II. — LlHEIVn': I*.ELIGIKUSE
Itopporis di' rÈlal et de f'ICyli.s'- rd/huUijne orrr h- culte protestant, p. ."{78. — Siliiation au moment de l'avènement de Henri IV, p. 370. — Hors des villes où la Ligue est maîtresse, la pacification entre dans les esprits, p. .'{79. — Traités de réunion, p. .'{80. — La religion nouvelle n'est plus interdit»; que dans 17 bailliages sur '.{20, p. liSO. — Ménagements et tolérance de Henri IV, p. 381. — Ksprit remuant et séditieux des huguenots, p. 381. — Kdit de Nantes, avril l.'J98, j). 381. — Il contient deux parties distinctes, celle qui consacre la tolérance religieuse et celle qui accorde aux protestants des droits politiques, p. 383. — Surprise de la France, p. 383. — Le clergé ne proteste pas contre l'édit, p. 383. — Après la mort de Henri IV. le clergé laisse échapper ses vœux secrets, p. 385. — En 161 i, il demande la suppression du culte protestant, p. 38o. — H cède aussitôt sur ce point; il s'occupe des rapports qui devront exister entre les deux cultes, p. 38C. — H ne veut ni le renouvellement des guerres religieuses, ni la tolérance (|ui lui semhie une abdication injurieuse pour sa foi, p, 387. — Les députés du clergé divisés sur ces questions, p. 387. — Le tiers état et la noblesse ne s'occupent pas des protestants, p. 387. — AtFaire du serment du sacre, p. 388. — Uétablissement de la religion catholique dans le liéarn, p. 388.
Rapports de l'État avec les autres cultes, p. 39(i.
Rapports nii riviAT kt he L'ÉGLisii: catholique avec LE CULTE protestant. — La tolérance était anéantie de fait depuis quatre ans par la guerre qui continuait .entre les catholiques et les huguenots, lorsque, au
LIBERTE RKLIGIRUSi; .iT'.t
iiKiis (Taviil ITiSl), la Iri'vc conclue entre Heni-i III el le roi de Navarre vint rendre aux calvinistes la protection du traité de Poitiers. Liberté de conscience, liberté du culte dans les nombreuses villes laissées aux protestants, telles étaient les promesses qui mettaient fin aux longues persécutions des guerres religieuses.
L'avènement de H(;nri IV ne changea rien ù l'exer- (Mce lie la nouvelle religion; seulement, les catholiques , inquiets de voir un huguenot assis sur le trône, exigèrent que l'accès des emplois, charges, honneui's et dignités fût fermé aux calvinistes.
Henri IV céda à la nécessité : ses amis eux-mêmes l'y engageaient, et la déclaration de Saint-Cloud (4 août ir^S'J), eu maintenant, comme l'édit de Poitiers, la liberté civile, la liberté de conscience et l'exercice du culte dans les villes réservées *, ajourna il la convocation des Etats Généraux - le règlement des rapports entre les deux religions et la fixation exacte des droits politicpics qui appartiendraient aux huguenots.
TeLfut, dans les ])remières années du règne de Henri IV, le droit incontestable et, on peut le dire, incontesté des protestants : hors de Paris, hors des villes qui tenaient encore pour la Ligue, la pacification entra véritablement dans les âmes ; les persécutions et les violences contre les hérétiques diminuè-
1. Par la trêve d'avril qui fut expressément rappelée dans la déclaration royale, le culte public était accordé aux calvinistes dans les 200 villes des provinces du Midi oii ils étaient maîtres, dans les SoOO châteaux des seigneurs réformés, dans une ville par chaque bailliage ou sénéchaussée du royaume; dans tout autre lieu, le culte devait être privé et restreint à l'intérieur des maisons.
2. Cette convocation devait avoir lieu dans le délai de six mois.
;iS(l KTATS ET NOTABLES, 1 CI 'i-d G2(i
l'iiil iImiis les pays oi'i la rivarili- di- la foi rai liMliijiic avait, si peu d'années auparavant, entretenu le feu de la guerre eivile. Nous n'avons pas à rechercher ici les causes d'un si grand changement, dû peut-être à l'épuisement autant qu'à la sagesse de la nation. Bornons-nous à constater l'état des esprits, qui nous fera mieux comprendre dans la snilo la situation politique des protestants.
Le roi avait hàlc de revenir sur l'injuste exclusion (pii pesait sur ses eoreligionnaires et les éloignait de son service dans un moment où plus que jamais la France avait hesoin d'unir toutes ses forces : l'édit rendu dans la petite ville de Mantes au mois de juillet 1591, et solennellement confirmé après l'ahjuralion du roi, rtuvrait aux protestants l'accès à toutes les fonctions publiques.
Les traités de réunion que le roi dut conclure avec les villes et les provinces rentrées sous son autorité n'alï'ectèrent pas sensiblement, quoi qu'en aient pu dire des historiens passionnés, la situation générale des protestants : si Paris, Rouen et Amiens, en reconnaissant successivement l'autorité du roi, proscrivirent la nouvelle religion, si la Provence, seule entre toutes les provinces, imita cette intolérance, il ne faut pas croire que les réformés aient sérieusement soutTert de ces ordonnances; les villes qui stipulaient ainsi ne contenaient pas de calvinistes : ceux-ci avaient fui depuis plus de trente ans tous les lieux où leur culte n-'était plus toléré '. D'ailleurs, la religion nouvelle ne se trouvait en fait interdite que dans dixsept bailliages, et la France en comptait au total plus
1. Voir, sur ce point, la savante histoire de M. Poirson. qui examine exactement la valeur des plaintes exprimées par les protestants dans les pamphlets qui parurent sous Henri IV. T. Il, p. 48." et suiv.