‹ Histoire des États-Généraux (volume 2)Chapitre 147 sur 226 · Procès-verbal du tiers, p · texte numérisé non relu

Procès-verbal du tiers, p

([u'iin corps assemblé est toujours moins méprisé (|ue les membres séparés '. »

Le président tît remettre la députation au lendemain. Pendant ce temps, le clergé et la noblesse s'étaient rendus auprès du roi, pour requérir la continuation des États sans demander jour, et avaient reçu de bonnes promesses, mais fort vagues. Le lieutenant civil insista pour qu'on réclamât de Sa Majesté la fixation de la séance royale. En vain lui fit-on remarquer que « le roi prendroit le tiers état au mot pour le regard du jour », (ju'on se trouverait j(nié et qu'en sortant de la séance, les membres des États ne seraient « plus que personnes privées, et sans autorité pour la répli(|ue ». Hien n'y fit : la majorité avait perdu confiance et courage. Les insuccès lui avaient enlevé toute énergie, et, txdlo victi, les députés firent demander jour pour la présentation des cahiers.

C'était s'avouer vaincu et courir au-devant de la défaite. Dès que l'audience royale eut été accordée, le roi déclara que « lorsqu'on délibérerait sur les réponses, s'il y avoit lieu d'assembler les députés, il y pourvoiroit ».

Le clergé, qui avait montré depuis le début plus de fermeté et d'initiative, se borna à décider « que la compagnie ne devoit commettre aucun député pour la conférence des cahiers à moins que Sa Majesté ne consentît à la réunion des États après la présentation des doléances ^ ».

La rédaction d'articles généraux fut-elle abandonnée? Malgré son insuccès auprès du tiers, le clergé n'avait pas perdu courage, et pendant toute la session il avait entretenu de ce projet la noblesse :

\. Procès-verbal du tiers, p. 184.

i. Procès-verbal du clergé, p. 476.

:J01S ÉTATS ET NOTABLES, 1 Cil -1026

vers le ((iiuiiiciii-cnioiil de fr^vrirr, il s'i'lnit mis (J"accord avec elle, el le 17 il dcinanda au tiers de convenir dune vingtaine d'articles qu'ils détacheraient et (( sur la réponse desquels les trois ordre» feroient perpétuelle instance ». La discussion fut longue dans le sein du tiers, elle montre à nu toutes les objections, toutes les craintes qui tirent la stérilité des états. Le clergé et la noblesse risquaient d'être d'accord : cela seul éjjouvaiilait le tiers ; mieux valait un avortement général qu'une vict/>ire partielle, en commun ; il fut entendu qu'on refuserait sous le prétexte (jue le temps manquait '.

Le clergé et la noblesse parvinrent-ils du moins à se mettre d'accord? Nous en doutons: en tète du cahier de la noblesse figurent vingt-trois articles généraux, mais ils sont médiocrement rédigés, sans suite et sans unité. Le clergé avait d'autres vues et un style plus ferme.

L'etfort du clergé porta sur deux points : non seulement il recommanda à l'évèque de Luçon d'insister dans sa harangue sur un certain nombre de questions d'une importance spéciale, mais il dressa une série de doléances générales qui résumait toutes ses plaintes sous ce titre : « Articles extraits du cahier général que Vostre Majesté est très humblement suppliée vouloir premièrement respondre ^ ». Si le clergé avait obtenu une action commune, le pouvoir des Etats eût été irrésistible.

En rapproehnnt du récit complet de la session les

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