Tilleul.

Dès 1503 , le fief de Pierre ville pondait une chapelle dite de Sainte-^Eutrope. Suivant un aveu de l-an 1610, c'était aux châtelains de Bacqueville q-i\ippartenait le patronage de celte chapelle, qui, tombant de vétusté , fut remplacée, quelques années

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