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LES DUCS DE BOURGOGNE (I465-U

rejoindre le duc, afin de lui permettre de poursuivre contre les Suisses une expédition motivée par leur alliance avec les ennemis de sa maison et par leurs agressions contre ses États. Le chancelier avait également Êdt connaître le désir du prince que « mademoiselle de Bourgogne, » sa fille unique et son héritière, fût conduite auprès de lui, promettant quelle serait ensuite ramenée dans les Pays-Bas, avec une nombreuse escorte. Les députés, après en avoir référé à leurs commettants, se réunirent de nouveau, le 24 mai, au cloître des Augustins. Tous les pays de langue flamande rejetèrent la proposition d*une levée en masse; le Hai» naut et Valenciennes, au contraire, se disaient disposés à servir « en corps et en biens » si les autres provinces étaient du même avis. Mais il y eut unanimité pour empêcher que l'héritière de la maison de Bourgogne ne fût conduite hors du pays. Marguerite dTork et la princesse Marie, présentes à rassemblée, s'efforcèrent de changer la détermination des états : leurs instances, leurs prières furent vaines.

De son côté, le chancelier Hugonet avait cherché à intimider les députés et surtout leur orateur, M® Goort Roelants, conseiller pensionnaire de la ville de Bruxelles. Lorsque, le 27 mai, les députés se furent transportés à la cour et que M* Roelants -se disposait à se mettre à genoux devant la duchesse de Bourgogne pour faire connaitre la résolution des états, le chancelier interpella le pensiojiiiaire avec grossièreté : « Pour ceux qui « vous ouïront, ^ lui dit-il, « gardez bien ce que vous « faites; ne soyez si osé ni hardi de dire mot qui puisse

« iléplaire à mon trés-redoubté et souverain prince :

« Ion parlera bien <à vos testes(l). « — L'orateur des états, quoique très-porploxo, s ac/piitta néanmoins do sa commission, après s'être mis à {genoux, selon l'usage.

Les états généraux allaient prendre leur revanche. Charles le Téméraire avait péri devant Nancy, le 5 janvier 1477, laissant pour héritière de ses États une jeune princesse de dix-neuf ans. D*accord avec sa belle-mère, Marguerite d'York, la faible descendante des puissants ducs de Bourgogne se hâta d'appeler auprès d'elle les députés des provinces.

Au commencement du mois de février, se réumVent à Gaud les députés des états de Flandre, de Brabanf, de Haînaut, d*Ârtois et de Namur, auxquels devaient se joindre les représentants de la Hollande et de la Zélande. Le pays était violemment agité. Charles de Jîonrgogne avait tini son règne comme Charles XII, de Suède, devait finir le sien. Par la riguçur excessive de ses ordonnances sur le service militaire, par ses demandes incessantes d'hommes et d*argent, par son despotisme, il 8*était fait exécrer de ses sujets. Une réaction était imminente.

Taudis que Louis XI, non content de rentrer en possession des villes qu'il avait cédées au duc Charles par le traité de Conflans, s'empare de la Bourgogne et menace l'Artois, des séditions éclatent avec une force irrésistible et sont signalées dans quelques villes par des représailles sanglantes.

(1) Vuir Les fiais généraux de 1476, par Gachard, dans le Tr^or mtÀomly 1. 1", p. 270. ■

LES DUCS DË BOURGOGNE (1465-1479). tl

Les états généraux, associés par la force des choses à l'autorité suprême, cherchent sinon à contenir, du

moins à régulariser ce mouvement révolutionnaire. Loin pourtant d'abandonner l'iiéritière de la maison de Bourgogne, ils promettent de lui être bons et loyaux sujets et de 1 aider contre ses ennemis. Ils exhortent, en effet, les habitants des villes frontières du Haiuaut à résister vaillamment aux Français et prennent la résolution de lever une armée de cent mille hommes. En même temps ils donnent satisfaction aux peuples exaspérés contre la mémoire du dernier duc; ils s'efforcent, par des réformes importantes et des concessions inespérées, à réveiller le patriotisme des bourgeois et à les réconcilier avec la descendante des anciens princes; enfin, ils travaillent à une confédération puissante des diverses provinces échues à Marie de Bourgogne.

Le 1 1 février 1477, la petite-fille de Philippe le Bon signe la mémorable charte qui lui est présentée parles députés du pays. Ce privilège général instituait auprès de la souveraine un conseil supérieur qui devait repn?senter tous les États de la maison de Bourgogne. Il annulait tous les actes des derniers régnes contraires aux anciens droits et coutumes des provinces. Il stipulait que la duchesse et ses successeurs ne pourraient entreprendre aucuric guerre, sans le consente- . ment préalable des états. 11 autorisait les états de toutes les provinces, pour les affaires concernant le pays^ en général, et les états particuliers de chacune d'elles, pour les affaires qui les regardaient, à se réunir toutes et quantes fois il leur plairait, sans

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