‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 13 sur 226 · IV · texte numérisé non relu

IV

34 KTATS DE BLOIS, 1588

Et cependant de combien de désordres était-il cliaque jour témoin ! Ses députés avaient tous vu ce que le garde des sceaux de Montholon peignait en couleurs si vives, quand il disait dans son discours : Je ne puis passer sous silence « les si grands défauts qui se commettent en la distribution et administration delà justice, et le peu de zèle qu'on y apporte. L'un de la robe ((ui a eu le y)lus grand témoignage de suffisance, et honoré dun des premiers états en ce royaume, ([uand il décrit les longueurs, subtilités et déguisemens de vérité qui se font eu la justice, prend comparaison du navire qui est exposé aux vents et à la tempête de la mer. lequel, pour être si avant agité, ne peut aborder au port, quelquefois pour les rencontres des écueils et rochers qui l'olTensent : aussi ceux qui poursuivent la vuidange de leurs procès, par la subtilité et surprise des parties, par la négligence et peu de zèle qu'apportent les juges, par tant de délais, incidens et longueurs, se trouvent tellement éloignés de recevoir la justice; et comme le navire par le vent repoussé en pleine mer, ainsi cuidans être jugés, ils sont remis au commencement. C'est ce qu'il dit que la justice n'est pas exercée, mais vexée et travaillée *. »

C'est la noblesse qui demande, comme le tiers état lavait fait à Orléans et à Blois, la substitution des requêtes présentées aux juges directement et sans frais à ces coûteuses lettres de chancellerie dont le prix s'élevait avec la cupidité des gens de justice, augmentant leurs exigences à la faveur des désordres publics (C. 18i. N. io, 48). Le seul vœu émis par le tiers a pour but la publicité des tarifs de chancellerie (T. 105).

Les ai-rétst'l leur exé<-ulion le laissent aussi indilfé-

Page 1