Assemblée des notable <, vendredi o février, p
CAHIERS Di; LA NOBLESSE 291
ment rédige par les notables. La noblesse s'était assemblée en dehors des séanees, et, qiioiqirelle n'eût pas reçu de mandat des gentilshommes des provinces, elle rédigea une série de doléances en vingt-deux articles qui furent portés au roi le 10 février par le « maréchal de la Force qui lit la hai'angue, assisté du maréchal de Bassomi»ierre et de toute la noblesse de l'assemblée * ».
Ce cahier, écrit sous l'impression d'une profonde iu([uiétu(le, ucms montre la noblesse en proie aux ap- [)réhensions que lui inspire une exclusion de plus en plus marquée. Elle essaye encore une fois de regagner le terrain perdu : elle voudrait reprendre sa place dans l'Église, dans les parlements, dans les conseils, mais le service militaire excite surtout son ambition; elle comprend qu'elle peut au prix de son sang conserver une part de son inilucuce, et elle témoigne, par un ensemble de vœux remarquables, que les gentilshommes entendent sacrifier au roi leurs forces et leurs vies. Pour l'enfance, l'institution de collèges militaires; pour la jeunesse et l'âge mùr, l'organisation dans cha([ue bailliage d'un censew dea nobles qui excitera les gentilshommes à l'étude et à la guerre; dans chaque province, un conseil, sorte de tribunal d'honneur surveillant la conduite des nobles; puis, ilans la vieillesse, des pensions données par l'État aux gentilshommes sans ressources, atin de récompenser leurs services : tel était l'ensemble des institutions qui auraient transformé la noblesse française en une vaste hiérarchie militaire. Nous verrons plus loin quels furent les vœux admis pai" le pouvoir, qui cherchait à se servir des gentilshommes, tout en se gardant de leur donner une organisation perma-