Règlement du clergé', IV, XXVll
2. Un tiers seulement du revenu ecclésiastique pouvait être saisi, et les évèqui^s n'étaient à ce point de vue justiciables que
à une règle si sévère, mais le principe i'ut niainlenu; et coniine, dans les temps de calme, l'absence des titulaires devenait chaque jour plus rare, cette question de discipline perdit peu à peu Timportance qu'elle avait empruntée aux longues guerres civiles.
La pluralité des bénéfices, qui avait soulevé de si vives doléances aux États de Rlois, provoqua jjeu de plaintes en lOli : l'ordre était-il complètement rentré dans l'Eglise? (fest un point qu'il est fort difficile d'éclaircir, mais la modération des remontrances est un indice, sinon une preuve complète, du progrés réel accompli depuis vingt ans. Seuls, la noblesse et le tiers se préoccupèrent de cette question, mais ils se bornèrent à la mentionner et ne semblent pas s'y être arrêtés (N. 30; T. ^2o).
La question des conlidences et des commendes méritait d'ailleurs bien autrement d'appeler l'attention publique. <- En plusieurs endroits du royaume, disaient les cahiers du clergé, les bénéfices, jusques aux plus petits, sont à la disposition de personnes laïques (pu prennent telle part qui! leur plait au revenu desdits bénéfices '. » (C. 11.) La noblesse et le tiers état firent
(les parlements. Art. 23, Édit de Louis XIV, concernant les juridictions ecclésiastiques, avril 1693.
1. Le désordre était arrivé à un point qu'on ne peut inia- !,Mncr, dans les premières années du règne de Henri IV. Non seulement les princes et les seigneurs possédaient des abbayes dont ils touchaient les revenus comme des biens de famille, mais « ils les vendoient à beaux deniers comptants, les bailloient en mariage, en troc et en eschan^e des choses temporelles » (Disc, de l'évéque du .Mans en 1596, au nom du clergé). Les bénéfices étaient ainsi tombés entre les mains des protestants eux-mêmes, sous le nom d'ecclésiastiques désignés par eux : nous apprenons de Sully qu'il possédait quatre abbayes qui lui donnaient un revenu de 43 000 livres (Sully, Œcononues royales, chap. 137, t. II, p. 91, A. B.). En recouvrant la jouissance de ses revenus, le clergé trouva les moyens de négocier avec les détenteurs laïques : c'est à la suite d'une transaction
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entendre les mêmes plaintes (N. 29, (ili; T. 14, 39), et de cet accord des trois ordres, suivi d'un vœu formel exprimé en ICI 7 parles notables ', sortit le renouvellement de l'ordonnance de Blois ^ qui annulait tout pacte ayant pour objet l'attribution des revenus à d'autres (|n'au bénéficier exerçant les fonctions spirituelles ^ : aux dispositions anciennes, l'article 18 ajoutait la réception en France de toute bulle relative à la simonie et répriuuint les confidences. Ainsi, les juridictions ecclésiastiques étaient investies de pleins pouvoirs pour atteindre et poursuivre les coupables suivant les voies canoniques.
Pour assurer l'exécution de ces règles, les évéques furent tenus de faire les visites diocésaines « en personne : tous les ans, ils dévoient parcourir quelque partie de leur diocèse, en telle sorte que dans deux ou trois ans au plus, ils l'ayent tout visité * ». Cette visite triennale avait été demandée par le tiers état, qui implorait l'intervention du pouvoir civil pour contraindre les prélats à exécuter régulièrement et gratuitement ce devoir cpiscopal (ï. 1(5). Le clergé décida qu'aucune redevance ne pourrait élre payée à
(le ce genre que Sully rendit au clergé, moyennaul une indemnité, les quatre .ibbayes dont il percevait les revenus. {lôiiL, p. 93.)