‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 115 sur 226 · LES DKPUTÉS SONT CONGÉDIÉS · texte numérisé non relu

LES DKPUTÉS SONT CONGÉDIÉS

de lElat, sans éprouver une ardeur d'émulation qui devait tôt ou tard le jeter dans la mêlée. L'cbraulemcnt de la Paulette et la suppression annoneée de la vénalité des charges devaient déterminer les magistrats à reprendre un rôle politique. La dissolution des États leur parut le moment propice pour rentrer en scène. Au milieu de leur inaction, les députés assistèrent au réveil du parlement de Paris. Leur sympathie accueillit cette initiative. La condamnation du sieur de Honneval venait de renouer des liens que devait resserrer la promesse du Parlement de poursuivre l'exécution des cahiers '.

L'attitude de la cour et du chancelier n'était pas de nature à calmer les députés. On n'entendait plus parler des réponses aux cahiers. Le chancelier contestait aux députés jusqu'à leur qualité de mandataires du pays, prétendant que leur titre s'évanouissait au moment où les cahiers étaient présentés. Cependant le conseil du roi trouvait qu'il fallait en tinir avec la présence gênante des députés, qui formaient un noyau de mécontents. Le 2i mars, le président du tiers et les présidents des provinces furent mandes au Louvre, où le chancelier leur dit devant le roi qu'on ne pouvait répondre en quelques jours au grand nombre d'articles contenus dans les cahiers, mais qu'il était chargé de leur apprendre que la suppression de la vénalité, l'établissement d'une chandire de justice et l'abolition des pensions étaient résolus -.

1. Le 11 mars, le Parlement condamna par contumace le sieur de Bcnneval à avoir la tête tranchée en place de Grève, età2000 1iv. de dommages-intérêts envers Cliavailles. Le 16 mars l'arrêt fut exécuté en effigie au bout du pont Saint-Michel. Le tiers état se montra satisfait, mais il l'eût été bien davantage, dit Rapine, « si la cour eût jugé ce crime de lèse-majesté, comme, à la vérité, il est ».

Page 1