‹ Histoire des États Généraux des Pays-BasChapitre 7 sur 19 · CHAPITRE PRBMiBft · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRBMiBft

avoir besoin de l'asseiitiment de la duchesse ou de ses succefeseui s. Et si ces dispositions venaient à être violées en tout ou en partie, les vassaux et siyets seraient déliés de toute obligation de servir le souverain ou de lui obéir jusqu'à ce qu'ils eussent obtenu le redressement de leurs griefs.

Ces stipulations dénotaient évidemment une vive «t pleine compréhension des institutions représentatives (1). Elles assuraient aux états belges des dfoits dont ne jouissait pas encore le parlement d'Angleterre. Le droit de se réunir sans avoir besoin d'autorisation et celui d'approuver les déclarations de guerre deyaient donner aux assemblées nationales une influence considérable sur les destinées de l'État. Malheureusement, ces droits nouveaux, quelque justes qu'ils fussent à plusieurs égards, ne purent éire coiiseï vés. Après la mort de Marie de Bourgogne, Maximilien dAutriche, comme régent du pays et tuteur de son fils, sous prétexte que la charte de 1477 avait été obtenue par contrainte, ne voulut reconnaître que les privilèges en vigueur lors de l'avènement de Charles le Hardi.

Mais revenons aux états généraux de 1477. Les Gan-

(I) IM|jà, en 14S7 et en iUÈ, dans des remontranoet ëerites à Gaiid,uii cODMiUer, dont le nom n*a pas été conservé, recommandsit k Philippe le

Bon de ne plus prendre les armes sans l'assentiment des étals de ses pays el de se gouverner par conseil eslii. La fameuse charte de H77 se trouvait comme en germe dans ces remontrances irès-hardies. Heslées inédites jusqu'à nos jours, elles ont été publiées par M. Kervyn de Lettaihove, sous le titre de : Programme tPm gauwmmetU eantHUtr Honna enBelgique au xv sUcte, Voir ButUHns de i'Aeadémte royale de Belgique, S* série, t. XIV.

LES DUCS DE BOimCOGNE (i46S-f479). S3

tûis tenant, comme dit Philippe de Commines, la du* chesse de Bourgogne entre leurs mains, elle ne pouvait rien refuser. Les représentants de la grande commune exerçaient aussi une influence considérable sur les états généraux. Ceux-ci, agissant sous cette influence, résolurent, avec l'assentiment forcé de la duchesse, d'envoyer des députés au roi de France pour le prier de mettre fin à la guerre qu'il faisait injustement en Bourgogne et dans l'Artois (1). Les mandataires des états furent reçus par Louis XI dans la cité d'Ârras, que le chancelier Guillaume Hugonet et le seigneur Oui d'Humber* court, envoyés naguère par la duchesse Marie comme ambassadeurs auprès du roi, avaient fait livrer aux troupes françaises. Louis XI, abusant indiguemeut de la confiance que la duchesse de Bourgogne avait mise en lui, fit entendre aux députés des états qu'ils étaient dupes de leur bonne foi; que la princesse ne se gouvernait que d*après les conseils du chancelier Hugonet et du seigneur d'Humbercourt, les anciens ministres de son père. Au retour de leurs députés à Gand, les états généraux, ou du moins les représentants de quatre des plus importantes provinces (Flandre, Brabant, Hollande et Zélande), font arrêter Hugonet et Humbercourt. Ces ministres, naguère si redoutés, voient en un instant crouler toute leur puissance. Ils sont accusés, devant une commission extraordinaire, d avoir formé le projet de livrer la duchesse de Bourgogne au roi de France, autorisé la reddition d'Arras et dilapidé le trésor public*

(I) Mémoires de Philippe <Ie Gommines, Ht. V, chap. XVI.

GRAPITBE PBEMIER.

CondamiK^s à mort, ils eurent la této tranchée sur le Marché du Vendredi, à Gand, le 3 avril 1477.

Les états généraux se réunirent à Louvain dans le cours de ce mais, à Teffet « de s'entendre pour le bien du pays. » L'année suiyante et en 1479, ils se réunirent encore à Louvain et à Termonde, pour délibérer sur les monnaies et pour proposer rarmenient général des habitants du plat-pays et des possesseurs de tiefs et d arriére-fiefs, armement que motivait la guerre avec la France. Il ne parait pas, [^d'ailleurs, que les états aient cherché à faire prévaloir le droit qu'ils avaient obtenu en 1477 de s'assembler sans l'autorisation du souverain.

CHAPITKE D£l'Xl£Mt;.

LES ÉTATS GÉNÊBAUX PENDANT U RtoBNCB DB MAXIHlUKtl D*AITRICHE.

Marie de Bourgogne avait épousé à Gand, le 19 aoilt 1477, l'archiduc Maxiinilieu d'Autriche. Lorsque celte princesse mourut à Bruges, le 27 mars 1482, à l'âge do vingt-cinq ans, Alaximilien réclama la régence du pays et la tutelle de ses deux enfants : Philippe» surnommé le Beau, né à Bruges, le 22 juin 1478, et Marguerite d'Autriche, née à Bruxelles, le 10 janvier 1480. De cette prétentiou très-l('j^itime devaient bientôt surgir des contestations violent (»s avec les états de Flandre et surtout avec les Gantois.

