ÉTATS GÉNÉRAUX SOUS MARIE ET MAXIMILIEN
€ avant qu'il eût sa première attaque, il avait perdu le sire € Charles d'Amboise, qui par sa sagesse et son habileté, lui c avait gagné ce pays, et qui le gouvernait si sagement (1).
L'éminent auteur est, à mon avis, entièrement à côté de la vérité historique. Le roi, affaissé par la maladie, et venant chercher si loin, dans ce pieux voyage, la prolongation de ses jours (2), n'avançait qu'avec effroi dans ces étroites et dangereuses montagnes du Jura. Il avait pris, avant d'y entrer les plus grandes précautions, et pour sa défense, son cortège n'était pas moindre de six mille hommes armés.
Quant à d'Amboise, son lieutenant, le ministre de ses vengeances et le conquérant de la Franche-Comté, loin d'y avoir gagné les cœurs, il n'y laissait, à sa mort, que les plus odieux souvenirs.
C'est lui qui avait pris Dole par trahison, lui qui, pendant vingt jours, à l'aide de dix mille archers laissés sur place, y avait fait impitoyablement mettre le feu, maison par maison, lui qui, quatre mois après, déjà maître du pays, menaçait les habitants de Besançon de faire bon feu autour de leur ville, sans qu'il y restât un seul bâtiment debout, lui enfin qui, pour dernier exploit de la conquête, avait mis à feu et à sang toutes les montagnes du Doubs et du Jura, et fait périr leurs plus nobles défenseurs, Guillaume de Yaudrey et Chrétien de Digoine, tombés dans ses mains.
Il mourait un an après ces farouches exploits? En quel temps donc avait-il pu gagner si bien le cœur de nos Bourguignons ?
Tel fut d'Amboise, tel fut le roi à l'égard de la Franche- Comté. Un seul fait reste vrai, un seul récit est exact c'est que Louis XI jusqu'à sa mort, et en mourant, ne pardonna pas aux Franc-Comtois.
(i) HiiUnredei Ducs de Bourgogne^ YIII, p. lii. (2) « Je fus esbahy de le Toir tant maigre et défait • (à Tépociue du Toyage de St-€laude.) Comuo», p. 159.