‹ Histoire des états généraux et des libertés publiques en Franche-Comté (volume 3)Chapitre 8 sur 18 · L.t la résolution · texte numérisé non relu

L.t la résolution

Altesse nommez

untaine, et don le conférence de avecq ledïct mar- . Elle reconnut justice, ordonna nilz hommes de quis avûit repré* res, et en oullre i bouche en chaire et armement n d'un sciége, le

^cessaires à cesie revenirà près de de Sadite Altesse, riptions précises nir de la quaisse d'en advancer le m aulcun relar-

desgastz sus mentionnez, auiroit assiégé la ville et chasteau de Noseroy. Le commandant de ceste place lui en avoit secrètement donné Tadvertissement véritable avecq asseurance qu'il pourroit tenir de huict à dix jours. Pendant quoy ^"uitI. ' ledict marquis envoia promptement ordre au Baron de Sa* voieux de conduire le peu de cavalerie, qui pour lors se treuvoit au pais, sur le passage du Doubz, où luy se trouveroit au jour nommé avecq Tinfanterie, pour marcher au secours de ceste placé. De quoy lesdictz ennemis aiant advis, sans donner loisir audict marquis de les attaquer, en levèrent le sciège, et se retirèrent avecq leur attirail hors du païs, après avoir renforcé de quelques troupes la garnison du chasteau de Grimont, pour tousjours incommoder le voisinage.

Et par ainssy ne se retrouvant, après ceste retraitte, en la province aulcunes troupes ennemies fors les garnisons délaissées tant audit Grimont, Joux, qu'aultres places tenues encor par lesdits François et Suédois, ledict marquis, à la participation du parlement, fist repartement des quartiers d'hiver pour y loger le peu de troupes qui restoient en piedz

Entretemps ledict marquis, aiant reçeu de Son Altesse Royale ordre de passer à Bruxelles, et, à mesme conjoncture, des instructions et mémoires de ce qu'il convenoit faire pour le gouvernement de la province pendant son absence, avant que prendre résolution de partir, le parlement à son instance lui envoia deux conseillers, avecq lesquels, en présence et participation de quelques seigneurs de la province, fut faicte une conférence pour l'exécution des ordres envoiez par sadite Altesse pour ledict gouverned/'pîS^oir. wiciit. Ensuite desquelz le gouvernement du politique estant remis à lad. cour et celuy des armes au baron de Scey, ledict marquis luy laissa des notes et mémoires bien particuliers, tant des provisions dépensées auxdites villes, et de l'ordre qu'il y avoit mis pour l'entretien des troupes jusques

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à l'arrivée de la prochaine mésate, et de la plupart d'icelle jusques au mois de mars inclus, que de tout TEstat militaire de la province.

Et, après avoir donné part aux Gouverneurs des places îëïô! et aux magistratz des villes de ceste disposition, il partit de la ville de Gray le treiziesme de janvier de Tan mil *'^*Départ^* six cent quarante pour^ selon les ordres et permission de de^^Sivtiâ. Sadite Altesse, passer en la ville de Bruxelles.

Où estant arrivé, il donna compte bien particulier à Sadite Altesse de Testât du Comté de Bourgougne par le récit des misères dont il estoit accablé et des dangers qui le menaçoient, proposant en mesme conjoncture les moiens qu'il jugeoit nécessaires et convenables pour en divertir le malheur, dont furent par luy dressés mémoriaulx deuement araisonnez, pour la vision desquelz et la résolution des articles y représentez furent par Sadite Altesse nommez les Révérend père confesseur comte de Fontaine, et don Miguel de Salamienca, lesquelz, après une conférence de plusieurs jours faicte sur le subjectd'iceulxavecq ledict marquis, en firent rapport à Son Altesse. Elle reconnut ces réquisitions et demandes fondées en justice, ordonna pour la deffense dudit païs les quatre milz hommes de piedz et huict centz chevaux que ledit marquis avoit représenté par ses mémoriaux y estre nécessaires, et en oultre les magasins et provisions de guerre et de bouche en chacune desdites villes, tant pour la nourriture et armement des troupes que pour la deffence et soutien d'un sciége, le tout réglé conformément auxdits mémoriaux.

