IV. — -JO
300 ÉTATS ET NOTABLKS, d 01 i- 1()2C)
cfl'ort. Sous le coup des tentatives de la cniii' pour hâter la remise des cahiers, les députés sentirent leurs alarmes se reproduire . La noblesse demanda aux autres ordres de concentrer leurs efforts sur deux points : obtenir du roi la promesse de continuer l'assemblée jusqu'après la réponse des cahiers et la désignation, pour les examiner, de douze de ses conseillers que les États pourraient récuser ', Inquiet du petit nombre de conseillers, le tiers réclama le jugement des cahiers par le conseil entier sur lequel s'exercerait le droit de récusation.
Nous avons insisti-, dans le récit de la session, sur les offres du roi, demandant à cha(|ue tirdrc de déléguer un député par province pour prendre part au jugement des cahiers; nous avons vu le refus persistant du tiers. Ce que nous devons rappeler ici, ce sont les efforts persévérants des trois ordres pour que les États ne soient pas licenciés avant la réponse des cahiers. Clergé, noblesse et tiers état multiplient en ce sens leurs délibérations et leurs requêtes; la reine, le chancelier et jusqu'au jeune roi, tous promettent, s'engagent, se blessent quand on paraît douter de leur sincérité, donnent et prodiguent une parole qu'ils étaient résolus à violer.
Un instant, les États semblent sur le point de réussir. La noblesse proposa de ne point remettre les cahiers avant d'avoir obtenu une garantie sérieuse : le 12 février, elle en fit la prop(jsition formelle au tiers état : la majorité des provinces se prononça très vivement en ce sens : il fallait ajourner la présentation des cahiers. « Ce délai, dont on s'ennuyeroit fort au Louvre, seroit cause d'obtenir la continuation de l'assemblée, le principal fruit des Etats^ d'autant