Maxîmilien s'était hâté de convoquer les états généraux. Le 28 avril 1482, un mois après la mort de Marie

GHAPnHB DEUXIÊMK.

de Bourgogne, ils se réunirent à Gand, dans le cloître des Augustins. Les députés du Brabant occupaient le côté droit; de Tautre côté s'assirent les représentants de la Flandre, abbés, nobles et délégués des villes. Venaient ensuite les députés du Hainaut, de Namur et des autres provinces, en très-grand nombre. Après que les députes eurent pris place, Goort Roelants, pensionnaire de la ville de Bruxelles, développa les remmitrances que le duc d'Autriche avait fait adresser aux états. 11 résultait de cette harangue que Maximilien était décîdé^à demeurer'dans les Pays-Bas et à exposer son corps et ses biens pour soutenir le droit de ses enfants; qu'il demandait, au nom de ceux-ci, d'être tuteur, mambour et régent; enlin, qu'il engageait les états à pourvoir à la défense des frontières. Les députés de chacune des provinces se retirèrent ensuite pour délibérer entre eux sur ces propositions. Mais la séance générale fut bientôt reprise, et le pensionnaire de Bruxelles, parlant de nouveau au nom des députés du Brabant, dit que, avant de conférer la régence au duc d'Autriche, ils voulaient connaître ses projets quant à la France, car, malgré ses promesses, il avait plus d'une foi traité avec le roi sans avoir consulté préalablement les états. L'organe du Brabant a4jura ceux-ci de demeurer fraternellement unis. C'était par Tunion seule et le bon accord qu'ils pourraient résister aux i'rançais.

Les députés de la Flandre ayant demandé jusqu'au lendemain pour se concerter, la séance fut levée entre onze heures et midi.

Reprise le lendemain, à huit heures, dans la même

RÉGENCE DE MAXIMILIEN D'AUTRICHE (148t-1484). t7

salle, Guillaume Rym, premier pensiomiaire de la Keure, ou principal collée échevinal de Gand, prononça une harangue, très-modérée dans la forme, mais dont la signification devait déplaire à Maximilien. En effet,

l'orateur laissa entendre clairement que les députés de la Flandre n'eiaient pas d avis d accorder an duc d'Autriclie la régence de leur pays. Un conseiller et pensionnaire de Mons, s exprimant ensuite au nom du Hainaut, de la Hollande et de la ville de Valenciennes, déclara que, d après les lois et coutumes de ces pays, le gouvernement appartenait de droit au duc d'Autriche. Les députés de Namur prétendirent qu'ils n'avaient d'autre charge que de tout ouïr pour rendre compte à leurs principaux.

Dans une troisième séance, qui eut lieu le 30, il fut décidé, sur la proposition des députés de la Flandre, que Ton demanderait au duc communication de ses «c lettres de mariage, » afin de connaître exactement

ses droits; que l'on réclamerait en outre un rapport sur Tétat des relations avec la France; enfin, que Ton se réunirait après le dîner, vers trois heures , à l Hôtel des AtMé$riers, près de l'hôtel-de-viUe, afin de s entretenir familièrement de toutes ces choses.

La plupart des députés se trouvèrent effectivement à VHôtel des Arbalétriers, et là les députés du Brabant, interpellés par ceux de la Flandre, dirent qu'ils étaient décidés à recevoir le duc d'Autriche, dans le duché de Brabant, comme mambour et gouverneur du pays. La même déclaration fut faite, en ce qui les concernait, par les députés du Hainaut, de la Hollande et de Valencîen-

fg ORAPITRB DEUXIÈME.

ues. Ceux de Xamur répétèrent qu'ils étaient obligés d*en référer à leurs commettants, mais quils ne doutaient pas que leur pays n*obéît rolontiers au duc d*Autriche. Les représentants du Brabant avaient également exhorté ceux de la Flandre, s'ils envoyaient, comme Os on avaient riiitciitioii, des d<^piit('s à I.Diii?. XI, à biendel'endre les droits des ciifaiits de Marie de Bourgogno . plutôt qne de les rendre plus dépendants de la France. Pendant ces débats, on apprit que deux gros corps d'armée, formant ensemble quatorze à quinze mille combattants, étaient entrés en Flandre par la cbâtellenie de Lille et avaient dévasté Tourcoing et une dizaine de villages. Cette agression liata les resolutions des états.

Le 1*"" mai, réunis de nouveau au cloître des Au^^ustins, ils ouïrent un rapport sur les tentatives faites inutilement par Maximilien pour conserver la paix avec la France. La lecture de ce rapport était à peine achevée, que le duc d'Autriche parut lui-même dans rassemblée. Il annonça Tînvasion des Français et requit les états de remc'dicr à ce danger, offraiil son corps et ses biens pour la délV'iisc du pays. Les députés le remercièrent et lui répondirent que la défense de leur patrie était leur principal souci et le motif même de la réunion des états. Uarchiduc parti, on convînt de se réunir à lliôtel-de- ville, dans l'après-midi, pour prendre une résolution finale.

Le lendemain, 2 mai, A deux heures, les députés se l'endirent à l'hôte] du duc (rAutriche. C'e prince parut bientôt dans la salle où les états lattendaient. Après qu'il eut fait « crier s» que tous ceux qui n'étaient pas

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