Et, pour le recouvrement des deniers nécessaires à ceste despense, qui par suputation se trouvoient revenirà près de douze cens milz francs, furent, par mandat de Sadite Altesse, expédiez en son roial nom, ordres et rescriptions précises aux ministres d'Italie qui debvoient la fournir de la quaisso de Milan, d'y complir ponctuellement et d'en advancer le paiement par mésates auxdites villes et sans aulcun retar-

rs^Tyr?- 5K natun^^c XËFÔt ^Bëfé b vffle et chasteau ii: 5> :~^r-->-. le rii^^BUaac à^oate pbee lui en avoit ser-'^-coicat: iii^ ■ trt<3"5 aaiJtM wnlaWc JTgtq assearance mi l'^nmii isar û imki â As yous. Pcaidant quoy j^df!! nanaiB -sc^tei amiigfeM ordre an Baroo de Sa- -^iUfox u: :amaun !e ;«■ é± canlerie, qui pour lors se T^r-'iiL HL tsL-. iar t yu^i ém Donbz, oo Iny se Iroax^r^uL m .OB' ■mmê z*«if FiifHlene, pour marcber au âïciorç 0? {:i:Ki^ pûio!. be fmtn lesdietx enneoiis aiant itT-^ ^œ âi^hsr ^:«r aaAcl Banpns de les attaquer, ■3 it'^jnm. £ ie^^. ^ se retirèreal arecq leur attirail itir^ ài 3aûî. aftêî »air raforté de qudques troupes ta prû^tK ia ^Elean ^ GrinoalT pour toosjoars incomsmtîtt j± «qjiaigg-

Ei par aôsT ae se retroanat, après ceste retraitte, en la pn^nace iu'i.^i. liuopes eanemies ton les garnisons déb«éeç taHt ^Jk. GriMoat, Jooi, qn'aoltres places tenues «aojr par kesdiB FraBçois et SnédtMs, ledict marquis, à la

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'Récompensei.

dément, afin de ne perdre l'occasion comme da passé, de les emploier utillement.

Et, la despaiche en aiant esté mise es mains dudict marquis, il receut ordre de retourner en son poste pour pourvoir aux nécessitez de la campaigne, selon la facilité que par la disposition susdite luy en estoit préparée. j^Qi^gr Ensuitte de quoy ledict marquis seroit party de Bruxelles de 8.-Mariiii. jg trcizicsme demay de Tan 1640, apprès avoir obtenu de 18 mai iMo^ Sadite Altesse quelques emplois et mercèdes pour plusieurs particuliers, dont il importoit au service de Sa Majesté de recognoistre les mérites, savoir au baron de Scey lettres de Son Altesse pour la chaîne de Mareschal de camp, au comte de Saint Amour pour le gouvernement de Dole, au baron de Savoieux pour le gouvernement de Gray, au marquis de Messimieux pour un régiment de cavalerie, au commandeur de St-Maurice pour la commission du gouvernement de Salins, et aux chevaliers de la cour à chacun douze cens francs de pension annuelle.

Arrivant en Bourgougne, il receut advis, d'abord en la ville de Besançon, de l'approche des troupes françoises sous la conduitte du marquis de Villerois, menassant un dégast universel des moissons prestes à couper. Les villes en perpléxitez et les Bourgeois intimidez par l'appréhension de ce dommage, que la foiblesse de nos troupes et la misère de la province leur faisoit juger inesvitable, furent quelquement rasseurez par le retour dudict marquis. Lecpiel aiant, dèz ladite ville de Besançon, donné tous ordres à luy possibles pour l'asseurance de celles de Salins et Dole, et pour empescher la perte des grains semez aux environs d'icelles, se rendit en personne à Gray où le péril sembloit plus pressant. Et en eifect, tost après qu'il y fut arrivé, ledict marquis de Villerois, avecq son armée, se vinst camper à la terre de ladite ville du costé de la Saulne, suivy de quantité de faulcheurs qui commencèrent à couper les bledz ; et les bourgeois, comme désespérez de veoir leura

