ROUEN
SoMMAiiiE. La Franco désire la réalisation des >œiix émis en 1G14, p. 234. — 4 octobre IGI7 : convocation des notables, p. 254. — Objet de l'assemblée, p. 25u. — 4 décembre : séance d'ouverture, p. 207. — Mode d'opiner, p. 258. — Propositions du conseil : AlVaires ecclésiasti(|ues, p. 259. — Justice, p. 260.
— Economies, réduction des pensions, p. 2l>l. — Exemptions de tailles, p. 2lii. — Forteresses, p. 202. — Commerce, p. 2HI5.
— Conseils du roi, p. 203. — Conseil d'Etal et des linances, p. 265. — Compétence, p. 266. — Conseil privé, p. 267. — Conseil de guerre, p. 268. — ^6' décembre : remise au roi des réponses, p. 269. — Les notables reviennent à Paris, p. 269.
— ^5» janvier 1618 : dernière séance, p. 269.
Au commencement de l'année 1G17, la France se trouva délivrée des Concini.
La joie du peuple ne connut pas do bornes en apprenant (lu'un étranger, devenu plus puissant que le souverain, était tombé sous les coups d'assassins postés parle roi. Une glorieuse victoire n'aurait pas soulevé plus d'un enthousiasme. Il semblait que tous les maux dus à la prolongation de la régence allaient être subitement guéris. Entin Louis XIII était roi. Un sentiment d'espérance universelle s'emparades esprits. Les conseillers du bon roi Henri rappelés par son fds, la reine mère éloignée, les princes amenés à déposer les armes et les négociations pour la paix s'ouvrant de toutes parts, tels furent les premiers actes du prince dont on acclamait en quelque sorte le second avènement.
2o4 ASSEMBLÉE DES NOTABLES, 1617
Au milieu de cette renaissance, à laquelle s'associaient toutes les forces vives de la nation, une satisfaction plus durable était réclamée par l'opinion publique. Les États Généraux avaient laissé à leur suite une profonde déception : n"était-il pas possible d'effacer ce souvenir en réalisant les vœux des cahiers? Cette pensée était si populaire que tous les mécontents l'avaient inscrite sur leur programme. Non seulement le Parlement était devenu l'écho de l'irritation générale après le renvoi des députés, mais les princes dans leurs manifestes avaient pris pour prétexte l'oubli dans lequel étaient laissées les doléances des trois ordres '; ils avaient été plus loin : le traité de Loudun (3 mai 1610), dicté par eux, stipula que dans les trois mois les cahiers des Etats Généraux recevraient réponse expédiée. Or, une année entière venait de s'écouler sans réponse. L'exécution de cette promesse offrait un moyen tout naturel de donner satisfaction au sentiment public.
M. de Luynes saisit cette occasion de continuer les réformes qu"il méditait, et, « croyant mal aisé de le faire sans blesser beaucoup de personnes considérables qui estoient accoutumées au désordre », il prit le parti de faire assembler « les notables pour en rejeter la haine sur d'autres ([ue sur luy * ».
Le 4 octobre 1617. le roi expédia les lettres patentes par lesquelles était annoncée la prochaine réunion des notables. Ce document nous indique exactement les motifs et le but de cette convocation. « Nous nous sommes remémorié, disait le roi. de cette grande et
1. Condé se plaignit de ce que, <> les Etats élaat clos et leurs cahiers présentés, on n'a pas répondu à tous leurs articles et on n'observe rien de ce qui a été accordé en aucuns ». Mém. de Richelieu, 1. 1, p. 261. Voir Doc. inédits : Conférences de Loudun.