‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 110 sur 226 · Procès-verbal du tiers, 2\ février 161o · texte numérisé non relu

Procès-verbal du tiers, 2\ février 161o

2. Riclielieu, daus ses instructions à M. de Scliomberg, ambassadeur en Allemagne (29 décembre 1616), insiste sur la volonté exprimée à ce sujet par les Élals Généraux. {Papiers de Richelieu, t. I, p. 213.)

3. Voyez d'autres détails plus loin, Affaires ecclésiastiques.

4. 11 conseille cependant au clergé de le recevoir. Proc.-verb., p. 206.

vint clore la dernière séance, qui avait été consacrée à envoyer et à recevoir des députations chargées des compliments d'adieu.

Le lendemain 23 février eut lieu la présentation des cahiers. La salle de Bourbon était préparée comme pour la séance d'ouverture : la même confusion y accueillit les membres des États. Les députés furent aussi choqués de ce désordre que de l'insuccès de leurs vœux. La relation la plus fidèle qui ait été faite de cette session consacre plusieurs pages à peindre ce trouble, qui était l'image exacte de la France et de son gouvernement. « Les cardinaux, les évêques, les capitulans, les prieurs, les abbés, la noblesse et tout le tiers état, pressés et poussés sans ordre, respect ni considération, aumilieu des piques et des hallebardes, tant le désordre fut grand, honteux et indigne. Tant y a que les trois ordres attendoient à la porte de la salle, pendant que plus de deux mille courtisans, muguets et muguettes, et une infinité de toutes sortes, avoient pris les meilleures. Aussi, quand tout le monde fut entré, il y eut une telle presse, qu'il ne fut pas quasi possible de faire faire silence à ceux qui avoient à parler *. »

Ce fut la voix de Richelieu qui domina ce tumulte. L'évêque de Luçon avait été chargé par le clergé de prononcer le discours d'apparat. Tout le désignait au choix de son ordre. Dès le début de la session, il s'était fait remarquer par sa vaste intelligence et il avait su mettre les grâces d'un esprit habile au service de sa prodigieuse ambition. Son discours, admirablement écrit, ne contenait ni cet abus des images, ni ces phrases vides et sonores qui étaient les seules ressources des orateurs du temps. Le style était

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