travaulx ainssy perdus et ruinez, alloient tous, sans recognoislre, se faire esgorger, pcbsant empescher ce dégast, si ledict marquis, recognoissatit le malheur auquel ilz s'alloient précipiter et la perte de la ville, qui en estoit infaillible, n'eust par son autorité retenu leur impétuosité. Et, leur aiant promis de procurer de Sa Majesté quelque desdommagement de Tintérest que ces desgastz leur causoient, il les fist rentrer dans Tenclos des murailles, et, faisant deslacher quelques voilées de canons aveoq feinte d'une puissante sortye, il contraignit les ennemis à se retirer, lesquelz n'aiant peu réussir du desseing qu'ilz avoient d'attirer les bourgeois au dehors pour surprendre la place, marchèrent contre Salins et Dole, pour y tenter les mêmes entreprises^ desquelles, par les bons ordres que ledict marquis y avoit mis, ilz ne tirèrent aultre advantage que le dégast de quelques grains qu'ilz coupèrent, puis se retirèrent en la frontière.

Ledict marquis, compatissant aux plainctes et lamentations, que les bourgeois de ces trois villes endommagées par le dégast de leurs grains en faisoient continuellement, en donna particulier advis à Son Altesse qui, sur remonstrances que lui en furent présentées de sa part, fut servie d'envoier ordre en Bourgougne pour emprunter sur les saulneries la somme de cent cinquante milz francs, qu'elle commandoit estre distribuée auxdicts bourgeois, en réparation de leurs pertes. Ledict marquis, aiant extrêmement peiné le jour que lesditz ennemis parurent à la terre de Gray^ passa le jour suivant à Besançqn pour affaires importantes, où accablé de lassitude et d'ennuis, il fut saisi n^^adie de d'une fiebvre continue, qui l'aiant travaillé plus de qua- s.-Martin. rante jours, il fut abandonné des médecins et laissé pour mort.

Les ennemis, s'estant formé de la maladie dudict marquis une espérance de réussir plus facillement en quelque entreprise, entrèrent soabz la conduitte du marquis de

Turenne avecq cavalerie, infanterie et canons au pais pour Oyaiiaqué. attaquer la ville et chasteau de Gy qu*ilz se promettoient d'emporter d'emblée. Mais la résistance qu'ik rencontrèrent les y aiant entretenus plus qu'ilz ne croioient, ledict marquis jà convalescent^ se retrouvant avecq quelque noblesse en la ville de Besançon, se résolut de monter à cheval pour secourir ceste place, dont le poste est notablement important aux villes de Besançon et Gray. De quoy lesdits ennemis advertis se retirèrent promptement avecq perte de plusieurs de leurs gens.

La longue maladie dudict marquis l'aiant empesché de

solliciter et contribuer son auctorité pour faciliter le re-

150.000 fr. couvrement de ceste somme de cent cinquante milz frans,

^ par^ordre" quc Sou Altessc avoit ordouué estre empruntée et distri-

buée aux bourgeois endommagez par la perte de leurs

grains, la grâce, que Sadicte Altesse avoit esté servie leur

^saos eKu°' ^^ destiner, demeura sans effect, et les pauvres bourgeois

avecq leur perte.

Et de plus les paiemens et fournitures, ordonnés par Son Altesse sur les mémoriaux dudict marquis pour le secours et conservation de la province, furent ou par négligence des ministres ou par la disette des deniers surceus et retardez, en sorte qu'il ne fut plus onques moiens de faire aulcune provision ny de guerre ny de bouche, ny Plus de proTi- ni6sme de continuer au peu de troupes qui restoient le "°'" **piuï^'^'^' pain de munition ; sy bien que par ce manquement tout de troupes, ggtoit Qu désordrc, et lesdictes troupes s'alloient de jour Désordre cu aultrcs ruinant et dissipant; et, quelques debvoirs et diligences que ledict marquis tascha de faire pour obtenir des ministres de Milan l'exécution des ordres de Sadite Altesse ou en tout ou en partie, il ne peult onques seuUement obtenir d'eulx une response cathégorique.

Ce quil'auroit occasionné d'en faire plaintes et doléances à Son Altesse, laquelle, sur remonstrances qui luy furent faites de sa part du préjudice irréparable que causoit à la

Bourgougne le relardement que lesdiclz ministres apporloient à raccomplissement de ses ordres, leur fit nouvelle et très expresse ordonnance par jussions et rescrip tiens réitérées de, sans aulcune remise et touttes excuses cessantes, accourir aux nécessitez de ladite Bourgougne en la forme et manière prescrites par lesdictz ordres.

