Journal de Guvencourt. Recueil de pièces, i. IV, p
3 En 1588, la taille était, avec le taillon, de 13 millions. Voir htss Dupuj/. Extrait de Tétat f.'énéral des finances présenté aux députés, 1388.
4(j ÉTATS Di; BLOIS, i'ùHH
sants sujets, les députés des trois États de votre royaume, adjurés par Votre Majesté, au nom de Dieu, de vous donner avis de l'état de votre peuple et des moyens de le soulager, ne peuvent vous celer ce qui est contenu en toutes les plaintes de chacune ville et paroisse de votre royaume ; sçavoir que depuis la convocation des derniers États, faite en 1576, votre pauvre peuple, au lieu de recevoir la diminution des tailles et autres impositions qu'il espéroit sur ses très justes plaintes, a été surchargé excessivement et plus que du douhle, même depuis la convocation des présents États ; les commissions, envoyées pour la levée des tailles en Tannée prochaine, ont été augmentées; la subvention et levée des clochers envoyées de nouveau en quelques provinces, ce qui apporte à tous les députés un déshonneur et une mauvaise réputation, pour ne s'être point acquittés fidèlement de leur charge; ce <iui ùte à votre pauvre peuple toute l'espérance du soulagement qu'il attendoit de cette assemblée. Il est réduit à telle extrémité, que le paysan est ruiné, une bonne partie des villages est demeurée sans habitants, la terre sans labour, les seigneurs sans fermiers, et le bourgeois de ville sans trouver à qui débiter sa marchandise. Pour ce, vous plaise, Sire, en elTectuanl vos saintes et louables intentions, déclarées à l'ouverture de vos États, ordonner, conformément à la requête des trois ordres, que les tailles seront réduites aux taux qu'elles étoient en 1576, et révoquer tous les subsides, subventions, impositions, levées de clochers et toutes autres imposées depuis l'année 1576, le tout par provision, et jusqu'à ce que vos finances étant réglées par l'avis de vos États, il y ait moyen de faire par Votre Majesté plus ample décharge, selon que les suppliants sont chargés par tous leurs cahiers de vous en faire très humble requête ; et à cet effet en
commander toutes provisions et lettres nécessaires; et les suppliants, avec le reste du pauvre peuple, continueront leurs prières pour donner à Votre Majesté une heureuse lignée, la maintenir et conserver en toute grandeur, honneur et félicité '. »
Nous ne reviendrons pas sur les hésitations qui accueillirent cette prière : ce ne fut que le 3 décembre, plus de neuf jours après laprésent;ition de la recjucte, que le roi se décida à faire les sacrifices qu'elle exigeait de lui.
Voici le document ofliciel qui fut remis aux députés et leur apprit exactenumt la valeur des décharges consenties par le roi :
Écus. Livres.
Les levées faites en la présente année
sur les contribuables aux tailles pour
l'entretènement des gouverneurs et
gens de guerre, et aussi ce qui a été
imposé par les provinces et communautés des villes, peuvent revenir en
tout à 686 008 écus, dont sera remis
au jieuplc .■JOd 000 1 ."iOO 000
La subvention des villes closes ^567 866 | i 103 600
La crue des clochers 301 9o0 ni i S."i0
Le sol pour livre de la draperie 66 000 198 000
L'imi)Osition des toiles 100 000 .-iOO 000
L'imposition des cuirs 40 000 120 000
Le nouveau subside du viu 71 000 213 000
La crue qui se devoit lever en l'année
prochaine pour l'armée navale "iO 000 150 000
Le parisis des épices, estimé à 100 000 300 000
Et outre ce, le roi a accordé et remis à
sesdits sujets sur le principal de la
taille ou crue, selon le dé|)artemeut
qui sera fait par Sa Majesté, la
somme de 1 066 850 3 200 550
Revenans toutes lesdites décharges et
remises ensemble, à la somme de. . 2 666 666 3 8 000 000 Accorde par le mi, le samedi 3 décembre 1588 -.