Ce nonobstant, le paiement des Mésates estant tousjours différé, le désordre et la confusion croissoit parmy les n croît encore. troupes en sorte que la pluspart des soldats, et mesmes des ofGciers, capitaines et aultres, desgoustez par la souffrance continuelle de leurs nécessitez, abandonnoient leurs compagnies et leurs régimens, pour aller en Italye et Les régimenu aultres lieux, où Tespérance du meilleur traitement les **^*"^°°°**' pouYoit appeller, et en si grande confusion qu'il s'est trouvé des capitaines avoir emmené leurs compagnies quasy entières.

Et ne pouvant ledict marquis procurer au désordre aultre remède que de Tauctorité de Son Altesse, il luy fist très humble supplication d'ordonner aux ministres de Milan ou aultres, ausquelz semblables déserteurs viendroient se présenter, de ne les recepvoir, ains plustost de les cbastier et renvoier à leurs postes.

Il despescha pour mesme subject Don Gabriel de Toledo à Ratisbonne, où pour lors se retrouvoit le seigneur Don Francisco de Mello, lequel aiant tousjours compaty tendrement aux afflictions de ceste province et contribué pour son assistance ce qu'il avoit peu, l'on espéroit obtenir par son autorité le moien de faire cesser ces désordres. Et par eifect s'en estant faict particulièrement informer et de Testât de ladicte province, il destina la remise de quelque somme de deniers pour l'assister et secourir en ce procinct, disant les affaires de la monarchie avoir requis en divers endroictz une si excessive despense qu'il avoit esté du tout impossible de complir ponctuellement à tout ce que Sadite Altesse avoit esté servie d'ordonner pour ladite

teio.

Rareté des denien»

Ptmioe ; plus rieo.

On ne peut racbet^r GrJmont, Joax et Coorlaooz.

Lictince des

troupes sans

solde.

Les D^ulralltés particulières commencent*

Boui^otigne ; que ne pouvant encore pour le présent lui estre envoie et deslivré plus grande somme que celle dont la remise avoit esté réglée, il estoit forcé de proportionner l'entretien desdites troupes et la despense y nécessaire à la disette et rareté des deniers.

Sy bien que ceulx dont ledict Don Gabriel apporta les lettres de change n'aiant peu quasi suflire que pour le remboursement^ des advances que Ton avoit esté contrainct de mandier pour les nécessitez avant dites, et le paiement du surplus estans remis à divers termes, Ton ne pouvoit ni pourvoir à l'achapt d'aulcuns grains ni mesmes i la fourniture du pain de munition, quoyque le nombre des rations fut par la dissipation des troupes notablement diminuez.

Par la continuation des pratiques et négociations avant dites, les commandantz des chasteaux de Joux, Grimont, et Courlaou s'estoient laissé persuader de remettre ces places soubz l'obéissance de Sa Majesté, moiennant la recognoissance qui leur avoit esté pour ce subject offerte, ledict Marquis en aiant resservi Son Altesse et les ministres afin d'estre secondé par la fourniture de quelques deniers au parachèvement de ceste affaire, elle demoura par manquement d'assistance imparfaicte, la disette et la pauvreté de la caisse de Bourgougne n'aiant peu fournir les moiens de la conduire à la fin.

Tous les endroictz de ladite province et particulièrement les places scituées aux frontières se ressentoient grandement oultragées et incommodées tant par les incursions ordinaires des troupes ennemies que par desréglement de celles du paîs,qui,à couleur de manquement de subsistance, se donnoient une excessive et trop licencieuse liberté. Elles faisoient grandes instances pour obtenir permission de se neutraliser avecq les villes et aultres places des ennemis contigus à leurs frontières, mais ledict marquis, prévoiant de ceste neutralité particulière plusieurs inconvénients trop

préjudiciables au gros de la province, ne voulut en entendre la proposition, que pour en resservir Son Altesse^ attendant ce qu'elle seroit servie d'y ordonner.

Mais le rétablissement de l'ancienne neutralité pour toutte TeDtati?e pour

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